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le Coran: forme, langage et style

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La forme

      Le Coran comporte 114 sourates (« souwar », pluriel de « soûrah ») de longueurs inégales : la plus courte contient 3 versets (Al-Kawthar) et la plus longue 286 (Al-Baqara). Les plus longues se situent vers le début du Livre et les plus brèves vers la fin. Le terme « soûrah » signifie littéralement « rang » ou « muraille ». En langage technique, il se réfère à la division du texte coranique en passages, c’est-à-dire en chapitres (ou parties) indépendants. Chaque soûrah — exception faite de la neuvième, At-Tawbat (Le Repentir) —, est introduite par l’expression « Bismillâh Ar-Rahmâne Ar-Rahîm » (« Au Nom de Dieu, Tout Clément, Tout Compatissant »/ « Au Nom de Dieu, Le Très Clément, Le Très Miséricordieux »). Chaque soûrah porte un titre qui reprend soit un terme important soit distinctif du texte lui-même : pour illustration, soûrat Al-Baqara (La Génisse). Dans d’autres cas c’est les premiers mots débutant la soûrah qui sont choisis pour servir d’en-tête : par exemple, Tâ-Hâ ou Al-Fourqâne (Le Discernement).

        Les savants ont distingué quatre groupes de souwar :
               ·         Al-tiwâl  qui sont longues : sourates 2 à 10 ;
              ·         al-mi’oûn qui comportent approximativement 100 signes (versets) : sourates 10 à 35 ;
               ·         al-mathânî  qui ont moins de 100 signes : sourates 36 à 49 ;
              ·         al-moufaççal : la dernière section du Coran, débutant par sourates 49 Al-Houjourât (Les Appartements) à 114.

        La plus petite division du texte sacré est appelée « âyah » (« signe »). Ce terme est abusivement traduit par « verset », car le Coran n’est pas de la poésie, mais bien un ouvrage renfermant un ensemble de signes destinés à guider les croyants. Chaque « signe » a été scrupuleusement ordonné dans des souwar non moins fidèlement arrangées par le Prophète Mouhammad  sous la dictée de l’archange Jibrîl (Gabriel, psl) ; et cela d’une manière définitive l’année de la mort du Messager d’Allâh 
, lorsque Jibrîl (psl) lui fit réciter par deux fois intégralement le Coran.

        Plusieurs subdivisions du Coran ont été établies pour faciliter sa lecture, sa récitation et son apprentissage. Le Livre est partagé en 30 « ajzâ’ » (pluriel de « jouz’ », littéralement « partie », « portion »), de longueurs à peu près identiques. Au Pakistan et en Inde, les souwar sont réparties en paragraphes nommés « roukoû‘ ». Au Moyen-Orient, chaque jouz’ est subdivisé en « hizb » indiqué en marge — premier quart du hizb ; moitié du hizb ; troisième quart du hizb. Au Maghreb, « le thoumoun » (« le huitième ») correspond à la moitié du quart de hizb, selon la lecture coranique warch d’après Nâfi‘.

 Pour les amateurs de la lecture du Livre sacré en sept jours, le Coran est également segmenté en sept parties majeures appelées « manzil », de longueur approximativement semblables. En voici le découpage :

             ·         première section : sourate 1 à s.5, v.81 ;
             ·         deuxième section : s.5, v.82 à s.9 incluse ;
             ·         troisième section : s.10 à s.16 incluse ;
             ·         quatrième section : s.17 à s.25, v. 20 ;
             ·         cinquième section : s. 25, v.21 à s.33, v.30 ;
             ·         sixième section : s.33, v.31 à s.48 incluse ;
             ·         septième section s.49 à s.114.

Le langage  

        Pourquoi le Coran fut-il révélé dans la langue arabe ?
La raison était simple, le prophète qui devait transmettre le message divin et son peuple qui devait être le premier à le recevoir étaient des Arabes. Allâh 
déclare en effet : « Si Nous avions révélé ce Coran en langue étrangère, on aurait objecté : "Si au moins ces versets étaient clairs et intelligibles ! Comment ? Un[Coran] en langue étrangère pour un peuple arabe ? "Réponds-leur : "Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants ; seuls les négateurs, quand il s’agit de ce Livre, font la sourde oreille et simulent l’aveuglement. C’est comme si l’appel qu’on leur lance venait de trop loin pour être entendu" », s. 41 Fouççilat (Les Versets détaillés), v. 44.« Ainsi Nous te révélons un Coran en langue arabe, afin que tu avertisses la ville métropole [la Mecque] et les alentours, et que tu les préviennes du Jour inéluctable du Jugement dernier, où une partie des hommes ira au paradis et une autre ira en enfer. Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait des hommes une seule communauté. Mais Il admet au sein de Sa miséricorde qui Il veut, et les injustes n’auront ni secours ni protection », s.42 Ach-Choûrâ, v.7.

             En outre, le choix de la langue de Qouraïche n’était pas anodin puisqu’elle était la plus raffinée de tous les dialectes arabes. Allâh 
la qualifie d’« arabe clair » (s.16 An-Nahl (Les Abeilles), v.103). L’objectif était que le message soit reçu d’une manière correcte et complète, et que son décodage soit facilité : « Alif-Lâm-Râ. Nous te révélons ce Livre afin que tu fasses sortir, avec la permission de leur Seigneur, les hommes des ténèbres vers la lumière, et les conduises dans la voie du Tout-Puissant, du Digne de louange », s.14 Ibrâhîm, v. 1 ; « Alif-Lâm-Râ. Nous l’avons révélé en langue arabe, afin que vous puissiez le comprendre », s.12 Yoûssouf, v.2.

Alphabet arabe

         Beaucoup de personnes lisent néanmoins l’arabe et n’en comprennent pas complètement le sens, et ce parce qu’ils ne cernent pas les termes dans toutes leurs acceptions. On peut donc affirmer que la guidée ne dépend pas de la compréhension du Coran, mais qu’elle relève de Dieu Seul conformément à cette parole divine : « Telle est la voie du Seigneur, vers laquelle Il dirige qui Il veut parmi Ses serviteurs. […] »,s.6 Al-an’âm (Les Bestiaux), v.88. Pour ceux qui n’ont pas la chance de connaître l’arabe, il reste les traductions pour aborder la langue arabe et le message divin, car Allâh 
a facilité son rappel à l’entendement humain : « Nous avons fait du Coran une œuvre facile à comprendre pour qu’il serve de rappel. Seulement est-il quelqu’un pour méditer ce rappel ? », s.54 Al-Qamar (La Lune), v.17.

        Certains savants ont objecté que le Coran renferme en son sein des termes étrangers à la langue arabe, tels que :

  • al-qistâs, s.17 Al-Isrâ’ (Le Voyage nocturne), v. 35 : origine grecque ;
  • as-sijjîl, s.15 Al-Hijr, v.74: provenance persane ;
  • al-ghassaq, s.78 An-Naba’ (La Grande Nouvelle), v.25: dérivé du turc ;
  • at-toûr, s.2 Al-Baqara (La Génisse), v.63 : issu du syrien ;
  • al-kifl, s.57 al-Hadîd (Le Fer), v.28 : émane de la langue abyssenne.

 Il est admis que le Livre sacré comprend des noms propres non-arabes (Isrâ’îl‘Imrâne,Noûh, etc.). A l’instar des écoles islamiques qui ont élaboré des ouvrages sur le vocabulaire dérivé de langues étrangères figurant dans le Coran, le docte As-Souyoûtî a compilé un livret et une liste de 118 expressions dans différentes langues. Toutefois, d’autres érudits comme At-Tabarî et Al-Bâqillanî ont soutenu que le Coran dans son entier est en arabe et que les mots d’origine étrangère y contenus font partie intégrante du parler arabe.

Forme littéraire   

 Le Coran est-il de la prose (saj‘) ou de la poésie (chi‘r) ? La prose se définit comme étant une expression proche de la langue parlée de tous les jours, et elle se distingue de la poésie par l’absence de toute fioriture évidente de rythme et de rime. Dans Son infinie sagesse et Son savoir, Allâh 

a décrété qu’il en sera ainsi de Son Livre, car les accusations n’allaient pas épargner Son noble Messager : les opposants à l’Islam n’allaient pas, en effet, se priver de taxerMouhammad  de poète et de possédé. Le Coran réfute alors cette ignominie : « J’en jure par ce que vous voyez et par ce que vous ne pouvez voir que c’est bien là la parole d’un noble Messager, et non point le propos d’un poète, pour peu que vous croyiez, ni d’un vulgaire devin, pour peu que vous réfléchissiez ! Ce Coran est, en effet, une révélation émanant du Maître de l’Univers », s.69 Al-Ma’ârij (Les Degrés), v.38-43.

             La forme littéraire du Coran est donc plutôt du « saj‘», à savoir de la prose rimée, prosodie la plus connue et la plus usitée par les Arabes de la période préislamique. Moins sophistiqué que la poésie du fait de l’absence de vers — de modèle rythmique consistant —, le saj‘ n’en possède pas moins certains accents de rythmes et de rimes. Allâh  dit : « Dieu a révélé les paroles sublimes en un Livre dont les versets se ressemblent et se répètent […] », s.39 Az-Zoumar (Les Groupes), v.23.
Pour illustration explicite, sourate 112 Al-ikhlâs (La Pureté), versets 1-4 ; elle met en lumière un rythme plutôt irrégulier et une rime avec la syllabe « ad » :

Qoûl houwa-l-lâhou ahad 

 

Dis: « Lui, Dieu, est Unique,

 

 Allâhou Samad

 

 Dieu, L’Absolu

 

 Lam yalid wa lam yoûlad

 

Il n’a jamais engendré et Il n’a jamaisété
engendré.

 

 Wa lam yakon lahou koufouwan ahad

 

 Et nul n’est égal à Lui.

 

Le style 

        Le style du Coran fait appel à quatre éléments distincts qui lui confèrent une originalité certaine : la narration, les comparaisons, les passages avec « Qoul » (« dis ») et ceux comportant les serments.

 La narration : « Nous te racontons le plus beau des récits, grâce à ce Coran que Nous te révélons, bien que tu fusses auparavant du nombre des ignorants », s.12 Yoûssouf, v. 3. Le Coran contient maints récits (« qasas » ; pl. « qissah ») relatifs à des évènements particuliers des peuples, de la vie des prophètes et de leurs concitoyens. La narration est un procédé employé par Allâh  pour plusieurs raisons : 
  •       —   éclaircir le message divin ;
          —   aborder la guidée et le rappel ;
          —   renforcer la foi du Prophète et des croyants ;
          —   mentionner la mission des précédents prophètes et leur lutte ;
          —   affirmer la continuité et la vérité du message de Mouhammad ;
          —   apporter des preuves à l’encontre des opposants à l’Islam. 
  • Les comparaisons (« mathal » ; pl. « amthâl) : sous forme imagée, elles interviennent pour expliquer certaines vérités, mettre en relief des vues importantes d’un message et toucher les cœurs croyants. Citons deux insignes paraboles:
    « Dieu vous propose en parabole un serviteur qui a plusieurs maîtres associés, qui se disputent son service, et un autre qui n’a qu’un maître. Le sort de ces deux serviteurs est-il le même ? Louange à Dieu, la différence est claire ! Mais trop peu d’hommes en ont conscience ! », s.39 Az-Zoumar (Les Groupes), v.29. Ici, l’accent est mis sur l’unicité de Dieu.
            « Il fit descendre du ciel une eau, et alors des torrents coulèrent selon leur importance (prédestination). Le courant porta à sa surface une écumeabondante. Et de ce sur quoi vous attisez le feu pour obtenir une parure ouun objet utile (sort) une écume pareille. C’est ainsi que Dieu propose uneparabole pour établir la différence entre le vrai et le faux sans aucuneconsistance. Quant à l’écume, elle s’en va sur les rives en pure perte etquant à ce qui profite aux gens, il demeure dans la terre. C’est ainsi queDieu propose des paraboles », s.13 A-Ra‘d (Le Tonnerre), v.17. Là, on ne peutêtre plus explicite que le Coran lui-même.
  • Passages avec « qoul » (« dis ») : c’est un ordre donné à Mouhammad  pour qu’il transmette les paroles qui suivent l’injonction à son audience, soit en réponse à une question posée, soit pour renforcer un sujet de croyance, soit pour annoncer une législation, etc.
    Ainsi, lors du partage du butin après la bataille de Badr, les croyants ne savaient pas comment y procéder, Dieu révéla alors à Son Messager : « On t’interroge sur les prises de guerre, réponds : "Les prises de guerre sont à Dieu et à Son Prophète. Craignez Dieu ! Maintenez la concorde entre vous et obéissez à Dieu et à Son Prophète, si vous êtes des croyants sincères, car les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand Ses versets leur sont  récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui"  », s.8 Al-Anfâl (Les Prises de guerre), v.1.Ou encore face aux épreuves s’abattant sur eux, les croyants peuvent s’imprégner de cette parole divine : « Dis-leur : "Rien ne nous atteindra, en dehors de ce que Dieu nous a déjà prescrit. Il est notre Maître ! et c’est en Lui que les croyants doivent placer leur confiance" », s.9 At-Tawba, v.51. 
  • Les serments (qasam ; pl. aqsâm) : ils sont introduits par des expressions telles « wa » et « lâ ouqsimou » (« Non ! j’en jure »). Ils appuient et soutiennent un argument, ôtant le doute à l’auditeur (au lecteur). Allâh  jure par Sa création, mais l’homme ne peut et ne doit jurer que par Dieu. Pour illustrer ces propos : « Par le Temps [le siècle] ! L’homme court à sa perte ! Hormis ceux qui croient, pratiquent les bonnes œuvres, se recommandent mutuellement la droiture et se recommandent mutuellement l’endurance ! », s.103 Al-‘Asr (Le Temps), v.1-3.
    « Non ! Par ton Seigneur ! Ces gens ne seront de vrais croyants que lorsqu’ils t’auront pris pour juge de leurs différends et auront accepté tes sentences sans ressentiment, en s’y soumettant entièrement. », s.4 An-Nisâ’ (Les Femmes), v.65.

      Voilà très succinctement l’examen de la forme, du langage et du style du Coran : les croyants peuvent eux-mêmes se plonger dans la lecture du Livre pour trouver maints autres exemples. Ils apprécieront d’autant plus la beauté du Coran s’ils maîtrisent la langue arabe.

 
 

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