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Entre la Sounna et le Hadîth

LA SIGNIFICATION  ORIGINELLE DU MOT HADîTH(1) , c’est l’information en général et l’information faite par le Prophète (paix et bénédiction sur lui), notamment en matière de pratique religieuse et juridique. Mais in n’a pas tardé à prendre une acception particulière, celle de récit d’actes « af’âl », de nouvelle et de parole prononcée par le Prophète (paix et bénédiction sur lui) « aqwâl ». La Sounna signifie plus spécifiquement la conduite, le comportement, la façon de manger, de boire, de se vêtir, de s’acquitter de ses devoirs religieux et de traiter les gens, car selon le dire du Prophète (paix et bénédiction sur lui) rapporté par Abou Dâwoûd : « Je suis pour vous ce que le père est pour ses enfants, je vous éduque sur toutes choses »(2).

La sounna est englobante, étant bien entendu que le hadîth en forme la matière principale. D’après Congar(3), la sounna : « comprend trois éléments : un dépôt transmis, un magistère vivant, une transmission par succession ». Mais dans une vision islamique, l’attention sera portée d’abord sur le dépôt transmis et sur les modalités de sa transmission.

Selon l’opinion émise par certains traditionalistes, les termes « hadîth » et « sounna » revêtent une même signification et sont identiques ou synonymes. D’autres avancent que le hadîth est une communication orale qui remonte au Prophète (paix et bénédiction sur lui). La sounna est un point de droit ou de religion. C’est eu égard à la nature de la prescription contenue dans un hadîth que cette dernière devra devenir effectivement une sounna. Aboû Dâwoûd(4) rapporte à ce propos un hadith du Prophète (paix et bénédiction sur lui) à l’occasion de la mort d’un musulman qui se trouvait en état d’ihrâm. Ahmad ibn Hanbal fait à ce sujet la remarque suivante : « fi hada l hadith khoumsou as sounan » : Ce hadîth contient cinq sermons, cinq sortes de coutumes religieuses et rituelles du Prophète (paix et bénédiction sur lui) qui doivent servir de règles dans des cas semblables.

Mais, lorsqu’on fait remonter ces deux termes à leur source historique, on découvre qu’il existe entre eux des nuances appréciables du point de vue linguistique et étymologique. Ces deux notions n’ont qu’un caractère commun, c’est que la connaissance du hadîth comme celle de la sounna repose sur la Tradition. Cela ressort des exemples suivants :
‘Adb ar Rahman ibn Mahdî (mort 198h.) caractérise les trois autorités : Soufyan at Thawri, al Awzâ’i et Mâlik ibn Anas en disant que le premier a été un imâm dans le hadîth, mais non dans la sounna. Que le second était au contraire un « Imâm dans le hadîth, mais non dans la sounna. Que la second était au contraire un « Imam fî sounna wa laysa bil imâm fil hadîth » (autorité du point de vue du propos du Prophète transmis par la sounna) ; et enfin que Mâlik était une autorité incontestée dans l’un et l’autre domaine « Imâm fihimâ jâmi’an ».(5) On dit même de Aboû Yoûsouf, le disciple de Aboû Hanîfa qu’il fut Sâhib hadith et Sâhib sounna.(6)

Un hadith cité par Aboû Dâwoûd d’après Anas ibn Mâlik souligne bien cette différence : « Si je déclarais qu’il (le transmetteur) a fait remonter ce propos jusqu’au Prophète (paix et bénédiction sur lui) lui-même, je dirais la vérité. Mais, il a seulement dit : « La sounna est ainsi », c’est-à-dire : « nous n’avons aucun hadîth (du Prophète) à ce sujet, mais cela doit être considéré comme sounna. » Il faut préciser qu’on ne manque pas de signaler le cas où les sounan sont attestées par des passages de hadîth qui les corroborent. C’est ainsi qu’il y a un livre qui porte ce titre : «  kitâb al sounna bi chawâhid al hadîth » (kitâb al sounna avec citations de hadîth à l’appui)(7)

Ainsi, le hadith tel qu’il a été remarqué par Aboû al Baqâ’ (cadi hanafite) est dérivé du substantif «  tahdîth », c'est-à-dire information, puis il  désigna toute parole, acte ou toute confirmation (taqrir) ou tolérance adoptées par le Prophète (paix et bénédiction sur lui). Et, par tolérance, on entend le cas où le Prophète (paix et bénédiction sur lui) voyait un compagnon faire quelque chose et gardait le silence sur cet acte ou même l’approuvait de manière explicite. Chacune de ces catégories trouve sa place dans les recueils de hadîth.  

Yahya ibn Zayâd ad Daylamî, le grammairien, al Koûfi, connu par al Farâ’ (207 h) a dit : « Le singulier de « ahâdith » est « ouhdoûtha » puis, ils en ont déduit le singulier sous forme de « hadîth ». Et, dans la matière de hadîth, on relève formellement la substance d’information telle qu’il en ressort de la Parole de Dieu : (Qu’ils apportent donc un récit semblable à celui-ci, s’ils sont sincères)(8) et (Dieu a fait descendre le plus beau des récits : un Livre dont les parties se ressemblent et se répètent)(9)
Et malgré la diversité des emplois, le « hadith » inclut nettement le sens d’ « information » tel qu’il a été employé dans : (Coran 29 Verset 23). Certains traditionalistes découvrirent dans le terme « hadîth », une idée de « nouveauté » par opposition à « l’antique » par lequel, ils faisaient allusion au « Livre de Dieu », et par le nouveau à tout ce qui a attrait aux paroles attribuées au Prophète (paix et bénédiction sur lui).



Source : « Les sciences du hadîth » du Docteur Temsamani Chebagouda Abdelhamid


1  Signifie communication, récit. Mot donné également à des informations historiques, d’ordre profane ou religieux : « min ahâditi al ‘arab wa min ach’âriha ; min ahâditi ahl al Yamân » Yâqoût. Il se compose d’un isnâd : chaîne de transmetteurs et d’un texte (matn). Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) fit une exhortation à la communauté : « Le plus beau hadîth, c’est le Livre d’Allah. Bienheureux celui dont Dieu ouvre le cœur et qu’il fait entrer en islam après qu’il ait été infidèle_çè_îth, c’est le Livre d’Allah. Bienheureux celui dont Dieu ouvre le cœur et qu’il fait entrer en islam après qu’il ait été infidèle ! Bienheureux celui qui préfère le Livre d’Allah à tous les autres hadîth des hommes. En vérité, il est le hadîth le plus beau et le parfait ». Rapporté par Ibn Mâja, 8. Dans un récit, Aboû Houraira rapporte qu’il a demandé au Prophète (paix et bénédiction sur lui) : « Quel est celui qui, au jour de la résurrection bénéficiera avant tous les autres de ton intercession ? » « A quoi le Prophète répondit : « Je savais bien, ô Abou Houraira, que personne ne m’interrogerait avant toi pour obtenir ce hadîth, car j’ai remarqué combien tu étais épris de hadîth ». Al Boukhâri, Riqâ’ n°5.  

2  Al Khatîb  al Baghdadi, Taqyîd al ‘Ilm, p.p 29-32 ; ad Darimî, Sounan, chap.42,I, 119 ; An-Nasâ’i, I,6 ; Abou Dâwoûd,I, 93. La sounna comprend les paroles (aqwâl), les actes (af’âl) et les ratifications silencieuses (taqrir pl. taqrirât) du Prophète (paix et bénédiction sur lui).

3. Ives M.J. Congar, la Tradition et les Traditionalistes I, 42.

4. Abou Dâwoûd II, 4

5. Az Zourqânî I, 4

6. Yahyya ibn Mu’în dans Tabb. Houff VI, 41

7. Fihrist, 230. Le hadîth dit : « Vous voudriez suivre la voie de ceux qui étaient avant vous, empan pour empan, et coudée pour coudée, même s’ils pénétraient dans le trou d’un  lézard » Dans Darimî, c’est une ruche au lieu d’un trou de lézard. Voir Boukhâri, I’tisâm ; Ibn Mâja.

8. Sourate 52 Verset 34

9. Sourate 39 Verset 23

http://www.fatawas.be/Articles/Sounna/Entre_Sounna_et_Hadith.html

  • e6un7

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