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Tout sur le Ramadan(Avec 100 Fatwas)

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Quatrième «pilier» ou fondement de l'islam, le Ramadan se caractérise par un jeûne strict en journée (ni nourriture, ni boisson, ni tabac). Il permet au croyant de «brûler ses péchés», comme l'indique l'origine arabe de ce mot («ramida» qui signifie brûlant). Au coucher du soleil, les croyants brisent le jeûne par un repas convivial, dénommé en arabe iftar.


Un peu d'histoire

Le jeûne du mois de ramadaan a selon la plupart des savants musulmans été instauré en trois étapes

PREMIERE ETAPE: JEÛNE DE TROIS JOURS PAR MOIS INSTAURE

Quand le prophète sallal lahou 'alayhi wa sallam émigra à yathrib(la ville de Médine) il jeûnait trois jours de chaque mois comme le faisait l'ensemble des prophètes qui l'ont précédé.

Mais en plus de ces trois jours, il jeûnait le jour de al 'aachoûrah.

Ceci est consolidé par les paroles de ses compagnons à travers des hadiths dont nous en citerons quelques uns-inshaallah.

DEUXIEME ETAPE: CHOIX ENTRE JEÛNER RAMADAAN OU NOURRIR UN PAUVRE

Ensuite à l'an 2 de l'hégire Allah instaura le jeûne du mois de ramadaan en remplacement de ces trois jours.

Mais toujours est-il que tout musulman avait le choix entre jeûner tout le mois de ramadaan ou nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné.

C'est dire donc que le jeûne n'était pas une obligation sur les musulmans, résidents en bonne santé au contraire il était laissé à leur propre appréciation c'est à dire que celui qui choisit de jeûner qu'il jeûne et que celui qui choisit de ne pas jeûner n'a aucun péché à condition qu'il nourrisse un pauvre pour chaque jour manqué.

Pour étayer ces propos, nous citerons aussi des hadiths des compagnons du prophète sallal lahou 'alayhi wa sallam.

TROISIEME ETAPE: OBLIGATION DE JEUNER TOUT LE MOIS SAUF CAS DE FORCE MAJEUR

Et enfin, Allah a descendu un autre verset du coran (v 185 sourate la vache) pour instaurer l'obligation de jeûner tout le mois de ramadaan pour le musulman qui est majeur, pur, résident et en bonne santé.

Ce qui fait que depuis lors, jeûner tout le mois revêt un caractère obligatoire.

LES ARGUMENTS:

روي عن معاذ بن جبل و ابن مسعود وابن عباس وعطاء وقتادة والضحاك بن مزاحم:"أنّ الصيام كان أولا كما عليه الأمم قبلنا من كلّ شهر ثلاثة أيّامٍ ثمّ نُسِخَ ذالك بصوم شهرِ رمضانَ

On rapporte de Mouadh ben jabal, d'Ibnou mas'oud,d'Ibnou 'abbaas-qu'Allah les agrée tous-(compagnons du prophète sallal lahou 'alayhi wa sallam) de Qataadah, de Dahhaak ben mazaahim(leurs élèves) que:

" le jeûne,était au début tel qu'il l'était pour les générations qui nous ont précédés, pour chaque mois trois jours puis ceci fut abrogé par le jeûne du mois de ramadaan."

و زاد الضّحاك بن مزاحم:" لَمْ يَزَلْ هذا مَشْرُوعًا مِن زَمانِ نُوحٍ إلى أن نَسَخَ اللهُ ذالك بصيامِ شَهْرِ رمضانَ"

Et Addahhaak ben mazaahim a rajouté:

"ceci (jeûne des trois jours) a continué a être légiféré du temps de Nouh(Noé) jusqu'à ce qu'Allah les abroge par le jeûne du mois de ramadaan."

قال معاذ بن جبل رضي الله عنه:"فإن رسولَ الله صلّى الله عليه و سلم قَدِمَ المدينة َفَجَعَلَ يَصُومُ مِن كُلِّ شَهْرٍ ثَلاَثَةَ أيّامٍ و صام عَاشُورَاءَ ثُمَّ إنّ اللهَ فَرَضَ عليه الصِّيامَ و أنْزَلَ اللهُ تعالى

"يآ أيها الذين ءمنوا كتب عليكم الصيام كما كتب على الذين من قبلكم لعلكم تتقون*أياما معدودات؛فمن كان منكم مريضا أو على سفر فعدة من أيام أخر؛و على الذين يطيقونه فيدية طعام مسكين فمن تطوع خيرا فهوخير له وأن تصوموا خير لكم إن كنتم تهلمون*

" Ô les croyants! On vous a prescrit as-Siyâm comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété (183)
pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu'(avec grande difficulté), il y a une compensation: nourrir un pauvre. Et si quelqu'un fait plus de son propre gré, c'est pour lui; mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez! (184)

قال ابن عباس و ابن مسعود و مجاهد و طاوس:"المريض و المسافرلا يصومان بل يفطران و يقضيان بعدة ذالك من أيّام أخر و أما الصّحيح المقيم الذي يُطيق الصّيام فقد كان مُخَيَّرًا بين الصّيام و بين الإطعام إن شاء صام و إن شاء أفطر وأطعم عن كل يوم مسكينا فإن أطعم أكثر من مسكين عن كل يوم فهو خير و إن صام فهو أفضل من الإطعام ."

Ibnou 'abbaas, Ibn mas'oud, moujaahid, Taawous commentent le verset par:" Le malade et le voyageur ne jeûnent pas mais jeûneront en lieu et place plutard pour le nombre de jours manqués quant au résident,en bonne santé capable de jeûner, il a le choix entre jeûner et couper en nourrissant pour chaque jour manqué un pauvre.S'il nourrit plus d'un necessiteux (miskîn) mais s'il jeûnait ce serait mieux pour lui"

فأوزب الله صيام :"شهر رمضان الذي أنزل فيه القرآن..." إلى قوله" فمن شهد منكم الشهر فليصمه."
" le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. - Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants!(185)

Le Ramadan, pourquoi?

"C'est le début du mois de Ramadân pour les musulmans. Ils doivent s'abstenir de boire et de manger du lever jusqu'au coucher du soleil."

Cette phrase, qui d'entre nous ne l'a jamais entendu, à la télévision, à la radio... ou lu dans les journaux. "Mais cela doit être dur, comment vous faites? Je ne pourrais pas...". Cette remarque fait également partie des grands classiques que les musulmans entendent régulièrement, à l'approche, pendant ou après le mois sacré du Ramadân.

Force est de constater que l'opinion publique, en très grande majorité, focalise toujours (il faut dire qu'on ne lui offre pas beaucoup d'alternative) sur le "Comment?" du Ramadân et non sur le "Pourquoi?". Malheureusement, c'est aussi trop souvent le cas pour de nombreux frères et sœurs, en France notamment. Dès leur plus jeune âge, le Ramadân s'est résumé à se lever à 4 heure du matin pour manger, se priver de boisson et de nourriture pendant la journée et manger le soir après le couché du soleil. Il n'est pas étonnant qu'ils ne savent pas pourquoi ils jeûnent ; certains ont d'ailleurs abandonné cet important pilier de l'Islam. Et pourtant, le Coran et la tradition du prophète Mouhammad(1) rassemblent d'importants éléments sur le Ramadân, son importance, sa signification, les conditions pour qu'il se déroule bien, etc.

Sourate 2, Versert 183-1
"Ô croyants! Nous vous avons prescrit le jeûne (Al-Siyam)..."

L'objectif de tout Musulman est de plaire à Dieu pour gagner le Paradis. Plaire à Dieu, c'est l'aimer, le craindre et lui obéir. Le verset ci-dessus, extrait du Coran, indique clairement que le jeûne est une obligation pour tout musulman en âge et en capacité de le faire. Mais le jeûne n'est pas une obligation apparue à l'époque du prophète Mouhammad(1). Il existait déjà depuis des millénaires. Les précédents prophètes jeûnaient également.

Toute personne remplissant les conditions et sachant qu'elle doit jeûner doit donc respecter les règles du jeûne.

Sourate 2, Versert 182
"...Donc, quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne!"

La première raison pour laquelle un musulman jeûne est pour obéir à Dieu. Ce mois de Ramadân peut être perçu comme une bénédiction de Dieu. Dieu nous commande de le suivre et nous indique que nous avons en nos prophètes (Que la paix soit sur eux) de beaux exemples.

Sourate 43, Versert 59
"Il (Jésus) n'était qu'un serviteur que Nous avions comblé de bienfaits et que Nous avions désigné en exemple aux Enfants d'Israël."
Sourate 60, Versert 4
"Certes, vous avez eu un bel exemple (à suivre) en Abraham et en ceux qui étaient avec lui,"

Comme indiqué précédemment, le jeûne n'est pas quelque chose de nouveau. Personne ne sait depuis quel descendant d'Adam (Que la paix soit sur lui), le premier homme musulman, la prescription du jeûne a commencé. Mais nous savons que c'était une pratique commune à tous les prophètes. Moussa (Moïse) et 'Aïsa (Jésus), que la paix soit sur eux, avaient pour habitude de jeûner 40 jours. Daoud (Que la paix soit sur lui) jeûnait un jour sur deux, d'après le prophète Mouhammad(1). Lui, avant la révélation, avait pour habitude de jeûner 3 jours par mois.

Sourate 2, Versert 183-2
"Ô croyants! Nous vous avons prescrit le jeûne (Al-Siyam) comme nous l'avons prescrit à ceux d'avant vous..."

Cest pour cela que la deuxième raison pour laquelle un musulman jeûne est son désire de suivre la tradition des prophètes de l'Islam, modèles de piété pour tout être humain vivant sur terre. Cette piété, souvent référencé dans le Coran, nous essayons tous de l'atteindre et le jeûne effectué pendant le mois de Ramadân nous y aide.

Sourate 2, Versert 177
"La piété ne consiste point en ce que vous tourniez vos visages vers le Levant ou le Couchant. Vertueux sont ceux qui croient en Dieu et au jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, qui donnent pour l'amour de Dieu des secours à leurs proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide, et pour délier les jougs, qui observent la prière, qui font l'aumône. Et ceux qui remplissent les engagements qu'ils contractent, se montrent patients dans l'adversité, dans les temps durs et dans les temps de violences. Ceux-là sont justes et craignent le Seigneur."

La piété est un tout, un ensemble. Tout être humain est susceptible de commettre des péchés et de transgresser la loi divine. Cela peut être dû à notre ignorance, à Shaïtan (Satan). Les musulmans doivent ainsi faire particulièrement attention à l'hypocrisie, au mensonge, à la tricherie et au vol, à l'usurpation... particulièrement pendant ce mois sacré. Mais étant des êtres humains, nous avons besoin d'être guidé et rappelé sur le droit chemin. Dans un certain sens, on pourrait considérer le mois de Ramadân comme une période d'entraînement permettant au croyant d'apprendre à se rapprocher de Dieu en multipliant les actes de piétés (charité, prière, invocations...) et à mettre fin aux vices qui le rongent et le tourmentent. Pendant ce mois, le croyant :

Effectue ses cinq prières obligatoires et s'efforce de les faire à l'heure, communiquant directement avec le Seigneur et se rapprochant ainsi de lui,Fait la Zakat-al-Fitr (Aumône de fin de Ramadân), lui rappelant qu'il doit s'acquitter de sa Zakat annuelle,Effectue la Salat al-Tarawih, après celle de Al-'Isha, rappelant au musulman qu'il peut aussi effectuer, au courant de l'année, des prières supplémentaires, augmentant ainsi sa foi et son rapprochement vers Dieu,Arrêter les vices, tels que le tabac, l'alcool... qui sont déjà interdit et penser à sa santé et à celle des autres,Réprimer ses passions qui détournent du chemin de Dieu et trouver une juste mesure, un juste milieu à toute chose,Le fait de jeûner est un moyen de penser à ceux qui ne souffrent de malnutrition, dans la mesure ou le croyant ressent dans sa chair ce que peut ressentir une personne qui a faim. Il a conscience de la valeur des biens que Dieu lui offre tel que la nourriture et évite ainsi le gaspillage.etc...

Ainsi, le musulman sera-t-il en mesure d'accroître sa piété, troisième objectif du jeûne pendant ce mois sacré, comme le dit ce verset :

Sourate 2, Versert 183
"Ô croyants! Nous vous avons prescrit le jeûne (Al-Siyam) comme nous l'avons prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété,"

Le mois de Ramadân, c'est un moment historique. En effet, c'est pendant ce mois que le Coran a été révélé au cours d'une nuit, appelée Nuit du Destin (Laylat-ul Qadr), au prophète Mouhammad(1), comme l'indique ce verset :

Sourate 2, Versert 185-1
"(Ces jours sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement."

Cette nuit est d'autant plus particulière puisqu'elle vaut plus que mille mois (voir verset ci-dessous) soit environ 83 ans!

Sourate 97
"1. Nous l'avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit d'Al-Qadr.
2. Et qui te dira ce qu'est la nuit d'Al-Qadr?
3. La nuit d'Al-Qadr est meilleure que mille mois.
4. Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l'Esprit, par la permission de leur Seigneur pour tout ordre.
5. Elle est paix et salut jusqu'à l'apparition de l'aube."

Dieu invite tous les musulmans à rechercher cette nuit et à lire le Coran, faire des invocations, demander pardon, etc. Dieu et son messager sont les seuls à savoir quand est cette nuit. La seule indication laissée par le prophète Mouhammad(1) est qu'elle a lieu un jour impair et dans les 10 derniers jour du mois de Ramadân (i.e. 21, 23, 25, 27 ou 29). Cette imprécision est volontaire car le musulman ne doit pas se contenter de prier durant cette nuit mais doit être présent durant tout ce mois qui lui servira de "modèle" pour le reste de l'année. Bénéficier de la bénédiction de la nuit du Destin, tel est la quatrième raison pour laquelle le musulman jeûne.

L'Islam est un Dîn égalitaire. Tous les êtres vivant sur cette terre sont égaux devant Dieu ; le seul critère que Dieu applique pour les différencier est celui de la piété et cela est d'autant plus vrai pendant le mois de Ramadân ou, quelle que soit sa catégorie sociale et sa richesse, le jeûne est obligatoire pour le croyant. Pendant le mois de Ramadân, le croyant cherche à être pardonné pour ses péchés ; s'il n'est pas fortuné, le pèlerinage lui est difficile, ce qui n'est pas le cas pour une personne aisée. Le hadith (parole du prophète) ci-dessous confirme bien ce signe de clémence et de miséricorde de Dieu.

Sahih Al-Boukhari. Volume 3, Livre 31, Numéro 125 - Rapporté par Abou Hourayrah :

Le prophète Mouhammad a dit : "...celui qui jeûne pendant le mois de Ramadân avec une foi sincère et la volonté de gagner le pardon de Dieu, alors tous ses précédents péchés seront pardonnés."Le Ramadân unie les musulmans, qui sont tous frères et soeurs devant Dieu, désirant sincèrement être pardonnés de leurs péchés. Mais n'oublions pas une chose, le jeûne pendant le mois de Ramadân est un pilierde l'islam ; c'est donc quelque chose de très important. Il est le seul pilier qui englobe tous les autres car :

Pour pouvoir jeûner et voir son jeûne agréé, il faut être musulman et par conséquent, avoir dit le témoignage de foi,Un musulman sincère fait la prière régulièrement. Ainsi, ne pas prier pendant le Ramadân, mois pendant lequel on se rapproche de Dieu, reviendrait à remplir un seau troué avec une cuillère!La Zakat est une taxe pour les musulmans qui en ont les moyens ; elle permet, à un certain niveau, de réduire les inégalités. Pendant le mois de Ramadân, le croyant doit également s'acquitter d'une taxe avant ou le jour de la fête de fin du Ramadân (Aïd al-Fitr).Le pèlerinage permet de se purifier et de se faire pardonner de tous ses péchés ; jeûner de manière sincère pendant le mois de Ramadân a le même résultat.

Ainsi, il est d'une grande importance pour les musulmans de jeûner. Nous pouvons conclure avec une parole du prophète Mouhammad(1):

"Si les croyants avaient véritablement conscience de la bénédiction qu'il y a dans le fait de jeûner durant le mois de Ramadân, ils souhaiteraient que ce mois dure toute l'année.

Mérite du jeûne et du qiyâm (prière nocturne) pendant le mois de ramadan

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Il fut authentiquement prouvé que le Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, annonçait à ses compagnons la bonne nouvelle de l'arrivée du mois de Ramadan, tout en leur indiquant que les portes de la miséricorde et du Paradis demeuraient ouvertes pendant ce mois, que les portes de l'Enfer étaient closes et que les diables y restaient enchaînés.

A ce sujet, Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :

« Lors de la première nuit de Ramadan, les portes du Paradis s'ouvrent et on n'en ferme aucune, les portes de l'Enfer se ferment et on n'en ouvre aucune, et les diables sont enchaînés. Un héraut appelle : «O toi qui veux le bien, avance! O toi qui veux le mal, recule! ». Allah a des affranchis de l'Enfer, et ceci a lieu chaque nuit »

A cet égard, Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit également :

« Le mois de Ramadhan vous est venu, c'est un mois de bénédiction, pendant lequel Allah vous comble (de Ses grâces). Il fait descendre la miséricorde, absout les péchés et exauce les invocations. Pendant ce mois, Allah observe votre concurrence dans l'accomplissement des bonnes actions et S'en vante auprès de Ses Anges. Montrez à Allah le meilleur de vous-mêmes, et certes l'infortuné est celui qui est privé (pendant ce mois) de la miséricorde d'Allah. »

Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit de même :

« Quiconque accomplit la prière nocturne pendant le Ramadan, avec une foi sincère et en toute pureté d'intention, se verra pardonnées ses fautes antérieures; et quiconque accomplit la prière nocturne pendant la Nuit d'Al-Qadr, avec une foi sincère et en toute pureté d'intention, se verra pardonnées ses fautes antérieures »

Il dit aussi, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, à ce sujet:

« Allah, Tout-Puissant, dit: « Toute œuvre du fils d'Adam lui appartient, la bonne action est récompensée entre dix et sept-cent fois sa valeur. A l'exception du jeûne, car il M'appartient et c'est à Moi d'en fixer la récompense. Il a certes délaissé ses désirs charnels, sa nourriture, et sa boisson pour Moi. Le jeûneur connait deux joies : la première lors de la rupture du jeûne, et la seconde lorsqu'il rencontre son Seigneur. Et certes l'haleine du jeûneur est plus aimé auprès d'Allah que l'odeur du musc»

En effet, les Hadîths relatifs au mérite du jeûne de Ramadan, du Qiyâm, et du jeûne en général sont bien nombreux.

Ceci dit, il convient au croyant de saisir cette occasion dont Allah lui fit grâce, celle d'atteindre le mois de Ramadan, et de s'empresser à son tour à accomplir des actes témoignant de son obéissance, à s'éloigner des péchés et à s'évertuer à observer les consignes d'Allah, notamment les cinq prières qui constituent le pilier de l'Islam et l'obligation la plus éminente après les deux attestations de foi.

Il incombe à tout musulman et à toute musulmane de tâcher à les observer et à les accomplir aux heures prescrites avec recueillement et quiétude.

A cet égard, il est à noter que parmi les consignes les plus importantes qui se rapportent à la prière et que les hommes en particulier doivent observer, la prière collective qui doit être accomplie dans les mosquées, lesquelles furent qualifiées par Allah, Exalté soit-Il de (traduction rapprochée) :

« maisons qu'Allah a permis que l'on élève, et où Son Nom est invoqué»

A cet égard, Allah,Exalté soit-Il, dit  (traduction rapprochée) :

« Et accomplissez la Salât, et acquittez la Zakât, et inclinez-vous avec ceux qui s'inclinent. »

Allah, le Très Haut, dit également  (traduction rapprochée) :

« Soyez assidus aux Salâts et surtout la Salât médiane; et tenez-vous debout devant Allah, avec humilité. »

Allah, Exalté soit-Il, dit de même, à ce sujet (traduction rapprochée) :

« Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur Salât..., jusqu'au verset où il dit, Exalté soit-Il: ...et qui observent strictement leur Salât ».

Ce sont eux les héritiers, qui hériteront le Paradis pour y demeurer éternellement.

A ce sujet, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam dit :

« Le pacte qu'il y a entre nous et eux, c'est la prière, et celui qui la délaisse aura certes mécru. »

L'obligation la plus importante après la prière est l'acquittement de la Zakat (l'aumône légale) tel que le confirme Allah, Exalté soit-Il par ce verset  (traduction rapprochée) :

« Il ne leur a été commandé, cependant, que d'adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d'accomplir la Salât et d'acquitter la Zakât. Et voilà la religion de droiture ».

Allah, le Très Haut, l'étaye également par ce verset  (traduction rapprochée) :

« Accomplissez la Salât, acquittez la Zakât et obéissez au messager, afin que vous ayez la miséricorde ».

En effet, le Livre d'Allah et la Sunna de Son Messager, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, indiquent que quiconque ne s'acquitte pas de la Zakat de ses biens sera châtié le Jour de la Résurrection pour son inobservance de cette obligation

Ensuite, se manifeste une des obligations les plus importantes en Islam après l'accomplissement de la prière et l'acquittement de la Zakat, à savoir: le jeûne du mois de Ramadan.

D'ailleurs, cette obligation constitue un des cinq piliers de l'Islam définis dans le Hadith du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam :

« L'Islam est bâti sur cinq piliers: l'attestation que nul ne mérite d'être adoré en dehors d'Allah et l'attestation que Mohammad est le Messager d'Allah, l'acquittement de la prière, le versement de la Zakât (l'aumône légale), le jeûne du mois de Ramadan et l'accomplissement du Hadj (le pèlerinage à la Maison Sacrée) ».

Ceci dit, il incombe au musulman de préserver son jeûne et son Qiyâm contre toute parole ou actions qu'Allah, Exalté soit-Il, prohiba.

C'est que l'essence même du jeûne consiste à faire preuve d'obéissance à Allah, Exalté soit-Il, à prendre en haute considération les limites sacrées d'Allah, et à lutter contre les tentations de l'âme, et ce en s'abstenant de se laisser aller aux passions de celle-ci, en l'entraînant à se plier aux ordres de son Seigneur, et en la forgeant par le biais de la patience vis-à-vis de ce qu'Allah a interdit.

Le jeûne ne se limite donc pas à la simple abstention de manger, de boire ou d'accomplir tout ce qui est de nature à l'annuler.

C'est justement ce que le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, indiqua dans le Hadith Sahîh (authentique) où il dit :

« Le jeûne est (comparable à) un bouclier ; lorsque l'un de vous jeûne qu'il s'abstienne d'être grossier et de se comporter tel un ignorant, et s'il est insulté ou provoqué, qu'il dise : « Je jeûne. » .

A ce sujet, il fut également authentiquement rapporté que le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :

« Quiconque ne s'abstient pas de donner de faux témoignages, d'agir en fonction de ces mensonges et de se permettre des impertinences, Allah n'a pas besoin qu'il s'abstienne de manger ou de boire. »

Il s'avère donc bien manifeste, d'après ces textes aussi bien que d'autres, qu'il incombe au jeûneur de se mettre en garde contre tout ce qu'Allah, Exalté soit-Il, lui a prohibé et d'observer tout qu'Il lui consigna.

C'est ainsi qu'il verra ses péchés pardonnés, son jeûne et son Qiyâm agrées et il se verra lui-même affranchi de l'Enfer.

Or, l'on assiste à cet égard à quelques sujets qui échappent à certains comme, entre autres:

- Qu'il incombe à tout musulman de jeûner avec une foi sincère et en toute pureté d'intention, et non par ostentation, ou par désir de s'en vanter, ou par imitation des gens, ou par soumission aveugle aux coutumes de sa famille et de ses compatriotes. Le motif qui le pousse à jeûner doit être exclusivement sa foi en ce qu'Allah, Exalté soit-Il, lui a prescrit et son désir de la récompense de son Seigneur.

Ceci s'applique de même au Qiyâm que le musulman est appelé à accomplir en Ramadan avec une foi sincère et en toute pureté d'intention. D'ailleurs, c'est justement ce que le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, étaya par ce Hadith :

« Quiconque accomplit la prière nocturne pendant le Ramadan, avec une foi sincère et en toute pureté d'intention, se verra pardonnées ses fautes antérieures; et quiconque accomplit la prière nocturne pendant la Nuit d'Al-Qadr, avec une foi sincère et en toute pureté d'intention, se verra pardonnées ses fautes antérieures. »

Notons aussi parmi les jugements de la Charia qui risquent d'être ignorés par certains :

Tout ce qui risque d'atteindre le jeûneur comme blessure, saignement de nez, vomissement, ou tout ce qui pourrait s'infiltrer à sa gorge malgré lui comme l'eau, l'essence, etc.. , tous ces faits accidentels n'annulent pas le jeûne. Par contre, quiconque se fait vomir délibérément, son jeûne est alors annulé, et ce en vertu du Hadith du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam :

« Quiconque n'a pu s'empêcher de vomir, n'a pas à s'acquitter d'un jour de jeûne, tandis que celui qui l'a fait intentionnellement le doit."

S'ajoute également à ces jugements :

l'ajournement du Ghosl (bain rituel) de la Djanâba (rapport charnel) jusqu'à l'aurore, de même pour celui que les femmes doivent entreprendre après les menstrues ou les lochies et qu'elles remettent jusqu'à l'aurore.

Si la femme s'assure que ses menstrues ou ses lochies sont arrêtées avant l'aube, elle doit jeûner, et il n'y aura aucun inconvénient si elle accomplit son ghosl après l'aube.

Cependant, elle n'est pas autorisée à le remettre jusqu'au lever du soleil, car elle doit se laver et accomplir la prière de Fadjr avant le lever du soleil.

Ceci s'applique également à quiconque ayant entrepris des rapports charnels, il ne lui est pas permis d'ajourner son Ghosl jusqu'au lever du soleil, il lui incombe de se laver et accomplir la prière de Fadjr avant le lever du soleil.

A cet égard, l'homme est particulièrement tenu, à fortiori, de s'empresser à se laver afin de rejoindre la prière collective de Fadjr à la mosquée.

Parmi les faits qui n'invalident pas le jeûne, notons :

la prise de sang pour faire des analyses et l'injection non nutritive. Cependant, il serait mieux, à plus forte raison, de les remettre jusqu'à la nuit, si cela est possible, et ce afin de se plier au Hadith du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam:

« Laisse ce qui provoque en vous le doute, pour ce qui ne provoque en vous aucun doute »

aussi bien qu'à l'autre Hadith où il dit, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam:

« Celui qui se garde de l'équivoque purifie sa foi et son honneur. »

Parmi les jugements que certains ignorent, notons:

L'absence de quiétude pendant la prière, que celle-ci soit obligatoire ou surérogatoire.

En effet, maints Hadiths jugés Sahîhs (authentiques) indiquent que, selon le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, la quiétude constitue un des piliers de la prière, faute de quoi elle devient invalide.

Cette quiétude se manifeste dans la tranquillité que ressent la personne pendant la prière, son recueillement et l'absence de toute sorte d'empressement, et ce jusqu'à ce que chaque vertèbre revienne à sa place.

Or, nombreux sont ceux qui accomplissent en Ramadan la prière de Tarâwiyyh sans y concentrer ni ressentir cette quiétude.

D'ailleurs, en s'empressent à l'achever, ils sont comparables, selon le Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, à un corbeau picorant sa nourriture. Une telle prière est jugée invalide et celui qui l'accomplit a commis ainsi un péché et ne mérite pas de récompense.

Notons aussi parmi les jugements qui échappent à certains:

L'idée que quelques musulmans ont de la prière de Tarâwiyyh. Ils estiment que le nombre de Rak'as de cette prière ne doit aucunement être inférieur à vingt Rak'as.

D'autres croient, par contre, que ce nombre ne doit pas excéder onze ou treize Rak'as.

Or, tout ceci s'inscrit dans le cadre des suppositions injustifiées, voire des erreurs qui vont à l'encontre des arguments puisés dans la Charia.

A cet égard, les Hadiths Sahîhs du Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, indiquent que toute expansion quant au nombre de Rak'as de la prière nocturne est admissible, elle ne connaît pas de limite déterminée qui ne doit pas être dépassée. Au contraire, il a été authentiquement prouvé que le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, accomplissait, pendant la prière nocturne, tantôt onze Rak'as, tantôt treize et tantôt un nombre inférieur à ceux-ci, et ce aussi bien pendant Ramadan que lors des autres mois de l'année.

En effet, lorsque le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, fut interrogé au sujet de la prière nocturne, il dit:

« Les Rak'as de cette prière se font deux par deux. Si l'un de vous craint d'être surpris par l'heure de la prière de Fadjr (de l'aube), qu'il accomplisse une seule Rak'a qui rendra impair le nombre des Rak'as qu'il vient de faire .»

(Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim).

Il ne détermina aucun nombre précis pour cette prière ni en Ramadan, ni en aucun autre mois de l'année. D'ailleurs, c'est ce qui explique pourquoi les Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux, accomplissaient, à l'époque de 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, tantôt vingt trois Rak'as et tantôt onze. Tout ceci fut authentiquement prouvé, d'après 'Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, et les Compagnons à son époque.

A cet égard, il est à noter que certains de nos Salafs (pieux prédécesseurs) allaient jusqu'à accomplir pendant le mois de Ramadan trente-six Rak'as, outre les trois du Witr.

D'autres en accomplissaient quarante et une. Ceci fut rapporté par le cheikh de l'Islam Ibn Taymiya, Qu'Allah lui fasse miséricorde aussi bien que par d'autres Oulémas.

Selon lui, les Rak'as de cette prière étaient susceptibles d'être multipliées. Il indiqua aussi qu'il valait mieux pour celui qui prolonge la récitation du Coran, les Rokou's (inclinaisons) et les Sodjouds (prosternations) de diminuer le nombre de Rak'as. Quant à celui qui opte pour l'allègement de la récitation du Coran, des Rokou's (inclinaisons) et des Sodjouds (prosternations), il fera mieux de multiplier le nombre de Rak'as. Tel est le sens de ses propos à ce sujet, (Qu'Allah lui fasse miséricorde).

D'ailleurs, celui qui médite sur la Sunna du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, réalisera que la meilleure option à cet égard est d'accomplir onze ou treize Rak'as, aussi bien pendant Ramadan qu'en tout autre mois; et ce afin de suivre le modèle du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui accomplissait ce nombre dans la plupart des nuits.

En effet, ceci est moins contraignant pour les musulmans et favorise plus de recueillement et de quiétude lors de la prière. Cependant, il n'y aurait aucun inconvénient à excéder ce nombre, ceci ne serait pas blâmable tel que préalablement indiqué.

Il vaut mieux également pour quiconque ayant prié avec l'Imam pendant la prière nocturne en Ramadan de ne quitter la mosquée qu'avec ce dernier.

L'on tire argument à cet égard du Hadith où le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit:

« Quiconque accomplit la prière nocturne avec l'Imam, jusqu'à ce qu'il termine de prier, Allah lui écrit en rétribution l'équivalent d'une nuit veillée en prière ».

Finalement, il est légiféré pour l'ensemble des musulmans de s'évertuer à accomplir toute sorte de pratiques cultuelles dans ce mois béni, comme le fait d'accomplir les prières surérogatoires, de réciter le Coran avec méditation et raisonnement, et de répéter fréquemment les formules:

« Subhân Allah » (Gloire à Allah) !

Al-Hamdulillah (Louange à Allah) !

Lâ Ilâha Illa Allah (Nul n'est digne d'être adoré en dehors d'Allah) !

Allahou 'Akbar (Allah est le plus Grand) !,

Astaghfir Allah (j'implore le pardon d'Allah)

aussi bien que toutes les invocations puisées dans la Charia.

Tout musulman est appelé également à commander le bien, à interdire le blâmable, à appeler les gens vers le sentier d'Allah, Exalté soit-Il, à faire preuve de compassion à l'égard des pauvres et des nécessiteux, à mettre du zèle à se parer de piété filiale, à maintenir ses liens de parenté, à être bienveillant à l'égard du voisin, à rendre visite aux malades, etc... outre bien entendu tous les autres genres de bienfaits.

L'on tire argument à cet égard du Hadith du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam:

« Pendant ce mois, Allah observe votre concurrence dans l'accomplissement des bonnes actions et S'en vante auprès de Ses anges. Montrez à Allah le meilleur de vous-mêmes, et certes l'infortuné est celui qui est privé (pendant ce mois) de la miséricorde d'Allah »

Et aussi de son Hadith, où il indique Salla Allahou 'Alaihi wa sallam:

« Quiconque cherchera les faveurs d'Allah, lors de ce mois, par une des actions méritables, sera comme celui qui aura accomplis une obligation au cours d'un autre mois. Et quiconque aura accomplis, lors de ce mois, une obligation sera comme celui qui aura accomplis soixante-dix obligations au cours d'un autre mois ».

et également de son Hadith, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam:

« Une 'Omra (petit pèlerinage) faite au cours de Ramadhan équivaut à un Hajj (grand pèlerinage) en ma compagnie. »

En effet, nombreux sont les Hadiths et les propos témoignant de la légitimité de l'empressement et la concurrence quant à l'accomplissement des différentes sortes d'œuvres pies au cours de ce mois béni.

Ce qui est interdit et détestable pour le jeûneur

'Il y a un comportement à adopter pour le jeûne afin qu'il soit accompli de la manière prescrite et que l'on en tire des bienfaits, que l'on atteigne l'objectif de Ramadhân et que l'on ne le trouve pas éreintant et sans bénéfice.

Comme l'a dit le Prophète صلى الله عليه وسلم :

« Il se peut qu'un jeûneur ne tire aucun profit de son jeûne si ce n'est la faim et la soif. »

Le jeûne ne consiste pas uniquement à arrêter de boire et manger, mais c'est aussi délaisser ce qui ne convient pas comme paroles et actes prohibées ou détestables.

Un des Salafs a dit :

« Le plus facile dans le jeûne est d'arrêter de boire et de manger. »

Cela, car le rapprochement avec Allah ne peut être complet en délaissant des désirs autorisés, qu'avec l'abandon de ce qu'a interdit Allah en toutes circonstances.

Même s'il est obligatoire au musulman de délaisser les interdits en tous temps, cela est d'autant plus obligatoire en période de jeûne.

Donc celui qui accomplit un interdit en dehors des périodes de jeûne, il est pécheur et mérite le châtiment, mais si cela se passe durant le jeûne, en plus d'être pécheur et de mériter le châtiment, cela affecte son jeûne en le diminuant ou l'annulant.

Le véritable jeûneur est celui dont l' estomac jeûne [en étant privé] de boire et de manger, dont les membres jeûnent [en les empêchant] de pécher, dont la langue jeûne [en la retenant] de prononcer des paroles mauvaises et vaines, dont les oreilles jeûnent [en les empêchant] d'écouter des chansons, des instruments de musique, des paroles médisantes et calomnieuses, et dont les yeux jeûnent [en les privant] de regarder ce qui est interdit.

Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

« Celui qui ne délaisse pas le mensonge et sa mise en pratique, Allah n'a pas besoin qu'il se prive de manger et de boire. »
[Al-Bukhari]

Il est obligatoire au jeûneur de s'abstenir de médire, calomnier et d'insulter les autres, selon ce qu'ont rapporté les deux Shaikh (Al-Bukhari et Muslim) de Abu Hurayrah (رضي الله عنه) qui rapporte du Prophète صلى الله عليه وسلم :

« Que celui qui a l'intention de jeûner un jour, ne dise pas d'obscénités et ne soit pas ignorant. Si quelqu'un l'injurie ou l'attaque, qu'il répète : "Je suis en jeûne". »

Et dans les deux Sahih, Abu Hurayrah rapporte un hadith marfu' (qui remonte jusqu'au Prophète صلى الله عليه وسلم :

« Le jeûne est un bouclier, que celui qui a l'intention de jeûner un jour, ne dise pas de grossièretés et ne soit pas ignorant. Si quelqu'un l'insulte, qu'il dise 'Je suis en jeûne'. »

Le terme 'Al-Junnah' (bouclier) est ce qui protège et empêche l'arme de l'ennemi de atteindre celui qui le porte et le blesser.

Le jeûne protège donc la personne de tomber dans les péchés dont la récompense est le châtiment dans ce monde et l'au-delà.

Le terme « rafath » englobe les paroles grossières et mauvaises.

L'imam Ahmad et d'autres rapportent un hadith remontant au Prophète صلى الله عليه وسلم :

« Le jeûne est un bouclier tant qu'il n'est pas percé. »
On lui demanda : « Comment peut-il être percé ? »
Il répondit : « Par le mensonge et la médisance. »

C'est une preuve que la médisance fissure le jeûne, ou qu'elle l'affecte.

Et si le bouclier est percé, il n'est plus d'aucune utilité pour celui qui l'utilise.

De même que le jeûne lorsqu'il est fissuré, il n'y a plus de bénéfice pour celui qui l'accomplit.

La médisance : comme l'a expliqué le Prophète صلى الله عليه وسلم, c'est dire de ton frère ce qu'il n'aime pas.

Il a été rapporté dans le Musnad Ahmad, que la médisance annule le jeûne :

« Deux femmes jeûnaient au temps du Prophète صلى الله عليه وسلم et elles ont failli mourir de soif. Ceci fut rapporté au Prophète صلى الله عليه وسلم, mais il refusa [de leur permettre de rompre le jeûne]. Puis on lui mentionna ces deux femmes de nouveau, et il les fit appeler et leur ordonna de vomir, c'est-à-dire de vider leur estomac. Elles ont vomi et ont rempli un bol de pus, de sang purulent et des morceaux de chair. Alors le Prophète صلى الله عليه وسلم dit :« Ces deux femmes se sont privées de ce qu'Allah leur a autorisé, mais elles ont annulé leur jeûne en faisant ce qu'Allah a rendu illicite pour elles. L'une d'entre elles s'est assise avec l'autre et elles se sont mises à manger de la chair des gens. »

Ce qui s'est passé avec ces deux femmes en présence du Prophète صلى الله عليه وسلم lorsqu'elles ont vomi ces choses affreuses et détestables, cela fait partie des miracles qui se sont produits dans la main du Prophète صلى الله عليه وسلم pour montrer aux gens les effets néfastes de la médisance.

Et Allah a dit :

وَلا يَغْتَب بَّعْضُكُم بَعْضًا أَيُحِبُّ أَحَدُكُمْ أَن يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيهِ مَيْتًا‏

« et ne médisez pas les uns des autres. L'un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? »

Ce hadith montre donc que la médisance annule le jeûne, mais c'est une annulation au sens figuré, c'est-à-dire que cela annule la récompense du jeûne.

Le bon comportement pendant le Ramadan

Parmi le bon comportement prescrit pendant le jeûne, il y a l'attache à la piété en Allâh en respectant Ses commandements et en s'éloignant de Ses interdits.

Allâh dit (traduction rapprochée) :

« Ô les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété »

Le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :

« Celui qui ne renonce ni à dire des mensonges, ni à pratiquer des faussetés, Allah n'a nul besoin qu'il se prive de boire ou de manger. »

Parmi le bon comportement encore, il y a la générosité et la bienfaisance envers les gens surtout pendant le mois de Ramadhân, car le Messager d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) était le plus généreux des gens et il l'était encore plus pendant le mois de Ramadhân durant lequel il rencontrait Djibrîl pour étudier le Qor'ân.

Celui qui jeûne doit aussi s'éloigner des interdits, il doit notamment s'abstenir de mentir, d'insulter, de jurer, de tricher, de trahir, de regarder ou d'écouter ce qui est interdit.

Parmi le bon comportement de ce mois-ci, il y a le Souhoûr qui doit être retardé, car le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) disait :

« Prenez le dernier repas, car il y a dans ce repas une bénédiction. »

Il y a encore le fait de rompre le jeûne avec des dattes fraîches, sinon avec des dattes sèches, sinon avec de l'eau.

La rupture du jeûne doit être faite aussitôt que le soleil se couche, car le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :

« Les gens ne cessent d'être dans une bonne voie tant qu'ils se hâteront de rompre le jeûne. »

 

Le jeûne obligatoire avant le jeûne surérogatoire

Il n'y a point de divergence (entre les ulémas) au sujet de l'opinion qui annonce que le jeûne des jours (non jeûnés) obligatoirement dus l'emporte sur l'accomplissement du jeûne surérogatoire, étant donné que l'acte obligatoire est d'une forte importance et occupe un rang meilleur que l'acte surérogatoire, et vu que les actes obligatoires et les devoirs sont les actes d'adoration qu'Allah  aime le plus.

Allah  dit dans le hadith sacré :

«Les actes que j'aime le plus et par lesquels Mon serviteur se rapproche de Moi, sont certes ceux que je lui ai préscrits» [1].

D'une autre part, l'obligation d'accomplir le jeûne ulterieur du mois de ramadan avant le jeûne surérogatoire s'affirme davantage si la personne (chargé d'accomplir les obligations de la charia) craint le manque de santé, la faiblesse ou un espace de temps étroit pour l'accomplir, car elle commettra un péché si elle retarde le jeûne ulterieur (des jours non jeûnés) à un temps où l'on se trouve incapable de le faire ; parce que, dans ce cas, l'obligation dont le temps n'est pas limité est devenue une obligation à temps restreint, alors la personne doit accomplir, sur le champ, l'acte dont elle est chargée, faute de quoi elle serait en état de délaissement de ce qui lui est ordonné de faire.

De toute façon, il faut se hâter à accomplir l'acte d'obéissance en avançant le jeûne ulterieur des jours préscrits (non jeunés), conformément à ce qu'Allah a dit dans le verset:

فَاسْتَبِقُوا الْخَيْرَاتِ إِلَى اللَّهِ مَرْجِعُكُمْ جَمِيعًا فَيُنَبِّئُكُمْ بِمَا كُنْتُمْ فِيهِ تَخْتَلِفُونَ ﴾ المائدة :48]

«Concurrencez donc dans les bonnes œuvres. C'est vers Allah qu'est votre retour à tous ; alors Il vous informera de ce quoi vous divergiez»[El-Mâ'ida (La Table Servie): 48].

Ainsi que dans le verset:

وَسَارِعُوا إِلَى مَغْفِرَةٍ مِنْ رَبِّكُمْ وَجَنَّةٍ عَرْضُهَا السَّمَاوَاتُ وَالْأَرْضُ أُعِدَّتْ لِلْمُتَّقِينَ﴾ آل عمران: 133]

«Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux» [ÂL-Imrân (La Famille d'Imran): 133].

De plus, le hadith rapporté au sujet de la faveur qu'engendre le jeûne de six jours du mois de Chewwêl, prouve explicitement que la personne n'obtiendra pas la récompense équivalente au jeûne d'une année complète, qu'à condition qu'elle jeûne le mois de ramadan puis l'accompagne de six jours du mois de Chewwêl; le dit hadith déclare :

«Celui qui jeûne le mois de ramadan, puis l'accompagne (du jeûne) de six jours du mois de Chewwêl, serait comme s'il avait accompli le jeûne de toute l'année» [2].

Sur ce, le fait de jeûner six jours du mois de Chewwêl avant le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan implique que le jeûneur n'a pas achevé le jêune du mois de ramadan; et oppose en conséquence, ce que le hadith signifie.

Pour ce, il est recommendé d'avancer le jeûne ulterieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan, puis l'accompagner (du jeûne) de six jours du mois de Chewwêl, afin de réaliser ce qu'a annoncé le hadith explicitement et en vue d'obtenir la récompense qui équivant au jeûne de toute l'année.

En effet, J'ai mentionné que cet acte est recommandé au lieu d'être obligé car le jugement est probablement émis à l'intention de la majorité des jeûneurs; et étant donné que cette majorité, que la charia a incité à accomplir le jeûne surérogatoire (les six jours du mois de Chewwêl), font le jeûne de tout le mois de ramadan (dans son temps préscrit), ce qui renforce la probabilité que l'expression citée dans le hadith du prophète  : «... puis l'accompagne (du jeûne) de six jours du mois de Chewwêl ...» est une expression désignée par le cas fréquenté généralement et ne comporte pas un sens contraire.

Ce qui consolide de plus cette probabilité, le hadith rapporté par Thawbân que le prophète  a dit :

«Celui qui a jeûné le mois de ramadan, alors  un mois est égale au jeûne de dix mois, et le jeûne de six jours après El-Fitr (le jour de l'Aïd après le ramadan) complète le jeûne (pour atteindre) le nombre d'une année complète» [3].

Le sens explicite de ce hadith indique que le jeûne du mois de ramadan est équivalent au jeûne de dix mois étant donné que le bienfait est rendu dix fois autant en récompense, de même que pour les six jours de Chewwêl ; et dans les deux cas, la récompense équivalente (au jeûne) d'une année complète sera accordée, que le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés) soit avant ou après le jeûne surérogatoire.

Au demeurant, si cette probabilité se confirme et est claire – sans tenir compte que l'obligation a la priorité sur la surérogation – on conclut alors qu'il est permis de jeûner les six jours du mois de Chewwêl avant d'accomplir le jeûne ulterieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan, notamment pour celui qui ne trouve pas un espace de temps suffisant au cours du mois de Chewwêl pour jeûner les six jours recommandés en raison de l'accomplissement ultérieur (des jours non jeûnés).

Quant à tous les autres jours du jeûne surérogatoire, à l'instar du jour de 'Arafa, du jour de 'Achoûra', des trois jours (13;14 et 15) de chaque mois et ainsi de suite ..., il est permis de jeûner les jours surérogatoires avant d'accomplir le jeûne ulterieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan selon l'avis le plus valable des ulémas, et c'est la même opinion adoptée par les Hanafites et les Chafiites et l'un des avis de l'Imam Ahmed, surtout qu'il n'y a aucune preuve de la charia empêchant cela; toutefois il y a parmi les textes coraniques ce qui dénote que le temps affecté pour le jeûne ulterieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan est un temps absolu (qui n'est pas limité);

Allah  dit:

فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ﴾ البقرة: 184]

«...devra jeûner un nombre égal d'autre jours» [El-Baqara (La Vache): 184].

Le verset marque la permission de différer le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan, d'une façon absolue (sans restriction) et sans exiger la condition de se hâter à l'accomplir dès que c'est possible.

L'absoluité caractérisant le  temps au cours duquel le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés de ramadan) s'accomplit, est l'opinion qu'adoptent la quasi-totalité des prédécesseurs et des successeurs des ulémas; comme l'indique aussi le consentement du prophète  pour l'acte d'Aïcha  qui a dit :

«Il m'arrivait d'avoir à accomplir le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés au mois de ramadan); néanmoins je ne pouvais le faire qu'au mois de Cha'bân» [4]

Ibn Hadjar a dit :

«Le hadith démontre qu'il est permis de retarder le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés au mois de ramadan) d'une façon absolue, ayant ou non une excuse. Car, comme nous l'avons déjà noté, l'ajout est inséré [5]; et s'il n'était pas élevé (au Prophète ), la permission alors aurait été restreinte par le cas de besoin, étant donné que ce hadith a le statut du hadith élevé et que le Prophète, selon ce qu'il paraît, était au courant de cet état de fait, et même ses épouses avaient le motif pour lui poser  la question afin d'élucider ce point de la charia, et si cela n'était pas permis, Aïcha ne l'aurait pas fait constamment» [6].

Je dis : Le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés du mois de ramdan) lui était permis, sans douter de sa diligence  à ne pas manquer l'acquisition des faveurs du jeûne surérogatoire au cours de l'année; comme le cas de la omra qu'elle voulait faire instamment, quand elle a éprouvé du mécontentement vu que les autres épouses (du Prophète ) ont accompli un pélerinage indépendant de la omra, contrairement à elle qui a accompli une omra incluse dans son pélerinage.

Le Prophète , par la suite, a ordonné son frère de l'accompagner pour qu'elle fasse la omra en partant de Tan'îm, afin de lui faire plaisir  [7].

Du côté plausible, concernant l'obligation dont le temps est prolongé; s'il est permis d'avancer l'accomplissement de l'acte surérogatoire qui a la même forme de l'acte obligatoire, à l'instar d'accomplir Er-Rawâtib (les prières surérogatoires) avant les prières obligatoires.

Alors, il est prioritairement permis de le faire concernant l'obligation dont le temps est absolu (sans limitation), comme c'est le cas du jeûne ultérieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan.

Du côté plausible, concernant l'obligation dont le temps est prolongé; s'il est permis d'avancer l'accomplissement de l'acte surérogatoire qui a la même forme de l'acte obligatoire, à l'instar d'accomplir Er-Rawâtib (les prières surérogatoires) avant les prières obligatoires.

Salat At-tarawih

1) Institution

'aicha (رضي الله عنها) a dit : "Le Prophète a prié de nuit (pendant le Ramadan) et beaucoup de gens ont prié derrière lui, à la 3ème nuit le Prophète n'est pas sorti avec eux; au matin il a dit : "J'ai vu ce que vous avez fait, la seule chose qui m'a empéché d'assister avec vous et que j'ai eu peur que vous ne le prenniez comme une obligation"". (Mouslim n°1271, At-Tirmidhi)

2) Mérites

Abou Hourayra (رضي الله عنه) a dit : "Le Prophète nous motivait à faire la prière les nuits de Ramadan sans nous y obliger; il a dit : "Celui qui s'est levé pendant le Ramadan avec foi et en comptant sur la récompense divine, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés"". (Al-Boukhâri, Mouslim, Abou Dâwoud, At-Tirmidhi)

D'après Amr Ibn Muna al-Djuhani (رضي الله عنه), un homme issu des Quda'a se présenta au Messager d'ALLah (صلى الله عليه و سلم) et lui dit :
- ô Messager d'ALLah ! Dis-moi, si j'attestais qu'il nul de divinité sauf  ALLah et que Mouhammad est le Messager d'ALLah et accomplissais les cinq prières et jeûnais le mois (de Ramadan) et animais le Ramadan et acquittais la zakat... ?".
- "Quiconque meurt avec cette foi fera partie des véridiques et martyrs" dit le Prophète. (Ibn Khouzayma, Ibn Hibbân et d'autres avec une chaîne authentique)

3) Temps de la prière

Cette prière se fait entre la prière du soir [al-'Icha] et celle de l'aube [As-Soubh].

Al-Albâni (رحمه الله) a dit : "S'il s'agit de choisir entre le fait de prier en public au début de la nuit et le fait de prier tout seul en fin de nuit, la première option est préférable parce qu'elle vaut la prière d'une nuit entière. C'est du reste conforme à la pratique adoptée par les compagnons sous le règne de 'Omar (que ALLah l'agrée)".

4) Nombres d'unités de prière

4-1) 10 ou 8 unités (sans compter le witr)

'Aicha (رضي الله عنها) a dit : "Le Prophète ne rajoutait pas à sa prière de nuit plus de 11 unités, pendant le mois de Ramadan ou en dehors du Ramadan. Il en priait 4, ne me demandez pas sur leur beauté et leur longueur! Puis il en priait 4, ne me demandez pas sur leur beauté et leur longueur! Puis il en priait 3". (Al-Boukhâri, Mouslim, Abou Dâwoud, At-Tirmidhi, An-Nasâi, Abou 'Awâna, Mâlik, Al-Bayhaqi et Ahmad)

Jâbir (رضي الله عنه) a dit que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié pour eux 8 unités puis le witr. (Ibn Khouzayma, et Ibn Hibbân dans leurs sahîh)

Assa'ib Ibn Yazid a dit: "'Omar Ibn Al-Khattab a ordonné à Ubay ibn Ka'b et Tamim Ad-Dari de diriger les gens dans la prière avec onze raka'at. Le lecteur récitait cent versets, au point que nous devions nous appuyer sur des bouts de bois en raison de la longue position (debout). Et nous ne nous arrêterions qu'à l'approche du Fajr". (Mâlik 1/154)

4-2) 20 unités durant le califat de 'Omar, 'Othmân et 'Ali

Ach-Châfi'i (رحمه الله) qui a dit : "Ainsi j'ai trouvé les gens à la Mecque faire 20 unités".

At-Tirmidhi (رحمه الله) a dit : "C'est l'avis de la plupart des gens de science".
C'est l'avis notamment des savants hanafites, hanbalites, de Dâwoud, Ath-Tawri, et Ibn Moubârak.

5) Accomplissement collectif de cette prière

Abou Dharr (رضي الله عنه) a dit : "Nous avons jeûné le Ramadan avec le Messager d'ALLah et il ne nous réunissait pas pour nous diriger une prière collective jusqu'à ce qu'il ne restât du mois que sept jours. Et puis il commença à le faire et prolongeait la prière jusqu'à la fin du tiers de la nuit. Quand il resta six nuits du mois, il ne nous dirigea pas la prière. Quand il en resta cinq nuits, il nous dirigea une prière qui occupa la moitié de la nuit. Je lui ai dit : "ô Messager d'ALLah ! Si tu continuais avec nous (en prière) pour toute cette nuit !".
Il dit : "Quand un homme qui prie avec un imam reste derrière ce dernier jusqu'à ce qu'il termine, on lui inscrit (la récompense) d'une nuit entière (de prière)". Quand il resta quatre jours du mois, il rassembla sa famille, ses femmes et tout le monde et nous dirigea une prière qui se prolongea de sorte que nous craignîmes de rater al-falah. (Le rapporteur dit : je lui ai demandé ce que signifiait al-falah et il a dit que c'était le repas de l'aube). Et puis il ne nous dirigea pas de prière pour le reste du mois". (hadith authentique cité par les auteurs des Sounan, Ibn Abou Chayba, At-Tahâwi, Ibn Nasr, Al-faryâbi, Al-Bayhaqi)

'Abdourrahman Ibn 'abd al-Qâri (رضي الله عنه) a dit : "Je suis sorti avec Omar Ibn al-Khattâb un soir du Ramadan jusqu'à la mosquée tandis que les gens y priaient individuellement ou en petits groupes. 'Omar a dit : "Je pense que si ces gens se rassemblaient autour d'un seul lecteur, ce serait meilleur". Il les rassembla donc autour de Oubay Ibn Ka'b. Je suis sorti un autre soir avec lui et quand ils les a vu prié derrière leur recitateur, il dit : "Quelle bonne innovation que celle-ci! Mais la partie de la nuit où ils dorment est meilleure que celle où ils se lèvent" car les gens se levaient la première partie". (Al-Boukhâri, Mâlik, Ibn Khouzayma, al-Bayhaqi et d'autres)

À voir également l'article :
Il y'a t'il de bonnes innovations en islam ?

5-1) Cause du non maintien par le Prophète (صلى الله عليه و سلم) de la célébration collective de la prière surérogatoire

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n'a pas maintenu cette prière tout au long du mois par crainte qu'elle ne fût une prescription à observer par tous pendant le Ramadan et que l'on se trouve incapable de l'exécuter comme cela a été indiqué dans un hadith d'Aïcha rapporté dans les Deux Sahih et ailleurs. Cette crainte disparut après l'achèvement de la charia et le décès du Prophète (صلى الله عليه و سلم). La disparition de la cause entraîne celle de l'effet qui consistait en l'abandon de la célébration collective et régulière de la prière surérogatoire du Ramadan. Mais le statut antérieur reste maintenu. C'est-à-dire l'institutionnalité de la prière. C'est pourquoi 'Omar (رضي الله عنه) la remit en pratique comme cela est indiqué dans le Sahih de Boukhari et ailleurs.

5-2) Institution de la prière collective pour les femmes

La participation féminine à cette prière est instituée comme l'indique le précité hadith d'Abou Dharr (رضي الله عنه). Mieux, on peut même leur affecter leur propre imam qui officierait parallèlement à celui des hommes. En effet, il est rapporté de façon sûre que quand Omar (رضي الله عنه) rassembla les gens en vue de la célébration de cette prière, il désigna Ubay Ibn Kaab comme imam pour les hommes et Soulayman Ibn Abi Hathma comme imam pour les femmes. (Al-Bayhaqi 2/494, 'Abdur-Razzaq dans son Musannaf 4/258/8722 et Ibn Nasr)

Arfadja ath-Thaqafdi a dit : "Ali Ibn Abi Talib (رضي الله عنه) donnait aux gens l'ordre de célébrer la prière surérogatoire du Ramadan et désignait un imam pour les hommes et un autre pour les femmes. J'étais, moi-même, l'imam de celles-ci".

Al-Albâni (رضي الله عنه) a : "Ceci s'applique si la mosquée est vaste pour éviter que les uns perturbent les autres". (Al-Bayhaqi 2/494, et Ibn Nasr dans Qiyâmou Ramadhân p.93)

6) Récitation dans la prière

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n'a pas déterminé une limite précise à atteindre et à ne pas dépasser pour ce qui est de la récitation a faire pendant la prière surérogatoire du Ramadan; la longueur de sa récitation variait : tantôt, il récitait au cours d'une rak'a l'équivalent de la sourate 73 qui compte 20 versets, parfois il récitait l'équivalent de 50 versets. Il disait : "Celui qui récite 100 versets au cours d'une nuit ne sera pas compté parmi les distraits". Une autre version dit : "...deux cents versets, sera inscrit parmi les dévots sincères". (Ad-Dârimi et Al-Hâkim qui dit : authentique. Adh-Dhahabi a approuvé son jugement)

Au cours d'une nuit pendant laquelle il était malade, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a récité les Sept longues sourates, à savoir les 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 9e sourates du Coran. (Abou Ya'la et Al-Hâkim qui dit : authentique. Adh-Dhahabi a approuvé son jugement)

Un récit portant sur une prière effectuée par Houdahayfa (رضي الله عنه) derrière le Prophète (صلى الله عليه و سلم) indique que celui-ci a récité au cours d'une seule rak'a la deuxième, puis la troisième puis la quatrième sourate du Coran de façon très lente.

'Omar (رضي الله عنه) donna à Ubay Ibn Ka'b (رضي الله عنه) l'ordre de diriger une prière de 11 rak'a pour les gens pendant les nuits du Ramadan, Ubay récitait les longues sourates dites les miine (celles qui comptent une centaine de versets ou plus) de sorte que certains finissaient par s'appuyer sur une canne en raison de la longueur de la posture debout puisqu'ils ne terminent leur prière qu'au début de l'aube. (Al-Bayhaqi, al-Faryabi et An-Naysaboûri)

'Omar (رضي الله عنه) a convoqué les lecteurs du Coran en Ramadan et a demandé au plus rapide d'entre eux de réciter 30 versets et à celui qui avait une rapidité moyenne de réciter 25 versets et au lent de réciter 20 versets. (Al-Bayhaqi, 'Abdourrazzâq)

Ahmad (رحمه الله) a dit : "On récite pendant le mois du Ramadan ce que les gens peuvent supporter sans difficulté".

Al-Qâdi a dit (رحمه الله) : "Il ne convient pas de diminuer à la lecture entière du Coran pendant le mois pour que les gens entendent la totalité du Coran, et on ne rajoute pas à cela pour que les gens ne soit trop sollicités".

L'imama de la femme pour les hommes

"On relate au sujet de Abou Thawr et Ibn Djarîr At Tabari (qu'ils sont d'avis) qu'il est permis à la femme de diriger la prière de Tarâwih lorsqu'il n'y a pas d'autre récitateur (parmi les hommes) à part elle. Et elle se mettra debout à l'arrière de la rangée des hommes". (Houlyat oul Oulama 2/170)

Selon Al Mardâway (رحمه الله), il semblerait que certains juristes hambalites aient également autorisé l'imâma des hommes par la femme pour la prière du Tarâwîh, dans le cas où il n'y aurait personne parmi les hommes qui seraient en mesure de réciter le Coran. Ils précisent néanmoins que la femme se mettra debout derrière les hommes. (Al Insâf 2/263)

7) La nuit du destin et sa détermination

ALLah (le Très-Haut) a dit : {La nuit d'Al-Qadr est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l'Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu'à l'apparition de l'aube.} (97/3-5)

Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Quiconque a animé la nuit du destin [et parvint à y prier avec sa date exacte] par sa foi et son désir de complaire à ALLah, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés". (Al-Boukhâri, Mouslim et d'autres. Ahmad selon Oubâda Ibn Sâmit. Ce qui est entre crochets est dans la version de Mouslim et Ahmad)

7-1) L'avis que cette nuit tombe le 27eme jours de Ramadan

Selon Ibn 'Omar (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Que celui qui la cherche le fasse donc la 27eme nuit". (Ahmad n°4577)

Zouh Ibn Habish a dit : "J'ai entendu Oubay Ibn Ka'b dire - après avoir entendu qu'Abdoullah Ibn Mas'oud disait : "quiconque anime toutes les nuits de l'année sera tombé sur la nuit du destin" : "Puisse ALLah lui accorder sa miséricorde ! Il a voulu que les gens ne se lassent pas! Au nom de Celui en dehors de qui il n'y a point d'autre divinité! La nuit du destin se trouve dans le Ramadan - il a juré sans aucune réserve - Au nom d'ALLah ! Je sais de quelle nuit il s'agit. C'est la nuit que le Messager d'ALLah nous a donné l'ordre d'animer (en prière). C'est la 27e nuit. Le signe en est qu'au lendemain le soleil se lève tout blanc et sans rayon".

Selon une autre version, ces propos sont attribués au Prophète (صلى الله عليه و سلم). (Mouslim, Ahmad, Abou Dâwoud, At-Tirmidhi qui dit : authentique)

7-2) L'avis que cette nuit change chaque année dans la période des 10 dernières nuits

'Aicha (رضي الله عنها) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Cherchez la Nuit d'Al-Qadr dans les dix dernières nuits de Ramadan"". (Al-Boukhâri et Mouslim)

Selon Abou Sa'id al-Khoudri (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Cherchez la dans les nuits impaires des dix dernières nuits de Ramadan". (Al-Boukhâri)

Ibn 'Omar (رضي الله عنه) a dit : "Quelques hommes parmi les compagnons du Messager d'ALLah ont vu la nuit d'Al-Qadr en rêve pendant les sept dernières nuits (de Ramadan). Donc, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Je vois que tous vos rêves s'accordent pour qu'elle (la nuit d'Al-Qadr) soit dans les sept dernières nuits. Ainsi quiconque veut la chercher, qu'il la cherche dans les sept dernières nuits"". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Ibn 'Omar (رضي الله عنه) a dit que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Cherchez-la dans les dix dernières nuits. Mais si l'un d'entre vous faiblit ou en est incapable, qu'il ne laisse pas les sept (dernières) nuits". (Mouslim)

Ibn Hajr (رحمه الله) a dit : "L'avis le plus le plus fort est qu'elle se trouve dans une nuit impaire des dix dernières nuits et qu'elle change chaque année". (Fath Al-Bâri)

7-3) Ce qu'il est bon de dire cette nuit

'Aicha (رضي الله عنها) a dit : "J'ai dit : "Ô Prophète, si je connais la nuit du destin, que dois-je dire dans celle-ci"".
Il dit : "Dis : Ô Dieu Tu es Pardonneur, Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi" [Allâhoumma innaka 'Afouwoun tou hibbou l-'afwa fa 'fou 'anni]". (Ahmad, Ibn Mâja, At-Tirmidhi qui dit : authentique)

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Le jeûne pour se soigner

Dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d'hypertension, d'obésité, de cancers se multiplient et la consommation de médicaments explose. Et s'il existait une autre voie thérapeutique ? Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste : le jeûne. Réputé pour sa source d'eau chaude, le sanatorium de Goriachinsk, dans la plaine sibérienne, est aussi connu pour son centre de jeûne, créé en 1995. Atteints d'asthme, de diabète, de rhumatisme, d'allergie... les patients, très encadrés, n'ingurgitent rien à part de l'eau durant douze jours en moyenne mais la cure se prolonge parfois trois semaines. Après la douloureuse crise d'acidose des débuts, ils se sentent plus en forme et les deux tiers voient leurs symptômes disparaître après une ou plusieurs cures. Remboursé, ce traitement s'appuie sur quarante ans d'études scientifiques, malheureusement non traduites, qui ont démarré sous l'ère soviétique. Bien qu'elles soient inconnues hors de Russie, des médecins et chercheurs occidentaux creusent aussi ce sillon, même si, aux pays du médicament-roi, ils bénéficient de peu de subventions.



Les leçons à puiser du ramadan (dossier à télécharger)


100 questions - réponses des grands savants concernant le jeûne (dossier à télécharger)

 

 

Notes

[1] Rapporté par El-Boukhâri dans le chapitre de «L'adoucissement des cœurs», concernant la modestie (hadith 6137), par Ibn Hibbân dans son "Sahîh" (hadith 347), par l'intermédiaire d'Abou Houreyra ; et rapporté par Ahmed dans son "Mousnad" (hadith 25794), par l'intermédiaire d'Aïcha .[2] Rapporté par Mouslim dans le chapitre du "jeûne", concernant la recommandation du jeûne de six jours du mois de Chewwêl juste après le mois de ramadan (hadith 2758), par Et-Tirmidhî dans le chapitre du "jeûne", concernant ce qui est rapporté au sujet du jeûne de six jours du mois de Chewwêl (hadith 759), par Abd Er-Rezzêq dans "El-Mousannef" (hadith 7918) et par El-Beyhaqî dans "Es-Sounan El-Koubrâ" (hadith 8516), par l'intermédiaire d'Abî Ayyoûb El-Ansârî .

[3] Rapporté par Ahmed dans son "Mousnad" (hadith 21906), par l'intermédiaire de Thawbân . Le hadith est jugé authentique par El-Albâni dans "Sahîh Et-Targhîb" (hadith 1007).

[4] Rapporté par El-Boukhâri dans le chapitre du "jeûne", concernant quand est-ce qu'on accomplit le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés) du mois de ramadan (hadith 1849), par Mouslim dans le chapitre du "jeûne", concernant l'accomplissement du jeûne ultérieur du mois de ramadan au mois de Cha'bân  (hadith 2687), par Ibn Khouzeyma dans son "Sahîh" (hadith 2046) et par El-Beyhaqî dans "Es-Sounan El-Koubrâ" (hadith 8302), par l'intermédiaire d'Aïcha .

[5] Il signifie par là, la version où il est rapporté qu'elle (Aïcha ) avait retardé le jeûne ultérieur (des jours non jeûnés du mois de ramadan) jusqu'au mois de Cha'bân, vu qu'elle était occupée de servir le Prophète .

[6] "Feth El-Bârî" d'Ibn Hadjar (4/191).

[7] "Zêd El-Ma'âd"d'Ibn El-Qayyim (2/94). Voir la fatwa numéro (712) (le jugement concernant la répétition de la omra)

 

 

 


 

Sources:

http://xamislam.blogspot.com/

http://islamfrance.free.fr/

http://3ilm.char3i.over-blog.com/

http://www.islam-al-haqq.com/


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