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l’Islam est-il compatible avec la Démocratie ?

(...) Il s’agira donc dans cette intervention de nous poser la question de savoir dans quelle mesure l’Islam est-il compatible avec la Démocratie ou pas. Sachant que l’intérêt des participants aujourd’hui se porte plus sur les possibilités de l’Islam que sur les hiatus de la Démocratie, nous ne retiendrons que l’aboutissement positif du processus historique de cette dernière.

 

L’Islam peut-il cohabiter avec la démocratie ; cette expérience mûrie après bien des déboires ; cette façon de gérer des sociétés complexes dans un état de droit.

Je ne m’arrêterai point sur les exemples contemporains de pays qui semblent prouver que Islam et démocratie ne sont pas antinomiques mais m’appuierai plutôt sur l’idée que l’autocratie semble être une norme dans le monde arabo-musulman.

Je préfère remonter aux sources théoriques car le recours au référentiel et à son histoire est un moyen efficace de mieux comprendre l’origine de cette analogie&

L’Islam légitime-t-il l’autocratie ?a) en théorie

Lorsque nous nous penchons sur les théories du Pouvoir véhiculées par la jurisprudence musulmane, force est de constater que l’autocratie y trouve bien sa légitimité : de Ibn Hanbal à ibn Taymya en passant par al Mawardi, la nature du pouvoir autocratique n’est jamais remis en question.

 

b) dans la pratique

La majorité des pays musulmans vivent sous le joug de l’autocratie qu’elle soit déguisée en République ou bien une Monarchie de droit divin. Les greffes démocratiques et les liftings démagogiques ne feront pas oublier la nature profonde des pouvoirs qui sévissent dans le monde musulman.

Ghassan Salamé, politologue de renommée, dit si justement : « quelle fragilité interne aux sociétés musulmanes met-elle ainsi sur le qui-vive, les poussant à confondre le besoin compréhensible d’autorité avec la compromission, la collaboration avec toute sorte d’autoritarisme ? »

Les analystes les plus chevronnés n’ont pas établi la rupture épistémologique nécessaire pour comprendre cette profonde aliénation qui trouve son origine au moment crucial de l’usurpation du pouvoir par les ommeyades. Ils semblent ne point détecter cette rupture pourtant majeure et présentent en général l’autoritarisme comme le dénouement naturel de l’enseignement islamique.

Quel était donc la nature du pouvoir au temps du Prophète et des calife éclairés ? Etait-il plus proche du système démocratique ou de l’autocratique ?

Le pouvoir au temps du ProphèteNos sources vues sous un angle autre que les discours officiels qui servent à légitimer les pouvoirs officiels nous permettent de dégager des principes basiques

 

a) la philosophie du pouvoir

- la profession de foi islamique est en soi libératrice et a été perçue par les tyrans comme un slogan des plus subversifs ; il n’y a d’autre Dieu que Dieu signe la fin des despotismes.

- L’unicité de la communauté est le symbole de l’unicité de Dieu.

- Le Coran est une source de Loi mais il n’était pas considéré comme une constitution puisque la communauté de Médine a jugé nécessaire d’en adopter une autre basée sur l’effort de réflexion déjà aux premiers temps.

 

b) la pratique du pouvoir

La constitution de Médine (sahifate al Madina) a été la première constitution politique de l’Histoire. De façon très schématisée, on peut en dégager les principes suivants

- le consensus

- la consultation choura

- la séparation des pouvoirs (développée au temps de Omar, deuxième calife)

- la décentralisation

- la citoyenneté des juifs et la garanti de leur liberté de culte et d’organisation.

- la représentativité (le système de woufoud)

La pratique des califes éclairés révélera le perfectionnement de ces options politiques ; perfectionnement qui permet de dégager deux points essentiels

- le choix des gouvernants ne pouvait être que le résultat d’un contrat synallagmatique (la beia )

- les gouvernants étaient révocables et avaient des comptes à rendre aux gouvernés.

Il est vrai qu’il s’agissait d’une société qui n’était pas encore complexe mais il est évident que tous les ingrédients étaient là pour qu’un véritable système démocratique voie le jour et se développe.

Il est clair aussi que le principe de l’ijtihad nous permet d’emprunter toutes les techniques modernes de gestion pour nos sociétés complexes actuelles.

Si nous nous ressourçons dans la pratique de la communauté de Médine, rien ne nous permet de déceler les germes d’une autocratie voire dune théocratie puisque le Coran garantit la souveraineté populaire et le choix de la communauté.

Alors que s’est-il passé ?

Le coup d’état ommeyadeLes initiés connaissent les grands schismes qu’a vécu l’Islam lorsque Moawya, un des compagnon du Prophète usurpa le Pouvoir en se basant paradoxalement sur l’état de droit encore balbutiant et par la manipulation de l’opinion publique médinoise. Il profita de la grande émotion produite par le meurtre de son prédécesseur pour faire basculer le choix en sa faveur et en la défaveur de Ali. Le pouvoir obtenu par la ruse sera maintenu par la force. D’un pouvoir « démocratique » et d’une « res publica », chose publique nous passerons à l’autocratie héréditaire la plus abjecte.

Les ommeyades dénatureront le pouvoir et nous laisseront marqués à jamais par cette époque. Ils procédèrent à un inversement total de la dynamique de libération instaurée par le Prophète et les quatre califes éclairés et leur réussite est due manifestement au fait que la société arabe n’était pas encore guérie de ses penchants tribaux. Ils usèrent donc de trois moyens essentiels pour arriver à leur fin.

 

1°) le verrouillage idéologique

Avec la complicité consciente ou inconsciente d’une certaine jurisprudence, la manipulation des textes permit un transfert de la sacralité. D’une souveraineté populaire sacrée nous passerons à la sacralité des personnes qui sont au pouvoir et de leur progéniture&Ce transfert se fera grâce à la manipulation de versets coraniques, de certains enseignements du Prophète qui laissait la part aux interprétations &

Ce verrouillage prendra l’aspect d’une propagande assidue et d’un matraquage continu notamment à l’encontre de Ali, symbole du Pouvoir de concertation. L’appropriation de l’espace très symbolique de la mosquée et du prêche du vendredi permettra la corrosion des consciences et l’enracinement dans les consciences que l’autocratie est la norme.

 

2°) mise en place de réseaux d’influence

Commencée déjà à l’ère de Othman, illustre prédécesseur de Ali, l’installation de ces réseaux sera poursuivie et se basera sur le lien du sang mais aussi par le financement d’agents politiques actifs et motivés.

 

3°) la terreur

De grandes figures de proue de la torture et du machiavélisme servirent l’usurpation du pouvoir des ommeyades et les pages sombres de cette terreur systématique ne peuvent qu’assombrir l’image de l’Islam puisqu’elle a été perpétrées au nom de celui-ci.

 

Pour nous il est impératif de lever le voile et d’éduquer les consciences afin de décadenasser notre façon de penser le pouvoir car le système ommeyade réussit si bien que maintenant encore il est tabou de soulever cette polémique dans le monde sunnite tandis que dans le monde chiite, la réaction est épidermique et l’on se réfugie dans un autre genre d’autocratie, celle spirituelle et virtuelle des imams qui reviendront &

Conclusion : L’Islam et la Démocratie à deux conditions

1) que la rencontre entre les deux ne se fasse pas dans le cadre d’une politique d’invasion.

2) que nos peuples se libèrent de leurs carcans idéologiques en remontant aux sources historiques dans un esprit critique et en se débarrassant de pouvoirs qu’ils n’ont pas choisis.

 

Publié le: mardi 25 juillet 2006 par: Nadia Yassine http://www.aljamaa.net/fr/document/56.shtml

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