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La philosophie du Djihad en Islam

On attribue généralement à la notion de djihad un sens belliciste ; elle se traduit par "guerre sainte", à savoir le recours aux armes dans le but d'imposer la foi islamique.

L'acception militaire du terme n'est pas exclue de la doctrine islamique comme d'ailleurs de celle des autres religions. Au Xe et XIe siècles, les croisades conduites par le christianisme avaient bien des motivations religieuses. La reconquête de l'Espagne ne se fit pas sans effusion de sang au nom de l'Église catholique à une époque où les institutions mises en place par l'Islam respectaient les différents cultes et sauvegardaient les personnes et les biens des gens du Livre.

Le djihad, en prenant la forme d'une guerre sainte, revêt un caractère défensif. Deux exemples illustreront cette affirmation.

L'État islamique a pour devoir de porter secours aux Musulmans persécutés par un gouvernement étranger qui use de la force pour s'opposer à un travail pacifique de propagande en vue d'instaurer le règne de Dieu sur terre. Même dans ce cas, le Coran interdit à un pays musulman de s'attaquer à un pays non-musulman lié à lui par un traité avant de dénoncer préalablement et publiquement cette alliance : " S'ils vous demandent votre aide -au nom de la Religion, vous devez les secourir ; sauf s'il s'agissait de combattre un peuple avec lequel vous avez conclu une alliance. -Dieu voit ce que vous faites " (S. VIII, 72).

La guerre sainte est également décrétée avec pour objectif de défendre la sécurité intérieure de la communauté musulmane menacée par des forces externes. Elle a donc pour objet de protéger les frontières contre l'agression ennemie. C'était, en quelque sorte, dans cette optique que l'Émir Abdelkader prit les armes contre l'envahisseur français. Nous n'ignorons pas les vaines tentatives entreprises en vue de christianiser et, d'une façon générale, de dépersonnaliser le peuple algérien.

Le sens de djihad, tel qu'il est compris par une certaine opinion occidentale, est complètement erroné parce que la définition étriquée qu'elle en donne fausse les conclusions qui s'en dégagent. Des auteurs, pour accréditer leur thèse, fournissent des exemples historiques et démontrent que l'empire musulman s'était agrandi et que la Religion s'était étendue au moyen du glaive.

Il ne fait aucun doute que l'Islam soumit à son influence de nombreuses contrées. La raison fondamentale de cette expansion territoriale ne visait pas tant la domination politique mais elle consistait à combattre le mal et l'iniquité, à établir la paix et la justice, en d'autres termes à rendre à Dieu ce qui lui est dû sur terre.

Les populations conquises étaient libres de ne pas embrasser l'Islam puisque trois possibilités leur étaient offertes avant le déclenchement des hostilités : la conversion, le paiement d'un tribut qui assurerait leur protection, et en troisième lieu la guerre. De plus, après la victoire, il n'y avait point recours à la violence pour imposer la nouvelle foi. La soumission à l'Islam était un acte volontaire. Les populations avaient accueilli l'Islam comme une religion libératrice, véhiculant les idées propres à relever la dignité humaine bafouée par le despotisme féodal et la tyrannie politique sous lesquelles elles étaient écrasées.

Les grands hommes de l'Islam qui portèrent haut l'étendard de la foi islamique ne pouvaient pas s'opposer à la théorie coranique qui n'habilite pas le croyant à faire usage de la force pour rallier les non-musulmans à leur religion : " Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il égare qui il veut ; il dirige qui il veut. Vous seriez interrogés sur ce que vous faisiez " (S. XVI, 93). " Pas de contrainte en religion ! La voie droite se distingue de l'erreur " (S. II, 256).

En outre, le Coran interdit de s'attaquer aux endroits où Dieu est adoré. Il met clairement en garde contre la profanation des lieux du culte : "Ne les combattez pas auprès de la Mosquée sacrée, à moins qu'ils ne luttent contre vous en ce lieu " (S. II, 191). " Si Dieu n'avait pas repoussé certains hommes par d'autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le nom de Dieu est souvent invoqué " (S. XXII, 40).

Le djihad, en tant que combat armé, n'est pas au centre de la doctrine islamique. La guerre proprement dite est traduite par d'autres vocables : harb ou qitâl. Elle n'est en fait qu'un acte secondaire du véritable djihad que le Musulman doit mener continuellement et sans répit jusqu'à la mort. En comparaison du véritable djihad qui consiste à réformer les moeurs, la lutte armée, comme le dit Ghazâlî, n'est qu'" souffle de vent sur la mer agitée ".

Le djihad, comme la traduction en français l'indique, signifie l'effort par excellence. C'est donc la philosophie d'une lutte permanente physique mais aussi intellectuelle : " Il est à remarquer toutefois, dit le Cheikh Muhammad Abdou, que le mot "Djihad", dont le sens littéral est l'effort, ne signifie pas seulement la guerre extérieure contre ceux qui ne croient pas, mais aussi la lutte intérieure contre les passions mauvaises, la discipline morale, la victoire sur soi-même. "

Le terme est utilisé pour définir un effort de prédication et de persuasion afin que l'Islam se répande à travers le monde : " Ne te soumets donc pas aux incrédules ; lutte contre eux (djahid houm), avec force, au moyen du Coran", (S. XXV, 52). Il ne se restreint donc pas au combat mené sur un champ de bataille. Il est un devoir qui consiste à exhorter les gens pour qu'ils fassent le bien et qu'ils s'abstiennent de faire le mal : " Puissiez-vous former une Communauté dont les membres appellent les hommes au bien : leur ordonnent ce qui est convenable et leur interdisent ce qui est blâmable ; voilà ceux qui seront heureux ! " (S. III, 104).

Il ne s'agit pas, pour le Musulman, de contraindre ses semblables à se plier à la Vérité. Son devoir est de réfuter l'opinion des adversaires en s'appuyant sur des preuves, de démontrer par des arguments ce qui est Vrai et de convaincre de la manière la plus persuasive ceux qui doutent encore : "Appelle les hommes dans le chemin de ton Seigneur, par la Sagesse et une belle exhortation ; discute avec eux de la meilleure manière " (S. XVI, 125). Dans cet esprit, le Cheikh Muhammad Abdou dit : " Les Musulmans ont l'obligation d'inviter au bien par la douceur, mais ils n'ont ni le droit ni le devoir d'employer une contrainte quelconque pour attirer les gens à l'Islam, car sa lumière est assez puissante pour pénétrer les coeurs. "

Le djihad est aussi un " effort raisonné " exercé sur soi-même. Le bien et le mal s'opposent en nous perpétuellement. Il est demandé de combattre les mauvais penchants, de respecter donc les prescriptions coraniques pour réaliser, d'une part, son unité personnelle et instaurer, d'autre part, au sein de la société un ordre social où règnent la justice et la liberté individuelle et collective. Cette tâche ne se concrétise que grâce à un effort continuel afin de valoriser ses connaissances et d'élever le niveau culturel et moral de la communauté musulmane.

La définition du véritable djihad est donnée par le Prophète lui-même qui, au retour d'une bataille, a dit : " Nous sommes revenus de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte ", c'est-à-dire, précise-t-il à ses Compagnons : " la guerre contre l'âme ", tant il est vrai qu'en chaque croyant sommeille des germes d'infidélité.

 

'Ilm al Yaqin

 

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