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islam

Problèmes de couples et remèdes en Islam

la foi

1.                                       la cause et le remède
                           de la désobéissance de la femme ?

 Cheikh al ‘Otheïmine –Qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit:  
« La base de la désobéissance c’est la fierté. Une femme désobéissante, c’est une femme qui est fière et orgueilleuse vis à vis de son mari et qui aime le contredire et lui désobéir. Et Allah a donné le remède pour la désobéissance de la femme, lorsqu’Il a dit :

 

Traduction relative et approchée : « Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits [...]. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » S4 V34

... Exhortez-les ... 

…Cela signifie qu’il faut les rappeler au livre d’Allah, et plus particulièrement aux versets qui expliquent les devoirs de l’épouse. Il faut également les rappeler à la Sounnah du Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- et plus particulièrement aux Hadîths qui exposent les droits du mari sur sa femme et le péché qu’elles commettent en désobéissant…

...Eloignez-vous d’elles dans leurs lits … 

…Certains savants ont dit que le but du mot « Éloigner », c’est le fait de quitter l’acte sexuel de telle sorte que le mari soit dans le même lit que sa femme mais sans avoir de rapports avec elle. Mais cet éloignement doit suivre un comportement particulier car Allah précise que l’éloignement est dans le lit. En fait cet éloignement n’a pas à être apparent excepté au moment de l’intimité des époux. Par conséquent, l’éloignement n’a pas à se faire devant les enfants, chose qui pourrait les perturber ; ni même devant les étrangers, chose qui pourrait humilier la femme et la pousser à être encore plus désobéissante. Remédier à la désobéissance de la femme ne doit pas conduire à son humiliation ni même à déstabiliser les enfants. Mais il se peut que cette étape n’apporte pas non plus de changement et alors Allah a dit … »[1]

2.   Comment se comporter avec les femmes désobéissantes ?

  Mou‘awiya ibn Hayra dit :
«Un homme dit : Ô messager d’Allah ! Quel est le devoir de l’un d’entre nous envers sa femme »
Il dit : « De la nourrir lorsque tu te nourris, de la vêtir lorsque tu te vêtis, de ne pas frapper le visage, et ne pas critiquer son visage, et que tu ne t’éloignes d’elle que dans le foyer »
[4]

 D’après Iyas ibn ‘Abdillah ibn abi Dhoubab, le Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- a dit :
« Ne frappez pas les servantes d’Allah ».
[...] Et le Messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- a dit : « De nombreuses femmes se sont plaintes de leurs maris auprès des femmes de Mouhammad , et ce ne sont pas ceux-là ( les maris ) les meilleurs d’entre vous » [5]

 ‘Abdoullâh ibn Zam‘a a entendu le Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- dire :
« L’un d’entre vous s’emporterait-il et fouetterait-il sa femme comme une esclave alors qu’à la fin de la journée il a des rapports avec elle » [6] 

 En somme, Allah a délimité ses représailles -qui ne l’oublions pas sont en fait des remèdes à la désobéissance de la femme-. Effectivement, dès lors que le but réel est atteint, toutes représailles deviennent alors démesurées. 

... si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles...

Ibn Kathir a dit au sujet de ce verset que si la femme obéit à tout ce que le mari veut d’elle dans ce que lui a permis Allah, alors il n’a plus de raison contre elle après ceci. Il ne doit pas la frapper ou l’isoler. Et il ne doit lui faire par la suite aucun reproche…

... car Allah est certes, Haut et Grand !

…Ceci est une menace aux hommes qui chercheraient la petite bête sans raison. Allah le Très Haut, le Plus Grand est dans ce cas-là L’Allié des femmes et Il se vengera de tous ceux qui les oppriment et qui leur cherchent la petite bête. »[7] 

3.                                    De l’obéissance à la patience

Nous avons demandé à Cheikh Mouqbil ibn Hâdi al Wâdi’i -Qu’Allah lui fasse miséricorde- :
« Une sœur dont le mari oblige à servir quotidiennement sa  mère (la mère du mari) alors que cette dernière opprime la soeur et est la cause de nombreux problèmes entre les deux époux, et la soeur en question ne parvient plus à supporter cette situation, que doit-elle donc faire et qu’Allah vous récompense de la meilleure façon ? »

  Sa réponse fut la suivante : « Louange à Allah par des louanges abondantes, bonnes, bénies, comme l’aime notre Seigneur et en est satisfait, et je témoigne qu’il n’y a de vraie divinité qu’Allah, nul associé à Lui, et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et messager. Sur ce, qu’Allah vous récompense pour ce que vous faites comme Da’wa et comme jalousie que vous éprouvez pour l’Islam, et qu’Allah bénisse vos efforts et qu’Allah fasse que vous soyez bénéfiques à l’islam et aux musulmans.

 Quant à l’obligation proprement dite, cette femme n’est pas obligée de servir sa belle-mère d’autant plus si celle-ci se comporte mal avec elle, mais je lui conseille de patienter plus, et plus, et plus encore que ce qu’elle n’a pu déjà patienter, car Allah a dit :

 

Traduction relative et approchée : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et dans la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression »S5 V2

 D’autant plus que cela pourrait entraîner la séparation et la discorde entre les époux, donc je lui conseille, et ce bien entendu en tant que conseil et non en tant qu’obligation, de patienter avec elle et qu’elles s’entraident et qu’elle la serve en fonction de ses capacités mais quant à l’obligation , non cela ne lui est pas obligatoire.

La femme doit  se charger des tâches dont elle est capable, dans le foyer. Un jour Fatima vint se plaindre car elle ne trouvait pas le repos à cause des tâches [8], et le Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- ne lui a pas dit : « Ceci ne t’es pas obligatoire », ce qu’il faudrait donc faire et ce que nous lui conseillons c’est de patienter et de s’entraider avec son mari et c’est à Allah que nous implorons l’aide » 9

 Nous avons demandé aussi : « Jusqu’où la femme doit-elle obéir  à son mari ? »

Sa réponse fut la suivante : « Quant à l’obligation c’est dans ce qu’Allah lui a ordonné:
- Lorsqu’il la convoite au lit.
- Et de même s’il est pauvre, elle doit patienter avec lui tant qu’elle le peut.
Mais la question est bien plus vaste que l’obligation, en effet, bien plus que l’obligation !
Et, nous lui conseillons de patienter avec son mari, dans le meilleur et le pire et qu’elle ne lui fasse pas supporter ce qu’il n’est pas en mesure de supporter, et ne lui demande pas d’acheter toutes les dernières modes, si elle voit une voiture elle lui demande d’acheter la même, de même au niveau des vêtements elle recherche les derniers modèles.
Elle doit aussi patienter avec lui et bien se comporter avec lui et élever ses enfants et laver ses vêtements, l’aider dans le bien, s’appliquer à lui faire à manger si elle le peut et vous  êtes -si Allah le veut- des demandeurs de science, hommes et femmes, la femme peut ne pas avoir le temps de remplir ses devoirs et l’homme se doit de patienter et il se peut que l’homme ne puisse pas remplir ses devoirs et elle se devra de patienter et c’est à Allah que nous implorons l’aide. » [9]
 

4.                           le remède à l’indifférence du mari 

 Allah a dit :

 

Traduction relative et approchée : « Et si une femme craint de son mari abandon ou indifférence, alors nul grief pour les deux s’ils se réconcilient par un compromis quelconque, et la réconciliation est meilleure, puisque les âmes sont portées à l’avarice. Mais si vous agissez en bien et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites » S4 V128

...Et si une femme craint de son mari abandon ou indifférence, alors nul grief pour les deux s’ils se réconcilient par un compromis quelconque...

Cheikh as-Sa’di a dit : « Cela signifie qu’elle craint que son mari s’écarte d’elle, qu’il ne soit plus attiré par elle et qu’il soit repoussé par elle ; alors le meilleur dans ce cas c’est de se réconcilier par un compromis quelconque. C’est-à-dire que la femme abandonne certains de ses droits qui incombent à son mari afin de rester avec son mari. Et ceci soit en diminuant ce qui lui est dû dans les subsistances ou dans les vêtements ou dans l’habitation ou dans le partage des nuits tel que abandonner son droit au rapport ou céder son tour à l’une de ses coépouses. »

Et ce verset fut révélé comme le rapporta abou Dawoud dans un Hadith de Hicham ibn ‘Ourwa d’après son père, à cet effet : ‘Aïcha -qu’Allah l’agrée- dit : « [...] et Sawda bint Zam‘a dit, lorsqu’elle fut âgée et qu’elle craignit que le Messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- ne la quitte : « Ô Messager d’Allah, mon jour est pour ‘Aïcha. » Et il accepta cela d’elle. Elle dit : c’est pour son cas et les cas similaires qu’Allah révéla [ce verset] ».

... et la réconciliation est meilleure...

Puis il poursuit : « Si les deux époux se sont mis d’accord sur cette situation, alors il n’y a pas de péché ni de mal pour eux, ni pour l’épouse ni pour l’époux. De là, il est permis au mari de rester avec sa femme dans la situation décrite précédemment. Et ceci est meilleur que la séparation, c’est pour cela qu’Allah a dit : « Et la réconciliation est meilleure ». [10]

On tire une généralité à partir de cette expression et de son sens, c’est que la réconciliation entre deux personnes, entre lesquelles il y a des droits ou entre lesquelles il y a des litiges, est meilleure que l’acharnement de chacun dans la recherche de son droit. Dans la mesure où cette attitude implique la réconciliation, le maintien de la concorde, et l’indulgence.

Et ceci est permis dans l’ensemble des choses, sauf dans le cas où un illicite est rendu licite ou bien où un licite est rendu illicite. Alors ceci n’est pas une réconciliation mais plutôt une injustice. Et saches que chaque règle n’est parachevée et n’est parfaite que par la présence de ses exigences et par le bannissement de ses empêchements.

Allah a évoqué ce qui est nécessaire pour la réconciliation, et Il a attiré l’attention sur le fait que c’était meilleur. Et le meilleur, toute personne qui œuvre, le recherche et est attiré vers lui. Par cet ordre d’Allah et par Son incitation au bien, le croyant ne peut qu’augmenter sa recherche et sa motivation vers le bien…

... puisque les âmes sont portées à l’avarice...

…Allah a ensuite indiqué l’empêchement de la réconciliation par cette parole. Les âmes sont façonnées sur l’avarice et ceci est l’absence de motivation pour être généreux envers les autres et l’avidité pour le droit qui lui est dû. Donc les âmes sont façonnées sur cette nature. Cela signifie qu’il convient d’arracher cette nature ignoble de nos âmes et de la remplacer par son contraire qui est la générosité, la bienveillance. Et cette bienveillance se définit par le fait que tu sois généreux dans tes devoirs et que tu te contentes dans tes droits. Et lorsque l’individu réussit à atteindre ce bon caractère, alors à ce moment, il lui sera facile de se réconcilier lors d’une dispute. Contrairement à celui qui ne fait pas d’effort pour faire disparaître cette avarice, alors celui-là, il lui sera difficile de se réconcilier. Alors que dire si la personne face à lui est comme lui ?!…

... mais si vous agissez en bien...

…C’est-à-dire que vous vous améliorez dans l’adoration du Créateur de telle sorte que le serviteur adore son seigneur comme s’il Le voyait, car s’il ne Le voit pas, Lui Il le voit. Ce verset implique aussi que le serviteur agisse en bien envers les créatures ; par tous les chemins de bien, en leur faisant profiter de son argent, de sa science ou bien de son rang …

 ...et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

…Si vous êtes pieux, et ceci en faisant l’ensemble des obligations et en délaissant l’ensemble des interdictions, alors Allah certes est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » [11] 

A ce stade-là, l’indifférence du mari reste un problème à régler entre les époux uniquement.

5.                               du désaccord à l’arbitrage !

  Mais si le problème s’aggrave, et qu’il y a une crainte de séparation, alors Allah a dit :

 

Traduction relative et approchée : « Si vous craignez le désaccord entre les deux époux, envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l’entente entre eux. Allah est certes Omniscient et Parfaitement Connaisseur » S4 V35

... Si vous craignez le désaccord entre les deux époux...

Cheikh as-Sa’di a dit : « C’est-à-dire que vous craignez l’éloignement des deux époux et l’évitement à tel point que chacun d’entre eux soit de son coté…

.. envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle...

…Ce sont en fait deux hommes responsables, musulmans, justes, sensés, qui connaissent la situation entre les deux époux et qui connaissent les règles de la réconciliation et de la séparation. Ils doivent être conscients de l’importance de la famille musulmane dans la  communauté. Ils doivent se rendre compte qu’ils tentent de réconcilier les deux piliers de la famille musulmane, avoir pitié des enfants qui sont en jeu, tout comme ils sont dépositaires des secrets de chacun (c’est pourquoi Allah dit « de sa famille à lui et de sa famille à elle », car dans ce cas ce sont des personnes qui sont le moins susceptibles de répandre ces secrets).Et ceci est ce qu’on tire de l’expression «  arbitre » ; car un arbitre ne peut réconcilier sans qu’il ait les caractéristiques que l’on vient de citer. Donc ces deux personnes considèrent ce que chaque époux reproche à l’autre. Puis chacun d’entre eux impose ce qui est obligatoire. Si aucun d’entre eux ne peut le faire, alors ils se contentent de la satisfaction de l’autre époux par rapport à la subsistance et au comportement. Tant que la réconciliation est possible, ils ne s’en écartent pas. Si la situation arrive jusque l’impossibilité de réconciliation, et qu’ils voient que la séparation est meilleure, alors ils les séparent.
Dans ce cas, le consentement des époux n’est pas une condition. Ce qui le prouve, c’est qu’Allah a nommé ces deux personnes « arbitres » et l’arbitre donne une sentence même si les concernés n’en sont pas satisfaits…

... si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l’entente entre eux. Allah est, certes Omniscient et Parfaitement Connaisseur. 

…Cette entente sera établie grâce à un heureux conseil et des paroles qui attirent les cœurs et qui rapprochent les deux parties. »[12] 

6.                                   exhortation pour le couple

 Nous avons demandez à Cheikh Mouqbil ibn Hâdi al Wâdi’i -Qu’Allah lui fasse miséricorde- :
« Avez-vous des conseils à donner aux époux sachant que les problèmes conjugaux et le divorce sont devenus banalité chez ceux qui se revendiquent de la sounnah, au point que cela tourne à l’anarchie ».  

Sa réponse fut la suivante : « Ce que nous recommandons aux époux c’est de s’entraider dans le bien et la piété et je leur conseille également d’adopter un bon comportement des deux côtés, le chaytan cherche à séparer la femme de son mari, jusqu’à ce que dans certains Hadiths authentiques :
« Chaytan envoie ses enfants pour semer la discorde entre les gens et l’un d’entre eux dit: « Je ne l’ai pas  lâché jusqu’à ce qu’il se sépare de sa femme » Et chaytan lui dit : « Toi tu es valeureux »,
Et dans d’autres versions : « Jusqu’à ce qu’il le tue et de lui dire:  « Toi, tu es valeureux »
 

L’homme doit bien se conduire avec sa femme comme vous avez pu l’entendre dans les Hadiths « Comportez-vous bien avec les femmes » c’est-à-dire comme avec des captives. Et Allah a dit dans Son livre:

 

Traduction relative et rapprochée: « … Et n’oubliez pas votre faveur mutuelle… » S2 V237 

Et la femme est faible; Le messager -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- disait à son armée alors qu’il chantait aux chameaux pour qu’ils avancent rapidement : « Doucement avec les perles ! » C’est-à-dire les femmes sur les chameaux, qui pourraient tomber à cause de la vitesse, donc la femme est comme une lampe[ou une bouteille (en verre)] on se doit de bien se comporter avec elle. Allah a dit :

 

Traduction relative et rapprochée: « Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous cohabitiez avec elles, et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté » S30 V21 

«... Pour que vous cohabitiez avec elles... »: c’est-à-dire qu’il trouve le réconfort auprès d’elle.

 La femme également doit craindre Allah à travers son mari, il va au travail et travaille toute la journée, il ne doit pas retrouver à la maison une femme qui lui demande de se justifier pour toute chose aussi minime soit-elle, mais elle doit être la meilleur aide pour lui, comme le fut Khadija alors que le prophète vint la voir effrayé, car il avait vu Gibril qui l’avait serré et il a eut peur que ce ne soit un chaytan ou autre chose, elle dit: 

«  Non par Allah ! Allah ne t’abandonnera pas.
Tu gardes les liens de parenté, et tu donnes aux nécessiteux »

 Donc la femme doit craindre Allah à travers son mari et patienter avec lui, elle doit patienter avec lui, et après peu ils auront des enfants et ils seront préoccupés par leurs enfants, mais si le musulman le Sounni, se marie, divorce, se marie, divorce, et bien cela fera fuir beaucoup de femmes de la Sounnah. Il faut comme l’a dit Allah -'Azza wa jal- c’est Lui qui a uni les époux, il faut qu’ils se préoccupent de l’adoration, de la science, et c’est à Allah que nous implorons l’aide. » [13] 

7.                   les biens de la femme et la permission du mari

 Cheikh al Albany –Qu’Allah lui fasse Miséricorde- fut interrogé de la façon suivante :
« Est-il permis à la femme de se comporter librement avec ses biens sans la permission de son mari. Et lorsque la femme savait auparavant que son mari n’était pas d’accord pour qu’elle dépense de ses biens, même si c’est pour une aumône « sadaqa ». Et de même pour la disposition libre de ses bijoux qu’elle a acheté avec son argent sans sa permission :Quel est le jugement ? »

 Sa réponse fût la suivante : « Le jugement est clair, c’est la parole du Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- :

« Il n’est pas permis à la femme de disposer librement de ses biens
sans la permission de son mari »

C’est un Hadith Hassan Sahih ; Hassan en lui-même, Sahih à cause du grand nombre de fois qu’il est rapporté. 

Et tout ce qui semble contredire ce Hadith ne doit pas être perçu comme tel et ne doit pas être utilisé pour justifier le contraire. Concernant le Hadith dans lequel les femmes donnent leurs bijoux en « Sadaqa » comme il est rapporté dans le Sahih il y a plusieurs réponses à cela, Parmi elles :
- Il se peut que cela est été fait avec la permission de leurs maris
-Il se peut que cela c’est produit avant que le Hadith cité n’ai posé la règle.

 C’est pour cela que nous conseillons à toutes les femmes musulmanes pratiquant les actions au moyen du livre et de la Sounnah de ne pas agir sur leurs biens comme elles l’entendent sans l’accord de leurs maris, car cela est source de désaccord et de dispute entre les deux époux et les conséquences de cela seraient très mauvaises.

 Si l’époux est très mauvais avec sa femme elle peut montrer son affaire auprès des gouverneurs (juge etc…) « Qâdi » qui juge selon la « Charî’a » et particulièrement aujourd’hui les juges sont d’accord entre-eux pour que dans ce cas-là la femme puisse disposer librement de ses biens sans l’accord de son mari.
 Ainsi si elle expose son affaire au juge, et s’il juge qu’il y a agression du mari sur son épouse alors il lui autorise à disposer de ses biens, sauf si le mari estime qu’elle gaspille alors à ce moment là le juge l’interdit à la femme même s’il avait été adopté que l’origine de cela (la disposition libre) avait pour but  de sortir de la crise.
Mais il ne pourra pas dans l’avenir autoriser la femme à faire une aumône qui la ferait tomber dans le gaspillage. Et Allah est plus savant. »[14]

Recherche effectuée par Oummou Yassir & Oummou Mou‘adh

 Composée de plusieurs extraits de :
Explication de « Kitab an-Nikah dans Sahih Boukhari » (K7audio)  de Cheikh al ‘Otheymine
Explication de « Ryadh as-Salihine » de Cheikh al ‘Otheymine
Tafsir ibn Kathir, Tafsir Sa’di


[1] Voir l’Explication de Kitab an-Nikah dans Sahih al Boukhari  de Cheikh al ‘Otheïmine (K7 audio)
[2] Voir Sahih Mouslim. C’est le Hadith de Jabir où il rapporte le pèlerinage du Prophète  -Prières et bénédiction d'Allah sur lui-ainsi que son sermon d’adieu.
[3] Sans toucher la tête, le visage et le ventre.
[4] Rapporté dans les Sounanes et Mousnad de l’imam Ahmad
[5] Hadith Hassan Sahih rapporté par abou Dawoud, ibn Majah. Voir Sahih Sounan ibn Majah n°1615.
[6] Rapporté par Boukhari, Mouslim et at-Tirmidhi.
[7] Voir Tafsir ibn Kathir
[8] Rapporté par al Boukhari
[9] Toutes les questions qui ont été adressées au cheikh sont traduites tout au long de la revue, l’enregistrement sera également disponible sur notre site Internet : http://www.chez.com/albaida
[10] Traduction relative et approchée du sens du verset.
[11] Voir Tasfir as-Sa’di
[12] Voir Tasfir as-Sa’di
[13] Toutes les questions qui ont été adressées au cheikh sont traduites tout au long de la revue, l’enregistrement sera également disponible sur notre site Internet : http://www.chez.com/albaida
[14] Extrait du magazine al Assala n°19 (Dhoul Qi’da 1419h) page 76, traduit par un frère.

http://www.al.baida.online.fr/femme_problemcoupl.htm
  • e6un7

Les faux interdits en Islam

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Lever les mains lors d’une invocation : Depuis des siècles, il est coutume, après la prière, de réciter à voix haute certaines formules laudatives et de conclure, en levant les mains, par la récitation à voix haute d’une invocation et de la Fâtiha. Lorsque l’invocation est terminée, ils passent leurs mains sur leurs visages. Selon les radicaux musulmans, il est interdit de lever les mains après la prière pour invoquer Allâh. Le croyant doit, selon eux, se limiter à des louanges, puis quitter sa place. Ils arguent par deux hadiths rapportés par Muslim en disant qu’étant donné la précision des termes et la fiabilité de ces deux hadiths, le Prophète ne procédait pas ainsi et que par conséquent il est interdit de le faire. Cette interprétation est dénigrée par les plus éminents juristes, lesquels recommendent tous de lever les mains pour invoquer Allâh. ‘Umâra ibn Ru’ya raconte qu’il vit un jour Bishr ibn Marwân sur la chaire (minbar) levant les mains [durant son invocation]. Il lui dit : « Qu’Allâh enlaidisse ces deux mains ! J’ai vu le Prophète (P); jamais il n’a fait plus que de pointer son index

Ce hadith indique que le fait de lever les mains durant le prêche (khutba) n’est pas une sunna. Néanmoins, il est autorisé, car durant la prière du vendredi, le Prophète leva les mains pour demander la pluie. Leurs opposants répondent qu’il s’agit là d’un cas exceptionnel. » Anas a dit : « Le Prophète (P) ne levait les mains dans aucune invocation, si ce n’est celle de [la prière] pour demander la pluie, à tel point que l’on voyait le blanc de ses aisselles. » Selon le sens apparent de ce hadith, le Prophète ne levait jamais les mains [pour invoquer Allâh], excepté pour demander la pluie. Mais ce n’est pas le sens de ce hadith, bien au contraire, il est attesté que le Prophète leva ses mains en de nombreuses autres circonstances. J’ai réuni, à cet effet, une trentaine de hadiths, tous extraits des deux Sahîhs. Ce hadith signifie, qu’excepté pour demander la pluie, jamais le Prophète ne levait les mains aussi haut, [les bras tendus], à tel point que l’on voyait ses aisselles.

Le Prophète (P) a dit, « Votre Seigneur est pudique et généreux, lorsque son serviteur lève les mains vers Lui, Il a honte de le laisser les ramener vers lui vides. ». Ce hadith est la preuve du fondement juridique de cette pratique après les invocations, et les hadiths sur ce sujet sont très nombreux. » ‘Umar a dit : « Quand le Prophète (P) levait les mains dans ses invocations, il ne les ramenait jamais vers lui sans les passer sur son visage. »

La voix de la femme : Selon eux, une femme ne doit pas débattre de sujets religieux avec un homme, sa voix étant considérée comme impudique (‘awrâ). Pourtant, jamais à l’époque du Prophète, il ne fut demandé aux femmes de se taire. Bien au contraire, la Tradition enseigne qu’elles ont pris la parole lors d’assemblées et que le Prophète ou ses Compagnons, leur ont répondu aimablement.

Le Prophète (P) a dit : « “Ô femmes, multipliez les aumônes et implorez fréquemment le pardon. J’ai constaté, que vous étiez les gens de l’Enfer les plus nombreux.” Une femme d’une grande éloquence demanda : “Ô Messager d’Allâh, qu’avons nous de si particulier pour mériter d’être les gens de l’Enfer les plus nombreux ?” Le Prophète répondit : “Vous maudissez beaucoup et dénigrez les bienfaits de vos époux. Je ne connais pas de créature, assimilable à l’homme sensé, qui soit autant diminuée que vous dans sa raison et dans sa religion.” Elle demanda : “Ô messager d’Allâh, que signifie, être diminué dans sa raison et dans sa religion ?” Il répondit : “Pour la raison, le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un homme [voir Coran 2/282]. Pour la religion, elles demeurent plusieurs jours sans prier et elles mangent durant le mois de ramadan. »

‘Umar ibn al-Khattâb déclara : “Ne donnez pas plus de quarante onces pour la dote d’une femme ; quand bien même elle serait une fille des Ghussa. Celui qui outrepassera cette mesure, je déposerai son surplus au Trésor public.” Depuis le rang des femmes, une femme de grande taille et au nez écrasé se leva et clama : “Que dis-tu là !” [Umar lui demanda] : “Qu’y a-t-il ?” Elle répondit : “Allâh a dit : Si vous avez donné à l’une un quintal, n’en reprenez rien (Coran 4/20).” ‘Umar dit alors : “Une femme a eu raison et un homme a eu tort !”

Le baise-main : Le fait de baiser la main ou le front de son maître en religion est considéré par les radicaux musulmans, non pas comme un témoignage de respect, mais comme une innovation pernicieuse initiée par les soufis, alors qu’il n’en est rien puisque les Compagnons le faisaient : « Ibn Abbâs rencontra un jour Zayd ibn Thâbit, il prit les rênes de sa monture et se mit à le guider en signe de respect. Zayd lui dit : “Laisse, ô cousin du Prophète.” Ibn Abbas répondit : “Il est de notre devoir de traiter ainsi nos savants et nos aînés.” Zayd lui dit alors : “Donne-moi ta main.” Ibn Abbâs la lui tendit et Zayd l’embrassa en disant :“Il est de notre devoir de traiter ainsi les proches de notre Prophète.” » « Thâbit venait parfois [s’instruire] auprès d’Anas ibn Mâlik.Lorsqu’il devait venir, Anas disait à sa servante : “Donne-moi un peu de parfum que je me parfume les mains, car Thâbit refuse [de s’asseoir pour s’instruire] tant qu’il ne m’a pas embrassé la main.” »

Le chapelet : Nombreux sont les musulmans qui aujourd’hui ont renoncé à faire usage du chapelet (subha). Dans de nombreuses mosquées, ils ont totalement disparu, « confisqués par les radicaux musulmans », lesquels prétendent qu’il est une innovation empruntée aux chrétiens, cela sans que jamais personne n’ait apporté la moindre preuve que ce ne soit pas l’inverse ! Ce n’est pas parce que le christianisme est antérieur à l’Islam que cette innovation doit leur être attribuée. Même si cela était le cas, les trois religions ont en commun plusieurs autres choses : les chaires (minbar), les autels (mihrâb), les pupitres, les caisses servant à recueillir les aumônes. Bien plus encore, des églises ont été transformées en mosquées et inversement. D’autre part, est-il réellement interdit d’imiter les Gens du Livre dans tout ce qu’ils font ? Ibn ‘Abbâs a dit : « Le Prophète (P) aimait imiter les Gens du Livre dans tout ce qui ne lui avait pas été enjoint de faire […]. » Les radicaux disent, qu’en plus d’être une innovation empruntée aux chrétiens, la subha doit disparaître, car pour se bénir, certaines personnes se frottent le visage avec, à la fin de leurs dévotions. Même si le caractère blâmable de cette pratique était démontré, cela ne justifierait pas son interdiction, car ils en font autant avec le Coran qu’ils embrassent et posent ensuite sur leur front !

Le comptage des formules de louanges (tasbîh) avec les phalanges, est une sunna comme l’indique le hadith dans lequel le Prophète dit aux femmes : « Louez Allâh en vous servant de vos doigts. Assurément, ils seront interrogés et ils parleront. » Quant à se servir de noyaux, de petits cailloux et autres, c’est également une bonne chose ; certains Compagnons le faisaient. Le Prophète vit un jour la Mère des croyants louer Allâh en se servant de petits cailloux et il l’a confirma dans sa façon de faire. La subha n’est pas « un objet de culte », mais un « instrument de culte » assimilable aux tapis de prière, aux boussoles et aux calendriers de prières ; par conséquent, il est une innovation constructive. Ses partisans disent, à juste titre, que le simple fait de le voir incite à s’en servir. Il est même un réflexe pour de nombreux musulmans qui, en attendant l’heure de la prière, font des dizaines, des centaines, parfois mille prières sur le Prophète. Nous invitons les détracteurs de la subha à en faire autant en comptant sur leurs phalanges, sachant que le Prophète (P) a dit : « Les gens les plus en droit de me rejoindre au Jour du jugement, seront ceux qui priaient le plus pour moi. »

La chemise traditionnelle : Le Prophète (P) a dit : « Celui qui, par ostentation, laissera pendre son vêtement, Allâh ne le regardera pas au jour du jugement. » – « Celui qui aura revêtu un vêtement par ostentation, Allâh lui fera porter, au jour du jugement, un vêtement humiliant puis, Il y mettra le feu. » – « Personne ne revêtira un vêtement afin de pavoiser et attirer l’attention des gens sur lui, sans qu’Allâh ne détourne de lui Son regard, jusqu’à ce qu’il ait retiré ce vêtement. »

Le port de la chemise est fortement recommandé pour prier : d’une part afin de cacher parfaitement sa nudité, et d’autre part, quand elle est propre et belle, afin de témoigner de son respect à Allâh. Excepté pour la prière, il n’existe pas de hadiths recommandant au musulman de se vêtir de quelque façon que ce soit, si ce n’est décemment. La Tradition enseigne que le Prophète aimait les vêtements blancs et qu’il n’aimait pas ceux à motifs, car ils distraient l’orant pendant sa prière. Les radicaux musulmans prétendent qu’il est une sunna, donc un devoir, de porter des chemises en tout temps et en tous lieux. Ceux qui n’en portent pas sont, selon eux, de mauvais musulmans, quand ils ne sont pas qualifiés par d’autres épithètes ! Si, comme ils le prétendent, porter une chemise traditionnelle est un témoignage de foi, que doit-on penser des vêtements occidentaux qu’ils portent en dessous ?

La barbe : Le Prophète (P) a dit : « Cinq [préceptes] font parti de la nature originelle de l’homme (fitra) : se raser les poils des parties sexuelles, la circoncision, se tailler les moustaches, se raser [ou s’épiler] les aisselles et se couper les ongles. » Pour les imams Abû Hanîfa, Mâlik et Ibn Hanbal, se raser la barbe est interdit (harâm) ; pour l’imam ash-Shâfi‘î, cela est blâmable (makrûh). Il ne fait donc aucun doute que se laisser pousser la barbe est, au moins, fortement recommandé. Cette divergence d’opinions est due au fait qu’il n’existe aucun hadith où il est explicitement ordonné à chaque musulman de se laisser pousser la barbe. Quant au hadith suivant, avec lequel argumentent les radicaux musulmans, il est comme de nombreux autres, détourné de son contexte. Le Prophète (P) a dit : « [...] Laissez la barbe et taillez les moustaches. » Extraite de son contexte, cette « fraction de hadith » fait figure d’argument irréfutable ; replacée dans son contexte initial, l’obligation disparaît, car le Prophète (P) a dit : « Différenciez-vous des polythéistes : laissez la barbe et taillez les moustaches. » Dans ce hadith, le Prophète définit la façon de porter la barbe, pour ceux qui auront fait ce choix, afin qu’ils se distinguent des juifs et des chrétiens. Les premiers, comme ils le font encore aujourd’hui, avaient coutume de porter une barbe longue, les seconds une barbe courte. Le musulman doit adopter la longueur intermédiaire. Le Prophète (P) a dit : « Les juifs et les chrétiens ne se teignent pas les cheveux. Différenciez-vous d’eux ! »

Commentaire d’Ibn Taymiyya : « Tout ce qui se rapporte au fait de les imiter date du début de l’émigration [à Médine]. Puis tout ceci fut ensuite abrogé, car à cette époque, les juifs ne se distinguaient pas [dans leurs apparences] des musulmans, ni par la barbe, ni par les vêtements, ni par un signe particulier. Puis il fut attesté, par le Coran, la Sunna et le consensus [des Compagnons], lequel connut son apogée sous le règne de ‘Umar ibn al-Khattâb, que ce qu’Allâh avait institué, quant à l’obligation de se différencier des incroyants, devenait exécutoire, tant pour les traditions que pour les dévotions. L’application tardive de cette obligation trouve son explication dans le fait que cette différenciation ne pouvait prendre effet que lorsque la religion fut pratiquée ouvertement et que ses préceptes furent prédominants, comme pour la guerre sainte, l’impôt versé par les Gens du Livre et ceux sous notre domination. Quand les musulmans de la première heure se trouvaient en état d’infériorité, cette obligation ne leur fut pas imposée. Mais quand la religion fut parachevée et suffisamment répandue et prédominante, l’obligation pour les musulmans de se différencier des non-musulmans devint obligatoire. De nos jours […], il en est de même, si le musulman se trouve en terre ennemie ou hostile à l’Islam, il n’est pas tenu d’observer cette obligation dans les apparences à cause des contraintes que cela suppose, au contraire il lui est recommandé (mustahab), voire obligatoire (wâjib), de les imiter temporairement [ou partiellement] dans leurs moeurs, si le fait de les imiter est bénéfique pour la religion ou peut amener autrui à se convertir. Dans le cas contraire [nous résumons] cela n’est pas permis, en particulier en terre d’Islam. » Le Prophète (P) a dit : « Assurément ! Allâh ne regarde pas vos visages et vos biens ; mais Il regarde vos coeurs et vos actions. » En Islam, les signes extérieurs de piété ne sont en rien un gage de sincérité. En réalité, la barbe, la chemise traditionnelle, etc. ne sont pour les radicaux musulmans que des subterfuges destinés à se reconnaître les uns les autres.

Les écoles de jurisprudence : Croyants, obéissez à Allâh, obéissez au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. En cas de litige, remettez-vous-en à Allâh et au Prophète, si vous croyez en Allâh et au jour dernier. C’est un bien et la meilleure des issues (Coran 4/57) Le Prophète (P) a dit : « Les juifs se sont divisés en soixante et onze – ou soixante-douze factions –. Les chrétiens se sont divisés en soixante et onze – ou soixante-douze factions –. Ma communauté se divisera en soixante-treize factions. » Dans une autre version, il ajoute : « soixante-douze iront en Enfer et une seule entrera au Paradis ; ce sera celle de l’union. »

Tous les radicaux musulmans font valoir ce verset du Coran et ce hadith en leur faveur. Selon eux, les autorités religieuses désignées dans ce verset sont leurs chefs religieux, et les Gens du consensus (ahl as-sunna wa-l-jamâ‘a), cités dans ce hadith, le mouvement auquel ils appartiennent. Ils considèrent les écoles de jurisprudence comme des innovations et leurs différents points de vue comme autant d’erreurs. Selon eux, ces écoles doivent disparaître et être remplacées par une seule. Ils ont également opté pour une méthode et des arguments qui semblent de plus en plus convaincre les jeunes musulmans. La méthode consiste, dans un premier temps, à les culpabiliser en leur disant : « Allez-vous renoncer à ce que le Prophète a dit pour suivre l’imam Mâlik ? » Et, fort de leur argument, ils ajoutent : « Nos imams ne se réfèrent qu’au Coran et aux hadiths authentiques, alors que ceux des différents mouvements ont tous d’autres supports de réflexion. »

Ils leur expliquent que, depuis des siècles, la religion d’Allâh n’a cessé de se dégrader du fait de l’aversion des adeptes des autres religions, des innovations, des sectes et de l’ignorance des gens, mais surtout à cause des imams des quatre écoles de jurisprudence et de leurs divergences et qu’il convient désormais de revenir à « la vraie religion », cela grâce aux directives d’une génération exceptionnelle de savants (‘ulamâ) contemporains comme messieurs Ibn ‘Abd al-Wahhâb, Albânî et quelques célébrités saoudiennes. Et sans autres précisions que : « Les savants ont dit (qâl al-‘ulamâ) » ils imposent à leurs sympathisants toute une série de mesures et de réflexions incompatibles avec le Coran et la Tradition. Ce credo tendancieux est dénoncé, depuis fort longtemps, par les plus grands juristes, en particulier Ibn Taymiyya, l’un des savants musulmans les plus virulents à l’encontre des innovateurs et des sectes.
Si Ibn Taymiyya, dont les radicaux musulmans ne cessent de se réclamer sans rien savoir de lui, avait considéré ces écoles de jurisprudence comme des innovations, il n’aurait pas adhéré à deux d’entre elles et vanté ici les mérites de leurs fondateurs. Il nous suffira de rappeler que tous les plus grands savants de notre communauté, sans aucune exception, depuis al- Bukhârî à Ibn Taymiyya, ont tous adhéré à une école de jurisprudence avec, il est vrai, une très forte propension pour celle de l’imam ash-Shâfi‘î, ce qui ne change rien. Qui mieux que ces imams auraient pu se dispenser d’adhérer à l’une de ces écoles, voire en fonder une ? Pourtant, ils ne l’ont pas fait. Dès lors, comment les radicaux musulmans peuvent-ils prétendre pouvoir s’en dispenser sans penser que tous ces savants se sont trompés ? Adhérer aux recommandations d’une école de jurisprudence (madhab) n’a jamais été considéré, par aucun de ces maîtres, comme un acte de soumission à une créature, aussi savante soit-elle, mais comme se conformer à une logique jurisprudentielle. At-Tabarî, l’auteur du premier commentaire complet du Coran fonda sa propre école puis, selon certains biographes, il y renonça vers la fin de sa vie pour devenir shafi‘îte. Al-Bukhârî étudia la jurisprudence auprès d’al-Humaydî, l’un des principaux élèves de ash-Shâfi‘î. Muslim l’étudia auprès d’al-Harmala un autre élève d’ash-Shâfi‘î. Ces deux imams se sont également instruits auprès d’Ahmad ibn Hanbal et, al-Bukhârî lui a présenté son célèbre al-Jâmi‘ as- Sahîh. Les spécialistes du Hadith, parmi les élèves et contemporains de ces deux maîtres, étaient également shâfi‘îtes : at-Tirmidhî, an-Nasâ’î, Abû Dâwûd, Ibn Mâja et d’autres. Ces informations figurent en toutes lettres dans les monographies et la préface de leurs ouvrages. Tous sont d’authentiques Anciens vertueux et, dit az-Zarqânî : « Il n’est pas permis de penser d’eux qu’ils aient considéré comme authentique ce qui ne l’était pas. »

 

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La vérité sur le « Jihad Nikah » (Djihad du sexe)

Bonnes actions en Islam

Une nouvelle forme de guerre sainte autorisée par une fatwa, qui autorise le « djihad a'nikâh » c'est-à-dire le jihad par le sexe; plus proche de la traite des femmes et de jeunes filles que d'une voie directe pour le Paradis.

A l'origine, le mufti criminel saoudien, Cheikh Mohammed Al Arifi a émis la fatwa du jihad pour le mariage, envoyant ainsi des centaines de jeunes filles « se prostituer »

Ces relations physiques successives font penser à la prostitution, mais pour les rebelles , il s’agit du « djihad a’nikâh » c’est-à-dire le jihad par le sexe. Certains extrémistes religieux justifient la pratique du « djihad a’nikâh » au nom de la nécessaire contribution à la « guerre sainte ». En d’autres termes, il s’agit d’une prostitution « halalisée » pour aider à l’instauration du respect de la charia sur Terre. Elles doivent être vouées aux combattants pour « les soulager et leur redonner des forces afin qu’ils puissent vaincre l’ennemi ».

le site électronique Al Nakheel souligne « la terrible situation générée dans la foulée de cette fatwa qui a encouragé des centaines de takfiris à violer les jeunes filles et les femmes syriennes ». » Le viol est devenu monnaie courante et il a perdu son aspect criminel et répréhensible » ajoute la même source. Le site regrette que la fatwa a même trompé » des femmes occidentales qui se rendent en Syrie pour s’offrir aux terroristes ! » Al Nakheel s’attarde ensuite sur les crimes commis en marge de cette fatwa : » l’ASL et Al Nosra se livrent désormais très facilement au meurtre des femmes et des filles jihadistes pour le mariage ».

Il autorisait en effet les djihadistes en manque de relations sexuelles du fait de l'éloignement de leurs familles, à conclure des "mariages temporaires", qui devaient être de courte durée de manière à permettre à tous d'assouvir leurs besoins. Les "épouses temporaires" devaient évidemment avoir plus de 14 ans, être veuves ou répudiées. Les femmes volontaires pour ce djihad d'un genre jusqu'ici inconnu dans l'islam pourraient revendiquer le titre de moudjahidât, et si elles décédaient pour une raison ou une autre, elles auraient, comme tous les combattants de la guerre sainte, immédiatement accès au Paradis.

Pour lui donner du crédit, cette idée était imputée à un cheikh saoudien ultra-conservateur, un certain Mohammed al-Arifi dont le nom n'avait pas été choisi par hasard. L'intéressé s'était fait remarquer par la promulgation d'avis juridiques montrant un rigorisme radical et un mépris certain pour les femmes. Le cheikh a immédiatement nié ce qu'il était censé avoir diffusé sur les réseaux sociaux... mais qui ne figurait nulle part sur sa page internet. Il a expliqué qu'un imposteur avait utilisé son compte twitter, où il comptait plus de 3 millions de followers, pour lui imputer ce qu'il n'avait jamais dit. La taille du twitt, composé de plus de 180 caractères, suffisait à démontrer qu'il s'agissait d'une forgerie. Il n'aurait pu d'ailleurs formuler un tel avis, qui prenait le contre-pied de deux conditions incontournables de la chari'a concernant le mariage : la présence d'un wali, un tuteur, lors de la de conclusion du contrat, puisque la femme en islam n'est pas invitée à donner directement son consentement, qui est formulé par l'un de ses proches ; et la 'idda, le délai de viduité de 3 à 4 mois qui permet de s'assurer que la femme répudiée n'est pas enceinte, de manière à ne pas avoir de doute sur l'identité du géniteur de son futur enfant et à permettre à ce dernier d'obtenir sa part d'héritage de son père.

L'affaire a continué malgré tout à faire grand bruit, au point de contraindre le cheikh à s'expliquer à la télévision, au mois d'avril 2013, sur ce qu'il n'avait jamais dit. Sa paternité de la fatwa n'est plus aujourd'hui mise en avant et la plupart des journaux arabes qui continuent d'évoquer cette question parlent désormais d'une "fatwa d'origine inconnue". La majorité d'entre eux n'arrivent pourtant pas à accepter le fait qu'elle n'a tout simplement jamais existé. A défaut d'avoir suscité des vocations de moudjahidât, elle aura au moins fait vendre beaucoup de papier…

Deux développements ont redonné depuis peu de l'actualité à cette affaire. L'un en provenance de Tunis. L'autre depuis la Syrie.

Initié par cet avis juridique désormais anonyme, un mouvement d'importation en Syrie de candidates tunisiennes à ce genre de djihad ne se serait jamais interrompu. En mars 2013, le quotidien saoudien Al Hayat rapportait que, répondant à cet appel de leur plein gré ou sous la pression de leurs proches, au moins 13 jeunes tunisiennes s'étaient rendues en Syrie pour y fournir des "services sexuels" aux djihadistes. Une vidéo contenant un témoignage mais ne présentant aucun début d'élément de preuve venait aussitôt confirmer la chose. Repris à satiété sur les réseaux sociaux, d'autres témoignages continuaient à accréditer cette histoire. Le 20 septembre, le ministre tunisien de l'Intérieur Loutfi Ben Jeddo affirmait devant les membres de l'Assemblée constituante que des Tunisiennes continuaient de se rendre en Syrie pour y pratiquer le "djihad al-nikah". Il ne fournissait aucun chiffre, mais son silence ouvrait la porte à toutes les supputations. Certains médias parlaient aussitôt de dizaines, d'autres de centaines de femmes parties dans ces conditions. Certains utilisaient ces chiffres au conditionnel. D'autres les retenaient sans hésitation, en recourant au présent de l'indicatif…

Le problème est qu'aucun témoignage crédible n'a jamais confirmé, ni avant, ni après, les propos du ministre. Il est vrai que des Tunisiens sont partis, certains disent par centaines, d'autres affirment par milliers, prêter main forte à leurs frères Syriens, en choisissant généralement de combattre dans les rangs d'unités islamistes, si ce n'est de djihadistes, les uns par convictions personnelle, les autres par souci d'efficacité. Mais ce n'est pas parce que leur présence en Syrie est devenue un problème intérieur et extérieur pour les autorités tunisiennes, que ces dernières doivent prêter leur concours à une propagande dont on sait désormais depuis des mois qu'elle ne repose sur rien. Puisqu'elles semblent trouver du plaisir à se livrer à cette publicité qui ne sert pas précisément leur pays, elles pourraient peut-être expliquer aussi pourquoi la Tunisie serait le seul et unique pays arabe du Maghreb et du Machreq frappé par cette épidémie ?

En Syrie même, le "djihad du mariage" a régulièrement fait l'objet de campagne de dénonciation sur les chaînes officielles. Elles ont produit elles aussi, pour illustrer ce phénomène, des témoignages, tantôt de "terroristes" capturés qui avouaient avoir contraint leurs femmes à se prostituer dans ces conditions, tantôt de femmes victimes de ce genre d'esclavage sexuel. Mais, en raison du manque de crédibilité de ces témoins et de la faiblesse de leurs témoignages, leurs récits n'ont pas convaincu grand monde, y compris dans les rangs des partisans du régime auxquels ils étaient en priorité destinés. Dans l'espoir de frapper un grand coup, les autorités syriennes ont alors préparé avec plus de soin l'apparition sur les écrans de la chaîne officielle Al-Ikhbariya, le 22 septembre, d'une jeune fille de 16 ans, qui répondait au nom de Rawan Qaddah. Elles espéraient que son témoignage, appris par cœur et débité à vive allure sans épargner aux auditeurs un seul détail scabreux, ferait définitivement pencher les sceptiques de leur côté. Encore une fois, elles ont obtenu un résultat contraire.

Dans les rangs des partisans du pouvoir, qui ne sont pas moins conservateurs qu'une majorité de ses opposants, beaucoup ont été choqués de voir une si jeune fille exposée aux regards pour faire état des agissements éminemment répréhensibles dont elle avait été victime, sans que les réalisateurs de l'émission ait pris la peine de dissimuler ou de flouter son visage. Ils ont également été offusqués des détails qu'elle a donnés concernant ce que son père l'avait contrainte de faire avec un djihadiste, puis avec plusieurs, avant d'abuser d'elle à son tour au nom du "djihad du mariage". Ils ont enfin été surpris de la voir apparaître sur leurs écrans en habits d'hiver, alors que la température, à Damas, oscille encore en cette saison entre 25 et 30°.

Les activistes n'ont eu aucun mal à démontrer que la jeune fille n'avait été que la vedette involontaire d'un show scabreux, dont l'objectif était destiné à dénigrer les révolutionnaires en général, à travers les moudjahidin accusés de s'adonner à des relations sexuelles contraintes avec des jeunes femmes et des jeunes filles parfois mineures. Ils ont établi que celle qui répondait effectivement au nom de Rawan Qaddah - un nom extrêmement connu dans son gouvernorat d'origine, d'où sont issus aussi bien Souleiman Qaddah, un ancien secrétaire général adjoint du Parti Baath, que l'homme d'affaire Mouwaffaq Qaddah, enrichi à Doubaï dans le commerce des pièces détachées pour voitures - et qu'elle était native du village de Nawa. Ils ont expliqué son apparition dans des habits d'hiver par le fait qu'elle avait été enlevée sur le chemin de son école, plusieurs mois plus tôt, par des éléments de la Sécurité militaire. Sa mise en avant était destinée à porter atteinte à la réputation de son père, chef respecté d'une katiba de l'Armée Syrienne Libre active dans la région, qui avait été accusé à tort d'appartenir au Jabhat al-Nusra et à al-Qaïda.

Ils n'ont pas eu davantage de difficulté à relever les nombreux détails qui confirmaient que la jeune fille récitait l'histoire qu'elle avait été contrainte de mémoriser, sans en modifier un seul mot : elle parlait du début à la fin d'une voix monocorde et mécanique ; elle n'affichait aucun sentiment de honte, de tristesse ou de colère, même en mentionnant les humiliations et les agissements les plus dégradants qui lui avaient été imposés ; elle ne cessait, durant tout le récit de sa mésaventure, de baisser les yeux comme pour s'assurer qu'elle ne s'écartait pas de son texte ; elle paraissait vouloir accabler son père, dont elle avait a plusieurs reprises souligné le rôle et elle avait mentionné son comportement infamant à son égard sans montrer la moindre gêne ; elle se contredisait - mais la faute en revenait au rédacteur du scénario à la télévision syrienne, auquel sa volonté de charger le père avait fait perdre sa lucidité - en indiquant que celui-ci se faisait payer pour les passes qu'il contraignait sa fille à subir…

Devant le scandale provoqué par ces affaires, l'Armée syrienne libre et la Coalition nationale syrienne ont réagi. Même le Jabhat al-Nusra y est allé de son communiqué. Tous ont affirmé que le "djihad al-nikah", qui était contraire aux législations divines et humaines n'avait jamais existé en Syrie et que les prétendues victimes, tunisiennes ou syriennes, dont les témoignages avaient été colportés par les médias du régime - y compris celui de la jeune Rawan Qaddah - n'avaient été que les comparses plus ou moins consentantes d'une machination contre eux qui les dépassaient. Dans un communiqué diffusé le 25 septembre,

la Coalition Nationale Syrienne demande avec force et vigueur que ne soient pas relayés les mensonges qui ont trait à ce que la propagande du régime d’al-Assad a appelé le "djihad sexuel".

Il va sans dire que si de telles pratiques existaient, la Coalition ne manquerait pas de condamner ces actes. Mais dans le cas présent, il ne s’agit pas de dénoncer une sur-médiatisation de phénomènes qui existent, mais qui, limités et marginaux, ne rendent pas compte des initiatives et des valeurs de l’écrasante majorité des activistes syriens. Il ne s’agit pas non plus de dénoncer une mise sous silence des crimes de masses planifiés du régime pour s’attarder sur quelques actes condamnés par l’opposition elle-même.

Non, il est ici question de condamner le mensonge sur un phénomène qui n’existe tout simplement pas.

Le "djihad sexuel" est une notion inexistante et sans aucun fondement. Des propos ont été faussement attribués à un savant mais il n’existe aucune preuve, et l’intéressé a nié avoir tenu de telles paroles. Il est du devoir de chacun de vérifier les sources d’une information avant de relayer ladite information. Il est du devoir de chacun de confronter chaque information aux informations sûres en provenance du terrain.

 

 

http://www.alterinfo.net/Vous-allez-etre-decus-le-Jihad-Nikah-Djihad-du-sexe-en-Syrie-n-a-jamais-existe-_a95311.html

 

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Le préjugé envers la femme divorcée

 

Mariage 1

Après son mariage, on s’attend à ce qu’une femme reste mariée à vie. Mais ce n’est pas toujours le cas et il y a parfois des raisons de réclamer le divorce. Cependant, il semble que dans la société musulmane, une telle femme est stigmatisée par le divorce. Y a-t-il quelque chose dans le Coran ou la Sunnah qui incite les musulmans à éviter ou à ignorer une femme divorcée ?

Le mariage, en Islam, est un contrat solennel censé durer à vie. Pour assurer cet objectif, l’Islam interdit la vie matrimoniale à durée déterminée, tel que le mariage provisoire de jouissance (zawâj al-mut'ah). Aussi, l’Islam fixe-t-il certaines conditions qui garantissent la stabilité du mariage pour qu’il puisse apporter ses bons fruits. En réalité, cela n’est possible que lorsqu’il existe une harmonie entre les époux, de l’amour, de l’affection ainsi que le respect mutuel pour les droits du conjoint ; c’est ce qui doit dominer leur vie matrimoniale.

Cependant, il peut arriver que des dissensions s’immiscent dans la vie conjugale et que les époux constatent que leur vie commune devient insupportable. Si tous les efforts de réconciliation entre eux échouent, la dernière solution permise par la Législation islamique est le divorce.

En réponse aux réalités amères de la vie, lorsque les difficultés ne peuvent être résolues que par la séparation des deux parties d’une façon honorable, l’Islam permet au couple de recourir au divorce. Mais il ne l’a permis qu’à contre-cœur et non pas par plaisir, ni en guise de recommandation. Dans ce contexte, le Prophète — que la paix et les bénédictions soient sur lui — dit : "Parmi les choses licites, le divorce est celle qu’Allah déteste le plus." [1]

En Islam, le divorce n’est pas une fin en soi. C’est plutôt une solution à laquelle on peut recourir, après l’échec de tous les efforts de réconciliation entre les conjoints, pour mettre fin à une vie matrimoniale devenue insupportable.

Il n’y a tout simplement aucun verset coranique ni aucune tradition prophétique qui mésestime la personne divorcée, qu’elle soit homme ou femme. Au contraire, le Saint Coran fixe des lois spécifiques régissant la question du divorce par la détermination de ses règles, de son éthique et des devoirs qu’il implique. Si le fait d’être divorcé était si stigmatisant, le Prophète — que la paix et les bénédictions soient sur lui — n’aurait pas épousé Zaynab Bint Jahsh après que Zayd Ibn Hârithah eut divorcé d’avec elle.

Quant à la question du divorce, Allah Tout-Puissant s’adresse à Son Messager — que la paix et les bénédictions soient sur lui — par ces paroles : « Ô Prophète ! Quand vous divorcez avec vos femmes, divorcez avec elles conformément à leur délai de viduité ; et décomptez le délai ; et craignez Dieu votre Seigneur. Ne les expulsez pas de leurs maisons, et qu’elles ne les quittent pas d’elles-mêmes, à moins qu’elles n’aient commis une turpitude prouvée. Telles sont les lois de Dieu. Quiconque cependant transgresse les lois de Dieu, se fait du tort à lui-même. Tu ne sais pas si d’ici là Dieu ne suscitera pas quelque chose de nouveau ! » [2]

Il n’est pas permis à un époux de violer les droits de l’épouse divorcée, car le divorce n’exempte pas l’homme de ses devoirs, ni ne supprime les droits de la femme. Le divorce prescrit en réalité des droits complémentaires à la femme divorcée. Allah Tout-Puissant dit : « Les divorcées ont le droit de jouir d’une pension convenable. C’est un devoir pour les pieux. » [3]

Le divorce ne permet en aucun cas de transgresser les limites qu’Allah a fixées, ni Ses Commandements. Allah Tout-Puissant dit : « Le divorce est permis par deux fois uniquement. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, soit la libération avec bienfaisance. » [4]

Même après le divorce, Allah Tout-Puissant s’adresse aux hommes et aux femmes de la manière suivante : « Et n’oubliez pas la grâce échangée entre vous. Car Allah voit parfaitement ce que vous faites. » [5]

Les versets coraniques mentionnés ci-dessus éclairent davantage la position islamique au sujet du divorce. C’est notre devoir de n’adhérer qu’aux lois d’Allah et de ne jamais les transgresser.

P.-S.

Traduit de l’arabe du site Islam-Online.net.

Notes

[1] Hadith rapporté par Abû Dâwûd.

[2] Sourate 65, Le Divorce, At-Talâq, verset 1.

[3] Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 241.

[4] Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 229.

[5] Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 237.

 

http://www.islamophile.org/spip/Etre-divorcee-n-est-pas-un.html



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Délaisser volontairement certains plaisirs de la vie est-il institué par l'Islam ?

 

In ch allah1

Le terme "zuhd" signifie deux choses :

– le premier sens du terme est : "avoir le cœur détaché des choses dunyawî" ; le terme est alors l'opposé de "raghba" (désirer) ; le zuhd consiste alors à avoir pu libérer son cœur de l'attachement excessif aux choses du dunyâ – biens matériels, mais aussi reconnaissance sociale, gloire et pouvoir – ; et ce même si on travaille pour obtenir ces biens dans un cadre licite, et même si on les utilise ; et même si on dispose d'une reconnaissance sociale ou d'un pouvoir – sans avoir fait des efforts pour obtenir cette reconnaissance ou ce pouvoir, car cela est interdit ;

– le second sens du terme "zuhd" est : "délaisser volontairement certaines choses dunyawî" ; le terme est alors synonyme de "tark" (délaisser volontairement) ; le zuhd consiste alors à se priver volontairement de posséder ou de profiter de certaines choses dunyawî qui font le plaisir de l'homme (haDhdh) : posséder des biens matériels ; manger des mets raffinés ou de manger beaucoup de nourriture ; porter de beaux vêtements ; vivre sa sexualité ; etc.

Le terme "zuhd" ne pose aucun questionnement d'après son premier sens. En effet, faire des efforts pour avoir le cœur (relativement) détaché des choses dunyawî et attaché à Dieu, pour avoir l'esprit se rappelant la venue de l'au-delà, et pour faire des actions destinées à cet au-delà, cela est possible même si on possède des richesses matérielles abondantes, pourvu qu'elles soient licites. Il est des hadîths du Prophète qui recommandent ainsi le désintéressement par rapport aux choses du dunyâ, qu'ils désignent par le terme "zuhd" (Mishkât 5187). Il s'agit du zuhd selon ce premier sens.

Par contre le terme "zuhd" peut questionner quand il revêt le second sens. Et ce dans la mesure où on lit deux types de textes...

D'un côté on lit que, voyant l'extrême sobriété régnant dans la pièce où le Prophète s'était retiré quand ses épouses l'avaient trop pressé quant au matériel, Omar ibn ul-Khattâb, en larmes, lui dit : "Chosroes et Cesar sont dans ce en quoi ils sont. Et tu es le Messager de Dieu, et voilà ce que tu possèdes !" ; dans une autre version : "Invoque Dieu, ô Messager de Dieu, qu'Il accorde largesse (matérielle) à ta Umma. Car Il l'a accordée aux Perses et aux Byzantins, alors que ceux-ci ne font pas Sa 'ibâda." Omar ne demandait pas là au Prophète que sa Umma choisisse le kufr, ni même qu'elle cesse de faire des actions cultuelles, pour pouvoir se consacrer à l'acquisition des richesses matérielles. Il souhaitait seulement, pour le Prophète, davantage de biens matériels licites que ceux qu'il possédait alors. Pourtant, entendant cela, le Prophète se redressa et lui dit : "Dans cette [façon de voir], es-tu, ô fils de al-Khattâb ? N'es-tu pas satisfait que nous ayons l'au-delà et eux ce monde ?" ; dans l'autre version : "Ce sont là des gens dont leurs bonnes choses (tayyibât) leur ont été données immédiatement, dans cette vie terrestre" (Muslim 1479, etc.). Cette réponse du Prophète montre bien qu'il préférait se suffire des richesses matérielles qu'il possédait alors. Et il apaisa Omar en lui rappelant que même si ceux qu'il citait semblaient plus nantis dans ce monde, c'est l'au-delà qui ferait la différence. On le voit donc ici délaisser volontairement certaines choses licites.

Or d'un autre côté on lit le verset suivant : "O vous qui avez apporté foi, ne (vous) interdisez pas les choses bonnes (tayyibât) que Dieu a rendues licites pour vous. Et ne transgressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui transgressent" (5/87).

Comment comprendre ces deux types de textes apparement différents ?

Est-il, en islam, obligatoire / recommandé / autorisé de délaisser certaines choses dunyawî qui font le plaisir de l'homme (haDhdh) ? ou bien délaisser ces choses est-il en islam, tout au contraire, déconseillé / interdit ?

Quelle est donc la différence entre monachisme (rahbâniyya) et délaissement de certains plaisirs et d'un certain confort matériel (zuhd mashrû') ?

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A) Prioritairement, le zuhd mashrû' consiste à délaisser ce que Dieu a déclaré interdit :

Délaisser les plaisirs qui sont en soi illicites, ou les plaisirs qui sont en soi licites mais par un moyen qui, lui, est illicite, cela constitue la première dimension du zuhd (Al-Muwâfaqât 1/107).

Ainsi, le plaisir qu'une personne obtient en contemplant un corps qu'il ne lui est pas autorisé de contempler est interdit. Se préserver de ce plaisir obtenu par un moyen illicite est donc du zuhd. (Par contre, le plaisir de contempler le corps de son épouse – ou, pour une femme, celui de son époux – est licite.)

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B) Ensuite, au-delà du A, la question se pose de délaisser volontairement (tark) les plaisirs dunyawî qui sont en soi autorisés (halâl), avec tel ou tel objectif : ce délaissement (tark) constitue-t-il du zuhd mashrû' ou pas ?

En fait ce délaissement peut revêtir plusieurs cas de figure… Ash-Shâtibî a évoqué cela in Al-I'tissâm, 1/328-331 et 42-45).

Avant de voir plus bas ces différents cas, il nous faut ici préciser que les choses dunyawî halal sont de plusieurs niveaux…

– B.A) Il y a d'un côté ce qui est nécessaire pour rester en vie ou pour vivre normalement (il s'agit des niveaux dits "dharûrî" et "hâjî") (et ce en termes de nourriture et de boisson, de sommeil et de repos, de propriété de biens matériels, de fréquentation d'autrui, de paroles échangées, de dignité dans son habillement, etc.) : quelque soit la motivation que l'on peut avoir, il est interdit de se priver volontairement (tark) de cette quantité nécessaire.

– B.C) Et il y a à l'autre extrême ce qui constitue du gaspillage (isrâf fi-l-halâl) : dans tous les cas il est obligatoire de s'abstenir (tark) de cela.

– B.B) Et puis il y a les choses dunyawî qui, sans relever de ce qui est nécessaire, ne relèvent pas non plus du gaspillage, mais apportent un "plus", un certain bien-être, un confort (il s'agit du niveau dit "tahsînî") : c'est en fait seulement par rapport à cette catégorie que la question se pose : se priver volontairement et pour une raison dînî, des choses de cette catégorie, est-ce quelque chose de bien (donc du zuhd mashrû') ou est-ce au contraire une bid'a (donc, ici, de la rahbâniyya) ?

On peut reformuler la réponse à cette question en distinguant les différents cas suivants (lesquels reprennent aussi bien ce qui est tahsînî que ce qui est dharûrî ou hâjî)...

– B.1) C'est en ayant la croyance que cela est devenu harâm que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

Une telle croyance est une déviance (dhalâl), voire une croyance de kufr akbar (si le caractère licité de cette chose est ma'lûm min ad-dîn bi-dh-dharûra) (cf. Al-I'tissâm, 1/328). Il est d'ailleurs à noter que c'est ici la croyance qui pose problème, que dans le prolongement de celle-ci on délaisse cette chose ou qu'on ne la délaisse pas. Une croyance est dans le for intérieur, mais elle est également exprimée par la langue ou la plume.

– B.2) C'est par 'ibâda que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

C'est-à-dire que ce musulman reconnaît que cela est halal, mais s'en abstient volontairement, pensant se rapprocher de Dieu par cette abstention. Rappelons ici que l'on se rapproche de Dieu par le fait d'accomplir ce qu'Il a voulu, par ta'abbud ; quand on fait quelque chose avec la perception que cela permet une avancée spirituelle, cela est plus particulier encore (akhass) : il s'agit de faire cette chose par 'ibâda. (Tout ce qui est fait par 'ibâda est forcément fait par ta'abbud, alors que tout ce qui est fait par ta'abbud n'est pas forcément fait par 'ibâda.)

Or faire une action avec la perception qu'elle constitue le moyen d'avancer spirituellement ('ibâda), cela n'est possible que par le moyen qui a dûment été institué dans les textes, dans la mesure où cela y a été institué : ces moyens sont des actions à accomplir (comme la prière, le pèlerinage, les formules d'évocations, etc.), tantôt des offrandes à présenter à Dieu (comme le sacrifice d'un animal), tantôt des délaissements et abstentions (comme le jeûne, la retraite) (lire notre article sur le sujet).

Dès lors, pratiquer en tant que 'ibâda une abstention qui n'a pas été instituée dans les textes, ou le faire d'une façon qui n'a pas été instituée dans les textes, cela constitue de la bid'a (Al-I'tissâm, 1/43) ; et cela constitue de la rahbâniyya (monachisme).

Délaisser nourriture, boisson et relations intimes constitue le jeûne (siyâm) : cela a été institué depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil. Il est un mois de l'année où jeûner est obligatoire (il s'agit du mois de ramadan) ; cinq jours de l'année où jeûner est interdit ; quelques jours spécifiques où jeûner est recommandé ; le reste du temps cela est surérogatoire (nafl). Le Prophète a défendu de joindre ensemble deux jeûnes sans manger et boire la nuit (il y a divergence quant à savoir si cette interdiction est ta'abbudî ou bien si elle est ma'qûl ul-ma'nâ) ; et il a déconseillé de pratiquer le jeûne surérogatoire pendant trop de jours, au point de s'en retrouver affaibli physiquement.
Se retirer dans un lieu par 'ibâda, cela constitue la retraite spirituelle (i'tikâf) : cela est institué – d'après l'avis de bien des ulémas – dans toute mosquée de la terre. Il est une période de l'année où cela est fortement recommandé (les dix derniers jours du mois de ramadan) ; le reste du temps cela est surérogatoire. Cependant, il n'est pas autorisé de faire tellement de retraites spirituelles que cela nuirait de façon conséquente à la vie familiale, professionnelle ou sociale.

Par contre – et sachant que la possibilité de faire le vœu (nadhr) de quelque chose, cela n'est possible que par rapport à une action de 'ibâda –, il n'existe pas en islam :
– de vœu (nadhr) de pauvreté (c'est-à-dire le fait de ne pas acquérir de biens matériels ou de se débarrasser de tout bien matériel par 'ibâda, par "sacrifice du confort pour Dieu") ;
– ni de vœu d'érémitisme (le fait de parcourir le monde et de ne pas posséder un toit par 'ibâda, par "sacrifice pour Dieu") ;
– ni de vœu de célibat (le fait de ne pas se marier par 'ibâda, par "don de soi à Dieu") .
Tout cela relève du monachisme, ou rahbâniyya.

– B.3) C'est par maslaha que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

Ash-Shâtibî a évoqué cela (Al-I'tissâm, 1/44 : "li amrin"). Pour comprendre la différence entre "faire quelque chose par ta'abbud" et "faire quelque chose par maslaha", lire notre article exposant cela.

Toute la question est alors de savoir :
– d'une part quel statut les sources ont conféré au principe (maslaha) pour la réalisation duquel on délaisse cette chose : s'agit-il de quelque chose qui est reconnu par les sources ("li amrin yu'tabaru mithluhû shar'an" – Al-I'tissâm, 1/42 – "li 'âridhin shar'iyyin yash'had ud-dalîlu b-i'tibârihî" – 1/342) ou qui n'est pas reconnu par ces sources ?
– d'autre part quel statut les sources ont conféré à cette chose dunyawî halal : l'ont-elle déclarée "obligatoire", "recommandée" ou "purement autorisée" ("mubâh") ?

Selon ces deux critères, nous avons, à l'intérieur de ce cas B.3, plusieurs cas de figures…

--- B.3.1) … cette chose dunyawî halal est en soi "obligatoire", "recommandée" ou "surérogatoire" :

----- B.3.1.1) … et la maslaha est de se préserver de tomber dans une action "interdite" ou "déconseillée", car c'est ce à quoi cette action qui est "obligatoire" ou "recommandée" mène (dharî'a) sa personne précisément (on le sait par expérience) :

Il s'agit alors de faire une évaluation (muwâzana) (Al-I'tissâm, 1/338) : il s'agit d'une part de vérifier le degré de probabilité d'entraînement de la mauvaise action par la bonne ; et il s'agit d'autre part de comparer la maslaha de l'action requise et la mafsada de l'action mauvaise que cela va entraîner. C'est seulement s'il est certain (yaqînî) que la bonne action va entraîner la mauvaise et que la mafsada de cette mauvaise action dépasse la maslaha de la bonne qu'il devient exceptionnellement autorisé de momentanément ne pas pratiquer cette bonne action.

----- B.3.1.2) … et la maslaha est de pouvoir pratiquer davantage d'actions de ibâdât ou de khidmat ud-dîn, car s'adonner à cette chose halal qui est "obligatoire" ou "recommandée" absorbe du temps et de l'énergie :

Délaisser une chose qui revêt le caractère "obligatoire" ou "recommandé", cela est, en soi, respectivement interdit et déconseillé. On ne peut donc délaisser quelque chose de ce genre uniquement pour pratiquer davantage ce qui n'est que surérogatoire (nafl).

Ainsi, certains Compagnons voulaient-ils rester célibataire pour pouvoir s'adonner à davantage d'actions purement cultuelles ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") ; un verset coranique fut révélé sur le sujet, les en dissuadant ; par ailleurs, le Prophète affirma que ce n'était pas là la voie qu'il enseignait ("sunna") (nous verrons les récits en détail plus bas, en E). Se marier est recommandé au niveau individuel (mandûb juz'iyyan), afin qu'on tende soi-même à un équilibre, et qu'on mette davantage de chances de son côté pour éviter de tomber dans le péché. Délaisser cela pour pouvoir s'adonner à davantage d'actions cultuelles surérogatoires (nafl) n'est donc pas possible. Par ailleurs, le mariage est obligatoire au niveau global (wâjib kulliyyan), afin que l'espèce humaine perdure, que les enfants aient des parents qui s'occupent d'eux et les éduquent, et que la société soit stabilisée par le biais de cette institution qu'est la famille.

--- B.3.2) … cette chose dunyawî halal est en soi "purement autorisée ("mubâh") :

----- B.3.2.1) … et la maslaha est de se préserver de tomber dans une action "interdite" ou "déconseillée", car c'est ce à quoi cette action qui est "purement autorisée" mène (dharî'a) sa personne précisément (on le sait par expérience) :

Il s'agit là d'une maslaha reconnue. Et délaisser cette chose est bien, voire nécessaire.

----- B.3.2.2) ... et la maslaha est de pouvoir pratiquer davantage d'actions de ibâdât ou de khidmat ud-dîn, car s'adonner à cette chose halal qui est "purement autorisée" absorbe du temps et de l'énergie :

Deux sous-cas se présentent ici, selon le besoin que l'on a de cette chose dunyawî…

------- B.3.2.2.1) … cette chose mubâh est une dharî'a vers ce qui est "obligatoire" ou "recommandé" dans les textes, ou est "mu'în" pour ce qui est obligatoire ou recommandé :

Délaisser cette chose "mubâh" n'est alors pas un bien ; ensuite :
– si son caractère de dhar'îa est de niveau certain (yaqînî) et que l'action dont elle est la dharî'a est de niveau "obligatoire", alors délaisser cette chose est interdit ;
– dans les autres cas, la délaisser peut être d'un niveau moins grave, mais n'est toujours pas un bien.

C'est ce qui explique que le Prophète ait déconseillé à Abdullâh ibn 'Amr ibn il-'Âs de continuer à faire ce qu'il faisait : prier toute la nuit et jeûner chaque jour.
Abdullâh ressentait alors avoir suffisamment de force physique pour faire ce qu'il faisait ; dormir lui était alors purement autorisé (mubâh juz'iyyan), puisqu'il pouvait s'en passer sans que sa santé physique en pâtisse ; de même, passer une journée en mangeant et buvant aux heures voulues, cela était également pour lui purement autorisé (mubâh juz'iyyan), puisqu'il pouvait s'en passer sans que sa santé physique en pâtisse. Il s'en privait donc pour prier et pour jeûner, deux actions de 'ibâdât qui sont instituées de façon surérogatoire (nafl) quand on le peut (en dehors des horaires et des jours interdits pour cela).
Cependant, il est établi qu'une pareille privation cause du tort sur le long terme à la santé physique. Au niveau global (kulliyyan) dormir est donc nécessaire. Le Prophète lui a donc déconseillé de faire comme il faisait (les hadîths sont bien connus sur le sujet : cf. Riyâdh us-sâlihîn, n° 150) (cf. aussi MF 22/301-302).

Un cas voisin : la chose halal est purement autorisée à un niveau élémentaire, mais est recommandée, voire obligatoire à un niveau global ; et on sait par expérience que si on délaisse cette chose qui est mubâh juz'iyyan pendant plusieurs jours de suite, on tombe dans un problème plus grand. Cette séquence de temps est alors, pour soi, déjà un niveau global. Ainsi, ce n'est pas un bien que de délaisser une chose halal pour s'adonner à quelque chose qui n'est que surérogatoire (nafl) quand on sait par expérience que ce délaissement va nous entraîner dans quelque chose d'interdit. Ainsi, tout en dormant une partie suffisante de la nuit, il est bien d'en consacrer une partie à la prière de nuit (qiyâm ul-layl), qui est surérogatoire (nafl) ou recommandée (mustahabb) ; seulement, si quelqu'un sait que s'il fait ainsi plusieurs nuits de suite et n'a donc plus de temps pour avoir des relations intimes avec son épouse, il a ensuite d'énormes difficultés à maîtriser son regard la journée, il devrait libérer du temps au moins une nuit de temps à autre pour le consacrer aux relations intimes, même s'il doit pour cela délaisser alors la prière de nuit (qiyâm ul-layl) (Al-Muwâfaqât 1/449). On ne doit donc pas pratiquer ce qui n'est que surérogatoire dans une telle mesure que cela nous occupe au point qu'on ne puisse plus faire des actions dunyawî qui nous sont indispensables pour nous préserver de ce qui est interdit.

------- B.3.2.2.2) … cette chose mubâh ne constitue ni une dharî'a ni un mu'în pour ce qui est recommandé mais relève au contraire du superflu (fudhûl) pour soi :

Délaisser des choses dunyawî de ce type, avec cette intention, est un bien. Le fait est que, si sans tomber dans l'injustice envers son corps ou sa famille, un musulman renonce à ce qui constitue un certain confort matériel, ce dont il peut se passer (fudhûl ul-halâl), avec l'intention de pouvoir bénéficier de davantage de richesses dans le paradis, et ce par le fait de pouvoir se libérer pour des actions de 'ibâdât ou de khidmat ud-dîn plus abondantes, ou pour laisser cela pour les autres humains (ithâr), cela est possible (mashrû'). C'est ce qui explique la réponse du Prophète à Omar ibn ul-Khattâb, que nous avons vue en début d'article : "N'es-tu pas satisfait que nous ayons l'au-delà et eux ce monde ?" / "Ce sont là des gens dont leurs bonnes choses (tayyibât) leur ont été données immédiatement, dans cette vie terrestre" (Muslim 1479, etc.). Cela ne veut pas dire que si un musulman fait sciemment des efforts pour chercher à obtenir une certaine aisance matérielle dans ce monde, il n'aura rien dans l'au-delà. Cela veut dire que le Prophète voulait se contenter de ce qu'il pouvait avoir facilement ici-bas (et ne pas se préoccuper d'obtenir plus que cela, de ce qui n'est pas en soi recommandé mais est superflu, min fudhûl il-halâl) pour avoir plus là-bas, et ce par le fait de pouvoir libérer de l'énergie et du temps et de consacrer alors ceux-ci à des actions dînî (lire notre article).

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C) Synthèse :

Le verset "O vous qui avez apporté foi, ne (vous) interdisez pas les choses bonnes (tayyibât) que Dieu a rendues licites pour vous. Et ne transgressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui transgressent" (5/87) concerne tous les cas de figure qui ne sont pas un bien (nous les avons évoqués plus haut) ; il concerne ces différents cas à des niveaux différents, certes, puisque "s'interdire" peut désigner plusieurs choses différentes, comme l'a montré ash-Shâtibî (nous en avons cité quelques-unes plus haut) : tantôt cela constitue du kufr akbar, tantôt du dhalâl ; parfois cela est fortement déconseillé, d'autres fois déconseillé. Cependant, aucun de ces cas ne constitue une chose "bien".

Quant au propos du Prophète disant à Omar de préférer s'abstenir de certaines choses matérielles ici-bas pour avoir davantage dans l'au-delà, sans chercher à s'aligner sur des personnes qui n'ont pas la foi et à qui leurs choses bonnes (tayyibât) leur sont données dans ce bas-monde, il concerne ce qui relève du surplus (fudhûl ul-halâl) (soit le cas B.3.2.2.2).

Constitue du "surplus" (fudhûl), parmi les choses dunyawî licites (halâl), ce qui :
– pour soi n'est pas quelque chose de niveau hâjî mais seulement de niveau tahsînî (dans le cas de l'argent, de l'immobilier ou du mobilier de maison) ;
– est tahsînî d'un degré très poussé (dans le cas des vêtements) (lire notre article consacré à ce point).

Qu'est-ce qui relève des dharûriyyât, cela est universel.

Par contre, qu'est-ce qui relève des hâjiyyât, cela peut varier, quant à certains repères, d'un individu à l'autre : ainsi, dans le cas de la nourriture, une personne a besoin de tant de nourriture pour être en bonne santé, et cela relève pour elle de ce qui est hâjî, alors que pour une autre personne la même quantité et la même qualité de nourriture relève de ce qui n'est que tahsînî.

De même, la frontière entre ce qui est tahsînî et ce qui constitue du gaspillage (isrâf) peut varier d'un individu à l'autre : pour telle personne, telle quantité et telle qualité de nourriture relève du tahsîn – qu'il est autorisé de chercher à acquérir et dont il est autorisé de profiter, même s'il est mieux de s'en abstenir, par zuhd – alors que pour telle autre cela relève du gaspillage (isrâf) (cf. Al-Muwâfaqât 1/106).

Par ailleurs, ce n'est pas le seul fait d'avoir délaissé certaines possibilités ici-bas qui apportera davantage dans l'au-delà là-bas. Le fait est que l'islam n'enseigne pas que posséder ou profiter des tahsîniyyât dunyawiyya serait chose mauvaise en soi (fî nafsihî) ; que délaisser ces choses soit institué (zuhd mashrû'), cela est dû à des raisons extérieures (li ghayrihî) :
– le fait d'acquérir (kasb) ces tahsîniyyât consomme un temps et une énergie que l'on pourrait consacrer à autre chose, plus important dans l'existence de l'homme ; et même si on n'a pas eu à faire d'effort pour les acquérir, le fait de se consacrer (mubâshara) à ces tahsîniyyât consomme un temps et une énergie que l'on pourrait consacrer à des actions dînî ('ibâdât ou khidmat ud-dîn) ; or il est dit : "Ce qui est peu et suffit (kafâ) est mieux que ce qui est abondant et occupe (al'hâ)" (Mishkât 5218) ; "ce qui suffit" désigne les dharûriyyât et les hâjiyyât ; "ce qui est abondant" désigne les tahsîniyyât ;
– par le fait de délaisser ce qui, pour lui, relève non pas des hâjiyyât mais des tahsîniyyât, le croyant peut libérer ces choses pour autrui (îthâr) (MF 22/138) ; ainsi, si la majorité des individus constituant toute une société se mettent à être satisfaits de ce qui leur suffit réellement (kafâf) et de laisser de bon cœur pour autrui le reste qui est disponible, chacun aura plus de chances de trouver de quoi lui suffire que par rapport à une société où la majorité des individus sont formés de telle sorte qu'ils en veulent toujours plus, quitte à déposséder son voisin ;
– certaines tahsîniyyât produisent sur certaines personnes un certain effet nocif (même si cet effet nocif n'est pas d'un niveau grave, ou même si l'effet est d'un niveau assez grave mais, n'étant pas généralisé à toute personne ou bien n'étant pas systématique pour cette personne, il n'y a pas de règle juz'î sur le sujet : cela est laissé à l'appréciation de chaque personne). Ainsi, Aïcha ayant installé un rideau sur lequel se trouvaient certains dessins ; un jour, le Prophète lui dit : "Détourne-le. Car chaque fois que j'entre et le vois alors, je pense au dunyâ" (Muslim 2107). Il n'est pas interdit d'avoir un tel rideau chez soi ; mais le Prophète, constatant que cela l'amenait à penser au dunyâ, préféra de ne pas le laisser chez lui. Dans une autre version, il est dit que Aïcha avait installé un petit rideau léger, doté d'images, dans un coin de son appartement ; et qu'un jour le Prophète lui demanda d'enlever ce rideau, car "ses images ne cessaient" d'attirer son attention "pendant qu'il accomplissait la prière" (surérogatoire chez lui) (al-Bukhârî 367). De même, Abû Jahm avait offert au Prophète un manteau sur lequel se trouvait des dessins (FB 1/626) ; après avoir accompli une prière vêtu de ce manteau, il dit : "Emportez ce manteau auprès de Abû Jahm, et ramenez-moi de la part de Abû Jahm un manteau simple (anbijâniyya). Celui-ci a détourné mon attention pendant ma prière" (al-Bukhârî 366, Muslim 356), ou bien il a dit : "Je crains que celui-ci détourne mon attention pendant ma prière" (FB 1/626).

Des exemples avec des Compagnons ou d'autres personnages sont visibles, avec la règle, in Al-Muwâfaqât 1/104 ;
– le fait de prendre l'habitude (i'tiyâd) de ces tahsîniyyât ramollit le corps et fait perdre l'habitude de la frugalité. Or garder l'habitude de la simplicité et de la frugalité est une règle d'ordre général enseignée par le Prophète : il avait dit à Mu'âdh en l'envoyant au Yémen : "Préserve toi du luxe ; car les serviteurs de Dieu ne sont pas ceux qui sont dans le luxe" (Ahmad 21089, 21102) ; il a également dit : "N'entendez-vous pas ? N'entendez-vous pas ? La simplicité (al-badhâdha) fait partie de la foi ! La simplicité fait partie de la foi !" (Abû Dâoûd, 4161). Alors qu'il était calife, Omar ibn ul-Khattâb écrivit à d'autres Compagnons se trouvant en Azerbaïdjan pour leur dire entre autres de ne pas se laisser ramollir : "Portez le pagne, la houppelande et les sandales ; délaissez les chaussettes en cuir et les pantalons : choisissez les vêtements de votre ancêtre Ismaël. Préservez-vous du luxe et de la tenue vestimentaire des non-arabes. Restez au soleil, c'est le hammam des Arabes. Gardez la culture de Ma'add [ancêtre des Quraysh]. Endurcissez-vous. Soyez prêts. Coupez les étriers [= montez à cheval sans étriers] et sautez à cheval. Entraînez-vous au tir à l'arc en visant des cibles" (Musnadu Abî 'Awâna, voir Al-Furûssiya, Ibn ul-Qayyim, p. 120). Si Omar leur a conseillé de garder ces vêtements et ne pas adopter les vêtements des non-arabes, c'est parce qu'il voulait qu'ils demeurent arabes (cliquez ici et ici pour en savoir plus).

Ibn Taymiyya écrit :
"Si le dunyâ ne détournait pas de la 'ibâda de Dieu et de [la recherche de] l'au-delà, le zuhd par rapport au dunyâ ne serait pas mashrû' ; pratiquer ce (zuhd) et le délaisser seraient alors semblables" (MF 20/147).
"- Ce qui fait l'objet d'éloges dans le Coran et la Sunna, c'est de rechercher l'au-delà.
- Et celui qui (y) fait l'objet de blâme c'est celui qui a délaissé la recherche de l'au-delà et s'en est détourné à cause du fait qu'il recherche le dunyâ.
- Mais l'éloge pour le seul délaissement du dunyâ, cela n'existe pas dans le Livre de Dieu ni dans la Sunna de Son Messager" (MF 20/147-148).

C'est donc uniquement dans la mesure où l'on va pouvoir se consacrer davantage aux actions de 'ibâdât, de khidmat ud-dîn (tamkîn ud-dîn), et où l'on va favoriser son prochain (îthâr) que le fait de délaisser volontairement (tark) les choses dunyawî autorisées mais superflues (fudhûl ul-mubâhât) est action de bien.

Par contre, quand Ibn Taymiyya cite Ibn Mas'ûd, qui disait à ses élèves : "Vous faites davantage de jeûnes et de prières que les Compagnons de Muhammad, et pourtant ils étaient meilleurs que vous. – Pourquoi cela, ô Abû 'Abd ir-Rahmân ? le questionnèrent-ils. – "Parce qu'ils avaient davantage de zuhd par rapport au dunyâ et davantage de raghba pour l'au-delà" (MF 22/303-304), ici il semble s'être agi du terme "zuhd" dans le premier de ses deux sens que l'on a évoqués plus haut : le détachement du cœur par rapport aux choses de ce dunyâ. Et ce détachement du cœur par rapport aux choses du dunyâ – biens matériels, mais aussi reconnaissance sociale, gloire et pouvoir – l'emporte effectivement sur la seule quantité d'actions surérogatoires que l'on peut faire, dans la mesure où cela permet une plus grande sincérité (ikhlâs un-niyya) dans les actions dînî que l'on fait. Même en plus petit nombre, les actions surérogatoires seront alors faites davantage pour Dieu et pour l'obtention de félicités dans l'au-delà, et auront alors davantage de valeur que celles faites en grand nombre mais avec moins de sincérité que celles faites avec l'intention d'obtenir des biens matériels (de toutes façons l'obtention de ces biens ne peut pas constituer la motivation première et principale des actions dînî que l'on fait ; mais même en tant que motivation secondaire, avoir l'intention d'obtenir cela reste moins bien que de ne pas avoir du tout une telle intention : cliquez ici : point D.d.b). Quant à l'obtention de la gloire, la renommée et le pouvoir, il n'est absolument pas autorisé de l'avoir comme motivation, fût-elle secondaire (cliquez ici).

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D) Un cas concret : s'abstenir de se marier :

– Si le musulman s'abstient volontairement de se marier, alors même qu'il a les moyens financiers pour le faire :

--- S'il s'abstient de se marier par 'ibâda ("don de sa personne à Dieu" / "délaissement du plaisir sexuel, par acte de culte"), alors cela relève de l'innovation (bid'a 'amaliyya haqîqiyya), puisque ayant consisté à inventer une nouvelle forme de 'ibâda (il s'agit du cas B.2 plus haut évoqué). Cela constitue par ailleurs une forme d'imitation (tashabbuh) de non-musulmans dans quelque chose de dînî, puisque le vœu (nadhr) de célibat existe chez eux (nous sommes là dans un cas relevant de la catégorie 3.1.1.1, tel qu'exposé dans notre article traitant de la tashabbuh).

--- Mais qu'en est-il s'il s'abstient de se marier par maslaha ? En fait il faut alors considérer la nature de cette maslaha, comme évoqué plus haut en B.3.

----- Si la maslaha qu'il recherche alors est de se préserver de manquer à ses devoirs vis-à-vis de l'épouse, vu qu'il sait pertinemment qu'il ne sera pas capable de satisfaire les droits de l'épouse, alors c'est une maslaha qui est reconnue et il peut, pour cette raison, ne pas se marier (voir Al-Mughnî 9/139-140 ; Fat'h ul-bârî 9/139-140). Cependant, il doit veiller à ne pas tomber dans la fornication (zinâ).

----- Si par contre la maslaha qu'il recherche est de libérer du temps et de l'énergie pour se consacrer davantage aux actions de 'ibâdât ou de khidmat ud-dîn, alors c'est une maslaha qui n'est pas reconnue en islam. 'Uthmân ibn Maz'ûn voulait ainsi demeurer célibataire et en demanda la permission au Prophète ; mais celui-ci refusa (al-Bukhârî, Muslim, avec Fat'h ul-bârî 9/148 ; ce fut apparemment ensuite qu'il se maria à Khuwayla bint Hakîm). Sa demande était motivée par la volonté de pouvoir se consacrer davantage à la 'ibâda.

– Et qu'en est-il si le musulman désire diminuer en lui le désir sexuel ?

--- Si la maslaha qu'il recherche est d'avoir davantage de spiritualité, et ce parce qu'il croit que ce désir est quelque chose d'animal, de sale, quelque chose dont il a à se débarrasser ou qu'il lui faut diminuer au maximum pour pouvoir vraiment vivre sa spiritualité avec Dieu, alors c'est là une croyance erronée (bid'a), car il n'y a en islam l'idée que la force physique – dans tous ses aspects – serait une mauvaise chose, contraire à la force spirituelle. C'est pourquoi il est relaté que le verset 5/87 s'applique aussi au cas de ce Compagnon venu voir le Prophète pour lui dire qu'il s'abstenait de manger de la viande, car celle-ci entraînait chez lui du désir sexuel (at-Tirmidhî 3054).

--- Si par contre la maslaha qu'il recherche est de diminuer le risque du péché, et ce parce que ce musulman se trouve dans un cas où il n'a réellement pas les possibilités de se marier et qu'il craint de tomber dans le péché, ou qu'il est déjà marié mais qu'il a tant d'énergie sexuelle qu'il est en décalage avec son épouse (ou avec ses épouses, là où il lui est possible de pratiquer la polyginie), alors il peut chercher à diminuer le désir sexuel ; pour cela il peut pratiquer le jeûne, comme il peut aussi s'abstenir de manger de la viande.
Ce qui a été évoqué dans le hadîth rapporté par at-Tirmidhî (3054) concerne le musulman qui ne se trouve pas dans ce cas : soit il est déjà marié et peut avoir des relations normales ; soit il n'est pas marié mais a la possibilité de le faire ; soit il veut se débarrasser du désir sexuel, pensant que cela contredit une spiritualité saine : dans tous ces cas c'est un excès que de chercher à diminuer sa vitalité.

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E) La demande de certains Compagnons et le refus formulé par Dieu ou par Son Messager :

– Certains Compagnons avaient eu l'intention de pratiquer le délaissement de plaisirs, par 'ibâda :

Le verset 5/87 s'applique au cas de certains Compagnons, qui "avaient eu l'intention de délaisser le dunyâ [totalement], de délaisser les femmes [c'est-à-dire de ne jamais se marier] et d'adopter une vie d'ascèse ("yatarahhabû")" (Tafsîr ut-Tabarî, commentaire du verset 5/87).

Ce verset s'applique aussi au cas de 'Uthmân ibn Maz'ûn, qui "avait voulu s'interdire [= s'abstenir systématiquement de] le mariage, l'utilisation de parfum et tout ce dont on retire du plaisir (kullu mâ yultadhdhu bihî)" (at-Tabarî, cité dans Fat'h ul-bârî 9/148).

Il s'agissait ici de "délaisser cela par 'ibâda" (soit le cas B.2 évoqué plus haut). Cela relève donc de la rahbâniyya.

Ces Compagnons avaient pensé qu'ils réaliseraient ainsi un plus grand rapprochement avec Dieu ; cependant, on note qu'ils se renseignèrent auprès du Prophète, afin de s'enquérir de la conformité de ce qu'ils pensaient avec la révélation ; le Prophète leur expliqua alors que ce n'était point là sa voie ("sunna") ; cela était donc une innovation ("bid'a 'amaliyya haqîqiyya").

Comme exposé dans un autre article, ce qui cause le plaisir des sens humains est quelque chose de nécessaire à la survie de l'individu ou de l'espèce (cliquez ici). S'en préserver par 'ibâda n'est donc pas institué.

– Certains autres Compagnons voulurent délaisser certaines choses dunyawî non pas dans la perspective où ce délaissement serait lui-même 'ibâda, mais par maslaha : ils voulaient pouvoir se libérer afin de pouvoir pratiquer davantage de 'ibâdât dûment instituées ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") :

Dans la mesure où ces choses dunyawî sont recommandées (mustahabb) ou nécessaires (hâjî) (voir, plus haut, le point B.3 ainsi que ses ramifications), le verset 5/87 s'applique aussi à ce cas.

Ibn ul-Jawzî écrit que certains Compagnons voulurent ainsi se priver de se marier et de manger de la viande, "afin de pouvoir pratiquer davantage de 'ibâda" ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") ; la règle présente dans ce verset s'appliqua aussi à eux (Zâd ul-massîr, commentaire de 5/87).

Un autre récit, très connu, expose que quelques Compagnons se rendirent aux appartement d'épouses du Prophète, questionner (celles-ci) au sujet de la 'ibâda que le Prophète faisait [il s'agissait de la 'ibâdatullâh surérogatoire – nâfila – que le Prophète faisait chez lui]. Lorsqu'ils en furent informés, il semble qu'ils l'aient considérée comme étant de petite quantité ; ils ont alors dit : "Quelle est notre statut par rapport à celui du Prophète, lui dont Dieu a pardonné les fautes antérieures et futures !" L'un d'eux dit alors : "Moi je prierai toujours toute la nuit." Un autre dit : "Je jeûnerai tout le temps, ne passant aucune journée sans jeûne." L'autre dit : "Je resterai à l'écart des femmes et ne me marierai jamais." [Ayant été informé de ce que ces trois Compagnons avaient projeté de faire,] le Messager de Dieu se rendit auprès d'eux et leur dit : "Etes-vous ceux qui ont dit ainsi et ainsi ? Par Dieu je suis celui qui a le plus de crainte pour Dieu et le plus de piété envers Lui. Mais (certains jours) je jeûne et (d'autres jours)je ne jeûne pas ; (la nuit) je prie et je dors ; et je me marie avec les femmes. Celui qui dédaigne (raghiba 'an) ma voie (sunna) ne fait pas partie de moi" (al-Bukhârî 4776, Muslim 1401, an-Nassâ'ï 3217, Ahmad). Cette version est celle de al-Bukhârî. Dans une autre version, le propos suivant est relaté de l'un d'eux : "Je prierai et ne dormirai pas" (Ahmad 13045).
Les deux premiers Compagnons avaient décidé de faire cela non pas par 'ibâda mais par maslaha. En effet, il s'agissait pour l'un d'eux de ne plus dormir non pas en percevant le délaissement du plaisir du sommeil comme une 'ibâda (action cultuelle), mais afin de pouvoir consacrer le temps ainsi économisé à la prière, laquelle est, elle, une 'ibâda (li yatafarragha li-l-'ibâda). De même, il s'agissait pour le second de ne plus passer une journée à manger non pas par délaissement de ce plaisir par 'ibâda mais afin d'accomplir chaque jour le jeûne (lequel est une action de 'ibâda qui est en soi instituée, mashrû').
Par contre, le Compagnon qui avait décidé de ne pas se marier, soit cela était par 'ibâda (il voulait s'abstenir d'un plaisir par 'ibâda), et cela relève alors du cas évoqué précédemment ; soit cela était par maslaha (libérer le temps et l'énergie que demandent une épouse et des enfants pour les consacrer à davantage d'actions de 'ibâdât).
Cependant, le Prophète leur montra que ce qu'ils projetaient de faire était excessif, et que ce n'était pas la voie ("sunna") que lui il avait tracée, laquelle était une voie d'équilibre entre les différentes composantes de l'être humain.

Un autre récit encore : Un jour, questionnée par des épouses du Prophète quant à la raison de son laisser-aller au niveau de son apparence, Khuwayla bint Hakîm leur répondit que son mari, 'Uthmân ibn Maz'ûn, la délaissait totalement, passant ses journées à jeûner et ses nuits à prier ; ne se sentant plus désirée, elle se négligeait. Quand le Prophète l'apprit, il dit à 'Uthmân ibn Maz'ûn : "'Uthmân, n'as-tu pas en moi un modèle ? – Qu'est-ce donc, ô Messager de Dieu - mon père et ma mère pour toi - ?" Le Prophète lui dit : "Toi tu pries (toute) la nuit et tu jeûnes (chaque) jour. (Or) ta famille a des droits sur toi, et ton corps a des droits sur toi. Prie donc (une partie de la nuit) et dors (une autre partie). Jeûne (certains jours) et ne jeûne pas (d'autres jours)." Plus tard Khuwayla se rendit auprès des épouses du Prophète : elle était alors comme une nouvelle mariée (rapporté par at-Tabarânî : cité dans Tahrîr ul-mar'a 5/183).
Dans une version voisine, on lit que le Prophète dit à 'Uthmân ibn Maz'ûn : "'Uthmân, (y aurait-il en toi) quelque dédain pour (raghba 'an) ma voie ("sunna") ? – Non, par Dieu, ô Messager de Dieu ! C'est au contraire ta voie ("sunna") que je recherche ! – Eh bien moi je dors (une partie de la nuit) et je prie (une autre partie). Je jeûne (certains jours) et je ne jeûne pas (d'autres jours). Et j'ai commerce avec les femmes. Crains donc Dieu, ô 'Uthmân, car ta famille a des droits sur toi, ton hôte a des droits sur toi, et ta personne a des droits sur toi. Aussi, jeûne (certains jours) et ne jeûne pas (d'autres jours) ; et prie (une partie de la nuit) et dors (une autre partie)" (Ahmad 25104).

 

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