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La révolte de Iblîs le djinn

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Lorsque Dieu dit à l'assemblée des anges de se prosterner devant Adam, les anges le firent, mais Iblîs, un djinn qui était lui aussi présent dans l'assemblée (cliquez ici) – il y était arrivé à force de faire l'adoration de Dieu –, s'y refusa. "Et lorsque Nous dîmes aux Anges : "Prosternez-vous devant Adam". Ils se prosternèrent, excepté Iblîs, qui était des djinns. Il se révolta alors contre l'ordre de Dieu..." (Coran 18/50). (Voir aussi 2/34 ; 7/11 ; 15/30-31 ; 17/61 ; 38/71-74.)

Dieu lui demanda la raison pour laquelle il n'avait pas obéi à Son ordre de se prosterner : "(Dieu) dit : "Iblîs, qu'as-tu à n'avoir pas été avec ceux qui se prosternent ?" (15/32) / "Qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner lorsque Je te l'ai ordonné ?" (7/12) / "O Iblîs, qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner devant ce que J'ai créé de Mes deux Mains ? T'es-tu enorgueilli, ou bien (estimes-tu que) tu fais partie des hauts placés ?" (38/75-76).

Il fit alors cette réponse : "Je suis meilleur que lui ; Tu m'as créé à partir de feu, et Tu l'as créé à partir de boue" (Coran 7/12, 38/76) ; "Je n'avais pas à me prosterner devant un humain que Tu as créé à partir d'une boue malodorante" (Coran 15/33).

Il est dès lors devenu kâfir : "Il a refusé et s'est enorgueilli ; et il devint du nombre des kâfir" (Coran 2/34 : "kâna" a ici le sens de "sâra" : Tafsîr ul-Qurtubî) ; "il s'est enorgueilli ; et il devint du nombre des kâfir" (38/74). Or qui est kâfir ne peut pas être mu'min, c'est évident. Iblîs n'a certes pas renié l'existence ni la toute-puissance de Dieu ; mais Il a contesté le bien-fondé de l'un de Ses ordres, qu'il savait être l'un de Ses ordres, s'adressant à lui aussi ; Il n'a pas seulement délaissé la mise en pratique de l'Ordre, il en a contesté le bien-fondé. Cela a fait de lui un kâfir, donc un non-mu'min. Même si Iblîs croit en certaines choses, cela n'est pas suffisant pour qu'elles constituent le minimum de foi nécessaire ; contestant le bien-fondé de l'Ordre de Dieu, il perdit le asl ul-îmân même : il tomba dans le "kufr ul-juhûd ma'a-s-tîqân in-nafs" / "kufr ul-ibâ' bi-l-istikbâr" (cliquez ici et ici). (Toute personne qui refuse de se soumettre sur le plan de la raison au dernier message de Dieu alors même que celui-ci lui est parvenu, celle-là n'est pas seulement ghayr-muslim, mais aussi ghayr-mu'min, c'est-à-dire n'a pas asl ul-îmân.)

Cet ordre de Dieu, donné aux créatures présentes – la majorité d'entre celles-ci étant des anges –, de faire une prosternation de respect devant Adam, revenait en fait à exprimer sa reconnaissance de la faveur que Dieu a accordée à Adam par rapport aux autres créatures : la nomination à la fonction de "khalîfatullâh fi-l-ardh" (cliquez ici). Dieu dit ainsi : "Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : "Je vais placer sur la terre un khalîfa" (Coran 2/30) : les créatures présentes comprirent que Dieu parlait là non pas de de Adam seulement mais de l'homme en général, puisque les anges questionnèrent Dieu au sujet du fait qu'Il mettrait donc qui ferait le mal et répandrait le sang sur terre.

Cette prosternation demandée aux anges (et au djinn Iblîs, qui était parvenu à force d'adoration parmi eux) devant Adam n'était pas une action de culte ('ibâda), cela est certain. Elle consistait :
– soit en une simple salutation (tahiyya) de leur part, eux les meilleures créatures de Dieu, vis-à-vis de l'homme (c'est l'avis de Ibn Hazm) ;
– soit en l'expression de leur reconnaissance de la supériorité de Adam, comme meilleure créature de Dieu, par rapport à eux (c'est l'avis de certains autres ulémas).

Par ailleurs, quand cet ordre de se prosterner fut-il donné aux anges : avant l'enseignement des noms à Adam, ou après ? Il y a divergence sur le sujet (cliquez ici pour en savoir plus).

Quand Iblîs s'est révolté contre l'ordre de Dieu de se prosterner, ce n'est pas parce que cet ordre l'opprimait, ou que, de façon générale, il faisait l'objet d'une oppression de la part de Dieu qui l'empêchait de vivre ses droits naturels ; c'est parce qu'il s'était enflé d'orgueil et qu'il fut donc jaloux, refusant que Dieu ait décidé de donner à un autre que lui cette grande faveur. S'il a désobéi à Dieu et s'est rebellé contre Son ordre au sujet de l'homme, ce n'est donc pas que, comme dans le mythe grec de Prométhée (cliquez ici), Iblîs aurait voulu donner à l'homme des droits qui lui étaient injustement refusés par le divin ; c'est, tout au contraire, qu'il a refusé que la faveur de Dieu aille à l'homme au lieu de lui.

En fait Iblîs avait réussi à se persuader que la nomination à cette fonction ne pouvait revenir qu'à lui ; lui qui était meilleur que Adam parce que bien né, créé à partir du feu quand Adam ne l'était qu'à partir de boue malodorante, et parce qu'ayant réussi, par son seul mérite, à une proximité de Dieu qui était conséquente. Il oubliait qu'on doit adorer Dieu en considérant cela non pas comme un mérite personnel mais comme une faveur accordée par Dieu de se rapprocher de Lui ; il est aisé de dire à tout-va qu'on n'est rien, que Dieu décide de tout, mais c'est lorsqu'on est confronté au don, par Dieu, d'une plus grande faveur à quelqu'un d'autre que soi, que sa sincérité vis-à-vis de Dieu et son humilité sont mises à l'épreuve que la réalité va apparaître : accepte-t-on la décision de Dieu en faveur d'autrui, ou souhaite-t-on que cet autrui perde cette faveur et qu'elle revienne à nous, l'élu de Dieu... Que Dieu nous préserve tous de suivre le modèle de Iblîs.

C'est sa contestation de la nomination de Adam qui a amené Iblîs à refuser l'ordre de Dieu de faire une prosternation de respect devant Adam.

L'argumentation que Iblîs exposa devant Dieu peut être synthétisée ainsi : "Je n'avais pas à me prosterner devant cet humain. Le fait est que Tu m'as créé de feu, et lui de boue. Or le feu est meilleur que la boue. Et ce qui est meilleur qu'une chose ne s'incline pas devant elle. Par rapport à la réalité de ce que Tu as Toi-même créé, Ton ordre est donc totalement déplacé. Et moi je n'obéis pas à des ordres de Toi qui sont déplacés. Aurais-Tu oublié la place que moi j'ai ?"

Ayant renié l'ordre de Dieu, Iblîs s'entendit signifier par Dieu son rejet de la Proximité : "Descends du [Ciel *], car tu n'as pas à t'y enorgueillir. Sors, tu es parmi les humiliés" (7/13) : / "Sors du [Ciel], car tu es rejeté. Et sur toi est Ma malédiction jusqu'au jour du Compte" (38/77-78 ; voir également 15/34-35) ; * C'est ainsi que al-Qurtubî (Tafsîr ul-Qurtubî tome 7 p. 173), de même que Cheikh Thânwî (Bayân ul-qur'ân tome 4 p. 4) - parmi d'autres - ont commenté le pronom "hâ".

Iblîs a alors demandé la permission (takwînî) de vivre jusqu'à la fin du monde : "Mon Seigneur, donne-moi un délai jusqu'au jour où ils seront ressuscités" (Coran 15/36 ; 38/79 ; voir également 7/14).

"Tu seras de ceux à qui est donné le délai jusqu'au jour du Moment connu" lui dit Dieu (Coran 15/37-38 ; 38/80-81).

Ayant obtenu cette faveur, le djinn reprit : "Vois-Tu celui que Tu as honoré par rapport à moi, si Tu me donnes [ainsi] un délai jusqu'au jour de la résurrection, je détournerai sa descendance, sauf un petit nombre" (Coran 17/62) / "Eh bien, par Ta Puissance, je les égarerai tous, sauf parmi eux Tes serviteurs choisis" (38/82-83) / "Mon Seigneur, à cause du fait que Tu m'as égaré, j'enjoliverai pour eux (la vie) sur terre et les égarerai tous, sauf parmi eux Tes serviteurs choisis" (15/39-40) / "Eh bien, à cause du fait que Tu m'as égaré, je m'assoirai pour eux sur le droit chemin puis je viendrai à eux de devant eux, de derrière eux, de leur droite et de leur gauche. Et Tu ne trouveras (alors) pas la plupart d'entre eux reconnaissants (envers Toi)" (7/16-17).

Dieu lui a alors accordé Son accord existentiel (takwînî). Il lui a réitéré l'ordre de sortir du lieu où il avait jusqu'alors accès : "Sors de ce (lieu), blâmé et rejeté" (7/18). Il lui a dit aussi : "Pars ! Quiconque d'entre eux te suivra donc, la Géhenne sera votre rétribution, rétribution pleine ! Incite ceux d'entre eux que tu peux par ta voix, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie ; participe dans leurs biens et leurs enfants ; et fais-leur des promesses (...). Mes serviteurs, tu n'auras aucun pouvoir sur eux" (17/64-65) / "Voici une voie qui mène à Moi, droite. Mes serviteurs, tu n'auras aucun pouvoir sur eux ; (tu n'auras d'influence) que sur celui qui te suivra [= se laissera aller à te suivre] parmi les égarés. Et la Géhenne sera leur rendez-vous à tous. Elle a sept niveaux ; pour chacun sa part déterminée parmi eux. Les pieux seront dans des jardins et des sources" (15/41-45) / "Eh bien, (voici) la vérité – et c'est la vérité que Je dis – : J'emplirai la Géhenne de toi et de tous ceux d'entre eux qui t'auront suivi" (38/84-85). (Se préserver de la participation du Diable dans les différents actes que l'on fait, cela passe par le fait de prononcer le Nom de Dieu avant de commencer chacun de ces actes : cliquez ici.)

Depuis, Iblîs essaie d'amener les humains à renier Dieu et à se tourner complètement vers autre que Lui (ta'tîl akbar, ou shirk akbar), et, si ce n'est pas possible, au moins à Lui désobéir dans leurs actes (ma'siya). Il désire de la sorte être la cause de l'entraînement du maximum d'humains avec lui dans la Géhenne (éternelle, ou au moins temporaire) : car s'il y a été promis, c'est à cause de son refus, motivé par son orgueil, sa jalousie et son manque de sincérité dans l'adoration qu'il rendait à Dieu ; cependant, ces défauts qu'il avait ne se sont manifestés que lors de la promotion de l'homme ; devenu dès lors indirectement et involontairement la cause de la chute de Iblîs, l'homme est la créature que celui-ci déteste le plus et dont il veut à tout prix la perte. "Le Diable est pour vous un ennemi, considérez-le donc comme un ennemi. Il ne fait qu'inviter (ceux qui veulent bien être) ses partisans, afin qu'ils soient parmi les gens de la Fournaise" (35/5-6). Iblîs essaie d'entraîner également les êtres de son espèce, les djinns, à renier Dieu.

Si Dieu a donné à Iblîs Son accord (takwînî) pour qu'il appelle les hommes au mal, c'est dans la mesure où cela permet (sur le plan takwînî) que les humains, qui sont de par leur nature même sujets à la tentation, connaissent l'appel vers ce qui est mal, et qu'ils fassent donc le choix. Dieu Lui-même appelle les humains et les djinns au bien. Il a par ailleurs créé avec l'humain un ange qui l'invite à faire le bien, de même qu'un démon qui l'incite à faire le mal (hadîth rapporté par Muslim, 2814 ; voir aussi le hadîth rapporté par at-Tirmidhî, 2988). Il a, enfin, suscité des messagers humains chargés de rappeler à leur semblables le droit chemin ; mais, parallèlement, Il a suscité (sur le plan takwînî) des "démons humains" (Coran 6/112) chargés de contrer leur message en les contredisant et en appelant au mal. Tout ceci permet la mise à l'épreuve de l'homme sur terre. "O les humains, la promesse de Dieu est vérité. Que la vie présente ne vous trompe donc pas. Et que le Trompeur ne vous trompe pas au sujet de Dieu. Le Diable est pour vous un ennemi, considérez-le donc comme un ennemi. Il ne fait qu'inviter (ceux qui veulent ben être) ses partisans, afin qu'ils soient parmi les gens de la Fournaise" (35/5-6).

"Le Diable vous promet que vous allez devenir pauvres (si vous faites l'aumône) et vous dit de faire les actions mauvaises. Et Dieu vous promet pardon de Sa part et faveur" (2/268). "Et quiconque prend le Diable comme allié au lieu de Dieu, celui-là sera perdu d'une perdition évidente. (Le Diable) leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Le Diable ne fait que leur faire des promesses trompeuses" (4/119-120).

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Iblîs a-t-il ou non le pouvoir d'influencer les humains par ses suggestions ?

Dans un verset il est dit que, une fois dans la Géhenne, Iblîs dira à ceux qui l'auront suivi qu'il n'avait sur eux aucun sultân (pouvoir) si ce n'est d'inviter : "(Mais) je n'avais aucun pouvoir sur vous si ce n'est que je vous ai invités" (14/22).

Pourtant, dans un autre verset il est dit que Iblîs n'a pas de sultân (pouvoir) sur "ceux qui ont apporté foi et s'en remettent à Dieu", et que "son sultân n'est que sur ceux qui le prennent comme allié et sont associateurs (de) lui (à Dieu)" (Coran 16/99-100). De même, dans un des versets que nous avions cités plus haut, Dieu nous relate avoir dit à Iblîs : "Mes serviteurs (choisis), tu n'auras aucun sultân sur eux ; (tu n'auras de sultân) que sur celui qui te suivra [= se laissera aller à te suivre] parmi les égarés" (15/42).

Alors : Iblîs a-t-il un pouvoir sur les hommes ou pas ?

En fait ce même mot, "pouvoir", "sultân", a deux sens différents dans chacun de ces deux passages coraniques :
– dans le 14/22, il désigne le pouvoir de contraindre, d'amener quelqu'un à faire quelque chose contre son gré ;
– alors que dans le 15/42 et dans le 16/99-100, il désigne le pouvoir d'influencer.

L'ensemble de ces passages coraniques veulent dire que les suggestions de Iblîs ne peuvent jamais aller jusqu'à amener quelqu'un à faire quelque chose contre son gré, car le Démon ne fait que suggérer, inviter, et enjoliver le mal ; cependant, ses suggestions ont beaucoup plus d'effet sur celui qui le prend comme allié que sur celui qui prend Dieu comme allié.

http://www.maison-islam.com/articles/?p=538

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