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Les fondements islamiques de l'éducation internationale


TARIQ RAMADAN - Les fondements de l'éducation... par al-azhar-fr

 

La conception islamique de l'éducation internationale s'appuie sur un ensemble de fondements qui se présentent comme suit :

L'unité de la race humaine

L'humanité a une seule et même origine; elle est issue d’Adam. Dieu a dit dans ce sens : “Ô vous les hommes ! craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, puis, de celui-ci, il a créé son épouse et il a fait naître de ce couple un grand nombre d’hommes et de femmes. Craignez Dieu ! -vous vous interrogez à son sujet- et respectez les entrailles qui vous ont portés- Dieu vous observe"(44).

Le sens de cette parole divine, est que l'homme est partout le même et que seul le degré de piété autorise une distinction et une hiérarchisation entre les humains. Cette unité d'origine impose la coopération et la complémentarité entre les hommes. Dieu a dit : "Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre-vous"(45).

La diversité des peuples ne doit pas être source de conflits et de guerres mais plutôt un aiguillon pour l'harmonie et l'entraide sur la base de la piété et de la bonne action.

Il est certain que les climats et les ressources varient et changent comme les hommes : "Parmi ses signes : la création des cieux et de la terre ; la diversité de vos idiomes et de vos couleurs"(46). Mais cette diversité est d'abord un indice de l’omnipotence divine et un facteur qui pousse les hommes à s'entre-aider et à se compléter, car sans la différence il ne peut y avoir de complémentarité.

La figure n°(1) précise que le point de départ c'est la foi, puis viennent dans l'ordre, les rapports sociaux et l'ordre mondial. Ainsi dans un ordre croissant la pureté du coeur, nous mène vers la "paix au sein de la famille" et ensuite “vers la paix de la société” et enfin vers la paix de l'humanité toute entière. Ainsi l'islam considère “l'humanité comme un tout indivisible, la religion comme une religion unique, et les croyants comme une seule communauté et l'islam comme la dernière et ultime forme de cette religion universelle”(47).

Une telle affirmation ne veut nullement dire que les musulmans ont pour mission d'obliger les autres à se converitr par la force à leur religion, "Pas de contrainte en religion ! la voie droite se distingue de l’erreur"(48) dit le Coran. Le musulman a le droit d'inviter les autres peuples à embrasser sa religion mais sans violence ni contrainte.

A partir du principe de l'unité de l’espèce humaine, il devient impératif pour le musulman de s'écarter du dogmatisme, du chauvinisme et du mépris des autres. "Il n’est pas des nôtres quiconque se fait le héraut du chauvinisme ni celui qui combat au nom de l’esprit de clan”, dit le Prophète(49).

Toutefois, ceci n'implique pas qu'il faut éliminer les nationalités et se fondre dans le creuset d’une mondialisation trompeuse. Un jour, on a demandé au Prophète si l'amour des siens relevait du chauvinisme. A ceci le Prophète (que la paix soit sur lui) a répondu : "non, mais le chauvinisme, c’est de prendre le parti des siens même s'ils ont tort"(50).

Dans un autre hadith le Prophète a dit : “Dieu aide l'homme tant que celui ci oeuvre pour le bien de son frère”(51). Ici le mot frère dépasse le cadre de la région et de la religion ; la fraternité est ici une fraternité entre les hommes.

Si l'on tient toujours compte du principe de l'unité de humanité, la fraternité entre les hommes devient un devoir à assumer sans relâche. C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre l'appel de l'islam à bien traiter tous ceux qui ne s'attaquent pas aux musulmans, Dieu a dit à ce propos. "Dieu ne vous interdit pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre foi et qui ne vous ont pas expulsés de vos demeures. Dieu aime ceux qui sont équitables(52). Cette règle de conduite doit prévaloir en tout temps, que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix. Le Prophète nous a donné un bel exemple, pendant la trêve de "Al hudaybiya" conclue entre les musulmans et Qoreich, en envoyant 500 dinars à Abou Sofyane pour les distribuer aux gens de sa tribu en proie à la disette.

Et c'est par respect de ce principe que l'islam a interdit de combattre l'ennemi en le laissant mourir de soif ou de maltraiter les prisonniers de guerre. Ainsi l'islam donne un bon exemple de tolérance et de respect pour les hommes dans le but de gagner leurs amitiés et d’éliminer les racines de la haine.

C’est dans le même esprit que Ali Ibn Abu Taleb, le quatrième Calife éclairé (Rachidoun), a conseillé à Malik Al Achtar, son gouverneur sur l'Egypte, de gouverner avec bonté en ces termes : "remplis ton coeur de mésicorde pour tes sujets, donne-leur bonté et amour, car ils sont soit tes frères en religion, soit tes semblables en humanité”.

L'égalité entre les hommes

L'unité de l'humanité implique dans la pensée islamique l’égalité des humains. Ceci est confirmé à plusieurs reprises par le Prophète (que la paix soit sur lui) qui a dit : "ô gens, votre Dieu est un, votre père est un. Sachez que rien ne donne à un Arabe l’avantage sur un non Arabe, ni à un non Arabe sur un Arabe, ni à un Rouge sur un Noir ni à un Noir sur un Rouge, si ce n’est le mérite de la piété”(53).

La même idée revient dans ce hadith "Je vous exhorte à la crainte révérentielle de Dieu, à la fidélité et à l’obéissance (à votre chef), fût-il un esclave éthiopien”(54). Ainsi si la hiérarchie existe entre les humains elle ne doit pas trouver son fondement dans la couleur ou le sang, mais doit être liée au mérite personnel, à l'effort et à la persévérance. Et si les savants et les ignorants existent, il ne faut pas que celà puisse donner lieu à l'hégémonie du clerc sur les autres. Dans ce sens, Ali a dit : "Il faut d'abord reprocher au savant de ne pas avoir enseigné avant de reprocher à l'ignorant de ne pas être instruit”(55).

Il ressort de ce qui précède que le principe d’égalité entre les hommes est un principe garanti par la charia pour tous les hommes et qu'il ne souffre aucune restriction ou exception.

La raison en est que ce principe s'appuie sur l'unité de l'humanité qui trouve sa source dans le Coran et la Tradition du Prophète.

Quant à la question de la piété qui revient souvent dans les textes religieux, “elle n'a aucune incidence sur l'égalité des hommes sur terre, car l'avantage qu'elle peut donner concerne l'au-delà et non la vie ici-bas ; c'est devant Dieu qu'elle permet de distinguer les hommes les uns des autres”(56).

Ainsi, la seule appartenance au genre humain confère à l'homme le droit à la protection et à la dignité. C’est un droit que nul ne peut nier ou aliéner parce que en islam l’homme est sacré ; il est entouré d’une protection inviolable tant qu’il ne commet pas de crime condamnable. En proclamant la dignité de l’homme, l’islam protège ses ennemis comme ses adeptes et ses alliés. C'est cette dignité conférée par Dieu à l'humanité qui est la base de tous les rapports entres les hommes”(57).

Les manifestations de l’égalité entre les hommes dans cette vie sont nombreuses. Nous en citons quelques-unes dans ce qui suit :

- l'égalité devant la loi indépendamment du rang social, de la profession ou du pouvoir économique et politique des individus ;

- l'égalité des droits et des devoirs ;

- l'égalité dans les chances d'accès aux emplois et aux fonctions et le respect du principe du mérite personnel ;

- l'égalité devant la justice ;

- l'égalité des chances.

Par conséquent, les seules différences "légitimes" sont celles qui sont le fruit d'un savoir ou d'un labeur. Le Prophète a dit : "Celui que son travail retarde, ni son origine ni son sang ne l’avanceront”. Donc les seuls critières qui comptent c'est l'effort personnel et non l'appartenance sociale ou raciale. Par ailleurs, l'égalité entre les musulmans apparaît dans l'esprit et la lettre de plusieurs textes, parmi lesquels nous citons le hadith suivant : D'après Ahmad, Abu Daoud, Nassae et Ibn Majah, le Prophète a dit :

"Les musulmans sont égaux devant le justice. Le plus modeste d'entre eux peut se porter garant des autres ; et ils forment un seul bloc contre leurs ennemis”(58).

En définitive, il est établi qu'en islam, l'égalité constitue un principe général qui "consacre la dignité des hommes, et qui s'applique aux droits, aux devoirs et aux chances. Toutefois l'égalité suppose que soient réunies un ensemble d'aptitudes. Ainsi si les aptitudes en viennent à manquer, l'égalité se trouve conditionnée. De fait, parmi les conditions qui peuvent donner lieu à des différences, il faut noter la piété, le savoir, et l'effort dans la recherche de moyens de subsistance”(59). La seule restriction au principe d’égalité est donc tributaire du degré de piété, de savoir ou de travail productif.

Le respect des droits de l'homme

La charia a garanti les droits de l'individu et a préservé sa dignité sans aucune discrimination sur la base de la race ou du sexe, des croyance ou de la richesse. Mais la liberté individuelle est organisée par la loi de façon à ce qu'elle ne porte pas préjudice à la liberté des autres.

La XIXème session de la Conférence des Ministres des Affaires étrangères des Etats islamiques, réunie au Caire en 1990, a adopté la décision n°19/49C concernant une déclaration, dite du Caire, relative au droit de l'homme en islam. Cette dernière comprend vingt cinq articles qu'on peut résumer comme suit :

* L'humanité constitue une seule famille, réunie autour de la soumission à Dieu, et issue d’un même père, Adam. Les hommes  sont égaux quelque soient leur race, leur couleur, leur idiome, leur sexe, leur confession, leur appartenance politique ou leur statut social.

* La vie est un don de Dieu. Elle est garantie pour tous les hommes. Les individus, les sociétés et les états sont tenus de la préserver contre toute atteinte et ont l’obligation religieuse de la protéger ;

* Dans les cas d'un conflit armé, il est interdit de tuer ceux qui n'y participent pas, de couper les arbres, de saccager les cultures et le bétail ou de détruire les constructions civiles de l'ennemi ;

* La vie privée des individus est inviolable et ce, même après leur mort ;

* La famille est le noyau de la société, le mariage en étant le fondement. Toute personne, homme ou femme, a le droit de le contracter sans restrictions pour cause raciale, de couleur ou de nationalité.

* La femme est l'égal de l'homme en dignité. Elle jouit de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Toutefois, c'est l'homme qui est légalement responsable de sa famille et doit subvenir à ses besoins(60).

* La quête du savoir est une obligation. La société et l'Etat doivent garantir à chacun l'accès à l'enseignement. Chacun a le droit de bénéficier de l'éducation et de l'orientation qui lui assurent l'équilibre et renforcent sa foi et son respect des devoirs et des droits.

* L'islam est une religion conforme à la nature innée de l’homme et qui interdit l'utilisation de la force ou toute autre forme de pression pour pousser les autres à renier leur religion ou à devenir athées.

* Les hommes naissent libres, aucun n'a le droit de les asservir, de les humilier ou de les exploiter. Dans ce sens, le colonialisme sous toutes ses formes est interdit. Tous les peuples qui en souffrent ont le droit légitime d'aspirer à la liberté et à l'autodétermination. Tous les pays et les Etats ont le devoir moral de les y aider.

* La liberté de mouvement est un droit garanti dans le cadre de la charia. Tout homme a le droit de choisir le lieu de sa résidence à l'intérieur de son pays d'origine ou dans un autre pays, comme il a le droit de l'exil, sauf s'il est poursuivi pour des motifs criminels ;

* L'Etat doit garantir le travail à toutes les personnes aptes, comme il doit leur assurer la liberté du choix du métier qui leur convient. Il doit par ailleurs, garantir tous les droits sociaux, sans distinction entre l'homme et la femme et oeuvrer pour que les individus ne soient pas exploités ou sous-payés. En cas de conflit entre le patronat et les ouvriers, l'état doit intervenir pour préserver les droits des deux parties ;

* Tout homme a le droit d'accéder, dans le respect de la légalité, à la propriété. Seul l'intérêt public peut justifier l'expropriation qui dans ce cas doit s'accompagner d'une indemnisation. Les biens ne peuvent être confisqués sans respect des procédures et règles légales ;

* Tout homme a le droit de profiter des fruits de son travail licite et de les défendre ;

* Tout homme a le droit de vivre dans un environnement moral sain ;

* Tout homme a le droit de vivre dans la paix. Sa vie, ses croyances, son honneur, sa famille et ses biens son inviolables ;

* Les hommes sont égaux devant la loi. Le droit de bénéficier de la justice est garanti pour tous. La responsabilité est individuelle et aucune peine ou emprisonnement ne sont permis que dans le cadre des lois en vigueur ;

* Tout homme à le droit d'exprimer ses opinions tant que ces dernières ne vont pas à l'encontre des principes de la charia. Toute personne peut exercer le droit de conseil et de persuasion selon les règles des la charia. Il est aussi interdit d'inciter à la haine raciale ou confessionnelle sous toutes leurs formes;

* La pouvoir est un dépôt sacré confié aux hommes et il ne doit en aucun cas se transformer en tyrannie. Ainsi chaque individu a le droit de participer à la gestion des affaires publiques d'une manière directe ou indirecte, comme il a la possibilité d’accéder aux postes de responsabilité, et ce dans le cadre des lois de la charia.

* Tous les droits et devoirs énoncés dans cette Déclaration sont applicables sous réserve des dispositions de la charia qui en constitue la base et la référence unique d'interprétation(61).

Il est patent que les différents articles de la Déclaration de 1990 s'articulent autour des quatres axes des droits de l'homme en islam à savoir : la liberté, la justice, l'égalité et la morale islamique(62) tels qu'ils ont été définis par les textes islamiques anciens et modernes. Ces quatres principes ont été résumés par "la Déclaration internationale des droits de l'homme en Islam" dans les droits suivants :

- le droit à la vie ;

- la liberté ;

- l'égalité ;

- la justice ;

- le droit à un jugement équitable ;

- la protection contre le despotisme du pouvoir ;

- l'interdiction de la torture ;

- la protection de l'honneur et de la réputation des individus ;

- le droit d'asile ;

- la protection des droits des minorités ;

- le droit de participer à la vie publique ;

- la liberté d'opinion et de conscience ;

- la liberté d'expression ;

- la liberté confessionnelle ;

- la liberté d’ordonner le bien et d’interdire le mal ;

- les libertés économiques ;

- le droit de propriété ;

- le droit au travail ;

- le droit pour tout individu d'oeuvrer pour subvenir à ses besoins, et de fonder un foyer ;

- les droits de l'épouse sont garantis  ;

- le droit à l'éducation ;

- la protection des spécifités culturelles ;

- le droit de déplacement et de résidence(63).

Il est certain que l'ensemble de ces droits trouve ses fondements dans la liberté. Dans ce sens, il est opportun de citer une fatwa de Ibn Abidine : un jour deux hommes se sont disputés la parternité d'un enfant, l'un d’eux étant musulman, l'autre professant l’une des religions du livre. Le musulman a prétendu que l'enfant en question était son esclave et de ce fait lui appartenait. De son côté, l'autre homme a affirmé qu’il s’agissait bien de son enfant. A l'issue du jugement qui était en faveur du second homme, le juge Ibn Abidine expliqua qu'il était préférable pour l'enfant de grandir libre et non musulman que l'inverse, car la liberté est intrinsèque à son humanité et c'est pour cela qu’elle prévaut sur son appartenance religieuse”(64).

Ainsi apparaît la place privilégiée que réserve l'islam à la liberté puisqu'il la place bien avant les autres droits et exigences.

Lors du colloque tenu à Paris en mai 1998 sur le thème "les droits de l'homme en islam", avec la participation de plusieurs spécialistes, musulmans et non musulmans, il est apparu que parmi les points de divergences les plus importants ayant opposé les participants, il y a ceci :

Tout d'abord, les chercheurs français ont insisté sur le fait que les droits de l'homme trouvent leur légitimité dans la volonté de l'homme tandis que les chercheurs musulmans ont défendu l'idée que ces mêmes droits émanent de Dieu qui confère à l'homme sa dignité. Par ailleurs, les chercheurs français ont situé l’origine des droits de l'homme dans la Révolution française.

Par contre, les deux parties s’accordent pour dire que les points de rencontre sont plus importants que les points de divergence. Et elles ont pu convenir de conjuguer les efforts pour construire un avenir meilleur où les catastrophes humanitaires, les guerres et les persécutions n'auront plus de place.

La liberté de croyance, une chose légitime

L'islam respecte les religions du Livre qui l'ont précédé et incite le musulman à croire en elles. Par ailleurs, il n'établit aucune distinction ou hiérarchie entre les différents prophètes : "Nous ne faisons pas de difference entre ces prophètes"(65).

Il est intéressant de noter par ailleurs que le Coran ne contient aucune occurrence du mot religion sous sa forme plurielle. Pour l'islam donc il s'agit d'une même religion qui s’est manifestée sous différentes révélations. Et le message révélé au dernier des prophètes correspond dans son essence au message reçu par les prophètes qui l'ont précédé. Dans ce sens, le Prophète a dit: “Les prophètes sont comme les femmes d'un même homme, leurs mères sont différentes et leur Dieu est unique”(66). Ce hadith semble mettre sur le même plan l'unité de la religion et l'unité de la paternité et a comparé la diversité des messages à la diversité des mères.

La démarche de l'islam dans la transmission de son message suit le cheminement évoqué dans le Coran : "Ô gens du livre! venez à une parole commune entre nous et vous: nous n’adorons que Dieu; nous ne lui associons rien ; nul parmi nous ne se donne de Seigneur en dehors de Dieu. S’ils se détournent ; dites-leur : “Attestez que nous sommes vraiment soumis"(67).

Le sens de ces paroles est que l'islam n'use point de la force pour convertir les gens. La vraie foi donc, est celle qui est le fruit de la raison, de la conviction et de l'acceptation. “Ainsi le message de l'islam vise à convaincre et non à contraindre”(68).

La personne humaine, qu'elle soit physique ou morale (comme c'est le cas des organismes ou des états) ne se réalise donc que dans le cadre du respect de la liberté de pensée, de circulation, de résidence, de croyance et de la garantie du droit de travail.

Toutefois, ces libertés ne peuvent être traduites dans les faits que si les esprits sont libérées et les passions et les désirs maîtrisés. En d'autres termes, en tout temps, il faut que l'homme soit guidé par la raison, la pondération et les lumières de l'esprit.

Le Prophète a dit à ce propos : "la force d'un homme se mesure à sa capacité de se maîtriser et non à l'ampleur de sa colère"(69).

La liberté de confession, en islam, implique le rejet de la force et de tout autre moyen d'aliénation comme la séduction. Dieu a dit : “Pas de contrainte en religion"(70) “Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les habitants de la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les hommes à être croyants”(71). Ainsi est garantie en terre d'islam, la liberté de culte pour toute personne non musulmane ainsi que la pratique de sa religion sans entrave aucune. C’est dans ce sens que les docteurs musulmans ont établi la règle selon laquelle "Le musulman est tenu de laisser les non musulmans pratiquer leur religion en toute liberté" et c'est d'ailleurs grâce à l'application de cette règle par tous les juges et docteurs de loi musulmans que la liberté de confession a été scrupuleusement respectée(72).

Bien plus, cette attitude à atteint chez certains docteurs un degré tel qu'ils ont traité cette question avec beaucoup de précaution. L’Imam Chafiî par exemple a interdit aux musulmans mariés avec des femmes d'une autre religion monothéiste d’essayer de les convertir, de peur que cela soit source de pression ou d'influence sur ces dernières. Les Hanafites, eux, ont autorisé une telle démarche.

La démocratie ou "le système de la choura"

Les droits de l'homme en islam ne concerne pas seulement les droits et libertés individuels. L'islam garantit à l'individu le droit de participer à la vie publique et lie ce droit à celui de profiter des richesses et biens de la société et ce grâce à un système de sécurité sociale qui impose l'entraide et la "choura".

Ainsi, il est clair que dans la logique de l'islam, les droits de l'homme sont un tout qui ne peut se réaliser en dehors du cadre de la choura (système consultatif en islam). Les recommandations divines dans ce sens sont très claires : "Ceux qui délibèrent entre eux"(73).

Ce verset coranique a été interprété par certains comme une recommandation globale qui concerne les affaires de toute la société et qui s'adresse aux hommes et aux femmes, aux musulmans et aux non musulmans.

Par ailleurs, le grand nombre des occurrences du mot choura, comme dans l'ordre divin adressé à son Prophète "Consulte-les en toute chose"(74), fait d'elle la troisième source législative après le Coran et la sunna.

C'est en empruntant le chemin de la démocratie ou de la choura, que les hommes peuvent prendre les décisions les plus sages qui respectent les voeux de la majorité et qui garantissent une participation plus accrue des membres de la société. La seule contrainte que l'islam impose à ce mode de régulation, c'est le respect de la loi et de la légalité, le Prophète a dit : "les musulmans doivent obéissance à leurs responsables en toute chose sauf lorsqu'ils sont appelés à commettre des actes illicites"(75).

Un tel système renforce la justice et la stabilité et réduit l'injustice. En effet, l'islam exhorte l'individu à se soulever contre les injustices et à les combattre. Le Prophète a dit dans ce sens : "Le jour où ma nation craindra le despote et n'osera l'affronter, ce jour-là, elle risque de disparaître”(76).

La question de l'Etat en islam a fait l'objet de plusieurs écrits et analyses ; nous citons ci-après quelques-unes de ses caractéristiques les plus importantes d'après l'une de ces études.

- Le pouvoir appartient à la Umma, elle seule est habilitée à choisir son chef. Elle a par ailleurs, le droit de le conseiller, de le remettre sur le droit chemin chaque fois qu'il s'en écarte. Elle peut même le destituer en cas de nécessité.

- La société est responsable selon le principe de l’exhortation au bien et d’interdiction du mal que nous avons analysé plus haut. Ainsi tout individu a sa part de responsabilité dans la défense de la Umma, de son bien-être et de sa bonne conduite.

- La liberté est un droit universel, comme nous l'avons souligné dans la partie réservée à la première spécificité de l'éducation islamique. L'homme en excerçant sa liberté fait acte de foi en l'unicité de Dieu. En attestant que Dieu est unique et que Mohammad est son Prophète, il accepte de se soumettre à Dieu et refuse le joug des hommes et des pouvoirs.

- L'égalité entre les hommes est le fondement premier de l'éducation internationale. Selon ce principe, les hommes proviennent tous d'une même origine et doivent bénéficier de ce fait des mêmes droits à la dignité, quelque soit leur religion ou leur race.

- Les droits de l'autre sont garantis.

 - Nul n’est au dessus de la loi ; étant d’inspiration divine, celle-ci doit s'appliquer à tous, gouvernants et gouvernés(77).

Toutefois, les caractéristiques précitées ne peuvent être réalisées en l'absence de la choura et de la participation de tous. Elles favorisent l'échange de vues, la négociation, l'acceptation et le refus, l'opposition et la censure. Il y a néanmoins une nuance entre le concept de consultation et le concept de "choura". En effet "la consultation, c'est le fait de demander un avis ou un conseil à une personne ou à un ensemble de personnes dignes de confiance ; de ce fait, seul l'individu demandeur du conseil est apte à prendre la décision. En revanche, la choura, c'est le moyen collectif et légal dont use la communauté pour prendre les décisions relatives aux affaires la concernant. Dans ce sens, la consultation est facultative et n'entraîne aucune obligation, contrairement à la choura qui est obligatoire”(78).

Cette distinction entre les deux termes règle beaucoup de questions. La choura est une théorie générale qui comporte les principes qui sous-tendent les libertés individuelles et les droits des peuples et qui encouragent la cohésion sociale à tous les niveaux : social, politique économique, financier...etc. En outre, elle élargit les droits de l'individu à la participation aux affaires publiques.

Le respect des droits des minorités

La règle juridique qui détermine la place des non musulmans résidant dans les pays islamiques est la suivante : "Ils ont les mêmes droits et obligations que nous (musulmans).

Les applications de cette règle sont nombreuses et elles concernent à titre d'exemple :

- L'inviolabilité de la personne, de l'honneur et des biens.

- La liberté d'agir selon les croyances de sa propre religion.

- Le droit de travailler, de tenir commerce et de bénéficier de la sécurité sociale.

- Le droit d'accéder à différents postes dans la fonction publique, même les plus élevés tels les postes de gouverneurs, de ministre, l'armée, la Justice.... D’ailleurs, l'ensemble des docteurs de la loi en islam autorisent le musulman à léguer une partie de ses biens à un juif ou à un chrétien(79).

En effet, il est historiquement attesté que tant les minorités n'oeuvraient pas contre les intérêts des musulmans et ne s'alliaient pas à leurs ennemis, elles étaient traitées avec équité et respect. Leurs intérêts et leurs lieux de culte étaient inviolables.

En plus, le musulman n'avait aucun droit de demander des comptes aux non musulmans, fussent-ils des mécréants, parce que cela fait partie des prérogatives divines : "Le musulman n'a pas à reprocher aux mécréants leur absence de foi, ou à punir ceux qui s'écartent du droit chemin. Car ceci ne peut avoir lieu ici bas. Dieu les jugera le jour du jugement dernier”(80) et ce en accord avec la parole divine : "S’ils discutent avec toi, dis : Dieu sait parfaitement ce que vous faites. Dieu jugera entre vous le Jour de la Résurrection et il tranchera vos différends”(81).

Lors de la conquête d’Aelia (Jérusalem) par les musulmans, le calife Omar Ibn Al Khattab a envoyé un pacte aux habitants de la ville dont voici l'essentiel :

"Ceci est l’acte établi par le serviteur de Dieu, Emir des croyants, comme garantie de sécurité aux habitants de Jérusalem. Ils n'ont rien à craindre pour leurs vies, leurs biens, leurs églises et leurs croix. Tous les habitants, malades et bien portants seront protégés ainsi que tous les membres de leur confession. Leurs lieux de culte ne seront ni habités ni détruits ni pillés. Ils ne seront pas contraints de changer de religion et aucun juif n'habitera dans leur ville”. Dans d'autres circonstances, un jour une femme est venue se plaindre à Omar Ibn Al Khattab du fait que ces gouverneurs en Egypte ont détruit sa maison pour construire une mosquée. Et lorsque le Califa demanda des explications à ce sujet, on lui répondit que c'était pour agrandir la mosquée en question et que cette femme a été indemnisée. Alors, Omar a dit qu'ils n'avaient pas le droit d'exproprier cette femme contre son gré et a ordonné de reconstruire la maison aux frais du trésor public”(82).

En plus de ces exemples historiques éloquents, l'islam va jusqu'à interdire aux musulmans d'insulter les adeptes des autres religions ou de les maltraiter comme le précise le hadith du Prophète : "Celui qui a commis une injustice contre un chrétien ou un juif, ou l'a humilié, ou lui a imposé de faire des choses qui sont au dessus de ses capacités ou l'a obligé à faire des choses contre son gré, je témoignerai contre lui le jour du jugement dernier"(83). L'islam a par ailleurs assuré, du moins pendant une époque, l'aide aux non musulmans ; il est ainsi attesté que Omar, le second Calife, a aperçu un jour un vieil aveugle juif en train de mendier et il lui a donné un peu d'argent. Le Calife a écrit ensuite à tous ces gouverneurs ce qui suit : "tout homme de la religion du Livre qui n'a plus les moyens de subvenir à ses besoins sera pris en charge lui et ses enfants tant qu'il restera en terre d'islam”.

L'exemple du Prophète nous confirme cette idée puisqu'il est établi qu'il avait des relations privilégiées avec les Chrétiens et les Juifs en ce sens qu’il participait à leurs fêtes et les consolait dans leurs malheurs. Il allait jusqu'à leur emprunter de l'argent ou déposer des objets en gage chez eux. La raison d'un tel comportement n'est pas liée à la faiblesse des musulmans, mais elle s’inscrit dans la droite ligne des préceptes de l'islam qui a toujours encouragé l'établissement de bonnes relations avec les autres religions.

Nous faisons nôtre la conclusion à laquelle a abouti un chercheur  contemporain selon lequel : la garantie des droits et libertés des minorités ne doit pas procéder d’un acte de charité consenti par la majorité au profit d’une minorité, mais doit découler des principes clairement énoncés dans le Coran et la Tradition du Prophète. Et toute atteinte à ces droits constitue un écart par rapport aux préceptes de l'islam et un préjudice qui ne touche pas seulement la minorité mais touche aussi le texte sacré. Aussi, dans le cadre de cette conception, le fait de qualifier les rapports du musulman avec l'autre de tolérance est-il une aberration, car de quel droit peut-on mettre l’obligation du croyant de respect des droits préconisés par la loi sur le compte de la tolérance(84).

On retrouve la même idée chez un autre chercheur qui pense que l'islam considère les adeptes des religions du Livre comme des citoyens et non comme des sujets de second rang.

Il n'y a aucune discrimination entre les deux communautés tant que les musulmans ne sont pas menacées et que la confiance règne(85).

La coexistence pacifique

Les relations internationales qui lient les musulmans aux autres pays, en temps de paix, sont fondées sur trois principes :

- L'égalité entre les musulmans et les non musulmans et la consolidation des relations de coopération.

- La non agression contre des pays non musulmans.

- La garantie des droits et libertés des minorités qui résident en terre d'islam, notamment la liberté de croyance.

S’agissant des relations internationales en temps de guerre, force est de rappeler que l’islam est tout naturellement hostile à la guerre en raison des victimes des ravages et des destructions qu’elle provoque. C’est dans ce sens que le Coran affirme : “Le combat vous est prescrit et vous l’avez en aversion”(86).

Le hadith suivant abonde dans le même sens :

"Ne désirez jamais la rencontre de votre ennemi sur un champ de bataille, et priez Dieu de vous préserver de tout mal, mais si jamais vous l'affrontez, soyez endurants car le Paradis est sous l'ombre des épées"(87); il est de même recommandé au musulman de repousser les attaques ennemies et de ne pas mener des guerres d'expansion ou de colonisation.

Par ailleurs, il y a un verset dans la Sourate II du Coran qui énonce explicitement. “Ô vous qui croyez ! entrez tous dans la paix et ne suivez pas les traces du démon : il est votre ennemi déclaré”(88).

Sur le plan argumentatif, ce verset contient quatre étapes :

- Appel adressé à tous les croyants,

- l'ordre d'entrer en paix comme on entre dans une citadelle protectrice.

- L'explication des désordres que peut entraîner le fait d'emprunter le chemin de Satan ;

- La justification de cette défense en insistant sur le fait que Satan est le pire ennemi de l'homme.

Sur un autre plan, il faut souligner que la coexistence pacifique ne doit pas se limiter aux relations interétatiques, mais doit trouver sa base dans les rapports individuels, dans les relations entre classes sociales et entre le souverain et ses sujets. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre l'interdiction de thésaurisation des biens et de la prodigalité en tant que deux extrêmes nuisibles et blâmables. L'islam prêche le juste milieu et encourage la circulation des richesses : “Afin qu’elles ne soient pas attribuées à ceux d’entre vous qui sont riches”, dit le Coran(89). Ceci a pour effet d'atténuer les conflits sociaux et de réduire les inégalités comme l'a bien dit le Prophète dans le hadith suivant : “l’injustice ne tardera pas à apparaître après moi, et à la mesure qu’elle progressera, la justice reculera dans les mêmes proportions, si bien que les générations qui naîtront alors n’auront rien connu d’autre que l’iniquité. Ensuite, Dieu -Exalté soit-Il- fera revenir la justice qui se répandra alors, faisant régresser proportionnellement l’injutice, si bien que les générations qui viendront alors au monde n’auront rien connu d’autre que l’équité” (rapporté par Ahmad, Musnad Al-Basriyyine N° 19421.) Ainsi, puisque la justice est une qualité divine, l'homme en tant que “lieutenant” de Dieu sur terre doit s'y conformer dans la gestion de ses affaires et celles de ses semblables..

L'islam, par ailleurs, a interdit de mener des guerres à des fins de rapines et a incité les musulmans à signer des accords de paix durable avec les non musulmans tant que ces derniers ne se liguent pas contre eux ou intentent à leur intérêts vitaux. On lit dans le Coran : “Dieu ne vous interdit pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre foi et qui ne vous ont pas expulsés de vos maisons, Dieu aime ceux qui sont équitables. Dieu vous interdit seulement de prendre pour patrons ceux qui vous combattent à cause de votre foi, ceux qui vous expulsent de vos maisons et ceux qui participent à votre explusion. Ceux qui les prennent pour patrons, voilà ceux qui sont injustes”(90).

D'une manière générale, l'islam fait pencher toujours le balance du côté de la paix :“S’ils inclinent à la paix, fais de même ; confie-toi à Dieu car Il est celui qui entend et qui sait”(91).

Cette vocation foncière de l'islam nous éloigne de certaines cultures et civilisations qui se sont construites sur des principes belliqueux et hégémoniques, où les attaques surprises, la destruction et l'extermination occupent une place de choix. En effet, la prépondérance du facteur moral dans les relations internationales en islam en temps de paix comme en temps de guerre impose aux musulmans de tenir leurs promesses et engagements : "Tenez vos engagements car les hommes seront interrogés sur leurs engagements"(92) ; elle les oblige également à s'interdire le non respect des accords au nom des intérêts de l'état ou en rapport avec les équilibres de force ou tout autres alibis : “Soyez fidèles à l’alliance de Dieu après l’avoir contractée; ne violez pas les serments après les avoir solennellement prêtés et avoir pris Dieu comme garant contre vous. Dieu sait parfaitement ce que vous faites. N’imitez pas celle qui défaisait le fil de son fuseau après l’avoir solidement tordu. Ne considérez pas vos serments comme un sujet d’intrigue entre vous, en estimant que telle communauté l’emportera sur telle autre”(93).

"Les valeurs véhiculées par un tel message se définissent dans le refus de la ruse et de la trahison et la promotion des principes de l'honneur, de la force et du courage. Le seul cas où l'islam permet d’user la ruse est celui de la guerre proprement dite, puisque "la guerre est ruse". L'histoire de l'islam nous offre à cet égard plusieurs exemples ; nous nous contenterons ici de citer l'exemple de la conquête de Homs.

Le compagnon du Prophète Abu Ubayda Ibn Al Jarrah, chef de l'armée musulmane lors de la campage de Homs avait conclu un accord avec les habitants de cette ville en vertu duquel il devrait les protéger contre les Romains, en échange de l’argent qu’il avait reçu d’eux. Mais la peste s'est déclarée parmi ses hommes. Alors Abu Ubayda a restitué l'argent à ses propriétaires puisqu'il ne pouvait plus honorer son engagement de les défendre. Et pour le récompenser pour sa loyauté, les habitants de la ville se sont engagés à ses côtés pour repousser les Romains.

Globalement, nous pouvons résumer les manifestations de la loyauté des musulmans en temps de guerre dans les pratiques suivantes :

- La vie des émissaires et messagers en temps de guerre est préservée et ce pour deux raisons; d'abord le respect d'un engagement moral et ensuite le message dont l'émissaire est porteur peut aider parfois à éviter l'affrontement ou à l'ajourner.

- La protection des exilés politiques et des réfugiés et ce en application de la recommandation divine : "Si un polythéiste cherche asile auprès de toi, accuille-le pour lui permettre d’entendre la parole de Dieu, fais-le ensuite parvenir dans son lieu sûr"(94).

En conclusion, il faut souligner que le principe de coexistence pacifique entre les états en islma, s'appuie sur une base de coopération et d'entre-aide selon les préceptes de l'islam : "Encouragez-vous mutuellement à la piété et à la crainte révérentielle de Dieu. Ne vous encouragez pas mutuellement au crime et à la haine"(95). Il trouve aussi une justification dans l'unité de l'humanité telle que nous l'avons longuement expliquée plus haut et qui trouve sa pleine signification dans la protection des civils et de leurs biens et même dans le maintien des relations commerciales avec l'ennemi, comme l'a autorisé Al Imam Abu Hanifa dans ces termes : Il est permis d'entrenir des relations de commerce avec le pays ennemi en tout, sauf le fer ou les armes. Imam Chafi'i de son côté a exclu le commerce des armes et du fer avec l’ennemi pour l’empêcher de se fortifier et de continuer ainsi ses agressions contre les musulmans.

En outre, le postulat de l'unité de l'humanité apparaît dans l'interdiction par islam, de détruire, de torturer ou de mener des actions de vengeance contre les populations civiles. En effet, en temps de guerre l'islam interdit à ses armées de tuer les femmes, les enfants, les ouvriers et les serviteurs, et les gens de religion et les moines, pour la simple raison qu'ils n'ont pas participé à la guerre et qu'ils constituent des musulmans potentiels ou plus précisément ils sont susceptibles d'entrer en islam. Il a aussi interdit, en temps de guerre, de maltraiter les prisonniers et de les affamer, ou encore de mutiler les cadavres et de les exhiber.

Par ailleurs, le guerrier musulman n’est pas autorisé à commettre les actes suivants :

- Couper les forêts et les arbres ;

- Boucher et détruire les puits et les sources d'eau. C’est que précise la recommandation adressée par le premier Calife Abu Bakr à Yazid Ibn Abi Soufiâne lors de sa campagne en Syrie : “Je te recommande dix choses : ne tue pas de femme, ni d’enfant, ni de vieillard ; garde-toi d’abattre et de brûler un arbre fruitier, ou un palmier dattier, de ravager un lieu habité, de tuer une brebis ou un chameau, sauf pour en manger ; ne détruit pas de ruches d’abeilles par le feu ou l’eau ; ne dérobe pas frauduleusement une partie du butin et ne perd jamais le courage”(96).

Il s'avère ainsi que la notion de coexistence pacifique en islam s'appuie sur quatre piliers qui sont : l'amour et le respect, la complémentarité, la responsabilisation de l'individu, et enfin la liberté.

Quant au statut des minorités chrétiennes ou juives en terre d'islam, il est déterminé par les cinq clauses suivantes :

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