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La personnalité de la femme et son rôle actif dans la vie

Bonnes actions en Islam

 

La question de "la femme en Islam" fait toujours l'objet de la réflexion des penseurs musulmans qui cherchent à comprendre la personnalité de la femme et son rôle du point de vue de la pensée et de la Loi islamiques.

Cette réflexion a pour but de mettre en lumière l'originale conception que l'Islam propose de et à la femme. Conception qui représente les valeurs spirituelles et humaines de l'Islam, dans ce bas-monde ainsi que dans l’autre monde.

Il est possible d’isoler, dans cette question principale, plusieurs questions de détail comme celles de la personnalité de la femme, de sa nature, de sa foi, de son rôle actif dans l’activité religieuse et dans la ligne de l’Appel, c’est-à-dire dans le mouvement de lutte, sur le terrain de la confrontation et dans les domaines scientifiques et culturels, etc…

On part normalement, lorsqu'on aborde ces questions, de certains textes traditionnels ainsi que des avis en vigueur chez les jurisconsultes.

LE MEILLEUR MOYEN POUR ABOUTIR À DES RÉSULTATS ÉQUILIBRÉS

Il est nécessaire, avant de commencer l'examen de la question de s'interroger sur la méthode à suivre dans l'approche de certains aspects du problème. La question est de savoir si la voie qui mène à la connaissance de la personnalité de la femme, de sa raison et de sa foi part des textes religieux ou de l'étude des éléments constitutifs de la personnalité de la femme telle qu'elle se présente dans le mouvement de son existence dans la réalité vivante et au niveau de son ouverture sur les perspectives ouvertes par la connaissance. Cette seconde alternative touche à des aspects du problème en rapport avec la profondeur et la fécondité de la pensée de la femme, avec la nature de sa vision des choses qui l'entourent, avec la bonne qualité de ses opinions, de son adhésion intérieure à la doctrine et à la ligne de l'attachement à la foi en Dieu, en Ses messagers et en Ses lois. Elle touche aussi à son adhésion extérieure à la ligne de l'action, celle de l'engagement direct et du retour permanent à Dieu, en tout ce qui concerne la piétée spirituelle et intellectuelle et la capacité de faire face aux défis, dans la cadre de la lutte intellectuelle qu'exige l'appel à la religion, ou dans celui de la lutte proprement dite (jihâd) contre les problèmes de nature plus concrète.

Nous pensons donc que l'étude qu'on mène au niveau de la réalité humaine de la femme, considérée parallèlement à la réalité humaine de l'homme, est le meilleur moyen susceptible de conduire à des résultats équilibrés. Nous allons donc nous pencher, tout d'abord, sur l'étude de cet aspect du problème et nous passerons, par la suite, à son étude tel qu'il se présente dans les textes. Il nous sera nécessaire de connaître, de près, la nature des conditions et des circonstances de l'émission des textes, car il est parfois possible de trouver des indices qui empêchent d'adopter le sens apparent du texte et de chercher, par la voie de l'interprétation un autre sens qui ne contredit pas la réalité extérieure. Il est aussi possible que des hadith (Traditions prophétiques ou imâmiques) s'avèrent être faux en raison d'une contradiction manifeste avec les fondements stables de la doctrine, ce qui les rend incompatibles avec la nécessité religieuse telle qu'elle est enseignée par le Livre (le Coran) et la Sunna (actes et paroles du Prophète et des Imâms).

EXEMPLES DE LA SUPÉRIORITÉ DE LA FEMME

A la lumière de ce que nous venons de dire, nous constatons lorsque nous établissons une comparaison entre un homme et une femme vivant dans des conditions socioculturelles et politiques identiques, nous constatons donc qu'il est difficile de les distinguer l'un de l'autre. Il n'est aucunement nécessaire qu'une telle comparaison nous conduise à trouver que la conscience qu'a l'homme de la question socioculturelle et politique est plus développée que celle de la femme. Au contraire, il est possible –en observant certains éléments internes ou externes distinctifs de le femme particulièrement- de trouver des exemples multiples de sa supériorité, par rapport à l'homme, en matière de la fécondité des pensées, de la profondeur des connaissances et de la clarté des vues. Cela est manifeste dans certaines expériences historiques où certaines femmes ont vécu dans des conditions semblables à celles des hommes et favorables aux exigences de leur développement mental et socioculturel. Ces femmes ont pu affirmer leurs rôles actifs et leurs attitudes stables et fondées sur les règles de la pensée et de la foi. Dieu nous a signalé des cas semblables en la personne de Maryam (Marie, la mère de Jésus) (que la paix soit sur eux) et de la femme de Pharaon, et l'Histoire nous a signalé d'autres en la personne de la Grande Khadîja, la Mère des Croyants (que Dieu soit satisfait d'elle), de Fâtima az-Zahrâ' et de sayyida Zaynab Bint 'Alî (que la paix soit sur elles).

Les attitudes ayant caractérisé les vies de ces grandes femmes témoignent d'une conscience fertile et ouverte sur les grandes causes qui ont animé leurs existences et donné de la vigueur au mouvement de leur conscience, à leur sens de la responsabilité et à leurs confrontations avec les défis qui les entouraient dans le domaine public. Ainsi, il est peut-être impossible de trouver un fondement de nature rationnelle ou religieuse pour l'établissement, dans le domaine qui leur était encore ouvert, d'une distinction entre les femmes et les hommes ayant vécu à leurs époques.

Si certains parlent de particularités peu ordinaires dans la personnalité de ces femmes, nous ne trouvons autre particularité que les conditions normales de leur vie. Celles-ci leur ont assuré les moyens nécessaires pour un développement spirituel et mental et pour un engagement pratique où tous les éléments constitutifs de la personnalité se réunissent d'une manière normale et naturelle. On ne peut, non plus, faute de preuves péremptoires et reconnues par tous sur sa validité, évoquer l'explication de très grande valeur qui fait intervenir des facteurs d'origine surnaturelle qui élèvent ces femmes au-dessus du niveau ordinaire de la femme telle que nous la connaissons. On sait pourtant que Dieu –qu'Il soit exalté- nous a parlé de l'élection d'une femme, Marie –que la paix soit sur elle- en raison de sa grande spiritualité et de la droiture de sa soumission à Lui. Cela est clair dans le récit divin qui met ses qualités en évidence lorsqu'il parle de sa mise sous la tutelle de Zakariyâ2 et des difficultés qu'elle a dû confronter lors de la conception et de la naissance de Jésus – que la paix soit sur lui-.

Si Dieu l'avait dirigée et soutenue par l'Esprit qu'Il lui avait envoyée, cela ne constitue pas un cas surnaturel en soi, mais un don divin spécial (lutf) concrétisé au niveau de l'assistance pratique et l'affermissement spirituel et accordé en réponse à la mise en application, par Marie (p), des ses convictions dans ce domaine, à partir de ses seules ressources humaines dont la faiblesse est la caractéristique essentielle, exactement comme c'est le cas de l'homme lui-même, considéré dans des situations analogues… Cela veut dire que nous ne trouvons pas de différence entre l'homme et la femme lorsqu'ils sont soumis à une expérience difficile dans une situations où l'on se trouve face à l'opposition, sans raisons ou justifications valables, de l'institution sociale. Bien sûr, l'opposition sociale, n'est pas due dans ce cas précis, à une déviation morale de la personne concernée et qui serait considérée du point de vue de la valeur négative de ses actes.

LA REINE DE SABA', CAS EXEMPLAIRE

DANS LE RÉCIT CORANIQUE

Lorsqu'on étudie l'Historie dans le récit coranique, sous un aspect autre que celui en rapport avec la foi, nous trouvons l'exemple de la Reine de Saba' lorsqu'elle invita ses conseillers pour délibérer avec eux et demander leurs conseils au sujet de l'attitude à prendre face aux menaces que Sulaymân (Salomon) leur avait proférées, à son peuple et à elle, dans une lettre qu'il venait de lui envoyer. Ce recours à la consultation peut témoigner de la fécondité de sa pensée dans la mesure où elle ne prit une décision du genre qu'elle peut mettre à exécution à partir de son statut en tant que reine qu'après avoir consulté les gens d'esprit parmi ses sujets. Le Coran nous relate cet événement dans la Sourate "an-Naml" (les Fourmis):

(Elle dit: "O vous, les chefs du peuple! J'ai reçu une noble lettre. Elle vient de Sulaymân et il y est dit: 'Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux: ne soyez pas orgueilleux devant moi et venez vers moi tout en étant soumis"). Coran, les Fourmis (an-Naml), XXVII 29-32.

Ainsi, elle voulut que ses sujets lui donnent l'avis politique qui l'aiderait à prendre l'attitude convenable vis-à-vis de cette question de première importance. Mais, confiants en ses qualités en matière de réflexion, ils remirent la question entre ses mains, lui laissant ainsi le loisir de prendre, elle-même, la décision définitive. De la sorte, ils se contentèrent de lui obéir et d'exécuter ses ordres en déployant toute la force dont ils disposaient pour faire face aux défis des autres rois qui pourraient menacer le pouvoir de leur reine et les lieux de liberté dans leurs propres vies.

(Ils dirent: "Nous sommes forts et notre puissance est remarquable, mais c'est à toi de commander. Réfléchis donc au sujet de ce que tu dois nous ordonner". Elle dit: "Lorsque les rois pénètrent dans une cité, ils la corrompent et humilient les puissants parmi ses habitants; c'est ainsi qu'ils agissent. Mais je vais leur envoyer un présent et je verrai ce que les émissaires apporteront". Coran: "an-Naml" (les Fourmis) XXVII, 33-35.

Sage et mesurée, sa décision était fondée sur des calculs rigoureux qui conduisent à la meilleure solution du problème mais qui ne résidait nécessairement pas dans la force. La reine pensa donc qu'il fallait étudier la personnalité de Sulaymân et répondre aux questions suivantes: Est-il un roi qui cherche à étendre son pouvoir par la violence aveugle qui supprime l'existence des autres et leur liberté de prendre les décisions qu'ils veulent et qui détruit leur vie en les humiliant comme le font les autres rois ayant ce genre de défauts? Dans un tel cas, il serait nécessaire d'étudier la question du point de vue des possibilités d'une solution pacifique, ce qui permet d'évaluer sa force et de savoir si la confrontation avec Sulaymân est possible ou non. Il est bien sûr nécessaire de savoir s'il est un messager de vérité et de bonne direction et s'il est possible de discuter avec lui des questions qu'il cherche à faire prévaloir.

Elle finit donc par décider de lui envoyer un présent et de voir si sa réponse sera pacifique ou violente, forte ou faible. Pour un roi, le présent peut avoir de l'effet s'il est de grande valeur; il peut même l'irriter si les objectifs qu'il cherche à atteindre sont d'un genre différent de ce qu'on lui propose. Mais s'il est un roi qui appelle à la vérité, il ne peut faire de concessions sous l'influence de toute chose matérielle quoi qu'elle puisse être.

Ce fut ainsi qu'elle se comporta en prenant sa décision définitive. Celle-ci témoigne de la sagesse et de la mesure émanant d'une personnalité qui fait des calculs rigoureux avant de prendre une décision. Elle agit à partir d'une réflexion rationnelle et non à partir de la passion et de l'affectivité, et ce malgré le fait qu'elle possède bien les moyens qui lui permettent de conférer même à ses fortes émotions –compréhensibles quand il s'agit d'affaires pouvant menacer son trône- une influence sûre dans la mesure où son peuple possédait une force et une puissance redoutables.

Le Coran nous présente la femme, à travers le modèle qu'est la reine de Saba', comme une femme qui maîtrise sa raison, qui ne se soumet pas à son affectivité, car sa responsabilité a pu faire mûrir son expérience et rendre sa raison plus forte au point qu'elle a atteint un niveau lui permettant de gouverner les hommes qui ont trouvé en elle une personnalité assez forte et douée de sagesse pour diriger leurs affaires publiques.

L'analyse de ce modèle montre qu'il est possible, pour la femme, de vaincre les facteurs de la faiblesse féminine qui peuvent avoir une influence négative sur la manière avec laquelle elle pense et réfléchit. Elle montre aussi qu'elle peut prendre les décisions et diriger les affaires et cela veut dire que la faiblesse n'est pas une fatalité à laquelle la femme ne peut pas échapper.

En fin de compte, et assistant au miracle du transport de son trône, ou grâce à sa conversation avec lui, la reine fut convaincue et se convertit à l'Islam y rejoignant ainsi Sulaymân. Cela fournit une preuve supplémentaire de la validité de notre idée sur la femme capable de décider, de s'engager et de choisir son appartenance au moyen de la pensée régie par un calcul rigoureux qui peut manquer à beaucoup d'hommes.

LA FEMME DE PHARAON, UN AUTRE

EXEMPLE

Il est nécessaire, avant de passer à une question, et au lieu de nous contenter de passer en revue les exemples et les modèles, de s'arrêter devant la personnalité de la femme de Pharaon qui vivait au paroxysme de la grandeur de la félicité. Mais elle se révolta contre tout cela grâce à sa foi qui ne lui permettait pas de s'ouvrir à cette vie d'arrogance, de tyrannie et de distraction où l'égoïsme de ceux qui se divertissaient des souffrances de opprimés et de la faim des affamés cohabitait avec la révolte contre Dieu et le renoncement à toute action charitable dans la vie sociale…

La femme de Pharaon aimait vivre sa foi dans son humanité. Mais elle ne trouvait aucun moyen pour le faire, car son mari remplissait la vie qui l'entourait de tout ce qui n'était pas humain à travers ses mauvais agissements contre les opprimés… Ainsi, elle s'adressa à Dieu en lançant un cri exprimant son refus spirituel et intellectuel de tout ce qui l'entourait. Elle invoquait Dieu pour qu'Il lui accorde la force nécessaire pour continuer sa lutte dans l'exercice de son action et pour que le défi soit plus grand dans l'attitude qu'elle avait prise. Elle Lui demandait de lui construire une maison au Paradis afin qu'elle puisse y faire loger ses rêves de femme de foi, chaque fois où elle sentait la faiblesse envahir son être et menacer ses attitudes et ses options… Elle Lui demandait de la sauver de Pharaon et de ses agissements, car elle ne pouvait pas souffrir sa personnalité morbide et son action arrogante. Elle Lui demandait de la sauver des gens injustes qui entouraient Pharaon, qui le flattaient, qui le soutenaient dans ses injustices et qui tournaient dans son orbite, comme le font des petits injustes au service des grands injustes.

Ainsi, Dieu donna son histoire en exemple pour les Croyants et les Croyantes pour qu'elle leur serve de modèle et d'idéal de la puissance de la foi humaine révoltée contre le règne de l'injustice avec tout ce qu'il propose comme plaisirs et séductions. De même, Il donna Marie, après la femme de Pharaon, en exemple sur le plan des valeurs morales. Elle fut un modèle parfait qui croyait en la parole du Seigneur et en ses Livres. Elle fut un modèle dans l'humilité et la soumission à Dieu dans toute sa vie qui fut une prière continue… Dieu –qu'Il soit exalté- dit ce propos:

(Dieu donna la femme de Pharaon en exemple pour ceux qui ont cru. Elle dit: 'Seigneur! Construis pour moi, auprès de Toi, une maison au Paradis et sauve-moi de Pharaon et de ses agissements. Sauve-moi aussi des gens injustes'. Et Marie, la Fille de 'Imrân, qui préserva sa chasteté et Nous lui insufflâmes de notre esprit. Elle prêta foi aux paroles de Dieu et ses Livres et elle fut parmi les humbles). (Coran, "at-Tahrîm" (L'Interdiction) LXVI, 11-12).

LA FEMME CROYANTE, L'IDÉAL DE LA PUISSANCE HUMAINE

Nous savons que la considération de la femme croyante et puissante comme idéal pour les hommes croyants et les femmes croyantes à la fois indique clairement que le Coran reconnaît la possibilité, pour la femme, d'avoir la force suffisante pour se mettre à l'abri de tout ce qui peut conduire vers la chute et pour se révolter contre tout ce qui incite à accepter la faiblesse… Cela prouve que la femme, qui atteint le niveau idéal, peut être l'idéal de l'homme tout comme elle peut l'être pour la femme. L'appartenance commune à l'espèce humaine lui permet d'être une source de générosité humaine et morale, de sorte que les différences de sexe disparaissent pour céder la place à l'unité de la raison, de la volonté, du mouvement et des positions et attitudes.

Si l'on jette un coup d'œil sur certains exemples coraniques ou sur certaines personnalités historiques islamiques représentatives de grands rôles héroïques joués par des femmes, nous trouvons, dans une telle lecture de l'histoire, des femmes qui ont concrétisé la supériorité à travers ce qu'elles possédaient comme capacités et dons, et à travers les attitudes et les positions qu'elles adoptaient prouvant qu'elles pouvaient surmonter leurs faiblesses et les transformer en force pour atteindre un haut niveau de supériorité.

Nous trouvons qu'à l'époque moderne et, de nos jours en particulier, que l'expérience humaine connaît, dans les différents domaines de la science et de la culture aussi bien que dans ceux du mouvement politique et social, beaucoup de femmes qui ont pu s'affirmer et affirmer leurs expériences de pionnieres. Celles-ci expriment la puissance humaine et montrent que la femme est à même de défier, de résister et d'inventer dans tous les domaines publics et privés, ce qui suggère l'existence d'une sorte d'équilibre des capacités humaines dans les conditions communes à l'homme et à la femme.

Il s'agit là d'une représentation de la réalité vivante vécue par chacun de l'homme et de la femme, dans la réalité humaine. Elle prouve que la différence biologique, au niveau de la nature humaine, n'a pas empêché l'unité et la communauté au niveau de la puissance intellectuelle, de la volonté ferme et de la souplesse pratique des hommes et des femmes lorsque les conditions sont réunies pour donner naissance à la force, à l'équilibre et à l'invention.

Quel est donc le point de vue de l'Islam à ce sujet? Y a-t-il, en Islam, une attitude négative qui fait de la femme un être humain inférieur à l'homme du point de vue de sa raison, de sa foi et de son mouvement dans la vie? Et cette attitude qui peut caractériser la mentalité populaire ainsi que celle de certains savants et penseurs musulmans coïncide-t-elle avec l'attitude coranique ou bien la conformité de la première à la seconde n'est-elle pas assez stricte?

 

http://francais.bayynat.org/femme_en_Islam/personalite.htm#.VWtOt1JQAZw

 

  • e6un7

Célèbrités converties à l'Islam: Leurs histoires et motivations

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك 

Eva De VITRAY-MEYROVITCH

A fait toute sa carrière aux postes de Chercheur

et Directrice du Service des Sciences Humaines du CNRS.

Née dans l’aristocratie française, élevée chez des religieuses. Auteur de plusieurs livres. Convertie en 1950

 

« Le Coran est la dernière révélation, et Mohammad (Paix sur lui) est le sceau des prophètes (.....) Puis j’ai été heureuse de constater que je n’étais pas seule, mais je me trouvais située, sans le savoir, dans une grande tradition. Et cela sans avoir à rien renier. Je ne reniais ni la Torah, ni l’Evangile. Je laissai simplement de côté ce qui m’avait toujours agacée, les décisions conciliaires, dogmatiques de messieurs réunis à Rome pour décider que Dieu est comme ceci ou comme cela.(...) On ne se convertit pas à l’Islam, on embrasse une religion qui englobe toutes les autres... » (Extraits de “Islam, l’autre visage”, Eva de Vitray, Ed. Albin Michel, 1995)

 

Mme MARGARET MARCUS

(Maryam Jamilah)

Américaine, anciennement Juive. Écrivain et journaliste. Auteur de plusieurs livres. Convertie à l’Islam en 1962

« Ma famille et mes amis étaient des gens bourgeois, respectables, intelligents, et cultivés. Des gens qui observaient et croyaient fermement en une certaine base morale. Cependant ils rejetaient tout lien entre l’éthique, la morale donc, et la théologie. L’autorité des Lois et Morales Musulmanes procède de Dieu l’Omnipotent. Le plaisir et le bonheur dans l’Islam ne sont que les fruits produits par une satisfaction émotionnelle dans l’exécution consciencieuse de ses devoirs pour le seul plaisir de Dieu, afin d’atteindre, ainsi, le salut. En Islam, les devoirs s’élèvent toujours au-dessus des droits. C’est seul dans l’Islam que ma quête des valeurs absolues fut satisfaite. Dans l’Islam seul j’ai pu enfin trouver tout ce qui avait une vraie valeur, ce qui était beau et bon, donnant une direction et une signification à la mort et la vie humaine. »

  Adresse actuelle: C/ C Mr Mohammad Yusuf Khan, Sant Nagar, Lahore, Pakistan

Leopold WEISS

(Mohammad Asad)

Homme d’Etat autrichien, journaliste et auteur, ancien correspondant étranger pour le célèbre « Frankfuerter Zeitung », auteur de “Islam at Cross Roads”, “Le chemin de la Mecque” (Fayard éd.) et traducteur du Coran.

Converti à l’Islam en 1926

« L’Islam me paraît comme un chef d’œuvre d’architecture. Toutes ses parties sont harmonieusement conçues pour se compléter et se soutenir entre elles. Rien n’est ici superflu, et rien ne manque, avec comme résultante l’équilibre parfait d’une composition sans faille. »

  Il est décédé le 20 février 1992 – que Dieu lui fasse miséricorde –

Herbert HOBOHM

(Aman Hobohm)

Diplomate Allemand, Fonctionnaire Civil et Missionnaire. Un intellectuel, qui a servi la Mission Diplomatique Allemande dans diverses parties du monde. Travaille actuellement comme Attaché Culturel à l’ambassade Allemande à Riyadh, en Arabie.

Converti à l’Islam en 1941

« J’ai pu vivre sous différentes latitudes, avec des modes de vie différents et j’ai eu l’occasion d’étudier diverses idéologies, mais je suis arrivé à la conclusion que rien n’est comparable à l’Islam. Aucun de ces systèmes ne détient un code de vie aussi complet que noble. Seul l’Islam le possède; et c’est la raison pour laquelle tant d’hommes, en toute sincérité, embrassent cette religion. L’Islam n’est pas théorique; il est pratique. Il signifie la soumission complète à la volonté de Dieu ! »


Savant converti par Anisy

  Adresse actuelle: Cultural Attaché, German Embassy, PO. Box 8974, Riyadh 11492, Saudi Arabia.

Vengatachalam ADIYAR

(Abdoullah Adiyar)

Indien, journaliste et écrivain Tamoul reconnu. A travaillé comme rédacteur dans le quotidien du Dr M. Kirunanidhi ,“Murasoli”, pendant 17 ans. A travaillé avec 3 précédents Ministres en chef de “Tamil Nadou”. A reçu la récompense “Kalaimamani” (Big Gem of Arts) du Gouvernement “Tamil Nadou” en 1982. Converti à l’Islam en 1987

 

« Dans l’Islam j’ai trouvé satisfaction et apaisement à des questions lancinantes qui harcelaient ma conscience: concernant la théorie de la Création, le statut de la femme, la création de l’univers, etc. L’histoire de la vie du Saint Prophète m’a beaucoup fasciné, et il fut alors facile pour moi de faire la comparaison avec celles d’autres leaders religieux, et avec leurs philosophies. »

 

  Adresse actuelle: 1 Ashok Avenue, Rangarajapuram, Kodambakkam, Madras, Inde.

Bogdan KOPANSKI

(Bogdan Ataoullah Kopanski)

Américain, d’origine polonaise. Docteur en Histoire Politique. A fait un parcours très intéressant vers l’Islam et a affronté de sévères épreuves; a été deux fois emprisonné par le régime Communiste polonais (1965, 1981-82). Converti à l’Islam en 1974

« Quand j’avais 12 ans, je rejetais la foi contradictoire et illogique de l’Église. Deux années plus tard, en 1962, j’ai été fasciné par la lutte victorieuse des musulmans algériens contre le colonialisme français. C’était la première “flèche de l’Islam” à me toucher. Durant mes études secondaires et à l’université, j’étais un exemple typique de la génération de rebelle rouge (communiste). Mon cheminement vers la Vérité du Saint Coran était lente et imprévue... En 1974 j’ai visité la Turquie, je préparais ma thèse sur la politique du Sultan et Calife Suleiman Kanunís envers l’état polonais. Je fut alors surpris par la plus mélodieuse voix que l’humanité puisse produire: l’AZAAN, l’appel à la prière par un muezzin. Mes cheveux se sont dressés sur ma tête. Une force étrange mais puissante me conduisit à la vieille mosquée d’Istanbul. Là, de vieux Turcs barbus et souriants, m’enseignèrent LE WOUZOU, (ablutions). J’ai proclamé la SHAHADA en larmes, et j’ai fait ma première prière, la SALAAT Maghrib... J’ai alors balayé toutes mes idéologies de pacotille... Pour la première fois de ma vie, j’ai éprouvé une telle félicité, et je ressentais le plaisir de l’amour d’Allah dans mon cœur. J’étais un musulman... »

Cliquez sur ces liens pour lire l'histoire de leur conversion : 

- Le récit de leur conversion (47 témoignages)

- Ils ont choisi l'islam

- James Abiba : Un jeune lycéen américain qui embrasse  l’Islam

- Cathy : Une américaine guidée grâce à un exemplaire traduit du Saint-Coran

- Reyhana : Des enfants Musulmans font changer l’attitude de leurs parents par leurs comportements exemplaires

- Siraj Wahaj : Un musulman américain comme modèle pour les musulmans

- Suzanne : Une mère qui applique l’Islam avec ses enfants dans leurs vies quotidiennes

- Dr Najat : Comment s’est islamisé un Docteur de confession «HINDOUS» et  comment il a servi la communauté musulmane avec abnégation!?

- Jim : Jim et sa compagne de confession boudhiste embrassent l’Islam

- 230 témoignages d'anglosaxons (en anglais)

Cliquez sur ces liens pour écouter l'histoire de leur conversion :

  - Maymouna : L'histoire très touchante de sa conversion

- Céline : L'histoire de la conversion de Céline, jeune fille de 25 ans

- Géraldine : L'histoire de sa conversion

- Audrey : D'origine canadienne, Audrey nous explique l'histoire de sa conversion (audio/video)

Cassius Clay alias Mohamed Ali Clay

 

Boxeur américain. Trois fois Champion du Monde de Boxe, catégorie Poids Lourds. Anciennement Chrétien, converti à l'Islam en 1965.

Il dit :
“J'ai eu beaucoup de grands moments dans ma vie. Mais les sensations que j'ai éprouvées tandis que j'étais sur Le mont Arafat, le jour de Hadj (pèlerinage musulman), étaient les plus forts de ma vie. Je me suis senti exalté par l'atmosphère spirituelle indescriptible qui y régnait: lorsqu'un million et demi de pèlerins invoquaient Dieu pour le pardon de leurs péchés et pour leur accorder Sa Grâce et Ses bénédictions. C'était une expérience poignante que de voir des gens appartenant à des couleurs, races et nationalités différentes, rois, hommes d'états et hommes ordinaires de pays très pauvres, tous enveloppés de deux draps blancs simples, le même pour tous, priant Dieu. Priant Dieu sans aucun complexe de supériorité ou d'infériorité entre eux. C'était une des manifestations pratiques et concrètes du concept d'égalité (de l'homme) en Islam”

Malcolm X

 

 

Né le 19 mai 1925 à Omaha, Malcolm X est sans doute avec Marcus Garvey et Martin Luther King le leader noir le plus important de l'histoire contemporaine. Malcolm avait non seulement un talent d'orateur incontestable, mais il avait aussi une vrai vision du monde qui l'entourait, de plus il ne s'est jamais contenté de beau discours, il est toujours passé aux actes, et a oeuvré pour sa communauté à l'instar de Nat Turner et John Brown, et d'autres noirs qui, quelques décennies plus tôt, aidaient les esclaves à s'enfuir de leur plantation. A chaque époque de sa vie Malcolm a été sincère dans tous ce qu'il a entreprit ce qui ne l'a pas empêché d'effectuer des changements de direction complet dans ses idées et son comportement : quand il a découvert l'Islam ou encore après son pèlerinage à la ville sainte de la Mecque.

Pour voir son site web (en anglais), cliquez sur le lien

http://www.cmgww.com/historic/malcolm/index.htm

 

Joseph Cohen alias Yosef Mohammed Khatib

 

Juif converti à l'islam.

Pour voir la vidéo où il explique sa conversion (en anglais), cliquez sur le lien

http://www.jews-for-allah.org/

Art Blakey alias Abdullah Ibn Buhaina

 

Art Blakey fait partie des grands. Il a crée et mené les Jazz Messengers, Il fut le premier batteur à se rendre sur le continent africain à la recherche de ses lointaines racines, et à y étudier les rythmes et les percussions. Converti à l'Islam, il prendra le nom d'Abdullah Ibn Buhaina.

Ferdinand Lewis Alcindor (ou Lew Alcindor) alias Kareem Abdul-Jabbar

 

Kareem Abdul-Jabbar, né Ferdinand Lewis Alcindor (ou Lew Alcindor) le 16 avril 1947 à New York, est un ancien joueur de basket-ball de NBA.

Il détient les records historiques de la NBA du plus grand nombre de points marqués en carrières et du plus grand nombre de matches joués.

Kareem Abdul-Jabbar a également développé le bras roulé (sky hook), tir très prisé des pivots de nos jours car quasiment incontrable.

Il a joué en NBA pour les Bucks de Milwaukee puis les Lakers de Los Angeles, où son association avec Magic Johnson fera merveille... Il prend sa retraite en 1989 après vingt saisons et une des plus belles carrières de la NBA.

Pendant ses études en 1971, Kareem Abdul-Jabbar se convertit à l'Islam et prend le nom que tout le monde connaît.

On l'a vu aussi entraîneur assistant en NBA au sein des Los Angeles Clippers.

Le Docteur Maurice Bucaille

 
 
Il s'est trouvé en contact de la piété musulmane pendant l'exercice de ses fonctions de chirurgien. Il s'est trouvé à maintes reprises auscultant les âmes autant que les corps, ainsi il a découvert des aspects de l'Islam que beaucoup de monde ignore. Pour mieux comprendre, le Dr. Bucaille s'est mis à étudier le Coran et pour parfaire son étude, il apprendra la langue arabe ( langue du Coran). Au cours de son étude, à sa grande surprise il a découvert dans le Coran - entre autre - certaines informations scientifiques concernant des phénomènes que l'on ne peut comprendre qu'avec les lumières de la science moderne, ainsi que des informations historiques qui n'ont été élucidées qu'avec l'archéologie moderne...

Il dit :

"Ayant mesuré la marge qui séparait la réalité de l'Islam de l'image qu'on s'en faisait dans nos pays occidentaux, je ressentis le vif besoin d'apprendre l'arabe que je ne connaissais pas, pour être en mesure de progresser dans l'étude d'une religion si méconnue. Mon premier objectif résida dans la lecture du Coran et dans l'examen de son texte phrase par phrase, avec l'aide des commentaires divers indispensables à une étude critique. Je l'abordai en prêtant une attention toute particulière à la description qu'il donne d'une multitude de phénomènes naturels : la précision de certains détails du livre les concernant, seulement perceptible dans le texte original, me frappa en raison de sa conformité avec les conceptions qu'on peut en avoir à notre époque, mais dont un homme de l'époque de Mahomet ne pouvait avoir la moindre idée. Je lus par la suite plusieurs ouvrages consacrés par des auteurs musulmans aux aspects scientifiques du texte coranique: ils m'ont apporté de très utiles éléments d'appréciation, mais je n'ai pas encore découvert une étude d'ensemble effectuée en Occident sur ce sujet.
Ce qui frappe d'abord l'esprit de qui est confronté avec un tel texte pour la première fois est l'abondance des sujets traités: la création, l'astronomie, l'exposé de certains sujets concernant la terre, le règne animal et le règne végétal, la reproduction humaine. Alors que l'on trouve dans la Bible de monumentales erreurs scientifiques, ici je n'en découvrais aucune. Ce qui m'obligeait à m'interroger: si un homme était l'auteur du Coran, comment aurait-il pu, au VIIe (septième) siècle de l'ère chrétienne, écrire ce qui s'avère aujourd'hui conforme aux connaissances scientifiques modernes? Or, aucun doute n'était possible: le texte que nous possédons aujourd'hui du Coran est bien le texte d'époque, si j'ose dire (...) Quelle explication humaine donner à cette constatation? A mon avis, il n'en est aucune, car il n'y a pas de raison particulière de penser qu'un habitant de la péninsule Arabique pût, au temps où, en France, régnait le roi Dagobert, posséder une culture scientifique qui aurait dû, pour certains sujets, être en avance d'une dizaine de siècles sur la nôtre".
 

 

 
 
 
 
 
 
 

http://allah-biliyor7.skynetblogs.be/

http://www.islam-paradise.com/savants.php

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Les faux interdits en Islam

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Lever les mains lors d’une invocation : Depuis des siècles, il est coutume, après la prière, de réciter à voix haute certaines formules laudatives et de conclure, en levant les mains, par la récitation à voix haute d’une invocation et de la Fâtiha. Lorsque l’invocation est terminée, ils passent leurs mains sur leurs visages. Selon les radicaux musulmans, il est interdit de lever les mains après la prière pour invoquer Allâh. Le croyant doit, selon eux, se limiter à des louanges, puis quitter sa place. Ils arguent par deux hadiths rapportés par Muslim en disant qu’étant donné la précision des termes et la fiabilité de ces deux hadiths, le Prophète ne procédait pas ainsi et que par conséquent il est interdit de le faire. Cette interprétation est dénigrée par les plus éminents juristes, lesquels recommendent tous de lever les mains pour invoquer Allâh. ‘Umâra ibn Ru’ya raconte qu’il vit un jour Bishr ibn Marwân sur la chaire (minbar) levant les mains [durant son invocation]. Il lui dit : « Qu’Allâh enlaidisse ces deux mains ! J’ai vu le Prophète (P); jamais il n’a fait plus que de pointer son index

Ce hadith indique que le fait de lever les mains durant le prêche (khutba) n’est pas une sunna. Néanmoins, il est autorisé, car durant la prière du vendredi, le Prophète leva les mains pour demander la pluie. Leurs opposants répondent qu’il s’agit là d’un cas exceptionnel. » Anas a dit : « Le Prophète (P) ne levait les mains dans aucune invocation, si ce n’est celle de [la prière] pour demander la pluie, à tel point que l’on voyait le blanc de ses aisselles. » Selon le sens apparent de ce hadith, le Prophète ne levait jamais les mains [pour invoquer Allâh], excepté pour demander la pluie. Mais ce n’est pas le sens de ce hadith, bien au contraire, il est attesté que le Prophète leva ses mains en de nombreuses autres circonstances. J’ai réuni, à cet effet, une trentaine de hadiths, tous extraits des deux Sahîhs. Ce hadith signifie, qu’excepté pour demander la pluie, jamais le Prophète ne levait les mains aussi haut, [les bras tendus], à tel point que l’on voyait ses aisselles.

Le Prophète (P) a dit, « Votre Seigneur est pudique et généreux, lorsque son serviteur lève les mains vers Lui, Il a honte de le laisser les ramener vers lui vides. ». Ce hadith est la preuve du fondement juridique de cette pratique après les invocations, et les hadiths sur ce sujet sont très nombreux. » ‘Umar a dit : « Quand le Prophète (P) levait les mains dans ses invocations, il ne les ramenait jamais vers lui sans les passer sur son visage. »

La voix de la femme : Selon eux, une femme ne doit pas débattre de sujets religieux avec un homme, sa voix étant considérée comme impudique (‘awrâ). Pourtant, jamais à l’époque du Prophète, il ne fut demandé aux femmes de se taire. Bien au contraire, la Tradition enseigne qu’elles ont pris la parole lors d’assemblées et que le Prophète ou ses Compagnons, leur ont répondu aimablement.

Le Prophète (P) a dit : « “Ô femmes, multipliez les aumônes et implorez fréquemment le pardon. J’ai constaté, que vous étiez les gens de l’Enfer les plus nombreux.” Une femme d’une grande éloquence demanda : “Ô Messager d’Allâh, qu’avons nous de si particulier pour mériter d’être les gens de l’Enfer les plus nombreux ?” Le Prophète répondit : “Vous maudissez beaucoup et dénigrez les bienfaits de vos époux. Je ne connais pas de créature, assimilable à l’homme sensé, qui soit autant diminuée que vous dans sa raison et dans sa religion.” Elle demanda : “Ô messager d’Allâh, que signifie, être diminué dans sa raison et dans sa religion ?” Il répondit : “Pour la raison, le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un homme [voir Coran 2/282]. Pour la religion, elles demeurent plusieurs jours sans prier et elles mangent durant le mois de ramadan. »

‘Umar ibn al-Khattâb déclara : “Ne donnez pas plus de quarante onces pour la dote d’une femme ; quand bien même elle serait une fille des Ghussa. Celui qui outrepassera cette mesure, je déposerai son surplus au Trésor public.” Depuis le rang des femmes, une femme de grande taille et au nez écrasé se leva et clama : “Que dis-tu là !” [Umar lui demanda] : “Qu’y a-t-il ?” Elle répondit : “Allâh a dit : Si vous avez donné à l’une un quintal, n’en reprenez rien (Coran 4/20).” ‘Umar dit alors : “Une femme a eu raison et un homme a eu tort !”

Le baise-main : Le fait de baiser la main ou le front de son maître en religion est considéré par les radicaux musulmans, non pas comme un témoignage de respect, mais comme une innovation pernicieuse initiée par les soufis, alors qu’il n’en est rien puisque les Compagnons le faisaient : « Ibn Abbâs rencontra un jour Zayd ibn Thâbit, il prit les rênes de sa monture et se mit à le guider en signe de respect. Zayd lui dit : “Laisse, ô cousin du Prophète.” Ibn Abbas répondit : “Il est de notre devoir de traiter ainsi nos savants et nos aînés.” Zayd lui dit alors : “Donne-moi ta main.” Ibn Abbâs la lui tendit et Zayd l’embrassa en disant :“Il est de notre devoir de traiter ainsi les proches de notre Prophète.” » « Thâbit venait parfois [s’instruire] auprès d’Anas ibn Mâlik.Lorsqu’il devait venir, Anas disait à sa servante : “Donne-moi un peu de parfum que je me parfume les mains, car Thâbit refuse [de s’asseoir pour s’instruire] tant qu’il ne m’a pas embrassé la main.” »

Le chapelet : Nombreux sont les musulmans qui aujourd’hui ont renoncé à faire usage du chapelet (subha). Dans de nombreuses mosquées, ils ont totalement disparu, « confisqués par les radicaux musulmans », lesquels prétendent qu’il est une innovation empruntée aux chrétiens, cela sans que jamais personne n’ait apporté la moindre preuve que ce ne soit pas l’inverse ! Ce n’est pas parce que le christianisme est antérieur à l’Islam que cette innovation doit leur être attribuée. Même si cela était le cas, les trois religions ont en commun plusieurs autres choses : les chaires (minbar), les autels (mihrâb), les pupitres, les caisses servant à recueillir les aumônes. Bien plus encore, des églises ont été transformées en mosquées et inversement. D’autre part, est-il réellement interdit d’imiter les Gens du Livre dans tout ce qu’ils font ? Ibn ‘Abbâs a dit : « Le Prophète (P) aimait imiter les Gens du Livre dans tout ce qui ne lui avait pas été enjoint de faire […]. » Les radicaux disent, qu’en plus d’être une innovation empruntée aux chrétiens, la subha doit disparaître, car pour se bénir, certaines personnes se frottent le visage avec, à la fin de leurs dévotions. Même si le caractère blâmable de cette pratique était démontré, cela ne justifierait pas son interdiction, car ils en font autant avec le Coran qu’ils embrassent et posent ensuite sur leur front !

Le comptage des formules de louanges (tasbîh) avec les phalanges, est une sunna comme l’indique le hadith dans lequel le Prophète dit aux femmes : « Louez Allâh en vous servant de vos doigts. Assurément, ils seront interrogés et ils parleront. » Quant à se servir de noyaux, de petits cailloux et autres, c’est également une bonne chose ; certains Compagnons le faisaient. Le Prophète vit un jour la Mère des croyants louer Allâh en se servant de petits cailloux et il l’a confirma dans sa façon de faire. La subha n’est pas « un objet de culte », mais un « instrument de culte » assimilable aux tapis de prière, aux boussoles et aux calendriers de prières ; par conséquent, il est une innovation constructive. Ses partisans disent, à juste titre, que le simple fait de le voir incite à s’en servir. Il est même un réflexe pour de nombreux musulmans qui, en attendant l’heure de la prière, font des dizaines, des centaines, parfois mille prières sur le Prophète. Nous invitons les détracteurs de la subha à en faire autant en comptant sur leurs phalanges, sachant que le Prophète (P) a dit : « Les gens les plus en droit de me rejoindre au Jour du jugement, seront ceux qui priaient le plus pour moi. »

La chemise traditionnelle : Le Prophète (P) a dit : « Celui qui, par ostentation, laissera pendre son vêtement, Allâh ne le regardera pas au jour du jugement. » – « Celui qui aura revêtu un vêtement par ostentation, Allâh lui fera porter, au jour du jugement, un vêtement humiliant puis, Il y mettra le feu. » – « Personne ne revêtira un vêtement afin de pavoiser et attirer l’attention des gens sur lui, sans qu’Allâh ne détourne de lui Son regard, jusqu’à ce qu’il ait retiré ce vêtement. »

Le port de la chemise est fortement recommandé pour prier : d’une part afin de cacher parfaitement sa nudité, et d’autre part, quand elle est propre et belle, afin de témoigner de son respect à Allâh. Excepté pour la prière, il n’existe pas de hadiths recommandant au musulman de se vêtir de quelque façon que ce soit, si ce n’est décemment. La Tradition enseigne que le Prophète aimait les vêtements blancs et qu’il n’aimait pas ceux à motifs, car ils distraient l’orant pendant sa prière. Les radicaux musulmans prétendent qu’il est une sunna, donc un devoir, de porter des chemises en tout temps et en tous lieux. Ceux qui n’en portent pas sont, selon eux, de mauvais musulmans, quand ils ne sont pas qualifiés par d’autres épithètes ! Si, comme ils le prétendent, porter une chemise traditionnelle est un témoignage de foi, que doit-on penser des vêtements occidentaux qu’ils portent en dessous ?

La barbe : Le Prophète (P) a dit : « Cinq [préceptes] font parti de la nature originelle de l’homme (fitra) : se raser les poils des parties sexuelles, la circoncision, se tailler les moustaches, se raser [ou s’épiler] les aisselles et se couper les ongles. » Pour les imams Abû Hanîfa, Mâlik et Ibn Hanbal, se raser la barbe est interdit (harâm) ; pour l’imam ash-Shâfi‘î, cela est blâmable (makrûh). Il ne fait donc aucun doute que se laisser pousser la barbe est, au moins, fortement recommandé. Cette divergence d’opinions est due au fait qu’il n’existe aucun hadith où il est explicitement ordonné à chaque musulman de se laisser pousser la barbe. Quant au hadith suivant, avec lequel argumentent les radicaux musulmans, il est comme de nombreux autres, détourné de son contexte. Le Prophète (P) a dit : « [...] Laissez la barbe et taillez les moustaches. » Extraite de son contexte, cette « fraction de hadith » fait figure d’argument irréfutable ; replacée dans son contexte initial, l’obligation disparaît, car le Prophète (P) a dit : « Différenciez-vous des polythéistes : laissez la barbe et taillez les moustaches. » Dans ce hadith, le Prophète définit la façon de porter la barbe, pour ceux qui auront fait ce choix, afin qu’ils se distinguent des juifs et des chrétiens. Les premiers, comme ils le font encore aujourd’hui, avaient coutume de porter une barbe longue, les seconds une barbe courte. Le musulman doit adopter la longueur intermédiaire. Le Prophète (P) a dit : « Les juifs et les chrétiens ne se teignent pas les cheveux. Différenciez-vous d’eux ! »

Commentaire d’Ibn Taymiyya : « Tout ce qui se rapporte au fait de les imiter date du début de l’émigration [à Médine]. Puis tout ceci fut ensuite abrogé, car à cette époque, les juifs ne se distinguaient pas [dans leurs apparences] des musulmans, ni par la barbe, ni par les vêtements, ni par un signe particulier. Puis il fut attesté, par le Coran, la Sunna et le consensus [des Compagnons], lequel connut son apogée sous le règne de ‘Umar ibn al-Khattâb, que ce qu’Allâh avait institué, quant à l’obligation de se différencier des incroyants, devenait exécutoire, tant pour les traditions que pour les dévotions. L’application tardive de cette obligation trouve son explication dans le fait que cette différenciation ne pouvait prendre effet que lorsque la religion fut pratiquée ouvertement et que ses préceptes furent prédominants, comme pour la guerre sainte, l’impôt versé par les Gens du Livre et ceux sous notre domination. Quand les musulmans de la première heure se trouvaient en état d’infériorité, cette obligation ne leur fut pas imposée. Mais quand la religion fut parachevée et suffisamment répandue et prédominante, l’obligation pour les musulmans de se différencier des non-musulmans devint obligatoire. De nos jours […], il en est de même, si le musulman se trouve en terre ennemie ou hostile à l’Islam, il n’est pas tenu d’observer cette obligation dans les apparences à cause des contraintes que cela suppose, au contraire il lui est recommandé (mustahab), voire obligatoire (wâjib), de les imiter temporairement [ou partiellement] dans leurs moeurs, si le fait de les imiter est bénéfique pour la religion ou peut amener autrui à se convertir. Dans le cas contraire [nous résumons] cela n’est pas permis, en particulier en terre d’Islam. » Le Prophète (P) a dit : « Assurément ! Allâh ne regarde pas vos visages et vos biens ; mais Il regarde vos coeurs et vos actions. » En Islam, les signes extérieurs de piété ne sont en rien un gage de sincérité. En réalité, la barbe, la chemise traditionnelle, etc. ne sont pour les radicaux musulmans que des subterfuges destinés à se reconnaître les uns les autres.

Les écoles de jurisprudence : Croyants, obéissez à Allâh, obéissez au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. En cas de litige, remettez-vous-en à Allâh et au Prophète, si vous croyez en Allâh et au jour dernier. C’est un bien et la meilleure des issues (Coran 4/57) Le Prophète (P) a dit : « Les juifs se sont divisés en soixante et onze – ou soixante-douze factions –. Les chrétiens se sont divisés en soixante et onze – ou soixante-douze factions –. Ma communauté se divisera en soixante-treize factions. » Dans une autre version, il ajoute : « soixante-douze iront en Enfer et une seule entrera au Paradis ; ce sera celle de l’union. »

Tous les radicaux musulmans font valoir ce verset du Coran et ce hadith en leur faveur. Selon eux, les autorités religieuses désignées dans ce verset sont leurs chefs religieux, et les Gens du consensus (ahl as-sunna wa-l-jamâ‘a), cités dans ce hadith, le mouvement auquel ils appartiennent. Ils considèrent les écoles de jurisprudence comme des innovations et leurs différents points de vue comme autant d’erreurs. Selon eux, ces écoles doivent disparaître et être remplacées par une seule. Ils ont également opté pour une méthode et des arguments qui semblent de plus en plus convaincre les jeunes musulmans. La méthode consiste, dans un premier temps, à les culpabiliser en leur disant : « Allez-vous renoncer à ce que le Prophète a dit pour suivre l’imam Mâlik ? » Et, fort de leur argument, ils ajoutent : « Nos imams ne se réfèrent qu’au Coran et aux hadiths authentiques, alors que ceux des différents mouvements ont tous d’autres supports de réflexion. »

Ils leur expliquent que, depuis des siècles, la religion d’Allâh n’a cessé de se dégrader du fait de l’aversion des adeptes des autres religions, des innovations, des sectes et de l’ignorance des gens, mais surtout à cause des imams des quatre écoles de jurisprudence et de leurs divergences et qu’il convient désormais de revenir à « la vraie religion », cela grâce aux directives d’une génération exceptionnelle de savants (‘ulamâ) contemporains comme messieurs Ibn ‘Abd al-Wahhâb, Albânî et quelques célébrités saoudiennes. Et sans autres précisions que : « Les savants ont dit (qâl al-‘ulamâ) » ils imposent à leurs sympathisants toute une série de mesures et de réflexions incompatibles avec le Coran et la Tradition. Ce credo tendancieux est dénoncé, depuis fort longtemps, par les plus grands juristes, en particulier Ibn Taymiyya, l’un des savants musulmans les plus virulents à l’encontre des innovateurs et des sectes.
Si Ibn Taymiyya, dont les radicaux musulmans ne cessent de se réclamer sans rien savoir de lui, avait considéré ces écoles de jurisprudence comme des innovations, il n’aurait pas adhéré à deux d’entre elles et vanté ici les mérites de leurs fondateurs. Il nous suffira de rappeler que tous les plus grands savants de notre communauté, sans aucune exception, depuis al- Bukhârî à Ibn Taymiyya, ont tous adhéré à une école de jurisprudence avec, il est vrai, une très forte propension pour celle de l’imam ash-Shâfi‘î, ce qui ne change rien. Qui mieux que ces imams auraient pu se dispenser d’adhérer à l’une de ces écoles, voire en fonder une ? Pourtant, ils ne l’ont pas fait. Dès lors, comment les radicaux musulmans peuvent-ils prétendre pouvoir s’en dispenser sans penser que tous ces savants se sont trompés ? Adhérer aux recommandations d’une école de jurisprudence (madhab) n’a jamais été considéré, par aucun de ces maîtres, comme un acte de soumission à une créature, aussi savante soit-elle, mais comme se conformer à une logique jurisprudentielle. At-Tabarî, l’auteur du premier commentaire complet du Coran fonda sa propre école puis, selon certains biographes, il y renonça vers la fin de sa vie pour devenir shafi‘îte. Al-Bukhârî étudia la jurisprudence auprès d’al-Humaydî, l’un des principaux élèves de ash-Shâfi‘î. Muslim l’étudia auprès d’al-Harmala un autre élève d’ash-Shâfi‘î. Ces deux imams se sont également instruits auprès d’Ahmad ibn Hanbal et, al-Bukhârî lui a présenté son célèbre al-Jâmi‘ as- Sahîh. Les spécialistes du Hadith, parmi les élèves et contemporains de ces deux maîtres, étaient également shâfi‘îtes : at-Tirmidhî, an-Nasâ’î, Abû Dâwûd, Ibn Mâja et d’autres. Ces informations figurent en toutes lettres dans les monographies et la préface de leurs ouvrages. Tous sont d’authentiques Anciens vertueux et, dit az-Zarqânî : « Il n’est pas permis de penser d’eux qu’ils aient considéré comme authentique ce qui ne l’était pas. »

 

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Délaisser volontairement certains plaisirs de la vie est-il institué par l'Islam ?

 

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Le terme "zuhd" signifie deux choses :

– le premier sens du terme est : "avoir le cœur détaché des choses dunyawî" ; le terme est alors l'opposé de "raghba" (désirer) ; le zuhd consiste alors à avoir pu libérer son cœur de l'attachement excessif aux choses du dunyâ – biens matériels, mais aussi reconnaissance sociale, gloire et pouvoir – ; et ce même si on travaille pour obtenir ces biens dans un cadre licite, et même si on les utilise ; et même si on dispose d'une reconnaissance sociale ou d'un pouvoir – sans avoir fait des efforts pour obtenir cette reconnaissance ou ce pouvoir, car cela est interdit ;

– le second sens du terme "zuhd" est : "délaisser volontairement certaines choses dunyawî" ; le terme est alors synonyme de "tark" (délaisser volontairement) ; le zuhd consiste alors à se priver volontairement de posséder ou de profiter de certaines choses dunyawî qui font le plaisir de l'homme (haDhdh) : posséder des biens matériels ; manger des mets raffinés ou de manger beaucoup de nourriture ; porter de beaux vêtements ; vivre sa sexualité ; etc.

Le terme "zuhd" ne pose aucun questionnement d'après son premier sens. En effet, faire des efforts pour avoir le cœur (relativement) détaché des choses dunyawî et attaché à Dieu, pour avoir l'esprit se rappelant la venue de l'au-delà, et pour faire des actions destinées à cet au-delà, cela est possible même si on possède des richesses matérielles abondantes, pourvu qu'elles soient licites. Il est des hadîths du Prophète qui recommandent ainsi le désintéressement par rapport aux choses du dunyâ, qu'ils désignent par le terme "zuhd" (Mishkât 5187). Il s'agit du zuhd selon ce premier sens.

Par contre le terme "zuhd" peut questionner quand il revêt le second sens. Et ce dans la mesure où on lit deux types de textes...

D'un côté on lit que, voyant l'extrême sobriété régnant dans la pièce où le Prophète s'était retiré quand ses épouses l'avaient trop pressé quant au matériel, Omar ibn ul-Khattâb, en larmes, lui dit : "Chosroes et Cesar sont dans ce en quoi ils sont. Et tu es le Messager de Dieu, et voilà ce que tu possèdes !" ; dans une autre version : "Invoque Dieu, ô Messager de Dieu, qu'Il accorde largesse (matérielle) à ta Umma. Car Il l'a accordée aux Perses et aux Byzantins, alors que ceux-ci ne font pas Sa 'ibâda." Omar ne demandait pas là au Prophète que sa Umma choisisse le kufr, ni même qu'elle cesse de faire des actions cultuelles, pour pouvoir se consacrer à l'acquisition des richesses matérielles. Il souhaitait seulement, pour le Prophète, davantage de biens matériels licites que ceux qu'il possédait alors. Pourtant, entendant cela, le Prophète se redressa et lui dit : "Dans cette [façon de voir], es-tu, ô fils de al-Khattâb ? N'es-tu pas satisfait que nous ayons l'au-delà et eux ce monde ?" ; dans l'autre version : "Ce sont là des gens dont leurs bonnes choses (tayyibât) leur ont été données immédiatement, dans cette vie terrestre" (Muslim 1479, etc.). Cette réponse du Prophète montre bien qu'il préférait se suffire des richesses matérielles qu'il possédait alors. Et il apaisa Omar en lui rappelant que même si ceux qu'il citait semblaient plus nantis dans ce monde, c'est l'au-delà qui ferait la différence. On le voit donc ici délaisser volontairement certaines choses licites.

Or d'un autre côté on lit le verset suivant : "O vous qui avez apporté foi, ne (vous) interdisez pas les choses bonnes (tayyibât) que Dieu a rendues licites pour vous. Et ne transgressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui transgressent" (5/87).

Comment comprendre ces deux types de textes apparement différents ?

Est-il, en islam, obligatoire / recommandé / autorisé de délaisser certaines choses dunyawî qui font le plaisir de l'homme (haDhdh) ? ou bien délaisser ces choses est-il en islam, tout au contraire, déconseillé / interdit ?

Quelle est donc la différence entre monachisme (rahbâniyya) et délaissement de certains plaisirs et d'un certain confort matériel (zuhd mashrû') ?

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A) Prioritairement, le zuhd mashrû' consiste à délaisser ce que Dieu a déclaré interdit :

Délaisser les plaisirs qui sont en soi illicites, ou les plaisirs qui sont en soi licites mais par un moyen qui, lui, est illicite, cela constitue la première dimension du zuhd (Al-Muwâfaqât 1/107).

Ainsi, le plaisir qu'une personne obtient en contemplant un corps qu'il ne lui est pas autorisé de contempler est interdit. Se préserver de ce plaisir obtenu par un moyen illicite est donc du zuhd. (Par contre, le plaisir de contempler le corps de son épouse – ou, pour une femme, celui de son époux – est licite.)

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B) Ensuite, au-delà du A, la question se pose de délaisser volontairement (tark) les plaisirs dunyawî qui sont en soi autorisés (halâl), avec tel ou tel objectif : ce délaissement (tark) constitue-t-il du zuhd mashrû' ou pas ?

En fait ce délaissement peut revêtir plusieurs cas de figure… Ash-Shâtibî a évoqué cela in Al-I'tissâm, 1/328-331 et 42-45).

Avant de voir plus bas ces différents cas, il nous faut ici préciser que les choses dunyawî halal sont de plusieurs niveaux…

– B.A) Il y a d'un côté ce qui est nécessaire pour rester en vie ou pour vivre normalement (il s'agit des niveaux dits "dharûrî" et "hâjî") (et ce en termes de nourriture et de boisson, de sommeil et de repos, de propriété de biens matériels, de fréquentation d'autrui, de paroles échangées, de dignité dans son habillement, etc.) : quelque soit la motivation que l'on peut avoir, il est interdit de se priver volontairement (tark) de cette quantité nécessaire.

– B.C) Et il y a à l'autre extrême ce qui constitue du gaspillage (isrâf fi-l-halâl) : dans tous les cas il est obligatoire de s'abstenir (tark) de cela.

– B.B) Et puis il y a les choses dunyawî qui, sans relever de ce qui est nécessaire, ne relèvent pas non plus du gaspillage, mais apportent un "plus", un certain bien-être, un confort (il s'agit du niveau dit "tahsînî") : c'est en fait seulement par rapport à cette catégorie que la question se pose : se priver volontairement et pour une raison dînî, des choses de cette catégorie, est-ce quelque chose de bien (donc du zuhd mashrû') ou est-ce au contraire une bid'a (donc, ici, de la rahbâniyya) ?

On peut reformuler la réponse à cette question en distinguant les différents cas suivants (lesquels reprennent aussi bien ce qui est tahsînî que ce qui est dharûrî ou hâjî)...

– B.1) C'est en ayant la croyance que cela est devenu harâm que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

Une telle croyance est une déviance (dhalâl), voire une croyance de kufr akbar (si le caractère licité de cette chose est ma'lûm min ad-dîn bi-dh-dharûra) (cf. Al-I'tissâm, 1/328). Il est d'ailleurs à noter que c'est ici la croyance qui pose problème, que dans le prolongement de celle-ci on délaisse cette chose ou qu'on ne la délaisse pas. Une croyance est dans le for intérieur, mais elle est également exprimée par la langue ou la plume.

– B.2) C'est par 'ibâda que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

C'est-à-dire que ce musulman reconnaît que cela est halal, mais s'en abstient volontairement, pensant se rapprocher de Dieu par cette abstention. Rappelons ici que l'on se rapproche de Dieu par le fait d'accomplir ce qu'Il a voulu, par ta'abbud ; quand on fait quelque chose avec la perception que cela permet une avancée spirituelle, cela est plus particulier encore (akhass) : il s'agit de faire cette chose par 'ibâda. (Tout ce qui est fait par 'ibâda est forcément fait par ta'abbud, alors que tout ce qui est fait par ta'abbud n'est pas forcément fait par 'ibâda.)

Or faire une action avec la perception qu'elle constitue le moyen d'avancer spirituellement ('ibâda), cela n'est possible que par le moyen qui a dûment été institué dans les textes, dans la mesure où cela y a été institué : ces moyens sont des actions à accomplir (comme la prière, le pèlerinage, les formules d'évocations, etc.), tantôt des offrandes à présenter à Dieu (comme le sacrifice d'un animal), tantôt des délaissements et abstentions (comme le jeûne, la retraite) (lire notre article sur le sujet).

Dès lors, pratiquer en tant que 'ibâda une abstention qui n'a pas été instituée dans les textes, ou le faire d'une façon qui n'a pas été instituée dans les textes, cela constitue de la bid'a (Al-I'tissâm, 1/43) ; et cela constitue de la rahbâniyya (monachisme).

Délaisser nourriture, boisson et relations intimes constitue le jeûne (siyâm) : cela a été institué depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil. Il est un mois de l'année où jeûner est obligatoire (il s'agit du mois de ramadan) ; cinq jours de l'année où jeûner est interdit ; quelques jours spécifiques où jeûner est recommandé ; le reste du temps cela est surérogatoire (nafl). Le Prophète a défendu de joindre ensemble deux jeûnes sans manger et boire la nuit (il y a divergence quant à savoir si cette interdiction est ta'abbudî ou bien si elle est ma'qûl ul-ma'nâ) ; et il a déconseillé de pratiquer le jeûne surérogatoire pendant trop de jours, au point de s'en retrouver affaibli physiquement.
Se retirer dans un lieu par 'ibâda, cela constitue la retraite spirituelle (i'tikâf) : cela est institué – d'après l'avis de bien des ulémas – dans toute mosquée de la terre. Il est une période de l'année où cela est fortement recommandé (les dix derniers jours du mois de ramadan) ; le reste du temps cela est surérogatoire. Cependant, il n'est pas autorisé de faire tellement de retraites spirituelles que cela nuirait de façon conséquente à la vie familiale, professionnelle ou sociale.

Par contre – et sachant que la possibilité de faire le vœu (nadhr) de quelque chose, cela n'est possible que par rapport à une action de 'ibâda –, il n'existe pas en islam :
– de vœu (nadhr) de pauvreté (c'est-à-dire le fait de ne pas acquérir de biens matériels ou de se débarrasser de tout bien matériel par 'ibâda, par "sacrifice du confort pour Dieu") ;
– ni de vœu d'érémitisme (le fait de parcourir le monde et de ne pas posséder un toit par 'ibâda, par "sacrifice pour Dieu") ;
– ni de vœu de célibat (le fait de ne pas se marier par 'ibâda, par "don de soi à Dieu") .
Tout cela relève du monachisme, ou rahbâniyya.

– B.3) C'est par maslaha que quelqu'un délaisse (tark) quelque chose de dunyawî qui est halal :

Ash-Shâtibî a évoqué cela (Al-I'tissâm, 1/44 : "li amrin"). Pour comprendre la différence entre "faire quelque chose par ta'abbud" et "faire quelque chose par maslaha", lire notre article exposant cela.

Toute la question est alors de savoir :
– d'une part quel statut les sources ont conféré au principe (maslaha) pour la réalisation duquel on délaisse cette chose : s'agit-il de quelque chose qui est reconnu par les sources ("li amrin yu'tabaru mithluhû shar'an" – Al-I'tissâm, 1/42 – "li 'âridhin shar'iyyin yash'had ud-dalîlu b-i'tibârihî" – 1/342) ou qui n'est pas reconnu par ces sources ?
– d'autre part quel statut les sources ont conféré à cette chose dunyawî halal : l'ont-elle déclarée "obligatoire", "recommandée" ou "purement autorisée" ("mubâh") ?

Selon ces deux critères, nous avons, à l'intérieur de ce cas B.3, plusieurs cas de figures…

--- B.3.1) … cette chose dunyawî halal est en soi "obligatoire", "recommandée" ou "surérogatoire" :

----- B.3.1.1) … et la maslaha est de se préserver de tomber dans une action "interdite" ou "déconseillée", car c'est ce à quoi cette action qui est "obligatoire" ou "recommandée" mène (dharî'a) sa personne précisément (on le sait par expérience) :

Il s'agit alors de faire une évaluation (muwâzana) (Al-I'tissâm, 1/338) : il s'agit d'une part de vérifier le degré de probabilité d'entraînement de la mauvaise action par la bonne ; et il s'agit d'autre part de comparer la maslaha de l'action requise et la mafsada de l'action mauvaise que cela va entraîner. C'est seulement s'il est certain (yaqînî) que la bonne action va entraîner la mauvaise et que la mafsada de cette mauvaise action dépasse la maslaha de la bonne qu'il devient exceptionnellement autorisé de momentanément ne pas pratiquer cette bonne action.

----- B.3.1.2) … et la maslaha est de pouvoir pratiquer davantage d'actions de ibâdât ou de khidmat ud-dîn, car s'adonner à cette chose halal qui est "obligatoire" ou "recommandée" absorbe du temps et de l'énergie :

Délaisser une chose qui revêt le caractère "obligatoire" ou "recommandé", cela est, en soi, respectivement interdit et déconseillé. On ne peut donc délaisser quelque chose de ce genre uniquement pour pratiquer davantage ce qui n'est que surérogatoire (nafl).

Ainsi, certains Compagnons voulaient-ils rester célibataire pour pouvoir s'adonner à davantage d'actions purement cultuelles ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") ; un verset coranique fut révélé sur le sujet, les en dissuadant ; par ailleurs, le Prophète affirma que ce n'était pas là la voie qu'il enseignait ("sunna") (nous verrons les récits en détail plus bas, en E). Se marier est recommandé au niveau individuel (mandûb juz'iyyan), afin qu'on tende soi-même à un équilibre, et qu'on mette davantage de chances de son côté pour éviter de tomber dans le péché. Délaisser cela pour pouvoir s'adonner à davantage d'actions cultuelles surérogatoires (nafl) n'est donc pas possible. Par ailleurs, le mariage est obligatoire au niveau global (wâjib kulliyyan), afin que l'espèce humaine perdure, que les enfants aient des parents qui s'occupent d'eux et les éduquent, et que la société soit stabilisée par le biais de cette institution qu'est la famille.

--- B.3.2) … cette chose dunyawî halal est en soi "purement autorisée ("mubâh") :

----- B.3.2.1) … et la maslaha est de se préserver de tomber dans une action "interdite" ou "déconseillée", car c'est ce à quoi cette action qui est "purement autorisée" mène (dharî'a) sa personne précisément (on le sait par expérience) :

Il s'agit là d'une maslaha reconnue. Et délaisser cette chose est bien, voire nécessaire.

----- B.3.2.2) ... et la maslaha est de pouvoir pratiquer davantage d'actions de ibâdât ou de khidmat ud-dîn, car s'adonner à cette chose halal qui est "purement autorisée" absorbe du temps et de l'énergie :

Deux sous-cas se présentent ici, selon le besoin que l'on a de cette chose dunyawî…

------- B.3.2.2.1) … cette chose mubâh est une dharî'a vers ce qui est "obligatoire" ou "recommandé" dans les textes, ou est "mu'în" pour ce qui est obligatoire ou recommandé :

Délaisser cette chose "mubâh" n'est alors pas un bien ; ensuite :
– si son caractère de dhar'îa est de niveau certain (yaqînî) et que l'action dont elle est la dharî'a est de niveau "obligatoire", alors délaisser cette chose est interdit ;
– dans les autres cas, la délaisser peut être d'un niveau moins grave, mais n'est toujours pas un bien.

C'est ce qui explique que le Prophète ait déconseillé à Abdullâh ibn 'Amr ibn il-'Âs de continuer à faire ce qu'il faisait : prier toute la nuit et jeûner chaque jour.
Abdullâh ressentait alors avoir suffisamment de force physique pour faire ce qu'il faisait ; dormir lui était alors purement autorisé (mubâh juz'iyyan), puisqu'il pouvait s'en passer sans que sa santé physique en pâtisse ; de même, passer une journée en mangeant et buvant aux heures voulues, cela était également pour lui purement autorisé (mubâh juz'iyyan), puisqu'il pouvait s'en passer sans que sa santé physique en pâtisse. Il s'en privait donc pour prier et pour jeûner, deux actions de 'ibâdât qui sont instituées de façon surérogatoire (nafl) quand on le peut (en dehors des horaires et des jours interdits pour cela).
Cependant, il est établi qu'une pareille privation cause du tort sur le long terme à la santé physique. Au niveau global (kulliyyan) dormir est donc nécessaire. Le Prophète lui a donc déconseillé de faire comme il faisait (les hadîths sont bien connus sur le sujet : cf. Riyâdh us-sâlihîn, n° 150) (cf. aussi MF 22/301-302).

Un cas voisin : la chose halal est purement autorisée à un niveau élémentaire, mais est recommandée, voire obligatoire à un niveau global ; et on sait par expérience que si on délaisse cette chose qui est mubâh juz'iyyan pendant plusieurs jours de suite, on tombe dans un problème plus grand. Cette séquence de temps est alors, pour soi, déjà un niveau global. Ainsi, ce n'est pas un bien que de délaisser une chose halal pour s'adonner à quelque chose qui n'est que surérogatoire (nafl) quand on sait par expérience que ce délaissement va nous entraîner dans quelque chose d'interdit. Ainsi, tout en dormant une partie suffisante de la nuit, il est bien d'en consacrer une partie à la prière de nuit (qiyâm ul-layl), qui est surérogatoire (nafl) ou recommandée (mustahabb) ; seulement, si quelqu'un sait que s'il fait ainsi plusieurs nuits de suite et n'a donc plus de temps pour avoir des relations intimes avec son épouse, il a ensuite d'énormes difficultés à maîtriser son regard la journée, il devrait libérer du temps au moins une nuit de temps à autre pour le consacrer aux relations intimes, même s'il doit pour cela délaisser alors la prière de nuit (qiyâm ul-layl) (Al-Muwâfaqât 1/449). On ne doit donc pas pratiquer ce qui n'est que surérogatoire dans une telle mesure que cela nous occupe au point qu'on ne puisse plus faire des actions dunyawî qui nous sont indispensables pour nous préserver de ce qui est interdit.

------- B.3.2.2.2) … cette chose mubâh ne constitue ni une dharî'a ni un mu'în pour ce qui est recommandé mais relève au contraire du superflu (fudhûl) pour soi :

Délaisser des choses dunyawî de ce type, avec cette intention, est un bien. Le fait est que, si sans tomber dans l'injustice envers son corps ou sa famille, un musulman renonce à ce qui constitue un certain confort matériel, ce dont il peut se passer (fudhûl ul-halâl), avec l'intention de pouvoir bénéficier de davantage de richesses dans le paradis, et ce par le fait de pouvoir se libérer pour des actions de 'ibâdât ou de khidmat ud-dîn plus abondantes, ou pour laisser cela pour les autres humains (ithâr), cela est possible (mashrû'). C'est ce qui explique la réponse du Prophète à Omar ibn ul-Khattâb, que nous avons vue en début d'article : "N'es-tu pas satisfait que nous ayons l'au-delà et eux ce monde ?" / "Ce sont là des gens dont leurs bonnes choses (tayyibât) leur ont été données immédiatement, dans cette vie terrestre" (Muslim 1479, etc.). Cela ne veut pas dire que si un musulman fait sciemment des efforts pour chercher à obtenir une certaine aisance matérielle dans ce monde, il n'aura rien dans l'au-delà. Cela veut dire que le Prophète voulait se contenter de ce qu'il pouvait avoir facilement ici-bas (et ne pas se préoccuper d'obtenir plus que cela, de ce qui n'est pas en soi recommandé mais est superflu, min fudhûl il-halâl) pour avoir plus là-bas, et ce par le fait de pouvoir libérer de l'énergie et du temps et de consacrer alors ceux-ci à des actions dînî (lire notre article).

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C) Synthèse :

Le verset "O vous qui avez apporté foi, ne (vous) interdisez pas les choses bonnes (tayyibât) que Dieu a rendues licites pour vous. Et ne transgressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui transgressent" (5/87) concerne tous les cas de figure qui ne sont pas un bien (nous les avons évoqués plus haut) ; il concerne ces différents cas à des niveaux différents, certes, puisque "s'interdire" peut désigner plusieurs choses différentes, comme l'a montré ash-Shâtibî (nous en avons cité quelques-unes plus haut) : tantôt cela constitue du kufr akbar, tantôt du dhalâl ; parfois cela est fortement déconseillé, d'autres fois déconseillé. Cependant, aucun de ces cas ne constitue une chose "bien".

Quant au propos du Prophète disant à Omar de préférer s'abstenir de certaines choses matérielles ici-bas pour avoir davantage dans l'au-delà, sans chercher à s'aligner sur des personnes qui n'ont pas la foi et à qui leurs choses bonnes (tayyibât) leur sont données dans ce bas-monde, il concerne ce qui relève du surplus (fudhûl ul-halâl) (soit le cas B.3.2.2.2).

Constitue du "surplus" (fudhûl), parmi les choses dunyawî licites (halâl), ce qui :
– pour soi n'est pas quelque chose de niveau hâjî mais seulement de niveau tahsînî (dans le cas de l'argent, de l'immobilier ou du mobilier de maison) ;
– est tahsînî d'un degré très poussé (dans le cas des vêtements) (lire notre article consacré à ce point).

Qu'est-ce qui relève des dharûriyyât, cela est universel.

Par contre, qu'est-ce qui relève des hâjiyyât, cela peut varier, quant à certains repères, d'un individu à l'autre : ainsi, dans le cas de la nourriture, une personne a besoin de tant de nourriture pour être en bonne santé, et cela relève pour elle de ce qui est hâjî, alors que pour une autre personne la même quantité et la même qualité de nourriture relève de ce qui n'est que tahsînî.

De même, la frontière entre ce qui est tahsînî et ce qui constitue du gaspillage (isrâf) peut varier d'un individu à l'autre : pour telle personne, telle quantité et telle qualité de nourriture relève du tahsîn – qu'il est autorisé de chercher à acquérir et dont il est autorisé de profiter, même s'il est mieux de s'en abstenir, par zuhd – alors que pour telle autre cela relève du gaspillage (isrâf) (cf. Al-Muwâfaqât 1/106).

Par ailleurs, ce n'est pas le seul fait d'avoir délaissé certaines possibilités ici-bas qui apportera davantage dans l'au-delà là-bas. Le fait est que l'islam n'enseigne pas que posséder ou profiter des tahsîniyyât dunyawiyya serait chose mauvaise en soi (fî nafsihî) ; que délaisser ces choses soit institué (zuhd mashrû'), cela est dû à des raisons extérieures (li ghayrihî) :
– le fait d'acquérir (kasb) ces tahsîniyyât consomme un temps et une énergie que l'on pourrait consacrer à autre chose, plus important dans l'existence de l'homme ; et même si on n'a pas eu à faire d'effort pour les acquérir, le fait de se consacrer (mubâshara) à ces tahsîniyyât consomme un temps et une énergie que l'on pourrait consacrer à des actions dînî ('ibâdât ou khidmat ud-dîn) ; or il est dit : "Ce qui est peu et suffit (kafâ) est mieux que ce qui est abondant et occupe (al'hâ)" (Mishkât 5218) ; "ce qui suffit" désigne les dharûriyyât et les hâjiyyât ; "ce qui est abondant" désigne les tahsîniyyât ;
– par le fait de délaisser ce qui, pour lui, relève non pas des hâjiyyât mais des tahsîniyyât, le croyant peut libérer ces choses pour autrui (îthâr) (MF 22/138) ; ainsi, si la majorité des individus constituant toute une société se mettent à être satisfaits de ce qui leur suffit réellement (kafâf) et de laisser de bon cœur pour autrui le reste qui est disponible, chacun aura plus de chances de trouver de quoi lui suffire que par rapport à une société où la majorité des individus sont formés de telle sorte qu'ils en veulent toujours plus, quitte à déposséder son voisin ;
– certaines tahsîniyyât produisent sur certaines personnes un certain effet nocif (même si cet effet nocif n'est pas d'un niveau grave, ou même si l'effet est d'un niveau assez grave mais, n'étant pas généralisé à toute personne ou bien n'étant pas systématique pour cette personne, il n'y a pas de règle juz'î sur le sujet : cela est laissé à l'appréciation de chaque personne). Ainsi, Aïcha ayant installé un rideau sur lequel se trouvaient certains dessins ; un jour, le Prophète lui dit : "Détourne-le. Car chaque fois que j'entre et le vois alors, je pense au dunyâ" (Muslim 2107). Il n'est pas interdit d'avoir un tel rideau chez soi ; mais le Prophète, constatant que cela l'amenait à penser au dunyâ, préféra de ne pas le laisser chez lui. Dans une autre version, il est dit que Aïcha avait installé un petit rideau léger, doté d'images, dans un coin de son appartement ; et qu'un jour le Prophète lui demanda d'enlever ce rideau, car "ses images ne cessaient" d'attirer son attention "pendant qu'il accomplissait la prière" (surérogatoire chez lui) (al-Bukhârî 367). De même, Abû Jahm avait offert au Prophète un manteau sur lequel se trouvait des dessins (FB 1/626) ; après avoir accompli une prière vêtu de ce manteau, il dit : "Emportez ce manteau auprès de Abû Jahm, et ramenez-moi de la part de Abû Jahm un manteau simple (anbijâniyya). Celui-ci a détourné mon attention pendant ma prière" (al-Bukhârî 366, Muslim 356), ou bien il a dit : "Je crains que celui-ci détourne mon attention pendant ma prière" (FB 1/626).

Des exemples avec des Compagnons ou d'autres personnages sont visibles, avec la règle, in Al-Muwâfaqât 1/104 ;
– le fait de prendre l'habitude (i'tiyâd) de ces tahsîniyyât ramollit le corps et fait perdre l'habitude de la frugalité. Or garder l'habitude de la simplicité et de la frugalité est une règle d'ordre général enseignée par le Prophète : il avait dit à Mu'âdh en l'envoyant au Yémen : "Préserve toi du luxe ; car les serviteurs de Dieu ne sont pas ceux qui sont dans le luxe" (Ahmad 21089, 21102) ; il a également dit : "N'entendez-vous pas ? N'entendez-vous pas ? La simplicité (al-badhâdha) fait partie de la foi ! La simplicité fait partie de la foi !" (Abû Dâoûd, 4161). Alors qu'il était calife, Omar ibn ul-Khattâb écrivit à d'autres Compagnons se trouvant en Azerbaïdjan pour leur dire entre autres de ne pas se laisser ramollir : "Portez le pagne, la houppelande et les sandales ; délaissez les chaussettes en cuir et les pantalons : choisissez les vêtements de votre ancêtre Ismaël. Préservez-vous du luxe et de la tenue vestimentaire des non-arabes. Restez au soleil, c'est le hammam des Arabes. Gardez la culture de Ma'add [ancêtre des Quraysh]. Endurcissez-vous. Soyez prêts. Coupez les étriers [= montez à cheval sans étriers] et sautez à cheval. Entraînez-vous au tir à l'arc en visant des cibles" (Musnadu Abî 'Awâna, voir Al-Furûssiya, Ibn ul-Qayyim, p. 120). Si Omar leur a conseillé de garder ces vêtements et ne pas adopter les vêtements des non-arabes, c'est parce qu'il voulait qu'ils demeurent arabes (cliquez ici et ici pour en savoir plus).

Ibn Taymiyya écrit :
"Si le dunyâ ne détournait pas de la 'ibâda de Dieu et de [la recherche de] l'au-delà, le zuhd par rapport au dunyâ ne serait pas mashrû' ; pratiquer ce (zuhd) et le délaisser seraient alors semblables" (MF 20/147).
"- Ce qui fait l'objet d'éloges dans le Coran et la Sunna, c'est de rechercher l'au-delà.
- Et celui qui (y) fait l'objet de blâme c'est celui qui a délaissé la recherche de l'au-delà et s'en est détourné à cause du fait qu'il recherche le dunyâ.
- Mais l'éloge pour le seul délaissement du dunyâ, cela n'existe pas dans le Livre de Dieu ni dans la Sunna de Son Messager" (MF 20/147-148).

C'est donc uniquement dans la mesure où l'on va pouvoir se consacrer davantage aux actions de 'ibâdât, de khidmat ud-dîn (tamkîn ud-dîn), et où l'on va favoriser son prochain (îthâr) que le fait de délaisser volontairement (tark) les choses dunyawî autorisées mais superflues (fudhûl ul-mubâhât) est action de bien.

Par contre, quand Ibn Taymiyya cite Ibn Mas'ûd, qui disait à ses élèves : "Vous faites davantage de jeûnes et de prières que les Compagnons de Muhammad, et pourtant ils étaient meilleurs que vous. – Pourquoi cela, ô Abû 'Abd ir-Rahmân ? le questionnèrent-ils. – "Parce qu'ils avaient davantage de zuhd par rapport au dunyâ et davantage de raghba pour l'au-delà" (MF 22/303-304), ici il semble s'être agi du terme "zuhd" dans le premier de ses deux sens que l'on a évoqués plus haut : le détachement du cœur par rapport aux choses de ce dunyâ. Et ce détachement du cœur par rapport aux choses du dunyâ – biens matériels, mais aussi reconnaissance sociale, gloire et pouvoir – l'emporte effectivement sur la seule quantité d'actions surérogatoires que l'on peut faire, dans la mesure où cela permet une plus grande sincérité (ikhlâs un-niyya) dans les actions dînî que l'on fait. Même en plus petit nombre, les actions surérogatoires seront alors faites davantage pour Dieu et pour l'obtention de félicités dans l'au-delà, et auront alors davantage de valeur que celles faites en grand nombre mais avec moins de sincérité que celles faites avec l'intention d'obtenir des biens matériels (de toutes façons l'obtention de ces biens ne peut pas constituer la motivation première et principale des actions dînî que l'on fait ; mais même en tant que motivation secondaire, avoir l'intention d'obtenir cela reste moins bien que de ne pas avoir du tout une telle intention : cliquez ici : point D.d.b). Quant à l'obtention de la gloire, la renommée et le pouvoir, il n'est absolument pas autorisé de l'avoir comme motivation, fût-elle secondaire (cliquez ici).

-
D) Un cas concret : s'abstenir de se marier :

– Si le musulman s'abstient volontairement de se marier, alors même qu'il a les moyens financiers pour le faire :

--- S'il s'abstient de se marier par 'ibâda ("don de sa personne à Dieu" / "délaissement du plaisir sexuel, par acte de culte"), alors cela relève de l'innovation (bid'a 'amaliyya haqîqiyya), puisque ayant consisté à inventer une nouvelle forme de 'ibâda (il s'agit du cas B.2 plus haut évoqué). Cela constitue par ailleurs une forme d'imitation (tashabbuh) de non-musulmans dans quelque chose de dînî, puisque le vœu (nadhr) de célibat existe chez eux (nous sommes là dans un cas relevant de la catégorie 3.1.1.1, tel qu'exposé dans notre article traitant de la tashabbuh).

--- Mais qu'en est-il s'il s'abstient de se marier par maslaha ? En fait il faut alors considérer la nature de cette maslaha, comme évoqué plus haut en B.3.

----- Si la maslaha qu'il recherche alors est de se préserver de manquer à ses devoirs vis-à-vis de l'épouse, vu qu'il sait pertinemment qu'il ne sera pas capable de satisfaire les droits de l'épouse, alors c'est une maslaha qui est reconnue et il peut, pour cette raison, ne pas se marier (voir Al-Mughnî 9/139-140 ; Fat'h ul-bârî 9/139-140). Cependant, il doit veiller à ne pas tomber dans la fornication (zinâ).

----- Si par contre la maslaha qu'il recherche est de libérer du temps et de l'énergie pour se consacrer davantage aux actions de 'ibâdât ou de khidmat ud-dîn, alors c'est une maslaha qui n'est pas reconnue en islam. 'Uthmân ibn Maz'ûn voulait ainsi demeurer célibataire et en demanda la permission au Prophète ; mais celui-ci refusa (al-Bukhârî, Muslim, avec Fat'h ul-bârî 9/148 ; ce fut apparemment ensuite qu'il se maria à Khuwayla bint Hakîm). Sa demande était motivée par la volonté de pouvoir se consacrer davantage à la 'ibâda.

– Et qu'en est-il si le musulman désire diminuer en lui le désir sexuel ?

--- Si la maslaha qu'il recherche est d'avoir davantage de spiritualité, et ce parce qu'il croit que ce désir est quelque chose d'animal, de sale, quelque chose dont il a à se débarrasser ou qu'il lui faut diminuer au maximum pour pouvoir vraiment vivre sa spiritualité avec Dieu, alors c'est là une croyance erronée (bid'a), car il n'y a en islam l'idée que la force physique – dans tous ses aspects – serait une mauvaise chose, contraire à la force spirituelle. C'est pourquoi il est relaté que le verset 5/87 s'applique aussi au cas de ce Compagnon venu voir le Prophète pour lui dire qu'il s'abstenait de manger de la viande, car celle-ci entraînait chez lui du désir sexuel (at-Tirmidhî 3054).

--- Si par contre la maslaha qu'il recherche est de diminuer le risque du péché, et ce parce que ce musulman se trouve dans un cas où il n'a réellement pas les possibilités de se marier et qu'il craint de tomber dans le péché, ou qu'il est déjà marié mais qu'il a tant d'énergie sexuelle qu'il est en décalage avec son épouse (ou avec ses épouses, là où il lui est possible de pratiquer la polyginie), alors il peut chercher à diminuer le désir sexuel ; pour cela il peut pratiquer le jeûne, comme il peut aussi s'abstenir de manger de la viande.
Ce qui a été évoqué dans le hadîth rapporté par at-Tirmidhî (3054) concerne le musulman qui ne se trouve pas dans ce cas : soit il est déjà marié et peut avoir des relations normales ; soit il n'est pas marié mais a la possibilité de le faire ; soit il veut se débarrasser du désir sexuel, pensant que cela contredit une spiritualité saine : dans tous ces cas c'est un excès que de chercher à diminuer sa vitalité.

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E) La demande de certains Compagnons et le refus formulé par Dieu ou par Son Messager :

– Certains Compagnons avaient eu l'intention de pratiquer le délaissement de plaisirs, par 'ibâda :

Le verset 5/87 s'applique au cas de certains Compagnons, qui "avaient eu l'intention de délaisser le dunyâ [totalement], de délaisser les femmes [c'est-à-dire de ne jamais se marier] et d'adopter une vie d'ascèse ("yatarahhabû")" (Tafsîr ut-Tabarî, commentaire du verset 5/87).

Ce verset s'applique aussi au cas de 'Uthmân ibn Maz'ûn, qui "avait voulu s'interdire [= s'abstenir systématiquement de] le mariage, l'utilisation de parfum et tout ce dont on retire du plaisir (kullu mâ yultadhdhu bihî)" (at-Tabarî, cité dans Fat'h ul-bârî 9/148).

Il s'agissait ici de "délaisser cela par 'ibâda" (soit le cas B.2 évoqué plus haut). Cela relève donc de la rahbâniyya.

Ces Compagnons avaient pensé qu'ils réaliseraient ainsi un plus grand rapprochement avec Dieu ; cependant, on note qu'ils se renseignèrent auprès du Prophète, afin de s'enquérir de la conformité de ce qu'ils pensaient avec la révélation ; le Prophète leur expliqua alors que ce n'était point là sa voie ("sunna") ; cela était donc une innovation ("bid'a 'amaliyya haqîqiyya").

Comme exposé dans un autre article, ce qui cause le plaisir des sens humains est quelque chose de nécessaire à la survie de l'individu ou de l'espèce (cliquez ici). S'en préserver par 'ibâda n'est donc pas institué.

– Certains autres Compagnons voulurent délaisser certaines choses dunyawî non pas dans la perspective où ce délaissement serait lui-même 'ibâda, mais par maslaha : ils voulaient pouvoir se libérer afin de pouvoir pratiquer davantage de 'ibâdât dûment instituées ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") :

Dans la mesure où ces choses dunyawî sont recommandées (mustahabb) ou nécessaires (hâjî) (voir, plus haut, le point B.3 ainsi que ses ramifications), le verset 5/87 s'applique aussi à ce cas.

Ibn ul-Jawzî écrit que certains Compagnons voulurent ainsi se priver de se marier et de manger de la viande, "afin de pouvoir pratiquer davantage de 'ibâda" ("li yatafarraghû li-l-'ibâda") ; la règle présente dans ce verset s'appliqua aussi à eux (Zâd ul-massîr, commentaire de 5/87).

Un autre récit, très connu, expose que quelques Compagnons se rendirent aux appartement d'épouses du Prophète, questionner (celles-ci) au sujet de la 'ibâda que le Prophète faisait [il s'agissait de la 'ibâdatullâh surérogatoire – nâfila – que le Prophète faisait chez lui]. Lorsqu'ils en furent informés, il semble qu'ils l'aient considérée comme étant de petite quantité ; ils ont alors dit : "Quelle est notre statut par rapport à celui du Prophète, lui dont Dieu a pardonné les fautes antérieures et futures !" L'un d'eux dit alors : "Moi je prierai toujours toute la nuit." Un autre dit : "Je jeûnerai tout le temps, ne passant aucune journée sans jeûne." L'autre dit : "Je resterai à l'écart des femmes et ne me marierai jamais." [Ayant été informé de ce que ces trois Compagnons avaient projeté de faire,] le Messager de Dieu se rendit auprès d'eux et leur dit : "Etes-vous ceux qui ont dit ainsi et ainsi ? Par Dieu je suis celui qui a le plus de crainte pour Dieu et le plus de piété envers Lui. Mais (certains jours) je jeûne et (d'autres jours)je ne jeûne pas ; (la nuit) je prie et je dors ; et je me marie avec les femmes. Celui qui dédaigne (raghiba 'an) ma voie (sunna) ne fait pas partie de moi" (al-Bukhârî 4776, Muslim 1401, an-Nassâ'ï 3217, Ahmad). Cette version est celle de al-Bukhârî. Dans une autre version, le propos suivant est relaté de l'un d'eux : "Je prierai et ne dormirai pas" (Ahmad 13045).
Les deux premiers Compagnons avaient décidé de faire cela non pas par 'ibâda mais par maslaha. En effet, il s'agissait pour l'un d'eux de ne plus dormir non pas en percevant le délaissement du plaisir du sommeil comme une 'ibâda (action cultuelle), mais afin de pouvoir consacrer le temps ainsi économisé à la prière, laquelle est, elle, une 'ibâda (li yatafarragha li-l-'ibâda). De même, il s'agissait pour le second de ne plus passer une journée à manger non pas par délaissement de ce plaisir par 'ibâda mais afin d'accomplir chaque jour le jeûne (lequel est une action de 'ibâda qui est en soi instituée, mashrû').
Par contre, le Compagnon qui avait décidé de ne pas se marier, soit cela était par 'ibâda (il voulait s'abstenir d'un plaisir par 'ibâda), et cela relève alors du cas évoqué précédemment ; soit cela était par maslaha (libérer le temps et l'énergie que demandent une épouse et des enfants pour les consacrer à davantage d'actions de 'ibâdât).
Cependant, le Prophète leur montra que ce qu'ils projetaient de faire était excessif, et que ce n'était pas la voie ("sunna") que lui il avait tracée, laquelle était une voie d'équilibre entre les différentes composantes de l'être humain.

Un autre récit encore : Un jour, questionnée par des épouses du Prophète quant à la raison de son laisser-aller au niveau de son apparence, Khuwayla bint Hakîm leur répondit que son mari, 'Uthmân ibn Maz'ûn, la délaissait totalement, passant ses journées à jeûner et ses nuits à prier ; ne se sentant plus désirée, elle se négligeait. Quand le Prophète l'apprit, il dit à 'Uthmân ibn Maz'ûn : "'Uthmân, n'as-tu pas en moi un modèle ? – Qu'est-ce donc, ô Messager de Dieu - mon père et ma mère pour toi - ?" Le Prophète lui dit : "Toi tu pries (toute) la nuit et tu jeûnes (chaque) jour. (Or) ta famille a des droits sur toi, et ton corps a des droits sur toi. Prie donc (une partie de la nuit) et dors (une autre partie). Jeûne (certains jours) et ne jeûne pas (d'autres jours)." Plus tard Khuwayla se rendit auprès des épouses du Prophète : elle était alors comme une nouvelle mariée (rapporté par at-Tabarânî : cité dans Tahrîr ul-mar'a 5/183).
Dans une version voisine, on lit que le Prophète dit à 'Uthmân ibn Maz'ûn : "'Uthmân, (y aurait-il en toi) quelque dédain pour (raghba 'an) ma voie ("sunna") ? – Non, par Dieu, ô Messager de Dieu ! C'est au contraire ta voie ("sunna") que je recherche ! – Eh bien moi je dors (une partie de la nuit) et je prie (une autre partie). Je jeûne (certains jours) et je ne jeûne pas (d'autres jours). Et j'ai commerce avec les femmes. Crains donc Dieu, ô 'Uthmân, car ta famille a des droits sur toi, ton hôte a des droits sur toi, et ta personne a des droits sur toi. Aussi, jeûne (certains jours) et ne jeûne pas (d'autres jours) ; et prie (une partie de la nuit) et dors (une autre partie)" (Ahmad 25104).

 

http://www.maison-islam.com/articles/?p=587

 

 

Chirurgie esthétique et Islam

 

Les spécialistes de la chirurgie esthétique définissent leur action comme une intervention chirurgicale visant à améliorer l’apparence d’une des parties extérieures du corps. Elle peut s’avérer nécessaire ou facultative. L’opération nécessaire ou jugée comme telle est celle devenue indispensable pour réparer un défaut comme une infirmité ou un excès ou une lésion ou une déformation. Une telle opération n’en est pas moins jugée esthétique par rapport à ses résultats.

Les défauts sont de deux sortes : des défauts congénitaux et des défauts accidentels provenant des maladies qui frappent l’homme.

Les premiers sont, par exemple, comme une lèvre inversée ou fendue et l’imbrication des doigts etc. Les seconds sont, par exemple, comme les séquelles de la lèpre et les affections similaires, l’impact des accidents et des brûlures. Point de doute que ces défauts gênent physiquement et moralement. C’est pourquoi il est permis à ceux qui en souffrent de les éradiquer ou les atténuer grâce au recours à la chirurgie. En fait, ces défauts impliquent un préjudice matériel et moral qui justifie qu’on ait un besoin pressant de recourir à la chirurgie. Le besoin ici tient lieu de la nécessité qui fait autoriser ce qui est en principe interdit .Toute intervention chirurgicale inscrite dans le cadre de la chirurgie esthétique et qui repose sur un besoin justifié par la présence d’un préjudice à écarter est autorisée et ne peut pas être considérée comme une modification de la création divine.

Pour mieux distinguer entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, nous allons citer de précieux propos de l’imam an-Nawawi dans le cadre de son commentaire du hadith :

« Qu’Allah maudisse la tatoueuse et celle qui sollicite ses services ; la coiffeuse spécialisée dans l’enlèvement des poils et celle qui sollicite ses services ; la limeuse qui cherche à améliorer la dentition : elles modifient la création d’Allah » (rapporté par Mouslim, 3966).

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit :

« Quant à la tatoueuse, elle est celle qui pratique le tatouage. Celui-ci consiste à planter une aiguille, ou d’autres instruments à l’extérieur de la paume ou au poignet ou à la lèvre ou à d’autres parties du corps de la femme de sorte à faire couler le sang puis à bourrer la plaie avec de la poudre de kohol pour obtenir une coloration verdâtre... Cette pratique est interdite aussi bien à l’auteur qu’à l’objet consentant « Quant à l’enleveuse de poils, elle est celle qui extrait les poils du visage. Celle qui sollicite ses services est sa cliente qui lui demande d’intervenir à son profit. Cette pratique est aussi interdite sauf quand une femme voit pousser des poils sur son menton ou sous son nez. Dans ce cas, il ne lui est pas interdit de les enlever.

« Quant à la limeuse, elle est celle qui lime les dents pour créer de petites brèches entre les incisives. Elle exerce cette opération sur les vieilles et les vieillissantes pour les rajeunir et embellir leur dentition. En effet, ces jolies brèches qui séparent les dents se rencontrent chez les toutes jeunes filles. Quand une femme d’un âge avancé commence à vieillir et éprouve de la nostalgie, elle se fait limer les dents pour se redonner du charme et se fait prendre pour jeune. Cette pratique est interdite aussi bien à l’auteur qu’à celle qui la subit compte tenu des hadith et parce qu’elle constitue une modification de la création du Très Haut, une falsification et une dissimulation.

Quant à l’expression : « Celles qui se font limer les dents pour les embellir » elle signifie : celles mues par des fins esthétiques. C’est une allusion au fait que ce qui est interdit c’est de subir l’opération pour s’embellir. Mais si l’opération visait un but curatif ou de redressement, elle ne représenterait aucun inconvénient. Allah le sait mieux »(An-Nawawi, commentaire sur le Sahih de Mouslim, 13/107).

Il convient de souligner que les chirurgiens esthétiques ne font pas la différence entre le besoin pressant qui représente un danger à écarter et le besoin moins pressant. Leur seule préoccupation réside dans le gain matériel et la satisfaction du client.

Les libertins, les matérialistes et les partisans de la liberté s’imaginent que l’homme est libre de gérer son corps comme il l’entend. Ce qui constitue une aberration car le corps appartient à Allah et Il lui applique le jugement qu’Il veut. Allah le Puissant, le Majestueux nous a informés des voies qu’Iblis s’est engagé àutiliser pour égarer l’humanité. A ce propos, Il dit : « ... et je leur donnerai des ordres et ils s’évertueront certes à modifier la création d’Allah ».

Il existe des opérations esthétiques interdites pour insuffisance de considérations religieusement reconnues comme devant justifier leur autorisation. Dès lors, on les considère comme une manipulation superflue du corps ou une simple recherche de la beauté. On peut citer sous ce chapitre la réduction ou l’augmentation du volume des seins, l’enlèvement des marques de vieillesse telles que les rides et d’autres.

La Chari’a jugé que ces opérations ne sont pas permises car elles ne reposent pas sur des facteurs pouvant les rendre nécessaires ou opportunes. Leur ultime aboutissement est la modification de la création d’Allah et sa manipulation en fonction des caprices humains et des plaisirs charnels. Ceci est interdit et attire la malédiction à son auteur car la pratique réunit les deux choses susmentionnées dans le hadith : la recherche de la beauté et la modification de la création d’Allah.

A quoi s’ajoute le fait que ces opérations impliquent plusieurs aspects de tricherie, de dissimulation et d’injection d’ingrédients extraits d’embryons avortés suivant des méthodes interdites impliquant l’usage d’astuce pour leur obtention frauduleuse ou par l’achat..... Ce qui représente un crime abominable. En outre, il résulte parfois des opérations esthétiques des douleurs perpétuelles, des préjudices et des complications, d’après les spécialistes.(Voir le livre intitulé ahkam al-djiraha par Dr Muhammad Muhammad al-Moukhtar ash-Shinqiti).

Les données proviennent du site www.islam-qa.com 

 

 

 

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