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Le jeûne thérapeutique

Le jeûne, qu’est-ce que c’est ?
Le jeûne est sans doute l’une des plus anciennes approches d’autoguérison. Même dans la nature, les animaux cessent instinctivement de manger quand ils sont malades ou blessés. Le jeûne complet consiste à s’abstenir de tout aliment (solide et liquide), à l’exception de l’eau, pendant une période plus ou moins longue dans le but de reposer, détoxiquer et régénérer l'organisme. Selon ses tenants, le jeûne contribuerait au maintien d’une bonne santé, au même titre qu’une saine alimentation, l’exercice physique et l’équilibre émotif.

Les gens qui entreprennent un jeûne le font généralement pour « faire un grand ménage » ou donner au corps des conditions optimales de guérison. De tout temps, il a également été associé à des pratiques spirituelles ou religieuses. Il procurerait en outre un sentiment de clarté d’esprit et de « désencombrement mental »1. L’application du jeûne à des fins thérapeutiques demeure toutefois un sujet controversé. Certains praticiens y voient un danger pour la santé ou croient qu’il serait imprudent de l’entreprendre sans la supervision d’un professionnel de la santé.

Jeûne complet ou jeûne partiel ?
Bien qu’on utilise librement le terme « jeûne » pour englober plusieurs types de cures et de jeûnes, il importe de faire une distinction entre le jeûne complet et les cures. Au cours d’un jeûne véritable, seule l’eau est permise et on recommande le repos complet. La cure (ou jeûne partiel) est plutôt basée sur diverses diètes restreintes comprenant des jus de fruits, de légumes ou d’herbe de blé, et parfois certains autres nutriments (céréales, pousses, infusions, bouillons, suppléments alimentaires, etc.).

Ces cures, qui se veulent souvent thérapeutiques, peuvent être adaptées aux besoins particuliers des jeûneurs et varient selon l’approche des intervenants. Elles conviennent aux personnes qui ont des besoins particuliers, qui ne peuvent, en raison de leur santé, vivre un jeûne complet, ou qui souhaitent s’initier au jeûne par une approche plus douce.

Bien que la tradition reconnaisse les vertus du jeûne, les premiers fondements scientifiques ne remontent qu’à la fin du XIXe siècle. Le Dr Isaac Jennings (1788-1874) fut l’un des premiers médecins américains à le préconiser. C’est en 1822 qu’il renonce à l’usage de la médication et qu’il opte pour une nouvelle science de la santé basée sur des principes naturels, dont le jeûne, que l’on appela ensuite hygiène naturelle ou système hygiénique. D’autres praticiens l’ont imité, mais on doit principalement à Herbert M. Shelton3 (1895-1985), chiropraticien et naturopathe, reconnu comme le père de l’école hygiéniste, d’avoir élaboré un protocole basé sur un jeûne strict à l’eau, sans exercice physique. Il s’agissait d’un repos physiologique complet - que recommandait Socrate il y a 2 500 ans! - qui permettrait d’aiguiser l’esprit.

Diverses associations regroupent les promoteurs du jeûne. Mentionnons l’International Association of Hygienic Physicians (IAHP)2, un regroupement international de médecins et professionnels de la santé spécialisés dans la supervision du jeûne thérapeutique; l'International Natural Hygiene Society10; et la National Health Association11 qui, sous le nom de American Natural Hygiene Society, fut autrefois dirigée par Herbert M. Shelton.

Une étude d’observation publiée en 20051 a évalué la faisabilité et l’efficacité de l’intégration d’une thérapie par le jeûne auprès de 2 121 patients admis dans un département de médecine intégrée d’un hôpital en Allemagne. Les patients souffraient soit d’une maladie chronique interne soit d’un syndrome de douleur chronique (arthrite rhumatoïde, maladie inflammatoire de l’intestin, douleur reliée au système locomoteur, syndrome de l’intestin irritable, maladie pulmonaire, migraine, céphalée, etc.).

Tous les patients ont reçu des traitements d’acupuncture, d’hydrothérapie, pratiqué diverses approches corps-esprit et assisté à des cours sur la nutrition et les habitudes de vie. Il leur était en outre proposé de participer à un jeûne modifié de 7 jours. La consommation exclusive de 2 litres de liquide par jour (eau minérale, jus de fruits, thé, bouillon de légumes) fournissait au total 350 calories. Environ 45 % d’entre eux ont participé au jeûne. À leur sortie de l’hôpital, les patients ayant jeûné ont rapporté une diminution de leur symptôme principal significativement plus grande que celle des autres patients. Aucun effet secondaire sérieux ne fut rapporté. Les auteurs ont conclu qu’une thérapie par le jeûne était une méthode sécuritaire et efficace pouvant être incorporée dans un concept de médecine intégrée.

D’autres recherches destinées à déterminer l'efficacité et l'innocuité du jeûne complet, seul ou associé à un autre traitement, ont fait état de résultats positifs dans le traitement de divers problèmes. Cependant, même si les auteurs concluent qu’il pourrait s’agir d'un traitement complémentaire intéressant, ils précisent généralement que des études supplémentaires seront nécessaires afin d’en valider l’efficacité.

Recherches
Efficacité possible Soulager l’arthrite rhumatoïde. Diverses études ont démontré que des changements dans l’alimentation peuvent avoir un effet positif sur les symptômes des patients souffrant d’arthrite rhumatoïde12. En ce qui concerne le jeûne, une synthèse systématique parue en 2001 a relevé 4 études contrôlées, incluant au total 143 sujets, qui ont évalué l'effet d'un jeûne de 7 à 23 jours suivi d'une diète végétarienne13. Des améliorations à long terme furent observées chez les sujets des groupes de jeûneurs (diminution de la douleur, augmentation de la capacité fonctionnelle) comparativement aux groupes témoins.

Efficacité possible Contribuer au traitement de l’hypertension. Deux essais ouverts sans groupe témoin, ayant comme objectif d’évaluer l’efficacité d’un jeûne médicalement supervisé dans le traitement de l’hypertension, ont été publiés14,15. Dans les 2 cas, les patients ont consommé uniquement des fruits et des légumes pendant 2 à 3 jours, puis seulement de l’eau pendant les 10 à 11 jours suivants. Ils ont complété le programme par une diète végétarienne de 6 à 7 jours. Les 174 patients du premier essai avaient une pression sanguine élevée (supérieure ou égale à 140/90 mm/Hg depuis au moins 12 mois) et ne prenaient pas de médicaments. Les 68 patients du second essai n’avaient qu’une pression sanguine limite (pression systolique entre 120 mm/Hg et 140 mm/Hg, combinée à une pression diastolique inférieure à 91 mm/Hg). Les résultats des 2 études indiquent une diminution statistiquement significative de la pression sanguine. De plus, 89 % des sujets de la première étude et 82 % de ceux de la seconde présentaient des valeurs normales de pression à la fin de l’intervention. Les auteurs de ces essais ont toutefois conclu que des études évaluant si les effets se maintiennent dans le temps seront nécessaires afin de pouvoir statuer sur l’efficacité de cette approche.

Efficacité incertaine Induire une perte de poids. Bien sûr, le jeûne permet de perdre du poids. À long terme cependant, le jeûne ne semble pas une manière efficace d’y parvenir. Il faudrait surtout modifier son style de vie, adopter de saines habitudes alimentaires et faire de l'exercice physique. Une étude ouverte sans groupe témoin16 a été effectuée sur 207 personnes souffrant d’obésité morbide et hospitalisées pendant un jeûne d’une durée prévue d’environ 2 mois, dans le but de perdre du poids. Les résultats indiquent que le jeûne (durée moyenne de 47 jours) a été efficace pour faire perdre du poids (28,2 kg en moyenne). Cependant, parmi les 121 sujets ayant participé aux visites de suivi, 50 % avaient repris leur poids initial après 2 à 3 ans, et plus de 90 %, après 7 ans.

Efficacité incertaine Améliorer la qualité du sommeil. Une étude pilote sans groupe témoin17, portant sur 15 sujets non obèses âgés de 19 ans à 59 ans ayant observé un jeûne complet d’une durée de 7 jours, a donné des résultats prometteurs. Cette étude a démontré que le jeûne n’avait pas d’effet sur le temps total de sommeil, mais qu’il diminuait le nombre de réveils pendant la nuit. De plus, des améliorations en ce qui concerne la qualité subjective du sommeil, l’énergie journalière, la balance émotionnelle perçue et la concentration ont aussi été observées.

Efficacité incertaine Contribuer au traitement de la pancréatite aiguë. En cas de pancréatite aiguë, le jeûne est souvent de mise en raison des douleurs et de l'intolérance digestive du patient. Un essai clinique aléatoire18 réalisé auprès de 88 sujets a comparé les effets de 3 traitements : le jeûne complet seul, une combinaison jeûne complet et cimétidine (un médicament visant à réduire la quantité d’acide produit par l’estomac), et la succion nasogastrique (aspiration des liquides de l’estomac à l’aide d’un tube inséré par le nez). Chaque traitement s’est poursuivi jusqu’à ce que le patient ne ressente plus de douleur pendant au moins 24 heures. Le jeûne seul et le jeûne accompagné de cimétidine ont tous les deux donné de meilleurs résultats que la succion nasogastrique. La reprise de l’activité intestinale normale a été plus rapide et la prise d’analgésiques a été réduite. Enfin, il n’y a que le jeûne seul qui a permis de diminuer de façon significative la durée de la douleur abdominale.

Efficacité incertaine Contribuer au traitement du syndrome de l’intestin irritable. En 2006, une petite étude clinique non aléatoire, réalisée en milieu hospitalier, a évalué l’ajout d’une période de jeûne à un programme de traitement pharmacologique et psychologique chez 58 sujets ne répondant pas au traitement usuel du syndrome de l’intestin irritable19. Deux groupes ont été créés : un groupe expérimental ayant jeûné pendant 10 jours consécutifs à l’intérieur des 12 semaines de traitement, et un groupe témoin ne recevant que les traitements. Les sujets ayant jeûné ont montré une diminution de 7 des 10 symptômes évalués par l’étude, comparativement à seulement 3 pour le groupe témoin.

Avant d’entreprendre un jeûne complet ou partiel, il est recommandé de vérifier son état de santé auprès d’un médecin, particulièrement pour les personnes sous médication. L’intervenant qui supervise le jeûne effectue un bilan de santé avant que le jeûne commence, puis un examen de contrôle quotidien (pouls, pression artérielle, poids et température).

Il existe de nombreux centres de jeûne aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et en Australie qui offrent des services selon le protocole établi par l’International Association of Hygienic Physicians (IAHP). Des professionnels de la santé (infirmières, médecins, naturopathes, psychologues, etc.) offrent également des jeûnes supervisés dans des centres de détente et des auberges de santé un peu partout dans le monde. Plusieurs établissements proposent également des activités physiques de courte durée (marche, yoga, exercices de respiration, etc.), diverses approches complémentaires (massothérapie, aromathérapie, acupuncture, art-thérapie, etc.) et même des cours de formation en cuisine végétarienne et en hygiénisme, par exemple.

Il n’y a pas de moment idéal pour entreprendre un jeûne. Certains praticiens, en accord avec plusieurs traditions, recommandent les périodes de transition du printemps et de l’automne, mais ceci n’est pas une règle absolue.

Planifier a bien meilleur goût!
On ne décide pas de jeûner du jour au lendemain sans préparer l’organisme à vivre ce changement. Il y a généralement 3 étapes à suivre :

La phase préparatoire, qui consiste à réduire progressivement sa ration alimentaire et, idéalement, à opter pour un régime végétarien en évitant les produits raffinés.
Le jeûne lui-même, complet ou partiel.
La réintégration alimentaire, qui consiste à revenir graduellement à une alimentation normale.
La faim s’en va...
Au début du jeûne, il se peut que la faim vous tiraille, mais cette sensation disparaît généralement après le 2e jour. Elle fait souvent place à une sensation de légèreté, voire à une certaine euphorie et une plus grande clarté d’esprit. La perte de poids initiale est essentiellement attribuable à une élimination d’eau et de sel. Ensuite, pour chaque kilo en moins, le corps perd approximativement 310 g de protéines et 550 g de graisse. Si la réduction de nourriture a été respectée durant la phase préparatoire, les symptômes secondaires (mal de tête, insomnie, nausée, étourdissements, irritation cutanée, odeurs corporelles, douleurs musculaires) sont généralement momentanés.

Pendant combien de temps?
Pour déterminer la durée et le type de jeûne, certains intervenants considèrent d’abord l’état mental de la personne avant de prendre en compte d’autres facteurs, comme l’âge, le sexe, le poids, la force vitale, le degré d’intoxication et la gravité des affections. Dans bon nombre d’établissements, la durée du jeûne est de 3 à 10 jours et peut se prolonger jusqu’à 3 semaines. Certains recommandent de cesser le jeûne au moment où l’organisme est tout à fait libéré de ses toxines, c’est-à-dire lorsque la langue est propre, l’urine claire et que la faim réapparaît. Cela suppose généralement un jeûne d’assez longue durée, déconseillé aux jeûneurs inexpérimentés.

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.

Bibliographie

Pizzorno JE Jr, Murray Michael T (Ed). Textbook of Natural Medicine, Churchill Livingstone, États-Unis, troisième édition, 2006.
Shelton Herbert M. Le jeûne. Courrier du Livre, France, 1994.
Chaitow Leon. Fasting for Health and as an Anti-Aging Strategy, HealthWorld Online. [Consulté le 9 juin 2011]. www.healthy.net
Vinini Dr Yves. Le Jeûne et les traitements naturels. [Consulté le 9 juin 2011]. http://perso.wanadoo.fr
Fasting for Health. [Consulté le 9 juin 2011]. www.geocities.co.jp

Notes

1. Michalsen A, Hoffmann B, et alIncorporation of fasting therapy in an integrative medicine ward: evaluation of outcome, safety, and effects on lifestyle adherence in a large prospective cohort studyJ Altern Complement Med. 2005;11(4):601-7.
2. International Association of Hygienic Physicians (IAHP). [Consulté le 9 juin 2011]. www.iahp.net
3. Shelton Herbert M. The Hygienic System, Vol. III: Fasting and Sun Bathing, États-Unis, 1934. [Consulté le 9 juin 2011]. www.soilandhealth.org
4. Hazzard Burfield Linda. Scientific Fasting: The Ancient and Modern Key to Health, États-Unis, 1927. [Consulté le 9 juin 2011]. www.soilandhealth.org
5 Guelpa Dr G. Désintoxication Organique et Régime Végétarien, France, 1911. [Consulté le 9 juin 2011]. http://perso.wanadoo.fr
6. Vinini Yves. Le Jeûne et les traitements naturels. [Consulté le 9 juin 2011]. http://perso.wanadoo.fr
7. Clinique du Dr Buchinger (Allemagne). [Consulté le 9 juin 2011]. www.buchinger.es
8.Loomis Evarts. Fasting : The Therapeutic Fast, HealthWorld Online. [Consulté le 9 juin 2011]. www.healthy.net
9. Haas Elson M. Nutritional Program for Fasting. HealthWorld Online. [Consulté le 9 juin 2011]. www.healthy.net
10. International Natural Hygiene Society. [Consulté le 9 juin 2011]. http://naturalhygienesociety.org
11. National Health Association. États-Unis. [Consulté le 9 juin 2011]. http://healthscience.org
12. Stamp LK, James MJ, Cleland LG. Diet and rheumatoid arthritis: a review of the literature.Semin Arthritis Rheum. 2005;35(2):77-94.
13. Muller H, de Toledo FW, Resch KL. Fasting followed by vegetarian diet in patients with rheumatoid arthritis: a systematic reviewScand J Rheumatol. 2001;30(1):1-10.
14. Goldhamer A, Lisle D, et alMedically supervised water-only fasting in the treatment of hypertensionJ Manipulative Physiol Ther. 2001;24(5):335-9.
15. Goldhamer AC, Lisle DJ, et alMedically supervised water-only fasting in the treatment of borderline hypertensionJ Altern Complement Med. 2002;8(5):643-50.
16 Johnson D, Drenick EJ. Therapeutic fasting in morbid obesityArch Intern Med. 1977;137(10):1381-2.
17. Michalsen A, Schlegel F, et alEffects of short-term modified fasting on sleep patterns and daytime vigilance in non-obese subjects: results of a pilot studyAnn Nutr Metab. 2003;47(5):194-200.
18 Navarro S, Ros E, et alComparison of fasting, nasogastric suction and cimetidine in the treatment of acute pancreatitis.Digestion. 1984;30(4):224-30.
19. Kanazawa M, Fukudo S. Effects of fasting therapy on irritable bowel syndromeInt J Behav Med. 2006;13(3):214-20.

http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=jeune_th

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