referencer site web - referenceur gratuit -
Créer un site internet

religion

Le clonage entre la science et la religion

Clonage 

Le clonage des êtres humains

 Une équipe de recherche Sud Coréenne vient de démontrer la possibilité de cloner des embryons humains à des fins thérapeutiques. Cette nouvelle est une véritable révolution puisque jusqu'à présent, les spécialistes s'accordaient pour dire que leclonage de primates était extrêmement difficile à réaliser. Cette nouvelle avancée, qui ouvre des voies thérapeutiques encore difficilement évaluables, repose aussi avec d'autant plus de force la question du clonage reproductif humain.L'une des difficultés principales rencontrée lors du clonage de primates est la perte de facteurs essentiels aux divisions cellulaires, lorsque le noyau est retiré de l'oeuf.

Ces facteurs sont principalement des protéines constitutives d'une structure appelée le centrosome. L'absence de ces protéines entraîne un dysfonctionnement des centrosomes aboutissant à une mauvaise répartition des chromosomes lors de la division cellulaire, et donc à un chaos génétique (pour plus de précision lire notre article "Le clonage humain est actuellement presque impossible !") L'équipe de chercheurs a démontré que, bien que le processus de clonage demeure inefficace, celui-ci est néanmoins possible. Ils ont utilisé 242 oeufs provenant de dons de 16 femmes qui, simultanément, ont donné les cellules à partir desquels les noyaux ont été prélevés pour le clonage. Il est important de noter que les cellules "donneuses" du noyau utilisées dans cette expérience sont des cellules de soutien de l'ovule, présentes uniquement chez les femmes jeunes.Environ un quart des oeufs s'est développé jusqu'au stade du blastocyste(environ 100 cellules), stade à partir duquel des cellules souchesembryonnaires (CSE) peuvent être obtenues. L'efficacité est similaire à celle obtenue lors du clonage de la vache ou du cochon.

Cependant, les raisons de ce succès sur des cellules humaines demeurent encore inconnues. Il est possible que les techniques employées pour extraire le noyau de l'ovocyte, afin de l'énucléer, aient été plus douces que celles utilisées jusque-là. Parmi les 30 blastocystes cultivés, un seul a permis d'obtenir une lignée de CSE. Là encore, la raison de cette faible efficacité est encore inconnue, même si les chercheurs soupçonnent des anomalies génétiques non détectées qui pourraient en être la cause. Les cellules obtenues ont de nombreuses caractéristiques des cellules CSE, notamment celle de se diviser indéfiniment. Les CSE ont été capables de se différencier en différents types cellulaires, permettant ainsi d'obtenir différents tissus (cartilage, muscle, os), après injection chez la souris. Cette procédure fait naître l'espoir de pouvoir obtenir des cellules souches parfaitement adaptées aux besoins de la transplantation de tissus pour le traitement de maladies comme le diabète, la maladie de Parkinson, d'Alzheimer et même certains cancers. En effet, grâce au clonage, le problème du rejet, rencontré dans toutes les greffes, serait contourné.Cependant, nous sommes encore loin de cet objectif. En effet, il reste de nombreux obstacles à franchir, notamment celui de s'assurer que ces cellules sont bien différenciées et ne deviendront donc pas cancéreuses une fois injectées dans l'organisme. Une autre difficulté pour imaginer un jour utiliser cette technique thérapeutique à grande échelle, réside dans le fait qu'elle utilise des ovocytes humains qui sont des cellules rares et difficiles à obtenir.

Certains scientifiques craignent que l'annonce de cette réussite, et la publication du protocole de clonage, n'incite des scientifiques peu scrupuleux à se lancer dans des tentatives de clonage reproductif. Actuellement, le clonage humain a été banni dans un grand nombre de pays. Cependant, si les avis sont unanimes contre le clonage reproductif, ils sont plus mitigés en ce qui concerne le clonage thérapeutique en raison de l'exceptionnel potentiel thérapeutique de cette technique

 

La position des religions
Face aux différents types de clonage, chaque religion a une opinion qui diffère. Certaines étant plus favorables que d’autres (Bouddhisme, Judaïsme, Protestantisme), mais d’autres complètement contre (Catholicisme, Islam, Orthodoxes).

  -Le Catholicisme : la religion catholique est une des seules religions à respecter un embryon « comme une personne humaine dès le moment de sa conception ». Partant du principe que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, les catholiques voient d’un œil méfiant le clonage thérapeutique et sont radicalement contre le clonage reproductif. Cette religion interdit donc les recherches et des thérapies sur l’embryon vu que ceci viole ce principe.

De plus, en 1995, le pape Jean-Paul II, a annonce que « l'utilisation des embryons et fœtus comme objets d'expérimentation représente un crime contre la dignité des êtres humains ». A travers ce discourt, le pape a interdit tout type de clonage, thérapeutique ou reproductif.

-Le Protestantisme : La religion protestante est plus tolérante, sur ce sujet, que la religion catholique, sans pour autant être totalement en accord avec ce sujet. Elle analyse au cas par cas le clonage thérapeutique et accepte seulement s’il y a un apport pour les progrès génétiques. En contrepartie pour clonage reproductif elle est contre, mais elle autorise toutes recherches sur l’embryon, à condition que celles-ci soient bien encadrées, qu’il y ai une visée thérapeutique, une destruction rapide, et qu’il n’y ai pas de commercialisation des produits de l’embryons.

-Le Judaïsme : De même, le judaïsme accepte le clonage thérapeutique mais a la condition qu’il y a un apport thérapeutique. Contrairement a la plupart des autres religions, le judaïsme est en accord avec le clonage reproductif, pourtant il y a encore une condition cet avis, il faut que l’individu concerné soit stérile. Concernant les recherches sur l’embryon, elles sont autorisées sauf pour les embryons in utéro, et il faut qu’elles soient encadrées d’un point de vue ra rabbinique. Le judaïsme considère, contrairement au catholique, qu’un embryon est vivant, donc un humain, quarante jours après la conception.


 

-L’Islam : La religion islamique n’est en aucun cas pour le clonage, qu’il soit reproductif ou thérapeutique. A propos des recherches sur l’embryon; elles sont interdites car ceci déshumanise la vie, mais peuvent êtres autorisées si elles sont le seul moyen pour sauver une vie et même traiter un cas de malformation. Dans la religion islamique, un embryon n’est pas considéré un être humain jusqu'à sa nidification dans la muqueuse utérine.


 

-Le Bouddhisme : Le bouddhisme, comme le catholicisme, s’oppose catégoriquement au clonage thérapeutique, pourtant en ce qui concerne le clonage reproductif, cette religion l’autorise à la condition qu’il n’y a pas de modification de patrimoine génétique. De plus, le bouddhisme autorise les recherches sur l’embryon qu’en cas de bienfaits éventuels. La religion bouddhiste dit aussi que la seule limite éthique est la souffrance.


 

-Orthodoxe : Elles sont contre les recherches sur l’embryon, n’autorisent pas le clonage thérapeutique ou reproductif. Elle pense que un embryon est un être humain des la conception, mais proclame aussi que l’embryon n’est «ni un objet ni un produit commercialisable.»


 

En conclusion, chaque religion a une opinion différente. Pourtant c’est un débat constant. De plus la religion c’est étendu au fur et a mesure du temps et on peu trouver toutes ces religions dans chaque pays. Les pays ont du donc avoir des lois a eu même qui autorisent ou bannissent le clonage, thérapeutique ou reproductif, et les recherches sur l’embryon.


Pour les musulmans

Réponse du Docteur Yûsuf Al-QaradâwîUn des mérites de l'Islam est qu'il embrasse aisément le progrès scientifique et ne met aucune limite à la créativité dans les domaines de la science et de la technologie. Tout au long de l'histoire, on ne trouvera aucune preuve de conflit entre l'Islam et la science, contrairement aux autres religions où les conflits furent nombreux, à tel point d'ailleurs que des scientifiques furent persécutés et jugés pour leurs découvertes.
L'acquisition de la connaissance - essentielle pour le bien-être de l'humanité - est profondément enracinée en Islam. Elle est considérée comme une obligation de suffisance communautaire . La Communauté musulmane devrait avoir un nombre suffisant de scientifiques musulmans maîtrisant au plus haut degré les connaissances scientifiques, et ce, dans tous les domaines.Dans le Coran, Dieu dit qu'Il a accordé au genre humain un énorme potentiel et des talents lui permettant de découvrir les secrets de la nature et d'apprendre les lois de l'univers. L'être humain est en effet le vicaire de Dieu sur Terre et tout l'univers est à son service.Dieu, le Tout-Puissant, dit : "Ne voyez-vous pas que Dieu vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos de Dieu, sans science, ni guidée, ni Livre éclairant." (Sourate 31, Luqmân, verset 20)."C'est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre, puis Il a orienté Sa volonté vers le ciel et en fit sept cieux. Et Il est Omniscient." (Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 29).Par conséquent, puisque l'univers entier est au service de l'homme, il lui est permis de l'explorer et d'en sonder les secrets. Dieu le Tout-Puissant dit : "Il y a sur terre des preuves pour ceux qui croient avec certitude, ainsi qu'en vous-mêmes. N'observez-vous donc pas ?" (Sourate 51, Adh-Dhâriyât, versets 20 et 21).

On ne doit pas penser que les découvertes et le progrès de la science sont des transgressions envers Dieu : elles n'ont été accessibles que par l'aide et la guidance de Dieu. Le Tout-Puissant dit dans les premiers versets révélés du Coran : "Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume. Il a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas." (Sourate 96, L'Adhérence, Al-'Alaq, versets 1 à 5).Les découvertes peuvent être considérées parmi les signes que Dieu a promis de montrer à l'humanité : "Nous leur montrerons Nos signes dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que ceci (le Coran) est la Vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute-chose ?" (Sourate 41, Fussilat, verset 53).Notre religion nous enseigne que la science est sans limite. Dieu dit : "Et vous n'avez reçu qu'une faible part de connaissance." (Sourate 17, Le Voyage nocturne, Al-Isrâ', verset 85)."Et dis : "Ô mon Seigneur, accrois mon savoir !" (Sourate 20, Tâhâ, verset 114).

Ceci inclut toute sorte de connaissances utiles, qu'elles soient religieuses ou scientifiques, à condition qu'elles soient conformes à la foi et aux valeurs morales, et qu'elles ne soient pas livrées à elles-mêmes sans les restrictions de la religion, de l'éthique et de l'intérêt général.Dans le Coran, Dieu le Tout-Puissant nous donne deux exemples d'utilisation de la connaissance d'une façon inséparable de la religion.

 

 

Connaissez vous "La religion de l'ignorance " ?..."devenir un homme"


Est-ce donc le jugement du temps de l'ignorance qu'ils cherchent ? Qu'y a-t-il de meilleur qu'Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme ?
(Sourate al-Maidah, 50)
La plupart des gens, bien qu’ils n’en aient pas conscience, sont sous l’influence d’une fausse religion. C’est une religion secrète qui ne se fait pas connaître ouvertement. Elle n’a aucune règle écrite. Elle n’a même pas d’appellation. Or elle prend sous contrôle le mode de pensée des gens, leurs mouvements et leurs attitudes. La plupart des gens, sans en avoir conscience, se conforment tout au long de leur vie aux règles de cette religion. Ils vivent selon ses ordres et interdits. Cette religion n’est pas l’Islam, le Christianisme ou le Judaïsme. Il est possible que ceux qui obéissent à cette religion, une fois demandé répondent  "Je suis musulman" ou bien "Je suis chrétien". Certaines personnes peuvent être incroyantes ou athées. Seulement ils sont tous adhérents de cette religion secrète.

Au début, cette religion n’est pas proposée aux gens en un seul bloc. Ils l’assimilent dès leurs naissances suite à de longues suggestions. Pour cette raison, ils ne se rendent pas compte que leurs mouvements, leurs opinions, leurs attitudes et même leurs mimiques ont pour origine cette religion.
 
Pour ceux qui  s’attachent à cette religion le but est de "devenir un homme". "Devenir un homme" signifie s’imprégner des valeurs, des préceptes de cette religion ; appliquer ses règles, ses interdits et ses modalités de comportement ; porter en soi sa marque de fabrique. Pour être admis dans la société, ne pas se sentir étranger, accéder à un certain niveau, il est impératif de devenir un homme, ”devenir quelqu'un”. Cette religion est donc la religion du "devenir un homme". Nous allons donc simplement l’appeler "religion de l'ignorance". La religion de l'ignorance pousse les gens vers le manque de sincérité, des attitudes affectées et forcées. La plupart de ceux qui suivent cette religion ne se comportent pas d’une manière naturelle. En fonction du milieu ambiant, ils adoptent des expressions visibles tant sur leurs visages et leurs manières de parler que dans leurs attitudes de comportement. Dans chaque situation ils jouent un rôle. Malgré cela, ils ont l’impression de mener une vie tout à fait normale et naturelle.

En somme, cette religion produit des modèles humains qui manquent de sincérité, factices et propriétaires d’une identité usurpée. La principale raison pour laquelle cette religion diabolique, qui occasione gênes et peines de toutes parts et touche toutes les catégories de la société est qu’elle n’a pas d’appellation. Les adhérents de cette religion ne la jugent pas. Il ne leur vient même pas à l’esprit de la quitter ou de la changer. Car à l’intérieur du système dans lequel ils se trouvent, ils ne savent même pas qu’il y a une religion. Dans le système auquel ils sont soumis, il est une vertu de voir les faits de la vie comme une loi immuable.

Tant qu’une personne ne se défait pas de cette situation, tant qu’elle ne se détache pas de la religion de l'ignorance, elle ne peut ni comprendre ni vivre l’Islam. Car le fondement de l’Islam est la sincérité et le naturel. Pour qu’une personne puisse vivre l’Islam et par conséquent le vrai bonheur et la délivrance, elle doit être très sincère envers Allah, elle-même et les autres gens. La foi ne peut se fonder que sur la sincérité. Pour se débarrasser de l’influence de la religion de l'ignorance, il faut d’abord l’identifier et la définir. Le lecteur qui examine les particularités de cette religion doit également se passer en revue. Car même si on ne veut pas l’admettre, la religion de l'ignorance a probablement eu un certain effet sur tout un chacun. Pour se démettre de cette religion obscure, qui fait sans cesse intrusion dans la vie de l’homme, il faut d’abord de l’attention et de la sincérité.

Contre la vraie religion, la religion de l'ignorance

Quand on interrogea notre Prophète (pbsl) : "Qu’est-ce que la religion ?", il répondit : "La route où vous allez". Cette réponse résume le propos de la manière la plus sage. La religion contient tous les jugements de valeur, les règles de comportement, le mode de vie d’une personne, et par conséquent d’une société puisque composé de plusieurs personnes. Ceci est, par exemple, illustré par le mot "religion" dans le verset 76 de la sourate Yusuf :
[Yusuf] commença par les sacs des autres avant celui de son frère ; puis il la fit sortir du sac de son frère. Ainsi suggérames-nous cet artifice à Yusuf. Car il ne pouvait pas se saisir de son frère, selon la religion du roi… (Sourate Yusuf, 76)
Dans le Coran, on est informé dans plusieurs versets, que ceux qui nient sont aussi adhérents d’une religion. Par exemple, Pharaon a parlé comme suit au sujet du Prophète Moïse (psl) :
Et Pharaon dit : "Laissez-moi tuer Moïse. Et qu’il appelle son Seigneur ! Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre." (Sourate Gafir, 26)
Dans d’autres versets, il est expliqué que les incroyants, face à la vraie religion du Prophète Mohammed (pbsl), montrent leurs attachements à leurs anciennes religions comme suit :
Et ils (les Mecquois) s’étonnèrent qu’un avertisseur parmi eux leur soit venu, et les infidèles disent : "C’est un magicien et un grand menteur, réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu ? Voilà une chose vraiment étonnante." Et leurs notables partirent en disant : "Allez-vous en, et restez constants à vos dieux : c’est là vraiment une chose souhaitable. Nous n’avons pas entendu cela dans la dernière religion ; ce n’est en vérité que pure invention !" (Sourate Sad 4-7)
Jusque-là, il est possible de voir que chaque individu a une religion. Ceux qui ne se conforment pas à la religion d’Allah ou même ceux qui se font passer pour des athées ne sont pas sans religion dans la réalité. Ils ne sont que les adhérents d’une fausse religion. De nos jours, il se peut qu’une partie de ces religions ne soient pas définies en tant que telles. Or comme il est mentionné dans le Coran, ce sont toutes des religions. Par exemple, le marxisme est aussi dans un sens une religion. Car cette idéologie est “une route” qu’empreinte une partie des gens. Les marxistes ont assimilé le système de pensée fabriqué par Marx. Ils ont accepté sa méthode de réflexion. Ils ont apprécié le monde en fonction de ses critères. Ils ont expliqué le pourquoi de l’existence et la signification de la mort d’après la logique de Marx (et d’Engels). Bref, ils ont cru au marxisme et orienté leur vie et leur appréciation des faits selon lui.

Le marxisme n’est qu’un exemple. On peut énumérer des centaines de religions (c’est-à-dire philosophie, système de pensée etc…) de la sorte. Les idéologies complètement opposées au marxisme sont aussi des religions. Bien entendu, toutes ces religions sont de "fausses" religions. Elles ont été fabriquées à la base pour égarer les gens du chemin d’Allah.

Ici le point important à souligner est celui-ci : sur terre, quoique soit leur idéologie, leur philosophie, leur vision du monde ; les gens eloignés de la vraie religion sont tous sujets, sans exception, d’une seule religion commune. Cette religion, dont nous avons tracé les lignes directrices, est comme nous l’avons nommé au début "la religion de l’ignorance". Et c’est l’arme la plus sournoise et efficace qu’utilise le diable dans son acharnement à égarer et éloigner les gens de la vraie religion.
   
Etre un homme !

"Sois d’abord un homme !"       
                                 

"Si tu t’étais comporté comme un homme, tout ça ne serait pas arrivé !"

Nous avons maintes fois entendu ces paroles tout au long de notre vie. Particulièrement étant jeunes, quand nos aînés n’approuvaient pas nos propos ; quand nous faisions quelque chose qui ne leur plaisait pas…

Pour la personne qui emploie ces mots ,"être un homme" vient avant toutes choses. Ce qui est visé avec l’expression "être un homme", c’est une acceptation globale par la société d’une certaine moralité, culture, attitude et décence ; c’est se revêtir de modèles préfabriqués. Ce système de valeurs, avec ses matrices et ses règles, est accepté et pratiqué par la plupart des gens. On ne vient pas facilement à débattre de ces matrices et règles ; on ne juge pas leurs antagonismes ; d’où sont-elles nées ; à quel point sont-elles justes ? Car interroger sur ce modèle assimilé par la plupart des gens, aller à l’encontre des masses peut apporter le danger d’être la cible des protestations d’une grande fraction.

Cette structure dont la véracité n’est nullement remise en question, ne doit pas être considérée comme une particularité propre à notre société. Ce système perdure, que ce soit en orient ou en occident, dans toutes formes de culture qui a sa propre croyance en tant que système des acceptations. Les interdictions, les ordres et les recommandations sont pour ainsi dire à eux seuls, pratiqués en tant que religion indépendante : "la religion de l'ignorance (la religion d’être un homme)". 

Le concept "être un homme" est étranger au fait d’être Musulman, de croire en Allah, d’avoir une bonne moralité et même d’être un être humain. L’attitude et la morale décrite dans le Coran n’a définitivement pas sa place dans cette religion. D’ailleurs, la religion de l'ignorance prend naissance et se développe dans les milieux où la moralité du Coran n’est pas vécue. En générale, les gens considérés comme supérieurs, admirés et enviés ont très bien appris la religion de l'ignorance ; ce sont eux qui la pratiquent avec toutes ses règles.

Il est important de souligner ici, que les principes de base de la moralité recommandés dans le Coran sont en parfaite opposition avec la logique gatée de la religion de l'ignorance. Dans le Coran, il est expliqué que tous les êtres humains sont responsables vis-à-vis d’Allah. Et donc, ils ne sont chargés que de contenter Allah ; ils ne doivent pas chercher à gagner l’estime ou l’appréciation d’autrui. Le croyant pense et vit la moralité du Coran comme relaté dans les versets suivants : "Allah ne suffit-il pas à Son serviteur ? Et ils te font peur avec ce qui est en dehors de Lui… " (Sourate az-Zumar, 36) "… mais ton Seigneur suffit comme Guide et comme Soutien."(Sourate al-Furqane, 31) Toute notre vie est orientée vers le contentement de notre Seigneur. C’est le fondement de la religion. Dans le Coran, on est informé que dans cette religion, qui est le prolongement de la vraie religion du Prophète Ibrahim (psl), on consacre toute sa vie à Allah. Dans un verset on peut lire :
Dis : "Moi , mon Seigneur m’a guidé vers un droit chemin, une religion droite, la religion d’Ibrahim, le soumis exclusivement à Allah et Qui n’était point parmi les associateurs." Dis : "En vérité, ma prière (salat), mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers." (Sourate al-Anam, 161-162)
Pour une personne l’objectif de base de la vie est d’obtenir la satisfaction d’Allah. Comme nous l’avons déjà précisé, un être n’a pas de responsabilité personnelle vis-à-vis des autres gens. Mais dans le Coran, Allah a fait savoir comment se comporter envers les autres. La responsabilité que l’on ressent envers Allah induit, face aux autres, le comportement le plus droit, le plus juste et le plus équitable. Dans le Coran, la vision des croyants sur ce sujet est décrite ainsi :
Ils accomplissent leurs voeux et ils redoutent un jour dont le mal s’étendra partout. Et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier, (disant) : “C’est pour le visage (satisfaction) d’Allah que nous vous nourrissons : nous voulons de vous ni récompense ni gratitude. Nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique.” (Sourate al-Insan, 7-10)
D’après les versets, on comprend bien que le croyant n’attend pas de compensation de la part des gens. Ceci lui donne un caractère fort et solide. Le croyant applique ce qui est juste, c’est-à-dire les commandements d’Allah dans tous milieux et devant tout le monde. Il n’attend d’appréciation de personne, ni ne craint quiconque. Il ne veut que l’agrément d’Allah. Ainsi Allah définit les croyants comme "ne craignant le blâme d’aucun blâmeur" (Sourate al-Maidah, 54). Pour cette raison, les croyants ne changent en rien leurs caractères et leurs attitudes face aux évènements et aux gens. Ils restent identiques quand ils reçoivent un poste élevé ou une autorité. Il ne se laissent pas aller au désespoir dans les situations difficiles. Dans le Coran, il est souvent fait mention du caractère stable des croyants. Les versets montrent bien que leurs attitudes restent inchangées ; qu’ils disposent de biens et de pouvoir ou qu’ils soient dans la difficulté et la nécessité. Car le croyant sait que tout ce qui le touche en bien (propriété, puissance, position etc…) ou en mal (être blamer par les gens, subir des attaques, être dans le besoin etc.) vient d’Allah. Il sait que c’est une “épreuve” pour l’éduquer et le tester.

Face à cela, la religion de l’ignorance  ne voit pas de nécessité en Allah. Elle cherche le contentement des gens à celui d’Allah. Elle est la religion de ceux qui espèrent en la vie ici-bas à la place de celle de l’au-delà. Dans cette religion, les gens pensent qu’ils sont responsables les uns des autres. Satisfaire les autres, plaire aux autres, avoir un "statut" dans la société est peut-être même leur première ambition.

En raison de cela et contrairement aux croyants, les adhérents de la religion de l’ignorance changent leurs attitudes et leurs caractères en fonction des évènements et des gens. En d’autres termes, la religion de l’ignorance est la religion de l’"étalonnage". En fonction du lieu, du temps et de l’individu, il faut régler son attitude, son regard et sa voix. Il n’y a pas de notion de sincérité et de naturelle dans cette religion. Selon cette croyance, il faut montrer divers comportements eu égard au genre, à l’âge et au "statut" de l’individu dans la société.

Les femmes doivent se comporter comme on leur a spécifié. Les hommes et les enfants doivent jouer les rôles qu’ils se sont vu attribués. Si la personne est un étudiant, les règles de la religion de l'ignorance lui dicte le comportement pour les étudiants. Les mêmes règles sont valables pour les fonctionnaires, les docteurs, les enseignants et les ouvriers. Les adhérents de la religion de l'ignorance se constituent une identité avec le statut qu’ils possèdent au sein de la société. Ils se comportent selon cette identité. Mais pour les croyants, c’est la foi qui les transforme. Le point de vue de la société n’affecte en rien ce statut intérieur.

Pour celui qui évolue à l’intérieur de la société de la religion de l’ignorance, des moeurs et une personnalité particulières s’installent automatiquement. Et il commence à les mettre en pratique sur le champs. Pour être supérieur et se faire accepter dans la société, il faut emprunter ce chemin ; avoir des attitudes et comportements affectés.

Conclusion

La religion de l'ignorance n’est pas simplement une religion de société propre à notre époque. Bien au contraire, elle est la religion commune à toute société qui s’est éloigné de la vraie religion. Et ce à toute époque et en tous lieux. Seules dans la forme existent quelques différences. Selon les lieux et les époques, les coutumes et les masques de comportement changent, mais la logique de base reste intact. Par exemple, la spécificité de base qui est l’affectation peut prendre diverses formes dans différentes sociétés. Tout comme peuvent varier les mimiques et les gestes propres à l’orgueil. Mais en fin de compte, la logique de base est identique.

Cette logique, comme nous le soulignons depuis le début, est le résultat de l’oublie d’Allah. En est témoin l’expression du Prophète Chuaïb (psl) : "Allah à Qui vous tournez ouvertement le dos." (Sourate Hud, 92). Les adhérents de cette religion ne savent pas qu’ils sont sur terre pour servir Allah. Ils ne savent pas que la seule délivrance est Son agrément. Or Celui Qui nous crée, nous donne forme dans l’utérus de nos mères. Il nous installe sur terre. Il prépare et embellit la terre pour nous. Il nous donne notre subsistance. Celui Qui nous fait vivre et mourir, c’est Allah. Nous n’avons en dehors de Lui aucun garant, aucun seigneur, aucun propriétaire, aucune divinité. Nous sommes venus de Lui et nous allons vers Lui. Nous n’allons pas restés longtemps sur terre.

Puisque ceci est la vraie nature de notre existence et notre passage sur terre étant de courte durée, il n’est pas très intelligent de calculer ses petits intérêts. Ni de se narguer ou de se lier avec force aux biens éphémères. Ni de choisir d’autres chemins autres que la religion d’Allah, d’autres objectifs ou d’autres causes. La vie ici-bas est le champs de culture pour l’au-delà. On ne peut gagner la miséricorde d’Allah et Son paradis qu’à condition de vivre sereinement sur terre, de suivre Son chemin, de "se cramponner à Lui". Ainsi donc, il nous est ordonné :
… et attachez-vous fortement à Allah. C’est Lui votre Maître. Quel excellent Maître ! Et quelle excellent Soutien ! (Sourate al-Hajj, 78)
Quand on compare la religion de l’ignorance à la vraie religion définie dans le Coran, il ressort ouvertement entre les deux une grande différence. Cette différence est celle de la foi et de l’impiété. En d’autres termes, la religion d’Allah et la fausse religion fabriquée par le diable. Par conséquent, il n’y a aucune similitude entre la religion de l’ignorance et l’Islam. Il est hors de propos que les musulmans s’approprient une quelconque partie de la religion de l’ignorance. Pour cette raison, les membres de cette religion distinguent de suite le croyant dans la foule. Ils comprennent qu’il n’est pas des leurs après un court instant. Mais ils n’arrivent pas à comprendre qu’il ait un caractère si opposé à leur religion. La logique du croyant est complètement antagoniste à la leur. C’est pour cette raison, que tout au long de l’histoire, les adhérents de la religion de l’ignorance n’ont jamais compris la logique des croyants. Ils les ont traités de "fous".

Or, le système dans lequel ils se trouvent n’a aucun fondement cohérent, aucune base logique. La plupart des propos qu’ils tiennent sont en contradiction. Ils disent qu’il faut obéir à l’Islam, puis ils y mettent des restrictions. Ils apprécient certaines sentences de la religion, mais prétendant qu’il ne faut pas s'attacher beaucoup, ils sont partisans de ne pas appliquer d’autres sentences. Ils disent "Nous sommes Musulmans", mais ne veulent pas vivre en accord avec l’Islam.

De ces propos contradictoires et sans logiques, on pourra comprendre, qu’un quelconque adhérent de la religion de l’ignorance, par ses commentaires sur les questions religieuses, va généralement mettre en avant des idées et des réflexions en complète opposition avec les versets du Coran. Dans le Coran, cette catégorie de personnes est mentionnée comme suit :
Or, il y a des gens qui discutent au sujet d’Allah sans aucune science, ni guide, ni livre pour les éclairer, affichant "une attitude orgueilleuse" pour égarer les gens du sentier d’Allah. A lui l’ignominie ici-bas ; et nous lui ferons goûter le Jour de la résurrection, le châtiment de la fournaise. (Sourate al-Hajj, 8-9)
De plus, pour comprendre et pratiquer la vraie religion du Coran, il est nécessaire d’avoir toute son intelligence et sa conscience d’esprit. Seuls les croyants ont cette spécificité. Les incroyants et les hypocrites ont la conscience fermée, ainsi que leur perception. Allah les décrit comme des personnes qui ne peuvent pas comprendre et ce dans bien des versets :
Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles ; et un voile épais leur couvre la vue ; et pour eux il y aura un grand châtiment. (Sourate al-Baqarah, 7)

Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’enfer. Ils ont des cœurs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n’entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore. Tels sont les insouciants. (Sourate al-Araf, 179)

… Allah détourne leurs cœurs, puisque ce sont des gens qui ne comprennent pas. (Sourate at-Tawbah, 127)
Il résulte donc, que la religion de l’ignorance est la religion des insensés et des inconscients. Alors que l’intelligence et la conscience d’esprit inclinent à vivre la moralité de la vraie religion (Islam). La vraie gloire de l’être humain, son honneur et son bonheur éternels sont dans cette vraie religion (Islam). Le choix entre les deux religions dépend de l’homme. Dans un verset, le propos est expliqué comme suit :
Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque mécroit au rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est audient et omniscient. (Sourate al-Baqarah, 256)

 

Les formes communes de psychologie et de comportement dans la religion de l'ignorance   >>>


Harun Yahya

 

 

Le monde parallèle entre la foi et la science

De tout temps, l'homme a toujours été profondément fasciné par le surnaturel et le monde invisible. L'existence d'un monde parallèle au nôtre l'a toujours troublé. On fait souvent référence à ce monde parallèle en tant que « monde des esprits » et la plupart des gens s'en font une image particulière. Pour certains, il s'agit des âmes de personnes décédées, qu'ils appellent aussi « fantômes ». Pour d'autres, les esprits représentent soit les forces du bien, soit celles du mal, les deux luttant les unes contre les autres pour exercer leurs pouvoirs sur l'humanité. Ces interprétations, toutefois, relèvent surtout du folklore et de l'imagination.

La théorie des cordes

Les scientifiques de l'University College de Londres ont trouvé une zone d'interaction entre notre univers et d'autres univers non visibles. Ceci semble d'abord confirmer ce qu'on appelle la « théorie des cordes » (voir vidéo ci dessous) qui, jusqu'à présent était seulement spéculative et cela prouverait l'existence de mondes parallèles.
Cette découverte a été faite dans le cadre de l'étude de la répartition dans l'espace, le rayonnement fossiles de micro-ondes qui est resté après le Big Bang et qui est supposé avoir donné naissance à notre univers. Ce rayonnement n'est pas homogène et contient des zones spéciales, caractérisée par une température plus élevées. « Nous avons probablement affaire ici à des « trous cosmiques », formée par interaction entre notre monde et de mondes parallèles, » – dit l'un des leaders de l'étude, le professeur Stephen Feeney. À son avis, notre univers n'est qu'une petite bulle dans un océan géant coexistence des mondes, ayant des caractéristiques physiques différentes. La collision des univers entre eux créeraient des tâches circulaires caractéristiques physiques différentes. La collision des univers entre eux créeraient des tâches circulaires caractéristiques observable sur une image numérisée.


La théorie des mondes parallèles par Fssabbagh

L'existence des mondes parallèles

L'existence de mondes parallèles n'est pas exclue par les physiciens théoriciens qui croient aux univers parallèles grâce à la physique quantique.

La physique quantique est une notion souvent mal comprise dans notre société. Elle fait référence à l'infiniement petit, c'est-à-dire au monde des atomes et des particules élémentaires tels que les protons, les neutrons et les électrons. A cette échelle, les objets sont si petits qu'on ne peut pas les décrire tels qu'ils sont et encore moins situer leur position. Les objets se retrouvent alors dans une superposition d'états différents et, par conséquent, ils ont chacun des probabilités d'existence différente.

Qu'est-ce que l'état de superposition dans le monde quantique?

Dans le monde quantique, une particule peut être dans deux états différents. Si l'on prend un exemple concret, il suffit d'imaginer que l'on place dans une boîte quatre boules rouges et quatre boules vertes. Lorsque l'on ouvre la boîte, on retrouve bien les quatre boules de couleur bleue et quatre autres de couleur verte. En revanche, dans le monde quantique, les boules possèdent simultanément la couleur rouge et la couleur verte. C'est ainsi que lorsque l'on en sort une de la boîte, on va soit découvrir une boule bleue soit une boule rouge dont la couleur va se «fixer». Mais si l'on refait l'expérience avec les boules que l'on aura sorti la première fois et qu'on les place dans une autre boîte, on va avoir certaines boules qui auront changé de couleur. Les boules possédant les deux teintes, elles peuvent aussi bien avoir la couleur bleue que la couleur verte. Des expériences faites par des physiciens ont montré que des électrons donnaient de façon imagée le même résultat que l'expérience des boules.

Comment ce résultat est-il possible? En réalité, lorsque l'on retire les boules de la boîte et qu'on les regarde, l'univers se scinde en deux. Dans l'un, on a la boule bleue et dans l'autre, la boule verte. Si l'on applique ce phénomène à la vie de tous les jours, on constate alors qu'il existe une multitude d'univers parallèles qui se décuplent sans cesse pour donner des probabilités très différentes.

L'Islam et le monde parallèle

À l'instar de toutes les religions, l'islam a lui aussi son interprétation sur ce monde invisible, mais c'est lui qui l'explique de la façon la plus claire et logique. Ce que plusieurs perçoivent comme un monde parallèle au nôtre est appelé le monde des djinns, en islam. Ce point de vue de l'islam apporte d'ailleurs de nombreuses réponses aux mystères des temps modernes et anciens. Sans la connaissance de ce monde, les musulmans, comme les non-musulmans, chercheraient à expliquer ces mystères de mille et une façons. Alors qui sont les djinns et que sont-ils, au juste?

Sous plusieurs aspects, les djinns sont très similaires à nous. Ils mangent et boivent, ils se marient, ont des enfants et meurent. Leur durée de vie est cependant beaucoup plus longue que la nôtre. Comme nous, ils connaîtront le Jugement dernier et rendront des comptes à Dieu, le Très-Haut. Ils seront présents, avec les hommes, au Jour du Jugement, et iront soit au Paradis, soit en Enfer.

Ce qui distingue réellement les djinns des êtres humains sont leurs pouvoirs et leurs habiletés diverses. Dieu leur a accordé ces pouvoirs pour les éprouver. S'ils oppriment les autres avec ces pouvoirs, ils devront en rendre compte. Par ailleurs, une meilleure connaissance de leurs pouvoirs peut nous aider à mieux expliquer certains phénomènes mystérieux qui se produisent autour de nous. Un des pouvoirs des djinns est qu'ils arrivent à prendre à peu près n'importe quelle forme physique

l'au-delà n'est qu'un monde parallèle au notre

« Ne dites-vous pas que la mort est le contraire de la vie? - Oui. - Et qu'elles naissent l'une de l'autre? - Oui. - Qu'est-ce donc qui naît du vivant? - Le mort. -Et qui naît du mort? - Le vivant - C'est donc des morts que naissent toutes les choses vivantes. Par conséquent les âmes existent dans les enfers après la mort. » Platon, vers 383 avant J.-C.

Cette citation de Platon donne une vision cyclique de la vie et de la mort, et par conséquent, admet l'existence d'un lieu – ici les enfers – où l'âme continue d'exister après la mort. Ne peut-on pas considérer, en quelque sorte, ce lieu comme un monde parallèle au nôtre, coupé de notre réalité ?

Tout homme est confronté un jour à la mort, mais suivant ses actions, ses péchés et ses bienfaits, il peut accéder à différents mondes. C’est pourquoi nous sommes tous jugés par une présence divine, que cela soit Saint-Pierre pour les chrétiens, dans un lieu « entre deux mondes », que les chrétiens appellent purgatoire, les juifs shéol (le judaïsme diffère cependant dans la mesure où le jour du jugement dernier n’aura pas lieu avant la venue du Messie : l’âme du défunt, ou souffle divin, rouah, retourne à Dieu dans le shéol)…

Les « bons » se rendent dans un lieu de mille plaisirs et délices, où Dieu apparaît : paradis, jardin d'Eden, moksha pour les hindouistes, ou encore nirvana pour les bouddhistes ; ce monde, que l'on se représente comme au-dessus du nôtre, au Ciel, est la représentation symbolique de ce que chaque croyant espère atteindre après la mort. L'étymologie de nirvana nous renseigne d'ailleurs sur le sens premier de ce mot, « nirva » signifiant « éteindre », le paradis est un lieu où toutes les souffrances sont anéanties. Mais les bouddhistes considèrent le nirvana plus comme un état qu'un lieu.

Quant aux pécheurs, ils sont condamnés aux tortures, au feu, à la glace, à la souffrance de l'enfer, ou géhenne pour les musulmans ; il s'agit d'une vision tout aussi symbolique que celle du paradis. Une telle opposition aboutit forcément à un état intermédiaire pour ceux qui ne sont ni « bons », ni « mauvais ». Dans certaines religions, ceux-ci connaissent un sort bien différent : dans le Coran, ils sont condamnés à rester dans un monde intermédiaire appelé araf.

La vision islamique du paradis est particulière parce qu'elle ne stipule pas l'existence d'un seul paradis et d'un seul enfer, mais de sept de chaque. Il est écrit dans le Coran : « Nous avons créé sept Cieux au-dessus de vous ». Cette vision est d'autant plus symbolique qu'un unique paradis : le plus haut placé, le plus sublime. Il en est de même pour les sept portes de l'enfer, où le septième niveau est le lieu où les croyants sont en attente du paradis.

Pour conclure l'accès aux Univers parallèles ne repose, pour l'instant, que sur le mythe. Il requiert beaucoup de sagesse sur le plan spirituel, et dans la science-fiction, les théories développées sont très loin d'être probables ; et de toute façon, il serait tout à fait impossible d'y accéder de son vivant.
Cet accès difficile renforce l'aspect mythique des Univers parallèles, et aiguise la curiosité des scientifiques, qui eux, ne baisseront jamais les bras pour prouver leur existence...

 

Sources:

http://corinne-vomscheid.suite101.fr/lexistence-des-mondes-paralleles-a23742#ixzz1q8u94B2S

http://www.neotrouve.com/?p=1104

http://knowingallah.com/v2/Document.aspx?id=1588&lang=fr

http://www.lantimatiere.info/projet/laccs-aux-univers-parallles

e6un7

La convergence entre la science et la religion

Charles H. Townes

 

La  science et la Religion sont souvent perçues comme étant des aspects distincts de nos croyances. Cependant, la Religion tente de comprendre l’objectif de notre Univers et la science, la Nature et ses caractéristiques. Ainsi, ces deux domaines sont nécessairement reliés. De plus, nous tentons de comprendre ces deux disciplines par l’intermède de toutes les ressources humaines que nous avons à notre disposition : aussi bien l’intuition que l’observation, la logique, l’esthétique, la science ou bien encore la religion. La science a connu des révolutions qui ont entièrement changé notre compréhension de l’Univers, cependant, la science du passé est restée, en grande partie, valide. Elle fait toujours face à de nombreuses inconsistances, et nous devons rester ouverts à de nouveaux changements lorsque nous parvenons à une compréhension plus profonde. Des changements et approfondissements similaires doivent également avoir lieu dans notre compréhension de la religion. Je vais tenter d’évoquer le parallélisme et interaction croissants entre science et religion ainsi que la possibilité de leur convergence en une compréhension plus unifiée, à la fois du but et de la nature de l’Univers.

 

Le succès toujours grandissant de la science est source, pour la religion, de nombreux défis et conflits, conflits qui se sont résolus et se résolvent de manières différentes dans la vie de chacun. Certains, en considérant la science et la religion comme deux domaines fondamentalement différents par les techniques qu’elles impliquent et utilisent, rendent impossible toute confrontation directe entre les deux. D’autres trouvent refuge dans l’un des deux domaines et considèrent l’autre comme contingent, voire nuisible. Pour moi, la science et la religion sont universelles, et somme toute, très semblables. En fait, pour mettre les choses au clair, j’adopterai la position relativement extrême qui affirme que les différences existant entre elles sont largement superficielles et que, si l’on observe leur véritable nature, on se rend compte que les deux domaines sont presque indiscernables. C’est peut-être la véritable nature de la science qui, à cause de ses aveuglants succès superficiels, est la moins évidente. Afin d’expliquer ceci et d’éclairer les non ¬scientifiques, il convient de faire un historique de la science et de son développement.

 

La progression de la science durant les 18e et 19e siècles a généré une grande confiance en ses succès et en son caractère général. Les différents domaines ont tous succombé, les uns après les autres, à l’investigation objective, à l’approche expérimentale et à la logique de la science. Les lois scientifiques ont pris une dimension absolue et il est devenu facile de croire qu’à terme, la science serait en mesure de tout expliquer. C’était l’époque à laquelle Laplace pouvait dire que s’il connaissait la position et la vitesse de toutes les particules de l’Univers, et s’il disposait d’une puissance de calcul suffisante, il serait alors capable de prédire entièrement le futur. Laplace ne faisait qu’exprimer ce que les lois de la physique de l’époque avaient imposé de façon inéluctable : un déterminisme complet. C’était l’époque où le fervent Pasteur, à qui l’on demandait comment il pouvait, en tant que scientifique, être également religieux, répondait simplement que son laboratoire était un domaine et que sa maison et sa religion en étaient un autre, totalement différent du premier. De cette période d’absolutisme scientifique persistent aujourd’hui, dans notre pensée et nos attitudes, de nombreux vestiges. Elle a fourni au communisme – issu du 19e siècle – dominé par la pensée marxiste une partie de sa croyance dans l’inexorable déroulement de l’histoire et dans l’organisation scientifique de la société.

 

Vers la fin du 19e siècle, de nombreux physiciens considéraient leur œuvre comme presque achevée et ne nécessitant plus que de modestes ajouts et perfectionnements. Mais, peu après, de sérieux problèmes surgirent. La société actuelle semble peu consciente de l’importance de ces problèmes et de la façon dont ils ont bouleversé certaines des idées scientifiques les plus fondamentales. Cette ignorance vient peut-être du fait que la science a su rester solide, qu’elle a continué sur sa lancée, malgré les changements de parcours, et a su détourner l’attention du grand public de ces questions de fond en résolvant avec succès les problèmes de la vie courante.

 

Nombre de bases philosophiques et conceptuelles de la science ont en réalité été bouleversées et révolutionnées. Il n’y a qu’à donner un exemple de ces changements pour en comprendre le caractère poignant : la question de savoir si la lumière est constituée de petites particules émises par une source de lumière ou bien si elle est une perturbation ondulatoire créée par cette dernière fut, par exemple, longuement discutée par les autorités scientifiques. La question fut tranchée au début du 19e siècle par une brillante expérimentation pouvant être entièrement interprétée par la théorie. Les expériences apprirent aux scientifiques de l’époque que la lumière était sans équivoque une onde et non des particules. Cependant, vers 1900, d’autres expériences prouvèrent également sans équivoque que la lumière était un flot de particules et non pas une onde.

 

Les physiciens étaient confrontés à un paradoxe fort perturbant. La solution n’en advint finalement que plusieurs décennies plus tard, au milieu des années vingt, grâce au développement d’un nouvel ensemble d’idées, connu sous le nom de mécanique quantique. Le problème était que, par le passé, les scientifiques raisonnaient en termes d’expériences, se cantonnant au comportement d’objets de grande taille, excluant de ce fait les phénomènes atomiques. Examiner la lumière ou les atomes nous fait pénétrer dans un nouveau domaine : celui des très petites quantités, auquel nous ne sommes pas accoutumé et pour lequel notre intuition peut s’avérer trompeuse. Avec du recul, il n’est pas surprenant que l’étude de la matière au niveau atomique nous ait appris tant de nouvelles choses et que certaines d’entre elles soient incompatibles avec plusieurs idées qui nous paraissaient claires jusqu’ici. Aujourd’hui, les physiciens pensent que la lumière n’est ni exactement corpusculaire ni précisément ondulatoire : elle est les deux à la fois. Le fait même de nous poser la question : « La lumière est-elle une onde ou une particule ? », était une erreur. Elle peut, en effet, avoir des propriétés correspondant à ces deux aspects. C’est le cas pour tout type de corps matériel, que ce soit des balles de base-ball ou des locomotives. Nous n’observons pas ce type de dualité chez ces objets macroscopiques car ils n’affichent pas de propriétés ondulatoires de manière évidente mais pensons qu’en principe, ces propriétés sont présentes.

 

Nous en sommes arrivés à croire en d’autres phénomènes étranges. Supposons qu’un électron soit mis dans une longue boîte dans laquelle il peut se déplacer d’avant en arrière. La théorie veut désormais que, dans certaines conditions, l’électron pourra être trouvé à l’avant ou à l’arrière de la boite mais jamais au centre. Cette affirmation tranche donc avec l’idée selon laquelle un électron se déplace d’avant en arrière, pourtant la majorité des physiciens sont aujourd’hui convaincus de sa validité et peuvent en démontrer la véracité en laboratoire.

 

Un autre aspect étrange de la nouvelle mécanique quantique s’appelle « le principe d’incertitude ». Ce principe établit le fait que si l’on essaie de déterminer l’endroit précis où se trouve une particule, on ne peut déterminer tout à la fois à quelle vitesse elle se déplace et dans quelle direction elle se dirige ; ou, si l’on détermine sa vitesse, on ne peut jamais définir sa position exacte.

 

D’après cette théorie, on peut en conclure que Laplace se méprenait depuis le début. S’il était encore vivant aujourd’hui, il comprendrait, comme d’autres physiciens contemporains, qu’il est fondamentalement impossible d’obtenir l’information nécessaire à ses prédictions précises, quand bien même il ne s’occuperait que d’une seule particule plutôt que de tout l’Univers. Les lois de la science moderne semblent avoir détourné notre pensée du déterminisme complet pour nous orienter vers un monde dans lequel le hasard joue un rôle majeur. Il s’agit de hasard à l’échelle atomique, mais il est des situations où le changement aléatoire de position d’un atome ou d’un électron peut avoir des conséquences sur la Vie dans le sens large du terme, et, du même fait, sur la société tout entière. Nous pouvons citer pour exemple le cas de la Reine Victoria qui transmit son hémophilie – devenue mutante – à certains mâles descendants de familles royales européennes du fait d’un tel événement de type atomique. Ainsi un événement microscopique imprévisible eut-il des répercussions sur la famille royale d’Espagne et, par l’intermédiaire d’un tsar affligé d’une telle maladie, sur la stabilité du trône de Russie elle-même.

 

Cette nouvelle vision du monde, qui n’est pas prévisible via les seules lois de la physique, fut difficile à accepter pour les physiciens des générations précédentes. Même Einstein, l’un des architectes de la mécanique quantique, n’accepta jamais complètement l’indéterminisme du hasard impliqué par cette théorie. Voici la réponse intuitive qu’il lui admonesta : « Herr Gott würfelt nicht » (Dieu ne joue pas aux dés !). Il est intéressant de noter que le communisme Russe, dont on trouve les racines dans le déterminisme du 19e siècle, adopta longtemps une position doctrinaire forte à l’égard de la nouvelle physique de la mécanique quantique.

 

Les scientifiques étendirent leurs recherches à d’autres domaines encore, hors de notre expérience commune. D’autres surprises les y attendaient. Pour les objets se déplaçant à une vitesse bien supérieure que celle à laquelle nous étions habituée au cours de nos expériences passées, la relativité démontre que d’étranges phénomènes se produisent. Premièrement, les objets ne peuvent dépasser une certaine vitesse, quelle que soit la force qu’on leur imprime. Leur vitesse maximale absolue est celle de la lumière, soit 300 000 km/s. De plus, lorsque les objets se déplacent à grande vitesse, ils deviennent plus petits et plus massifs – ils changent de forme et pèsent plus lourd. Même la vitesse d’écoulement du temps change ; si une montre est projetée à très grande vitesse, le temps qu’elle affiche, lui, passe moins vite. Ce comportement singulier est à l’origine de la fameuse expérience conceptuelle des chatons. Prenez une portée de six chatons et divisez-la en deux groupes. Gardez trois chatons sur Terre et envoyez les trois autres dans une fusée dont la vitesse se rapproche de celle de la lumière, puis faites-les revenir après une année. Les chatons restés sur Terre seront évidemment devenus des chats alors que ceux qui étaient dans l’espace seront toujours des chatons. Cette théorie n’a pas été testée avec de vrais chatons, mais elle a été vérifiée expérimentalement quant au vieillissement d’objets non animés et semble être valide. Ah !, à quel point certaines idées tenues pour évidentes et établies par les scientifiques du début du siècle pouvaient être fausses !

 

Les scientifiques sont désormais beaucoup plus prudents et modestes lorsqu’il s’agit d’appliquer des idées dans des domaines où elles n’ont pas été testées. Bien entendu, une grande partie de l’objet de la science réside dans le développement de lois générales qui peuvent être appliquées à de nouveaux domaines. Ces lois sont souvent remarquablement efficaces en ce qu’elles nous apportent de nouvelles informations et nous permettent de prédire des choses que l’on n’a pas encore observées directement. Et cependant nous devons rester conscients du fait que de telles extensions peuvent être fausses, et même fausses de façons fondamentales. Malgré ces bouleversements de notre vision, il est rassurant de remarquer que les lois de la science du 19e siècle ne sont pas si fausses que cela dans le domaine dans lequel elles étaient initialement appliquées – le monde des vitesses ordinaires et des objets plus grands que la pointe d’une aiguille. Dans ce domaine, elles restent essentiellement vraies, et force est de constater que ce que nous apprenons toujours à l’école, ce sont les lois de Newton et de Maxwell, car dans leur propre domaines, elles restent valides et utiles.

 

Nous savons aujourd’hui que les théories scientifiques les plus sophistiquées et les plus récentes – dont la mécanique quantique – sont toujours incomplètes. Nous les utilisons car nous savons que dans certains domaines, elles sont étonnement vraies. Pourtant elles nous amènent parfois à des inconsistances que nous ne comprenons pas, et nous devons alors admettre que nous sommes passés à côté d’un point crucial. Nous nous contentons d’admettre et d’accepter les paradoxes en espérant qu’un jour prochain une compréhension plus complète nous permettra de les résoudre. En fait, reconnaître ces paradoxes et les étudier nous aide sans doute à mieux comprendre les limitations de notre pensée et à y apporter des corrections.

 

Avec ce rappel du véritable état de la connaissance scientifique, nous arrivons maintenant aux similitudes identitaires existant entre science et religion. Le rôle de la science est de découvrir l’ordre dans l’Univers et de comprendre par là-même les choses dont nous (et tous les hommes) faisons l’expérience sensible. Nous exprimons cet ordre sous forme de lois et de principes scientifiques, en nous efforçant de les énoncer simplement mais inclusivement. Le but de la religion peut être formulé, je pense, en tant que la compréhension (et donc l’acceptation) de l’intention et du sens de notre Univers ainsi que notre rapport à ce dernier. La plupart des religions voient une origine unificatrice et englobante du sens, et c’est cette force suprême et intentionnelle que nous appelons Dieu.

 

Comprendre l’ordre de l’Univers et comprendre son intention sont deux choses différentes mais finalement pas si éloignées l’une de l’autre. La traduction de « physique » en Japonais est butsuri, qui signifie littéralement les raisons des choses. Ainsi, associons-nous facilement et inévitablement la nature et l’intention de notre Univers.

 

Quels sont les aspects de la religion et de la science qui les font sembler si diamétralement opposées ? Je pense que beaucoup d’entre eux résultent de la différence de vocabulaire qui leur est attribué, et ce pour des raisons historiques ; beaucoup d’autres viennent de différences quantitatives suffisamment conséquentes pour que nous les prenions inconsciemment pour des différences qualitatives. Considérons maintenant certains de ces aspects à cause desquels science et religion semblent – superficiellement – très différentes.

 

Job et Einstein, des hommes de foi

 

Le rôle essentiel de la foi en religion est si connu qu’il est souvent considéré comme la caractéristique qui distingue la religion de la science. Or la foi est également essentielle à la science, même si nous ne reconnaissons pas, dans le cadre de la science, sa nature et son utilité premières. Le scientifique a besoin de la foi lorsqu’il se met au travail, et d’une foi encore plus grande pour mener à bien ses travaux les plus difficiles. Pourquoi ? Parce qu’il doit personnellement s’engager à croire qu’il existe un ordre prévalant dans l’Univers et que l’esprit humain – et de fait son propre esprit –, est capable de comprendre cet ordre. Sans cette croyance, il n’y aurait aucun intérêt à essayer de comprendre un monde présumé désordonné et incompréhensible. Un tel monde nous ramènerait à l’époque de la superstition, lorsque l’homme pensait que des forces capricieuses manipulaient son univers. En fait, c’est grâce à cette croyance d’un monde compréhensible par l’homme qu’a pu s’effectuer le changement basique de l’âge de la superstition à l’âge de la science et qu’ont pu avoir lieu toutes les avancées scientifiques.

 

Un autre aspect de la foi scientifique est le postulat qu’il existe une réalité unique et objective partagée par tous. Cette réalité passe, bien entendu, par nos sens, ce qui peut occasionner des différences d’interprétation selon ce que chaque individu observe. Cependant, la pensée scientifique reste fermée à l’idée de Berkeley selon laquelle le monde naîtrait de l’esprit, ou à l’existence possible de deux ou plusieurs visions du monde à la fois valides et opposées. Plus simplement, le scientifique postule, et l’expérience affirme, que la vérité existe. La nécessité de la foi en science rappelle la description de la foi religieuse attribuée à Constantin : « Je crois afin de pouvoir connaître. » Mais cette foi est tellement ancrée dans le scientifique que l’on en oublie son existence.

 

Einstein offre un exemple assez probant de cette foi en un ordre, et nombre de ses contributions proviennent d’une dévotion intuitive à un type d’ordre particulièrement séduisant. L’une de ses fameuses remarques est inscrite en Allemand dans le hall de l’Université de Princeton : « Dieu est subtil, mais il n’est pas malicieux. » C’est-à-dire que le monde que Dieu a créé est peut-être complexe et difficile à comprendre pour nous, mais il n’est pas arbitraire et illogique. Einstein a passé la deuxième moitié de sa vie à chercher une unité existant entre la gravitation et les champs électro magnétiques. De nombreux physiciens pensent qu’il était sur une mauvaise piste, et personne ne sait encore s’il a réalisé des avancées appréciables. Mais il avait foi en une grande vision d’unité et d’ordre, et a travaillé durement dans ce sens durant plus de trente ans. Sans doute avait il cette conviction inébranlable qui lui aurait permis de dire avec Job, « Though he slay me, yet will I trust him » (Bien qu’il me pourfende, je continuerai à avoir confiance en lui).

 

Des scientifiques moins connus, travaillant sur des projets moins importants, se trouvent fréquemment dans une situation où les choses ne semblent pas avoir de sens ; donc ordonner et comprendre leurs travaux semble désespéré. Pourtant le scientifique garde la foi dans cet ordre, qui est à trouver, et que lui ou l’un de ses collègues finira par découvrir.

 

Le Rôle de la Révélation

 

Une autre idée répandue concernant la différence entre science et religion concerne leurs méthodes respectives de découverte. Les découvertes religieuses proviennent souvent de grandes révélations. Il est communément admis que la connaissance scientifique découle de la déduction logique ou de l’accumulation de données, analysées par des méthodes établies afin d’en tirer des généralisations que l’on appellera lois. Or une telle description de la découverte scientifique ne retranscrit pas la vérité. La plupart des grandes découvertes scientifiques se produisent fort différemment et sont plus proches de la révélation. En général, le terme n’est pas utilisé dans le domaine scientifique puisque nous avons l’habitude de l’utiliser dans le contexte religieux. Dans les cercles scientifiques, on parle d’intuition, de découvertes accidentelles ou encore d’une brillante idée que l’on a eue. Si l’on observe la façon dont les grandes idées scientifiques émergent, on s’aperçoit qu’elle ressemble remarquablement à des révélations religieuses vues sous un angle non mystique. Pensez à Moïse dans le désert, perturbé et cherchant comment sauver les enfants d’Israël, lorsque soudain une révélation lui fut faite par un buisson en feu. On retrouve des schémas de ce type pour nombre de révélations aussi bien dans l’ancien que dans le nouveau testament.

 

Pensez au Bouddha Gautama qui a voyagé et cherché pendant des années ce qui était bon et qui, un jour, s’assit sous un arbre, lieu où ses idées lui furent révélées. De même le scientifique, après un travail acharné et un engagement intellectuel et émotionnel importants, trouve subitement la solution. De telles idées surgissent plus souvent dans des moments de pause ou de contemplation qu’en travaillant. Un exemple connu ? La découverte du noyau benzénique par Kekulé qui, rêvassant devant le feu, eut l’idée d’une molécule en forme de serpent se mordant la queue. Nous ne savons pas décrire les processus humains qui entraînent la création de telles lueurs scientifiques, substantiellement nouvelles et importantes. Mais il est clair que les grandes découvertes, les grands sauts, viennent rarement de la prétendue méthode scientifique, mais plus souvent, comme pour Kekulé, par l’intermède de révélations – pas forcément aussi imagées, mais toutes aussi réelles.

 

Les Preuves

 

La notion selon laquelle les idées religieuses ne reposent que sur la foi et la révélation alors que la science réussit à avancer des preuves factuelles, constitue une idée reçue de plus à propos de la différence existant entre science et religion. Dans cette perspective, les preuves confèrent aux idées scientifiques un caractère absolu et universel que les idées religieuses ne possèdent que dans les revendications des fidèles. La nature de la preuve scientifique est en fait relativement différente de ce que cette approche laisse supposer. Toute preuve mathématique ou logique inclut que l’on choisisse un ensemble de postulats, qui sont consistants entre eux et qui sont applicables dans une situation donnée.

 

Dans le cas de la science de la Nature, ils sont sensés s’appliquer au monde qui nous entoure. Ensuite, sur la base de lois logiques sur lesquelles on se met d’accord et que l’on doit également admettre, on peut alors prouver les conséquences de ces postulats. Peut on être sûr que ces postulats sont satisfaisants ? Le mathématicien Gödel a montré qu’il est fondamentalement impossible, dans les mathématiques les plus répandues, de déterminer si l’ensemble des postulats est auto consistant. La seule façon de tester la consistance du premier ensemble de postulats est d’élaborer un nouvel ensemble de postulats maîtres qui pourra, à notre insu, s’avérer logiquement inconsistant. Nous n’avons donc pas de base réelle sur laquelle nous pourrions construire un raisonnement fiable. Gödel nous surpris encore plus en nous montrant que dans ce même domaine mathématique, il existait toujours des vérités mathématiques qui étaient fondamentalement indémontrables par la logique normale. Ses démonstrations n’ont eut lieu qu’il y a quelques décennies, néanmoins, elles ont profondément changé notre vision de la logique humaine. Un autre moyen de se convaincre de la validité d’un concept scientifique ou d’un postulat est de le mettre à l’épreuve de l’expérience, comme on le fait pour les sciences de la Nature. Nous imaginons des expériences visant à tester les hypothèses de travail et considérons comme correctes les lois et hypothèses qui semblent en accord avec nos résultats. De tels tests peuvent infirmer une hypothèse ou bien nous donner la confiance nécessaire en son exactitude et son applicabilité, mais jamais la prouver de manière absolue.

 

Les croyances religieuses peuvent-elles aussi être considérées comme des hypothèses de travail, testées et validées par l’expérience ? Certains trouveront cette vision séculière et répugnante. Quoi qu’il en soit, elle met à l’écart l’absolutisme en matière de religion. Mais je ne vois pas en quoi notre acceptation de la religion sur cette base peut être répréhensible. La validité des concepts religieux a été, au cours des âges, mise à l’épreuve par les sociétés et les expériences personnelles. Leur faut-il impérativement être plus absolus que la loi de la pesanteur ? Cette dernière est une hypothèse de travail, et nous ne sommes pas certains de son fondement ni de sa permanence. Cependant, par notre foi en cette loi ainsi qu’en de nombreuses autres hypothèses scientifiques complexes, nous risquons notre vie quotidiennement.

 

La science traite souvent de problèmes tellement simples et de situations tellement contrôlables en comparaison de ceux ayant cours en religion, que la différence quantitative en terme de franchise avec laquelle on teste les hypothèses tend à cacher les similitudes logiques existantes. Faire des expériences réglementées dans le domaine de la religion n’est sans doute pas possible et nous prenons pour preuves l’histoire humaine et les expériences personnelles. Or, dans certains aspects de la science – notamment dans l’extension de la science aux sciences sociales – on a davantage recours à l’expérience (humaine ou personnelle) et à l’observation qu’aux expériences facilement reproductibles.

 

Supposons maintenant que l’on accepte complètement la proposition selon laquelle la science et la religion sont essentiellement similaires. Quelle situation obtient-¬on et vers quelle situation se dirige-t-on ? Je pense que la religion peut profiter de l’expérience scientifique, grâce à laquelle la dure réalité de la nature et la tangibilité des preuves ont réussi à faire entrer dans notre pensée des idées auxquelles l’humanité a souvent résisté.

 

Et Alors ?

 

Nous devons, dans un premier temps, reconnaître la nature hésitante et provisoire de la connaissance. Si notre compréhension actuelle de la science ou de la religion reste en accord avec l’expérience, elle conservera sans doute un important degré de validité comme c’est le cas pour la mécanique de Newton. Mais il est peut-être des choses plus profondes que nous ne connaissons pas encore et qui vont radicalement modifier notre manière de penser. Nous devons également nous attendre à rencontrer des paradoxes et ne pas être trop surpris ou trop excessivement dérangés par ces derniers. Nous savons qu’il existe de nombreux paradoxes en physique – notamment concernant la nature de la lumière – et qu’une compréhension plus large des choses permet de les résoudre. Il y a des paradoxes que nous n’avons toujours pas résolus. Dans le domaine de la religion, nous sommes dérangés par la souffrance qui nous entoure et son inconsistance apparente avec un Dieu d’amour. De tels paradoxes en science, s’ils ne détruisent pas notre foi en elle, nous rappellent que notre compréhension des choses est limitée et qu’ils peuvent parfois nous aider à faire de nouvelles avancées. Peut-être trouverons-nous un jour en religion des manifestations du principe d’incertitude – dont nous savons aujourd’hui qu’il est un phénomène particulièrement caractéristique de la physique ? S’il est fondamentalement impossible de déterminer de manière précise à la fois la position et la vitesse d’une particule, nous ne devrions pas être surpris de rencontrer des limitations de ce type dans d’autres aspects de notre expérience. Cette opposition dans la détermination précise de deux quantités est également appelée complémentarité ; position et vitesse représentent deux aspects complémentaires d’une particule, et seul un des deux peut être mesuré de manière précise à un moment donné. Niels Bohr a déjà suggéré que la perception de l’homme ou de n’importe quel autre organisme vivant et celle de sa constitution physique illustraient bien ce type de complémentarité. C’est-à-dire que l’examen poussé et précis de la constitution atomique de l’homme peut, par nécessité, brouiller la vision que l’on peut en avoir, par ailleurs, en tant qu’être vivant spirituel.

 

Il ne semble, de toute manière, pas y avoir de justification à la position dogmatique adoptée par certains, stipulant que le remarquable phénomène qu’est la personnalité humaine individuelle puisse être exprimé selon les termes des lois actuelles du comportement des atomes et des molécules. La justice et l’amour représentent un autre exemple de cette complémentarité. Une approche entièrement basée sur l’amour du prochain et une application scrupuleuse de la justice semblent difficilement compatibles. Ces exemples pourraient n’être que des analogies relativement floues de ce qu’est la complémentarité en science. Ils pourraient aussi s’avérer être valides dans le cadre de manifestations encore mal définies du principe d’incertitude. Quoi qu’il en soit, nous devons nous attendre à ce type d’occurrence et être prévenus par la science qu’il y aura toujours des limitations fondamentales à notre connaissance précise et consistante de toute chose à la fois.

 

Enfin, si la science et la religion sont largement similaires et non pas arbitrairement confinées dans leurs domaines, elles devront à un moment ou à un autre converger clairement. Je pense que cette confluence est inévitable. Science et religion représentent toutes deux les efforts de l’homme qui cherche à comprendre son univers et doivent en fin de compte traiter de la même substance. Alors que nous progressons dans les deux domaines, ces derniers doivent évoluer ensemble. D’ici à ce que cette confluence se réalise, la science sera passée par de nombreuses révolutions aussi extraordinaires que celles qui se sont produites durant ce siècle, et aura sans doute revêtu un habit que les scientifiques d’aujourd’hui auraient du mal à identifier. Notre compréhension de la religion aura peut être connu des progrès et des changements. Mais elles doivent converger, et de cette convergence naîtra une nouvelle force pour elles¬ deux. En attendant, chaque jour, face à l’incertitude et au changement, armés d’une connaissance à jamais limitée et hésitante, comment pouvons-nous vivre et agir de façon glorieuse ? C’est ce problème qui, je pense, a de si nombreuses fois incité l’homme à affirmer qu’il possédait la vérité ultime enfermée dans quelque phraséologie ou symbolisme, même lorsque cette phraséologie incarne différentes interprétations citées par différentes personnes. Notre engagement, nos efforts, notre dévotion pour des idées que nous reconnaissons comme provisoires et non arrêtées représentent, pour notre esprit et nos émotions, un véritable test.

 

Galilée a épousé la cause de la théorie copernicienne du système solaire, et cela lui a coûté très cher du fait de l’opposition que l’Église a formulée à son encontre. Nous savons aujourd’hui que la position que défendait Galilée, la véracité de l’idée selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse, était une problématique inutile. Les deux descriptions sont équivalentes dans le cadre de la relativité générale, même si la première est plus simple. Et pourtant nous honorons le courage et la détermination de Galilée qui revendiqua ce qu’il tenait pour vrai. C’était important pour son intégrité ainsi que pour le développement des visions scientifiques et religieuses de l’époque, desquelles a découlé notre meilleure compréhension actuelle de ces problèmes.

 

De même que l’autorité de la religion était plus importante dans l’Italie de Galilée qu’elle ne l’est aujourd’hui, la science paraissait plus récente et plus simple. Nous avons tendance à croire qu’aujourd’hui nous sommes plus évolués et que la science et la religion sont plus complexes, si bien qu’il nous est difficile d’adopter une position aussi tranchée. Cependant, si nous acceptons l’idée qu’il existe une vérité, nous nous devons alors de nous engager pour elle comme l’a fait Galilée ou Gautama bien avant lui. Pour nous mêmes et pour l’humanité nous avons le devoir d’utiliser au mieux notre sagesse et nos instincts, les leçons de l’histoire et la sagesse ancestrale, les expériences et révélations de nos proches, des saints et des héros, afin de nous rapprocher le plus possible de la vérité et du sens. De plus, nous devons être prêts à vivre et à agir en accord avec nos conclusions.

e6un7

 

 

 

 

 

 

 

Islam, problèmes actuels en science et religion


Abd-al-Haqq Guiderdoni

 

Le monde musulman a rencontré la science moderne, au XIXème siècle, sous la forme d’un double défi, à la fois matériel et intellectuel. La défense de l’empire ottoman face à la poussée militaire des pays occidentaux, puis le succès de la colonisation, ont rendu nécessaire l’acquisition de la technologie occidentale, et donc de la science qui en est la fondation. Cette pression de la science moderne sur l’islam demeure encore très forte.

L’Occident apparaît comme le modèle de progrès qu’il faut rattraper, ou au moins suivre, en formant techniciens et ingénieurs, et en assurant le transfert massif des technologies indispensables au développement. Mais la rencontre entre l’islam et la science moderne a surtout suscité une réflexion d’ordre philosophique et doctrinal, en quelque sorte provoquée par un événement inaugural, la fameuse conférence « L’Islamisme et la Science » donnée par Ernest Renan (1823—1892) à la Sorbonne en 1883. Dans la perspective positiviste qui était la sienne, Renan y critiquait l’incapacité radicale des musulmans à produire des découvertes scientifiques, et leur inaptitude supposée à la pensée rationnelle. Cette conférence fut ressentie comme une provocation par les intellectuels musulmans de l’époque qui étaient en contact avec l’intelligentsia occidentale.

Ces intellectuels, dont Jamâl-al-Dîn Al-Afghânî (1838—1897) fut le précurseur, défendirent alors l’idée que l’islam n’avait pas connu de rupture entre religion et science, alors que le christianisme, surtout le catholicisme, avait vécu une longue période de conflit avec celle-ci. Pour eux la science moderne n’est rien d’autre que la « science islamique » autrefois développée par le monde musulman de l’époque classique (celui des califats umayyade et abbasside), et finalement transmise à l’Occident, dans l’Espagne du XIIIème siècle, grâce à des traductions qui permirent ensuite la Renaissance et les Lumières. Pour ces intellectuels à l’origine du courant « moderniste » de l’islam, il n’y a rien de mauvais, en principe, dans la science. Seules les distorsions imposées à la science par la vision matérialiste et positiviste des philosophes et scientifiques anti-religieux de l’Occident demeurent inacceptables. La science moderne n’a pu naître dans le monde musulman, pourtant très avancé à une certaine époque, à cause des « superstitions » ajoutées à la religion d’origine, qui ont incité au fatalisme quiétiste plus qu’à l’action. A l’issue de cette prise de conscience de l’engourdissement (jumûd) des sociétés musulmanes, les modernistes appellent à la renaissance (nahdah), par la réforme (içlâh) de la pensée islamique.

Cette position, très répandue dans le monde musulman, pose un certain nombre de problèmes, que l’on peut résumer en disant qu’il s’agit de savoir si la réforme doit conduire à « moderniser l’islam » ou à « islamiser la modernité ».

Les intellectuels musulmans qui travaillent sur les rapports de la science et de la religion puisent leur réflexion dans l’épistémologie de l’islam. En effet, la tradition islamique insiste sur la recherche de la « connaissance » (‘ilm), un mot qui revient plus de 800 fois dans le Coran et dans de nombreuses traditions prophétiques comme « la recherche de la connaissance est une obligation religieuse », ou « cherchez la connaissance jusqu’en Chine ». Cette connaissance a trois aspects : le savoir religieux transmis par la révélation, la connaissance du monde acquise par l’investigation et la méditation, et enfin, le savoir d’ordre spirituel accordé par Dieu. Les différentes attitudes face au rapport entre science et religion procèdent des éclairages différents qui peuvent être donnés à ces trois aspects. C’est le même mot (âyât) qui désigne à la fois les signes de Dieu dans le cosmos et les versets du texte coranique. De nombreux passages, appelés « versets cosmiques » (âyât kawniyya) par les commentateurs, attirent l’attention du lecteur sur les phénomènes de la nature, où celui-ci doit apprendre à déchiffrer l’œuvre du Créateur. La perspective fondamentale de l’islam est celle de l’affirmation de l’unicité divine (tawhîd), qui assure l’unicité de la connaissance, dans la mesure où tout savoir véritable reconduit à Dieu. En conséquence, il ne saurait y avoir de désaccord entre les données produites par la connaissance du monde et celles qui sont apportées par la révélation, ni cette « double vérité » (duplex veritas) condamnée dans l’Occident médiéval et faussement attribuée aux philosophes musulmans.

L’idée fondamentale de l’unicité de la connaissance apparaît dans les positions de deux acteurs majeurs de l’histoire de la pensée musulmane, dont les œuvres sont encore très lues aujourd’hui. Abû Hâmid Al-Ghazâlî (1058—1111) défend, dans le Libérateur de l’erreur (al-Munqidh min ad-Dalâl), que la certitude rationnelle est accordée par don divin. S’il y a désaccord apparent entre les résultats de la falsafah (la philosophie et la science d’inspiration hellénique) et les enseignements de la tradition religieuse, c’est parce que les philosophes ont appliqué leur investigation en dehors de son domaine de validité, et ont été amenés à énoncer des propositions fausses. Abû-l-Walîd Muhammad Ibn Rushd (1126—1198) affirme, sous la forme du long avis jurisprudentiel (fatwâ) que constitue son livre Le Traité décisif (Kitâb Façli-l-Maqâl), que la pratique de la philosophie et de la science est une obligation religieuse canonique. Pour lui, s’il y a désaccord apparent entre philosophie et révélation, ce sont les textes religieux qui doivent être soumis à interprétation (ta’wîl), sous peine de tomber dans l’impiété en faisant dire à Dieu des choses manifestement fausses. Les différentes positions des musulmans contemporains face à la science se répartissent selon trois courants principaux, qui suivent toujours, d’une façon ou d’une autre, cette ligne de l’unité de la connaissance.

Le courant majoritaire considère, dans le sillage des réformistes des XIXème et XXème siècles, qu’il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais dans la science. L’Occident, qui est actuellement le producteur des découvertes scientifiques, doit être blâmé seulement pour sa vision matérialiste et son indifférence à la morale. Ce que ce courant place sous le nom de science, ce sont essentiellement les sciences de la nature, et non les sciences humaines pénétrées des valeurs anti-religieuses de l’Occident. La science est considérée comme pourvoyeuse de « faits » qui, en eux-mêmes, sont complètement neutres. Ce qui manque à l’Occident, c’est le sens de l’éthique que certains scientifiques occidentaux ont manifesté de façon personnelle, mais qui n’apparaît pas assez, ou pas du tout, dans les sociétés occidentales. Ainsi de grands scientifiques, comme le prix Nobel de Physique (1979) Abdus Salam (1926—1996), ont-ils pu se faire les avocats du développement de la science moderne dans le monde islamique. Ces défenseurs de la science rappellent les heures glorieuses de la grande époque de la science en islam, énumèrent la longue liste des savants musulmans « oubliés de l’histoire », et cherchent à construire un futur en promouvant le rôle émancipateur de l’éducation. Ce courant connaît actuellement un essor considérable, tout en étant, en quelque sorte, détourné à des fins apologétiques. En 1976, un chirurgien français, Maurice Bucaille (1920—) publia La Bible, le Coran et la Science où il étudiait les écritures saintes « à la lumière des connaissances modernes », et concluait à l’authenticité du Coran, en raison « de la présence d’énoncés scientifiques qui, examinés à notre époque, apparaissent comme un défi à l’explication humaine ». L’intention initiale n’était pas d’aborder les rapports entre science et religion en islam, mais de prendre part au débat des orientalistes et islamologues contemporains sur le statut du Coran, en apportant des éléments en faveur de l’authenticité de celui-ci. Cette idée des « preuves scientifiques » de la vérité du Coran fut propagée dans le monde musulman par les nombreuses traductions du livre de M. Bucaille, et amplifiée au point d’occuper une place dominante dans l’apologétique actuelle, où le thème traditionnel de « l’inimitabilité du Coran » (i’jâz al-qur’ân) est complètement réinterprété dans cette perspective de la « science coranique ». Les « savants occidentaux » qui y sont mis en scène reconnaissent dans le Coran les dernières découvertes de la science moderne (cosmologie, embryologie, géophysique, météorologie, biologie), et affirment ainsi la vérité de l’islam. Ceux qui défendent cette position envisagent la science sans se préoccuper de sa vision du monde, ni de ses présupposés épistémologiques et méthodologiques. Certains vont même plus loin lorsque, en sollicitant le texte sacré pour produire des énoncés scientifiques quantitatifs, comme une mesure très précise de la vitesse de la lumière, ils prétendent fonder une « science islamique » sur des méthodes complètement nouvelles. Or, ainsi que le rappelle le physicien Pervez Hoodbhoy, dans son livre Islam and Science qui s’insurge contre un tel détournement, « specifying a set of moral and theological principles — no matter how elevated— does not permit one to build a new science from scratch ».Pour lui il n’y a qu’une seule façon de faire de la science, et la « science islamique » de la glorieuse époque n’était autre que la science universelle, pratiquée par des scientifiques appartenant à la civilisation arabo-islamique.

Le deuxième courant refuse cette idée de science universelle, et met l’accent sur la nécessité d’examiner les présupposés épistémologiques et méthodologiques de la science moderne d’origine occidentale, qui ne sauraient être acceptés en l’état par le monde musulman. Ce courant se fonde sur les critiques émanant de la philosophie et de l’histoire des sciences. Karl Popper (1902—1994), Thomas Kuhn (1922—1996), et Paul Feyerabend (1924—1994), ont contribué, chacun à sa manière, à questionner la notion de vérité scientifique, la nature de la méthode expérimentale, et l’indépendance des productions de la science par rapport à l’environnement culturel et social où celles-ci apparaissent. Dans un climat fortement marqué par le relativisme et l’anti-réalisme de la déconstruction post-moderne, les critiques musulmans de la science occidentale refusent l’idée selon laquelle il n’y aurait qu’une seule façon de faire de la science. Ils cherchent à fonder les principes d’une « science islamique », en enracinant la connaissance scientifique et l’activité technologique dans les idées de la tradition islamique et les valeurs de la loi religieuse (sharî’a), avec des nuances qui résultent des différences d’interprétation.

C’est ainsi que Isma’il Raji Al-Faruqi (1921—1986) a élaboré un programme d’islamisation de la connaissance, relayé par la fondation, en 1981, de l’International Institute of Islamic Thought, à la suite des expériences et réflexions de Musulmans travaillant dans les universités et les instituts de recherche d’Amérique du Nord. Ce programme est basé sur la constatation d’un malaise dans la communauté musulmane (umma), qui trouve son origine dans l’importation d’une vision du monde étrangère à la perspective islamique. Pour l’IIIT, l’islamisation de la connaissance est globale : elle part de la parole de Dieu qui peut et doit s’appliquer à toutes les sphères de l’activité humaine, dès lors que Dieu a créé l’homme comme son « représentant » ou « vice-régent sur terre » (khalîfat Allâh fî-l-ard). Les travaux de l’IIIT conçoivent un projet pour le développement de la pratique scientifique au sein d’une vision religieuse du monde et de la société. L’entreprise de l’IIIT vise d’ailleurs davantage les sciences humaines que les sciences de la nature, considérées comme plus neutres du point de vue méthodologique. D’autres intellectuels, comme Ziauddin Sardar (1951—) et les membres de l’école de pensée plus ou moins informelle dite ijmâlî (ainsi auto-désignée en référence à la vision « synthétique » qu’elle propose), sont aussi conscients de la « menace » que fait peser sur l’islam la vision du monde occidentale apportée par la science. Profondément influencés par l’analyse kuhnienne du développement scientifique, ils constatent que la science et la technologie venues d’Occident ne sont pas des activités neutres, mais participent d’un projet culturel, et deviennent un outil pour la propagation des intérêts idéologiques, politiques et économiques de l’Occident.

Pour importer la science et la technologie modernes en islam, il faut reconstruire les fondations épistémologiques de la science, dans la perspective d’interconnexion entre les différents domaines de la vie humaine qui est propre à l’islam. Sardar lui-même compare la position des ijmalis à celle d’Al-Ghazâlî. Le troisième courant de pensée islamique est marqué par une réflexion approfondie sur les fondements métaphysiques de la vision du monde proposée par la tradition islamique. Seyyed Hossein Nasr (1933—) y apparaît comme la figure la plus importante. Il défend le retour à la notion de Science Sacrée. Ce courant trouve sa source dans la critique du monde moderne proposée par le métaphysicien français René Guénon (1886—1951), puis par des auteurs dans le sillage de celui-ci, comme Frithjof Schuon (1907—1994) et Titus Burckhardt (1908—1984), tous musulmans d’origine occidentale. Guénon explique comment la civilisation occidentale moderne représente une anomalie, dans la mesure où elle est la seule civilisation de l’humanité à s’être développée sans se référer à la Transcendance. Guénon rappelle l’enseignement universel des religions et traditions de l’humanité, qui sont autant d’adaptations de la Tradition primordiale, d’essence métaphysique. La destinée de l’être humain est la connaissance d’ordre intellectuel des vérités éternelles, et non l’exploration des aspects quantitatifs du cosmos. Dans cette perspective, Nasr dénonce, non le malaise de la communauté musulmane, mais celui des sociétés occidentales, obsédées par le développement d’une connaissance scientifique ancrée dans une approche quantitative de la réalité, et par la domination de la nature qui aboutit à la destruction pure et simple de celle-ci. La position de Nasr et des autres défenseurs de ce courant traditionnel, que certains ont choisi d’appeler « pérennialiste » (par référence à la Sophia perennis dont ils sont les transmetteurs), s’ancre non seulement dans une critique de l’épistémologie occidentale, mais dans une remise en question profonde de la conception occidentale d’une réalité réduite à la seule matière. Les pérennialistes proposent une doctrine de la connaissance comme une succession d’épiphanies, où la vérité et la beauté apparaissent comme des aspects complémentaires de la même réalité ultime. Ils appellent de leurs vœux le rétablissement d’une vision spirituelle du monde, et la réhabilitation de la « science islamique » traditionnelle qui préservait l’harmonie de l’être dans la création. En revanche, les critiques de cette position radicale l’accusent d’un certain élitisme, et mettent en avant la difficulté à réaliser son programme dans les circonstances actuelles.

Les différents courants de la pensée musulmane contemporaine témoignent d’une activité de réflexion intense sur les rapports entre science et religion. Le monde universitaire musulman agit ici comme un melting pot où de nombreuses idées d’origine islamique ou occidentale sont ré-élaborées dans la recherche d’une synthèse. Les éléments fondamentaux restent ceux de la pensée islamique : l’affirmation répétée de l’unicité de Dieu qui unit à la fois la création et l’humanité, la nature ouverte du processus même d’acquisition de la connaissance du monde, qui est par essence illimité puisqu’il a pour origine et pour terme la connaissance de Dieu, l’étroite interconnexion de la connaissance et de l’éthique, enfin la responsabilité de l’homme sur terre en tant que vice-régent, qui doit user du monde sans en abuser et se comporter comme le bon jardinier dans le jardin. Par ailleurs, la métaphysique qui sous-tend l’épistémologie et l’éthique est profondément marquée par la dialectique du visible et de l’invisible. Les phénomènes y sont les signes de l’action divine dans le cosmos. Dieu est d’ailleurs présent dans le monde, dont il ne cesse de « renouveler la création » à chaque instant (tajdîd al-khalq). L’articulation de cette forme d’occasionalisme avec la causalité, dans le déterminisme et l’indéterminisme de la science moderne, reste encore à élaborer.

La réflexion critique sur l’élaboration même de la science, comme activité marquée par une culture, est maintenant bien inscrite dans le débat. En revanche, il faut constater que les derniers développements de la science contemporaine, notamment ceux qui concernent l’incomplétude en mathématique, l’incertitude en physique quantique, l’imprévisibilité en théorie du chaos, ainsi que les interrogations de la biologie sur l’évolution, et des neurosciences sur la conscience, n’ont sans doute pas été assez médités. Ces développements peuvent en effet fournir d’intéressantes pistes pour briser la vision réductionniste et scientiste du monde, et constituent une sorte de pierre de touche pour une métaphysique et une épistémologie qui puissent donner du sens à la science telle qu’elle se fait dans les laboratoires et instituts de recherche.

Il s’agit finalement de fournir un contenu au terme de « science islamique ». La question est la fois du domaine de l’éthique (personnelle et collective), de l’épistémologie, et de la Weltanschauung de nature métaphysique qu’elle présuppose. Chaque courant de pensée doit faire face, lors du passage de la théorie à la pratique, à des problèmes spécifiques qui résultent de sa position particulière, mais aussi des difficultés économiques et sociales du monde musulman. Il reste à savoir dans quelle mesure le projet le plus ambitieux, celui de la science islamique en tant que Science Sacrée, peut être plus qu’un regard nostalgique sur le passé, et passer au stade de la mise en œuvre effective par une élite intellectuelle et spirituelle. L’avenir de la contribution de la civilisation islamique au développement de la connaissance universelle dépend de la réponse qui sera donnée à cette question.

e6un7

 

 

Créer un site internet avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site