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Le préjugé envers la femme divorcée

 

Mariage 1

Après son mariage, on s’attend à ce qu’une femme reste mariée à vie. Mais ce n’est pas toujours le cas et il y a parfois des raisons de réclamer le divorce. Cependant, il semble que dans la société musulmane, une telle femme est stigmatisée par le divorce. Y a-t-il quelque chose dans le Coran ou la Sunnah qui incite les musulmans à éviter ou à ignorer une femme divorcée ?

Le mariage, en Islam, est un contrat solennel censé durer à vie. Pour assurer cet objectif, l’Islam interdit la vie matrimoniale à durée déterminée, tel que le mariage provisoire de jouissance (zawâj al-mut'ah). Aussi, l’Islam fixe-t-il certaines conditions qui garantissent la stabilité du mariage pour qu’il puisse apporter ses bons fruits. En réalité, cela n’est possible que lorsqu’il existe une harmonie entre les époux, de l’amour, de l’affection ainsi que le respect mutuel pour les droits du conjoint ; c’est ce qui doit dominer leur vie matrimoniale.

Cependant, il peut arriver que des dissensions s’immiscent dans la vie conjugale et que les époux constatent que leur vie commune devient insupportable. Si tous les efforts de réconciliation entre eux échouent, la dernière solution permise par la Législation islamique est le divorce.

En réponse aux réalités amères de la vie, lorsque les difficultés ne peuvent être résolues que par la séparation des deux parties d’une façon honorable, l’Islam permet au couple de recourir au divorce. Mais il ne l’a permis qu’à contre-cœur et non pas par plaisir, ni en guise de recommandation. Dans ce contexte, le Prophète — que la paix et les bénédictions soient sur lui — dit : "Parmi les choses licites, le divorce est celle qu’Allah déteste le plus." [1]

En Islam, le divorce n’est pas une fin en soi. C’est plutôt une solution à laquelle on peut recourir, après l’échec de tous les efforts de réconciliation entre les conjoints, pour mettre fin à une vie matrimoniale devenue insupportable.

Il n’y a tout simplement aucun verset coranique ni aucune tradition prophétique qui mésestime la personne divorcée, qu’elle soit homme ou femme. Au contraire, le Saint Coran fixe des lois spécifiques régissant la question du divorce par la détermination de ses règles, de son éthique et des devoirs qu’il implique. Si le fait d’être divorcé était si stigmatisant, le Prophète — que la paix et les bénédictions soient sur lui — n’aurait pas épousé Zaynab Bint Jahsh après que Zayd Ibn Hârithah eut divorcé d’avec elle.

Quant à la question du divorce, Allah Tout-Puissant s’adresse à Son Messager — que la paix et les bénédictions soient sur lui — par ces paroles : « Ô Prophète ! Quand vous divorcez avec vos femmes, divorcez avec elles conformément à leur délai de viduité ; et décomptez le délai ; et craignez Dieu votre Seigneur. Ne les expulsez pas de leurs maisons, et qu’elles ne les quittent pas d’elles-mêmes, à moins qu’elles n’aient commis une turpitude prouvée. Telles sont les lois de Dieu. Quiconque cependant transgresse les lois de Dieu, se fait du tort à lui-même. Tu ne sais pas si d’ici là Dieu ne suscitera pas quelque chose de nouveau ! » [2]

Il n’est pas permis à un époux de violer les droits de l’épouse divorcée, car le divorce n’exempte pas l’homme de ses devoirs, ni ne supprime les droits de la femme. Le divorce prescrit en réalité des droits complémentaires à la femme divorcée. Allah Tout-Puissant dit : « Les divorcées ont le droit de jouir d’une pension convenable. C’est un devoir pour les pieux. » [3]

Le divorce ne permet en aucun cas de transgresser les limites qu’Allah a fixées, ni Ses Commandements. Allah Tout-Puissant dit : « Le divorce est permis par deux fois uniquement. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, soit la libération avec bienfaisance. » [4]

Même après le divorce, Allah Tout-Puissant s’adresse aux hommes et aux femmes de la manière suivante : « Et n’oubliez pas la grâce échangée entre vous. Car Allah voit parfaitement ce que vous faites. » [5]

Les versets coraniques mentionnés ci-dessus éclairent davantage la position islamique au sujet du divorce. C’est notre devoir de n’adhérer qu’aux lois d’Allah et de ne jamais les transgresser.

P.-S.

Traduit de l’arabe du site Islam-Online.net.

Notes

[1] Hadith rapporté par Abû Dâwûd.

[2] Sourate 65, Le Divorce, At-Talâq, verset 1.

[3] Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 241.

[4] Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 229.

[5] Sourate 2, La Vache, Al-Baqarah, verset 237.

 

http://www.islamophile.org/spip/Etre-divorcee-n-est-pas-un.html



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Délaisser volontairement certains plaisirs de la vie est-il institué par l'Islam ?

 

In ch allah1

Le terme "zuhd" signifie deux choses :

– le premier sens du terme est : "avoir le cœur détaché des choses dunyawî" ; le terme est alors l'opposé de "raghba" (désirer) ; le zuhd consiste alors à avoir pu libérer son cœur de l'attachement excessif aux choses du dunyâ – biens matériels, mais aussi reconnaissance sociale, gloire et pouvoir – ; et ce même si on travaille pour obtenir ces biens dans un cadre licite, et même si on les utilise ; et même si on dispose d'une reconnaissance sociale ou d'un pouvoir – sans avoir fait des efforts pour obtenir cette reconnaissance ou ce pouvoir, car cela est interdit ;

– le second sens du terme "zuhd" est : "délaisser volontairement certaines choses dunyawî" ; le terme est alors synonyme de "tark" (délaisser volontairement) ; le zuhd consiste alors à se priver volontairement de posséder ou de profiter de certaines choses dunyawî qui font le plaisir de l'homme (haDhdh) : posséder des biens matériels ; manger des mets raffinés ou de manger beaucoup de nourriture ; porter de beaux vêtements ; vivre sa sexualité ; etc.

Le terme "zuhd" ne pose aucun questionnement d'après son premier sens. En effet, faire des efforts pour avoir le cœur (relativement) détaché des choses dunyawî et attaché à Dieu, pour avoir l'esprit se rappelant la venue de l'au-delà, et pour faire des actions destinées à cet au-delà, cela est possible même si on possède des richesses matérielles abondantes, pourvu qu'elles soient licites. Il est des hadîths du Prophète qui recommandent ainsi le désintéressement par rapport aux choses du dunyâ, qu'ils désignent par le terme "zuhd" (Mishkât 5187). Il s'agit du zuhd selon ce premier sens.

Par contre le terme "zuhd" peut questionner quand il revêt le second sens. Et ce dans la mesure où on lit deux types de textes...

D'un côté on lit que, voyant l'extrême sobriété régnant dans la pièce où le Prophète s'était retiré quand ses épouses l'avaient trop pressé quant au matériel, Omar ibn ul-Khattâb, en larmes, lui dit : "Chosroes et Cesar sont dans ce en quoi ils sont. Et tu es le Messager de Dieu, et voilà ce que tu possèdes !" ; dans une autre version : "Invoque Dieu, ô Messager de Dieu, qu'Il accorde largesse (matérielle) à ta Umma. Car Il l'a accordée aux Perses et aux Byzantins, alors que ceux-ci ne font pas Sa 'ibâda." Omar ne demandait pas là au Prophète que sa Umma choisisse le kufr, ni même qu'elle cesse de faire des actions cultuelles, pour pouvoir se consacrer à l'acquisition des richesses matérielles. Il souhaitait seulement, pour le Prophète, davantage de biens matériels licites que ceux qu'il possédait alors. Pourtant, entendant cela, le Prophète se redressa et lui dit : "Dans cette [façon de voir], es-tu, ô fils de al-Khattâb ? N'es-tu pas satisfait que nous ayons l'au-delà et eux ce monde ?" ; dans l'autre version : "Ce sont là des gens dont leurs bonnes choses (tayyibât) leur ont été données immédiatement, dans cette vie terrestre" (Muslim 1479, etc.). Cette réponse du Prophète montre bien qu'il préférait se suffire des richesses matérielles qu'il possédait alors. Et il apaisa Omar en lui rappelant que même si ceux qu'il citait semblaient plus nantis dans ce monde, c'est l'au-delà qui ferait la différence. On le voit donc ici délaisser volontairement certaines choses licites.

Or d'un autre côté on lit le verset suivant : "O vous qui avez apporté foi, ne (vous) interdisez pas les choses bonnes (tayyibât) que Dieu a rendues licites pour vous. Et ne transgressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui transgressent" (5/87).

Comment comprendre ces deux types de textes apparement différents ?

Est-il, en islam, obligatoire / recommandé / autorisé de délaisser certaines choses dunyawî qui font le plaisir de l'homme (haDhdh) ? ou bien délaisser ces choses est-il en islam, tout au contraire, déconseillé / interdit ?

Quelle est donc la différence entre monachisme (rahbâniyya) et délaissement de certains plaisirs et d'un certain confort matériel (zuhd mashrû') ?

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A) Prioritairement, le zuhd mashrû' consiste à délaisser ce que Dieu a déclaré interdit :

Délaisser les plaisirs qui sont en soi illicites, ou les plaisirs qui sont en soi licites mais par un moyen qui, lui, est illicite, cela constitue la première dimension du zuhd (Al-Muwâfaqât 1/107).

Ainsi, le plaisir qu'une personne obtient en contemplant un corps qu'il ne lui est pas autorisé de contempler est interdit. Se préserver de ce plaisir obtenu par un moyen illicite est donc du zuhd. (Par contre, le plaisir de contempler le corps de son épouse – ou, pour une femme, celui de son époux – est licite.)

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B) Ensuite, au-delà du A, la question se pose de délaisser volontairement (tark) les plaisirs dunyawî qui sont en soi autorisés (halâl), avec tel ou tel objectif : ce délaissement (tark) constitue-t-il du zuhd mashrû' ou pas ?

En fait ce délaissement peut revêtir plusieurs cas de figure… Ash-Shâtibî a évoqué cela in Al-I'tissâm, 1/328-331 et 42-45).

Avant de voir plus bas ces différents cas, il nous faut ici préciser que les choses dunyawî halal sont de plusieurs niveaux…

– B.A) Il y a d'un côté ce qui est nécessaire pour rester en vie ou pour vivre normalement (il s'agit des niveaux dits "dharûrî" et "hâjî") (et ce en termes de nourriture et de boisson, de sommeil et de repos, de propriété de biens matériels, de fréquentation d'autrui, de paroles échangées, de dignité dans son habillement, etc.) : quelque soit la motivation que l'on peut avoir, il est interdit de se priver volontairement (tark) de cette quantité nécessaire.

– B.C) Et il y a à l'autre extrême ce qui constitue du gaspillage (isrâf fi-l-halâl) : dans tous les cas il est obligatoire de s'abstenir (tark) de cela.

– B.B) Et puis il y a les choses dunyawî qui, sans relever de ce qui est nécessaire, ne relèvent pas non plus du gaspillage, mais apportent un "plus", un certain bien-être, un confort (il s'agit du niveau dit "tahsînî") : c'est en fait seulement par rapport à cette catégorie que la question se pose : se priver volontairement et pour une raison dînî, des choses de cette catégorie, est-ce quelque chose de bien (donc du zuhd mashrû') ou est-ce au contraire une bid'a (donc, ici, de la rahbâniyya) ?

On peut reformuler la réponse à cette question en distinguant les différents cas suivants (lesquels reprennent aussi bien ce qui est tahsînî que ce qui est dharûrî ou hâjî)...

– B.1) C'est en ayant la croyance que cela est devenu harâm que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

Une telle croyance est une déviance (dhalâl), voire une croyance de kufr akbar (si le caractère licité de cette chose est ma'lûm min ad-dîn bi-dh-dharûra) (cf. Al-I'tissâm, 1/328). Il est d'ailleurs à noter que c'est ici la croyance qui pose problème, que dans le prolongement de celle-ci on délaisse cette chose ou qu'on ne la délaisse pas. Une croyance est dans le for intérieur, mais elle est également exprimée par la langue ou la plume.

– B.2) C'est par 'ibâda que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

C'est-à-dire que ce musulman reconnaît que cela est halal, mais s'en abstient volontairement, pensant se rapprocher de Dieu par cette abstention. Rappelons ici que l'on se rapproche de Dieu par le fait d'accomplir ce qu'Il a voulu, par ta'abbud ; quand on fait quelque chose avec la perception que cela permet une avancée spirituelle, cela est plus particulier encore (akhass) : il s'agit de faire cette chose par 'ibâda. (Tout ce qui est fait par 'ibâda est forcément fait par ta'abbud, alors que tout ce qui est fait par ta'abbud n'est pas forcément fait par 'ibâda.)

Or faire une action avec la perception qu'elle constitue le moyen d'avancer spirituellement ('ibâda), cela n'est possible que par le moyen qui a dûment été institué dans les textes, dans la mesure où cela y a été institué : ces moyens sont des actions à accomplir (comme la prière, le pèlerinage, les formules d'évocations, etc.), tantôt des offrandes à présenter à Dieu (comme le sacrifice d'un animal), tantôt des délaissements et abstentions (comme le jeûne, la retraite) (lire notre article sur le sujet).

Dès lors, pratiquer en tant que 'ibâda une abstention qui n'a pas été instituée dans les textes, ou le faire d'une façon qui n'a pas été instituée dans les textes, cela constitue de la bid'a (Al-I'tissâm, 1/43) ; et cela constitue de la rahbâniyya (monachisme).

Délaisser nourriture, boisson et relations intimes constitue le jeûne (siyâm) : cela a été institué depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil. Il est un mois de l'année où jeûner est obligatoire (il s'agit du mois de ramadan) ; cinq jours de l'année où jeûner est interdit ; quelques jours spécifiques où jeûner est recommandé ; le reste du temps cela est surérogatoire (nafl). Le Prophète a défendu de joindre ensemble deux jeûnes sans manger et boire la nuit (il y a divergence quant à savoir si cette interdiction est ta'abbudî ou bien si elle est ma'qûl ul-ma'nâ) ; et il a déconseillé de pratiquer le jeûne surérogatoire pendant trop de jours, au point de s'en retrouver affaibli physiquement.
Se retirer dans un lieu par 'ibâda, cela constitue la retraite spirituelle (i'tikâf) : cela est institué – d'après l'avis de bien des ulémas – dans toute mosquée de la terre. Il est une période de l'année où cela est fortement recommandé (les dix derniers jours du mois de ramadan) ; le reste du temps cela est surérogatoire. Cependant, il n'est pas autorisé de faire tellement de retraites spirituelles que cela nuirait de façon conséquente à la vie familiale, professionnelle ou sociale.

Par contre – et sachant que la possibilité de faire le vœu (nadhr) de quelque chose, cela n'est possible que par rapport à une action de 'ibâda –, il n'existe pas en islam :
– de vœu (nadhr) de pauvreté (c'est-à-dire le fait de ne pas acquérir de biens matériels ou de se débarrasser de tout bien matériel par 'ibâda, par "sacrifice du confort pour Dieu") ;
– ni de vœu d'érémitisme (le fait de parcourir le monde et de ne pas posséder un toit par 'ibâda, par "sacrifice pour Dieu") ;
– ni de vœu de célibat (le fait de ne pas se marier par 'ibâda, par "don de soi à Dieu") .
Tout cela relève du monachisme, ou rahbâniyya.

– B.3) C'est par maslaha que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

Ash-Shâtibî a évoqué cela (Al-I'tissâm, 1/44 : "li amrin"). Pour comprendre la différence entre "faire quelque chose par ta'abbud" et "faire quelque chose par maslaha", lire notre article exposant cela.

Toute la question est alors de savoir :
– d'une part quel statut les sources ont conféré au principe (maslaha) pour la réalisation duquel on délaisse cette chose : s'agit-il de quelque chose qui est reconnu par les sources ("li amrin yu'tabaru mithluhû shar'an" – Al-I'tissâm, 1/42 – "li 'âridhin shar'iyyin yash'had ud-dalîlu b-i'tibârihî" – 1/342) ou qui n'est pas reconnu par ces sources ?
– d'autre part quel statut les sources ont conféré à cette chose dunyawî halal : l'ont-elle déclarée "obligatoire", "recommandée" ou "purement autorisée" ("mubâh") ?

Selon ces deux critères, nous avons, à l'intérieur de ce cas B.3, plusieurs cas de figures…

--- B.3.1) … cette chose dunyawî halal est en soi "obligatoire", "recommandée" ou "surérogatoire" :

----- B.3.1.1) … et la maslaha est de se préserver de tomber dans une action "interdite" ou "déconseillée", car c'est ce à quoi cette action qui est "obligatoire" ou "recommandée" mène (dharî'a) sa personne précisément (on le sait par expérience) :

Il s'agit alors de faire une évaluation (muwâzana) (Al-I'tissâm, 1/338) : il s'agit d'une part de vérifier le degré de probabilité d'entraînement de la mauvaise action par la bonne ; et il s'agit d'autre part de comparer la maslaha de l'action requise et la mafsada de l'action mauvaise que cela va entraîner. C'est seulement s'il est certain (yaqînî) que la bonne action va entraîner la mauvaise et que la mafsada de cette mauvaise action dépasse la maslaha de la bonne qu'il devient exceptionnellement autorisé de momentanément ne pas pratiquer cette bonne action.

----- B.3.1.2) … et la maslaha est de pouvoir pratiquer davantage d'actions de ibâdât ou de khidmat ud-dîn, car s'adonner à cette chose halal qui est "obligatoire" ou "recommandée" absorbe du temps et de l'énergie :

Délaisser une chose qui revêt le caractère "obligatoire" ou "recommandé", cela est, en soi, respectivement interdit et déconseillé. On ne peut donc délaisser quelque chose de ce genre uniquement pour pratiquer davantage ce qui n'est que surérogatoire (nafl).

Ainsi, certains Compagnons voulaient-ils rester célibataire pour pouvoir s'adonner à davantage d'actions purement cultuelles ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") ; un verset coranique fut révélé sur le sujet, les en dissuadant ; par ailleurs, le Prophète affirma que ce n'était pas là la voie qu'il enseignait ("sunna") (nous verrons les récits en détail plus bas, en E). Se marier est recommandé au niveau individuel (mandûb juz'iyyan), afin qu'on tende soi-même à un équilibre, et qu'on mette davantage de chances de son côté pour éviter de tomber dans le péché. Délaisser cela pour pouvoir s'adonner à davantage d'actions cultuelles surérogatoires (nafl) n'est donc pas possible. Par ailleurs, le mariage est obligatoire au niveau global (wâjib kulliyyan), afin que l'espèce humaine perdure, que les enfants aient des parents qui s'occupent d'eux et les éduquent, et que la société soit stabilisée par le biais de cette institution qu'est la famille.

--- B.3.2) … cette chose dunyawî halal est en soi "purement autorisée ("mubâh") :

----- B.3.2.1) … et la maslaha est de se préserver de tomber dans une action "interdite" ou "déconseillée", car c'est ce à quoi cette action qui est "purement autorisée" mène (dharî'a) sa personne précisément (on le sait par expérience) :

Il s'agit là d'une maslaha reconnue. Et délaisser cette chose est bien, voire nécessaire.

----- B.3.2.2) ... et la maslaha est de pouvoir pratiquer davantage d'actions de ibâdât ou de khidmat ud-dîn, car s'adonner à cette chose halal qui est "purement autorisée" absorbe du temps et de l'énergie :

Deux sous-cas se présentent ici, selon le besoin que l'on a de cette chose dunyawî…

------- B.3.2.2.1) … cette chose mubâh est une dharî'a vers ce qui est "obligatoire" ou "recommandé" dans les textes, ou est "mu'în" pour ce qui est obligatoire ou recommandé :

Délaisser cette chose "mubâh" n'est alors pas un bien ; ensuite :
– si son caractère de dhar'îa est de niveau certain (yaqînî) et que l'action dont elle est la dharî'a est de niveau "obligatoire", alors délaisser cette chose est interdit ;
– dans les autres cas, la délaisser peut être d'un niveau moins grave, mais n'est toujours pas un bien.

C'est ce qui explique que le Prophète ait déconseillé à Abdullâh ibn 'Amr ibn il-'Âs de continuer à faire ce qu'il faisait : prier toute la nuit et jeûner chaque jour.
Abdullâh ressentait alors avoir suffisamment de force physique pour faire ce qu'il faisait ; dormir lui était alors purement autorisé (mubâh juz'iyyan), puisqu'il pouvait s'en passer sans que sa santé physique en pâtisse ; de même, passer une journée en mangeant et buvant aux heures voulues, cela était également pour lui purement autorisé (mubâh juz'iyyan), puisqu'il pouvait s'en passer sans que sa santé physique en pâtisse. Il s'en privait donc pour prier et pour jeûner, deux actions de 'ibâdât qui sont instituées de façon surérogatoire (nafl) quand on le peut (en dehors des horaires et des jours interdits pour cela).
Cependant, il est établi qu'une pareille privation cause du tort sur le long terme à la santé physique. Au niveau global (kulliyyan) dormir est donc nécessaire. Le Prophète lui a donc déconseillé de faire comme il faisait (les hadîths sont bien connus sur le sujet : cf. Riyâdh us-sâlihîn, n° 150) (cf. aussi MF 22/301-302).

Un cas voisin : la chose halal est purement autorisée à un niveau élémentaire, mais est recommandée, voire obligatoire à un niveau global ; et on sait par expérience que si on délaisse cette chose qui est mubâh juz'iyyan pendant plusieurs jours de suite, on tombe dans un problème plus grand. Cette séquence de temps est alors, pour soi, déjà un niveau global. Ainsi, ce n'est pas un bien que de délaisser une chose halal pour s'adonner à quelque chose qui n'est que surérogatoire (nafl) quand on sait par expérience que ce délaissement va nous entraîner dans quelque chose d'interdit. Ainsi, tout en dormant une partie suffisante de la nuit, il est bien d'en consacrer une partie à la prière de nuit (qiyâm ul-layl), qui est surérogatoire (nafl) ou recommandée (mustahabb) ; seulement, si quelqu'un sait que s'il fait ainsi plusieurs nuits de suite et n'a donc plus de temps pour avoir des relations intimes avec son épouse, il a ensuite d'énormes difficultés à maîtriser son regard la journée, il devrait libérer du temps au moins une nuit de temps à autre pour le consacrer aux relations intimes, même s'il doit pour cela délaisser alors la prière de nuit (qiyâm ul-layl) (Al-Muwâfaqât 1/449). On ne doit donc pas pratiquer ce qui n'est que surérogatoire dans une telle mesure que cela nous occupe au point qu'on ne puisse plus faire des actions dunyawî qui nous sont indispensables pour nous préserver de ce qui est interdit.

------- B.3.2.2.2) … cette chose mubâh ne constitue ni une dharî'a ni un mu'în pour ce qui est recommandé mais relève au contraire du superflu (fudhûl) pour soi :

Délaisser des choses dunyawî de ce type, avec cette intention, est un bien. Le fait est que, si sans tomber dans l'injustice envers son corps ou sa famille, un musulman renonce à ce qui constitue un certain confort matériel, ce dont il peut se passer (fudhûl ul-halâl), avec l'intention de pouvoir bénéficier de davantage de richesses dans le paradis, et ce par le fait de pouvoir se libérer pour des actions de 'ibâdât ou de khidmat ud-dîn plus abondantes, ou pour laisser cela pour les autres humains (ithâr), cela est possible (mashrû'). C'est ce qui explique la réponse du Prophète à Omar ibn ul-Khattâb, que nous avons vue en début d'article : "N'es-tu pas satisfait que nous ayons l'au-delà et eux ce monde ?" / "Ce sont là des gens dont leurs bonnes choses (tayyibât) leur ont été données immédiatement, dans cette vie terrestre" (Muslim 1479, etc.). Cela ne veut pas dire que si un musulman fait sciemment des efforts pour chercher à obtenir une certaine aisance matérielle dans ce monde, il n'aura rien dans l'au-delà. Cela veut dire que le Prophète voulait se contenter de ce qu'il pouvait avoir facilement ici-bas (et ne pas se préoccuper d'obtenir plus que cela, de ce qui n'est pas en soi recommandé mais est superflu, min fudhûl il-halâl) pour avoir plus là-bas, et ce par le fait de pouvoir libérer de l'énergie et du temps et de consacrer alors ceux-ci à des actions dînî (lire notre article).

-
C) Synthèse :

Le verset "O vous qui avez apporté foi, ne (vous) interdisez pas les choses bonnes (tayyibât) que Dieu a rendues licites pour vous. Et ne transgressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui transgressent" (5/87) concerne tous les cas de figure qui ne sont pas un bien (nous les avons évoqués plus haut) ; il concerne ces différents cas à des niveaux différents, certes, puisque "s'interdire" peut désigner plusieurs choses différentes, comme l'a montré ash-Shâtibî (nous en avons cité quelques-unes plus haut) : tantôt cela constitue du kufr akbar, tantôt du dhalâl ; parfois cela est fortement déconseillé, d'autres fois déconseillé. Cependant, aucun de ces cas ne constitue une chose "bien".

Quant au propos du Prophète disant à Omar de préférer s'abstenir de certaines choses matérielles ici-bas pour avoir davantage dans l'au-delà, sans chercher à s'aligner sur des personnes qui n'ont pas la foi et à qui leurs choses bonnes (tayyibât) leur sont données dans ce bas-monde, il concerne ce qui relève du surplus (fudhûl ul-halâl) (soit le cas B.3.2.2.2).

Constitue du "surplus" (fudhûl), parmi les choses dunyawî licites (halâl), ce qui :
– pour soi n'est pas quelque chose de niveau hâjî mais seulement de niveau tahsînî (dans le cas de l'argent, de l'immobilier ou du mobilier de maison) ;
– est tahsînî d'un degré très poussé (dans le cas des vêtements) (lire notre article consacré à ce point).

Qu'est-ce qui relève des dharûriyyât, cela est universel.

Par contre, qu'est-ce qui relève des hâjiyyât, cela peut varier, quant à certains repères, d'un individu à l'autre : ainsi, dans le cas de la nourriture, une personne a besoin de tant de nourriture pour être en bonne santé, et cela relève pour elle de ce qui est hâjî, alors que pour une autre personne la même quantité et la même qualité de nourriture relève de ce qui n'est que tahsînî.

De même, la frontière entre ce qui est tahsînî et ce qui constitue du gaspillage (isrâf) peut varier d'un individu à l'autre : pour telle personne, telle quantité et telle qualité de nourriture relève du tahsîn – qu'il est autorisé de chercher à acquérir et dont il est autorisé de profiter, même s'il est mieux de s'en abstenir, par zuhd – alors que pour telle autre cela relève du gaspillage (isrâf) (cf. Al-Muwâfaqât 1/106).

Par ailleurs, ce n'est pas le seul fait d'avoir délaissé certaines possibilités ici-bas qui apportera davantage dans l'au-delà là-bas. Le fait est que l'islam n'enseigne pas que posséder ou profiter des tahsîniyyât dunyawiyya serait chose mauvaise en soi (fî nafsihî) ; que délaisser ces choses soit institué (zuhd mashrû'), cela est dû à des raisons extérieures (li ghayrihî) :
– le fait d'acquérir (kasb) ces tahsîniyyât consomme un temps et une énergie que l'on pourrait consacrer à autre chose, plus important dans l'existence de l'homme ; et même si on n'a pas eu à faire d'effort pour les acquérir, le fait de se consacrer (mubâshara) à ces tahsîniyyât consomme un temps et une énergie que l'on pourrait consacrer à des actions dînî ('ibâdât ou khidmat ud-dîn) ; or il est dit : "Ce qui est peu et suffit (kafâ) est mieux que ce qui est abondant et occupe (al'hâ)" (Mishkât 5218) ; "ce qui suffit" désigne les dharûriyyât et les hâjiyyât ; "ce qui est abondant" désigne les tahsîniyyât ;
– par le fait de délaisser ce qui, pour lui, relève non pas des hâjiyyât mais des tahsîniyyât, le croyant peut libérer ces choses pour autrui (îthâr) (MF 22/138) ; ainsi, si la majorité des individus constituant toute une société se mettent à être satisfaits de ce qui leur suffit réellement (kafâf) et de laisser de bon cœur pour autrui le reste qui est disponible, chacun aura plus de chances de trouver de quoi lui suffire que par rapport à une société où la majorité des individus sont formés de telle sorte qu'ils en veulent toujours plus, quitte à déposséder son voisin ;
– certaines tahsîniyyât produisent sur certaines personnes un certain effet nocif (même si cet effet nocif n'est pas d'un niveau grave, ou même si l'effet est d'un niveau assez grave mais, n'étant pas généralisé à toute personne ou bien n'étant pas systématique pour cette personne, il n'y a pas de règle juz'î sur le sujet : cela est laissé à l'appréciation de chaque personne). Ainsi, Aïcha ayant installé un rideau sur lequel se trouvaient certains dessins ; un jour, le Prophète lui dit : "Détourne-le. Car chaque fois que j'entre et le vois alors, je pense au dunyâ" (Muslim 2107). Il n'est pas interdit d'avoir un tel rideau chez soi ; mais le Prophète, constatant que cela l'amenait à penser au dunyâ, préféra de ne pas le laisser chez lui. Dans une autre version, il est dit que Aïcha avait installé un petit rideau léger, doté d'images, dans un coin de son appartement ; et qu'un jour le Prophète lui demanda d'enlever ce rideau, car "ses images ne cessaient" d'attirer son attention "pendant qu'il accomplissait la prière" (surérogatoire chez lui) (al-Bukhârî 367). De même, Abû Jahm avait offert au Prophète un manteau sur lequel se trouvait des dessins (FB 1/626) ; après avoir accompli une prière vêtu de ce manteau, il dit : "Emportez ce manteau auprès de Abû Jahm, et ramenez-moi de la part de Abû Jahm un manteau simple (anbijâniyya). Celui-ci a détourné mon attention pendant ma prière" (al-Bukhârî 366, Muslim 356), ou bien il a dit : "Je crains que celui-ci détourne mon attention pendant ma prière" (FB 1/626).

Des exemples avec des Compagnons ou d'autres personnages sont visibles, avec la règle, in Al-Muwâfaqât 1/104 ;
– le fait de prendre l'habitude (i'tiyâd) de ces tahsîniyyât ramollit le corps et fait perdre l'habitude de la frugalité. Or garder l'habitude de la simplicité et de la frugalité est une règle d'ordre général enseignée par le Prophète : il avait dit à Mu'âdh en l'envoyant au Yémen : "Préserve toi du luxe ; car les serviteurs de Dieu ne sont pas ceux qui sont dans le luxe" (Ahmad 21089, 21102) ; il a également dit : "N'entendez-vous pas ? N'entendez-vous pas ? La simplicité (al-badhâdha) fait partie de la foi ! La simplicité fait partie de la foi !" (Abû Dâoûd, 4161). Alors qu'il était calife, Omar ibn ul-Khattâb écrivit à d'autres Compagnons se trouvant en Azerbaïdjan pour leur dire entre autres de ne pas se laisser ramollir : "Portez le pagne, la houppelande et les sandales ; délaissez les chaussettes en cuir et les pantalons : choisissez les vêtements de votre ancêtre Ismaël. Préservez-vous du luxe et de la tenue vestimentaire des non-arabes. Restez au soleil, c'est le hammam des Arabes. Gardez la culture de Ma'add [ancêtre des Quraysh]. Endurcissez-vous. Soyez prêts. Coupez les étriers [= montez à cheval sans étriers] et sautez à cheval. Entraînez-vous au tir à l'arc en visant des cibles" (Musnadu Abî 'Awâna, voir Al-Furûssiya, Ibn ul-Qayyim, p. 120). Si Omar leur a conseillé de garder ces vêtements et ne pas adopter les vêtements des non-arabes, c'est parce qu'il voulait qu'ils demeurent arabes (cliquez ici et ici pour en savoir plus).

Ibn Taymiyya écrit :
"Si le dunyâ ne détournait pas de la 'ibâda de Dieu et de [la recherche de] l'au-delà, le zuhd par rapport au dunyâ ne serait pas mashrû' ; pratiquer ce (zuhd) et le délaisser seraient alors semblables" (MF 20/147).
"- Ce qui fait l'objet d'éloges dans le Coran et la Sunna, c'est de rechercher l'au-delà.
- Et celui qui (y) fait l'objet de blâme c'est celui qui a délaissé la recherche de l'au-delà et s'en est détourné à cause du fait qu'il recherche le dunyâ.
- Mais l'éloge pour le seul délaissement du dunyâ, cela n'existe pas dans le Livre de Dieu ni dans la Sunna de Son Messager" (MF 20/147-148).

C'est donc uniquement dans la mesure où l'on va pouvoir se consacrer davantage aux actions de 'ibâdât, de khidmat ud-dîn (tamkîn ud-dîn), et où l'on va favoriser son prochain (îthâr) que le fait de délaisser volontairement (tark) les choses dunyawî autorisées mais superflues (fudhûl ul-mubâhât) est action de bien.

Par contre, quand Ibn Taymiyya cite Ibn Mas'ûd, qui disait à ses élèves : "Vous faites davantage de jeûnes et de prières que les Compagnons de Muhammad, et pourtant ils étaient meilleurs que vous. – Pourquoi cela, ô Abû 'Abd ir-Rahmân ? le questionnèrent-ils. – "Parce qu'ils avaient davantage de zuhd par rapport au dunyâ et davantage de raghba pour l'au-delà" (MF 22/303-304), ici il semble s'être agi du terme "zuhd" dans le premier de ses deux sens que l'on a évoqués plus haut : le détachement du cœur par rapport aux choses de ce dunyâ. Et ce détachement du cœur par rapport aux choses du dunyâ – biens matériels, mais aussi reconnaissance sociale, gloire et pouvoir – l'emporte effectivement sur la seule quantité d'actions surérogatoires que l'on peut faire, dans la mesure où cela permet une plus grande sincérité (ikhlâs un-niyya) dans les actions dînî que l'on fait. Même en plus petit nombre, les actions surérogatoires seront alors faites davantage pour Dieu et pour l'obtention de félicités dans l'au-delà, et auront alors davantage de valeur que celles faites en grand nombre mais avec moins de sincérité que celles faites avec l'intention d'obtenir des biens matériels (de toutes façons l'obtention de ces biens ne peut pas constituer la motivation première et principale des actions dînî que l'on fait ; mais même en tant que motivation secondaire, avoir l'intention d'obtenir cela reste moins bien que de ne pas avoir du tout une telle intention : cliquez ici : point D.d.b). Quant à l'obtention de la gloire, la renommée et le pouvoir, il n'est absolument pas autorisé de l'avoir comme motivation, fût-elle secondaire (cliquez ici).

-
D) Un cas concret : s'abstenir de se marier :

– Si le musulman s'abstient volontairement de se marier, alors même qu'il a les moyens financiers pour le faire :

--- S'il s'abstient de se marier par 'ibâda ("don de sa personne à Dieu" / "délaissement du plaisir sexuel, par acte de culte"), alors cela relève de l'innovation (bid'a 'amaliyya haqîqiyya), puisque ayant consisté à inventer une nouvelle forme de 'ibâda (il s'agit du cas B.2 plus haut évoqué). Cela constitue par ailleurs une forme d'imitation (tashabbuh) de non-musulmans dans quelque chose de dînî, puisque le vœu (nadhr) de célibat existe chez eux (nous sommes là dans un cas relevant de la catégorie 3.1.1.1, tel qu'exposé dans notre article traitant de la tashabbuh).

--- Mais qu'en est-il s'il s'abstient de se marier par maslaha ? En fait il faut alors considérer la nature de cette maslaha, comme évoqué plus haut en B.3.

----- Si la maslaha qu'il recherche alors est de se préserver de manquer à ses devoirs vis-à-vis de l'épouse, vu qu'il sait pertinemment qu'il ne sera pas capable de satisfaire les droits de l'épouse, alors c'est une maslaha qui est reconnue et il peut, pour cette raison, ne pas se marier (voir Al-Mughnî 9/139-140 ; Fat'h ul-bârî 9/139-140). Cependant, il doit veiller à ne pas tomber dans la fornication (zinâ).

----- Si par contre la maslaha qu'il recherche est de libérer du temps et de l'énergie pour se consacrer davantage aux actions de 'ibâdât ou de khidmat ud-dîn, alors c'est une maslaha qui n'est pas reconnue en islam. 'Uthmân ibn Maz'ûn voulait ainsi demeurer célibataire et en demanda la permission au Prophète ; mais celui-ci refusa (al-Bukhârî, Muslim, avec Fat'h ul-bârî 9/148 ; ce fut apparemment ensuite qu'il se maria à Khuwayla bint Hakîm). Sa demande était motivée par la volonté de pouvoir se consacrer davantage à la 'ibâda.

– Et qu'en est-il si le musulman désire diminuer en lui le désir sexuel ?

--- Si la maslaha qu'il recherche est d'avoir davantage de spiritualité, et ce parce qu'il croit que ce désir est quelque chose d'animal, de sale, quelque chose dont il a à se débarrasser ou qu'il lui faut diminuer au maximum pour pouvoir vraiment vivre sa spiritualité avec Dieu, alors c'est là une croyance erronée (bid'a), car il n'y a en islam l'idée que la force physique – dans tous ses aspects – serait une mauvaise chose, contraire à la force spirituelle. C'est pourquoi il est relaté que le verset 5/87 s'applique aussi au cas de ce Compagnon venu voir le Prophète pour lui dire qu'il s'abstenait de manger de la viande, car celle-ci entraînait chez lui du désir sexuel (at-Tirmidhî 3054).

--- Si par contre la maslaha qu'il recherche est de diminuer le risque du péché, et ce parce que ce musulman se trouve dans un cas où il n'a réellement pas les possibilités de se marier et qu'il craint de tomber dans le péché, ou qu'il est déjà marié mais qu'il a tant d'énergie sexuelle qu'il est en décalage avec son épouse (ou avec ses épouses, là où il lui est possible de pratiquer la polyginie), alors il peut chercher à diminuer le désir sexuel ; pour cela il peut pratiquer le jeûne, comme il peut aussi s'abstenir de manger de la viande.
Ce qui a été évoqué dans le hadîth rapporté par at-Tirmidhî (3054) concerne le musulman qui ne se trouve pas dans ce cas : soit il est déjà marié et peut avoir des relations normales ; soit il n'est pas marié mais a la possibilité de le faire ; soit il veut se débarrasser du désir sexuel, pensant que cela contredit une spiritualité saine : dans tous ces cas c'est un excès que de chercher à diminuer sa vitalité.

-
E) La demande de certains Compagnons et le refus formulé par Dieu ou par Son Messager :

– Certains Compagnons avaient eu l'intention de pratiquer le délaissement de plaisirs, par 'ibâda :

Le verset 5/87 s'applique au cas de certains Compagnons, qui "avaient eu l'intention de délaisser le dunyâ [totalement], de délaisser les femmes [c'est-à-dire de ne jamais se marier] et d'adopter une vie d'ascèse ("yatarahhabû")" (Tafsîr ut-Tabarî, commentaire du verset 5/87).

Ce verset s'applique aussi au cas de 'Uthmân ibn Maz'ûn, qui "avait voulu s'interdire [= s'abstenir systématiquement de] le mariage, l'utilisation de parfum et tout ce dont on retire du plaisir (kullu mâ yultadhdhu bihî)" (at-Tabarî, cité dans Fat'h ul-bârî 9/148).

Il s'agissait ici de "délaisser cela par 'ibâda" (soit le cas B.2 évoqué plus haut). Cela relève donc de la rahbâniyya.

Ces Compagnons avaient pensé qu'ils réaliseraient ainsi un plus grand rapprochement avec Dieu ; cependant, on note qu'ils se renseignèrent auprès du Prophète, afin de s'enquérir de la conformité de ce qu'ils pensaient avec la révélation ; le Prophète leur expliqua alors que ce n'était point là sa voie ("sunna") ; cela était donc une innovation ("bid'a 'amaliyya haqîqiyya").

Comme exposé dans un autre article, ce qui cause le plaisir des sens humains est quelque chose de nécessaire à la survie de l'individu ou de l'espèce (cliquez ici). S'en préserver par 'ibâda n'est donc pas institué.

– Certains autres Compagnons voulurent délaisser certaines choses dunyawî non pas dans la perspective où ce délaissement serait lui-même 'ibâda, mais par maslaha : ils voulaient pouvoir se libérer afin de pouvoir pratiquer davantage de 'ibâdât dûment instituées ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") :

Dans la mesure où ces choses dunyawî sont recommandées (mustahabb) ou nécessaires (hâjî) (voir, plus haut, le point B.3 ainsi que ses ramifications), le verset 5/87 s'applique aussi à ce cas.

Ibn ul-Jawzî écrit que certains Compagnons voulurent ainsi se priver de se marier et de manger de la viande, "afin de pouvoir pratiquer davantage de 'ibâda" ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") ; la règle présente dans ce verset s'appliqua aussi à eux (Zâd ul-massîr, commentaire de 5/87).

Un autre récit, très connu, expose que quelques Compagnons se rendirent aux appartement d'épouses du Prophète, questionner (celles-ci) au sujet de la 'ibâda que le Prophète faisait [il s'agissait de la 'ibâdatullâh surérogatoire – nâfila – que le Prophète faisait chez lui]. Lorsqu'ils en furent informés, il semble qu'ils l'aient considérée comme étant de petite quantité ; ils ont alors dit : "Quelle est notre statut par rapport à celui du Prophète, lui dont Dieu a pardonné les fautes antérieures et futures !" L'un d'eux dit alors : "Moi je prierai toujours toute la nuit." Un autre dit : "Je jeûnerai tout le temps, ne passant aucune journée sans jeûne." L'autre dit : "Je resterai à l'écart des femmes et ne me marierai jamais." [Ayant été informé de ce que ces trois Compagnons avaient projeté de faire,] le Messager de Dieu se rendit auprès d'eux et leur dit : "Etes-vous ceux qui ont dit ainsi et ainsi ? Par Dieu je suis celui qui a le plus de crainte pour Dieu et le plus de piété envers Lui. Mais (certains jours) je jeûne et (d'autres jours)je ne jeûne pas ; (la nuit) je prie et je dors ; et je me marie avec les femmes. Celui qui dédaigne (raghiba 'an) ma voie (sunna) ne fait pas partie de moi" (al-Bukhârî 4776, Muslim 1401, an-Nassâ'ï 3217, Ahmad). Cette version est celle de al-Bukhârî. Dans une autre version, le propos suivant est relaté de l'un d'eux : "Je prierai et ne dormirai pas" (Ahmad 13045).
Les deux premiers Compagnons avaient décidé de faire cela non pas par 'ibâda mais par maslaha. En effet, il s'agissait pour l'un d'eux de ne plus dormir non pas en percevant le délaissement du plaisir du sommeil comme une 'ibâda (action cultuelle), mais afin de pouvoir consacrer le temps ainsi économisé à la prière, laquelle est, elle, une 'ibâda (li yatafarragha li-l-'ibâda). De même, il s'agissait pour le second de ne plus passer une journée à manger non pas par délaissement de ce plaisir par 'ibâda mais afin d'accomplir chaque jour le jeûne (lequel est une action de 'ibâda qui est en soi instituée, mashrû').
Par contre, le Compagnon qui avait décidé de ne pas se marier, soit cela était par 'ibâda (il voulait s'abstenir d'un plaisir par 'ibâda), et cela relève alors du cas évoqué précédemment ; soit cela était par maslaha (libérer le temps et l'énergie que demandent une épouse et des enfants pour les consacrer à davantage d'actions de 'ibâdât).
Cependant, le Prophète leur montra que ce qu'ils projetaient de faire était excessif, et que ce n'était pas la voie ("sunna") que lui il avait tracée, laquelle était une voie d'équilibre entre les différentes composantes de l'être humain.

Un autre récit encore : Un jour, questionnée par des épouses du Prophète quant à la raison de son laisser-aller au niveau de son apparence, Khuwayla bint Hakîm leur répondit que son mari, 'Uthmân ibn Maz'ûn, la délaissait totalement, passant ses journées à jeûner et ses nuits à prier ; ne se sentant plus désirée, elle se négligeait. Quand le Prophète l'apprit, il dit à 'Uthmân ibn Maz'ûn : "'Uthmân, n'as-tu pas en moi un modèle ? – Qu'est-ce donc, ô Messager de Dieu - mon père et ma mère pour toi - ?" Le Prophète lui dit : "Toi tu pries (toute) la nuit et tu jeûnes (chaque) jour. (Or) ta famille a des droits sur toi, et ton corps a des droits sur toi. Prie donc (une partie de la nuit) et dors (une autre partie). Jeûne (certains jours) et ne jeûne pas (d'autres jours)." Plus tard Khuwayla se rendit auprès des épouses du Prophète : elle était alors comme une nouvelle mariée (rapporté par at-Tabarânî : cité dans Tahrîr ul-mar'a 5/183).
Dans une version voisine, on lit que le Prophète dit à 'Uthmân ibn Maz'ûn : "'Uthmân, (y aurait-il en toi) quelque dédain pour (raghba 'an) ma voie ("sunna") ? – Non, par Dieu, ô Messager de Dieu ! C'est au contraire ta voie ("sunna") que je recherche ! – Eh bien moi je dors (une partie de la nuit) et je prie (une autre partie). Je jeûne (certains jours) et je ne jeûne pas (d'autres jours). Et j'ai commerce avec les femmes. Crains donc Dieu, ô 'Uthmân, car ta famille a des droits sur toi, ton hôte a des droits sur toi, et ta personne a des droits sur toi. Aussi, jeûne (certains jours) et ne jeûne pas (d'autres jours) ; et prie (une partie de la nuit) et dors (une autre partie)" (Ahmad 25104).

 

http://www.maison-islam.com/articles/?p=587

 

 

La sainteté: comparaison entre le Christianisme et l' Islam

L’objet de notre article ne concerne pas les « saints officiels » mais la sainteté, c'est-à-dire le mode de vie idéal vers lequel les croyants sont invités à tendre. Ce mode de vie conforme aux fondements du christianisme ou de l’islam qui ouvre sur le salut.

Il existe une littérature abondante sur la sainteté dans le soufisme. Or, le soufisme est un islam hétérodoxe dont la théologie développée est très différente de celle de l’islam classique (notamment sunnite). De plus le soufisme ne représente que 1% des musulmans dans le monde. La sainteté, l’idéal musulman que nous allons présenter est celui de l’islam classique très largement majoritaire.

Dans le christianisme, est saint celui qui est habité par Dieu. Dans l’islam est saint celui qui se conforme aux lois de Dieu. Nous allons voir que ces deux définitions aboutissent à une compréhension radicalement différente de la sainteté.

1 - La sainteté dans le christianisme

Le Christ opère le passage de la lettre à l’Esprit. C'est-à-dire que dans une perspective chrétienne, la sainteté ne consiste pas à obéir à la lettre de la Loi, à se soumettre à un code d’origine divine, mais à être habité par l’Esprit de Dieu. Pour les chrétiens, Dieu est amour et être saint, c’est vivre de l’amour de Dieu, c’est être pleinement enfant de Dieu. Est saint celui qui se laisse habiter par Dieu. La sainteté du chrétien c’est la sainteté de Dieu en lui. Il s’agit là d’un élément fondamental du christianisme qui traverse de part en part le Nouveau Testament :

Par exemple, dans cet extrait de l’épître aux Galates, Saint Paul personnifie la Loi. Elle est décrite sous les traits d’un surveillant à qui l’on doit se soumettre. Saint Paul explique que les chrétiens n’ont plus à lui obéir, qu’ils sont appelés à être pleinement habités par Dieu, à être des fils de Dieu :

« Nous étions gardés en captivité sous la Loi. (…) Ainsi donc, la Loi a été notre surveillant. (…) Mais, après la venue de la foi en Jésus-Christ, nous ne sommes plus soumis à ce surveillant. Car vous êtes, par la foi, fils de Dieu en Jésus-Christ. »1

C’est parce que les chrétiens ne sont plus soumis à la Loi qu’ils ne respectent pas le shabbat alors qu’il s’agit du quatrième commandement2, qu’ils ne se font pas circoncire alors qu’il s’agit d’un commandement de Dieu à Abraham3, qu’ils ne mangent pas kascher alors que l’on retrouve des lois déterminant ce qui est licite de manger dans les livres du Lévitique4, du Deutéronome5 ou encore de l’Exode6...

Dans les versets suivants, Saint Jean explique qu’être chrétien c’est aimer, car aimer c’est être habité par Dieu. Il souligne que l’éthique chrétienne est fondée sur l’amour et non sur la crainte d’un châtiment lié à la transgression de la loi divine :

« Dieu est amour, celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. »7

Prenons un exemple concret : si un chrétien ne ment pas, cela ne doit pas être par soumission à la Loi mais parce qu’il porte sur les autres le regard d’amour de Dieu, et que ce regard induit un profond respect qui l’empêche de mentir. Autrement dit si un chrétien ne ment pas ce n’est pas pour être saint ; mais c’est parce qu’il est saint, parce que Dieu l’habite, qu’il ne ment pas. Le comportement éthique des chrétiens n’est pas la cause mais la conséquence de la sainteté. C’est ici tout l’objet de la révolution qu’opère le Christ dans son rapport à la Loi (Cf. L'Esprit - le christianisme et la Loi).

La racine du péché, ce n’est pas la désobéissance à la Loi. La racine du péché c’est cet orgueil, ces rancœurs, cette suffisance qui construisent une carapace rendant imperméable le cœur de l’homme à la présence divine. En terme plus technique, ce sont les résistances de l’homme à la divinisation.

Le mensonge n'est pas un péché parce qu'il transgresse la Loi, mais parce qu'il témoigne d’une incapacité à respecter l’autre, donc à aimer, donc à vivre de la vie de Dieu. Ainsi il ne suffit pas de ne pas mentir, faut-il encore aimer. Celui qui dit la vérité avec condescendance, bien que respectant la Loi, ne s’en trouve pas plus saint.

C’est ce que dit saint Paul dans ce passage célèbre de la première épître aux Corinthiens :

« Je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. (…)

J’aurais beau être un prophète, connaître tous les mystères et toutes les sciences, j’aurais beau avoir la foi en plénitude, une foi à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux pauvres, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

L’amour est patient ; l’amour rend service ; l’amour n’est pas jaloux ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour est éternel. »8

L’amour est éternel parce que l’amour c’est Dieu. Au début de notre extrait Saint Paul explique que la foi sans l’amour ne sert à rien. La foi c’est croire en Dieu, l’amour c’est être habité par Dieu. Ce que dit Saint Paul c’est que croire en Dieu sans en vivre est inutile. Puis il explique que donner sa fortune aux pauvres, autrement dit avoir un comportement généreux, éthique, est vide de sens s’il n’est pas mû par l’amour. Il décrit enfin les fruits de l’amour : patient, ne se vante pas, trouve sa joie dans ce qui est vrai etc… On comprend bien ici que ces vertus sont les conséquences de l’amour, que le comportement éthique est une conséquence de cette vie en Dieu, c'est-à-dire de la sainteté.

Ainsi d’un point de vue chrétien ce n’est pas le respect d’un code d’origine divine, d’une éthique qui rend saint, mais le fait de vivre de l’Esprit de Dieu. Et c’est cette présence de Dieu dans le cœur de l’homme qui change son comportement et rend sa sainteté visible.

2 - La sainteté dans l'islam

Dans la perspective musulmane, nous nous trouvons dans la situation opposée. A travers la Loi, Dieu fournit à l’humanité le comportement idéal auquel elle doit se conformer. Dieu sait ce qui est bon pour l’homme. Ainsi être saint, c’est se soumettre au code fourni par Dieu aux hommes. Être saint, c’est rester dans le cadre de la Loi. Être hors la Loi, c’est être pécheur.

Professeur à l’Université de Tunis, Abdelwahab Bouhdiba est le Président de l’Académie des Sciences de Tunisie, il redit ici les fondements de l’islam :

« Coran, hadiths9 et fiqh10 constituent l’invariant par excellence. (…) Il dit le modèle que Dieu a choisi pour sa communauté ; et ce choix divin ne saurait subir de changement. (…) S’y conformer strictement nous garantit d’être dans les voies de Dieu. L’écart est égarement et erreur. Par essence l’islam est orthodoxie. »11

Comme le souligne Dominique Sourdel, professeur honoraire à la Sorbonne et spécialiste de l’islam :

« La vie religieuse reste avant tout de caractère contractuel et engendre une morale de même nature. La notion de devoir moral est étrangère à l’islam, qui ne connaît qu’une obligation juridique. »12

Un musulman n’a pas à rechercher le Bien mais le licite, car respecter le licite c’est être dans ce que Dieu a défini comme étant le Bien.

Pour reprendre l’exemple du mensonge : si un musulman ne doit pas mentir, ce n’est pas au nom du respect qu’il doit avoir pour son interlocuteur, mais au nom du respect qu’il doit avoir pour la Loi, pour ce que Dieu interdit.

Cela ne signifie pas que les musulmans ne respectent pas leurs interlocuteurs mais que ce n’est pas ce critère qui détermine la sainteté d’un musulman, mais uniquement celui du respect de la Loi.

On en trouve une illustration dans l-ellimination de Ka'b repris dans la sira d’Hicham (biographie canonique du prophète) : Mohamed ordonna que Ka'b soit tué pour s’être moqué des femmes musulmanes. Le disciple du Prophète qui fût chargé de cet assassinat resta trois jours prostré sans manger ni boire, et cela non pas parce qu’il avait des scrupules à tuer Ka'b, mais parce qu’il réalisa qu’il lui fallait monter un complot qui impliquait de mentir. Or Allah a interdit de mentir. Il s’est donc trouvé bloqué entre l’engagement qu’il avait pris vis-à-vis du Prophète et la Loi de Dieu. Mohamed intervint alors en lui disant que mentir à un infidèle, ce n’est pas mentir. Par cette parole il le libéra de ses scrupules qui put alors accomplir son forfait. On comprend bien ici que le refus de mentir ne découle pas d’un respect vis-à-vis de Ka'b mais du respect de la Loi, de l’interdit institué par Dieu.

Comme l’écrit Alain Besançon, directeur d’étude à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales :

« La loi de l’islam est une loi extérieure à l’homme (…). Il est seulement demandé de rester dans les limites du pacte dont les termes ont été fixés par Dieu dans sa parole incréée (le Coran) et dans la sunna13, la Tradition authentique. Tout désir de dépasser ces limites est suspect. »14

Est saint celui qui se conforme à la Loi de Dieu, celui qui se maintient dans le cadre qu’elle définit.

1 Bible (Ga 3, 23-26)
2 Bible(Ex 20, 8-11)
3 Bible(Gn 17,10)
4 Exemple : Bible (Lv 17, 12-14)
5 Exemple : Bible (Dt 14, 8)
6 Exemple : Bible (Ex 22, 30)
7 Bible (1Jn 4, 16-18)
8 Bible (1Co 12,31-13,8)
9 Cf. La sira, le hadith et la sunna
10 Cf. La charia et le fiqh
11 BOUHDIBA Abdelwahab, La sexualité en islam, Paris, éditions P.U.F., 2003, p. 11.
12 SOURDEL Dominique, L’islam, 21e édition, Paris, éditions P.U.F., 2004, collection Que sais-je ?, p. 58.
13 Cf. La sira, le hadith et la sunna
14 BESANÇON Alain, préface in ELLUL Jacques, islam et judéo-christianisme, Paris, éditions P.U.F., 2004, p. 18.

T.P. - lesReligions.fr -

Les bases de l’innovation

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Allah le Puissant et Majestueux dit, comme faveur à Ses serviteurs:
"Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et j’agrée pour vous l’islam comme religion ." [1]
Cette noble ayah est une preuve de la suffisance de Shari'a, sa perfection. Comment elle fournit tout ce qui est nécessaire à la création, ceux pour qui Allah le Puissant et
Majestueux a descendu Sa parole:
"Et Je n'ai créé les Djinn et les hommes que pour qu’ils M’adorent." [2]

Ibn Kathir a dit de cette ayah, "Aujourd'hui j'ai parachevé…" :
C'est le plus grand des bienfaits d'Allah sur cette nation, car quand Il a parachevé leur Religion pour eux, ils n'ont plus besoin d'une autre religion, ni d'un autre que leur prophète (sallallahu ' alayhi wa sallam). Pour cette raison, Allah le Puissant et Majestueux a fait de lui le Sceau des prophètes et l’a envoyé aux Djinns et à l’humanité. Ainsi il n'y a rien halal (légal) sauf s’Il l'a permis et rien haram (interdit), sauf s'Il l'a interdit et aucune religion sauf ce qu'Il a légiféré.

Tout ce dont le Messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) nous a informés est la
réalité véridique; il n'a jamais menti, et on ne trouve aucune contradiction, comme Allah le Puissant et Majestueux dit :
"Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et équité." [3]
Le sens de ‘en toute vérité’ est : dans révélation et ‘équité’ en ce qui concerne les ordres et prohibitions qu’on y trouve. Ainsi quand Il a parachevé la religion pour eux, la faveur a été achevée sur eux. [4]

Et comme Tawfiq Al-Waa'i l’a écrit :
Il est donc inimaginable pour l'humanité de venir (après cette ayah) et d’introduire quelque chose dans Shari'a, parce que son ajout impliquerait que le travail d'Allah devait être corrigé et qu’il y a un manque dans Shari'a. Cette idée contredit ce qui est dans le Livre d'Allah le Puissant et Majestueux. Donc il est impossible pour quelqu'un d’ajouter à ce qu'Allah a légiféré, sans que ce soit blâmable. [5]
Les gens d'autres religions sont intérieurement convaincus de cela, et la louange est à
Allah, mais beaucoup d'entre eux le nient, comme Allah dit :
"Ils nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu’en eux-mêmes ils y croyaient
avec certitude." [6]
Sur l'autorité de Tariq Ibn Shihab qui l'a relaté, les Juifs ont dit à ' Umar (radiyallahu ' anhu), "Vous les gens, récitez une ayah dans votre Livre; si cette ayah nous avait été révélée, nous aurions pris ce jour comme un ' id (célébration)!" ' Umar leur demanda, "qu'elle-est cette ayah ?" Ils ont dit, "Aujourd'hui J’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous Mon bienfait …" Alors ' Umar (radiyallahu ' anhu) dit, "Par Allah je connais sûrement le jour où cette ayah a été révélé au messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) et même le moment du jour! Elle a été révélée au messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) la nuit de ' Arafa et c'était un vendredi." [7]
Et en vérité le messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) a dit :
"Il n'y a pas eu de prophète avant moi qui n’ait eu le devoir de diriger sa communauté vers le bien qu’il connaissait et de les avertir contre le mal qu’il connaissait ..." [8]
C’est Abou Dharr Al-Ghifari (radiyallahu ' anhu) qui a dit qu'après que le messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) les ait quittés, il n'y avait pas un oiseau battant des ailes, sans qu'il (sallallahu ' alayhi wa sallam) n’ait mentionné quelque chose sur lui. Il rapporta que le prophète (sallallahu ' alayhi wa sallam) a dit : "il n'y a rien qui rapproche du Paradis et éloigne du Feu de l'enfer, sans que je ne vous l’ai indiqué." [9]
Ce hadith du prophète (sallallahu ' alayhi wa sallam) est une preuve claire, indubitable qu'il a en effet (sallallahu ' alayhi wa sallam) expliqué chaque chose qui rapproche du Paradis en détails et qu'il n'y a aucune action qui nous éloigne du Feu de l'enfer sans qu'il (sallallahu ' alayhi wa sallam) ne l'ait clarifié pour nous.

Donc toute invention ou innovation est seulement une tentative de corriger la Shari'a, un crime laid par lequel le criminel dit, "la Shari'a n'est pas suffisante! Ce n'est pas complet! Elle a besoin de mon invention!"
C'est exactement ce que les compagnons du messager (sallallahu ' alayhi wa sallam) ont
compris, comme il a été authentiquement rapporté qu'Ibn Mas'oud (radiyallahu ' anhu) a dit, "Suivez et n'innovez pas, car en vérité ceci vous est suffisant et sachez que toute innovation est un égarement." [10]

Pour conclure, l’imam Ash-Shatibi a dit,
 "En vérité ceux qui essaient de rendre leurs
innovations acceptables, s'accrochent à leur idée que la Shari'a évolue constamment .
Donc ils réussissent toujours à avoir leur propre façon de trouver une explication
convaincante à la parole d'Allah," Aujourd'hui J'ai parachevé pour vous votre religion
…" [11]
Il dit aussi:
"Si c'est le cas, donc l'innovateur dit seulement," En vérité la Shari'a n'a pas été achevé, il y a quelque chose que nous devons corriger! " Parce que s'il était certain de son achèvement et de sa perfection sous tous les angles, alors il n'aurait pas innové, il n'aurait eu aucune raison de vouloir corriger et ajuster la Shari'a d'Allah. Ainsi une personne qui dit cela est clairement égarée loin du chemin droit."

Ibnul-Majishoun a dit
qu'il a entendu l’imam Malik dire : "Quiconque innove dans l’islam et le voit comme quelque chose bon, a accusé Muhammad (sallallahu ' alayhi wa sallam) de trahir la confiance du message, parce qu'en vérité Allah dit," Aujourd'hui J'ai parachevé pour vous votre religion … ", ainsi tout ce qui ne faisait pas partie de la religion ce jour-ci, ne fait pas partie de la religion aujourd'hui." [12]

Comme Al-Ma'soumi dit :
"Donc les voies diverses d'adorations appropriées, correctes trouvées dans la religion ont été clarifiées par Celui qui a créé toute la création, par la langue de Son messager
Muhammad (sallallahu ' alayhi wa sallam). Ainsi quiconque ajoute quelque chose ou retire quelque chose (avec son assemblage de traditions provenant de lui) est en opposition directe avec le Créateur, le Sage, l’Omniscient. Ainsi, peut-être, son remède sera sa maladie, son adoration sera une désobéissance punissable et il ne le verra même pas. En vérité la religion a été achevée parfaitement et celui qui y ajoute suppose que quelque chose manque, donc il vient pour le rendre meilleur avec son intellect corrompu, son arrogance stagnante." [13]

L’imam Ash-Shawkani a dit
dans une discussion avec quelques innovateurs, en réfutant
leurs avis : "Puisqu'Allah a parachevé Sa religion avant de reprendre Son prophète (sallallahu ' alayhi wa sallam), quelles sont ces idées que sa communauté (sallallahu ' alayhi wa sallam) invente après que son Seigneur le Puissant et Majestueux ait parachevé Sa religion ?! ?!
S'ils disent que cette nouvelle chose fait partie de la religion, alors ils disent que la religion n'était complète qu’avec l’ajout de leur idée, donc dans leur croyance, il y a un rejet du Quran!
Et s'ils disent que la nouvelle chose ne fait pas partie de la religion, alors quel avantage y at- il à vous occuper avec des choses non trouvées dans la religion ?! ?!
Et c'est une preuve effrayante et un morceau magnifique d’évidence! Aucun suiveur d'avis ne peut le réfuter, faites donc de cette honorable ayah la première chose avec laquelle vous frappez les visages des gens des avis et forcez leurs nez répugnants avec et réfutez tous leurs arguments avec cela. "[14]
Parce que, comme il est dit, "Tout chose inventée après la révélation de cette ayah est un ajout non voulu, un excès indésirable, une innovation maudite." [15]


Notes de bas de page :
[1] Souratul-Maa'idah [5:3]
[2] Souratudh-Dhaariyaat [51:56]
[3] Souratul-An'aam [6:115]
[4] Tafsir Ibn Kathir (2/19)
[5] Wal-Masaalihil-Mursalah Al-Bid'ah (p. 111)
[6] Souratun-Naml [27:14]
[7] Rapporté par Al-Bukhari (No 45) et Muslim (No 3017)
[8] Rapporté par Al-Bukhari (No de 1844), d'Ibn ' Amr (radiyallahu ' anhu)
[9] Sahih : Rapporté par Al-Mu'jamul-Kabir (No 1647) d'à - Tabaraani.
[10] Sahih : Rapporté par Abo Khaythamah dans Al-'Ilm (No 54) par voie d'Ibraahim
Nakha'i, qui a dit que ' Abdullah Ibn Mas'ood (radiyallahu ' anhu) l'a dit.
[11] Al-I'tisam (1/111)
[12] Al-I'tisam (1/49)
[13] Miftahul-Jannah La Ilaaha Illallah (p. 58) avec la vérification de ' Ali Hasan.
[14] Al-Qawlul-Mufid (p. 38)
[15] Siyar A'laamun-Nubalaa (18/509)

 

Traduction du livre ‘ilm usoullil-bida’
De Shaikh ‘Ali hassan al-halabi al-athari

 

 

Pourquoi Allah a créé les créatures tout en sachant que les unes iront au paradis et les autres en enfer?


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Si Allah connaît le mystère, notamment ce que les gens feront et ceux d'entre eux qui iront au paradis et ceux voués à l'enfer, étant donné qu'Il savait tout dès le début, pourquoi nous a-t-Il créés? Pourquoi a-t-Il fait descendre Iblis avec Adam et Eve tout en sachant qu'Iblis ne profiterait jamais de la possibilité de se repentir parce que condamné à aller à la Géhenne?

Premièrement, la connaissance de la finalité de la création de la créature permet de savoir la réponse à donner aux questions ambiguës que soulèvent bon nombre d'athées de manière à troubler certains musulmans..Parmi les  questions ambiguës figure la croyance qu'Allah a créé les gens afin de peupler le paradis et l'enfer! C'est une fausse croyance. Car ce n'est pas pour cela qu'Allah a fait exister la créature. Que l'auteur de la question ainsi que tous ceux qui veulent connaître la vérité sachent que , pour Allah, la finalité de la création de l'homme, des cieux et de la terre, est de  Se faire connaître, Lui, le Transcendant et Très Haut, de faire connaître Son unicité absolue et de Se faire obéir. À ce propos, Allah Très Haut dit: «Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent.» (Coran,51: 56)

Ibn Kathir (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit :« Cela signifie: je ne les ai créés que pour leur donner l'ordre de M'adorer et pas parce que  j'ai besoin d'eux… Selon Ali ibn Abi Talha, Ibn Abbas dit : « que pour qu'Il M'adore» signifie: pour qu'ils acceptent bon gré mal gré mon adoration» C'est le choix d'Ibn Djarir.» Voir le Tafsir d'Ibn Kathir (4/239)

Il y a une confusion chez bon nombre de gens entre la finalité dont l'atteinte est assignée  aux fidèles serviteurs d'Allah, finalité qui incarne la loi qu'Il a établie pour eux puisqu'Il l'aime et leur a donné l'ordre de l'appliquer, et la volonté divine qui s'applique inévitablement aux fidèles serviteurs et qui implique  que l'obéissant soit récompensé et le désobéissant châtié. Cette volonté-là relève du Décret inaltérable et inopposable.

Ibn al-Quayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «La véritable finalité de la création des cieux, de la terre et de l'espace qui les sépare consiste dans la chose que l'on veut des fidèles serviteurs et une chose que l'on veut en eux. Ce qui  est voulu d'eux, c'est qu'ils connaissent Allah Très Haut et Ses attributs à Lui, le Puissant et Majestueux. C'est L'adorer sans rein Lui associer de manière qu'Il reste leur unique Seigneur, l'objet de leur adoration, de leur obéissance et de leur amour. Le Très Haut dit : «Allah qui a créé sept cieux et autant de terres. Entre eux (Son) commandement descend, afin que vous sachiez qu'Allah est en vérité Omnipotent et qu'Allah a embrassé toute chose de (Son) savoir.» (Coran,66:12 ) Il (nous) informe ici qu'Il a créé le monde afin que les fidèles serviteurs connaissent la plénitude de Sa puissance et Sa connaissance. Ce qui implique Sa connaissance et la connaissance de Ses noms et attributs, et la connaissance de Son unicité.

Allah Très Haut dit : «Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent.» (Coran,51:56) . Voilà la finalité voulue des fidèles serviteurs qui consiste à les amener à connaitre leur Maître et à L'adorer Lui seul.

Quant à ce qui est voulu en eux, c'est la juste rétribution, la grâce, la récompense et le châtiment. Allah Très Haut dit: «À Allah appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre afin qu'Il rétribue ceux qui font le mal selon ce qu'ils œuvrent, et récompense ceux qui font le bien par la meilleure (récompense),» (53:51) et «L'Heure va certes arriver. Je la cache à peine, pour que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts.» (Coran,20:15) et «Quand Nous voulons une chose, Notre seule parole est: "Sois". Et, elle est.  » (Coran,16:40) et dit : «Votre Seigneur est, Allah qui créa les cieux et la terre en six jours, puis S'est établi "'istawâ" sur le Trône, administrant toute chose. Il n'y a d'intercesseur qu'avec Sa permission. Tel est Allah votre Seigneur. Adorez-Le donc. Ne réfléchissez-vous pas? C'est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n'a créé cela qu'en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués de savoir.» (Coran,10:3-4). Voir Badaia al-fawaid,4/971.

Pour une plus grande connaissance de la sagesse qui sou tend la création, voir la réponse donnée à la question n° 45529.

Deuxièmement, Allah Très Haut n'enverra pas les gens au paradis ou en enfer pour Sa simple connaissance qu'ils méritent ce sort. Il les loge dans l'une ou l'autre demeure selon les actes qu'ils auront accomplis ici-bas. Si Allah avait créé des créatures pour les vouer à l'enfer, elles protesteraient en disant qu'Il ne les aura pas mises à l'épreuve et ne leur aura pas donné la chance de se mettre à l'œuvre . Pour parer à cet argument, Allah les a créés pour vivre ici-bas, les a doués d'entendement, leur a fait parvenir Ses livres et envoyé Ses messagers. Tout cela pour qu'au jour de la Résurrection, elles ne puissent lui opposer aucun argument.

Le Très Haut a dit : «..en tant que messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers il n'y eût pour les gens point d'argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage.» (Coran,4:165). Cheikh Muhammad al-Amine ach-Chinquiti (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Allah explique clairement dans ce verset qu'il est nécessaire de parer à tout argument qui pourrait Lui être opposable. C'est pourquoi Il a envoyé des messagers porteurs de la bonne nouvelle consistant à l'admission des obéissants au paradis tout en avertissant ceux qui leur désobéissent contre le paradis.

L'argument tranchant expliqué ici est repris encore dans la sourate 20 où Il dit : «Et si Nous les avions fait périr par un châtiment avant lui (Muhammad), ils auraient certainement dit: "Ô notre Seigneur, pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé de Messager? Nous aurions alors suivi Tes enseignements avant d'avoir été humiliés et jetés dans l'ignominie".» (Coran,20:134 ) et dans la sourate 28 où Il dit : «Si un malheur les atteignait en rétribution de ce que leurs propres mains avaient préparé, ils diraient: "Seigneur, pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé un Messager? Nous aurions alors suivi Tes versets et nous aurions été croyants".» (Coran,28:47 ) et : «C'est que ton Seigneur n'anéantit point injustement des cités dont les gens ne sont pas encore avertis.» (Coran,6: 131) et dans la sourate 5 où Il dit: «Ô gens du Livre! Notre Messager (Muhammad) est venu pour vous éclairer après une interruption des messagers afin que vous ne disiez pas: "Il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur". Voilà, certes, que vous est venu un annonciateur et un avertisseur.» (Coran,5:19) et dans la sourate 6 où Il dit : «Et voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre - suivez-le donc et soyez pieux afin de recevoir la miséricorde]on l'a révélé afin que vous ne puissiez pas dire[: "Si c'était à nous qu'on avait fait descendre le Livre, nous aurions certainement été mieux guidés qu'eux. "Voilà certes que vous sont venus, de votre Seigneur, preuve, guidée et miséricorde-» (Coran,6: 155-157) et dans d'autres versets.

Les versets susmentionnés et d'autres abondant dans le même sens indiquent qu'Allah, l'Auguste, le Majestueux, ne châtie personne avant de l'avertir et de lui montrer la vérité par le biais des Mmessagers. C'est à ce propos que l'Auguste , le Majestueux dit : «Toutes les fois qu'un groupe y est jeté, ses gardiens leur demandent: "Quoi! ne vous est-il pas venu d'avertisseur?"» (Coran, 67: 8) Il est bien connu que l'expression «Toutes les fois» implique que le discours s'adresse à toutes les foules  qui y seront jetées.

Dans al-Bahr al-Muhit, Abou Hayyan at-Tawhidi dit dans son commentaire du présent verset: «Toutes les fois» implique la répétition de l'acte dans le temps et concerne tous ceux qui seront jetés (dans l'enfer). Abonde dans le même sens la parole de l'Auguste , le Majestueux: «Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes à l'Enfer. Puis, quand ils y parviendront, ses portes s'ouvriront et ses gardiens leur diront: "Des messagers (choisis) parmi vous ne vous sont-ils pas venus, vous récitant les versets de votre Seigneur et vous avertissant de la rencontre de votre jour que voici?" Ils diront: si, mais le décret du châtiment s'est avéré juste contre les mécréants.» (Coran,39:71 ) L'expression «Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes» s'applique à tous les mécréants. En effet, ces propos du Très Haut:« Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes  » concernent tous les mécréants et signifient clairement que tous les (futures) pensionnaires de l'enfer auront été avertis par les Messagers ici-bas et auront désobéi à l'ordre de leur Maître. Ce qui est claire.» Voir Adhwa al – bayan (3/66).

Nous croyons que la connaissance de la finalité pour laquelle Allah a créé la créature et la connaissance du fait qu'Allah ne châtiera personne pour la simple connaissance qu'Il a de ses actes accomplis effectivement ici-bas, nous croyons que cela est de nature à empêcher les créatures de protester devant Allah. Voilà la réponse à l'objection soulevée dans la question.

Troisièmement, quant à savoir pourquoi Iblis a été descendu sur terre en même temps qu'Adam et sa progéniture, il y a bien une différence entre la descente d'Adam et celle d'Iblis. Le premier fut descendu sur terre après son repentir agréé par son Auguste Maître. Celui-ci l'installa sur terre comme un prophète honoré et pardonné pour qu'il passât là toute sa vie.

Quant à Iblis, l'ennemi d'Allah, il ne se repentit jamais. Il ne regretta jamais son péché ni ne s'amenda. Bien au contraire, il s'enorgueilli obstinément, se révolta, mécrut et demanda à Allah le Très Auguste de ne pas hâter sa perdition et Son châtiment et de lui accorder un délai jusqu'au jour connu, pas pour profiter du délai pour se repentir, mais pour pouvoir s'engager résolument dans la voie du malheur et embarquer avec lui les égarés ayant pour destination la demeure du malheur. Il choisit ainsi de se mettre à la tête d'un parti satanique regroupant les perdants afin que s'accomplisse la sagesse d'Allah qui s'applique à Ses créatures , qui consiste à les éprouver pour voir si elles lui obéissent ou obéissent à Son ennemi, et pour que le damné subisse pleinement son malheureux sort à cause de son entêtement et de sa corruption qui lui ont valu de la part de son Maître une perte évidente.

Allah le sait mieux.

 

http://islamqa.info/fr/123973

 

Islam : La Réforme dont nous avons besoin

 

Cela fait des décennies que l’on parle de réforme dans le monde musulman. Les débats sont intenses et les affrontements intellectuels nombreux entre les tenants de « la nécessaire réforme » destinée à libérer l’esprit musulman et ceux qui s’y opposent à « la soi-disant réforme » qui en fait cacherait soit une trahison des principes de l’islam soit une dangereuse occidentalisation. On s’accorde à reconnaître que les musulmans à travers le monde peinent à trouver des réponses adéquates aux défis contemporains, que les crises (religieuse, identitaire, scientifique, politique ou économique) qu’ils traversent sont profondes, qu’un réveil s’impose mais les divergences quant aux moyens à mettre en œuvre et aux finalités de cet engagement sont inextricables.

 

Le concept qui revient le plus souvent dans les débats est celui d’ « ijtihâd » lequel signifie « la lecture critique des textes islamiques de référence » (Coran et tradition prophétique) et qui doit permettre de promouvoir une approche historique et contextualisée du texte révélé en même temps qu’il invite la rationalité humaine à plus de créativité dans l’élaboration de réponses aux problèmes de notre temps.

Le concept est omniprésent dans la littérature musulmane contemporaine et pourtant rien ne semble véritablement évoluer : les crises demeurent, voire s’amplifient, et l’intelligence musulmane paraît en panne dans des domaines aussi essentiels que l’éducation, l’éthique appliquée, les sciences, la démocratisation, le respect des droits fondamentaux dont ceux des femmes, la violence, etc. Quelles sont les raisons de ces blocages, comment inverser cette malheureuse spirale ?

Les savants musulmans (‘ulamâ’) des différentes tendances de l’islam ne sont pas d’accord sur les différentes définitions et interprétations des concepts clefs de la terminologie islamique. Pour les littéralistes et les traditionalistes, la « sharî’a » est un corps de lois qui forment un univers de référence clos et atemporel qui s’oppose à toute adaptation, à toute évolution et à toute lecture prenant en compte l’histoire ou le contexte.

La tradition réformiste, au contraire, a très tôt défini le concept de sharî’a comme « la voie de la fidélité aux principes de l’islam » au cœur de laquelle les domaines du dogme et de la pratique (al-‘aqîda, al-‘ibadât) sont distincts du domaine des affaires sociales et des relations interpersonnelles (al-mu’âmalât) : les prescriptions sont immuables dans les deux premiers alors les textes offrent une large marge de manœuvre à la rationalité humaine, et donc à l’ijtihâd, dans le second.

L’approche réformiste est depuis longtemps très connue et très répandue dans les sociétés et les communautés musulmanes à travers le monde et pourtant rien ne semble avancer. Les appels à l’ijtihâd sont permanents mais les résultats de ce dernier siècle sont peu probants.

L’une des raisons majeures de cet état de fait tient sans doute aux déficits dans les fondements de l’approche réformiste elle-même. On lit et on étudie depuis des décades des productions de ‘ulamâ’ qui travaillent de façon approfondie sur les textes, proposent de nouvelles interprétations et tentent ainsi d’apporter de nouvelles réponses aux nouveaux défis.

 

La contribution de ces savants du droit et de la jurisprudence musulmane ( fuqahâ’ ) est phénoménale et nul ne peut ignorer l’importance de leurs études et apports. Questionnés par le réel, interpellés par la nature des nouveaux défis (scientifiques, sociaux, économiques, etc.), les fuqahâ’ tentent d’offrir des réponses adaptées à leur époque : la nature même de leur travail exclusivement orienté sur les textes les met dans une position de perpétuel suivisme. Le monde avance, ils le suivent.

 

Réformer la lecture et la compréhension des textes consiste donc uniquement pour eux à s’adapter aux nouvelles réalités de l’époque. On pourrait imaginer que cela soit suffisant pour mettre en branle la nécessaire réforme mais force est de constater que cette approche, malgré l’apparence du mouvement et du renouveau, pêche quant à l’efficience des propositions. Ce sont des spécialistes des textes révélés qui discutent et jugent du monde sans avoir toujours une compréhension profonde de la complexité des domaines sur lesquels leur jugement se portent.

Ils s’expriment avec autorité sur les domaines de l’économie, des sciences exactes ou humaines sans maîtriser les savoirs et les savoir-faire nécessaires non seulement à s’adapter au monde mais à le transformer à la lumière des exigences de l’éthique islamique (respect de l’intégrité de la personne, justice sociale, égalité, etc.) Les savants et les penseurs musulmans ne représentent une force de propositions dans aucun de ces domaines.

Ce que cache cette réalité est, dans les faits, une crise d’autorité. Le chaos règne quant à savoir qui parmi les ‘ulamâ’ dit quoi et qui est légitimé à le dire : les avis de ces derniers sont souvent contradictoires et personne ne sait très bien à qui se référer. Au surplus, les ‘ulamâ’ sont jaloux de leur autorité dans les domaines de l’élaboration de la norme et des opinions juridiques (fatwâ) et ils ressentent souvent comme une intrusion dangereuse le questionnement ou la participation des spécialistes des sciences dites « profanes » dans l’élaboration d’une jurisprudence musulmane contemporaine. Sous prétexte que ces derniers ne sont pas des spécialistes du droit islamique, ils n’auraient rien à dire sur la question et seraient dénué de toute autorité en la matière.

La réforme radicale dont nous avons besoin se situe très exactement à ce niveau. Il s’agit de déplacer le centre de gravité du pouvoir et de l’autorité des ‘ulamâ’ au niveau du fondement du droit et de la jurisprudence islamique (usûl al-fiqh). En effet les textes ne sont pas les seules références normatives du droit musulman mais l’univers - le livre du monde selon l’expression d’al-Ghazâlî - est une source qu’il faut placer au même niveau que les textes.

Les savants et experts, spécialistes des sciences expérimentales (physique, biologie, psychologie, médecine, etc.), des sciences exactes ou des sciences humaines (philosophie, sociologie, économie, etc.) doivent pouvoir contribuer à l’élaboration de l’éthique musulmane contemporaine. Maîtrisant mieux les différents domaines de la connaissance contemporaine, ils sont mieux à même d’orienter la réflexion des ‘ulamâ’ et de produire une réforme de transformation par l’éthique plutôt que d’adaptation par la nécessité (comme c’est le cas aujourd’hui).

L’ijtihâd contemporain n’est pas seulement l’affaire des spécialistes des textes. Si nul ne peut contester leurs compétences dans ce domaine, il importe de convoquer à la table de cette lecture critique des textes, des femmes et des hommes versés dans les différentes sphères de l’activité humaine afin qu’ils puissent s’exprimer, proposer de nouvelles visions, de nouvelles orientations de réformes fidèles à l’éthique mais en phase avec les questions et les crises de l’époque.

Il s’agit d’établir des espaces d’un ijtihâd concerté qui, à différents niveaux (des questions globales aux réalités nationales), réconcilient les musulmans ordinaires avec leurs références en leur restituant une parole, une compétence, une autorité. Les chantiers sont immenses : la promotion de l’esprit critique et la réforme de l’éducation islamique et générale ; l’élaboration d’une éthique musulmane en matière de science ; la proposition d’alternatives en matière économique globale autant que locale ; la transformation radicale du statut des femmes dans les sociétés et communautés musulmanes ; la démocratisation, la formation de la société civile autant que la gestion de la violence et du rapport à autrui, etc.

La réforme radicale que nous appelons de nos vœux exige un déplacement du centre de gravité du pouvoir religieux à l’intérieur de l’univers islamique. Elle exige la conscientisation de chacun et établit que la libération des esprits et des consciences ne se fera que par la participation des acteurs directement concernés. Avec les ‘ulamâ’ des textes (an-nusûs) nous avons besoin de ‘ulamâ’ du contexte et de l’environnement (al-wâqi’) qui soient capables de donner, concrétiser un processus de réforme qui offre aux musulmans la possibilité de devenir une force de proposition pour transformer le monde et non seulement pour s’y adapter.

Le rôle de l’Occident et de ses intellectuels est ici majeur : par leurs questions, par leurs critiques constructives, par leur capacité à écouter la multiplicité des voix qui s’expriment parmi les musulmans (et non pas seulement celles qui apparemment leur plaisent), ils peuvent devenir les partenaires de cette révolution de perspectives. Au creuset de cette dynamique, tous les acteurs de ce dialogue critique découvriront qu’ils partagent de nombreuses valeurs universelles communes malgré la différence de route qu’ils empruntent et qu’il est possible non seulement de cheminer ensemble mais de s’engager ensemble à rendre ce monde meilleur. Loin des sirènes qui appelleraient à une modernisation sans principes et sans âme, il s’agit d’établir ensemble les principes éthiques d’une réforme de la résistance et de la transformation du monde au nom de la justice et de la dignité des êtres humains malheureusement oubliés dans le désordre de l’actuel ordre globalisé.

Islam : La Réforme Radicale

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Don d’organe et transplantation en Islam

Le Coran dit :

et quiconque sauve une vie c’est comme s'il sauvait la vie de toute l’humanité ."

Il se pourrait qu’ il n'y a pas de meilleure façon de mettre en oeuvre ce concept dans le domaine de sauver des vies qu’en transplantant des organes provenant de dons pour remplacer les organes vitaux défaillants. Cette conclusion a pu cependant être définie après à la synthèse des lois Islamiques.

A la base, la violation du corps humain, qu’il soit vivant ou mort, est contraire aux règles de l' Islam. Ceci entrainerait l’incision du corps d'un donneur vivant ou d'un cadavre et l'obtention de l'organe destiné au don serait interdit, si l’évocation de deux règles juridiques n’avaient pu résoudre aisément l’impasse.

La première des deux règles est : " la nécessité lève l’interdit." et la seconde est "le moindre des deux maux doit être choisi si les deux ne peuvent pas être évités."

Puisque sauver une vie est une nécessité plus importante que la préservation de l'intégrité du corps du donneur ou du cadavre et puisque la lésion faite au corps du donneur est minime comparé au fait de laisser mourir un patient, la procédure de donation et de transplantation d'organe est autorisée. Elle ne doit pas présenter de danger pour le donneur, et devra également être médicalement assurée. Les lois de libre consentement dénuées de toute pression doivent être observées lorsqu’un donneur (ou un membre de la famille du donneur décédé) expriment leur consentement.

Transplantation du tissu nerveux

La transplantation du tissu nerveux a récemment montré quelque promesse dans le traitement de certaines maladies. Elle est légale si la source en est les glandes surrénales ou un foetus animal, ou alors un foetus humain qui a spontanément avorté. Il est illégal de sacrifier une vie ou un foetus humain viable dans ce but. Dans l'avortement légal (comme sauver la vie de la mère) le foetus peut être utilisé. La création de foetus ou la provocation d’ un avortement dans le but de la transplantation est illégal.

- Le foetus anencéphale

Le foetus anancéphale est le résultat d’ une anomalie congénitale dans laquelle la voûte cranienne et les hémisphères cérébraux sont absents. Le foetus peut naitre vivant, mais mourra en fin de compte après une période variable qui pourrait s'étendre à quelques jours. Tant qu'il vit, il ne doit pas être utilisé comme une source d'organes pour la transplantation. Mettre fin artificiellement à sa vie est illégal. Il peut être maintenu par la réanimation artificielle afin de conserver ses tissus sains, jusqu’à ce qu’il y ait mort cérébrale et seulement ensuite, le prélevement de ses organes sera autorisé.

-Transplantation des glandes sexuelles

Il est illégal de transplanter à une autre personne des testicules capables de produire et de libérer du sperme ou de transplanter des ovaires capables d'ovuler, car cela amènerait à la confusion dans la généalogie et dans la conception de bébés issus de gamètes n’ayant pas été unis par un mariage authentique, puisque de tels spermes et ovocytes appartiendront toujours au donneur et non au receveur.

Les glandes sexuelles stériles ( qui ne produisent pas de gamètes) mais qui sont hormonalement actives ne sont pas concernées pas cette interdiction, mais leur utilisation est absente dans la pratique clinique.

- Définition de la Mort

La définition du moment de la mort a son importance non seulement concernant des questions médicales, comme la prise de décision d'arrêter la réanimation artificielle ou lors de la décision de prélever un organe vital unique (comme le coeur), mais elle a également son importance pour des questions juridiques comme la détermination du début de la période d’attente d’ une veuve, qui doit attendre un certain délai suite à la mort de son mari avant de se remarier (quatre mois et dix jours, ou si elle est enceinte, jusqu’à la fin de sa grossesse) et comme la répartition des parts de legs si deux héritiers ou plus devaient mourir successivement.

De récents congrès juridiques ont accepté une nouvelle définition de la mort basée sur la mort cérébrale totale (incluant le tronc cérébral) même si certaines fonctions physiologiques sont toujours maintenues par la réanimation artificielle. La nouvelle définition a été rendue possible par un processus "d'analogie" à une ancienne règle juridique qui reconnaissait le concept de la blessure fatale.

Il y a plusieurs siècles, il a été décrété que si une personne était poignardée, entrainant une extériorisation de ses intestins, cet état était considéré comme une blessure fatale bien que la victime continuait à bouger et montrait d'autres signes de fin de vie, et était techniquement appelé "le mouvement du tué." Si un second agresseur venait alors achever la victime lui provoquant définitivement la mort, la responsabilité du meurtre incomberait au premier agresseur et le second agresseur sera également inculpé, mais pas accusé de meurtre.

Les personnes en état de mort cérébrale dont les organes et le système organique sont maintenus artificiellement sont ramenées au même statut que celui du "du mouvement du tué ", au regard du fait que le retour à la vie est scientifiquement impossible. Ce ne serait donc pas un crime si l’on décidait l’arrêt de la réanimation, ou si le coeur (sain et fonctionnel) est prélevé pour la transplantation destiné à un patient dont le coeur serait malade sans espoir de guérison.

Islam-Médecine

Cet article a été traduit grâce à la permission écrite du sitewww.islamicity.com 

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Le concept de '’urf ou `âda": coutumes et us en Islam

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Introduction

Le bien commun, en philosophie et sociologie, correspond à accéder à des ressources équitablement partagées et à des intérêts qui soudent les membres d'une communauté et participent à son existence.

Le droit musulman a plusieurs sources, dont les sources fondamentales que sont le Coran et la sunna d'une part, et d'autre part les sources secondaires dont la coutume ('’urf ou 'âda).

En arabe, 'urf ou 'orf (arabe : عُرْف) signifie « us et coutume » ou « le convenable ».

C'est ainsi que certaines coutumes pré ou post-islamiques ont pu être intégrées dans le droit musulman, ces dernières étant jugées compatibles avec l'islam. Toutefois, la jurisprudence édifiée à partir de la coutume a pu parfois aller à l'encontre de la lettre de la sharia. La coutume n'est toutefois pas, en général, considérée comme source de droit (de même pour la jurisprudence, ou 'amal): ce n'est « pas une source légale », mais « une source spontanée et de caractère secondaire », qui permet « d'adapter la loi » plutôt que de la « modifier »

La question à se poser est : qu'est-ce qu'il y a dans l'Islam qui  sert le bien commun en tant que respect de la dignité de chaque personne. S'il y a la joie, l'inclusion, l'unité, la paix, le partage, la solidarité, le respect universels, on est en présence d'une foi ou d'une religion objective ou subjective qui sert le bien commun et la dignité de chaque personne. Si par contre il y a l'injustice, le mépris, la fausseté, la guerre, l'exclusion, on est en présence d'une foi ou d'une religion objective ou subjective qui sert un bien privé.

Ce concept de Al- Mâarouf est retrouvé plus de vingt fois dans le Coran. Il est souvent défini comme étant le Bien, le convenable, ce qui est moralement acceptable par tous et qui dans une société donnée correspondrait à un ensemble de valeurs autour desquelles les individus se seraient plus ou moins mis d’accord.

Cela correspond aussi à tout ce que l’on peut reconnaître comme étant source de bienfaits pour les êtres humains et ce terme désigne aussi tout ce que la raison reconnaît comme étant juste et dans l’intérêt de tous.

Ce concept de Mâarouf paraît être très proche, voire équivalent, de celui du « Bien commun » ou « bonum commune » concept traditionnel, aux racines antiques (Platon et Aristote) et médiévales (Thomas d’Aquin). Il a été en général compris comme étant l’expression d’un intérêt supérieur de caractère à la fois rationnel et divin.

L’Islam nous ordonne de faire le bien et d’éviter le mal

Les croyants apprennent les véritables significations du bien et du mal dans le Coran, livre révélé par Allah comme la Norme par laquelle discerner le vrai du faux. Des concepts tels que le bien et le mal, le vrai et le faux, sont expliqués dans le Coran à l’aide d’exemples que tout le monde peut comprendre. La crainte de Allah des croyants leur accordera la faculté de discerner le bien du mal. (Sourate al-Anfal, 29)

Les musulmans passent leur vie à appliquer ce que leur conscience leur dit du bien et du mal, comme il est écrit dans le Coran. Pourtant, ils prennent une autre responsabilité importante sur leurs épaules : inviter les autres à voir la vérité, à éviter le mal et à appliquer la morale du Coran. Les croyants passent leur vie à expliquer aux gens la différence entre le bien et le mal, parce que Allah a ordonné ceci aux croyants :

Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. (Sourate Al-lmran, 104)

Dans le verset 110 de la Sourate Al-lmran, Allah souligne que ceux qui se conforment à ce commandement sont bien meilleurs que les autres :

Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers.

Les fidèles appliquent ce devoir coranique non seulement par respect pour ceux qui ignorent la différence entre le bien et le mal, et qui n’ont aucune connaissance de la religion, mais également par respect pour les fidèles eux-mêmes. Les gens ne tombent pas dans l’erreur uniquement par ignorance, mais parfois par négligence, par erreur ou lorsqu’ils sont animés par leurs désirs terrestres. Cela étant, le fidèle encourage à faire le bien et prévient le mal en rappelant à autrui les commandements du Coran. Ils s’avertissent les uns les autres dans ce monde, que ceux qui ne parviennent pas à éviter le mal subiront les tourments de l’enfer ; que seuls ceux qui font le bien et accomplissent leurs obligations religieuses avec dévotion seront récompensés par le Paradis. Cette formidable responsabilité signifie qu’ils ne ressentent jamais de lassitude ou de découragement tandis qu’ils continuent à avertir autrui avec compassion et affection, quelles que soient les erreurs qu’ils aient pu commettre. Dans bon nombre de versets, Allah révèle qu’Il aime ceux qui ont de la patience, et appelle les fidèles à être patients lorsqu'ils appliquent la morale du Coran :

O les croyants ! Cherchez secours dans l’endurance et la salat. Car Allah est avec ceux qui sont endurants. (Sourate al-Baqarah, 153)

Sauf ceux qui sont endurants et font de bonnes oeuvres. Ceux-là obtiendront pardon et une grosse récompense. (Sourate Hud, 11)

Et les conventions sociales ?

Dans notre religion aussi il existe des « conventions sociales ». Elles nous ont été dictées par notre Prophète salla Allah aleyhi wa salam ou directement dans le Coran, et des hadiths Qudsi (venant d’Allah Ta’ala). On y apprend à :

-Ne pas entrer chez les gens, comme il est  dit dans le verset 31 de la sourate An-Nour.
-Toujours proposer à manger et à boire à ses invités, comme nous l’explique un long hadith Qudsi rapporté par Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) et noté dans Ryad as Salihin sous le numéro 896.
-Sourire entre sœurs et entres frères lorsque l’on se croise, même si l’on ne se connait pas : Abou Dahrr (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Prophète salla Allah aleyhi wa salam m’a dit : « Ne méprise aucune bonne action si petite soit-elle, comme le fait d’accueillir ton frère avec un visage souriant ». [Muslim]

Et encore tant d’autres choses. Ce sont des choses qu’Allah ordonne ou recommande, en échange d’une grande récompense. Elles définissent le cadre d’un vivre ensemble, au sein d’une société musulmane, et ce pour le bien-être de tous.

Conclusion

Dès ses origines, le droit musulman a pris en compte le droit coutumier. Les imâms Malik, Abou Hanifa et Ibn Hanbal, Ach-Chafii, fondateurs des quatre écoles juridiques (madhhab) principales du sunnisme, se sont inspirés respectivement des coutumes de Médine, de l'Irak et de La Mecque pour établir la discipline de leurs écoles1. Les choses se sont compliquées à partir de l'an 40 de l'Hégire, au fur et à mesure de l'extension de l'empire musulman pour des raisons tenant évidemment aux traditions et habitudes des pays islamisés, par exemple pour les rites de célébration du mariage, les systèmes de poids et mesures, le règlement de l'usure (ribâ, ar. ربا), les règles de métayage, ou de tenure des terres, etc. Plus tard, les sultans ottomans se sont appuyés sur la coutume pour justifier certaines de leurs mesures en matière de fiscalité ou de recrutement des janissaires.

Quoi qu'il en soit, les juristes musulmans ont beaucoup débattu pour savoir si la coutume avait la valeur des sources de droit dérivées du Coran et de la sunna, (idjma' et qiyâs), autrement dit pouvait être considérée une source légale (asl). À l'exception de la plupart des auteurs malékites, notamment des malékites maghrébins2, ils ont estimé qu'il s'agissait d'une source secondaire, auxiliaire, dont le rôle était d'adapter la loi plutôt que de la modifier3.

Il n'empêche que dans tous les pays musulmans, la coutume interfère constamment avec la charia. Tel est le cas, par exemple, dans l'islam indien sunnite, ainsi qu'en Indonésie, où la vie quotidienne est plus commandée par la coutume (appelée 'âda) que par le fiqh4. Il en allait de même en Afghanistan sous le régime des talibans, où l'on appliquait la charia dans toute sa rigueur, mais en respectant le code coutumier des tribus pachtounes, le Pachtounwali.

 

http://www.asma-lamrabet.com/articles/l-ethique-coranique-de-l-union-conjugale-partie-i-le-concept-d-al-maarouf-ou-bien-commun/

http://m.harunyahya.fr/tr/works/21189/SEUL-LAMOUR-PEUT-VAINCRE-LE-TERRORISME/chapter/9298/Seul-l%E2%80%99amour-peut-vaincre-le-terrorisme

http://fr.wikipedia.org/wiki/%27urf

 

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LA GESTION DE LA VIE CONJUGALE EN ISLAM

Il est évident que c'est la personne la plus consciente qui doit tenir la responsabilité de la gestion et de la planification. Dans la vie conjugale, il se peut qu'il y ait harmonie et équivalence des niveaux de conscience de l'homme et de la femme. Mais il se peut que l'un soit plus conscient que l'autre. Dans le premier cas, les deux conjoints doivent s'accorder sur la planification de leur vie et sur la distribution des rôles qu'ils doivent remplir pour mieux gérer cette vie en tout ce qui touche la responsabilité de chacun envers l'autre, ou envers leur vie commune.

 

Si le niveau de conscience n'est pas le même, la partie qui est plus consciente doit se charger de la planification pour la gestion de la relation conjugale. Elle doit chercher à contenir la pensée de l'autre dans sa conscience, à l'inciter à participer à la planification et à la gestion à travers la découverte et le développement des éléments positifs de sa personnalité, dans le sens de l'intégration et de la complémentarité des rôles dans la gestion commune.

 

La question de la planification au sein de la vie conjugale ressemble à la question de la planification dans la vie sociale. La planification peut relever des responsabilités de l'élite, comme de celles de la société toute entière, à travers le suffrage universel qui détermine les éléments importants pour le présent et pour l'avenir.

 

Si la femme est plus consciente que l'homme, elle peut avoir besoin d'étudier la nature des éléments positifs de sa personnalité afin de ne pas provoquer ses susceptibilités quant à la question du niveau de conscience. Elle ne doit pas toucher au sentiment, même s'il est morbide, de sa virilité, sentiment qu'ont les hommes qui imaginent que l'élément masculin est supérieur à l'élément féminin. La femme doit, dans les situations de ce genre, essayer de pénétrer dans sa conscience, dans ses sentiments, pour lui présenter le projet comme s'il était produit en commun. Puis, elle doit passer à l'étude des détails de la gestion au sein de la vie conjugale pour les partager avec l'homme. La femme peut arriver, par son tact, par sa finesse et par sa conscience, à gérer la vie conjugale dans les affaires intérieures, ou aussi, dans certaines affaires extérieures. Mais cela doit se faire d'une manière qui respecte l'importance, pour l'homme, de sentir qu'il a raison et qu'il est important. La femme ne doit pas dépasser les limites au-delà desquelles l'homme commence à sentir que le mouvement de sa femme devient de plus en plus étouffant de sa propre personnalité et de son propre sentiment de soi-même.

http://francais.bayynat.org.lb/femme_en_Islam/34.htm

 

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Comprendre ce qu'est La Salafiya

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  Qu'est ce que la Salafiya ?

As-Salafiya est le nom attribué aux personnes apparentées aux Salafs As-Saleh (les ancêtres vertueux), à savoir aux musulmans des trois meilleurs siècles (les trois premiers) en raison du Hadith rapporté par Boukhari, qu'Allah lui fasse miséricorde, dans son Sahih où le Prophète, , signale que les meilleurs gens sont ses Compagnons puis ceux qui leur succédèrent et puis ceux qui succédèrent à leurs successeurs. Quiconque les suit en les imitant est donc Salafi.

La base de la méthode des Salafs est l'observance de la conduite des Compagnons en s'appuyant sur le Coran et la Sunna, que ce soit au niveau des idées théoriques ou de la pratique, qu'il s'agisse de la compréhension ou de l'application. Cette méthode demeurera jusqu'au Jour du Jugement Dernier et c'est juste de s'y rallier.

Quant à ceux qui commettent des innovations ou sont connus pour avoir des croyances sectaires réprouvées par l'Islam comme Al Khawaridj, Ar-Rawafidh, les Moâtazilites, Al Mordjia, Al Djabriya et toute autre secte égarée, ceux-là ne font pas partie de As-Salafiya et au contraire la combattent. Le Prophète, , informa dans le Hadith rapporté par Boukhari et Muslim, qu'Allah leur fasse miséricorde, qu'un groupe, de sa nation, suivant la vérité sera toujours sauvegardé et ceux qui les délaissent ne leur porteront point préjudice; il en sera ainsi jusqu'au Jour du Jugement Dernier.

Les mouvements Salafis, réformateurs, les plus connus sont: le mouvement de Cheikh Mohammed Ibn Abdelwahheb, qu'Allah lui fasse miséricorde, qui incita à purifier la conception du monothéisme et combattit le polythéisme ainsi que les moyens y conduisant et ses partisans. Ce mouvement a fait face aux extravagances du Soufisme, élimina les innovations religieuses et autres superstitions et raviva l'obligation du Djihad. Il y a également le mouvement Ahl al Hadith qui est l'un des plus anciens mouvements et associations islamiques dans la péninsule indienne. Parmi les desseins de ce mouvement on note: celui de purifier l'Islam des innovations et des superstitions, suivre la méthode des Salafs vertueux que ce soit sur le plan théorique ou pratique et reprouver le fanatisme doctrinal. Il y a également l'association des Ansar As-Souna Al Mohammadiya (les partisans de la Sunna du Prophète ). Cette association s'est élaborée au début en Egypte, puis s'est répandue dans d'autres pays sur la base du monothéisme pur, de la Sunna authentique, de la purification des convictions, de la réprobation des innovations et des superstitions comme conditions du rétablissement du Califat et de la renaissance de la nation islamique.

De ce qui précède de la définition d'As-Salafiyya, nous distinguons l'importance des objectifs de ce mouvement qui appelle à un Islam pur et exempté des souillures du polythéisme, des superstitions, des innovations et des actes blâmables. Ce mouvement a également pour but d'affermir dans la personnalité du musulman le concept de l'alliance et du désaveu et la récusation du fanatisme pour les personnes, les noms et les étiquettes quelles qu'elles soient.

Quant à l'attitude du mouvement Salafi vis-à-vis des autres mouvements, celle-ci ne dépasse pas la relation fraternelle que le musulman doit entretenir avec son frère, à savoir qu'ils sont dans le même rempart. Ils sont tel un édifice compact dont les structures se soutiennent les unes les autres. Ils acceptent la vérité des bienfaisants, pardonnent les fautes des pécheurs, cherchent à concilier les cœurs, à unir les musulmans, faire sortir la Nation du concept étroit des partis politiques et des alliances limitées et la guider vers l'immense espace de l'Islam et son universalité en se basant sur le principe suivant : "Aimer l'homme et le prendre comme allié suivant sa piété; le détester et lui manifester de l'inimitié suivant sa désobéissance."

Que disent les Oulémas sur As-Salafiya ?

As-Salafiya ne fait pas partie des diverses sectes égarées de la communauté de notre Prophète, , mais c'est une méthode qui signifie le retour à la même compréhension du Coran et de la Sunna que les pieux prédécesseurs de cette communauté parmi les Compagnons et ceux qui les suivirent et le fait d'œuvrer en conséquence.

L'expression "les pieux prédécesseurs" désigne les généreux Compagnons, leurs successeurs et ceux qui les suivirent de la meilleure façon.

Le Prophète, , a privilégié son siècle et les deux ou trois siècles suivants, en les qualifiant de "meilleurs", comme cela a été transmis par Imrane Ibn Hausseine, qu'Allah soit satisfait de lui, bien qu'il n'ait pu précisé exactement s'il s'agissait d'un ou deux siècles après le siècle du Prophète .

Boukhari et Muslim, qu'Allah leur fasse miséricorde, rapportent que le Prophète, , a dit à ses Compagnons qu'après leur époque, viendraient des gens qui trahissent et à qui personne ne fait confiance, qui témoignent sans que leur témoignage ne soit demandé, qui font des promesses qu'ils ne tiendraient pas, et que l'obésité s’extériorisera parmi eux.

Allah, Exalté soit-Il, s'est adressé aux nobles Compagnons en ces termes: « Vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes. » (Sourate 3/ Verset 110)

Il incombe à cette communauté de s’unir sur la base de cette méthode, au lieu de se disperser en plusieurs partis lesquels sont soumis aux passions des gens.

Il n'y a pas de mal à s'apparenter aux pieux prédécesseurs en disant qu'on est Salafi, mais l'important c'est de suivre leur méthode, leur croyance et leurs actions, car enfin ce qui compte ce sont les actes du musulman et non le nom auquel il s'apparente. Ceci est l'opinion des Oulémas et Cheikhs que vous avez nommés dans votre question.

Cheikh Ibn Othaimine, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit que les gens de la Sunna wal Djamaâ sont les Salafs dans la croyance, même celui qui est retardé jusqu'au Jour du Jugement est considéré comme tel s’il suit la voie du Prophète, , et de ses Compagnons

Saleh Al-Fawzane a défini la doctrine Salafi en disant qu'elle désigne la voie des pieux prédécesseurs de cette communauté parmi les Compagnons, leurs successeurs, et les grands imams, en ce qui concerne la croyance juste, la méthode correcte, la foi sincère et l'attachement à l'Islam en tant que foi, législation, moralité et comportement; contrairement aux innovateurs, aux déviants et déliquescents.

Parmi les plus célèbres personnes qui ont appelé à adopter la doctrine Salafi il y a : les quatre imams (Abou Hanifa, Malek, Chafiï et Ahmed), Cheikh Al-Islam Ibn Taymiya et ses élèves, le Cheikh Mohammed Ibn Abd Al-Wahab et ses disciples, et bien d'autres parmi les réformateurs et rénovateurs qu'Allah leur fasse miséricorde, car il n'y a pas une époque sans qu’il y ait un réformateur juste et rien n'empêche de les nommer les gens de la Sunna wal Djamaâ afin de faire la distinction entre les gens du vrai et ceux du faux.

Cheikh Al-Albani, qu'Allah lui fasse miséricorde, et ses frères parmi les Oulémas du Hidjaz, Nadjd et ceux qui s’en rapprochent, étaient tous des adeptes de cette méthode et ne s'accusaient pas les uns les autres d'innovation ou de perversité. Il y a simplement eu une controverse entre eux sur des questions sur lesquelles les Oulémas ont divergé à différentes époques sans que les uns n'éprouvent d'animosité envers les autres. Que les gens se contentent de ce qui était la source de satisfaction de ces nobles et bienfaisants prédécesseurs.

Que les musulmans prennent garde de ne pas suivre les pas du diable qui désire les diviser en sectes et partis et s’attirer ainsi la colère d'Allah Exalté soit-Il.

Ceci ne veut pas dire que ces Oulémas sont irréprochables et ne commettent pas de fautes, ni d'erreurs. Il se peut que certains prédicateurs et Oulémas se trompent sur certains sujets sur lesquels il ne faut pas les suivre, cependant cela ne permet pas au musulman de porter atteinte à leur dignité. Bien au contraire, les Oulémas musulmans doivent être respectés au plus haut point, surtout que leurs œuvres pieuses multiples absolvent le peu d'erreurs qu'ils ont !

http://www.islamweb.net/

 

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Histoire de l’Islam politique

L’histoire de l’Islam politique revêt un intérêt particulier en raison de sa richesse et de son caractère passionnant. Mis à part les efforts somme toute louables des anciens historiens tels que Tabari, Ibn Qathir, ibn al Athir, Ibn Khaldoun et d’autres qui n’ont pas manqué de composer des volumes sur l’histoire politique et sociale de l’Islam, les historiens modernes ne semblent attacher que peu d’intérêt à cette matière dont le manque est ressenti avec regret par les milieux intellectuels aussi bien laïcs que musulmans. Si je me suis permis d’aborder un domaine qui n’est pas le mien, c’est bien à cause de ce vide que le devoir m’incite à combler.

Néanmoins, étant donné que l’écriture de l’histoire n’est pas chose facile— les historiens vous le diront – c’est en simple amateur que j’essaie de présenter brièvement au lecteur un aperçu de l’histoire mouvementée de l’Etat islamique.

Seulement, faut-il le rappeler, l’histoire n’a d’utilité que si elle peut servir de source d’inspiration pour améliorer le présent et orienter vers des lendemains meilleurs. Si l’on se borne à raconter des récits sans tirer profit de leurs enseignements, on perdrait son temps dans les fantasmes et l’imagination stérile. Or, tout l’intérêt de l’histoire est qu’elle contient des faits et des vérités qui doivent servir de leçons. Certains faits sont à éviter, à bannir, d’autres sont à rechercher, à imiter, à rééditer.

Par exemple, la communauté de Médine, ses qualités morales et sociales, la foi et la piété qui la caractérisent, les vertus de fraternité et d’amour qui sous-tendent les relations entre ses membres, les principes d’équité et de justice qui étaient appliqués, l’exemple de solidarité, de générosité, l’esprit de sacrifice pour la cause de Dieu qui l’anime, la cohésion sociale, l’unité malgré la diversité sociale et culturelle de ses membres, toutes ces valeurs sont à prendre en considération si l’on aspire à l’instauration d’une société semblable à celle de Médine. En revanche, les querelles pour le pouvoir, la division, les excès, le dogmatisme religieux et philosophique, le clanisme, l’extrémisme de certaines sectes, le despotisme de certaines dynasties… sont à éviter. Ces attitudes sont à bannir parce qu’elles sont à l’origine de tous les malheurs de la communauté et surtout de la décadence qui lui a fait perdre sa place comme puissance et comme civilisation.

Après le décès de son fondateur (paix et salut sur lui), la communauté-Etat n’a pas connu dans l’immédiat de grands bouleversements susceptibles de porter atteinte à sa stabilité et au fonctionnement normal de ses institutions. Mis à part les troubles, très tôt dissipés, de l’apostasie de certaines tribus arabes, on peut dire que la société a fonctionné harmonieusement grâce à un système d’équité et de justice mis en place par les Califes. Les troubles ont commencé à la fin du règne du troisième Calife Othman ibn Affane à la suite des événements subversifs suscités par Abdallah ibn Sabaa, un Juif que tous les historiens désignent comme un faux converti à l’Islam. C’était le début d’une succession de révoltes qui vont marquer l’histoire de l’Islam et entamer la cohésion sociale de la communauté. La désobéissance de Moawia, gouverneur du Cham, aux ordres du Calife fut l’acte fondateur de la division de la communauté et des luttes fratricides qui s’ensuivirent.

Cet événement a engendré le grave schisme (Sunnite/ Chiite) qui va se perpétuer et affaiblir à jamais la communauté musulmane.

Ensuite, l’ouvrage aborde de manière plus ou moins détaillée les différentes dynasties à partir des Omeyyades jusqu’aux Ottomans, en passant par les Abbassides, les Fatimides, les Ayyubides, les Mamelouks, etc.

L’exposé des dynasties n’est pas exhaustif. Certaines dynasties dont l’énumération peut paraître ennuyeuse n’ont pas été citées. Cette étude n’a pas pour objet de recenser mais de rendre compte des grands événements qui ont marqué l’histoire de l’Islam.

L’important est que ce modeste travail permette d’ouvrir un champ de réflexion ou servir de base à des travaux plus consistants et plus approfondis.

 

L’Auteur Maître Ahmed Simozrag

 

La garde des enfants en Islam

Lorsqu’après avoir mis tout en œuvre pour établir l’entente entre les époux, on n’y parvient toujours pas, ils sont séparés, soit par une répudiation (Talaq) soit par une dissolution des liens du mariage (Faskh). Si un enfant est né de cette union, se pose alors la question de la garde. Il est malheureux de constater que lors de la période « trouble » que représente bien souvent la séparation, les valeurs de l’islam sont trop souvent oubliées, au profit de lois satisfaisant aux passions de l’un ou de l’autre des époux. On peut s’étonner, une fois encore – et cet étonnement est sans fin, louange à Allah – de la « modernité » de l’islam et des principes clairs et limpides qu’il établit en matière de garde. Pour en exposer les principales règles, nous suivrons, de nouveau, le cheminement du commentaire de Bulûgh Al-Marâm, en ne retenant que l’essentiel, par souci de concision.

Le terme Al-Hadânah est dérivé de Al-Hidn qui désigne le giron (ou le flanc), car l’éducateur garde l’enfant dans son giron (à ses côtés). Dans la terminologie religieuse, il désigne le fait de protéger l’enfant, le simple d’esprit ou le fou de ce qui lui est nuisible, de l’élever, et d’agir dans son intérêt. Allah dit : « Son Seigneur l’agréa alors d’un bon agrément, la fit grandir de la plus belle manière, et Il en confia la garde à Zakariyyâ » [Sourate Âl cImrân, v.37] c’est-à-dire qu’Allah en a fait un responsable, s’attachant à son intérêt, elle était donc sous sa garde et sa protection. Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) dit à la mère : « Tu es plus en droit de le garder tant que tu ne te remaries pas. » [Shaykh Al-‘Uthaymin dit : La garde, lorsqu’elle est disputée est un droit de l’enfant, mais lorsqu’il y a abandon, c’est une obligation collective (Fard Kifâyah) qui repose sur les proches parents qui doivent prendre en charge l’enfant, le simple d’esprit ou le fou, et si l’un d’eux s’en charge, l’obligation cesse pour les autres.] (NdT : C’est là un principe absolu, établi il y a plus de quinze siècles, et dont on distingue à peine les contours aujourd’hui en Occident : l’enfant est au centre de la question de la garde, et c’est son intérêt qui prime. L’enfant n’appartient à aucun des parents, il n’est pas l’objet d’un chantage, d’une vengeance, il est un être à part entière, quel que soit son âge, et l’islam protège ses intérêts. Celui qui agit contrairement à cela commet une injustice dont il aura à répondre devant Allah, et l’injustice sera ténèbres au Jour de la Résurrection.)

Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah a dit : « Il faut savoir que le Législateur n’a pas fait mention d’un Texte général dans la priorité et le choix de l’un des deux parents. Les savants sont unanimes pour dire qu’on ne donne pas priorité à l’un des deux parents de manière systématique, mais on donne priorité à celui qui permettra de réaliser l’intérêt de la garde et saura en repousser les méfaits. Et si l’un des deux parents présente une perversion, l’autre est prioritaire, sans aucun doute. » La vérité est que la garde est une responsabilité qui n’est accordée qu’à celui qui y convient le mieux, et cette aptitude consiste à s’occuper de tout ce qui touche à l’enfant. La Législation ne donne priorité à personne en raison de la parenté, mais elle donne priorité à celui qui en est le plus en droit, le plus capable, le plus apte. C’est ce que veulent signifier les savants, quelle que soit la manière dont ils l’expriment, et l’ordre qu’ils donnent.

Ceci dit, la mère est plus en droit de garder son enfant, en raison du hadith de ‘Abd Allah Ibn ‘Amr qui rapporte qu’une femme dit : « Ô Messager d’Allah ! Cet enfant, mon ventre l’a porté, mon sein l’a nourri et mon giron l’a protégé. Son père m’a répudiée et il veut me l’enlever. » Le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) lui dit : « Tu es plus en droit de le garder tant que tu ne te remaries pas. » [Abû Dâwud (2276)]

Enseignements du hadith :

1 – La mère est plus en droit que le père d’obtenir la garde de l’enfant, tant que celui-ci est dans le stade de la garde, et ce tant qu’elle ne se remarie pas, et cette règle fait l’unanimité parmi les savants.

2 – Si la mère se remarie et que le mariage est consommé, son droit de garde cesse, car elle est désormais occupée par son mari qui est plus en droit qu’elle se consacre à lui ; et cette règle fait l’unanimité parmi les savants. [Shaykh Ar-Râjihî dit : Ceci, si son nouvel époux n’accepte pas la garde, mais s’il l’accepte, le droit de garde de la mère perdure, ainsi qu’en a décidé le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) concernant la fille de Hamzah, en accordant la garde à sa tante maternelle, lorsque son mari Ja’fâr Ibn Abî Tâlib l’accepta et en demanda la garde].

3 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : Cet exposé détaillé du législateur sage vise à préserver le droit de l’enfant et celui du nouvel époux. Avant le mariage, la mère se consacre à l’enfant et au fait d’agir dans son intérêt, son droit sur elle perdure donc. Mais après le mariage, elle négligera un des deux droits : soit celui de son époux, qui est le plus établi ; soit elle se consacre à son époux en négligeant l’enfant qui demande une attention constante.

4 – La priorité donnée à la mère sur le père dans la garde de l’enfant, tant qu’elle s’y consacre exclusivement, est d’une grande sagesse et d’un grand intérêt, car les connaissances de la mère, son expérience, et sa patience sur ses enfants sont des choses qu’on ne trouvera à ce point chez aucun des proches de l’enfant, au premier desquels, le père.

5 – As-Shawkânî a dit : « Le hadith est la preuve que la mère a plus de droit sur l’enfant que le père, tant qu’aucun obstacle ne vient s’y opposer, comme le mariage, et Ibn Al-Mundhir a rapporté l’unanimité des savants sur ce point. »

6 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : La garde est conditionnée par le fait qu’elle réalise le but pour lequel elle existe qui est de protéger l’enfant de ce qui lui est nuisible et d’agir dans son intérêt. Ainsi, si celui à qui la garde est confiée néglige l’enfant, et ne se soucie pas de savoir s’il s’égare ou suit la voie droite, alors son droit de garde cesse.

7 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : Si la mère se remarie, la garde revient au père, ceci tant que le transfert de garde n’est pas une cause de perte pour l’enfant, par exemple si le père le confie à une des anciennes coépouses de sa mère, et on connaît la jalousie entre épouses et l’inimitié à laquelle elle peut conduire, et en ce cas l’épouse du père n’agira pas dans l’intérêt de l’enfant. Dans cette situation, il n’est pas permis d’accorder la garde au père, même si la mère se remarie, mais la mère en est toujours plus en droit. Et si on craint que tous deux ne perdent l’enfant, la garde est confiée à des proches plus éloignés, car il n’est pas permis de confier l’enfant à celui qui ne le protègera pas et ne l’éduquera pas convenablement. Donc, si le fait de renvoyer l’enfant chez son père, après le remariage de sa mère, peut amener à sa perte et son manque d’éducation, la garde revient à la mère si elle peut s’acquitter des obligations de la garde, ou alors il est confié à d’autres.

8 – Al-Buhûtî a dit : « Celui qui renonce à son droit de garde, ce droit cesse par le fait qu’il s’en soit détourné, mais il peut le reprendre quand il le souhaite, car il se renouvelle avec le temps, de la même manière que les dépenses. »

(NdT : Lorsqu’on étudie le détail de la question à travers les propos des savants, on s’aperçoit donc que c’est l’intérêt de l’enfant qui est privilégié, et avant tout son intérêt religieux, comme nous le verrons plus tard. Ensuite, plus l’enfant est jeune, plus c’est la stabilité affective qui est privilégiée, ainsi Abû Bakr dit au père de l’enfant confié à sa mère : « Son parfum et son toucher sont meilleurs que le miel qu’il trouvera auprès de toi. » Ibn cAbbâs dit : « Le parfum, le lit, et le giron de la mère sont meilleurs que le père pour l’enfant, jusqu’à ce qu’il grandisse et choisisse de lui-même. » Ensuite, il faut considérer là où se situe l’intérêt de l’enfant du point de vue de l’éducation, quel est celui de ses parents qui sera le plus à même de lui apporter ce qui lui sera profitable. Ainsi que l’a énoncé Shaykh Al-Islâm, il n’y a pas d’ordre préétabli s’appliquant en toute situation, une décision spécifique est donc rendue pour chaque cas, et en cas de désaccord, c’est au juge de statuer en fonction de l’intérêt de l’enfant.)

À l’âge du discernement, l’enfant a le choix, en raison du hadith de Abû Hurayrah qui rapporte : « Une femme dit : « Ô Messager d’Allah ! Mon mari veut emmener mon fils alors que celui-ci m’est utile et qu’il me puise de l’eau du puits d’Abû cInabah. » Lorsque son mari vint, le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) dit : « Ô mon enfant ! Voici ton père et voilà ta mère. Prends la main de celui avec lequel tu veux rester. » L’enfant prit la main de sa mère, et elle partit avec lui. » [Abû Dâwud (2277)]

Enseignements du hadith :

1 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : Lorsque l’enfant parvient à l’âge du discernement, il devient autonome en de nombreuses choses, et ainsi le droit de garde devient similaire entre la mère et le père. Donc, on lui donne le choix entre son père et sa mère, et celui vers lequel il se dirige le prendra. [Les savants ont divergé quant à l’âge auquel l’enfant parvient au discernement, certains ont été d’avis qu’il s’agissait de l’âge de sept ans, en raison du hadith : « Ordonnez à vos enfants d’accomplir la prière à partir de l’âge de sept ans » [Abû Dâwud (495)], alors que d’autres savants sont d’avis que ce sont les aptitudes qui doivent être prises en compte, ainsi l’enfant qui discerne les choses est considéré comme tel, même s’il a moins de sept ans, et la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) ne désignerait en ce cas que ce qui est le plus courant. Concernant l’aptitude recherchée, elle consiste à ce que l’enfant comprenne la situation et ce qu’on lui dit et sache répondre].

2 – La volonté de l’enfant doué de raison de choisir l’un de ses parents est prise en compte, mais Ibn Al-Qayyim dit : « Le choix n’est donné que s’il comporte un intérêt pour l’enfant, ainsi si la mère préserve mieux l’enfant que le père, elle a priorité sur lui. On ne doit pas considérer le choix de l’enfant en ce cas, car il est faible d’esprit et préfère l’oisiveté et le jeu, et s’il choisit celui qui l’aidera en cela, il ne faut pas prendre en considération son choix, et il doit rester avec celui qui lui sera le plus utile, et c’est la seule chose que veut signifier la Législation. »

3 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : Si l’enfant choisit un parent, cela implique-t-il qu’il s’écarte de l’autre ? Non, s’il choisit son père, il reste auprès de lui, mais ce dernier ne doit pas lui interdire de rendre visite à sa mère, sauf s’il craint que cela ne cause un préjudice à l’enfant, en quel cas il sait mieux ce qui convient. Et en l’absence de tout préjudice, il lui est obligatoire de lui permettre de rendre visite à sa mère.

4 – Shaykh Al-Fawzân dit : Si l’enfant ne veut pas choisir [et qu’ils sont tous deux autant dignes d’obtenir la garde], on tire au sort entre les deux parents, et celui qui est désigné obtiendra le droit de garde.

5 – La garde est accordée au parent résident, ainsi si le père réside dans un pays et la mère dans un autre, la garde est accordée au père, de crainte que la lignée de l’enfant ne se perde, en raison de son éloignement vis-à-vis de son père. Ibn Al-Qayyim dit : « Mais si le père veut porter un préjudice, ruse pour lever la garde de la mère, et voyage afin que l’enfant le suive, cette ruse s’oppose à ce qu’a visé le législateur, et ces formes de ruse ne sont pas permises pour séparer la mère de son enfant de manière à lui rendre difficile le fait de le voir, le rencontrer, et de patienter sur sa perte, et le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Quiconque sépare une mère de son enfant [lors d’une vente d’esclaves], Allah le séparera de ceux qu’il aime au Jour de la Résurrection. » [At-Tirmidhî (1283)] »

6 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : Le hadith concerne un garçon, mais qu’en est-il de fille ? C’est une question sur laquelle les savants ont divergé : certains ont dit qu’on lui donnait le choix au même titre que le garçon ; d’autres ont dit que le père la prenait, car on peut craindre qu’une jeune fille reste avec sa mère qui ne pourra pas la protéger si un homme violent l’agresse ; et d’autres encore ont dit qu’elle restait avec sa mère jusqu’à la puberté […] Ce qui est correct est qu’elle reste auprès de sa mère jusqu’à ce qu’elle se marie, sauf si on craint un préjudice, si la mère habite dans une maison qui n’est pas protégée et que les pervers qui escaladent les maisons y sont nombreux, en ce cas, la jeune fille doit être chez son père qui la protègera.

(NdT : C’est là un passage très important qui met encore en lumière la sagesse de la Loi d’Allah. L’intérêt de l’enfant est ce qui prime, mais il n’existe pas en islam (sauf cas exceptionnels et motivés) ce qui est malheureusement trop pratiqué de nos jours, de « garde exclusive » qui consiste à ce que la garde soit confiée à l’un des parents, alors que l’autre ne dispose que de « droits de visite » souvent limités à quelques jours dans le mois. C’est là une injustice faite à l’enfant et au parent lésé. Les jurisconsultes ont donné de nombreux exemples des modalités de la garde d’enfant, et bien souvent ils mentionnent que l’enfant passe la journée chez l’un et la nuit chez l’autre, par exemple dans le cas du jeune garçon qui doit faire son éducation ou apprendre un métier avec son père, ou inversement avec la petite fille. Quoi qu’il en soit, tout s’organise autour de l’intérêt de l’enfant, et la permission qui lui est accordée de jouir, quotidiennement ou très régulièrement, de ses deux parents.)

Concernant la garde de la mécréante ou de la débauchée, Râfic Ibn Sinân rapporte « qu’il a embrassé l’islam alors que sa femme refusa. Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) fit asseoir la mère d’un côté, le père de l’autre, et il plaça l’enfant au milieu. Celui-ci pencha vers sa mère. Alors le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) dit : « Ô Allah ! Guide-le. » L’enfant pencha alors vers son père qui l’emmena avec lui. » [Abû Dâwud (2244)]

Enseignements du hadith :

1 – Shaykh Al-‘Uthaymin dit : L’enfant ne doit pas être laissé au parent mécréant, même si l’enfant le choisit, car cet enfant a penché vers sa mère mécréante, mais le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a invoqué afin qu’Allah le guide, et il a finalement penché vers son père. Si on objecte que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) n’a pas interdit à l’enfant de pencher vers sa mère, mais qu’il a uniquement invoqué Allah, on peut répondre que l’invocation du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) est exaucée et qu’elle tient lieu d’interdiction. Ainsi, si le cas se présente aujourd’hui devant le juge, devons-nous simplement invoquer pour l’enfant ou l’empêcher de pencher vers le parent mécréant ? Nous devons l’en empêcher, car l’invocation du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) est exaucée, et elle indique que le choix de l’enfant pour sa mère mécréante n’était pas la guidée mais l’égarement et le fourvoiement.

2 – Le but de la garde est d’éduquer l’enfant et le protéger de tout ce qui peut lui nuire, et la plus grande forme d’éducation consiste à préserver sa religion, et la plus grande protection consiste à l’éloigner de la mécréance. Si la garde est confiée au mécréant, il l’éprouvera dans sa religion, le sortira de l’islam en lui enseignant la mécréance et en l’éduquant sur cela. C’est là le plus grand préjudice, car la garde de l’enfant n’est établie que pour préserver l’enfant, et aucunement d’une manière qui causera sa perte, et celle de sa religion.

3 – Le responsable doit être musulman si celui dont il assume la garde est musulman, mais si ce dernier est mécréant, et que son père est mécréant, nous ne nous opposons pas à son choix, en raison de la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) : « Et ce sont ses parents qui en font un juif, un chrétien ou un mazdéen » [Al-Bukhârî (4775) et Muslim (2658)] Le mécréant a donc autorité sur ses enfants mécréants, garçons ou filles, mais pas sur l’enfant musulman.

(NdT : Nous l’avons-vu plus tôt, c’est avant tout la religion de l’enfant qui doit être préservée. C’est une chose que les parents doivent clairement mettre au centre de leur réflexion, au-delà des querelles, de la rancœur, de l’attachement à l’enfant ; car on parle ici du Paradis ou de l’Enfer, de l’islam ou de la mécréance, de la droiture ou de la perversité, et celui qui aime réellement son enfant veut pour lui ce qui est de meilleur, même si cela lui est difficile. Lorsque les années auront passé, quel bien, le parent qui a gardé l’enfant au détriment de son intérêt religieux, tirera-t-il d’un enfant qui se sera égaré et sera peut-être pour lui source de calamités et malheurs ? Et que dira-t-il lorsqu’Allah l’interrogera sur sa responsabilité ? A l’inverse, quelle joie plus grande que de voir son choix et sa patience récompensée, son enfant devenu grand, suivre la voie droite, faire preuve de piété et de bonté envers ses deux parents ? La garde de l’enfant est une responsabilité, un dépôt, et comme toute responsabilité, elle ne doit être recherchée que si on sait qu’on s’en montrera digne et capable.)

Reste de nombreuses autres questions annexes, et néanmoins importantes, que nous ne pouvons aborder ici par souci de concision, mais nous voudrions conclure par un point très important qui est : quelle soit la situation, et quel que soit le parent auquel la garde est attribuée, c’est sur le père que repose l’obligation de pourvoir aux besoins de l’enfant, c’est lui qui doit s’acquitter des dépenses nécessaires à son éducation et son développement. Ainsi, le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) « Commence par ceux qui sont à ta charge » [Al-Irwâ’ (834)] ; et il dit également : « Suffit pour péché d’abandonner celui dont on a la charge. » [Al-Irwâ’ (894)] La question des moyens financiers, même si elle est prise en compte, n’est donc pas l’élément principal dans le choix du parent, et le père ne peut pas non plus se substituer à cette obligation et faire selon son bon vouloir, car c’est le droit de l’enfant sur lui.

Wallahu ‘alam.

Source : Commentaire de Bulûgh Al-Marâm

 

http://www.salafs.com/modules/news/article.php?storyid=10419

 

e6un7

Le sacrifice des animaux dans les religions

Dans l'Antiquité

Le sacrifice comme élément central des religions antiques a fasciné la science des religions depuis que celle-ci pense avoir compris le rituel comme le véritable « langage » de la religion. La découverte du rituel a apporté simultanément deux modèles d’interprétation dans le discours sur la religion : la religion est, dans l’homme, quelque chose d’archaïque, de primitif, de non apprivoisé par la culture. Par conséquent, la religion n’est pas ce que les théologiens veulent entendre par là aujourd’hui : un comportement éthique et son fondement ultime dans le transcendant, le respect pour l’infini, la sublimation suprême, en somme ! À l’origine, la religion s’avère être un comportement préconscient, qui se trouve en relation avec les instincts de l’homme en tant qu’être naturel. Une « situation primitive » en est le parfait exemple.

Dans la Grèce antique, la religion faisait partie du quotidien ; sacré et profane étaient étroitement imbriqués. Pour les hommes, il était crucial de pouvoir entrer en communication avec les dieux : nombre de rites furent ainsi inventés pour s'allier les Immortels, les appeler ou les remercier. Parmi ces rites, le plus couramment pratiqué étant le sacrifice – en particulier le sacrifice sanglant, qui consistait à mettre à mort un animal en l'honneur d'une divinité – et, parallèlement, le don d'offrandes. La religion grecque était donc basée sur l'échange et la réciprocité : les dieux accordent leurs faveurs et les hommes, en retour, les honorent et leur témoignent fidélité et gratitude. Mais parler aux dieux, chercher à s'attirer leurs bonnes grâces, c'était aussi reconnaître son statut de mortel. S'il semble possible d'influer, dans une certaine mesure, sur le cours des événements, les dieux restent maîtres des destinées.

Dans la Bible

Pour les chrétiens, Jésus-Christ s'est sacrifié lui-même pour sauver le genre humain, tel que cela est relaté dans plusieurs versets du Nouveau Testament. La théorie mimétique de René Girard, dans son développement, en vient à distinguer le sacrifice primaire (une collectivité met à mort une victimaire émissaire) d'un sacrifice secondaire (inauguré par les prophètes, achevé par Jésus dans une version considérée comme parfaite et imité par les martyrs), avec ceci d'intéressant que le secondaire révèle l'existence du primaire. En prédisant son propre lynchage émissaire et en acceptant d'être la victime des peuples de son temps (et d'un point de vue anthropologique de toute l'humanité), Jésus révèle le mécanisme émissaire en place depuis l'apparition d'homo sapiens voire des espèces humaines précédentes. Le Dieu des chrétiens refuse les sacrifices alors que les dieux païens multiplient les meurtres eux-mêmes et en réclament dès qu'ils se sentent offensés, ou plus exactement quand des membres de la communauté ont transgressé des interdits. Quoique les modernes sachent bien que les boucs émissaires sont innocents, cette innocence étant même intégrée dans la signification de cette locution, il s'agit d'une révélation pour les contemporains de Jésus : les "Grecs" (ou les polythéistes) ne savent pas qu'ils produisent des sacrifices pour réguler la violence profane et pacifier les relations ; de leur point de vue, celui que nous autres modernes appelons "bouc émissaire" est coupable. Jésus renverse la façon de voir la scène du sacrifice et fait passer d'une victime active avec une foule passive à une victime passive avec une foule active.
Jésus dans l'évangile de Saint Mathieu condamne le sacrifice des animaux.

 

Dans le Coran

Selon l'islam, le Coran est le point terminal de la Révélation pour cette humanité. Il se présente de fait comme la récapitulation et la synthèse des messages antérieurs, et maints récits bibliques y sont relatés de façon condensée et allusive. Le caractère sibyllin du « Livre », on va s’en rendre compte, apparaît nettement dans l’épisode du sacrifice d’Abraham.

Dans la sourate 37, ressort au thème coranique de l’épreuve (balâ’), qui agit comme une véritable pédagogie spirituelle à l’adresse des croyants et à fortiori des prophètes : l’élection et l’investiture ont pour passage obligé la purification. Abraham (Ibrâhîm en arabe) a été choisi comme « ami intime de Dieu » (khalîl Allâh) parce qu’il a subi avec succès maintes épreuves1. L’une des plus intenses fut sans doute ce songe au cours duquel le patriarche se vit en train d’immoler son fils :

- « Ô mon fils, je vois en rêve que je t’égorge. Qu’en penses-tu ? »

- « Père, répondit le fils, fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras, si Dieu veut, parmi ceux qui supportent [l’épreuve] » (Cor. 37 : 102).

La commémoration du sacrifice d’Abraham, actualisée chaque année par le sacrifice d’animaux, est devenue la « grande fête » (al-‘îd al-kabîr) des musulmans, célébrée le 10 de Dhû l-Hijja, mois du Pèlerinage. Le Hajj, ceux qui l’ont accompli le savent bien, est une épreuve : répétition du Jugement dernier, il est mort à ce monde et résurrection.

À l’instar de la bête, le pèlerin est l’offrande sacrificielle dont le parcours rituel permet à la communauté musulmane, et au-delà à l’humanité, de se régénérer. Si le sacrifice animal garde aujourd’hui toute sa pertinence, et si le partage et le don de la viande perpétuent « l’hospitalité sacrée » d’Abraham, il importe de ne pas perdre de vue le sens premier du sacrifice : la purification intérieure.

Analyse sociologique du sacrifice

Le sacrifice peut se comprendre comme un échange entre les hommes qui le pratiquent et les puissances divines qui le reçoivent. Dans les sociétés primitives, non-monétaires, tout commerce suppose un échange, dons contre dons, à proportion de la situation et de la qualité des personnes engagées dans l'échange. Do ut des, je donne pour que tu donnes, selon la formule latine bien connue... Le don n'est jamais gratuit mais s'effectue selon des codes sociaux précis et réglés par la tradition.
Il en va de même dans l'échange entre hommes et puissances divines. De même que les langues anciennes n'ont pas de mot pour désigner la "religion" en soi, comme une activité et surtout une idéologie, séparée du reste des activités humaines, le sacrifice, ou ce que nous nommons tel, est d'abord à comprendre dans le cadre plus large des règles de l'échange et du fonctionnement des relations sociales. Les Dieux étant les plus puissants des êtres, la communication et l'échange avec eux sont régis par des règles certes spéciales mais qui doivent s'entendre dans un cadre plus large donc. Plus une personne est puissante et haut-placée, plus elle est censée répondre au don par un contre-don encore plus prestigieux et de plus haute valeur. On offre aux Dieux le meilleur parce qu'on attend en retour des dons inestimables, la pluie, de bonnes récoltes, la victoire, la paix, la prospérité, la santé... En latin, sacrifier veut dire faire passer dans le monde du sacré un objet profane, généralement par une forme de destruction (mais pas nécessairement, que l'on songe aux dédicaces, objets votifs et ex-voto de toutes sortes). Cette définition peut être généralisée mais n'oublions pas qu'en grec, thysia, le sacrifice est un mot de la même racine que thyein, brûler et thyo, encens, parfum. Il n'a un sens "technique" et religieux que secondairement. Sacrifier, c'est faire monter une fumée d'agréable odeur vers les Dieux, comme il est dit dans la Bible aussi.
Le sacrifice étant un échange, il est un partage... Une des formes est donc le repas sacrificiel où la victime est "sacrifiée" puis consommée de concert entre Hommes et Dieux, chaque partie recevant sa part, différence qui marque la séparation en le Ciel et la Terre mais aussi leur communion. Le sacrifice doit donc s'entendre comme une frontière, mais une frontière où l'on se rencontre et où l'on échange, aux dons des hommes devant répondre les dons des Dieux.
Dans la Bible, en Grèce, à Rome, tuer un animal pour la boucherie ou le sacrifier, n'a point de différences. Une seule manière de le mettre à mort qui est toujours sacrificielle. Puis après que la part des Dieux a été prélevée et leur a été offerte, les hommes prennent leur part, soit pour la consommer sur place dans un grand banquet commun soit pour l'amener chez eux. Dans ces temps anciens, on mangeait rarement de la viande, d'abord aux fêtes qui étaient toujours "religieuses" et donc accompagnées de "sacrifices".

 

Conclusion

Friedrich Nietzsche, Jane Harrison, Martin Nilsson renversent l’image de la « noble simplicité et calme grandeur ». L’« origine sauvage » du rituel devient, en somme, la clef de la religion ; l’homme devient l’homo necans. Dès lors naît une théorie de la culture qui attribue au sacrifice, en tant que rituel, un effet canalisateur : grâce au rite sacrificiel, la menaçante agressivité intraspécifique est déchargée sur l’animal. Au lieu de s’entretuer, les hommes mettent à mort l’animal sacrificiel. Walter Burkert et René Girard, le spécialiste de la littérature, développent simultanément une théorie semblable sur le rite sacrificiel, du point de vue de la culpabilité, de l’imitation, de l’évacuation de l’agressivité. Plus large et plus systématique est l’interprétation du sacrifice comme ordre et représentation du groupe.

 

 

http://kernos.revues.org/2029

http://www.religions-histoire.com/

http://fr.wikipedia.org/

http://oumma.com/

 

  • e6un7

     
     
     
 

Les religions et l'extase

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Le bonheur absolu

Les philosophes : ils ne savent pas comment excuser Dieu ; c'est pourquoi ou bien ils le nient, ou bien ils le prouvent : ce qui revient au même. En effet au lieu de chercher d'abord à le voir, ils commencent par le concevoir. Jacques Rivière"

Ne discutez pas les doctrines et les religions, elles sont une.
Toutes les rivières vont à l'océan.
La grande eau se fraie mille chemins le long des pentes.
Selon les races, les âges et les âmes, elle court dans des lits différents, mais c'est toujours la même eau." Ramakrishna

Insouciant, dans la joie, contemplatif, naïf, paisible, voici le béat.

L'humanité est vouée à atteindre sa perfection. Cette perfection, c'est la sagesse et l'extase. Telle est la base de notre philosophie.

Une expérience universelle

En divers écrits et sous diverses appellations, les courants spirituels et philosophiques ont dépeint l'expérience extatique.

Certains l'appellent Bhakti (l'hindouisme), devekout (le judaïsme), béatitude ou félicité (le christianisme). D'autres l'a nomment hâqiqa, fanâ (l'islam), nirvana ou éveil (le bouddhisme). D'autres encore, l'intitulent ataraxie, époché, splendeur, joie (Spinoza) ou souverain bien (Aristote)..

Tout ces termes, décrivent la même sensation psychique.

Une technique identique

Pour atteindre cet état, les religions proposent des techniques fondamentalement similaires. Prière et ascèse pour le christianisme. Méditation, éveil et ascèse pour le bouddhisme et le zen. Prière et récitation pour le judaïsme, le bouddhisme et l'islam. Etc.

Ces techniques ont le même but : conduire au renoncement, à l'anéantissement du moi et à la sublimation. Elles font toutes appel à la méditation, au contrôle du corps, au jeûne, ou au monachisme.

 

Le judaïsme

La splendeur dans le judaïsme, le Zohar

judaismeL'intention de s'unir physiquement avec Dieu, apparaît dés le départ du monothéisme. Elle est au centre des préoccupations de sa religion mère : le judaïsme.

Pour atteindre la splendeur (zohar) le hassidisme (un des courants du judaïsme), propose : une ascèse vigilante et joyeuse (pour purifier l'âme), le dépouillement, et l'humilité (anava) nécessaires à la prière du cœur, à la concentration (awana) à l'adoration (aboda) à l'embrasement de l'amour (nitlahavout) enfin au mystère et à la consommation de l'union (devekut).

Le but est d'incarner la vie intérieure de Dieu. C'es l'itinéraire de l'homme en marche vers l'union mystique, aïn, seuil indicible du non être.

La prière, la justice, la pénitence réparent la brisure du péché. Elles permettent la rédemption venue de Dieu seul. Elles ouvrent sur la plénitude du royaume sans frontières de l'amour.

La correspondance entre dieu et l'homme est absolue. Extraits du livre de la splendeur (sepher ha zohar)

 

Le christianisme

L'état d'oraison dans le chistianisme

christianismeCette quête de l'absolu, se retrouve bien entendu au sein du christianisme. Elle fait partie des socles sur lesquels est construit cette grande religion.

Dans l'expérience spirituelle de la contemplation, le sujet éprouve intimement et physiquement la présence de Dieu.

Pour que l'homme soit capable de Dieu, il faut qu'il se désapproprie de lui-même.

La mort de l'amour propre, la purification des sens intérieurs, l'abandon de la volonté constitue les principaux aspects de ce chemin d'abnégation.

Le dépouillement de soi-même passe d'abord par l'abandon de l'amour que l'on se porte, le renoncement à tous les besoins de gratification sociale, affective et morale qu'éprouve le moi

L'Islam

La haqîqa, le fanâ, pour les musulmans

islamOn trouve, bien évidemment, l'extase au cœur de l'islam. C'est la recherche principale du soufisme.

Pour cette grande religion, la troisième et ultime étape de la vie spirituelle, conduit à la haqîqa, à la vérité. Elle marque la coïncidence des contraires, des opposés.

C'est le domaine de l'union, de l'unicité, de la dissolution ou dilution de l'humain dans le divin.

Le voyageur spirituel acquiert une humanité pour ainsi dire angélique pour arriver enfin à une humanité divinisée où il est dit que l'homme est annihilé en dieu qui, seul subsiste.

Les attributs humains sont remplacés par les attributs divins. Le chercheur devient ainsi l'objet de sa quête. Il est lui-même le but.

Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n'es autre qu'Allah.

http://mecaniqueuniverselle.net/bonheur/religion-extase.php

Qui sont les personnes bénies ?

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Bénédiction se dit en arabe : "بَرَكة" : "Baraka", ou : "يُمْن" : "Yumn".

A l'origine "al-Baraka" signifie l'établissement, la permanence (الثبوت و اللزوم و الاستقرار) (Jalâ' ul-afh'âm, p. 165) (voir aussi Muf'radât ur-Râghib). A partir de là, "la bénédiction (al-baraka), écrit Ibn ul-Qayyim, c'est abondance du bien et sa permanence (البَرَكة كثرة الخير و دوامه)" (Badâ'i' ul-fawâ'ïd, p. 311).

1) Le fait qu'une chose soit bénie signifie donc deux choses :
– que dans cette chose il y a du bien en quantité abondante (kathîr) ;
– et que dans cette chose ce bien est établi (thâbit) et permanent (lâzim).

An-Nawawî a de même décrit ces deux aspects de la bénédiction : "A l'origine la bénédiction signifie : l'établissement du bien, et son abondance" (Shar'h Muslim sur n° 286). Fakhr ud-dîn ar-Râzî a écrit la même chose en commentaire du verset 7/54 : "La bénédiction a été commentée de deux façons : l'un est la permanence (al-baqâ' wa-th-thabât) ; l'autre est l'abondance d'effets de bien et de résultats nobles" (Tafsîr ur-Râzî, commentaire de Coran 7/54).

Al-Qurtubî a pour sa part exposé le premier aspect : "Et la bénédiction est l'abondance du bien (Wa-l-baraka : kathrat ul-khayr)" (Tafsîr ul-Qurtubîtome 4 p. 139). Ar-Râghib al-Asfahânî a quant à lui exposé le second aspect :"Et la bénédiction est l'établissement [= la permanence], dans une chose donnée, du bien conféré par Dieu (Wa-l-baraka : thubût ul-khayr il-ilâhî fi-sh-shay')" (Mufradat ur-Râghib, B-R-K).

Quant au fait que "Yumn" et "Baraka" sont deux synonymes, c'est ce que Ibn ul-Athîr a écrit : "Mention du "يُمْن" (yumn) a été répétée dans les hadîths. Il s'agit de la "baraka". Son contraire est : "شُؤْم" (shu'm)" (An-Nihâya fî gharîb il-hadîth wa-l-athar, Y-M-N, tome 2 p. 933 dans l'édition que je possède).

2) La bénédiction (Baraka) que Dieu accorde aux créatures est de deux types principaux : d'ordre temporel (dunyawî) ; et d'ordre religieux (dînî / ukhrawî) :

A) Une action "dunyawî" est une action dont l'avantage est uniquement ou essentiellement ou immédiatement lié à la vie humaine dans ce monde ; par exemple le fait de consommer de la nourriture.

Un bienfait "dunyawî" (ni'ma dunyawiyya) est donc un bienfait lié à ce qui sert uniquement, essentiellement ou immédiatement par rapport à la vie de ce monde ; par exemple l'apaisement de la faim, l'absorption des nutriments par l'organisme ; la fertilité d'une terre ; l'intelligence qu'une personne possède.
S'il s'agit d'une créature qui recèle une quantité particulièrement abondante de bienfaits "dunyawî", on parle de "bénédiction d'ordre temporel" (baraka dunyawiyya).

B) Une action "dînî" est une action dont l'avantage est uniquement ou essentiellement ou immédiatement lié à la vie de l'au-delà : par exemple la prière ; ou le jeûne ; etc.
Un bienfait "dînî" (ni'ma dîniyya) est donc un bienfait lié à ce qui sert uniquement, essentiellement ou immédiatement par rapport à la vie de l'au-delà ; par exemple la guidance vers la croyance orthodoxe ; l'acceptation par Dieu de l'action cultuelle que l'on a faite pour Lui ; le fait que Dieu se relie avec l'homme qui cherche à se relier avec Lui.
S'il s'agit d'une créature qui recèle une quantité particulièrement abondante de bienfaits "dînî", on parle de "bénédiction dînî" (baraka dîniyya).

3) Il existe différents degrés de bénédiction (Baraka), aussi bien dunyawî que dînî :

La créature ayant reçu la bénédiction de la part de Dieu est dite : "chose bénie" (mubârak). Certaines créatures ont cependant reçu de la part de Dieu une part plus importante de bénédiction que d'autres (soit de bénédiction dînî, soit de bénédiction dunyawî, soit des deux), ce qui fait qu'elles sont dites : "plus bénies" (par rapport à telle autre chose).

Ibn ul-Qayyim écrit ainsi : "La chose qui apporte le plus de bienfait (anfa'), c'est la chose la plus bénie (ab'rak)" (Zâd ul-ma'âd 4/157).

Ainsi, Dieu dit qu'Il a béni la Terre : "Dis : "Renierez-vous, et donnerez-vous des égaux à Celui qui a créé la Terre en deux périodes – voilà le Seigneur de l'univers –, et a placé au-dessus d'elle des ancres, l'a bénie (bâraka fîhâ) et lui a assigné ses ressources en quatre périodes, égales pour ceux qui interrogent. Puis (thumma) Il S'est établi vers le ciel alors que celui-ci était fumée, puis Il a dit à celui-ci et à la Terre : "Venez, de gré ou de force !" Ils dirent : "Nous venons obéissants." Il fit d'eux sept cieux en deux périodes et Il révéla à chaque ciel l'ordre (qui) lui (revenait). Et Nous avons embelli le ciel le plus bas [ou : le plus proche] par des lampes, et [celles-ci servent aussi] de protection. Voilà l'ordre établi par le Puissant, l'Omniscient" (41/9-12) ; (article 547). Ibn Kathîr écrit : "Il l'a rendue bénie, capable de (produire) le bien, de (recevoir) la semence et le plant" (Tafsîr Ibn Kathîr). La Terre tout entière a donc été bénie par Dieu.

Pourtant, il est des lieux de la Terre que Dieu a davantage bénis encore.
Ainsi, Dieu a dit de la Kaaba : "La première Maison qui a été placée sur Terre est assurément celle qui est à Bakka, bénie (mubârakan), et orientation pour les mondes" (Coran 3/96). Il s'agit d'une baraka dîniyya, liée à l'essence même de la Maison, qui est une orientation pour les mondes, les conduisant à l'adoration de Dieu l'Unique. La présence de la Maison a entraîné aussi une baraka dunyawiyya pour toute la Mecque et même pour tout le Haram, vu que, comme Dieu le rappelait aux polythéistes mecquois : "Ne les avons-nous pas établis dans un Haram sûr, jusque auquel, comme attribution de Notre part, les produits de toute chose sont apportés ?" (Coran 28/57). Ceci constitue une baraka dunyawiyya.
De même, Dieu désigne la terre de Shâm par les termes "la terre que Nous avons bénie (bârakna fîhâ)" (voir Coran 7/137 ; 17/1 ; 21/71 ; 21/81 ; 34/18). Ar-Râzî dit qu'il s'agit d'une baraka dunyawiyya et dîniyya : dunyawî par rapport à la fertilité de cette région et de l'excellence de son climat ; dînî par rapport à la quantité unique de prophètes qui y sont nés et y ont vécus (Tafsîr ur-Râzî, sur Coran 21/71).

 

En fait, toute la Terre ayant reçu une baraka dunyawiyya de la part de Dieu (conformément à ce que dit le verset 41/9), ces autres versets signifient que la terre de Shâm a pour sa part reçu une part particulièrement importante de cette baraka dunyawiyya, plus importante que d'autres régions de la Terre.

Par ailleurs, cette terre de Shâm a été également décrite dans le Coran comme étant : "la terre sanctifiée" ("al-ardh ul-muqaddassa") (Coran 5/21). Le terme "taqdîs" signifie : "purifier de toute souillure spirituelle et morale (Muf'radât ur-Râghib). "Muqaddassa" veut donc dire : "purifié de ce qui est mal" ; cependant, il s'agit de ce qui est "purifié de ce qui est mal" tout en étant "empli de ce qui est bien" (Asmâ' ullâh il-husnâ, Ar-Ridwânî, p. 250). C'est parce que le terme recèle lui aussi le sens de "être empli de bien" que Mujâhid a commenté "al-ardh ul-muqaddassa" par : "mubâraka" (Tafsîr ul-Qurtubî sur 5/21) ; c'est aussi pourquoi Ibn ul-Anbârî a commenté le terme "Tabâraka" par : "Taqaddassa" (Jalâl' ul-af'hâm, p. 167). Ceci constitue donc ce que nous avions déjà dit plus haut : la terre de SHâm recèle de la baraka dîniyya.

Pareillement à des lieux, il est des moments dans le temps que nous connaissons auxquels Dieu a conféré une bénédiction dînî, c'est-à-dire qu'ils recèlent une valeur (fadhl) dînî particulière. Ainsi en est-il du mois de ramadan, dont le Prophète a dit une fois : "Est venu à vous ramadan, un mois béni (mubârak). Dieu a rendu obligatoire pour vous le fait de jeûner. Les portes du ciel s'ouvrent pendant ce (mois), et les portes de l'enfer se ferment pendant ce (mois). Il se trouve pendant ce (mois) une nuit pour Dieu, qui est meilleure que mille mois. Celui qui est privé du bien de cette (nuit), celui-là est (vraiment) privé" (an-Nassâ'ï 2106, Ahmad). Il s'agit d'une baraka dîniyya, que Dieu a accordée à ce mois.

De même encore, il est des personnes dans l'humanité à qui Dieu a donné plus de faveurs qu'à d'autres. Dieu dit : "Nous (les) bénîmes lui* et Isaac" (Coran 37/113) (* il s'agit d'Ismaël.) De même, le prophète Muhammad (sur lui et sur tous les prophètes soit la paix) est un être béni de baraka dîniyya et de baraka dunyawiyya (ses Compagnons profitaient également de la bénédiction dunyawî de sa personne. Est-il béni parce qu'il a été nommé prophète, ou bien a-t-il été nommé prophète parce qu'il était déjà béni ? Les deux aspects sont vrais.

Pour en revenir à ce qui nous intéresse ici, on voit qu'il y a des personnes dont Dieu ou Son Messager a dit qu'elles sont plus bénies que d'autres, des lieux sur Terre qui sont plus bénis que d'autres, et des moments du temps qui sont plus bénis que d'autres. On dit que Dieu a favorisé (fadhdhala - yufadhdhilu - tafdhîlan) ces choses par rapport aux autres.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

http://www.maison-islam.com/articles/?p=632

 

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Nou avons chacun 4 anges qui nous tiennent compagnie...!!


Chaque serviteur s'est vu attribué 4 anges ! 2 de ces 4 anges descendent du ciel à l'heure du fajr et restent en compagnie du serviteur jusqu'à la prière du asr ! 

Et les 2 autres descendent du ciel à l'heure du asr et restent en compagnie du serviteur jusqu'à l'heure du fajr ! 

Et aucun des 2 groupes d'anges ne quitte le serviteur avant que l'autre groupe ne soit arrivé, afin que tout acte que ce serviteur effectuera soit bel et bien noté de manière claire et précise, tout est enregistré et rien ne manque. 

Et il a été rapporté dans les 2 recueils de hadiths authentiques des imâms Al-Boukhâri et Mouslim d'après Abi-Hourayrah que le messager d'Allah salallahou 'alayhi wa sallam a dit : 

se succèdent auprès de vous les anges de la nuit et les anges de la journée et ils sont réunis durant la prière du matin (salât as sobh) et la prière de la fin d'après-midi (salât al 'asr). 

Ils se succèdent donc jour et nuit ! Ainsi ces 2 groupes d'anges sont réunis durant la prière du matin et la prière de la fin d'après midi, et lorsque ces anges retournent auprès d'Allah il leur demande dans quel état étaient mes serviteurs lorsque vous les avez quitté ? (il leur pose la question mais il est plus savant qu'eux de la réponse) ainsi il leur demande : dans quel état étaient mes serviteurs lorsque vous les avez quitté ? 

Et les anges répondent alors nous les avons quitté alors qu'ils priaient et nous les avions trouvé alors qu'ils priaient ! Quand nous sommes parti en fin d'après midi ils étaient en train d'accomplir la salât et quand nous étions venus à eux à l'aube ils priaient ! 

Sois attentif à ce point là serviteur d'Allah ! Et dis moi par Allah ! si nous étions témoins de leurs descentes et de leurs remontées vers le ciel, si on pouvait les voir descendre du ciel et y remonter ne serait-ce point là une spectacle grandiose ??? 

Si on considère qu'il y a près de 5 milliards d'êtres humains sur terre et que chacun d'entre eux a avec lui 4 anges ! 

Combien ça nous fait d'anges en tout ? 

Ça nous donne 20 milliards d'anges mandatés auprès des humains ! Ceci nous éclaire sur le grand nombre qu'il existe d'anges. 

Il y a près de 20 milliards d'anges qui montent et redescendent du ciel de jour comme de nuit ! 

Toutes ces montées et ces descentes du ciel n'aurait aucun but ? Tout ceci ne serait que vaine futilité ? 

Il y a près de 20 milliards d'anges dont la mission est de retranscrire les actes des êtres humains ! 

Tout ceci ne serait ce que perte de temps, un simple jeu sans but ? 
Non bien sur que non ! Absolument pas ! Il s'agit d'une affaire extrèmement importante, il s'agit d'une affaire très sérieuse, une affaire de la plus haute des importances ! 

Allah a attribué à chacun d'entre nous 4 anges qui se font passer entre eux le registre de nos oeuvres afin d'y inscrire chacun de faits et gestes.

Cheikh 'Abdoullah ibn 'Uthmân al-Dhamâri

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Semer la discorde(al fitna) en Islam

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Fitna est un mot arabe se référant à la guerre civile, au désaccord et aux divisions parmi les musulmans, en particulier pour les périodes comprenant des épreuves de foi. Le mot peut être traduit par « révolte, sédition ou émeute ».

La querelle, en se développant, en s'enracinant et en multipliant les ramifications de ses épines, détruit la fraîcheur de la Foi, tue la bonté et l'amour de la paix qu'elle inspire. Et il n'y a plus alors aucun bien dans l'observation des rites prescrits, qui n'apportent plus aucune protection à l'âme. Souvent, la querelle s'empare des esprits de son auteur et le pousse à commettre des écarts avilissants pour la grandeur d'âme et des péchés graves qui font encourir la malédiction.

En effet, L'Envoyé de Dieu a dit:

"Voulez-vous que je vous indique ce qui est meilleur que le jeûne, la prière et l'aumône ? Les gens présents lui ont dit: Certes, oui ! Il a dit: C'est d'endiguer l'inimitié et l'animosité, car laisser se propager l'inimitié constitue la haliqa (celle qui rase), je ne dis pas celle qui rase seulement les cheveux, mais celle qui rase la Foi" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

Le démon ne parvient peut-être pas à faire de l'homme sensé et raisonnable un adorateur d'idole, mais il peut, lui qui est trop attaché à la séduction de l'homme et à sa perte, parvenir à l'éloigner de son Seigneurau point qu'il ignore ses devoirs encore plus que l'idolâtre délirant. Pour mener à bien cette machination, le démon s'emploie avec ruse à allumer les feux de l'animosité dans les coeurs. Une fois ce feu allumé, le démon se réjouit du spectacle de ces flammes qui brûlent le présent et l'avenir des hommes et qui engloutissent leurs liens et leurs vertus.

L'Envoyé de Dieu a dit:

" Satan a perdu définitivement l'espoir d'être adoré par les orants dans la presqu'île arabique, mais il ne désespère pas de semer la discorde entre eux" [Rapporté par Muslim ].

Il y a des vices contre lesquels l'Islam a mis en garde, et il convient de connaître leur source principale. En effet, tous ces vices se ramènent, malgré la diversité de leurs formes, à un mal unique: la haine. Il en est ainsi de la calomnie des innocents.

C'est un crime vers lequel pousse la haine. Comme la calomnie a pour effet grave d'altérer les réalités et de blesser les personnes vertueuses, l'Islam la considère comme le pire des mensonges.

Aïcharapporte que l'Envoyé de Dieu a dit à ses Compagnons:

"Savez-vous quelle est auprès de Dieu la pire forme d'usure (al-riba) ? Ils ont dit: Dieu et Son Envoyé le savent mieux ! Il a dit: La pire forme d'usure pour Dieu c'est la violation de la réputation d'un individu musulman, puis l'Envoyé de Dieu récita ce verset : { Ceux qui offensent injustement les croyants et les croyantes se chargent d'une infamie et d'un péché notoire } [ Sourate 33 : verset 58 ] [ Rapporté par Abû Ya'la ].

Nul doute que sonder les défauts des gens et chercher à les en attribuer sciemment est signe de perversion et de bassesse. C'est pourquoi l'Islam a institué des punitions immédiates pour certains crimes de la calomnie. Mais, ce qui est réservé dans la Vie future comme châtiment aux différentes formes de calomnie, est plus terrible encore.

L'Envoyé de Dieu a dit:

"Celui qui évoque chez une personne un défaut qu'elle n'a pas, uniquement pour la dénigrer, Dieu le gardera dans le feu de l'Enfer jusqu'à ce que s'épuise ce qu'il a dit sur cette personne" [ Rapporté par At-Tabarânî ].

Dans une autre version:

"Pour tout homme qui répand sur un musulman un mot dont il est innocent, uniquement pour le discréditer dans la vie d'ici-bas, Dieu se doit au Jour de la Résurrection de le fondre dans le feu jusqu'à ce que s'épuise ce qu'il a dit sur ce musulman".

Comme ce qu'il a dit est une diffamation, comment peut-il prouver le contraire devant Dieu et comment peut-il se débarrasser de ses conséquences?

La bonne santé du coeur impose au croyant de souhaiter au moins le bien pour les gens, s'il est incapable de le leur apporter de sa main.

Quant à celui qui invente un mal pour l'imputer aux gens et leur attribuer par pur mensonge, c'est un impudent calomnieux. Allah a dit:

{ Ceux qui aiment que la turpitude se répande parmi les croyants subiront un châtiment douloureux en ce monde et dans la Vie future. Dieu sait, et vous, vous ne savez pas } [ Sourate 24 : verset 19].

Parmi les faveurs que Allah accorde à Ses serviteurs, c'est qu'Il aime que l'on dissimule les défauts des créatures, même lorsqu'ils sont attestés.

En effet, il n'est pas permis à un musulman de diffamer son frère, même en mentionnant des défauts qu'il possède effectivement. Car l'homme au coeur sain compatit devant la douleur des gens et leur souhaite d'en être bien préservé. Quant à la manie de se réjouir en rapportant les scandales d'autrui, de dévoiler les secrets protégés et de mettre les autres à nu, ceci n’est pas le comportement d un vrai musulman. Voilà pourquoi l'Islam interdit la médisance, car c'est un exécutoire pour une haine renfermée et pour un coeur dépourvu de miséricorde et de bonté.

Abû Hurayra rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit :

" Savez-vous ce qu'est la médisance ? Les gens présents lui ont dit: Dieu et son Envoyé le savent mieux ! Il a dit alors: c'est de mentionner ton frère avec ce (son défaut) qu'il n'aime pas. Les gens ont dit : Vois-tu, et si mon frère a bien ce que j'ai dit de lui ? Il a dit : S'il possède ce que tu as dit de lui, tu auras médit à son sujet, et s'il n'a pas ce que tu lui attribues tu l'auras calomnié" [ Rapporté par Muslim ].

Parmi les règles de bonne conduite instituées par l'Islam pour préserver les affections et éviter les divisions et les ruptures, il y a aussi l'interdiction de calomnier, car c'est un moyen de détériorer les rapports et de retourner les coeurs.

INTERDICTION D'ÊTRE HÂTIF ET IMPATIENT :

La nature même de la fitna (l’épreuve et la discorde) est que les questions deviennent confuses, les erreurs augmentent et les esprits et les intellects commencent à dévier. La protection et la sécurité contre cela – en ces temps - se trouvent dans la jama'a; en tête de laquelle sont les savants. Donc il est obligatoire pour les gens – les gouverneurs et les gouvernés- de s’accrocher aux paroles des savants et d’agir selon elles. Si les masses se préoccupent des questions de fitna, où ils commencent à exprimer leurs propres avis, cela mène seulement à une augmentation de la fitna et divise plus encore la Umma. Ainsi les umur al-'amma (questions touchant à l'avantage général et au bien-être) - les questions liées à la paix, la sécurité et la crainte - doivent être réservées à ceux qui possèdent la connaissance saine et la compréhension, comme Allah - le Très-Haut - dit

"Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S’ils la rapportaient au messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d’entre eux qui cherchent à être éclairés, ils auraient appris (la vérité). Et n’eussent été par la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde, vous auriez suivi le diable, à part quelques-uns." [Sourate An-Nisa 4:83]

L’imam As-Sa'di (d.1376H) - rahimahullah - a dit :

« C'est l’avertissement sévère d'Allah à Ses serviteurs en ce qui concerne leurs mauvaises actions. Et c’est une nécessité pour eux, que lorsque leur viennent des nouvelles d’une question importante - comme les questions qui touchent au bien être général et la sécurité des croyants, ou celles qui se rapportent à une atteinte à la sécurité, ou à la crainte d'une calamité qui vient à eux - ils doivent d'abord vérifier ces nouvelles et ne pas être hâtifs dans sa diffusion. Plutôt ils doivent rapporter ces questions au messager (sallallahu ' alayhi wa sallam) et aux détenteurs du commandement; ceux qui possèdent la science, la compréhension, le bon conseil, l'intellect, la maturité et la maîtrise de soi; ceux qui comprennent les affaires et ont la connaissance des avantages et du mal que cela peut amener. S'ils voient que dans la radiodiffusion il y a un avantage et une cause de bonheur pour les croyants et le moyen de se protéger de leurs ennemis, donc ils doivent faire ainsi. Mais s'ils voient qu'il n'y a aucun avantage dans cela, ou qu'il y a quelque avantage, mais que le mal est plus grand, alors ils ne doivent pas agir ainsi. C'est pourquoi Allah a dit : " ceux d’entre eux qui cherchent à être éclairés, ils auraient appris (la vérité)." C’est à dire qu'ils l'auraient évalué avec leur saine compréhension et leur science ferme et correcte. Ainsi il y a là une preuve d’un principe important qui est : si surgit le besoin d'examiner une question particulière, il est obligatoire qu'elle soit laissée à ceux qui sont qualifiés pour cela et personne ne doit les précéder - et ceci est plus proche de ce qui est correct et préservé de l'erreur. Et il y a aussi une interdiction d'être hâtif et impatient dans la diffusion des nouvelles aussitôt qu'ils l'entendent. De même, cela contient l’ordre de réfléchir avant de parler, donc il y regarde s'il y a un avantage à faire cela, si c’est le cas, il s'y lance et si ce n’est pas le cas, il s'en abstient. » [3

LES SAVANTS ET LES AFFAIRES DE LA UMMA :

Dans les questions de fitna et autres questions détaillées liées aux questions du bien être de la umma - comme les affaires liées à siyasatush-shar'iya (la politique de Shari'a) et les maux répandus et leur semblables- les gens doivent avoir une connaissance saine et une compréhension de la maslaha (l'avantage) et du mafsada (le mal). Ces questions, la plupart du temps, sont la cause de fitan; et ce ne sont pas les questions liées à la purification, la prière, le pèlerinage et leur semblables; dont le jeune étudiant en science- ou dans quelques cas, même le laïc - peut parler, et préférer la parole de celui à un autre. Ceci parce que : «  La compréhension des objectifs et des buts de Shari'a n'est possible, qu’en étudiant à fond les textes et en étudiant les travaux détaillés de Shari'a. Ainsi, fiqhul-maqasid (la science de la compréhension des objectifs et des buts de Shari'a) est en effet une science grande et puissante qui ne peut être saisie partout le monde. Plutôt elle peut seulement être comprise par celui qui a atteint un haut niveau de connaissance, a examiné l'état des affaires et est bien mis au courant de celles-ci et a examiné les divers résultats possibles qui peuvent arriver. Et peser entre les avantages et le mal dépend de la compréhension de Shari'a, de ses objectifs, de la compréhension de l'état des affaires et des divers degrés de bénéfices et de mal. Donc ceci n'est possible que pour les savants. » [4]

L’imam Nawawi (d.676H) - rahimahullah - a dit :

« Celui qui ordonne le bien ou interdit le mal doit être bien informé de ce qu'on ordonne ou interdit. Et le niveau de connaissance exigé pour cela variera conformément à que l'on ordonne ou interdit. Ainsi, si c'est une question concernant des obligations nettes et des prohibitions bien connues - comme la prière, le jeûne, la fornication ou boire de l’alcool- alors chaque musulman est savant concernant ces questions. Cependant, si la question implique des questions détaillées, ou des questions liées à l’ijtihad (la science d'extraire les règles de la révélation), la masse des musulmans ne peut pas y entrer, ni ordonner ou interdire. Plutôt cela est réservé aux savants. » [5]

Et les sujets que nous avons mentionnés (c'est-à-dire ceux qui touchent aux affaires du bien être et de l’intérêt de la umma; comme les questions qui traitent de la politique de Shari'a, juger les affaires, corriger le mal répandu, le takfir (déclarer des musulmans mécréants) et ( se rebeller contre les dirigeants) sont les sujets les plus importants qui ont touché le réveil islamique de nos jours et sur lesquels il y beaucoup de discussions, de controverse et d'argumentation entre ces jeunes musulmans qui s'accrochent à la religion et qui désirent sincèrement le bien. Donc ces sujets sont d'une nature extrêmement importante et de même, dévier du chemin correct en ce qui les concerne est extrêmement dangereux!

C’est pourquoi, j'ai voulu recueillir certaines des paroles de nos nobles savants contemporains sur ce sujet – qu’Allah les protége et s'occupe d'eux et continue à faire profiter la umma de leur présence pour le reste de leur temps - ceux qui sont les savants de la religion et les héritiers des prophètes, ceux qui se sont concentrés sur la compréhension des principes de formulation du halal (légal) et du haram (interdit). Shaykhul-Islam Ibn Taymiya (d.728H) - rahimahullah - a dit : « et quiconque de cette umma, est connu pour être véridique, tandis qu’il a été loué et recommandé par la majorité des divers groupes des gens de cette umma, alors ceux-là sont les leaders de la guidée et les balises dans l'obscurité. » [6] Donc ils sont les savants Rabbani, [7] ceux qui apprennent le Livre aux gens et la sagesse et éduquent les gens sur cela. Et ils sont les gens de la compréhension profonde et de la sagesse qu'Allah nous a commandé de rechercher, par Sa parole

"Demandez aux gens de connaissance si vous ne savez pas." [Sourate Al-Anbiya 21:30]

Ainsi ne pas revenir à eux, ne pas être autour d'eux et ne pas les questionner, est la voie des fitan - comme nous avons précédemment expliqué - particulièrement quand il y a un grand nombre de différences et de gens qui divergent et beaucoup de chemins différents pour le voyageur.

ACCROCHEZ-VOUS A LA JAMA'A :

Les savants sont les leaders et la Jama'a à laquelle on nous a commandé de nous accrocher et dont nous avons été avertis contre la séparation – apparaît dans le hadith de ' Abdullah Ibn Mas'ud (radiyallahu ' anhu) qui l'a rapporté du messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) qui a dit : « le sang d'un musulman qui témoigne que nul n’est en droit d’être adoré en dehors d'Allah et que je suis le messager d'Allah, n'est pas licite, sauf dans trois cas : celui qui commet l'adultère, une vie pour une vie (le talion), ou celui qui abandonne sa religion et se sépare de la Jama'a. » [8]

' Umar Ibnul-Khattab (radiyallahu ' anhu) rapporte que le messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) a dit : « accrochez-vous à la Jama'a et prenez garde de vous en éloigner! Car en effet Shaytan est avec la personne seule, mais est plus éloigné de deux personnes. Et quiconque désire le Paradis, alors qu’il s'accroche à la Jama'a. Et quiconque est réjoui par ses bonnes actions et attristé par ses mauvais actes, alors il est croyant. » [9]

Ainsi, quiconque s'accroche à la Jama'a – sans s’en séparer- sera couronné de succès. Mais quiconque se sépare de la Jama'a et est stupéfié de son propre avis, sa connaissance et du plus grand nombre qui le suit - alors il est celui qui est détruit.

L’imam Abou Bakr Al-Ajurri (d.360H), après avoir cité divers versets et ahadith qui ordonnent de s'accrocher à la Jama'a, a ensuite dit : « le signe pour celui à qui Allah - le Puissant et Majestueux - destine la bonté, est qu'il traverse ce chemin : s'accrocher au Livre d'Allah le Puissant et Majestueux, à la Sunna du messager d'Allah (sallallahu ' alayhi wa sallam) et au chemin de ses compagnons (radiyallahu ' anhum); et tous ceux qui les ont suivis dans la justesse et la bonté, qu’Allah leur fasse miséricorde; et aussi s’accrocher à ce sur quoi étaient les savants des musulmans dans divers pays - comme Al-Awza'i (d.157H), Sufyan ath-Thawri (d.164H), Malik Ibn Anas (d.179H), Al-Shafi'i (d.204H), Ahmad Ibn Hanbal (d.241H), Al-Qasim Ibn Sallam (d.235H) et tous ceux qui étaient sur un chemin semblable au leur, en évitant de prendre tout chemin que ces savants n'ont pas pris." [10]

 

Notes de bas de page :

[1] Pris du magazine Al-Furqan (No 61/p. 44-46)

[2] Ar-Radd ' alal-Jahmiyah waz-Zanadiqah (p. 2) de l'imam Ahmad Ibn Hanba

[3] Taysirul-Karimir-Rahman (2/54-55), référez-vous aussi aux Qawa'id fi Ta'amul-ma'il-'Ulama ' (p. 121)

[4] Qawa'id fi Ta'amul ma'al-'Ulama ' (p. 119) de Shaykh ' Abdur-Rahman Al-Luwayhiq

[5] Sharh Sahih Muslim(2/23)

[6] Majmu'ul-Fatawa (11/45)

[7] Le Savant Rabbani est celui qui possède la connaissance profonde et qui agit en l'accord avec sa connaissance et l'apprend à d'autres en accord avec leur niveau. Référez-vous à Fathul-Bari (1/214) de Al-Hafidh ibn Hajar

[8] Rapporté par Al-Bukhari (9/6) et Muslim (3/1302)

[9] Sahih : Rapporté par Ahmad (1/18) et at-Tirmidhi (No 2254). Il a été authentifié par Al-Albani dans Dhilalul-Janna (No 87)

[10] Al-Shari'a (No 14) de l'imam Al-Ajurri

Sources:

http://salaf-salahin.over-blog.com/article-31429042.html

http://www.sajidine.com/rappels/ethique/coeur_sans_haine.htm

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Les principes de l’économie en Islam

Et parmi les domaines auxquels la législation islamique a donné beaucoup d’importance, le domaine de l'argent et de l’économie dans cette vie ; elle l’a construit sur les bases les plus solides, elle en a fait le meilleur exemple et le plus honorable des buts.

Le Coran a expliqué ses bases et la Sounnah a éclairci ses règles ; celui qui observe les textes de la loi islamique, verra que l’Islam a exhorté à ce que l’argent soit gagné de façons licites et avec les moyens qui correspondent aux ordres de la religion et qui ne sont pas en contradiction avec les comportement des musulmans, Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Puis quand la prière est achevée, dispersez-vous sur terre et recherchez (quelque effet) de la grâce d’Allah, et invoquez beaucoup Allah afin que vous réussissiez}.

 

Et il a dit (qu'Il soit glorifié) :

{O vous qui avez cru ! Que les uns d’entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu'il y ait du commerce (légal), entre vous, par consentement mutuel}.

 

Et dans le hadith authentique, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Le serviteur ne s’en ira pas le jour jugement sans qu’il soit interrogé sur quatre choses) parmi ces choses : (et son argent, d’où l’a-t-il gagné et comment il l’a dépensé) rapporté par At-Tirmidhi. Et il a dit (qu'Allah prie sur et le salue) :

(Tout organisme nourrit de l’illicite, mérite l’enfer).

Parmi les particularités de la législation islamique en ce qui concerne l'économie , le fait que l’économie soit une organisation liée à la croyance et aux bonnes qualités.

 

Ces particularités qui nous montrent la grandeur de l’Islam, reposent sur des bases et des règles importantes :

La première : la sincérité et la loyauté dans les relations commerciales.

La sincérité et la loyauté sont deux qualités du croyant en général :

{O vous qui avez cru ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques}.

 

Et Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Certes, Allah vous ordonne de rendre les dépôts à leurs ayants-droit}.

 

Mais elles sont les qualités qui sont demandées dans les relations commerciales en particulier, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Le commerçant loyal et sincère sera avec les prophètes, les véridiques et les martyrs) rapporté par At-Tirmidhi ; et dans les deux recueils de hadiths authentiques :

(S’ils disent la vérité et montrent les défauts de la marchandise, la bénédiction est mise dans leur vente ; mais s’ils mentent et cachent les défauts, la bénédiction est enlevée de leur vente).

Et la sincérité est demandée avec les musulmans et les non-musulmans ; c’est la raison pour laquelle lorsque les musulmans furent sincères dans leurs commerces et dans les autres relations avec les gens, cela eut un effet important pour que beaucoup de sociétés entrent dans l’Islam par groupes jusqu’à ce qu’elles soient devenues complètement des sociétés islamiques, comme ceci s’est produit dans certains endroits du monde.

La loyauté est un bien auquel le musulman doit s’accrocher, il doit être loyal avec le musulman ou le mécréant, avec l’ami ou l’ennemi ; le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Rends le dépôt à celui qui t’a fait confiance et ne trahis pas celui qui t’a trahi) rapporté par Abou Daawoud et At-Tirmidhi.

 

La deuxième règle : le pardon et la tolérance dans l’achat et la vente, et les autres relations.

Le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Qu’Allah fasse miséricorde à un homme clément lorsqu’il vend, lorsqu’il achète et lorsqu’il réclame une dette).

Ce pardon se présente sous plusieurs formes :

1- Retarder le remboursement d’une dette et toutes les relations dans lesquelles il y a une date précise, en prolongeant la date de paiement ; Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{A celui qui est dans la gêne, accordez un sursis jusqu’à ce qu'il soit dans l’aisance. Mais il est mieux pour vous de faire remise de la dette par charité ! Si vous saviez}.

Et Al-Boukhari a rapporté que le messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(On fera venir un serviteur d’Allah à qui Allah a donné beaucoup d’argent ; Allah lui dira : {Qu’as-tu fais dans la vie sur terre ?} ; Il dira : « O mon Seigneur ! Tu m’as donné de l’argent, donc, j’étais commerçant ; et le pardon était parmi mes qualités ; je facilitais à celui qui était dans l’aisance, et je prolongeais la date pour celui qui était dans la gêne » ; Allah (qu'Il soit exalté) dira alors : {Je suis plus digne de cela que toi ; laissez mon serviteur}) rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.

 

2- L’annulation de la vente, c’est-à-dire que le vendeur accepte d’annuler la vente si l’acheteur le veut, s’étant aperçu qu'il n’a pas besoin de l’objet qu'il voulait acheter. Le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Quiconque accepte d’annuler la vente conclue avec un musulman, Allah annulera ses péchés) rapporté par Abou Daawoud et Ibn Maajah.

 

La troisième règle : le principe du consentement complet dans les relations commerciales.

Pour que les contrats soient valides, l’Islam a imposé la condition du consentement complet des deux contractants et le choix, afin qu’aucun d’eux n’oblige l’autre à accepter ce qu'il ne veut pas ou qu'il prenne une chose sans son consentement ; Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Mais qu’il y ait du commerce (légal), entre vous, par consentement mutuel}.

Et le prophète (qu'Allah prie sur et le salue) a dit :

(Le commerce est avec le consentement) ; et il a dit :

(Le vendeur et l’acheteur ont le choix tant qu’ils ne se sont pas séparés).

Cela est ainsi, car l’argent est protégé par la loi islamique, le prophète (qu'Allah prie sur et le salue) a dit :

(Il n’est pas permis à quelqu’un de prendre le bâton de son frère sans son consentement) rapporté par Ahmed et Ibn Hibbaane, et dans la version d’Ahmed et d’Ad-Daraqoutni :

(Il n’est pas permis de prendre l’argent d’un musulman sans son consentement).

 

C’est la raison pour laquelle l’Islam a interdit toute relation renfermant une injustice commise contre un des deux contractants, par exemple :

1- L’interdiction du retard du paiement de la dette, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Retarder le paiement de la dette due au riche est une injustice…).

Et il a dit (qu'Allah prie sur lui et le salue) :

(Quiconque prend l’argent des gens en ayant l’intention de rembourser, Allah lui facilitera ; et quiconque le prend en voulant le gaspiller, qu’Allah le ruine) rapporté par Al-Boukhari.

2- L’interdiction de la fraude et de la tromperie, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Quiconque nous trompe, ne fait pas partie de nous (c-à-d les musulmans)) rapporté par Mouslim.

Et le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Il est interdit au musulman de vendre une marchandise tout en sachant qu’elle contient un défaut sans qu'il n’en parle) rapporté par Maalik.

 

Et l’Islam a prescrit au cas où cela se produirait, que l’acheteur peut rendre la marchandise après avoir remarqué le défaut. La législation islamique a aussi interdit la vente aléatoire dans les relations commerciales, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) (a interdit la vente aléatoire) rapporté par Mouslim et les auteurs des Sounnanes. La vente aléatoire signifie : la tromperie qui, si elle est connue, ne sera pas acceptée par l’acheteur ; et une autre signification qui est : la chose pour laquelle nous ne connaissons pas les conséquences, si cela représente un danger ou pas.

 

Parmi ces principes : empêcher toute relation qui va à l’encontre de la fraternité et de l’amour entre les croyants et qui engendre la haine entre les musulmans. C’est la raison pour laquelle l’Islam a interdit “la vente sur la vente”, “l’achat sur l’achat”, comme cela a été rapporté du meilleur des prophètes et des envoyés (qu'Allah prie sur lui et le salue).

 

Parmi les bases de l’Islam, l’interdiction d’exploiter des choses dont les gens ont besoin.

L’Islam a ordonné et exhorté à subvenir aux besoins des miséreux, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Le musulman est le frère du musulman, il ne commet pas d’injustice envers lui ; celui qui aide son frère, Allah l’aide ; et celui qui dissipe le tourment d’un musulman, Allah lui dissipera un tourment des tourments du jour du jugement) rapporté par Abou Daawoud et At-Tirmidhi.

Mais exploiter les besoins des gens en augmentant les prix ou en stipulant des conditions, ne fais pas partie des comportements islamiques ; et l’Islam a interdit la monopolisation des marchandises ; la monopolisation est le fait de garder et retenir les marchandises lorsque les gens en ont besoin, pour qu’ensuite leurs prix augmentent, Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Et ne donnez pas aux gens moins que ce qui leur est dû}.

 

Parmi ces bases, le principe de la bienfaisance.

Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Certes, Allah commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches}.

Et Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Et faites le bien. Car Allah aime les bienfaisants}.

 

En ce qui concerne les relations commerciales, l’Islam a prescrit le concordat (la réconciliation) et l’exhortation, Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Et la réconciliation est meilleure}.

Le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(La réconciliation est permise entre deux musulmans, sauf une réconciliation qui rend licite ce qui est interdit ou qui rend illicite ce qui est licite).

 

Et parmi les exemples de la bienfaisance, l’exhortation au remboursement des dettes sans aucune condition préalable, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Le meilleur d’entre vous, est celui qui rembourse le mieux ses dettes) rapporté par Mouslim.

De même que le fait d’être miséricordieux envers les consommateurs :

L’Islam a exhorté à la baisse du coût de la production pour que les marchandises soient vendues à un bas prix, parmi les exemples :

- L’interdiction de la monopolisation.

- Il est préférable que la vente soit faite directement entre le producteur et le consommateur, car le salaire de l’intermédiaire sera payé par le consommateur, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Celui qui habite la ville ne vend pas à celui qui habite à la campagne) rapporté par Al-Boukhari et Mouslim ; c’est-à-dire qu'il ne doit pas y avoir d’intermédiaire.

- Et la parole du prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) :

(N’allez pas chercher les marchandises pour faire tomber les marchés) rapporté par Al-Boukhari et Mouslim ; c’est-à-dire ne sortez pas en dehors des villes pour acheter les marchandises des mains des importateurs, ensuite vous venez avec ces marchandises au marché pour les vendre, car cela augmente le prix au consommateur.

 

Une des bases de l’économie dans l’Islam, le fait qu'il ait ordonné que le travail soit fait à la perfection :

Le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Allah aime, lorsque l’un d’entre vous accomplit un travail, qu’il le fasse à la perfection) rapporté par Al-Bayhaqui.

L’Islam a aussi ordonné d’acquitter les droits du travailleur :

Le travailleur dans l’Islam a des devoirs et il a aussi des droits complets dont l’employeur doit s’acquitter, parmi ses principaux droits :

- L’employeur ne doit pas le fatiguer avec le travail et il ne doit pas non plus lui donner des tâches au-dessus de ses capacités, Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité}.

 

Et le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Vos frères et vos esclaves, Allah les a mis sous vos mains ; donc, celui dont le frère se trouve sous sa main, doit le nourrir de ce dont il se nourrit et il doit l’habiller avec ce dont il s’habille ; ne les chargez pas de ce qu’ils ne peuvent pas supporter, et si vous les chargez d’une tâche difficile, aidez-les) rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.

- L’employeur doit donner au travailleur son salaire lorsqu’il termine son travail, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Donnez au travailleur son salaire avant que sa sueur ne sèche) rapporté par Ibn Maajah. Et le hadith rapporté par Mouslim :

(Allah (qu'Il soit exalté) a dit : {Trois personnes dont Je serai l’ennemi le jour du jugement : un homme qui a donné pour Moi et qui a ensuite trahi ; un homme qui a vendu un homme libre (qui n’est pas esclave) et a mangé l’argent de sa vente ; et un homme qui a engagé un travailleur, puis lorsque celui-ci termina son travail, il ne lui donna pas son salaire).

Donc, Craignez Allah et respectez ces principes et ces enseignements pour que l’amour soit dans votre société et que le bien se répande parmi vous.

 

 

L’organisation (le système) de l’Islam est un grand bienfait pour les hommes, elle leur garantit la sécurité, le bonheur, le bien et la tranquillité ; donc, nous devons nous accrocher à l’Islam dans tous les domaines et juger selon ses lois dans toutes les affaires, car dans cela, il y a le bien, le succès et la réussite ; Allah (qu'Il soit exalté) a dit :

{Qu’y a-t-il de meilleur qu’Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme ?}.

http://fr.islamtoday.net/node/13242

e6un7

 

 

Comportement avec l’enfant en Islam

Coouleur de la peau

 

D’après un rapport de l’UNICEF, un enfant meurt toutes les cinq minutes dans le monde à cause de la violence qu’il subit. Une donnée alarmante qui nous incite à nous pencher dessus et à rappeler l’importance du bon comportement envers l’enfant en Islam.

5 minutes écoulées, 1 enfant décédé

Ces décès d’enfants à grande échelle ne sont ni dus à la famine, ni à la maladie mais uniquement à la violence. Une caractéristique propre à l’être humain et qu’il peut contrôler. Seulement voilà, il semblerait que la soif de violence et le désir ardent de nuire à autrui soient ancrés en l’homme et ce, depuis bien longtemps. Lorsque l’homme maltraite l’enfant, il se sent envahi d’un sentiment de toute puissance. En effet, faire du mal à plus faible que soit lui donne l’illusion de maîtriser la situation bien qu’il ne soit maître de quoi que ce soit, pas même de son propre Moi.

Cette violence entraîne donc la mort d’un enfant toutes les cinq minutes, soit 345 enfants morts chaque jour. Ce qui est navrant c’est que « 75% de ces 345 décès, soit 258 dus à la violence ont eu lieu dans des pays dits en paix », comme le rapporte le Daily Mail. Ainsi, ce ne sont pas les pays en guerre qui sont les plus « meurtriers » mais ce sont bien les pays qui se disent pacifiques.

La responsable mondiale de la protection de l’enfance Susan Bissell a déclaré : « Nous découvrons le fait que les enfants victimes de violence extrême dans la vie de tous les jours sont partout ». Cette dernière a ajouté que les chercheurs ont mis des décennies à trouver des vaccins afin d’éradiquer certaines maladies et diminuer ainsi le nombre d’enfants morts. Or, l’homme tue par ses propres mains ce petit bout d’homme qu’est l’enfant.

345 enfants morts chaque jour suite à la maltraitance physique : un chiffre choquant, d’autant plus que cette violence provient majoritairement des parents. Ce rapport de l’UNICEF est l’occasion pour nous de rappeler l’importance du bon comportement avec l’enfant.

Le bon comportement envers nos enfants

Au delà du fait que nous devons bien nous comporter avec tout un chacun, nous devons avoir une attitude des plus irréprochables avec nos enfants. En effet, chaque parent, chaque éducateur est un modèle de représentation pour l’enfant, d’où l’importance de transmettre des valeurs saines et d’adopter un noble caractère. Cela est bien connu, l’enfant reproduit ce qu’il voit : à nous de faire en sorte que nos enfants ne voient que le bien en nous.

Afin d’illustrer le comportement à avoir avec nos enfants, rappelons que le meilleur des hommes (‘alayhi salat wa salam) était doux et clément envers eux. C’est en ce sens qu’Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) raconte : « J’ai vu, de mes yeux vu, et entendu, de mes oreilles, le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) prendre la main de Al-Hassan (qu’Allah l’agrée) ou Al-Houssayn (qu’Allah l’agrée) et je crois qu’il s’agissait plutôt de Al-Houssayn : il lui mit les pieds sur les siens et commença à le hisser sur ses jambes et ses cuisses en disant : « Monte mes petits yeux (tarqqa ‘ayna baqqa) » . En s’exécutant, Al Hassan ouvrit la bouche, alors le Prophète (‘alayhi salat wa salam) l’embrassa puis dit : « Seigneur ! Je l’aime alors aime le et aime celui qui l’aime » (Al-Boukhari).

En plus d’aimer les enfants et de leur démontrer son amour pour eux, le Prophète (‘alayhi salat wa salam) jouait avec eux. En effet, bien que le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) était l’homme le plus digne de sagesse et de dignité avec les hommes, il jouait avec les plus jeunes afin de leur montrer qu’il les aime. C’est ainsi que Ya’la Ibn Oumayya raconte : « Nous fûmes invités une fois avec le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) à un repas. En chemin, nous vimes Al-Husayn (qu’Allah l’agrée) en train de jouer. Le Prophète (‘alayhi salat wa salam) s’empressa vers lui et ouvrit les bras en le faisant rire. L’enfant essayait de s’enfuir à gauche et à droite. Le Prophète (‘alayhi salat wa salam) l’attrapa finalement une main sur la tête et l’autre sur le menton puis le serra contre lui. » (Ahmed, Al-Boukhari et Ibn Maja).

Le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) était un exemple dans tous les domaines y compris dans la compassion et l’amour qu’il avait pour les enfants. Nous devons donc nous appliquer à lui ressembler dans tous ses traits de caractères. Cela sera bénéfique pour nous car quiconque suit la sunna du Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) aura suivi la voie droite qu’Allah a tracé par son biais.

Par ailleurs, rappelons que celui qui adopte un bon comportement avec ses enfants et qui se montre clément envers eux, Allah le sera envers lui. N’est-ce pas là un bienfait dont chacun d’entre nous souhaiterait bénéficier ? En effet, Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) a dit : « Al-’Aqra' ibn Hâbis, ayant vu l’Envoyé d’Allah (‘alayhi salat wa salam) embrasser Al-Hasan, dit: « J’ai dix enfants et jamais je n’ai embrassé un seul d’entre eux ». Le Prophète (‘alayhi salat wa salam) dit : « On ne fera pas miséricorde à celui qui ne fait pas miséricorde ». (Muslim). Qui d’entre nous n’espère pas la miséricorde d’Allah ? Cette miséricorde est promise à celui qui se montrera miséricordieux envers les enfants. Appliquons nous afin de parfaire notre comportement avec les plus jeunes de la communauté, d’autant plus que le meilleur des hommes (‘alayhi salat wa salam) nous y a exhortés.

Qu’Allah préserve et protège tous les enfants de la Oumma. Qu’Il les comble de Ses infinis bienfaits ici-bas et dans l’au-delà. Qu’Il apporte son assistance à ceux qui sont éprouvés dans cette vie. Qu’Il les élève et les rassemble avec leurs parents dans Son Paradis.

 

http://www.ajib.fr/2014/10/des-enfants-maltraites-au-comportement-avec-lenfant-en-islam/

 

e6un7

 

Existe-t-il des classes sociales en Islam ?

Taqwa

Les sociétés humaines ont connu différents types d’organisation sociale. Certaines ont connu une classe constituée des princes, une autre des soldats, une autre des cultivateurs, et une classe  des esclaves. Ceci a donné lieu à beaucoup de pratiques injustes notamment l’esclavage, la domination, l’asservissement et la spoliation des droits des autres.

Quant à la loi  d’Allah, elle ne connaît absolument pas cela. Bien au contraire, riches et pauvres, nobles et gens du commun ont tous les mêmes droits. La seule base qui permet d’établir une différenciation entre les gens est celle que mentionne le saint Coran dans la parole du Très Haut : «Ô hommes! Nous vous avons créés d' un mâle et d' une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d' entre vous, auprès d' Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur. » (Coran, 49 : 13) et la parole du Messager (bénédiction et salut soient sur lui) : « ô gens ! Votre Maître est un et votre père est un. En vérité, l’arabe n’est pas supérieur au non arabe ni le non arabe à l’arabe ni le rouge au noir ni celui-ci au rouge, si ce n’est grâce à la crainte d’Allah ». (rapporté par l’imam Ahmad, 22391 et cité dans as-silsila as-sahiha, 2700.

Voilà le fondement de l’organisation sociale en Islam. La société qui en résulte est la société humaniste et universelle que l’humanité a toujours essayé sans succès de réaliser. C’est parce qu’elle n’a pas voulu s’engager dans la seule voie droite qu’y conduit, celle tracée par Allah, le Puissant et Majestueux. C’est encore parce que l’humanité ne se range derrière l’unique drapeau rassembleur, celui d’Allah, le Très Haut.

Les gens vivent sur la terre et établissent entre eux différents liens dont chacun a un poids et un attrait dans leur vie ; ils impliquent la parenté, la force, l’argent et les échanges pratiques en termes économiques et autres qui résultent de la communauté basée sur ces liens … La situation des uns est inférieure à celle d’autres et les uns deviennent plus influents que les autres selon les balances en usage sur la terre (critères d’appréciation)… Et puis l’Islam vient dire : «Ô hommes! Nous vous avons créés d' un mâle et d' une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d' entre vous, auprès d' Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur. » (49 : 13). Il entend ainsi faire fi des valeurs qui pesaient lourds dans la vie des gens, et les a remplacées par de nouvelles valeurs fournies par la révélation (divine) qui sont les seules reconnues sur la balance d’Allah, le Puissant et Majestueux. Il s’agit en vérité de la crainte d’Allah, le Très Haut qui se traduit par Son adoration, Lui seul sans rien lui associer ni un enfant ni un égal et se traduit encore par l’obéissance à Ses ordres et l’abandon de Ses interdits dans le but d’obtenir Son agrément et l’accès à Son paradis, et se traduit enfin par la crainte de Son mécontentement et de l’entrer en enfer. Allah voit bien Ses fidèles serviteurs.

 

http://islamqa.info/fr/3793

e6un7

 

 
 

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