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Le conflit entre les Byzantins et les Perses dans le Coran

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Dans le Coran (sourate 30), on lit le passage suivant : "Les Byzantins ont été vaincus dans un proche territoire. Après (cette) défaite ils seront bientôt vainqueurs, dans quelques années. A Dieu appartient l'ordre avant et après. Et ce jour-là les croyants se réjouiront de l'aide de Dieu. Il aide qui Il veut. Et Il est le Puissant, le Miséricordieux. Promesse de Dieu ! Dieu ne faillit jamais à Sa Promesse. Mais la plupart des hommes ne savent pas" (Coran 30/2-6).

Ces versets font allusion à un événement fort connu : le conflit, au début du VIIème siècle de l'ère chrétienne, entre les forces byzantines de Héraclius et celles, sassanides, de Chosroes. Ces versets parlent de la victoire que les Perses sassanides remportèrent sur les Byzantins dans "un proche territoire" ("fî adna-l-ardh") par rapport au lieu où se trouvait le Messager de Dieu, c'est-à-dire le Hedjaz ; ils prédisaient un retournement de la situation, avec une contre-attaque victorieuse des Byzantins, "dans quelques années", plus exactement dans un délai de trois à neuf années (car le terme arabe "bidh'" désigne un chiffre compris entre trois et neuf). Il est à noter que les Mecquois idolâtres espéraient la victoire des Perses adorateurs de feu sur les Byzantins chrétiens, alors que les musulmans souhaitaient l'inverse (at-Tirmidhî 3193, 3194).

La mention de ce célèbre événement comme un fait lui étant contemporain constitue un indice, présent dans le texte du Coran même, de l'époque où il fut révélé à Muhammad (sur lui la paix).

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La victorieuse contre-attaque byzantine :

Il faut ici rappeler que la victoire perse à Jérusalem eut lieu en 614, et qu'une autre victoire perse se produisit en Egypte l'année suivante, soit l'an 615.

Quant à la contre-attaque byzantine, elle démarra en 622. Entre 622 et 625 les Byzantins connurent plusieurs victoires. Enfin, en 627 eut lieu leur victoire décisive sur les Perses.

Quelle fut cette victoire des Byzantins prédite par ces versets du Coran et quelle avait été la défaite de ces Byzantins après laquelle ces versets furent révélés ?

A) Soit la victoire prédite des Byzantins est l'une de celles qu'ils remportèrent de façon successive entre l'an 622 et l'an 625. Certains commentateurs coraniques ont écrit que la victoire byzantine prédite s'est réalisée "l'année où eut lieu la victoire musulmane de Badr" (cf. Al-Jawâb us-sahîh 1/87 ; Tafsîr Ibn Kathîr), soit l'année 623-624. Dans ce cas :
A.a) si on retient cette année 623 comme date de la victoire et qu'on en retranche donc 9, on obtient l'an 614, ce qui correspond à l'an - 8 de l'hégire, soit l'an 5 du prophétat : dans ce cas et si le délai fixé se révéla être exactement de 9 ans, les versets prédisant la prochaine victoire des Byzantins furent révélés immédiatement après la défaite de ceux-ci à Jérusalem, survenue en l'an 614 ;
A.b) il se peut aussi que la victoire byzantine prédite ait été celle de l'an 624, et que ces versets aient fait allusion à la défaite byzantine en Egypte, survenue en l'an 615, après laquelle ils furent révélés.

B) Soit la victoire annoncée des Byzantins est celle qu'ils remportèrent sur les Perses à Ninive en décembre de l'an 627. Cette date correspond à cha'bân de l'an 6 de l'hégire. De leur côté les musulmans conclurent avec les idolâtres Mecquois la trêve de al-Hudaybiya en dhu-l-qa'dah 6 – soit mars 628. C'est ce qui explique l'autre commentaire, selon lequel "ce fut l'année de al-Hudaybiya que les Byzantins vainquirent les Perses" (cf. Al-Jawâb us-sahîh ; Tafsîr Ibn Kathîr).
Si on retient cette seconde hypothèse, le moment où les versets en question furent révélés est à chercher pendant la dernière partie de la période où le Prophète vivait encore à la Mecque. Si de l'an 6 de l'hégire on retranche 9, on obtient - 3, et les versets auraient été révélés en l'an - 3 de l'hégire, soit l'an 10 du prophétat, ce qui correspond à l'année 619 dans le calendrier chrétien ; dans ce cas les versets en question évoquèrent simplement la défaite byzantine survenue quelques années plus tôt dans le proche territoire, et ne furent pas révélés juste après la conquête perse de Jérusalem, survenue, nous l'avons déjà dit, en l'an 614.

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L'assassinat de l'empereur perse par son fils :

Quelque temps après la défaite de son armée à Ninive, l'empereur perse Parwiz, qui régnait alors depuis quelques 38 ans, fut assassiné par Chéroé, son propre fils.

Quand cet événement se déroula-t-il ?

Première hypothèse) D'après une source citée par at-Tabarî, ce parricide eut lieu en dhu-l-qa'da 6 (Le Prophète de l'Islam, Muhammad Hamidullah, 1/333, ci-après : "LPI"), soit une date située aux alentours de mars 628. Très voisin est ce que relate Théophane : Héraclius écrivit à son fils une lettre où il disait que l'empereur de Perse avait été assassiné le 27 février 628 (cité dans LPI 1/333).

Seconde hypothèse) D'après al-Wâqidî, le parricide eut lieu en jumâda-l-ûlâ 7 (LPI, 1/334), soit environ septembre 628.

Or il faut savoir que c'est dans les temps qui suivirent le pacte de al-Hudaybiya – dhu-l-qa'dah 6, soit mars 628 – que le Prophète adressa des lettres aux empereurs et rois de la région pour leur présenter l'islam (Fat'h ul-bârî 8/159) ; et il y eut une lettre envoyée à l'empereur perse par l'intermédiaire de Abdullâh ibn Hudhâfa as-Sahmî : ce dernier devait remettre la lettre au gouverneur de Bahreïn et lui demander de la faire parvenir jusqu'à Chosroes (al-Bukhârî 4162). Quand il la reçut, Chosroes déchira avec mépris cette lettre d'un Arabe qui osait écrire à l'empereur de Perse pour lui présenter une religion autre que celle de ses glorieux ancêtres ; puis il ordonna qu'on fasse parvenir son ordre à son gouverneur au Yémen : deux émissaires seraient envoyés se saisir de cet Arabe. (Une partie du Yémen, en effet, était passée aux mains des Perses.)

Qui fut donc cet empereur perse à qui le Prophète adressa sa lettre : Parwiz ou Chéroé ?

Possibilité 1) Soit il s'agissait de Chéroéh, qui avait déjà assassiné son père (Parwiz) ; dans ce cas, il faut donner à l'assassinat une date antérieure à celle de la rédaction de la lettre ; or, les lettres du Prophète ayant été rédigées au plus tôt vers mars-avril 628, on tend vers l'avis de at-Tabarî, qui date le parricide de mars 628.

Possibilité 2) Soit l'empereur perse destinataire de la lettre du Prophète était Parwiz, le père qui allait être assassiné ; dans ce cas, et étant donné que les lettres n'ont pas pu partir d'auprès du Prophète avant le dernier mois de l'an 6 de l'hégire – avril 628 –, en février-mars 628 Parwiz était encore vivant. Il reste donc à choisir l'autre hypothèse, celle de al-Wâqidî, selon laquelle l'assassinat eut lieu vers septembre 628.

La possibilité 1 pose problème dans la mesure où, comme nous l'avons vu, lorsque l'empereur perse reçut la lettre du Prophète, il ordonna que son gouverneur du Yémen dépêche deux émissaires auprès du Prophète ; or Ibn Hishâm relate que lorsque ces deux émissaires se présentèrent devant le Prophète pour lui dire qu'ils étaient venus l'arrêter et l'emmener, le Prophète leur fit pour toute réponse : "Cette nuit, mon Maître [= Dieu] a fait en sorte que votre maître a été assassiné" (Sîrat Ibn Hishâm). L'empereur perse qui a été assassiné semble donc bien avoir reçu et lu la lettre du Prophète ; or c'est Parwiz qui a été assassiné. C'est donc à lui que la lettre était adressée. Et lorsque le Prophète fit rédiger la lettre, Parwiz était encore vivant. C'est donc l'avis de al-Wâqidî qui est à retenir : l'assassinat semble avoir eu lieu vers septembre 628.

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L'épître du Prophète à l'empereur byzantin :

Le Prophète envoya également une lettre à Héraclius, l'empereur byzantin : ce fut Dihya qui fut chargé de la remettre au gouverneur de Bosra et de lui demander de la faire parvenir jusqu'à Héraclius (al-Bukhârî 7, 2782). Or, d'après Ibn Hishâm, Dihya participa à l'expédition de Khaybar (LPI 1/321), laquelle eut lieu en muharram 7, soit mai 628, ce qui laisse supposer que c'est après ce mois de mai 628 que Dihya se mit en route vers la Syrie-Palestine. De son côté, Héraclius s'acheminait depuis Homs jusqu'à Jérusalem, pour remercier Dieu de lui avoir donné la victoire sur les Perses. Selon Nicéphore (cité dans LPI 1/322), c'est en septembre 628 [ce qui correspond à jumâda-l-ûlâ 7] que Héraclius arriva dans la Ville Sainte (LPI 1/322). Hamidullah précise : "Les chroniques ecclésiastiques affirment que l'empereur participa à la fête de l'Exaltation de la Croix, qui se célèbre le 14 septembre" (Ibid.).

Dihya se mit donc en route après mai 628 (ce peut être juin ou bien juillet 628), et Héraclius reçut la lettre dans les mois qui suivirent.

Les sources musulmanes racontent que Abû Sufyân et d'autres Qurayshites – qui ne s'étaient alors pas encore convertis à l'islam –, présents au même moment quelque part dans la région de Châm (al-Bukhârî 2782) – à Gaza précisément (Fat'h ul-bârî 1/47) – où ils étaient venus pour les besoins de leur commerce, se trouvèrent mandés devant l'empereur : celui-ci, ayant reçu la lettre du Prophète et se l'étant fait traduire, désirait en savoir plus à propos de cet homme se prétendant prophète, et faisait rechercher des gens de son entourage présents dans la région. Et c'est à Jérusalem que Abû Sufyân et ses compagnons de voyage furent conduits devant Héraclius (al-Bukhârî 2782).

Le Professeur Hamidullah a inséré dans son ouvrage Le Prophète de l'islam des fac-similés de différents documents qu'on présente comme étant les originaux des lettres envoyés par le Prophète à différents empereurs et rois de la région : ils sont visibles entre les pp. 285-286, entre les pp. 295-296, entre les pp. 318-319, entre les pp. 355-356, entre les pp. 338-339.

 

http://www.maison-islam.com/articles/?p=427

 

 

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