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Le Coran et la politique : question d'interprétation


Le Coran fournit-il une doctrine politique, une "loi" d'origine divine, ou encore les bases d'un "Etat islamique" ? Il n'est évidemment pas question ici de rentrer dans les détails du livre ni dans ceux des querelles interprétatives, tant les exégèses des livres sacrés monothéistes sont un phénomène complexe, où se superposent poids spatial, temporel, et orientations idéologiques. Cependant, une rapide analyse de certains termes et de leur usage dans leCoran ne peut qu'être intéressante, et n'est pas de la pure analyse sémantique : c'est bien en se penchant sur les textes que l'on peut tenter de comprendre les dérives interprétatives qu'ils provoquent, mais aussi d'enrayer celles-ci... tout en gardant bien-sûr à l'esprit que ce sont les hommes et les idéologies qui manipulent les mots (même divins), et non l'inverse. 

Le Coran, tout comme la Bible, n'offre pas, dans de nombreux domaines, de recommandations ou de réponses claires et univoques. Et cela est particulièrement vrai dans le domaine politico-juridique. Les versets dits "normatifs" (bien qu'ils soient difficiles à quantifier, la différence entre "descriptif" et "prescriptif" n'étant pas clairement établie) sont assez peu nombreux dans le Coran (entre 200 et plus de 600 selon les exégètes, sur plus de 6000 versets). Surtout, ils sont bien difficiles à définir et à interpréter, pour plusieurs raisons propres au livre : 
      - la plupart des versets normatifs datent de la période médinoise (période de "réalisme politique"), alors que la plus grande part du Coran date de la période mecquoise. 
      - le Coran comprend parfois des énoncés contradictoires, et il faut tenir compte de ce que le livre lui-même appelle "l'abrogation" : la plupart des théologiens musulmans ont toujours considéré que lorsque deux énoncés coraniques se contredisent, le dernier en date annule le premier. 
      - le Coran lui-même insiste sur la distinction entre ce qui est "clair" et constitutif de la "matrice" du livre, et ce qui est "équivoque" et générateur de "divisions" au sein du message divin ("il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont la matrice du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses" 3-7 ), sans que soit clairement précisé qui est capable d'interpréter, et ce qui est clair ou équivoque. Chacun peut donc décider de ce qui est clair ou équivoque... mais la plupart des exégètes se sont entendus sur l'idée que les versets dits "normatifs" peuvent être largement considérés comme équivoques (ce qui empêche de fait d'en faire des "normes" intangibles). 

Ces raisons expliquent les divergences interprétatives, selon les points de vue et les idéologies des exégètes, quant à la détermination du statut de l'aspect normatif et politico-juridique du Coran. Il convient donc, à titre d'exemple, de confronter quelques notions traditionnellement politisées par les tenants de l'islam politique à leur emploi dans le Coran. 

Extrait de:Acontresens-contrepoints

http://www.acontresens.com/contrepoints/histoire/25.html

 

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