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Aïd Al-Fitr: règles et bienséances selon la Sunnah

 

Le mois de ramadan se termine par la fête de la rupture du jeûne, Aïd el-Fitr, dite communément la «Petite fête» (Aïd es-Seghir).

L'Aïd el fitr, fête de la rupture du jeûne pour tous les musulmans du monde entier, marque la fin du mois sacré du ramadan. Elle a lieu le premier jour du mois de Chawal, soit vingt-neuf ou trente jours après le début du jeûne.

Premièrement : Se préparer à l'accomplissement de la Salate Al-'Aïd en se lavant le corps et en portant ses plus beaux vêtements :

L'auteur du Mowatta' a affirmé, d'après Naafi', que « Le jour de 'Aïd Al-Fitr, Ibn 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, faisait le Ghosl avant de se rendre au lieu de prière » (Maalik : Sahih).

Dans son ouvrage Zaad-oul-Ma'aad, Ibn Al-Qayyim a indiqué : « Connu pour son observance stricte de la Sunnah, Ibn 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, faisait le Ghosl le jour de la fête avant de sortir de chez lui ».

Il a été également confirmé qu'Ibn 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, portait ses plus beaux vêtements à l'occasion des deux fêtes. Dans son Fat-h ol-Baari, Ibn Hadjar a dit : « Selon une chaîne de narrateurs authentique, Ibn Abi Donia et Al-Bayhaqi ont rapporté qu'Ibn 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, portait ses plus beaux vêtements à l'occasion des deux fêtes ».

Deuxièmement : la Sunnah conseille de consommer un nombre impair de dattes avant de se rendre au lieu d'accomplissement de la Salate Al-'Aïd :
Avant de sortir pour la Salate Al-'Aïd, il est recommandé de manger trois, cinq dattes ou plus, pourvu que le nombre soit toujours impair, compte tenu du hadith, dans lequel Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Le Prophète () ne commençait jamais Yawm Al-Fitr (le jour de la fête de rupture du jeûne) sans manger des dattes, et il en mangeait un nombre impair » (Boukhari).

Troisièmement : Le jour de la fête, et en se rendant au lieu d'accomplissement de la Salate Al-'Aïd, la Sunnah conseille de répéter les Takbiirs à haute voix pour les hommes, et à voix basse pour les femmes :

Ibn 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, a affirmé : « Le Prophète () sortait lors des deux fêtes (...), en prononçant les Takbiirs et les Tahliils à haute voix ». Et d'après Naafi', « Quand c'était le jour de 'Aïd Al-Fitr ou de 'Aïd Al-Ad-ha, Ibn 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, avait l'habitude de répéter le Takbiir à haute voix jusqu'à ce qu'il entrât à la mosquée, et il continuait à le faire jusqu'à ce que l'Imam arrivât, puis il le répétait après lui » (Ad-Daaraqotni : Sahih).

Parmi les formules de Takbiir, citons ce qui est authentiquement rapporté d'Ibn Mas'oud, qu'Allah soit satisfait de lui : « Il disait pendant les jours de Tachriiq : Allaho Akbar, Allaho Akbar, La Ilaha Illa Allah, Allaho Akbar, Allaho Akbar, Wa lillaahi-l-Hamd (Allah est Plus Grand, Allah est Plus Grand, nul n'est digne d'être adoré en dehors d'Allah, Allah est Plus Grand, louange à Allah) » (Ibn Abi Chaybah : Sahih).

N.B. : Répéter collectivement le Takbiir est une Bid'ah, car il s'agit d'un acte que ni le Prophète () ni ses Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux, n'ont fait. Il est plus correct que chacun répète le Takbiir individuellement.

Quatrièmement : la Sunnah conseille de se rendre au lieu de prière à pied : Ali, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « La Sunnah conseille de se rendre à pied à la Salate Al-'Aïd» (At-Tirmidhi : Hassan).

Cinquièmement : la Sunnah conseille de se rendre au lieu de prière en empruntant un chemin et de revenir par un autre : Djaabir, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « De retour de la prière le jour de la fête, le Prophète () empruntait un chemin différent de celui de l'aller » (Boukhari).

Sixièmement : La Salate Al-'Aïd doit être effectuée après le lever du soleil, sans Adhaan ni Iqaamah. Elle est composée de deux unités de prière, avec la répétition sept fois de la formule de Takbiir dans la première unité et cinq fois dans la seconde. La Sunnah conseille que l'Imam récite, après Al-Faatihah, la sourate Al-A'la (Le Très-Haut) dans la première unité et Al-Ghaachiyah (L'enveloppante) dans la seconde, ou Qaaf dans la première et Al-Qamar (La lune) dans la seconde. Le sermon est prononcé après la prière, à laquelle les femmes sont enjointes d'assister. Les preuves consistent en ce qui suit :

1- Aïcha, qu'Allah soit satisfait d'elle, a dit : « Quand le Prophète () célébrait la prière le jour de 'Aïd Al-Fitr ou de 'Aïd Al-Ad-ha, il répétait sept fois la formule de Takbiir dans la première unité et cinq dans la seconde » [(Abou Daoud : Hassan).

2- An-No'maan Ibn Bachiir, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Lors de l'accomplissement de la prière des deux fêtes et de celle du vendredi, le Prophète () avait l'habitude de réciter les deux sourates Al-A'la (Le Très-Haut) et Al-Ghaachiah (L'enveloppante) » (Mouslim).

3- D'après 'Oubaydollah Ibn 'Abdillah, 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, demanda un jour à Abou Waaqid Al-Laythy : 'Quelles sourates a récité le Prophète () pendant la prière de ce jour ?'. 'Qaaf et Al-Qamar (La lune)', lui répondit-il (Mouslim).

4- Oum 'Atiyah, qu'Allah soit satisfait d'elle, a dit : « Les jours de 'Aïd Al-Fitr et de 'Aïd Al-Ad-ha, le Prophète () nous ordonna d'emmener les femmes qui avaient leurs menstrues, les filles au seuil de la puberté et les vierges à la mosquée ; les premières n'accomplissaient pas la prière, mais elles se tenaient derrière ceux qui priaient et profitaient de leurs invocations » (Boukhari et Mouslim).

5- Ibn 'Abbaas, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, a dit : « J'ai assisté à la prière de 'Aid Al-Fitr avec le Messager d'Allah () ainsi qu'avec Abou Bakr, 'Omar et 'Othmaan, qu'Allah soit satisfait d'eux. Ils accomplissaient tous la prière avant de prononcer le sermon » (Mouslim).

6- Djaabir Ibn Samrah, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « J'assistai une ou deux fois avec le Prophète () à la prière de la fête, qu'il dirigea, sans Adhaan ni Iqaamah » (Mouslim).

Septièmement : si le jour de la fête coïncide avec un vendredi, la Salate Al-'Aïd dispense de la prière du vendredi. Le Prophète () a dit :

« Deux 'Aïds ont coïncidé ce jour-ci et celui qui accomplit la prière de l'Aïd est dispensé de la prière du vendredi. Quant à nous, nous accomplirons cette dernière » [(Ibn Maadjah).

Huitièmement : si les gens ne savent qu'après le zénith, que le jour présent est le premier jour de fête, ils doivent tous accomplir la Salate Al-'Aïd le lendemain. D'après ses oncles paternels qui faisaient partie des Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux, Abou 'Omayr Ibn Anas, qu'Allah lui fasse miséricorde, a rapporté ce qui suit : « Des voyageurs allèrent trouver le Prophète () et lui dirent avoir observé la veille la nouvelle lune (du mois de Chawwaal). Le Prophète () leur ordonna alors de rompre leur jeûne et d'accomplir la Salate Al-'Aïd le lendemain » [(Abou Daoud, An-Nassaa-i, At-Tirmidhi et Ibn Maadjah) (Al-Bayhaqi, An-Nawawi, Ibn Hadjar et autres : Sahih)].

Neuvièmement : nul grief si les Musulmans échangent des vœux en disant : « Qu'Allah accepte nos œuvres et les vôtres ». Ibn At-Torkomaani a dit : « Il existe à ce propos un hadith authentique, celui de Mohammad Ibn Ziyaad qui a dit : 'J'étais en compagnie d'Abou Omaamah, entre autres Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux, et à leur retour de la Salate Al-'Aïd, ils se disaient mutuellement : 'Qu'Allah accepte nos œuvres et les vôtres' (Ahmad : Sahih) ».

Dixièmement : le jour de la fête est un jour de joie et d'épanouissement :
Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Lorsque le Prophète () arriva à Médine, ses habitants avaient deux jours, durant lesquels ils s'amusaient. Il leur demanda :
- 'Quels sont donc ces deux jours ?'
- 'Nous nous y amusions au temps de la Djaahiliyyah', répondirent-ils.
- 'Allah les a tous deux remplacés pour vous par deux autres jours meilleurs qu'eux : le jour de l'Aïd Al-Ad-haa et le jour de l'Aïd Al-Fitr', leur dit le Prophète () » (Ahmad : Sahih).

Onzièmement : Méfiez-vous, chers frères, de commettre des infractions à la Charia, comme le font certains, qui portent des parures illicites en laissant traîner leurs vêtements par ostentation ou en se rasant la barbe, ou qui écoutent des chansons, et regardent des choses illicites, ou encore, s'agissant des femmes, qui exhibent leurs atours et se mêlent aux hommes non Mahrams.

Méfiez-vous, chers pères, d'emmener votre famille dans les lieux de distraction mixtes, sur les plages et dans les parcs où des actes blâmables sont commis.

Louage à Allah. Que la paix et les bénédictions soient sur notre Prophète Mohammad.

 

http://www.islamweb.net/frh/index.php?page=articles&id=170559

 

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