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Le miracle de l'éléphant

La stabilité de La Mecque, les voyages commerciaux à destination du Yémen en hiver et de la Syrie en été, ainsi que la situation géographique de la ville, au carrefour des caravanes qui s’y arrêtaient pour se reposer, étaient tout autant de facteurs permettant aux Mecquois de profiter de la profusion de richesses et d’esclaves. Ils vivaient ainsi dans le luxe et l’aisance. Les voyageurs qui passaient par La Mecque pouvaient également jouir des vins, des divertissements et de la débauche qui était proposée dans des lieux spécifiques emplis de belles jeunes femmes. A ceci s’ajoutaient le prestige que procurait la Ka`bah, objet de vénération de la part de l’ensemble des Arabes, ainsi que l’adoration des idoles qui, selon leurs dires, les rapprochaient de Dieu et intercédaient auprès de Lui en leur faveur. C’était cette idolâtrie dont les tenants ne permettaient à aucune autre religion telle que le judaïsme ou le christianisme d’exister à ses côtés. Ces diverses raisons poussèrent les pays voisins à ériger des temples afin d’y attirer les Arabes et les caravanes commerciales. Parmi ceux qui eurent cette idée, il y avait le roi d’Abyssinie. Voulant lui plaire, Abrahah, son gouverneur au Yémen, construisit ainsi dans la province arabo-abyssine qu’il administrait une immense cathédrale qu’il orna et décora. Cependant, cela n’eut pas pour effet de détourner les Arabes de La Mecque et de son Sanctuaire. Abrahah n’eut dès lors d’autre choix que de démolir la Ka`bah. Il mobilisa à cet effet une grande armée, à la tête de laquelle il plaça un énorme et gigantesque éléphant, puis entreprit de marcher sur La Mecque. L’armée établit son camp aux frontières de la cité, et Abrahah envoya quelques cavaliers saisir des moutons et des dromadaires qui paissaient non loin, parmi lesquels cent dromadaires appartenant à `Abd Al-Muttalib. Les habitants de La Mecque se réunirent pour débattre de la position à adopter face à cette catastrophe qui s’abattit sur eux, de manière imprévisible et inattendue. Ils décidèrent alors de prendre les armes et de défendre leur cité, mais ils découvrirent rapidement qu’ils n’avaient nullement les moyens d’affronter l’armée ennemie. Un émissaire d’Abrahah arriva à ce moment pour inviter le chef des Mecquois à une entrevue avec le général de l’armée des envahisseurs. `Abd Al-Muttalib s’en fut alors rencontrer Abrahah qui, admiratif de la force de caractère et de la sagesse que dégageait son invité, l’accueillit avec égards et générosité. Il lui signifia qu’il ne souhaitait pas faire la guerre mais qu’il était venu uniquement pour démolir la Ka`bah. Si les Mecquois le laissaient agir à son gré, il ne leur ferait aucun mal et ne leur prendrait aucun bien. Or voilà que `Abd Al-Muttalib se mit à réclamer la restitution des dromadaires dont avaient pris possession les cavaliers d’Abrahah. Ce dernier lui répondit : « Je suis venu démolir votre Ka`bah que vous vénérez et tu n’as rien d’autre à me dire que de me réclamer tes dromadaires, sans même parler de la Ka`bah ?! – Les dromadaires, rétorqua `Abd Al-Muttalib, ont un maître et je suis ce maître ! Le Sanctuaire a quant à lui son propre Maître qui le protègera. » Abrahah lui rendit alors ses dromadaires et se prépara à entrer dans La Mecque. Lorsqu’il voulut se mettre en marche, l’éléphant se coucha et refusa de marcher. On essaya de le faire avancer en employant tantôt la douceur, tantôt la rudesse, mais rien n’y fit. Quand on l’orienta vers une autre direction, il accepta d’avancer, mais dès qu’on lui fit reprendre la direction de La Mecque, il s’arrêta net. Toutes les tentatives des cornacs échouèrent et l’éléphant dut endurer la violence et le châtiment qu’on lui infligea, cependant qu’il résista et refusa d’avancer. L’endroit où cette scène eut lieu porte depuis le nom de vallée de Muhassir, ou vallée de l’Ereintement, car l’éléphant y fut éreinté. `Abd Al-Muttalib rentra auprès de son clan, et leur demanda de quitter La Mecque pour se rendre sur les flancs des montagnes. Il se dirigea ensuite vers la Ka`bah, saisit les anneaux de la porte et implora Dieu de protéger l’antique Sanctuaire, lieu de pèlerinage des Mecquois qui fut jadis le lieu de pèlerinage d’Abraham et d’Ismaël.

Et le miracle eut lieu. Dieu envoya des volées d’oiseaux qui portaient dans leurs becs et dans leurs pattes des cailloux argileux, qu’ils jetaient sur l’armée d’Abrahah. Tous les soldats sans exception furent touchés. L’armée abyssine fut vaincue tandis que les soldats tentaient de fuir et rebroussaient chemin. Mais ils tombaient les uns après les autres. Le peu qui survécut et qui parvint à rentrer au Yémen put raconter ce qui s’était passé avant de passer à son tour de vie à trépas, comme le reste de l’armée.

L’histoire se répandit aux quatre coins de l’Arabie et des régions voisines, ce qui accrut le prestige de La Mecque auprès de tous. La ville sainte devint par-là même la ville en sécurité par excellence, comme l’avait demandé notre maître Abraham dans la prière qu’il adressa à Dieu alors que La Mecque n’était encore qu’une vallée désertique, dépourvue de cultures ou de bétail.

Les Mecquois eurent ainsi l’assurance de la protection divine à l’endroit de leur ville sainte, ce qui ne fit qu’accroître leur arrogance et leur vanité. Ils se vautrèrent davantage dans le confort et La Mecque s’enferma davantage dans le culte des idoles. Aucune autre religion ne fut tolérée. La Mecque devint indépendante, comme l’étaient toutes les autres tribus arabes. Les Arabes ne pensèrent en effet jamais à se constituer en un Etat ou en une nation unifiée, comme l’étaient les Perses, les Byzantins ou les Abyssins.

P.-S.

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yâsîn Rushdî, Fî Rihâb Al-Mustafâ Al-Mukhtâr, éditions Al-Muwâsâh, téléchargeable en ligne sur le site Mouassa.org.

miracle éléphant

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