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Adorer Dieu comme si on Le voyait

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L'islam ayant communiqué aux hommes non seulement un ensemble de croyances et de principes spirituels, moraux et sociaux, mais aussi un ensemble de règles juridiques pour le culte qu'ils rendent à Dieu et leurs affaires sociales, il peut arriver que les musulmanes et les musulmans prennent le moyen pour l'objectif, et se contentent d'une application superficielle et littéraliste des règles sans aller au-delà, vers plus de profondeur. Or, l'islam met en garde contre cela.

Shâh Waliyyullâh écrit : "Les actions que dicte l'islam sont à appréhender sous deux angles complémentaires. Le premier est leur aspect visible, sous lequel elles sont réglementées par le droit musulman. Le second est leur lien avec les qualités du cœur, en sorte que leur mise en pratique conduise effectivement à une droiture intérieure" (Hujjat ullâh il-bâligha, 2/176).

Ces deux dimensions ont été évoquées par le Prophète lui-même : "Celui qui (malgré son jeûne) ne délaisse pas la parole du mal et l'action du mal, Dieu n'a pas besoin qu'il délaisse nourriture et boisson" (al-Bukhârî et Muslim). Ne pas respecter les moyens visibles tels que définis par les sources de l'islam, c'est ne pas vivre le modèle du Messager de Dieu. Mais se contenter de l'aspect visible sans profondeur, sans intériorité, c'est ne pas se conformer entièrement non plus à ce modèle.

Les deux dimensions entrent donc en jeu et sont complémentaires :
- l'objectif (la proximité de Dieu, la droiture du cœur, la justice sociale) ;
- les moyens (la mise en pratique des règles apportées par le Prophète pour conduire à ces buts).

Shâh Waliyyullâh écrit en substance : "(...) Dieu veut de nous que nous respections les règlements juridiques qui nous ont été dictés, mais ce d'une façon profonde, en sorte qu'ils nous mènent à la droiture du cœur" (Hujjatullâh il bâligha, 1/268-271).

C'est ici qu'entre en en jeu ce que le Prophète (sur lui la paix) a appelé "al-ihsân", et qui est la recherche d'une perfection intérieure dans l'application des règles d'adoration. Le Prophète a défini "al-ihsân" comme suit : "C'est que tu adores Dieu comme si tu Le voyais. Car si toi tu ne le vois pas, Lui te voit" (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).

L'hypocrisie dans l'action (nifâq ul 'amal) :

Le fait, justement, de se contenter d'appliquer les règlements de l'islam de façon superficielle, de façon creuse, sans presque jamais de profondeur, de vie du cœur, a été nommé par des savants musulmans : nifâq ul-'amal, hypocrisie dans l'action. Certes, il s'agit d'une forme moins grave que l'hypocrisie dans la croyance (nifâq fi-l-i'tiqâd), laquelle consiste à se montrer musulman par pur intérêt, alors qu'intérieurement on n'adhère aucunement à l'islam. Mais il s'agit quand même d'une forme d'hypocrisie, du fait de se soucier de l'apparence mais pas de l'intérieur. (At-Tirmidhî a parlé de ces deux catégories du nifâq dans son Sunan.)

Shâh Waliyyullâh écrit en substance : "Et si le musulman délaisse le côté "cœur", alors c'est ce que certains savants des premiers siècles (as-salaf) ont appelé l'hypocrisie dans l'action (nifâq ul 'amal). Cela consiste, pour cet homme, à se laisser dominer par les voiles des choses au point que leur amour occupe tout son cœur et que, sans pour autant abandonner les croyances de l'islam, la réalité de ce qu'annoncent ces croyances devienne pour lui très peu présente" (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/ 467).

Ibn Taymiyya écrit quant à lui que "des branches de l'hypocrisie peuvent cohabiter dans le cœur du croyant avec la foi" (Kitâb ul-îmân, p. 262) Il s'agit du cœur qui certes croit, mais dans lequel subsistent des manquements quant à la certitude (yaqîn) sur ces croyances et quant aux qualités (khuluq) qui découlent de cette croyance. C'est bien dans ce sens que se comprend cette invocation que le Prophète a enseignée aux musulmans : "O Dieu, purifie mon cœur de l'hypocrisie, mes actes de l'ostentation, ma langue du mensonge, mes yeux de regarder ce qu'ils ne doivent pas (al-khiyâna). Car Tu connais l'œil qui trahit et ce que cachent les cœurs" (al-Bayhaqî ; je n'ai pas pu vérifier ce que les spécialistes de la science des hadîths ont dit de l'authenticité de celui-ci).

Lorsque Hanzala ressentit en son cœur une passagère diminution du sentiment de la Présence de Dieu, il craignit justement une hypocrisie de cette catégorie : "Nâfaqa Hanzala", alla-t-il dire au Prophète (sur lui la paix). Celui-ci le rassura aussitôt : cette baisse passagère de sentiment de la Présence n'était pas de l'hypocrisie mais un phénomène naturel pour l'être humain, qui doit avoir "un temps et un temps" (Muslim) : un temps pour se plonger intensément dans le sentiment de la Présence divine, un temps pour vaquer à ses occupations liées à sa vie sur terre. L'hypocrisie de l'action est autre chose : c'est se contenter d'appliquer les règlements islamiques de façon superficielle, de façon creuse, sans presque jamais de profondeur, de vie du cœur.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

 

http://www.maison-islam.com/articles/?p=36

 

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