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islam

"Le coup de piston" et la complaisance dans le travail

Favoritisme

véritable phénomène de société, de moins en moins caché , le piston a rarement été autant employé. Il est entré dans les moeurs, et face à la difficulté de notre époque, il se révèle aussi salutaire qu'un bon dossier, un bon diplome ou autre...

Pour trouver un stage , un emploi, une école, un logement, des places de spectacle, Parfois, sans lui , on peut attendre des années avant de trouver ce qu'on cherche.. , il suffit d'un coup de fil pour que ça bouge.

L'islam rejette le favoritisme envers certaines personnes ou certaines nations à cause de leurs richesses, de leur pouvoir , ou de leur race. Allah taala a créé les êtres humains égaux et on ne peut faire de distinction entre eux que sur la base de leur foi et de leur piété...
"Ô hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand-Connaisseur."
[Sourate AL-HUJURAT (LES APPARTEMENTS) - Verset 13]

 

L’être humain doit traiter les gens avec justice et ne pas favoriser un proche ou un ami que ce soitpour lui ou pour son responsable, car le Prophète, qu’Allah prie sur lui et le salut, a dit :

« Je jure par Allah que si Fâtima fille de Muhammad avait volé, je lui aurais coupé la main ! »
Il n’est donc pas permis de favoriser les proches du responsable ou ses amis, que cette faveur soit,comme le dit la personne, importante ou routinière. En effet, toute chose que le gouvernement a mise en place et qui ne contredit pas la loi divine doit être respecté, car Allah dit :
An-nissa_059
« Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux qui détiennent lecommandement. » Les Femmes, v. 59.

L’obtention par intervention d’un diplôme non mérité est interdite. Car elle entraîne plusieurs autres choses prohibées. Celui qui est intervenu en votre faveur est votre complice dans cette pratique interdite. Les choses prohibées consécutives à votre obtention de ce diplôme sont les suivantes :

-La mauvaise intervention à propos de laquelle Allah Très Haut dit : « Quiconque intercède d' une bonne intercession, en aura une part; et quiconque intercède d' une mauvaise intercession en portera une part de responsabilité. Et Allah est Puissant sur toute chose.» (Coran, 4 : 85).

Al-Hafiz ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Toute bonne intervention n’est pas génératrice de récompense (divine). Seule l’est l’intervention qui intéresse un domaine dans lequel il est permis d’intercéder. C’est ce qu’on appelle la bonne intercession. Elle consiste précisément à intercéder dans les domaines où la loi le permit, comme l’indique le verset (4 :85). En somme, remportera une part de récompense tout auteur d’une bonne intervention. Et supportera une part du péché toute personne qui intervient pour faire prévaloir le faux ». Fateh al-Bari, 10/451-452.

-La tricherie consistant à présenter de faux papiers.

D’après Abou Hourayra (P.A.a) le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Le tricheur ne fait pas partie des nôtres ». (rapporté par Mouslim, 102).

-Se targuer d’un titre que l’on ne possède pas réellement. Car l’intéressé prétend avoir obtenu un diplôme. Ce qui n’est pas vrai.

D’après Asma (P.A.a) le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)a dit : « Celui qui se targue (de qualités) qu’il n’a pas est comme quelqu’un qui porte de faux vêtements » (rapporté par al-Boukhari, 4921 et par Mouslim, 2130).

-Tenir de faux propos et faire un faux témoignage

D’après Abou Bakr le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Ne vais-je pas vous apprendre le plus grave des péchés ?

-«Si, ô Messager d’Allah »

-« le fait d’associer quelqu’un à Allah, le mauvais traitement de ses père et mère. A cet instant, il se mit assis après s’être accoudé. Et puis il dit : attention ! Et les faux propos et le faux témoignage » Et il ne cessa de répéter cette phrase jusqu’à ce que nous souhaitâmes qu’il se tût » (rapporté par al-Boukhari, 5631 et Mouslim, 87).

-Mentir au patron et aux gens

D’après Abou Hourayra (P.A.a) le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Les signes (caractéristiques) de l’hypocrite sont au nombre de trois : « un discours mensonger, des promesses non tenues et la trahison en cas de confiance » (rapporté par al-Boukhari, 33 et par Mouslim, 59.

-Usurper la place d’un autre qui a obtenu un vrai diplôme sans intervention. Ce qui est une injustice à l’égard des diplômes non employés.

D’après Abou Dharr (P.A.a) le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) reçut d’Allah Très Haut et Béni les propos que voici : « Mes serviteurs! Je me suis interdit l’injustice et vous l’ai interdite ; ne vous lésez pas les uns les autres » (rapporté par Mouslim, 2577).

 

 

http://islamqa.info/fr/60199

http://www.fatawaislam.com/les-relations-sociales/le-travail/1490-etre-complaisant-dans-le-travail-en-faveur-des-connaissances-du-patron

 

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Chirurgie esthétique et Islam

 

Les spécialistes de la chirurgie esthétique définissent leur action comme une intervention chirurgicale visant à améliorer l’apparence d’une des parties extérieures du corps. Elle peut s’avérer nécessaire ou facultative. L’opération nécessaire ou jugée comme telle est celle devenue indispensable pour réparer un défaut comme une infirmité ou un excès ou une lésion ou une déformation. Une telle opération n’en est pas moins jugée esthétique par rapport à ses résultats.

Les défauts sont de deux sortes : des défauts congénitaux et des défauts accidentels provenant des maladies qui frappent l’homme.

Les premiers sont, par exemple, comme une lèvre inversée ou fendue et l’imbrication des doigts etc. Les seconds sont, par exemple, comme les séquelles de la lèpre et les affections similaires, l’impact des accidents et des brûlures. Point de doute que ces défauts gênent physiquement et moralement. C’est pourquoi il est permis à ceux qui en souffrent de les éradiquer ou les atténuer grâce au recours à la chirurgie. En fait, ces défauts impliquent un préjudice matériel et moral qui justifie qu’on ait un besoin pressant de recourir à la chirurgie. Le besoin ici tient lieu de la nécessité qui fait autoriser ce qui est en principe interdit .Toute intervention chirurgicale inscrite dans le cadre de la chirurgie esthétique et qui repose sur un besoin justifié par la présence d’un préjudice à écarter est autorisée et ne peut pas être considérée comme une modification de la création divine.

Pour mieux distinguer entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, nous allons citer de précieux propos de l’imam an-Nawawi dans le cadre de son commentaire du hadith :

« Qu’Allah maudisse la tatoueuse et celle qui sollicite ses services ; la coiffeuse spécialisée dans l’enlèvement des poils et celle qui sollicite ses services ; la limeuse qui cherche à améliorer la dentition : elles modifient la création d’Allah » (rapporté par Mouslim, 3966).

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit :

« Quant à la tatoueuse, elle est celle qui pratique le tatouage. Celui-ci consiste à planter une aiguille, ou d’autres instruments à l’extérieur de la paume ou au poignet ou à la lèvre ou à d’autres parties du corps de la femme de sorte à faire couler le sang puis à bourrer la plaie avec de la poudre de kohol pour obtenir une coloration verdâtre... Cette pratique est interdite aussi bien à l’auteur qu’à l’objet consentant « Quant à l’enleveuse de poils, elle est celle qui extrait les poils du visage. Celle qui sollicite ses services est sa cliente qui lui demande d’intervenir à son profit. Cette pratique est aussi interdite sauf quand une femme voit pousser des poils sur son menton ou sous son nez. Dans ce cas, il ne lui est pas interdit de les enlever.

« Quant à la limeuse, elle est celle qui lime les dents pour créer de petites brèches entre les incisives. Elle exerce cette opération sur les vieilles et les vieillissantes pour les rajeunir et embellir leur dentition. En effet, ces jolies brèches qui séparent les dents se rencontrent chez les toutes jeunes filles. Quand une femme d’un âge avancé commence à vieillir et éprouve de la nostalgie, elle se fait limer les dents pour se redonner du charme et se fait prendre pour jeune. Cette pratique est interdite aussi bien à l’auteur qu’à celle qui la subit compte tenu des hadith et parce qu’elle constitue une modification de la création du Très Haut, une falsification et une dissimulation.

Quant à l’expression : « Celles qui se font limer les dents pour les embellir » elle signifie : celles mues par des fins esthétiques. C’est une allusion au fait que ce qui est interdit c’est de subir l’opération pour s’embellir. Mais si l’opération visait un but curatif ou de redressement, elle ne représenterait aucun inconvénient. Allah le sait mieux »(An-Nawawi, commentaire sur le Sahih de Mouslim, 13/107).

Il convient de souligner que les chirurgiens esthétiques ne font pas la différence entre le besoin pressant qui représente un danger à écarter et le besoin moins pressant. Leur seule préoccupation réside dans le gain matériel et la satisfaction du client.

Les libertins, les matérialistes et les partisans de la liberté s’imaginent que l’homme est libre de gérer son corps comme il l’entend. Ce qui constitue une aberration car le corps appartient à Allah et Il lui applique le jugement qu’Il veut. Allah le Puissant, le Majestueux nous a informés des voies qu’Iblis s’est engagé àutiliser pour égarer l’humanité. A ce propos, Il dit : « ... et je leur donnerai des ordres et ils s’évertueront certes à modifier la création d’Allah ».

Il existe des opérations esthétiques interdites pour insuffisance de considérations religieusement reconnues comme devant justifier leur autorisation. Dès lors, on les considère comme une manipulation superflue du corps ou une simple recherche de la beauté. On peut citer sous ce chapitre la réduction ou l’augmentation du volume des seins, l’enlèvement des marques de vieillesse telles que les rides et d’autres.

La Chari’a jugé que ces opérations ne sont pas permises car elles ne reposent pas sur des facteurs pouvant les rendre nécessaires ou opportunes. Leur ultime aboutissement est la modification de la création d’Allah et sa manipulation en fonction des caprices humains et des plaisirs charnels. Ceci est interdit et attire la malédiction à son auteur car la pratique réunit les deux choses susmentionnées dans le hadith : la recherche de la beauté et la modification de la création d’Allah.

A quoi s’ajoute le fait que ces opérations impliquent plusieurs aspects de tricherie, de dissimulation et d’injection d’ingrédients extraits d’embryons avortés suivant des méthodes interdites impliquant l’usage d’astuce pour leur obtention frauduleuse ou par l’achat..... Ce qui représente un crime abominable. En outre, il résulte parfois des opérations esthétiques des douleurs perpétuelles, des préjudices et des complications, d’après les spécialistes.(Voir le livre intitulé ahkam al-djiraha par Dr Muhammad Muhammad al-Moukhtar ash-Shinqiti).

Les données proviennent du site www.islam-qa.com 

 

 

 

La sexualité en Islam: amour affection

 

 

L’acte sexuel est une expression d’amour ultime ainsi qu’une rencontre totalement émotionnelle et physique. Dans une expression brève mais belle, le Quran se

rapporte à cette relation entre mari et femme disant :

"Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles" . (2 :187)
L’union sexuelle entre mari et femme est bien plus que le fait de rechercher à satisfaire son désir.

En effet, le prophète (pbsl) nous a enseignés que cela fait partie des oeuvres de bienfaisance en Islam.

Il disait à ses compagnons, énumérant des exemples d’actions charitables :

"Et quand l’un de vous fait l’amour (rapports sexuels) c’est une oeuvre gratifiante".

Ses compagnons surpris et lui demandèrent :

"Comment se fait-il que l’un de nous, tout en répondant au besoin de ses désirs, obtient par ce fait la récompense d’une charité?"

A laquelle le prophète (pbsl) répondit :

"Ne voyez-vous pas que s’il fait la même chose mais dans une situation interdite, ce sera compté contre lui comme un péché ? Et donc s’il le fait légitimement c’est compté pour lui comme une charité". (Mouslim)

 


Afin d’entretenir une relation heureuse et agréable, le mari et la femme devraient acquérir des habitudes d’hygiène et d’esthétique qui les rendent séduisants l’un envers l’autre. Il n’incombe pas seulement à la femme de s’embellir pour son mari, mais c’est un droit réciproque. Il est rapporté que le prophète (pbsl) avait réprimandé un homme qui apparaissait minable et négligé. Il lui conseilla de prendre soin de ses cheveux et de ses vêtements, tout en déclarant que c’était un droit pour sa femme que de paraître de la meilleure des façons pour elle, comme elle pour lui.

Ibn Abbas, un érudit notable du premier siècle islamique, déclara :

"Certainement je tiens beaucoup à me faire beau pour ma femme, de la même manière que j’aime qu’elle se fasse belle pour moi, en accord avec les paroles de Dieu dans le Quran qui sont " :

"Quand à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance”. (2 :228)


Ce n’est pas seulement le devoir d’une femme, mais en vérité, c’est son privilège que de s’embellir à la vue de son mari. Les maris effectuant un voyage devraient annoncer leur retour plutôt que de surprendre leur femme, afin qu’elles aient le temps de s’embellir avant de rencontrer leurs maris.

Chaque fois que la caravane du prophète (pbsl) était de retour à Médine, les voyageurs campaient dans les faubourgs de la ville, envoyaient un messager pour annoncer leur arrivée et rentraient dans leur foyer après un certain délai. Il dit dans une de ses traditions :

"Si vous êtes en voyage, n’entrez pas dans votre maison soudainement pour que les femmes ayant les cheveux en pagaille se coiffent et que les femmes non prévenues s’apprêtent". (les cinq sauf Nissa’i)

Il y a quatorze siècles, l’Islam reconnaissait déjà le droit "à l'orgasme", comme en témoigne les paroles du prophète (pbsl) :

"Si l’un de vous a des rapports avec sa femme, qu’il soit attentionné. S’il atteint son plaisir avant elle, il ne devra pas la presser jusqu’à ce qu’elle atteigne également son plaisir". (Anas)

Les écrits classiques en sexologie ces dernières décennies ont décrit la réponse sexuelle de la physiologie humaine et l’ont classifiée en quatre phases : excitation, du plateau, orgasme et résolution. Idéalement ces phases devraient coïncider entre les deux partenaires, autrement il y aurait une mésentente sexuelle ; il arrive bien souvent que l’homme atteint l’ orgasme pendant que la femme attend toujours ardemment avec un désir enflammé d’atteindre également l’orgasme.

Comme l’orgasme est suivi par la phase de résolution, phase dans laquelle l’organe du mâle devient mou et l’homme entre dans une période réfractaire après que son désir sexuel ait été satisfait à travers l’orgasme, la conclusion de l’acte à cette étape serait injuste envers la femme qui aura été excitée mais non satisfaite, et c’est contre cet incident que le prophète (pbsl) avertissait.

L’homme ne devrait pas juste se retourner et s’en aller ou dormir, laissant sa femme frustrée. L’exercice du coït devrait continuer jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite.

Une méthode efficace pour corriger cette forme de mésentente sexuelle est de consacrer du temps à jouir de leur intimité et de s’aider l’un et l’autre à découvrir son corps en totalité, avant de progresser jusqu’au rapport génital. Les plaisirs du sexe s’étendent eux-mêmes au-dessus d’une partie beaucoup plus vaste que la région génitale, tel que s’embrasser, se cajoler et caresser le corps, spécialement au dessus des zones érogènes du corps de la femme. Ceci, en effet, est une méthode normale et recommandée pour aborder le sexe.



Il s’ajoute à l’élément mécanique du sexe, la dimension émotive d’un amour tendre et d’une affection réciproque, représenté admirablement dans le Quran par :

"Elles sont un vêtement pour vous comme vous l’êtes pour elles".

Cela garantit aussi que lorsque le couple aborde la pénétration génitale, la femme aura été suffisamment éveillée et aura atteint un niveau d’excitation tel qu’elle sera relativement prête pour atteindre son orgasme. Dans le jargon médical moderne ce prélude s’appelle les "préliminaires" mais bien avant que de tels droits de la femme soit rêvés dans le reste du monde, le prophète de l’Islam (pbsl) donna le même conseil se référant poliment aux préliminaires comme le “messager”, dans ses dires :

"Ne laissez pas l’un de vous tomber sur sa femme comme une bête (chameau) tombe. C’est plus approprié d’envoyer “un messager” avant l’exécution de l’acte".

Toujours dans le cadre d’une bonne éthique sexuelle, le couple devrait être sensible aux besoins et limites de chacun, ainsi que de leurs points forts et leurs points faibles. Même une excuse vertueuse telle qu’une participation profonde en adoration n’est pas acceptée si l’homme oublie ou ignore les droits de sa femme. Dans de tels cas, il est du droit de la femme de protester.

L’histoire rapporte qu’une femme se rendit auprès d’Omar ibn al Khattab (deuxième calife, qu’Allah soit satisfait de lui) et lui dit :

“Mon mari jeûne toute la journée et prie toute la nuit, et je suis embarrassée de m’en plaindre dans la mesure où il passe son temps à adorer Dieu ”.

L’homme fut convoqué pour une audience. Le verdict final était de consacrer trois nuits à sa propre adoration et de tenir compte des besoins de sa femme le reste de la semaine.

Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) demanda aussi à sa fille Hafsa combien de temps une femme pouvait tolérer l’absence de son mari ; sur sa réponse, il décréta que les troupes combattantes (soldats) auraient la permission de revenir à la maison tous les six mois.

De même une femme ne devrait pas être indifférente à l’appel de son mari. Voyant que l’homme est plus enclin à un éveil sexuel dû à une variété de stimuli visuels étant donné qu’il se déplace toute la journée, le conseil du prophète (pbsl) était que l’épouse devait toujours répondre à l’appel de son mari :

"Le droit du mari est que lorsqu’il appelle sa femme au sexe, elle ne devrait pas lui refuser". (Tialissi)

Notons que le temps utilisé indique bien qu'il est conseillé à la femme de ne pas refuser à son mari un rapport sexuel si ce dernier à des pulsions importantes. Elle n'est pas obligée si elle n'en a vraiment pas envie ou si elle n'est pas en condition (règles, maladie...). Bien entendu, l'inverse est applicable!

Le prophète (pbsl) conseillait aussi qu’à chaque fois qu’un homme voyait quelque chose suscitant son désir sexuel, devait rentrer dans son foyer et avoir des rapports avec sa femme. Les femmes ont également des pulsions et ce qui est conseillé à l'homme à ce niveau l'est aussi pour la femme! Même si, statistiquement, elle est moins enclin à l'adultère que l'homme (Nous nous devons d'accepter nos faiblesses! Personne n'est à l'abri de l'adultère - qu'ALLAH nous en préserve).

Traduit avec l’aimable autorisation du site www.islamset.com par la soeur Mariam Joannes (qu‘Allah la récompense ).

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Voyage scientifique au cœur de la matière

 

 

Toutes les informations que nous percevons du monde dans lequel nous vivons, sont transmises par nos cinq sens. Ce monde que nous connaissons se compose de ce que nos yeux voient, nos mains touchent, nos nez sentent, nos langues goûtent et nos oreilles entendent. Nous ne pouvons imaginer une seconde que ce monde "extérieur" puisse être différent de ce que nos sens nous permettent de percevoir, puisque depuis notre naissance nous en sommes totalement dépendants.

 
Toutefois, les recherches scientifiques actuelles menées dans de nombreux domaines, présentent une vision totalement différente de cette dernière, ce qui provoque la remise en question du rôle de nos cinq sens et du monde que nous percevons à travers eux. Ce point de vue soutient que la notion de "monde extérieur" n'est qu'une réponse créée dans notre cerveau par des signaux électriques. La couleur rouge d'une pomme, la solidité du bois, votre mère, votre père, votre famille et tout ce que vous possédez - votre maison, votre travail - jusqu'aux lignes de cet article, ne sont en réalité que le résultat d'une combinaison de signaux électriques.

Sur cette image, nous voyons une personne qui semble skier en montagne, alors qu'il n'y a en réalité ni skis, ni neige. Cette illusion est générée artificiellement.
 
Grâce aux progrès technologiques actuels, il est possible de vivre de réelles expériences sans nécessairement avoir recours au monde extérieur ou à la matière. Les progrès incroyables réalisés dans le domaine de la réalité virtuelle en ont fourni des preuves incontestables.
 
Plus simplement, la réalité virtuelle est une technique qui permet la projection d'images de synthèse tridimensionnelles plus vraies que nature, réalisées à l'aide de certains dispositifs et générées par ordinateur. Cette technologie avec ses divers champs d'applications, est connue sous le nom de "réalité virtuelle", de "monde virtuel" ou d'"environnement virtuel". Grâce à l'utilisation de certains appareils élaborés à cet effet, la principale caractéristique de cette technologie est de tromper la personne qui vit cette expérience, en lui faisant croire que sa vision est réelle. Ces dernières années, le terme "immersif" a commencé à être utilisé parallèlement à l'expression "réalité virtuelle", reflet de l'immersion totale des témoins dans cette expérience.
 
Les éléments clés de tout système de réalité virtuelle se basent sur nos cinq sens. Par exemple, lorsque l'utilisateur enfile un gant spécial, les dispositifs situés à l'intérieur de celui-ci envoient des signaux aux extrémités de ses doigts. Lorsque ces signaux sont retransmis et interprétés par le cerveau, l'utilisateur a la sensation de toucher par exemple de la soie, un vase d'ornement, avec tous les détails visibles qui les constituent - alors qu'en fait toutes ces choses n'existent pas dans cet environnement.
 
Une des premières mises en application de la réalité virtuelle s'est faite en médecine. L'université du Michigan a développé une technologie permettant aux praticiens assistants - en particulier le personnel des urgences - d'acquérir la technicité nécessaire à la pratique de leur métier dans un laboratoire virtuel où tout l'environnement d'une salle d'opération a été recréé dans ses moindres détails, grâce à la projection d'images de synthèse sur le sol, sur les murs et le plafond. Cette "image" est parachevée avec la projection d'une table d'opération, le patient à opérer se situant au centre de la pièce. Les chirurgiens en train de mettre leurs lunettes 3D, commencent à opérer "virtuellement". Ainsi, toute personne qui voit ces images à travers ces lunettes 3D n'est plus en mesure de faire la différence entre une réelle salle d'opération et une salle d'opération virtuelle.
 
 
 
 
 
 
 

Vivons-nous dans un univers holographique ?
  
New Scientist est un des magazines scientifiques des plus réputés. Le 27 mars 2002, le scientifique J. R. Minkel signait le principal article intitulé "Un univers vide". Et l'article à la une titrait "Pourquoi vivons-nous tous dans un hologramme". Selon cet article, notre perception du monde se réduit à un simple faisceau de lumière. Ce serait donc une erreur de considérer la matière comme une vérité absolue, en s'appuyant uniquement sur nos perceptions. Tel que l'a admis Minkel dans son article :
Vous tenez un magazine. Il semble solide ; il semble exister de manière autonome dans l'espace. Ainsi que les objets autour de vous - comme la tasse de thé, l'ordinateur. Ils paraissent tous réels, quelque part là-bas. Mais tout cela n'est qu'illusion.
Minkel affirme dans l'article que certains scientifiques nomment cette idée la "théorie du tout", ils considèrent que cette théorie est un premier pas pour expliquer la nature de l'univers. Cet article nous démontre scientifiquement la manière dont nos cerveaux perçoivent l'univers tel une illusion et nous n'interagissons donc pas avec la matière elle-même.
 
Les perceptions perdues des sens, regagnées grâce aux signaux artificiels
 
Dans son numéro du 11 mars 2002, Time magazine publiait un article intitulé "Le corps électrique" révélant ainsi une importante avancée scientifique. Cet article nous apprenait que des scientifiques avaient combiné des microprocesseurs aux systèmes nerveux de malades afin de traiter des lésions permanentes affectant leurs perceptions sensorielles.
 
A l'aide de ces nouveaux systèmes élaborés à cet effet, les chercheurs aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, voulaient permettre aux personnes aveugles de recouvrer la vue et aider les patients paralysés à guérir. Avec ce nouveau procédé, ils avaient déjà obtenu un premier succès relatif en implantant des électrodes dans les zones malades du corps, et des microprocesseurs ont été utilisés pour relier les membres artificiels aux tissus vivants.
 
Suite à un accident, un patient danois, Brian Holgersen, fut victime d'une paralysie totale à partir du cou, à l'exception de quelques mouvements limités des épaules, du bras et de la main droite. Comme on le sait, une telle paralysie est provoquée par des lésions de la moelle épinière dans le cou et le dos. Les nerfs sont alors endommagés ou bloqués, ce qui a pour effet de juguler la circulation neuronale entre le cerveau et les muscles, et de bloquer toutes communications des nerfs qui transmettent les signaux du corps au cerveau et inversement. Pour ce patient, le but était de relier la zone endommagée de sa moelle épinière à un implant, ce qui permettrait aux signaux transmis par le cerveau de restituer très faiblement le mouvement des bras et des jambes.
 
Ils utilisèrent un système conçu pour rétablir les fonctions vitales de la main gauche telles que l'action de saisir, de tenir ou de lâcher un objet. Lors d'une opération, huit petites électrodes souples de la taille d'une pièce de monnaie ont été implantées dans les muscles responsables de ces mouvements situés dans le haut du bras gauche, de l'avant-bras et de l'épaule du patient. Plus tard, des fils ultrafins ont relié ces électrodes à un stimulateur - sorte de pacemaker pour le système nerveux - implanté dans sa poitrine. Le stimulateur était à son tour connecté à un dispositif sensible au positionnement, lui-même relié à l'épaule droite de Brian Holgersen, épaule dont la motricité était réduite.
 
Désormais, lorsque le patient voulait se saisir d'un verre, il bougeait son épaule droite vers le haut. Ce mouvement envoyait un signal électrique, depuis le détecteur de position dissimulé sous ses vêtements vers le stimulateur dans sa poitrine, qui l'amplifiait et le faisait passer le long des muscles appropriés dans son bras et sa main. En réponse, ceux-ci se contractaient et sa main gauche se fermait.
Lorsqu'il voulait reposer le verre, il n'avait plus qu'à bouger son épaule droite vers le bas et sa main gauche s'ouvrait.
 
A Bruxelles, l'université de Louvain a utilisé la même technologie dans le domaine ophtalmologique. Les cellules des bâtonnets et des cônes d'un malade s'étaient détériorées, provoquant l'insensibilité progressive de la rétine à la lumière, ce qui a eu comme conséquence pour la patiente une perte de la vision. Une électrode implantée autour de son nerf optique droit lui a permis de recouvrer partiellement la vue.
 
Dans ce cas précis, l'électrode était reliée à un stimulateur placé à l'intérieur d'une cavité dans le crâne du patient. Une caméra vidéo positionnée sur une calotte, transmettait les images au stimulateur sous forme de signaux radio, évitant ainsi les cellules endommagées des bâtonnets et des cônes, et elle envoyait directement les signaux électriques au nerf optique. Le cortex visuel du cerveau regroupait ces signaux pour en faire une image. L'expérience de la patiente est semblable à celle d'une personne qui regarde un panneau d'affichage miniature dans un stade, mais la qualité est quand même suffisante pour prouver que ce système est viable.
 
Ce procédé est appelé système de "prothèse visuelle basée sur un microsystème" (Microsystem-based Visual Prothesis), appareil implanté en permanence dans la tête du patient. Mais pour faire fonctionner tout cela, le patient doit se rendre à l'université de Louvain dans une pièce spécialement aménagée à cet effet, il doit ensuite porter ce qui pourrait ressembler à un bonnet de bain vétuste. Ce bonnet de bain en plastique ordinaire, est équipé d'une caméra standard disposée sur le front. Plus il y a de pixels pour former une image sur l'écran, plus grande sera le nombre de stimulations électriques ; plus importante sera alors la qualité de l'image en termes de pixels.
 
Le même article relatait également le témoignage intéressant d'un artiste interprète qui s'est servi de la même technologie :
Pendant une représentation en 1998, Stelarc s'est raccordé directement à Internet. Son corps était parsemé d'électrodes - sur ses deltoïdes, ses biceps, ses fléchisseurs, ses jarrets, ses mollets - lesquelles envoyaient de légères impulsions électriques, juste assez pour provoquer une légère contraction musculaire involontaire. Les électrodes étaient connectées à un ordinateur qui était à son tour relié à des ordinateurs via Internet à Paris, Helsinki et Amsterdam. En pressant sur les différentes parties du corps humain qui apparaissait sur l'écran, les participants dans les trois capitales pouvaient alors faire faire à Stelarc ce qu'ils désiraient.

La couverture du magazine New Scientist du 27 avril 2002 titrait "Un univers holographique" et "Pourquoi vivons-nous tous dans un hologramme"
Ces technologies, sous réserve qu'elles puissent être suffisamment miniaturisées et placées à l'intérieur du corps humain, ouvriront radicalement la voie à de nouvelles perspectives dans le domaine médical. Ces progrès démontrent également un autre fait majeur : le monde extérieur est une image dupliquée que nous regardons dans nos esprits…
 
L'article du Time nous a démontré par des exemples concrets, de quelle manière nous pouvions simuler des perceptions telles que la vision ou le toucher créés artificiellement par des impulsions électriques. La preuve la plus irréfutable était qu'une personne aveugle pouvait recouvrer la vue. Malgré le fait que l'œil du patient n'était pas en état de fonctionner, elle pouvait voir grâce à des signaux créés artificiellement.
 
Les mondes virtuels de certains films peuvent-ils être transposés dans le monde réel ?
 
Dans l'article "La vie est pure invention et vous êtes ensuite effacé", publié dans le magazine New Scientist du 27 juillet 2002, Michael Brooks affirmait que nous pourrions bien vivre dans un monde virtuel à l'instar du film Matrix : "Nul besoin d'attendre la sortie de Matrix 2. Vous pourriez bien déjà vivre dans une simulation géante générée par ordinateurs… Bien évidemment, vous pensiez que Matrix est une fiction. Mais c'est uniquement parce que vous en aviez décidé ainsi."

"Le corps électrique", article publié dans le Time magazine du 11 mars 2002, révélait que le monde extérieur est une image dupliquée dans notre esprit.
 
Michael Brooks, l'auteur de cet article, étayait son point de vue en citant le philosophe Nick Bostrom de l'université de Yale qui pense que les films hollywoodiens sont plus proches de la réalité que nous ne le pensons. Il a également estimé qu'il existe une probabilité que nous vivions dans un monde simulé ou virtuel comme certains films le décrivent.
 
Le fait scientifique selon lequel nous n'interagissons pas avec la matière elle-même, beaucoup mieux compris depuis ces dernières années, a suscité chez l'homme une réflexion approfondie. Cette situation, source d'inspiration pour les films, prouve que les environnements virtuels recréent la réalité de manière si convaincante que l'homme peut être dupé par ces images illusoires.
 
Le matérialisme, comme toutes les autres fausses philosophies, a été anéanti
 
La philosophie matérialiste a existé tout au long de l'histoire. Ses adeptes avaient tout misé sur la supposée existence absolue de la matière, dans la négation totale de Dieu, qui les a pourtant créés à partir de rien et qui a également créé pour eux l'univers dans lequel ils vivent. Mais cette preuve évidente ne laisse plus aucune place à la polémique. Ainsi, la matière à partir de laquelle ils avaient fondé leur existence, leurs opinions, leur fierté et leur négation de Dieu, s'est envolée. Mais ironie du sort, c'est à travers leurs propres recherches que les scientifiques matérialistes ont découvert que tout ce qu'ils voyaient n'était pas matière mais en réalité une copie ou une image formée dans le cerveau. Ces recherches ont donc mis un terme aux croyances matérialistes.
 
Le vingt-et-unième siècle constitue un tournant décisif dans l'histoire de l'humanité au cours duquel cette vérité se répandra parmi les peuples, le matérialisme sera définitivement éradiqué de la surface de la terre. Certains, sous l'influence des philosophies matérialistes, pensaient que la matière est un élément absolu, ils sont en train de réaliser que leur personne n'est qu'illusion et que la seule existence absolue c'est Dieu, qui embrasse tout. Cette réalité des faits est ainsi révélée dans le Coran :
 
Dieu atteste, et aussi les anges et les doués de science, qu'il n'y a point de divinité à part Lui, le Mainteneur de la justice. Point de divinité à part Lui, le Puissant, le Sage ! (Coran, 3 : 18)
Par Harun Yahya

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Islam : La Réforme dont nous avons besoin

 

Cela fait des décennies que l’on parle de réforme dans le monde musulman. Les débats sont intenses et les affrontements intellectuels nombreux entre les tenants de « la nécessaire réforme » destinée à libérer l’esprit musulman et ceux qui s’y opposent à « la soi-disant réforme » qui en fait cacherait soit une trahison des principes de l’islam soit une dangereuse occidentalisation. On s’accorde à reconnaître que les musulmans à travers le monde peinent à trouver des réponses adéquates aux défis contemporains, que les crises (religieuse, identitaire, scientifique, politique ou économique) qu’ils traversent sont profondes, qu’un réveil s’impose mais les divergences quant aux moyens à mettre en œuvre et aux finalités de cet engagement sont inextricables.

 

Le concept qui revient le plus souvent dans les débats est celui d’ « ijtihâd » lequel signifie « la lecture critique des textes islamiques de référence » (Coran et tradition prophétique) et qui doit permettre de promouvoir une approche historique et contextualisée du texte révélé en même temps qu’il invite la rationalité humaine à plus de créativité dans l’élaboration de réponses aux problèmes de notre temps.

Le concept est omniprésent dans la littérature musulmane contemporaine et pourtant rien ne semble véritablement évoluer : les crises demeurent, voire s’amplifient, et l’intelligence musulmane paraît en panne dans des domaines aussi essentiels que l’éducation, l’éthique appliquée, les sciences, la démocratisation, le respect des droits fondamentaux dont ceux des femmes, la violence, etc. Quelles sont les raisons de ces blocages, comment inverser cette malheureuse spirale ?

Les savants musulmans (‘ulamâ’) des différentes tendances de l’islam ne sont pas d’accord sur les différentes définitions et interprétations des concepts clefs de la terminologie islamique. Pour les littéralistes et les traditionalistes, la « sharî’a » est un corps de lois qui forment un univers de référence clos et atemporel qui s’oppose à toute adaptation, à toute évolution et à toute lecture prenant en compte l’histoire ou le contexte.

La tradition réformiste, au contraire, a très tôt défini le concept de sharî’a comme « la voie de la fidélité aux principes de l’islam » au cœur de laquelle les domaines du dogme et de la pratique (al-‘aqîda, al-‘ibadât) sont distincts du domaine des affaires sociales et des relations interpersonnelles (al-mu’âmalât) : les prescriptions sont immuables dans les deux premiers alors les textes offrent une large marge de manœuvre à la rationalité humaine, et donc à l’ijtihâd, dans le second.

L’approche réformiste est depuis longtemps très connue et très répandue dans les sociétés et les communautés musulmanes à travers le monde et pourtant rien ne semble avancer. Les appels à l’ijtihâd sont permanents mais les résultats de ce dernier siècle sont peu probants.

L’une des raisons majeures de cet état de fait tient sans doute aux déficits dans les fondements de l’approche réformiste elle-même. On lit et on étudie depuis des décades des productions de ‘ulamâ’ qui travaillent de façon approfondie sur les textes, proposent de nouvelles interprétations et tentent ainsi d’apporter de nouvelles réponses aux nouveaux défis.

 

La contribution de ces savants du droit et de la jurisprudence musulmane ( fuqahâ’ ) est phénoménale et nul ne peut ignorer l’importance de leurs études et apports. Questionnés par le réel, interpellés par la nature des nouveaux défis (scientifiques, sociaux, économiques, etc.), les fuqahâ’ tentent d’offrir des réponses adaptées à leur époque : la nature même de leur travail exclusivement orienté sur les textes les met dans une position de perpétuel suivisme. Le monde avance, ils le suivent.

 

Réformer la lecture et la compréhension des textes consiste donc uniquement pour eux à s’adapter aux nouvelles réalités de l’époque. On pourrait imaginer que cela soit suffisant pour mettre en branle la nécessaire réforme mais force est de constater que cette approche, malgré l’apparence du mouvement et du renouveau, pêche quant à l’efficience des propositions. Ce sont des spécialistes des textes révélés qui discutent et jugent du monde sans avoir toujours une compréhension profonde de la complexité des domaines sur lesquels leur jugement se portent.

Ils s’expriment avec autorité sur les domaines de l’économie, des sciences exactes ou humaines sans maîtriser les savoirs et les savoir-faire nécessaires non seulement à s’adapter au monde mais à le transformer à la lumière des exigences de l’éthique islamique (respect de l’intégrité de la personne, justice sociale, égalité, etc.) Les savants et les penseurs musulmans ne représentent une force de propositions dans aucun de ces domaines.

Ce que cache cette réalité est, dans les faits, une crise d’autorité. Le chaos règne quant à savoir qui parmi les ‘ulamâ’ dit quoi et qui est légitimé à le dire : les avis de ces derniers sont souvent contradictoires et personne ne sait très bien à qui se référer. Au surplus, les ‘ulamâ’ sont jaloux de leur autorité dans les domaines de l’élaboration de la norme et des opinions juridiques (fatwâ) et ils ressentent souvent comme une intrusion dangereuse le questionnement ou la participation des spécialistes des sciences dites « profanes » dans l’élaboration d’une jurisprudence musulmane contemporaine. Sous prétexte que ces derniers ne sont pas des spécialistes du droit islamique, ils n’auraient rien à dire sur la question et seraient dénué de toute autorité en la matière.

La réforme radicale dont nous avons besoin se situe très exactement à ce niveau. Il s’agit de déplacer le centre de gravité du pouvoir et de l’autorité des ‘ulamâ’ au niveau du fondement du droit et de la jurisprudence islamique (usûl al-fiqh). En effet les textes ne sont pas les seules références normatives du droit musulman mais l’univers - le livre du monde selon l’expression d’al-Ghazâlî - est une source qu’il faut placer au même niveau que les textes.

Les savants et experts, spécialistes des sciences expérimentales (physique, biologie, psychologie, médecine, etc.), des sciences exactes ou des sciences humaines (philosophie, sociologie, économie, etc.) doivent pouvoir contribuer à l’élaboration de l’éthique musulmane contemporaine. Maîtrisant mieux les différents domaines de la connaissance contemporaine, ils sont mieux à même d’orienter la réflexion des ‘ulamâ’ et de produire une réforme de transformation par l’éthique plutôt que d’adaptation par la nécessité (comme c’est le cas aujourd’hui).

L’ijtihâd contemporain n’est pas seulement l’affaire des spécialistes des textes. Si nul ne peut contester leurs compétences dans ce domaine, il importe de convoquer à la table de cette lecture critique des textes, des femmes et des hommes versés dans les différentes sphères de l’activité humaine afin qu’ils puissent s’exprimer, proposer de nouvelles visions, de nouvelles orientations de réformes fidèles à l’éthique mais en phase avec les questions et les crises de l’époque.

Il s’agit d’établir des espaces d’un ijtihâd concerté qui, à différents niveaux (des questions globales aux réalités nationales), réconcilient les musulmans ordinaires avec leurs références en leur restituant une parole, une compétence, une autorité. Les chantiers sont immenses : la promotion de l’esprit critique et la réforme de l’éducation islamique et générale ; l’élaboration d’une éthique musulmane en matière de science ; la proposition d’alternatives en matière économique globale autant que locale ; la transformation radicale du statut des femmes dans les sociétés et communautés musulmanes ; la démocratisation, la formation de la société civile autant que la gestion de la violence et du rapport à autrui, etc.

La réforme radicale que nous appelons de nos vœux exige un déplacement du centre de gravité du pouvoir religieux à l’intérieur de l’univers islamique. Elle exige la conscientisation de chacun et établit que la libération des esprits et des consciences ne se fera que par la participation des acteurs directement concernés. Avec les ‘ulamâ’ des textes (an-nusûs) nous avons besoin de ‘ulamâ’ du contexte et de l’environnement (al-wâqi’) qui soient capables de donner, concrétiser un processus de réforme qui offre aux musulmans la possibilité de devenir une force de proposition pour transformer le monde et non seulement pour s’y adapter.

Le rôle de l’Occident et de ses intellectuels est ici majeur : par leurs questions, par leurs critiques constructives, par leur capacité à écouter la multiplicité des voix qui s’expriment parmi les musulmans (et non pas seulement celles qui apparemment leur plaisent), ils peuvent devenir les partenaires de cette révolution de perspectives. Au creuset de cette dynamique, tous les acteurs de ce dialogue critique découvriront qu’ils partagent de nombreuses valeurs universelles communes malgré la différence de route qu’ils empruntent et qu’il est possible non seulement de cheminer ensemble mais de s’engager ensemble à rendre ce monde meilleur. Loin des sirènes qui appelleraient à une modernisation sans principes et sans âme, il s’agit d’établir ensemble les principes éthiques d’une réforme de la résistance et de la transformation du monde au nom de la justice et de la dignité des êtres humains malheureusement oubliés dans le désordre de l’actuel ordre globalisé.

 

Islam : La Réforme Radicale

 
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