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Les Califes et le Système du Califat

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1- Mode d’élection du Calife

Il est important de remarquer qu’aucun des quatre Califes éclairés n’avait tenté de s’imposer contre la volonté du peuple, de même qu’aucun Calife n’avait osé transmettre le pouvoir à son fils avant que l’impudence et l’effronterie eussent conduit Mouawia à transformer le califat en monarchie héréditaire.

S’il est vrai qu’il n’y a pas de règles pour le choix des candidats puisque chaque Calife a fait l’objet d’un choix selon un mode particulier, il n’est pas moins vrai que ce choix doit être sanctionné par l’acte d’allégeance (bai’a) de la communauté. Le Calife tire sa légitimité de ce vote de confiance que les membres de la communauté expriment en sa faveur. De nos jours, la désignation des candidats dans les démocraties relève de la compétence des partis politiques. Ensuite ce choix est soumis au suffrage universel. La désignation du premier Calife dans la Saqifa s’apparente à la méthode des partis politiques modernes. Les émigrés et les Ansars ont joué le rôle de partis politiques. La désignation de Omar par Abu Bakr ne pouvait pas être considéré comme une cooptation dans la mesure où cet acte n’avait pas dispensé le Calife de la condition du vote de la communauté (bai’a). C’était donc une simple proposition entérinée par la communauté.

D’ailleurs, Abu Bakr avait réuni les musulmans dans la mosquée et leur avait dit : Est-ce que vous accepterez celui que je vous propose ? Quant à Omar, il avait désigné pour sa succession un conseil de choix de candidat qui avait retenu la candidature de Uthman ibn Affane. Après l’assassinat de Uthman, un groupe de musulmans avait fait appel à Ali pour occuper cette fonction mais ce dernier exigea que sa désignation se fasse en public et à la majorité. Après le vote d’approbation, le Calife devait prononcer un discours sous forme d’une déclaration de politique générale.

2- La politique des Califes

Avant de voir les Califes à pied d’œuvre sur le terrain de l’action, on peut avoir une idée de leur politique à travers leurs discours d’investiture. L’examen de leurs discours rend compte de leur personnalité, de leur modestie, de leur souci de justice, de leur dévouement pour la cause de Dieu, de leurs préoccupations de bien servir la communauté, de l’intérêt qu’ils portent à la propagation de la parole de Dieu, de leur crainte de commettre des injustices ou de bafouer les droits des gens, de leur piété et de leur mépris de ce bas monde. Ali et Uthman avaient, dans leurs discours, mis l’accent sur l’inanité de la vie ici bas, qu’ils qualifient de demeure provisoire, d’illusion. C’est la vie future qu’il faut prendre en compte. Ali insiste sur le respect des droits des gens. Il met en garde contre l’atteinte à la vie humaine sans raison valable : « le vrai musulman est celui dont les autres n’ont à craindre le mal ni de la langue ni de la main ». « Craignez Dieu pour ce qui est des droits de Ses serviteurs et de Sa terre car vous êtes responsables ». Abu Bakr et Omar avaient axé leurs discours sur la justice, les garanties des droits. Omar annonça que sa sévérité s’abattra sur les injustes, tandis qu’elle sera paix et sécurité pour les justes. L’attribution des fonctions devait répondre, selon le Calife, à quatre critères : le mérite, la compétence, la force du caractère, l’honnêteté.

Il était tellement modeste qu’on ne pouvait le distinguer du plus humble citoyen. On l’a vu plus haut, Abu Bakr disait : « j’ai été choisi comme votre chef, bien que je ne sois pas le meilleur d’entre vous ». Il demanda aux gens de l’aider s’il agit bien et de le corriger dans le cas contraire.

3- Le désordre créé par l’apostasie

Après son élection, Abu Bakr s’est trouvé confronté à un mouvement insurrectionnel conduit par des apostats et des faux prophètes. Ce mouvement naquit au sein des Bédouins dont la conversion à l’Islam n’était qu’un fait de circonstances sans engagement sincère. Le Coran a fait état de ce manque de sincérité et de faiblesse de foi chez les Bédoins avant que cela ne se manifeste dans les faits : « les Bédoins ont dit : « Nous avons la foi » dis : « vous n’avez pas encore la foi. Dites plutôt : nous sommes simplement soumis, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos cœurs » s49 v14.

Certaines tribus pensaient que l’Islam devait prendre fin avec la mort du prophète. D’autres ont trouvé dans la mort du messager de Dieu une occasion pour lui succéder et se réclamer prophètes eux-mêmes. Il s’agit de Toulaiha al-Asdi, Al Asswad al Ansi, Moussailama al Kaddhab (le menteur), Sajah la Tamimite, etc..

D’autres encore ont cessé de payer la Zakât parce que, selon eux, seul le messager de Dieu était habilité à prélever l’aumône conformément au verset qui lui ordonne : « prélève de leurs biens une sadaqa (aumône) par laquelle tu les purifies et les bénis et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux » s9 v103 C’est à lui, dirent les apostats, et non pas à un autre que Dieu à ordonné de prélever cette aumône. Ils avaient considéré la zakât comme un don exclusivement religieux qui a pris fin avec la mort du prophète. Abu Bakr avait compris le danger de ces mouvements tant pour la stabilité de l’Etat que pour la propagation du message. Il était donc légitime de les combattre, ce que le Calife n’a pas tardé à faire avec un génie tel qu’il remporta, sans beaucoup de perte, une victoire éclatante.

4- L’administration

L’administration fonctionnait à merveille sous les Califes. Le vaste territoire de l’Etat islamique était divisé en provinces administrées par des gouverneurs. Ces derniers étaient soumis à un contrôle rigoureux qui s’exerçait sur leur manière d’administrer et de diriger la chose publique. Outre ce contrôle, Omar avait fixé à tous ses gouverneurs une réunion annuelle qui se déroule pendant le rassemblement du pèlerinage. Au cours de cette rencontre, les gouverneurs devaient rendre compte au Calife de l’état de leurs provinces. A cette occasion, le Calife tranchait également les litiges entre les gouverneurs et les administrés, individus et groupes victimes d’abus d’autorité ou de violations de droits. Les gouverneurs redoutaient beaucoup cette rencontre qui pouvait revêtir la forme d’un tribunal populaire. De ce fait, ils s’efforçaient de s’acquitter convenablement de leurs missions afin d’éviter l’humiliation de la sanction au cours de cette rencontre publique. Même en dehors de cette rencontre, les Califes, en particulier Omar ibn Khattab, convoquait le gouverneur chaque fois qu’il fût l’objet d’une plainte. Le contrôle ne se limitait pas à la seule probité du gouverneur, il s’étendait également à sa fortune. Lorsqu’un gouverneur manifeste un signe extérieur de richesse sans rapport avec sa rémunération et ses biens privés, le Calife ordonnait qu’une partie de ses biens soit versée au trésor public. Il a ainsi fait confisquer une partie des biens de Amr ibn al Ass quand il était gouverneur d’Egypte. De même qu’il a ordonné à Saâd ibn Abi Waqqas de verser au trésor de l’Etat la moitié de sa fortune personnelle. On raconte qu’un Copte avait gagné dans une course de chevaux contre le fils de Amr ibn al Ass. Pris de colère, ce dernier avait fouetté puis emprisonné le Copte, accusé d’avoir offensé le fils des « deux nobles ». Le Copte porta plainte au Calife. Celui-ci fit venir de toute urgence le gouverneur Amr ibn al Ass et son fils. Après s’être assuré de la véracité des faits, il ordonna au Copte de se faire justice lui-même en infligeant au fils des « deux nobles » le même châtiment que celui qu’il avait subi. Puis il lui redonna le fouet pour qu’il fasse de même avec le père, ce que le Copte refusa estimant qu’il avait obtenu satisfaction. C’est à cette occasion que le Calife prononça sa fameuse phrase : « Depuis quand vous arrogez-vous le droit d’asservir les gens, alors que leurs mères les avaient mis au monde libres ? » Dans une lettre adressée à Abu Mussa al Achari, gouverneur de Basra, le Calife Omar lui dit : «  ô Abu Mussa, tu es un homme comme les autres, sauf qu’Allah a fait de toi le plus chargé parmi eux. Celui qui a la charge des musulmans a le même devoir que celui d’un esclave envers son maître ». Il posa un jour cette question à une assemblée : « Que dites-vous si l’Emir des croyants (le Calife) surprend une femme en plein pêché » ? Ali lui répondit : « Qu’il présente quatre témoins, à défaut, il sera fouetté pour diffamation, à l’instar de n’importe quel musulman »

5- La Justice

L’islam considère la justice comme l’équilibre du monde et le fondement des civilisations humaines. La justice était l’une des préoccupations essentielles des Califes éclairés. Le Calife était soumis comme n’importe quel individu à la sentence du juge et tout citoyen pouvait porter plainte contre lui. En Islam, la justice est une émanation de la loi divine et elle ne saurait exister en dehors de l’application de cette loi (la Chari’a). Sous les quatre Califes, la justice était totalement indépendante de l’exécutif, c’est-à-dire du pouvoir politique. En aucun cas le chef de l’Etat, encore moins le ministre ou le gouverneur, ne pouvait s’immiscer dans les affaires du juge, sauf en cas de défaillance ou de partialité de celui-ci. La magistrature était libre des contraintes et des pressions du pouvoir politique. Elle était en quelque sorte le recours des faibles et des opprimés contre les exactions et les abus des particuliers et de l’administration. Le prophète a dit : « sur trois juges, deux iront en Enfer et un seul ira au Paradis ». On rapporte que le Calife Omar, voulant acheter un cheval à un particulier, avait pris ledit cheval et l’avait utilisé pour transporter des objets avant de payer le prix. Le cheval s’étant foulé la patte, le propriétaire se disputa avec Omar et demanda réparation. Omar lui demanda de choisir un homme qui trancherait le litige entre eux. L’homme choisit Chouraih al’Iraqi. Lorsqu’il prit connaissance du litige, Chouraih imputa la responsabilité à Omar, étant donné qu’il avait pris le cheval en bonne santé et qu’il en était responsable jusqu’à ce qu’il le rende sain et sauf à son propriétaire. La justesse du jugement de Chouraih plut au Calife Omar, qui le nomma juge à Koufa.


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