referencer site web - referenceur gratuit -

Prosternations compensatoires« Sujûd As-Sahw »


Sujûd As-Sahw 

On entend, par l’expression « Sujûd As-Sahw », deux prosternations que l’on accomplit afin de corriger une erreur qui a eu lieu pendant la salât. Ces prosternations ont trois causes distinctes qui sont : l’ajout, l’oubli et le doute.

A. L’ajout.

On en distingue deux sortes : l’ajout de parole et l’ajout d’un acte.

1. L’ajout de parole.

a. Citer un dhikr faisant partie de la prière à un endroit qui ne lui est pas réservé.

C’est, par exemple, réciter le Tashahhud en étant debout, ou réciter le Coran lors d’une prosternation ou d’une inclinaison. Dans un tel cas, l’avis le plus correct est celui qui consiste à effectuer deux prosternations compensatoires après le salut final.

b. Prononcer le salut final avant d’avoir terminé la prière.

Si cela est fait de manière volontaire, la prière n’est plus valable. Dans le cas contraire, on distingue deux situations :

  • Soit la personne ne prend conscience de son erreur que longtemps après (une heure ou deux), auquel cas la prière n’est plus valable et elle doit la recommencer.
  • Soit elle s’en rend compte assez rapidement (trois, quatre ou cinq minutes après), auquel cas elle se rassoit puis se relève pour achever ce qui lui reste de sa prière. Elle fera alors deux prosternations compensatoires après le salut. Il faut toutefois noter que si elle perd ses ablutions entre deux, il lui incombe alors de refaire la prière depuis le début.

c. Dire une parole qui ne fait pas partie des paroles dites dans la prière.

Si cela est fait de manière volontaire, la prière n’est plus valable. Mais lorsque cela est fait de manière involontaire, par oubli ou par ignorance, la salât reste correcte et deux prosternations compensatoires après le salut final suffiront. Il est à remarquer ici que le fait de parler dans la prière à propos de la prière (par exemple, rappeler à l’Imâm qu’il a oublié une rak‘at) est permis et que la prière est alors correcte. Notons par ailleurs que le rire aux éclats annule la salât, mais pas le simple sourire ou encore le fait de pleurer par crainte d’Allah ou par chagrin [18]. De même, souffler durant la prière l’annule lorsque cela est fait vainement, mais pas en cas de nécessité [19]. Il est aussi permis de toussoter, soit pour s’éclaircir la voix, soit pour attirer l’attention sur le fait que quelqu’un est en prière [20]. Cependant, toussoter vainement et sans aucune raison annule la salât car cela relève de la moquerie.


2. L’ajout d’un acte.

a. L’ajout volontaire d’un acte faisant partie de la salât (une inclinaison, une prosternation, une station debout ou assise) annule celle-ci. Mais lorsque cela est fait de manière non intentionnelle, on effectue deux prosternations compensatoires. Prenons ainsi le cas d’une personne qui ajoute une cinquième rak‘at dans la prière du midi (Az-Zuhr). Si elle se rend compte de son ajout pendant cette rak‘at, elle doit alors s’asseoir sur le champ, réciter le Tashahhud, saluer et se prosterner deux fois à titre compensatoire. De même, si elle s’en aperçoit après le salut final, elle se prosterne également deux fois.

b. Pour ce qui est des actes qui ne font pas partie de la salât, on distingue deux cas de figures : soit ils sont nombreux et la prière n’est alors plus valable, soit ils sont minimes et la prière l’est toujours. Ainsi, porter un bébé durant toute la prière et le poser lors des prosternations afin de l’empêcher de pleurer est permis car le prophète صلى الله عليه وسلم l’a fait. De même, avancer, reculer, se déplacer vers la droite ou vers la gauche -tout en étant en direction de la Qibla- afin d’ouvrir une porte l’est également puisque le prophète صلى الله عليه وسلم a ouverte la porte à ‘Â’isha (Qu’Allah l’agrée) alors qu’il était en prière. Plus précisément, quatre conditions doivent être réunies pour que les actes ne faisant pas partie de la salât annule celle-ci : qu’ils soient nombreux, ne fassent effectivement pas partie de la prière, ne répondent pas à une nécessité et se succèdent les uns aux autres. Supposons, par exemple, qu’une personne fait un petit mouvement dans la première rak‘at, un autre dans la seconde, puis dans la troisième et la quatrième, de sorte que si on les réunit on obtient un mouvement conséquent. Dans ce cas, la prière reste valable car ces quatre mouvements ne se sont pas succédés de manière continue. Quant au fait de manger et de boire, cela annule la prière lorsqu’on le fait intentionnellement. Par contre, si c’est le résultat d’un oubli, cela dépendra de la quantité consommée : si celle-ci est importante, la prière n’est plus valable, sinon elle le reste.


B. L’omission.

1. L’omission d’un pilier de la salât.

Si le pilier omis est le Takbîr de sacralisation, on considère alors que la prière n’a pas eu lieu, car c’est précisément par ce Takbîr que l’on entre dans la salât. Prenons ainsi d’une personne qui entreprend de prier mais qui démarre directement par l’invocation de l’ouverture, enchaîne par la Fâtiha et continue sa salât jusqu’à la fin. On lui dira donc que sa prière n’a pas eu lieu et ce, même si elle a accomplit toutes les rak‘âtes.

Si le pilier omis est autre que le Takbîr de sacralisation, deux cas de figure se présentent :

  • On est déjà arrivé au même pilier dans la rak‘at qui suit lorsque l‘on s’en rend compte. Alors, on annule la rak‘at dans laquelle on a omis le pilier. Ainsi, une personne accomplissant la prière du midi (Az-Zuhr) fait la première rak‘at et s’aperçoit ensuite, au moment où elle s’assoit entre les deux prosternations, qu’elle ne s’est prosternée qu’une seule fois dans la première. Dans ce cas, elle annule la première rak‘at et celle-ci est remplacée par la seconde.
  • On se rend compte de cette omission avant d’atteindre le même pilier de la rak‘at suivante. Dans ce cas, on doit revenir au pilier omis et l’accomplir ainsi que tout ce qui suit. Prenons ainsi l’exemple d’une personne qui, se levant pour la seconde rak‘at et entamant la récitation de la Fâtiha, se rappelle alors ne s’être prosternée qu’une seule fois dans la rak‘at précédente. Dans ce cas, elle se rassoit, effectue la seconde prosternation qui lui manque, puis termine sa prière.

Sachant que dans les deux cas cités ci-dessus, on effectuera deux prosternations compensatoires après le salut final.

Enfin, si on ne s’aperçoit avoir omis un pilier qu’après la salut final, on doit alors revenir à ce pilier, l’accomplir ainsi que tout ce qui suit. Exemple : une personne se rappelle, après avoir terminé sa prière, qu’elle n’a effectué qu’une seule prosternation dans la dernière rak‘at. Elle a donc omis une station assise entre les deux prosternations ainsi que la seconde prosternation. Dans ce cas, elle doit, successivement, se rasseoir, se prosterner, réciter le Tashahhud et saluer, suite à quoi elle effectue deux prosternations compensatoires.

2. L’omission d’une obligation.

a. Exemple : le Tashahhud.

Trois cas de figures se présentent :

  • Une personne accomplit les deux premières rak‘ates de sa prière. Alors qu’elle doit s’asseoir pour le premier Tashahhud, elle fait le geste de se lever (de manière à ce que ses cuisses ne soient pas décollées des jambes) mais s’aperçoit, à ce moment, qu’elle doit réciter le Tashahhud. Dans ce cas, elle se stabilise correctement, le récite et continue sa salât sans avoir de prosternations compensatoires à réaliser. Cependant, si elle se relève à moitié et se rend compte de son omission avant d’être totalement debout, alors elle se rassoit, accomplit le Tashahhud et continue sa prière jusqu’à la fin en effectuant deux prosternations compensatoires après le salut final.
  • Une personne se relève totalement, mais se rend compte qu’elle a omis le Tashahhud avant d’entamer la récitation de la Fâtiha. Dans ce cas, il lui est déconseillé de s’asseoir parce qu’elle a atteint le pilier suivant. Toutefois, si elle le fait, sa prière n’est pas annulée. Ainsi, une fois debout, elle continue sa salât jusqu’au bout en accomplissant deux prosternations compensatoires avant le salut final.
  • Enfin, si elle ne s’aperçoit de cette omission qu’après s’être relevée complètement et avoir commencé la récitation de la Fâtiha, il lui est alors interdit de se rasseoir, et si elle le fait, sa prière est annulée. Elle se doit, bien au contraire, de continuer sa prière jusqu’au bout et effectuer, comme dans le cas précédent, deux prosternations compensatoires avant le salut final.

b. Règle générale.

Le cas du Tashahhud est en effet cité ici à titre d’exemple d’une situation plus générale, à savoir : l’omission d’une obligation de la salât. La règle à suivre est la suivante :

Celui qui omet une obligation et quitte l’endroit qui lui est réservé pour entrer dans le pilier suivant ne doit pas y revenir, et deux prosternations compensatoires avant le salut final lui reviennent.

Exemples : Supposons que l’on ait oublié de dire « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm » dans l’inclinaison et que l’on ne s’en rend compte qu’une fois s’être relevé. Il nous est alors interdit de revenir à la position inclinée et on doit effectuer deux prosternations compensatoires avant le salut final, car on a omis une obligation. De même, si l’on a omis de dire « Rabbî-ghfir Lî » une fois assis entre les deux prosternations et que l’on s’en rend compte lors de la seconde prosternation, il nous est interdit de retourner à cette station assise pour réciter cette formule et on accomplira deux prosternations compensatoires avant le salut final. Enfin, si l’on a oublié de dire « Subhâna Rabbî Al A‘lâ » dans la prosternation et que l’on ne s’en aperçoit qu’une fois debout, on ne peut y revenir et on fait, là encore, deux prosternations compensatoires avant le salut final.

3. L’omission d’une sunna.

Lorsqu’une personne omet une sunna de la salât qu’elle a l’habitude de pratiquer, il est sunna d’accomplir deux prosternations compensatoires, mais cela n’a pas un caractère obligatoire.


C. Le doute.

Concernant le doute, trois règles essentielles doivent être connues :

Premièrement : Il ne faut pas prêter attention au doute qui survient après que l’on ait terminé la prière, à moins d’être certain d’avoir omis ou ajouté quelque chose. Ainsi, nous dirons à la personne qui nourrit un doute, après sa salât, quant au nombre (trois ou quatre) de rak‘ates qu’elles a accomplies : N’y prête pas attention. Tu n’as ni à accomplir de prosternations compensatoires, ni à recommencer ta prière.

Deuxièment : On ne prêtera pas non plus attention au doute qui ne s’avère être qu’une simple impression effleurant l’esprit sans s’y ancrer.

Troisièment : On ne prêtera enfin pas attention au doute lorsque celui-ci survient de façon maladive, de sorte que l’on en arrive à douter de chacun des actes (ablutions, prière, jeûne) que l’on accomplit. On n’en tiendra donc pas compte car cela relève de la pathologie.

Par conséquent, lorsque l’on parle de doute, on entendra par là le vrai doute, à savoir celui qui n’est entaché de rien de ce qui a été mentionné dans les trois règles citées ci-dessus.

Une personne nourrissant un doute peut se trouver dans deux cas de figure :

  • Soit elle hésite entre deux situations, mais penche plus pour l’une que pour l’autre.
  • Soit elle hésite entre deux situations, mais n’en fait prévaloir aucune.

Exemple : Si une personne a un doute sur le nombre (trois ou quatre) de rak‘ates qu’elle a accomplies, elle prend en compte celui de ces deux nombres vers lequel elle penche le plus, termine sa salât, puis effectue deux prosternations compensatoires après le salut final. Par contre, si elle se trouve dans le second cas de figure, elle prend en compte le plus petit de ces deux nombres (en l’occurrence, trois), continue sa prière et effectue deux prosternations compensatoires avant le salut final.

Autre cas possible : Une personne doute du nombre (trois ou quatre) de rak‘ates qu’elle a accomplies. Penchant plus pour trois, elle se lève donc pour en effectuer une quatrième, mais s’aperçoit avec certitude, durant sa réalisation, que c’est effectivement la quatrième rak‘at qu’elle est en train de faire. Le doute est alors levé, mais elle fera tout de même deux prosternations compensatoires après le salut final.


1. Le doute quant à l’accomplissement d’un pilier.

Si l’on doute d’avoir accompli ou non un pilier, l’attitude à adopter consiste à considérer que l’on ne l’a pas réalisé . Dès lors, si l’on se trouve dans un tel cas et que le doute survient avant que l’on parvienne au même pilier de la rak‘at suivante, on revient au pilier omis que l’on accomplit et on poursuit la prière. Par contre, si le doute surgit au moment où l’on effectue le même pilier de la rak ‘at suivante, on annule la rak‘at où le pilier a été oublié et c’est la rak‘at suivante qui prend sa place. Sachant que, dans les deux cas, on se prosterne deux fois à titre compensatoire après le salut final.

Exemple : Une personne se relève pour accomplir la seconde rak‘at de sa salât et doute alors du nombre (une ou deux) de prosternations qu’elle a effectuées dans la première. Dans ce cas, elle considère qu’elle ne l’a pas accomplit et revient sur ses pas : elle s’assoit donc, réalise la prosternation manquante et continue sa prière, suite à quoi elle se prosterne deux fois à titre compensatoire après le salut final.

2. Le doute quant à l’accomplissement d’une obligation.

Si l’on doute d’avoir accompli ou non une obligation, on fait prévaloir sa non réalisation [22]. Ainsi, si l’on n’a pas encore quitté l’endroit assigné à cette obligation, ou si on l’a quitté mais que l’on n’est pas encore parvenu au pilier qui la suit, on revient à l’endroit en question afin de l’accomplir, suite à quoi on continue sa prière en se prosternant deux fois à titre compensatoire après le salut final.

Par ailleurs, si le doute intervient après que l’on ait quitté l’endroit assigné à l’obligation et atteint le pilier suivant, on ne revient pas pour accomplir l’acte omis, mais on accomplit deux prosternations compensatoires avant le salut final.

Exemple : Après s’être relevée de l’inclinaison, une personne doute et se demande si elle y a dit ou non « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm ». Dans ce cas, elle ne revient pas en position inclinée et poursuit sa prière en se prosternant deux fois à titre compensatoire avant le salut final.


3. Le doute sur l’ajout.

a. Si une personne doute, après avoir fini, quant au fait d’avoir ajouté quelque chose dans sa prière, elle n’a pas de prosternations compensatoires à réaliser. Par exemple, si elle doute, lors du dernier Tashahhud, qu’elle est en train d’effectuer une cinquième rak‘at, elle n’a pas à se prosterner.

b. Si elle doute, au moment où l’action se déroule, que ce qu’elle est en train de faire constitue un ajout, alors elle se prosterne deux fois à titre compensatoire après le salut final. Ainsi, si elle se demande, alors qu’elle est en train de réaliser la quatrième rak‘at, sil s’agit bien de la quatrième ou de la cinquième, elle se prosterne dans ce cas deux fois après le salut final, parce qu’elle a accomplit une partie de sa prière dans le doute.

c. De même, si le sentiment de doute qu’elle éprouve quant au fait d’avoir ajouté quelque chose se transforme en certitude, elle se prosterne deux fois à titre compensatoire après le salut final. C’est par exemple le cas d’une personne qui, lors du dernier Tashahhud, se rend compte qu’elle a en fait accompli cinq rak‘ates. Celle-ci doit alors se prosterner deux fois après le salut final. En outre, si elle s’aperçoit de son ajout alors qu’elle est debout, elle se rassoit sur le champ, récite le Tashahhud et se prosterne deux fois après le salut final.


D. Statut des prosternations compensatoires.

On peut dès lors se poser la question de savoir à quel moment ces prosternations sont obligatoires (Wâjib) et dans quels cas elles sont conseillées (Mustahabb). Nous dirons donc :

  1. Elles ont un caractère obligatoire pour tout acte ou parole faisant partie intégrante de la prière et dont la suppression ou la réalisation volontaire entraîne son annulation.
    • Exemple 1 : Une personne omet de dire « Rabbî-ghfir Lî » entre les deux prosternations. Elle est alors dans l’obligation d’effectuer deux prosternations compensatoires, car si elle ne disait pas cette invocation délibérément, sa prière serait nulle.
    • Exemple 2 : De même, si elle omet de réciter la Fâtiha, elle est dans l’obligation de se prosterner deux fois et doit, en plus, rattraper le pilier qu’elle a omis.
    • Exemple 3 : Enfin, si elle oublie le premier Tashahhud, elle est dans l’obligation de se prosterner deux fois, mais ne rattrape pas cette fois ce qu’elle a omis. Ce qui s’explique par le fait que les obligations (en l’occurrence le premier Tashahhud) tombent à cause de l’omission.
  2. Elles sont conseillées pour tout acte ou parole faisant partie intégrante de la prière et dont la suppression ou la réalisation volontaire n’entraîne pas son annulation.
    • Exemple 1 : Une personne qui omet de réciter l’invocation d’ouverture (Du‘â Al Istiftâh) n’est pas dans l’obligation d’accomplir deux prosternations compensatoires, puisque l’omission volontaire de cette invocation n’annule pas la prière. Ces prosternations sont, dans ce cas, seulement conseillées.
    • Exemple 2 : De même, il est conseillé, mais pas obligatoire, à une personne qui a récité le Coran en lieu et place du Tashahhud de se prosterner à titre compensatoire. En effet, même accompli volontairement, cet acte n’annule pas la prière.

E. Règles générales.

  1. En cas d’ajout, les prosternations compensatoires ont lieu après le salut final.
  2. En cas d’omission, les prosternations compensatoires ont lieu avant le salut final.
  3. En cas de doute, si l’on fait prévaloir une probabilité sur l’autre, on se base sur celle qui prévaut et on effectue deux prosternations compensatoires après le salut final. Par contre, si aucune des deux probabilités ne prévaut, on se base sur ce dont on est certain et on effectue deux prosternations compensatoires avant le salut final.

Avertissement : Les deux prosternations compensatoires qui ont lieu avant le salut final, lorsque l’on ne les accomplit pas, annulent la prière, contrairement à celles qui surviennent après le salut final. Il y a en effet une différence de statut entre ces deux pratiques. Les prosternations d’avant le salut final sont ainsi une « obligation dans la prière » (Wâjib Fî As-Salât), car elles ont lieu avant la fin de celle-ci, alors que celles situées après le salut sont une « obligation pour la prière » (Wâjib Lî As-Salât), car elles ont lieu après la fin de celle-ci. Par conséquent, la salât est annulée dès lors que l’on n’accomplit pas volontairement une obligation qui en fait partie intégrante, mais ne l’est pas dans le cas d’une « obligation pour la prière ».

Exemple : La prière de celui qui ne réalise pas volontairement le premier Tashahhud est annulée, car elle a alors délaissée une « obligation dans la salât ». Par contre, si elle n’accomplit pas, toujours volontairement, le second appel à la prière (Al Iqâma), celle-ci reste valable, car elle a dans ce cas délaissée une « obligation pour la salât ».


F. L’oubli des prosternations compensatoires. En cas d’oubli de ces deux prosternations, on distinguera deux situations :

  1. Soit la personne concernée s’aperçoit de cette omission immédiatement ou peu de temps après la prière, auquel cas elle les accomplira à ce moment, bien qu’elle ait déjà salué.
  2. Soit elle ne s’en rend compte que longtemps après, auquel cas elle ne les effectuera pas, sa prière restant alors correcte.

Exemple : Une personne oublie le premier Tashahhud et doit alors se prosterner deux fois avant le salut final. Si elle omet de le faire et si elle s’en rend compte dans un court laps de temps, alors elle se prosterne deux fois. Par contre, si elle s’en rend compte longtemps après ou après être sorti de la mosquée, elle n’a pas à y retourner pour s’en acquitter.

G. Répétition des omissions.

Lorsque plusieurs erreurs, nécessitant chacune de se prosterner à titre compensatoire, surviennent dans la prière, deux prosternations suffisent.

Exemple : Une personne omet successivement de dire « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm » dans l’inclinaison, le premier Tashahhud, et « Subhâna Rabbî Al A‘lâ » dans la prosternation. Bien que chacune de ces omissions nécessite deux prosternations compensatoires, on ne se prosternera ici que deux fois.

Il peut par ailleurs se produire qu’une même prière comporte des omissions nécessitant de se prosterner deux fois avant le salut final et d’autres nécessitant de se prosterner après celui-ci. Dans ce cas, on fait prévaloir les prosternations compensatoires survenant avant le salut final. Cependant, s’il y a plus de raisons impliquant de se prosterner après le salut qu’avant, on fera alors prévaloir celles dont le nombre est supérieur.

Exemple 1 : Une personne accomplit le salut final avant d’achever sa prière, deux inclinaisons dans la même rak‘at, puis omet le premier Tashahhud. Nous avons donc ici deux raisons qui nécessitent de se prosterner après le salut final (l’ajout du salut et d’une inclinaison) et une seule nécessitant de se prosterner avant (l’omission du premier Tashahhud). Dans ce cas, on fera prévaloir les prosternations survenant après le salut final.

Exemple 2 : Une personne s’incline deux fois dans la même rak‘at, omet de dire « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm » lors de l’inclinaison, ainsi que « Subhâna Rabbî Al A‘lâ » dans la prosternation. Nous avons donc là deux causes impliquant deux prosternations compensatoires avant le salut (l’omission de « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm » et de « Subhâna Rabbî Al A‘lâ ») et une seule nécessitant de se prosterner après (l’ajout d’une inclinaison). On fera alors prévaloir les prosternations survenant avant le salut final.


H. En cas de prière derrière un Imâm.

Une personne assistant, depuis le début, à une prière derrière un Imâm n’a de prosternations compensatoires à effectuer que si l’Imâm en effectue.

Exemple : Une personne omet de dire « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm » dans l’inclinaison n’a pas à se prosterner à titre compensatoire, car lorsque l’Imâm prononcera le salut final, elle est contrainte de le suivre. Elle ne peut donc pas effectuer deux prosternations compensatoires puis saluer. Cependant, si elle intègre la prière derrière un Imâm avec au moins une rak‘at de retard et si elle omet de dire « Subhâna Rabbî Al ‘Azîm » dans l’inclinaison, alors elle doit se lever -après le salut final de l’Imâm- pour rattraper son retard et accomplir ces deux prosternations avant son salut final pour l’obligation qu’elle a omise. Elle se prosternera donc deux fois avant de saluer dans la rak‘at qu’elle est en train de rattraper.

Par ailleurs, que ce soit avant ou après le salut final, si l’Imâm accomplit deux prosternations compensatoires, toute personne qui prie derrière lui doit également les faire, même si elle n’a commis ni ajout ni omission ou nourri un doute.

Exemple : L’Imâm omet de dire « Subhâna Rabbî Al A‘lâ » dans la prosternation et accomplit par conséquent deux prosternations compensatoires. Bien qu’elles ne soient évidemment pas au courant de cette oubli -puisque l’Imâm ne prononce pas ce Tasbîh à voix haute- les personnes qui se tiennent derrière doivent suivre leur Imâm et ce, même si elles n’ont rien omis personnellement.

Autre cas de figure : Une personne arrive en retard et intègre le groupe lors de la seconde rak‘at. Durant cette même rak‘at, l’Imâm fait un ajout (il s’incline deux fois, par exemple) et s’apprête par conséquent à se prosterner deux fois après le salut final. La personne arrivée en retard ne peut saluer directement puisqu’elle doit se relever afin de rattraper la rak‘at qui lui manque. Elle la rattrapera donc, suite à quoi elle rattrape -après avoir salué- les deux prosternations compensatoires de l’Imâm, étant donné qu’elle a assisté avec ce dernier à l’ajout en question.

Supposons par contre qu’elle intègre la prière lors de la seconde rak‘at et que l’ajout de l’Imâm est survenu durant la première (il s’incline là encore deux fois). Ce dernier se prosternera donc deux fois à titre compensatoire après le salut final. Quant à elle, n’ayant pas assisté à cet ajout, elle se lèvera afin de rattraper la rak‘at qu’elle a manquée mais n’aura pas à se prosterner deux fois après le salut final.


I. Existence d’une divergence quant au statut des prosternations compensatoires.

Cela peut survenir lorsque l’Imâm ne considère pas les prosternations compensatoires obligatoires pour une omission donnée ], alors qu’elles le sont dans l’esprit d’une personne priant derrière lui. Dans ce cas, si l’Imâm ne les accomplit pas, la personne en question n’a pas à les faire, bien qu’elle les considère obligatoires. Par contre, si l’on prie derrière un Imâm qui juge ces prosternations obligatoires, mais ne les accomplit pas, alors on les lui rappelle. S’il insiste et reste sur sa position, celui qui prie derrière lui les effectuera seul.

Autre situation : Si l’Imâm se lève pour entamer une cinquième rak‘at, il est du devoir de ceux qui prient derrière lui de l’avertir de son erreur en lui disant « Subhânallah ». Et il est de celui de l’Imâm de revenir s’il entend au moins deux personnes dignes de confiance lui prononcer ces mots. Si donc il est certain d’avoir raison, il reste sur sa position. Mais s’il n’en est pas certain et ne fait pas machine arrière, sa prière n’est plus valable. En effet, un Imâm entendant le Tasbîh [24] de deux personnes dignes de confiance priant derrière lui se trouve nécessairement dans l’une des cinq situations suivantes :

  1. Il est sûr de lui, auquel cas il poursuit sa salât et ne tient pas compte de leur Tasbîh.
  2. Il est certain que ces personnes ont raison et fait alors machine arrière.
  3. Il a un doute, mais penche plus vers la position de ceux qui l’ont averti par ce Tasbîh, auquel cas il revient également sur ses pas.
  4. Il a un doute, mais penche plus vers le fait que ceux qui l’ont averti par ce Tasbîh se trompent, auquel cas il poursuit sa prière.
  5. Il a un doute, mais ne penche ni pour l’une ni pour l’autre. Dans ce cas, il se basera sur la position de ces personnes et fera machine arrière.

Par ailleurs, dans le cas où l’Imâm entame une cinquième rak‘at mais ne revient pas sur ses pas après avoir été averti par un Tasbîh, ceux qui prient derrière lui se trouvent dans l’une des quatre situations suivantes :

  1. Ils pensent que c’est l’Imâm, et non ceux qui l’ont averti par le Tasbîh, qui a raison. Dans ce cas, leur prière est correcte.
  2. Ils pensent que l’Imâm se trompe mais le suivent, soit par ignorance, soit par oubli. Ils sont alors excusés pour leur ignorance ou leur oubli et leur salât reste valable.
  3. Ils savent que l’Imâm se trompe mais le suivent malgré tout, auquel cas leur prière n’est plus valable.
  4. Ils savent que l’Imâm se trompe et ne se lèvent pas avec lui. Ils accomplissent alors le Tashahhud et le salut final et quittent la salât avec l’Imâm, car ils considèrent que la prière de celui-ci n’est plus valable. Dans ce cas, leur prière est correcte.

Post-Scriptum :

Source : Résumée du chapitre intitulé « Sujûd As-Sahw » du livre « Ash-Sharh Al Mumti‘ ‘Alâ Zâd Al Mustaqna‘ »

Auteur : Sheikh Al ‘Uthaymîn (Qu’Allah lui fasse miséricorde)

Traduction : Abû Hafsa

http://www.sounna.com/spip.php?article127

  • e6un7

 



1 vote. Moyenne 4.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site