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Les élus de Dieu

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Il y a ici deux dimensions qui sont distinctes :
– la première est que Dieu élise, choisisse une chose (ikhtiyâr / istifâ') ;
– la seconde est que Dieu accorde une bénédiction à une chose (mubâraka).

Quant au "fait que Dieu accorde une faveur à une chose" ("tafdhîl"), et qui est aussi mentionné dans les textes, cela peut désigner la première ou la seconde de ces deux dimensions : en effet, "le tafdhîl d'une chose par Dieu" est :
– soit la même chose que "le choix de cette chose par Dieu" (ikhtiyâr) ;
– soit la bénédiction que Dieu a accordée à cette chose (mubâraka).

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Dieu dit qu'Il a choisi / élu certaines choses, et notamment certaines personnes précises ou certains groupes précis :

Deux termes peuvent être distingués dans le Coran qui signifient "choix" et "élection" :
– le terme "ikhtiyâr" ;
– et le terme "iSTifâ".
Le premier terme a la même racine que le nom "khayr", qui signifie "le bien", mais aussi : "meilleur".
Quant au second terme, il a la même racine que "safwat ush-shay'", qui veut dire : "le meilleur de quelque chose".

- Dieu dit : "Et Dieu crée ce qu'Il veut et choisit (yakhtâr) [ce qu'Il veut]. Le choix (al-khiyara) ne revient pas à eux" (Coran 28/67).

- Dieu dit aussi : "Dieu choisit (yaSTafî) des messagers parmi les anges, de même que parmi les hommes" (Coran 22/75).

- Dieu dit de Abraham, Isaac et Jacob : "Et auprès de Nous ils font partie des élus (al-muSTafayna), meilleurs (al-akhyâr)" (Coran 38/47). Dieu relate avoir dit au prophète Moïse (sur lui soit la paix) : "Et Je t'ai choisi (ikhtartu-ka). Ecoute attentivement ce qui est révélé" (Coran 20/13). "O Moïse, Je t'ai choisi (iSTafaytu-ka) par rapport aux hommes par [= pour] Mon Message et Ma Parole. Prends donc ce que Je t'ai donné et sois parmi les reconnaissants" (Coran 7/144).

- Dieu dit : "Ces messagers, Nous avons donné plus de faveurs (encore) (fadhdhalnâ) à certains par rapport à d'autres : il en est parmi eux à qui Dieu a parlé [directement] ; et Il a élevé certains en degrés ; et Nous avons donné à Jésus fils de Marie les (signes) évidents et l'avons aidé par l'Esprit de Sainteté [= l'ange Gabriel]" (Coran 2/253). "Et Nous avons donné plus de faveurs (encore) (fadhdhalnâ) à certains prophètes par rapport à d'autres. Et Nous avons donné à David les Psaumes" (Coran 17/55).

- Dieu dit : "Vraiment Dieu a choisi (iSTafâ) Adam, Noé, la famille de Abraham et la famille de Amram par rapport au monde entier" (Coran 3/33).

En effet c'est Adam qui a été choisi et non pas Iblîs, pour être lieutenant de Dieu sur Terre (lire notre article).
C'est Noé qui a été choisi pour être le premier Messager de Dieu sur Terre (lire notre article sur le sujet).
C'est la famille de Abraham – qui lui-même descend de Noé – qui a été choisie pour être Porte-Parole de Dieu parmi les peuples de la terre : la descendance de Abraham par Jacob-Israël fils de Isaac (son second fils), puis sa descendance par Ismaël (son premier fils) (cliquez ici et ici pour lire deux articles sur le sujet).
Quant à la famille de Amram – le père de Marie mère de Jésus –, bien qu'elle soit déjà incluse dans la famille de Abraham, elle est mentionnée de façon renouvelée ici (dhikr ul-khâss ba'd al-âmm) : cette famille de Amram a été choisie afin que ce soit parmi elle que le vraie Messie soit suscité (exactement comme la famille de Kinâna a été choisie pour que ce soit parmi elle que le Dernier prophète soit suscité, nous le verrons plus bas). Dieu relate également par ailleurs : "Et lorsque les anges dirent : "O Marie, Dieu t'a choisie (iSTafâ-ki) et t'a purifiée ; (Il) t'a choisie (iSTafâ-ki) par rapport aux femmes du monde entier" (Coran 3/42). Ce message que ces anges (il se peut qu'il s'agisse de l'ange Gabriel seulement, désigné ici par le pluriel "les anges") sont venus délivrer à Marie évoque le Choix de Marie pour être la mère du Messie. Il se peut aussi que ce message ait constitué la bonne nouvelle, délivrée à Marie, qu'elle était la meilleure femme parmi tous les enfants d'Israël de son époque et également parmi tous les humains de son époque ; ou la meilleure femme parmi tous les enfants d'Israël de tous les temps ; ou même la meilleure femme parmi tous les humains de tous les temps (ce sont là différents avis existant chez des ulémas sur le sujet : Fat'h ul-bârî 6/574 ; il est d'ailleurs possible que Marie ait été prophétesse, nabiyya, mais sans avoir eu de mission, ba'tha, auprès des humains : lire notre article sur le sujet).

- Dieu dit : "Nous sauvâmes les fils d'Israël du châtiment avilissant, de Pharaon – qui était hautain, parmi les outranciers. Et Nous les choisîmes (laqad ikhtarnâ-hum), en connaissance de cause, par rapport aux (autres peuples de) l'humanité (de l'époque)" (44/30-32) (lire notre article sur le sujet).

- Dieu dit, parlant de Muhammad (sur lui soit la paix) : "Il est Celui qui a envoyé chez les ummiyyûn un messager issu d'eux-mêmes, qui leur récite Ses signes, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse – alors qu'auparavant ils étaient dans un égarement évident. Et d'autres parmi eux, qui ne les ont pas encore rejoints. Et Il est le Puissant, le Sage. Cela est la faveur (fadhl) de Dieu, Il la donne à qui Il veut. Et Dieu est Celui qui (donne) la grande faveur" (62/2-4). Et Il dit, s'adressant à la Umma de Muhammad : "Vous êtes la meilleure (khayr) communauté qu'on ait fait surgir pour le hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable et vous croyez en Dieu" (3/110).

- Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a dit : "Dieu a choisi (iSTafâ), parmi les descendants de Ismaël : Kinâna [= Kinâna et sa descendance]. Et Il a choisi, parmi (toute la descendance de) Kinâna : Quraysh [= Fihr ibn Mâlik et sa descendance]. Et Il a choisi, parmi (toute la descendance de) Quraysh : les fils de Hâshim [= la descendance de Hâshim]. Et Il m'a choisi parmi les fils de Hâshim [= toute la descendance de Hâshim]" (Muslim 2276 ; quant à la phrase supplémentaire qui figure au début de ce hadîth tel que rapporté par at-Tirmidhî 3609, elle est shâddh d'après al-Albânî : cf. Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, tome 1 pp. 610-612, p. 933). (cliquez ici, ici et ici pour lire des articles sur le sujet).

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Quand Dieu choisit / élit une personne, est-ce forcément une personne déjà dotée de qualités particulières ?

Il est des personnes dans l'humanité, ou des groupes de personnes dans l'humanité, que Dieu a bénies : "Nous (les) bénîmes lui* et Isaac" (Coran 37/113) (* il s'agit d'Ismaël.) De même, le prophète Muhammad (sur lui et sur tous les prophètes soit la paix) est un être béni de baraka dîniyya et de baraka dunyawiyya (ses Compagnons profitaient également de la bénédiction dunyawî de sa personne : lire notre article sur le sujet).

Ces personnages sont-ils bénis parce qu'ils ont été nommés prophètes ? ou bien ont-ils été nommés prophètes parce qu'ils étaient déjà bénis ?

Les deux aspects sont vrais :

– Dieu les a bénis parce qu'Il les a nommés prophètes (car tous les prophètes sont bénis) ; c'est là l'aspect A (et il semble s'agir en l'occurrence d'un bur'hân limmî (yustadallu bi thubût il-mu'atthir 'alâ thubût il-athar) : yustadallu bi kawnihî nabiyyan 'alâ kawnihî mubârakan ; fa inna-n-nubuwwata hiya-s-sababu fî kawnihî mubârakan) ;

– Dieu les a nommés prophètes parce qu'Il les avait déjà bénis : c'est là l'aspect B (et il semble s'agir d'un bur'hân innî (yustadallu bi thubût il-athar 'alâ thubût il-mu'atthir)). Avant même de leur faire savoir et de faire savoir aux hommes qu'ils sont Ses prophètes, Il leur avait accordé une bénédiction particulière, avec une personnalité hors du commun, des qualités extraordinaires (honnêteté, droiture, véracité, courage, intelligence), un charisme exceptionnel, une éloquence formidable, etc. (avec des faveurs accordées à certains prophètes plus encore qu'à d'autres, comme Il l'a dit dans deux des versets plus haut cités). Cependant, il faut ici ajouter que si Dieu les avait déjà bénis, c'est parce qu'avant cela Il avait déjà prédestiné qu'ils seraient prophètes. C'est donc la fonction de prophète qui entraîne le caractère béni de l'homme (soit l'aspect A), et non l'inverse (l'aspect B est vrai, mais ce n'est pas le caractère béni qui entraîne la nomination au titre de prophète : c'est bien pourquoi il ne s'agit que d'un bur'hân innî).

C'est l'aspect B des choses que Dieu a mis en relief quand il a relaté ainsi ce que certains idolâtres disaient : "Et lorsque leur vient un signe, ils disent : "Nous ne croirons jamais, à moins de recevoir chose semblable à ce que les messagers de Dieu reçoivent !", avant d'y répondre ainsi : "Dieu sait mieux où placer Son Message !" (Coran 6/124). Cette dernière phrase montre que ce n'est pas n'importe quel être humain porteur de n'importe quels qualificatifs que Dieu nomme prophète : Dieu ne nomme prophète qu'un être humain qui possède des qualités exceptionnelles (même si c'est Lui-même qui a conféré à cet humain ces qualités exceptionnelles, et ce justement parce qu'Il voulait le nommer prophète).

Ibn ul-Qayyim écrit : "Les êtres des (choses) que (Dieu) a choisies (ikhtâra) et élues (iSTafâ) – objets, lieux, personnes et autres choses – comportent des qualités que les autres n'ont pas. C'est à cause de ces (qualités) que Dieu a élu ces (choses). Et c'est Lui – Pureté à Lui – qui les a favorisées (fadhdhala-hâ) en leur conférant ces qualités [à cause desquelles, ensuite, Il les a élues]. (...) Ceci est donc Son action de créer (khalq). Et cela est Son choix (ikhtiyâr)" (Zâd ul-ma'âd 1/53).

Ibn 'Abd is-Salâm écrit quant à lui : "Les éléments (jawhar) et les corps (jism) sont tous égaux par rapport à leur être (dhât). La valeur particulière que certains (éléments et corps) ont en comparaison d'autres ne provient que de leurs qualités (sifa) et accidents ('ardh), et de leur relation aux qualités qui sont nobles et aux actions qui sont précieuses." Exposant ensuite 2 grandes catégories de favorisation, la première concernant les choses inertes et la seconde les choses animées, et énumérant 9 sous-catégories de faveurs concernant les choses animées, Ibn 'Abd is-Salâm écrit : "Voilà des vertus dont certaines sont supérieures à d'autres. Celui qui possède le meilleur de ces vertus, celui-là est le meilleur de la création. Et il n'y a pas de doute que connaître Dieu et connaître Ses Attributs, (et bénéficier) du plaisir de Sa Satisfaction et de regarder Sa Face, cela est meilleur que toute autre chose. Le meilleur des anges est celui qui possède le meilleur de ces qualités. Et le meilleur des humains est celui qui possède le meilleur de ces qualités" (Qawâ'ïd ul-ahkâm fî islâh il-anâm, 2/375-376). Il écrit encore : "Il en est de même de toutes les qualités nobles : (Dieu) le Pourvoyeur – Pureté à Lui et Elevé – ne les a pas placées dans qui Il a voulu parmi Ses serviteurs à cause de quelque chose [présent en eux] qui aurait requis et demandé cela. C'est au contraire la [pure] faveur (fahdl) de Dieu, Il la donne à qui Il veut" (1/70).

Chez Ibn ul-Qayyim aussi, bien sûr, c'est finalement la Volonté (mashî'a) de Dieu qui est déterminante : "Ceci est la faveur (fadhl) de Dieu, Il l'accorde à qui Il veut" (Coran 62/4) ; "Et Dieu crée ce qu'Il veut et choisit (yakhtâr) [ce qu'Il veut]. Le choix (al-khiyara) ne revient pas à eux" (Coran 28/67). Cependant, chez Ibn ul-Qayyim, cette décision de Dieu de choisir une chose précise, cela implique qu'en amont Il crée des qualités particulières en cette chose ; qu'Il la bénit.

En d'autres termes, d'après Ibn ul-Qayyim, lorsque Dieu informe les hommes qu'Il a choisi (ikhbâr un-nâss bi-l-ikhtiyâr) telle et telle choses (cela peut-être un être humain, un lieu ou un moment), cela implique :
– primo que Dieu avait – depuis avant – prédestiné (taqdîr) que ces choses seraient choisies : ce choix relève purement de "la faveur (fadhl) de Dieu, qui l'accorde à qui Il veut" ;
– secundo que – suite à cette prédestination, décidée par pure favorisation – Dieu a créé (khalq) en ces choses des qualités particulières (Il les a donc bénies, mubâraka), afin qu'elles soient à la hauteur du Choix qui a été prédestiné à leur sujet ;
– tertio que c'est ensuite seulement que Dieu informe les hommes qu'Il a choisi (ikhbâr un-nâss bi-l-ikhtiyâr) ces choses.

Le premier point est évident : tout Choix de la part de Dieu est bien l'expression de la pure faveur de Dieu : Il accorde Sa faveur à qui Il veut, et Il choisit donc qui Il veut.

Mais c'est le second point que Ibn ul-Qayyim a mis en exergue : ce second point est en fait le corollaire (lâzim) du premier : Dieu choisit qui Il veut, mais quand Il a décidé de choisir quelqu'un, Il crée au préalable des qualités particulières dans cette personne.

Ibn 'Abd is-Salâm a raison quand il dit : "Il en est de même de toutes les qualités nobles : (Dieu) le Pourvoyeur – Pureté à Lui et Elevé – ne les a pas placées dans qui Il a voulu parmi Ses serviteurs à cause de quelque chose [présent en eux] qui aurait requis et demandé cela. C'est au contraire la [pure] faveur (fahdl) de Dieu, Il la donne à qui Il veut" (1/70). Le fait qu'une personne ait acquis telle et telle qualités nobles, cela n'entraîne pas que Dieu élise cette personne.
Cependant, c'est l'inverse qui est vérifié et que Ibn ul-Qayyim a mis en exergue : le fait que Dieu avait prédestiné qu'Il élirait tel serviteur, c'est cela qui a entraîné qu'Il a créé en ce serviteur telle et telle qualités nobles.

En d'autres termes :
– toute personne étant bénie par Dieu (au moment présent) n'est pas forcément élue par Dieu (au même moment) ;
– par contre, toute personne réellement élue par Dieu (au moment présent) est forcément également bénie par Dieu (au même moment) (cependant, il se peut qu'à un même moment dans le temps, une personne non-élue par Dieu dispose d'une part de bénédiction dunyawî plus importante qu'une personne élue par Dieu).

C'est à propos d'une réalité différente de ce qui nous intéresse ici mais néanmoins voisine que des ulémas disent ainsi : "Al-'ibratu bi-l-maqbûliyya, wa layssa bi-l-qâbiliyya".
Ceci signifie que posséder de grandes capacités est utile dans la mesure où la personne qui les possède les utilise dans ce que Dieu aime, Lui étant reconnaissante pour ce qu'Il lui a donné, ces capacités étant ainsi employées de façon à ce que cette personne soit agréée par Dieu. C'est là l'idéal.
Cependant, ce qui compte le plus, c'est d'être agréé par Dieu, et pas de posséder de grandes capacités. Dès lors, entre deux autres personnes encore, dont l'une possède de grandes capacités mais n'a pas fait preuve d'humilité et de reconnaissance à Dieu et a donc fait avec ce que Dieu lui a donnée de capacités ce qui ne la rend pas agréée par Dieu, et l'autre est moins douée mais a fait ce qui l'a rendue agréée par Dieu, c'est la dernière qui a plus de valeur auprès de Dieu.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

http://www.maison-islam.com/articles/?p=638

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