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cœur

Pourquoi nous ne sommes pas conscients de nos battements de cœur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre cœur bat en permanence, et pourtant nous n'en sommes pas conscients la plupart du temps. En fait, notre cerveau est équipé pour filtrer le brouhaha sensoriel de l'activité cardiaque afin qu'il n'interfère pas avec les sensations provenant de l'extérieur. Un mécanisme cérébral mystérieux qui a été identifié pour la première fois pas des chercheurs de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse), expliquent-ils dans The Journal of Neuroscience.

Notre cœur influence ce que nous voyons

Afin de localiser la région du cerveau en cause, les chercheurs ont soumis 150 volontaires à des stimuli visuels particuliers - en l'occurrence une forme d'octogone qui clignote sur un écran. Lorsque la forme géométrique clignote en suivant le rythme cardiaque du volontaire, ce dernier éprouve plus de difficultés à la percevoir. Un peu comme si le cerveau cherchait à éviter de traiter des informations si celles-ci sont synchronisées avec les battements du cœur... Ils ont alors répété l'expérience sous IRM (imagerie par résonance magnétique) et ont remarqué que, lorsque les stimuli visuels ne sont pas alignés sur le rythme cardiaque, une zone spécifique appelée "cortex insulaire" tourne à plein régime : le sujet perçoit nettement les formes clignotantes. Lorsqu'au contraire, les stimuli s'alignent sur le rythme cardiaque, l'activité du cortex insulaire baisse nettement : le sujet est moins, voire pas du tout conscient des formes clignotantes. Ainsi, le cortex insulaire joue le rôle de filtre en interceptant les sensations du battement cardiaque.

"Nous ne sommes pas objectifs, et nous ne voyons pas tout ce qui nous tombe dans la rétine comme une caméra vidéo, explique dans un communiqué Roy Salomon, co-auteur de l'étude. Le cerveau décide de rendre conscientes ou non certaines informations. Et de manière surprenante, notre cœur influence ce que nous voyons !" Un mécanisme qui pourrait être directement lié au développement des organes in utero. "Le cerveau se forme alors que le cœur est déjà en train de battre. Nous sommes donc exposés à notre "bruit interne" depuis les premiers temps de notre existence, et il est probable que le cerveau cherche à le réduire, à le rendre moins conscient", ajoute le spécialiste.

Un lien avec les troubles anxieux ?

La perception du rythme cardiaque est corrélée à certains problèmes psychologiques : les patients atteints de troubles anxieux tendent à percevoir leur cœur plus nettement que la population normale, expliquent les auteurs de l'étude. Ces troubles peuvent-ils être, du moins partiellement, la cause ou la conséquence d'une incapacité à réduire les sensations des battements cardiaques ? "Nous ne le savons pas encore", répond Roy Salomon. Peut-être que ce spécialiste lèvera le voile sur ce mystère lors de ses prochains travaux.

 

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/20160509.OBS0038/pourquoi-nous-ne-sommes-pas-conscients-de-nos-battements-de-c-ur.html

 

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Le travail sur soi-même: les priorités et la progressivité

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Le travail sur soi-même, de même que le rappel fait à sa famille et à ses frères et sœurs musulmans, ne sauraient consister en le simple fait d'édicter un grand nombre d'obligations et d'interdits. La révélation a choisi la voie de la formation formation des cœurs, de l'éducation, du pragmatisme et de la patience, et c'est cette voie qu'il nous faut suivre, aujourd'hui encore, pour vivre l'islam et faire le rappel de ses enseignements.

Aïcha, épouse du Prophète (sur lui la paix), raconte ainsi : "Parmi les premiers passages coraniques à avoir été révélés se trouve une sourate parmi les sourates mufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l'Enfer. C'est ensuite, lorsque les hommes furent retournés à l'islam, que le licite et l'illicite furent révélés. Si dès le début Dieu avait révélé : "Ne buvez plus d'alcool", les hommes auraient dit : "Nous ne le délaisserons jamais !". Si dès le début Dieu avait révélé : "Ne commettez plus l'adultère !", les hommes auraient dit : "Nous ne la délaisserons jamais !"…" (al-Bukhârî, 4707). Jundub ibn Abdillâh raconte lui aussi la même expérience, vécue en la compagnie du Prophète : "Nous étions, jeunes hommes, auprès du Prophète. Nous apprîmes alors la foi avant d'apprendre le Coran [= les lois coraniques]. Puis nous apprîmes le Coran, ce qui fit augmenter notre foi" (Ibn Mâja, 61) (cliquez ici pour découvrir ce que JUndub a désigné ici par le mot "foi").

En sus de la foi en l'existence, l'unicité et les noms et attributs de Dieu, en le jour dernier, etc., les Compagnons du Prophète apprirent aussi la morale : les devoirs et les interdits fondamentaux (Al-Muwâfaqât 2/93-94).

Ce n'est qu'après ce profond travail sur les cœurs que la révélation s'est mise à édicter obligations et interdits détaillés.

Et même ici, elle a choisi la voie du pragmatisme. Le texte coranique témoigne ainsi, aujourd'hui encore, de la patiente progression et de la pédagogie qui furent les siennes dans la mise en place de l'interdiction : l'exemple bien connu de la législation relative à l'alcool l'illustre parfaitement, puisqu'il montre une progression s'étendant sur une période de nombreuses années et comportant plusieurs étapes intermédiaires avant l'interdiction complète, survenue seulement, d'après un avis, en l'an 8 de l'hégire (Fat'h ul-bârî, 8/353), soit quelques... 18 années après le début de la prédication publique du Prophète. Et lorsque cette interdiction complète fut révélée, les musulmans étaient prêts à accueillir celle-ci au point que Anas ibn Mâlik raconte : "J'étais en train de verser à boire chez Abû Tal'ha, et à l'époque l'alcool que les gens buvaient était un alcool de datte. Le Prophète dépêcha une personne pour annoncer : "L'alcool a été interdit". (En entendant cela,) Abû Tal'ha me dit : "Va verser l'alcool dehors". Je sortis le faire. Il coula dans les ruelles de Médine…" (al-Bukhârî, 2332, Muslim, 1980). Les cœurs ayant été formés, une législation de ce genre ne pouvait en effet qu'être bien accueillie.

Aujourd'hui encore, il faut donc, d'une part, ne pas oublier le travail primordial sur la profondeur et l'intensité de la foi, et, d'autre part, comprendre les priorités (awlawiyya) par rapport à la situation d'un lieu donné, à un moment donné, pour rappeler graduellement obligations (wâjibât) et interdits (manhiyyât).

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A) Une objection formulée par certains frères et sœurs :

On entend parfois objecter à cela que cette progressivité était possible à l'époque où la révélation, elle-même graduelle, se faisait au Prophète (sur lui la paix), mais qu'aujourd'hui, l'ensemble des préceptes (et donc les obligations et les interdictions) ayant été donné et la révélation ne se faisant plus, nul ne peut plus déclarer permis ce que Dieu a déjà interdit.

En fait la réalité est plus nuancée :
– déjà il est certaines obligations (et certaines interdictions) dont le caractère même dépend du contexte dans lequel les musulmans vivent, en correspondance étroite avec les différentes situations (dawr makkî / dawr habashî / dawr madanî) que le Prophète et/ou ses Compagnons ont connues (lire à ce sujet notre article Comprendre les différences de situation) : pour les musulmans qui se trouvent dans une situation comparable à celle du Prophète quand il était à la Mecque, de nouveau l'action n'est pas instituée (mashrû') ;
– ensuite, s'il est certain qu'il est d'autres obligations et interdits qui sont aujourd'hui applicables même s'ils ont été révélés vers la fin de la mission du Prophète, ce qu'il faut comprendre c'est que personne ne remet en cause leur caractère (obligatoire ou interdit), celui-ci étant désormais définitivement établi : nous parlons seulement de la nécessité de respecter la progressivité dans le rappel (da'wa) de ces règles et dans le fait de les faire appliquer concrètement à l'échelle de la société (tanfîdh)...

A.a) La progressivité dans le rappel des règles :

C'est bien là ce que le Prophète (sur lui la paix) avait enseigné à Mu'âdh quand il l'avait envoyé au Yémen : il l'avait fait vers la fin de sa mission, quand la plupart des obligations et des interdictions de l'islam étaient déjà révélées ; et pourtant il lui avait bien recommandé d'être progressif lorsqu'il informerait ceux qui se convertiraient à l'islam des obligations leur incombant ; il lui avait dit : "Tu vas te rendre auprès de Gens du Livre. Que la première chose à laquelle tu les invites soit l'adoration de Dieu. Lorsqu'ils connaîtront Dieu, informe-les que Dieu a rendu obligatoires cinq prières dans la journée et la nuit. Lorsqu'ils feront cela, informe-les que Dieu a rendu obligatoire sur eux une aumône qui sera prise de leurs riches et donnée à leurs pauvres…" (al-Bukhârî, 1425, Muslim, 19, etc.). An-Nawawî écrit en commentaire : "...Le Prophète (sur lui la paix) a enseigné une progression dans l'invitation, commençant par le plus important, et ainsi de suite. Ne vois-tu pas qu'il a parlé d'abord de la prière puis de l'aumône, alors que personne n'a jamais dit qu'(après l'acceptation de l'islam) la prière devenait obligatoire mais non pas l'aumône ?" (Shar'hu Muslim, 1/198).

Au mois de ramadan de l'an 9 de l'hégire, une délégation de la tribu Thaqîf, qui avait auparavant combattu les musulmans, se rendit à Médine rencontrer le Prophète et embrasser l'islam. Parmi les choses qu'ils demandèrent au Prophète, il y avait que pendant trois années encore on ne fasse rien à leur temple dédié à leur idole al-Lât. Le Prophète refusa. Ils demandèrent qu'on le leur laisse deux années encore. Le Prophète refusa. Ils demandèrent une année. Le Prophète refusa. Ils finirent par demander qu'on le leur laisse un mois. Le Prophète refusa de s'engager à le laisser subsister pendant un laps de temps défini ("abâ 'alayhim an yada'ahâ shay'an mussamman"). Ils demandèrent que ce ne soit pas eux qui soient chargés de briser leurs idoles et qu'ils n'accomplissent pas les cinq prières quotidiennes. Le Prophète répondit : "Pour ce qui est du fait de briser vos idoles par vos mains mêmes, nous vous en déchargerons. (Mais) pour ce qui est de la prière : il n'y a pas de bien dans une religion dans laquelle il n'y a pas de prière" (Zâd ul-ma'âd 3/498-500). Ils demandèrent aussi qu'ils ne remettent pas d'aumône [= zakât] et ne mènent pas de lutte armée contre l'ennemi. Jâbir rapporte que "le Prophète dit après cela : "Bientôt ils donneront l'aumône et participeront à la lutte lorsqu'ils seront devenus musulmans"" (Abû Dâoûd, n° 3025). Voyez : le Prophète refusa de s'engager à ce que le temple idolâtre ne soit pas démoli immédiatement (c'était une nécessité pour l'Arabie ou pour le Hedjaz : cliquez ici pour lire notre article sur le sujet) ; de même, le Prophète refusa qu'ils ne se mettent pas à prier immédiatement après leur conversion à l'islam : "Il n'y a pas de bien dans une religion dans laquelle il n'y a pas de prière", leur dit-il. Mais pour ce qui est de démolir le temple et de briser leurs idoles, le Prophète accepta que ce ne soit pas eux qui le fassent, et il dépêcha deux Compagnons chez eux pour le faire à leur place ; de plus, le Prophète ne dit rien quand ils dirent qu'ils ne donneraient pas l'aumône obligatoire (la zakât) et ne participeraient pas à la lutte armée : ce n'est pas que le Prophète releva d'eux le caractère obligatoire de ces deux actes (puisqu'un acte obligatoire doit nécessairement être considéré obligatoire, cela relève de la croyance même) ; c'est qu'il savait qu'il s'agissait pour eux de progresser dans leur pratique de l'islam, selon le degré de priorité des actes, et qu'au bout d'un certain temps de pratique des actes prioritaires (notamment la prière), ils progresseraient et viendraient à la pratique des autres actes obligatoires : "Bientôt ils donneront l'aumône et participeront à la lutte lorsqu'ils seront devenus musulmans."

Lorsqu'il avait envoyé Mu'âdh ainsi que Abû Mûssâ au Yémen, le Prophète leur avait également recommandé ceci : "Rendez facile et non difficile. Donnez la bonne nouvelle et ne faites pas fuir". An-Nawawî écrit en commentaire : "Ce hadîth ordonne de donner la bonne nouvelle de la grâce de Dieu et de Sa grande Miséricorde, et interdit de faire fuir en ne mentionnant que les menaces de châtiment sans mentionner avec celles-ci les bonnes nouvelles. Ce hadîth enseigne d'être doux avec ceux qui se sont récemment convertis, de même qu'avec ceux qui sont enfants et adolescents, de même qu'avec ceux qui se sont repentis : il faut être doux avec eux et leur communiquer progressivement les actes de dévotion. Les enseignements de l'islam ont été révélés progressivement. Si on rend les choses faciles pour celui qui entre dans la dévotion ou qui veut y entrer, elles seront faciles pour lui, et le plus souvent il progressera et augmentera. Mais si on rend ces choses difficiles pour lui, il ne se mettra pas à les pratiquer ; et s'il les pratique, il ne le fera pas longtemps ou ne les appréciera pas" (Shar'h Muslim, 12/41). Car il faut comprendre qu'un homme ou un groupe d'hommes qui étaient jusqu'à présent éloignés de la religion ont besoin d'une certaine progressivité pour se mettre à pratiquer tout ce qui est obligatoire sur eux. Il faut être patient avec eux, tout en rappelant la nécessaire constance dans la pratique.

Aujourd'hui encore, il faut donc respecter la progressivité dans le rappel des règles. Et il faut savoir à ce sujet qu'en islam les croyances et la spiritualité sont fondatrices par rapport aux actes ; parmi les actes, ce qui est obligatoire est prioritaire par rapport à ce qui est facultatif ; se préserver de ce qui constitue une grande faute morale (kabîra) est prioritaire par rapport à arrêter ce qui constitue une petite faute morale (saghîra) ; obligation ou interdiction, un acte qui fait l'objet d'un consensus (mujma' 'alayh) doit être considéré prioritairement par rapport à un acte qui fait depuis les premiers temps de l'Islam l'objet d'une divergence d'avis entre les savants (mukhtalaf fîh).

A.b) La progressivité dans l'application concrète de celles des règles qui sont applicables dans le milieu où l'on vit :

Par rapport aux pays musulmans, il faut également respecter la progressivité dans l'application concrète des règles. C'est ce que met en exergue le récit suivant, avec Omar ibn Abd il-Azîz, le calife omeyyade célèbre pour sa justice et sa droiture : "وفيما يحكى عن عمر بن عبد العزيز أن ابنه عبد الملك قال له: "ما لك لا تنفذ الأمور؟ فوالله ما أبالي لو أن القدور غلت بي وبك في الحق." قال له عمر: "لا تعجل يا بني؛ فإن الله ذم الخمر في القرآن مرتين وحرمها في الثالثة؛ وإنى أخاف أن أحمل الحق على الناس جملة فيدفعوه جملة، ويكون من ذا فتنة"" : Un jour, Omar ibn ul-'Azîz fut ainsi questionné par son fils Abd ul-Malik : "Père, pourquoi n'appliques-tu pas [toutes] les choses ? Je ne me soucie pas que moi et toi ayons à supporter des difficultés à cause de la vérité". Le calife répondit : "Ne te presse pas, mon fils. Car Dieu a, dans le Coran, critiqué deux fois l'alcool, (puis,) la troisième fois, l'a interdit. Je crains que si j'applique d'un coup aux gens (tout) ce qui est vrai, ils rejettent d'un coup (tout ce qui est vrai) ; et que naisse à cause de cela une fitna" (Al-Muwâfaqât, ash-Shâtibî, 1/402). Voyez : l'alcool a été interdit en l'an 8 de l'hégire, et cette interdiction est complète et définitive, applicable pour tout musulman et musulmane quel que soit le lieu qu'il ou elle se trouve ; Omar ibn Abd il-Azîz parle bien, pourtant, de progressivité dans le fait de faire respecter sur la scène publique cette interdiction, par la société musulmane du début du 2ème siècle. Du début du 2ème siècle de l'hégire ! Aujourd'hui, en ce 15ème siècle de l'hégire, comment ne pas être pragmatique et ne pas tenir compte, avec les normes, de l'état des lieux ? Ibn ul-Qayyim écrit : "L'idéal (al-wâjib) est une chose et le réel (al-wâqi') est une chose. Le (bon) juriste est celui qui fait le lien entre idéal et réel et applique l'idéal en fonction des possibilités. Ce n'est pas celui qui provoque l'inimitié entre idéal et réel" (A'lâm ul-muwaqqi'în, 4/169).

Il ne s'agit pas de devenir paresseux et, au nom de la progressivité, se donner bonne conscience en remettant tout à des lendemains toujours plus lointains ; il s'agit concrètement de déterminer ce qui est applicable dans le contexte où l'on vit, puis de faire de la situation une fine analyse qui nous permette de :
– fixer les objectifs qui sont nôtres dans ce contexte (tahdîd ul-maqâssid),
– penser les moyens devant en permettre la réalisation (tahdîd ul-wassâ'ïl),
– enfin, déterminer les étapes devant rendre possible bi idhnillâh la concrétisation de ces moyens (tahdîd ul-marâhil) en fonction des priorités (fahm ul-awlawiyya) (lire à ce sujet As-Siyâssa ash-shar'iyya fî dhaw'i nussûs ish-sharî'ah wa maqâssidihâ, al-Qardhâwî, pp. 298-307).

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B) Récapitulatif :

Il faut comprendre les priorités dans le travail sur soi-même, sur le terrain, sur ses frères et sœurs. Sinon le risque est grand de faire des "islamisations de surface, creuses à l'intérieur".

Malheureusement, combien d'entre nous commencent aujourd'hui par ce qui devrait normalement être rappelé ou appliqué à la fin ! Pourtant le seul rappel ou la seule promulgation d'une règle ne change pas les hommes tant qu'elle n'est pas précédée et accompagnée d'une réforme des mentalités et des cœurs. L'échec de la tentative de prohibition de l'alcool aux Etats-Unis au début du XXème siècle grégorien le prouve. A comparer avec l'interdiction de l'alcool faite en Arabie au VIIème siècle grégorien sous la direction du Dernier des Messagers de Dieu, Muhammad (sur lui la paix) : ici l'interdiction fut non seulement réalisée de façon graduelle mais fut aussi et surtout précédée et accompagnée d'une profonde éducation spirituelle et morale.

Il faut donc, d'une part, graduellement rappeler les normes et les règles. Et il faut aussi et surtout, d'autre part, ne pas oublier le travail sur l'intensité de la foi : renforcer son lien avec Dieu, intensifier pour Lui l'amour et la crainte révérentielle dont tout croyant porte une parcelle dans les profondeurs de son cœur. Il faut commencer par le commencement, par là où a commencé le Coran, parler des rétributions de l'au-delà, évoquées dans le Coran et la Sunna… Alors nous pourrons inshâ Allâh vivre nous aussi ce que Jundub a raconté : apprendre la foi et apprendre les normes, la foi préparant le terrain pour l'acceptation des normes, et la connaissance et le respect concret ('amalan) des normes faisant augmenter la foi.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

http://www.maison-islam.com/articles/?p=53

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DE CŒUR ET DE RAISON : SENS PROPRE OU SENS FIGURÉ ?


Images le savoir

La Révélation dévoile une vérité fondamentale sur laquelle elle revient avec force et insistance, clairement et répétitivement, et pour laquelle le Coran use de figures d’expressions métaphoriques. Cette vérité joue sur la distinction sens propre/sens figuré et consiste à présenter la raison de manière duale.

Ce que nous désignons habituellement en arabe paraql (raison) pour définir cette aptitude commune à tous les hommes n’est pas le sens que lui donne le Coran.

Le ‘aql (la raison) tel que signifié dans le Coran est le produit d’un sens profond en l’Homme appelé qalb (cœur). Ce ‘aql est un réceptacle pour les vérités de la Révélation. Réception qui s’effectue grâce au cœur.

Le fiqh (litt. compréhension profonde) dans le Coran est une science qui naît au plus profond de l’Homme, en son cœur.

at-Tafakkour  (la méditation pieuse) est le mouvement du cœur qui contemple l’Univers à la recherche du Créateur.

Cette raison instrumentale commune aux hommes joue soit le rôle d’un instrument servant les aspirations du cœur dans son élan vers son créateur, soit celui d’un instrument de la passion mégalomane, ou de l’ego et des jouissances , ou de la philosophie et des contemplations, ou de l’exploration des éléments du créé matériel, ou pour récolter les informations à des fins déductives.

L'appareil cérébral ne trouve son accomplissement qu’au service du cœur et de ses aspirations. Un service synchronisé, connecté et raccordé ici-bas et là-bas. Ici-bas, dans l’Univers, où il partage avec l’ensemble des humains les modes d’acquisition des sciences universelles. Et là-bas, au delà des voiles de l’immatériel, derrière lesquels il ne peut prétendre à aucune connaissance s’il ne prête l’oreille au message de la Révélation.

Qalb (cœur) est mentionné plus de cent trente fois dans le Coran. Pas une occurrence ne renvoie à l’organe de chaire qui bat dans les poitrines.

Aql (raison) a été mentionnée cinquante fois. Pas une fois le terme n’indique l'appareil cérébral.

Fiqh (litt connaissance profonde) a été mentionné vingt fois, et fiqr (pensée) dix-huit fois. Et à chaque fois cela faisait référence à la fonction spirituelle du cœur.

L’acquisition des sciences universelles par l'appareil cérébral passe par la perception sensible, et notamment par le biais des instincts naturels, puis par l’intermédiaire de la logique qui prend ses sources dans les certitudes, les corrélations et autres implications.

Tandis que la raison équilibrée s’informe à travers la Révélation de ce qui a trait au monde de l’imperceptible, elle s’informe à travers les facultés communes de ce qui relève du monde matériel.

La raison qui croit en Dieu et en la Révélation sera atteinte de cécité si jamais elle ferme l’oeil propre aux perceptions communes, qu’elle ne puisse apprendre de la vie, et qu’elle délaisse négligemment son instrument à la merci de la rouille. Elle se retrouvera alors dépassée par le cours des évènements et sera démissionnaire en compagnie des incapables et des impuissants.

Et ceci serait un manquement à ses prérogatives, une déformation et même une trahison du Message de la Révélation qui nous a informé que Dieu a assujetti l’Univers à nos besoins et qu’Il nous a enjoint de nous mouvoir sur terre, de la peupler, d’ y revendiquer nos droits et d’y résister.

Tout cela serait inaccessible si, par le fait de notre volonté, notre effort et notre apprentissage, nous ne faisions pas bon usage de cet étonnant instrument cérébral.

L'appareil rationnel, instrument commun à tous, s’il évacue la Révélation, se trouvera frappé d’une cécité absolue qui lui interdira d’adopter la seule vision valable sur l’échelle de l’éternité : la vision essentielle qui reconnaît les commandements divin, la Demeure Dernière et ce qui peut l’amener à la félicité ici-bas et dans la Vie Dernière.

La raison croyante sera, elle, atteinte de paralysie et d’impotence si jamais elle met en suspend l’activité d’acquisition scientifique qu’elle a à exercer aux côtés de la raison instrumentale.

La raison aveugle se détournant de la Révélation perd pied, se perd et ne retrouve plus son chemin vers la seule vérité considérée sur l’échelle de l’éternité et au regard de l’immortalité au Paradis ou en Enfer. Elle n’arrive pas à se frayer un chemin vers son bonheur éternel même si elle est attentive aux voies de son bien-être matériel ici-bas.

Le terme " ‘amâa " (cécité absolue) est cité dans le Coran trente-trois fois, dont trois concernent la vision sensorielle. Trente fois pour signifier l’aveuglement du cœur.

Ces facultés communes de vision et d’ouïe s’enrayent et ne remplissent plus leur fonction, c’est alors que la personne entend sans écouter, voit sans trouver son chemin.

Ceci quand la condition du négateur intervient entre lui et les illuminations de la Révélation, et que le doute lui coupe toute connexion avec les sources de la seule audition considérée.

S’adressant à son Messager Mohamed (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix), Dieu qu’Il soit glorifié décrit la condition des négateurs : " Il en est parmi eux qui te prêtent l’oreille. Est-ce que tu ferais entendre les sourds quand bien même ils sont incapables de comprendre. Il en est parmi eux qui dirigent vers toi le regard. Est-ce que tu guiderais les aveugles sur le droit chemin quand bien même ils sont incapables de voir1".

Ceux-là arrivent à voir et à entendre tout ce qui relève du monde matériel, mais restent " sourds, muets, aveugles, sans profondeur dans le raisonnement2 " comme les décrit le Coran.

Dans l’ordre réel des choses et sur une perspective d’éternité, la raison se dévalorise et déchoit au rang bestial en rejetant la Révélation, en disputant la souveraineté à son Seigneur et en se prenant en toute arrogance et orgueil pour une divinité.

Elle s’avilit au point qu’elle en arrive à revendiquer fièrement son animalité et à se réclamer glorieusement de son origine simiesque.

Dieu exalté soit-Il, décrit les sourds muets aveugles qui ne comprennent pas :

"Oui Nous avons effectivement reproduit pour l’Enfer un grand nombre parmi les djinns et les humains. Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne saisissent pas le sens profond des choses, ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas et ils ont des oreilles avec lesquels ils n’entendent pas. Ceux-là sont tels les bestiaux ou plutôt plus égarés encore. Ceux-là sont les négligents3 ".

Ils ont effectivement des cœurs, mais seulement ceux du muscle de chaire qui tombe malade de l’opulence excessive de la civilisation, des plaisirs gloutons de la table, et des soucis de la vie moderne tumultueuse. Cadence de vie infernale qui pousse l’individu dans la spirale délirante de la quête du gagne-pain.

Ils n’ont point les cœurs capables d'appréhender la Révélation, ni les oreilles organes d’écoute de la Révélation, ni les yeux de perception par la lumière de la Révélation.

Ceux-là sont tels les bestiaux ou plutôt plus égarés encore. Ceux-là sont les négligents 4".

Ce sont ceux-là que Dieu a maudits. Ils les a alors rendus sourds et a rendus leurs yeux aveugles. Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ou est-ce que certains cœurs portent leurs propres cadenas ? 5 "

Des cœurs scellés, cachetés, sur lesquels des verrous et des cadenas ont été posés. Verrous et cadenas produits par l’entêtement, l’arrogance et la futilité simiesque.

C’est le lot de tous ceux qui souf­frent de l'hypertrophie des fonctions cérébrales et de l'as­sèchement corollaire de l'organe où réside le sentiment

C'est à partir de Dieu, à partir de la reconnaissance inconditionnelle de Sa souveraineté que la raison sera véritablement libérée de la tyrannie des idées terriennes…

A la raison sont données les capacités de découvrir les lois qui président au fonctionnement du créé sensible. Au coeur sont révélés d'autres principes dont la raison peut constater la présence mais non comprendre la raison et la fonc­tion par ses propres moyens.

Ce n'est que par sa soumission aux lois qui régissent l'univers que la raison a accompli les prouesses techniques et scientifiques que nous connaissons. Ce ne sera que par sa soumission aux lois morales et spirituelles révélées aux hommes par le canal des Prophètes de Dieu depuis Adam, notre père, que la raison trouvera sa plénitude.

 

1 Sourate Younous versets 42-43

2 Sourate al-baquara verset17

3 Sourate al-a‘raaf verset 179

4 Sourate al-a‘raaf verset 179

5 Sourate Mohamed versets 23-24

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