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Les relations économiques entre le monde islamique et l'Occident

 

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Dr Khalid Mohammed Azab(*)

 

Introduction

Les échanges commerciaux entre le monde islamique et l'Occident se sont développés depuis les conquêtes islamiques de «la grande Syrie», de l'Egypte et de l'Afrique. La prospérité économique était devenue, pour l'un comme pour l'autre, un indicateur de la supériorité militaire et politique bien que, dans bon nombre de cas, l'on constate un équilibre dans la balance des forces, notamment dans la grande Syrie sur le plan du partage pendant les Croisades(1), ou des échanges économiques utilitaires entre les Mamelouks d'Egypte et de la grande Syrie et les républiques de Venise, de Pisée et de Gênes.

Les relations avant les conquêtes islamiques :

La Syrie et l'Asie mineure jouissaient d'une grande prospérité pendant le règne byzantin, en dépit des tremblements de terre et des invasions perses auxquels certaines régions étaient sujettes. Cette prospérité a perduré jusqu'au début du septième siècle de l'ère chrétienne. L'introduction de l'élevage du ver à soie à la fin du VI° siècle a permis d'impulser encore plus l'essor agricole, enrichissant ainsi davantage les villes qui commerçaient avec les pays du bassin méditerranéen. Le commerce mondial entre les provinces orientales et les pays occidentaux était concentré entre les mains de commerçants syriens et grecs. En effet, les Syriens résidant en France au VI° et au début du VII° siècle importaient les épices, les vins et le papyrus à Marseille et dans d'autres villes intérieures, telles Paris et Tours. Des communautés entières vinrent s'établirent par la suite partout où existait un centre majeur de commerce. Quant aux Grecs, leurs nombres étaient moindres. D'autre part, la demande des provinces orientales pour les graines de Sicile, le blé et l'huile d'olive de l'Afrique du Nord, le bois et le sel de l'Adriatique, le fer et les autres métaux d'Espagne, entre autres, n'était pas inférieure aux besoins de l'Occident en épices, papyrus, vins, soie, tissus et autres produits industriels luxueux fabriqués en Alexandrie, en Syrie ou à Constantinople(2). Les tentatives byzantines visant à dévier la voie commerciale vers le Nord loin de l'Iran n'ont cependant pas réussi, pas plus que leurs efforts d'arrêter l'importation de la soie brute, ou encore de contraindre les importateurs persans à accepter les prix qu'ils ont fixés pour la soie. Byzance continua donc de dépendre de la Perse en tant qu'intermédiaire commercial, sans cesser pour autant d'envoyer des subventions aux Sassanides. Cela ne signifie pas, cependant, que l'or de l'Empire soit passé au Levant, mais plutôt que les industries fécondes qu'il a mises en place en Syrie et à Constantinople ont engendré une sorte d'équilibre dans la balance du commerce avec la Perse. La monnaie byzantine devint, en outre, au milieu du XI° siècle une monnaie internationale sans concurrent dans la zone de l'Océan Indien, dominé naguère par les commerçants persans. Les Sassanides n'ont jamais frappé de monnaie en or, se contentant de la monnaie en argent, preuve de la domination économique byzantine(3).

Les conquêtes islamiques et leur impact :

La situation commerciale demeura inchangée en Méditerranée pendant la première moitié du XII° siècle (le premier tiers du premier siècle de l'hégire), et les conquêtes islamiques n'ont, au début, que très faiblement perturbé cette situation. Mais avec sa conquête de la Perse et de l'Irak, l'Etat islamique reprit à son compte les activités commerciales persanes en Extrême Orient. Et grâce à la conquête de la grande Syrie et de l'Egypte, il acquit une façade sur la Méditerranée, vieux rêve que les Perses n'ont jamais pu réaliser.

Les villes maritimes insulaires (y compris d'Arménie) et syriennes (dont les ports méditerranéens) étaient importantes en tant que centres de distribution des les pays occidentaux des produits amenés de l'Orient par les musulmans. Les habitants des pays conquis ont tôt compris que les conquérants arabes n'étaient pas des peuples barbares et arrogants qui dressaient des achoppements à la prospérité économique, mais qu'ils étaient, tout au contraire, des gens qui laissaient la vie économique poursuivre son rythme naturel, tout en l'entourant de leur attention, leurs encouragements et leur protection(4).

Arabisation de la monnaie :

Le calife Abd al-Malik ibn Marwân aspirait à donner à l'Etat un cachet arabe compatible avec la politique qu'il avait murement et soigneusement dessinée et qu'il s'efforçait d'appliquer dans tous les domaines administratifs et économiques. L'arabisation de la monnaie s'inscrivait justement dans le cadre de cette politique. En effet, la monnaie arabe, avec ses effigies portant le nom du calife, du prince régnant ou du gouverneur, exprimait la souveraineté de l'Etat islamique et son affranchissement de toute influence étrangère. Mais cette indépendance économique ne pouvait se concrétiser dès lors que la monnaie dans les pays arabes était encore attachée à la politique économique de Byzance et de la Perse. Aussi décida-t-il d'arabiser la monnaie pour libérer l'économie arabe. Cette arabisation fut le résultat d'un plan visant à unifier les systèmes monétaires de l'Etat, qui adoptait à l'époque les systèmes monétaires sassanide et byzantin. Ces différents systèmes étaient, par ailleurs, sources de divergence sur les règles applicables en matière de Jizya (tribut), de Kharaj (impôt foncier) et de 'Ushûr (dime) sur le commerce, qui n'étaient pas semblables en Irak et en Perse, d'une part, et dans la Grande Syrie et en Egypte d'autre part. Aussi Abd al-Malik estima-t-il que l'arabisation et l'unification de la monnaie étaient le seul remède pour sortir de cette impasse. D'autant que la disparition de l'empire perse après la conquête arabe et la dégradation de la situation dans l'empire byzantin ont provoqué un manque des monnaies circulant entre les gens. D'où la nécessité de frapper de la monnaie arabe pour combler l'insuffisance quantitative de la monnaie(5).

Le développement économique islamique s'était poursuivi depuis les Omeyyades, aidé en cela par les contraintes imposées par l'administration byzantine aux activités commerciales de ses administrés, car l'Etat byzantin n'avait pas l'esprit commercial, s'intéressant davantage à la domination et au contrôle plutôt qu'au domaine commercial, ne faisant rien pour le promouvoir à des fins de profit(6). Ceci a conduit à la détérioration graduelle de la situation économique de Constantinople et, inversement, à l'expansion du commerce islamique. Il suffit d'observer, à cet effet, les victoires du Dinar islamique en tant que moyen d'échange à travers le monde dans les temps médiévaux. Les récentes fouilles dans bon nombre d'endroits ont mis à jour des quantités considérables de monnaies islamiques, notamment en Russie, en Finlande et autres pays scandinaves, ainsi que dans les Balkans. Il est aussi des exemplaires séparés qui ont été découverts dans des lieux aussi lointains que l'Angleterre et l'Islande. La plupart des monnaies datent de périodes allant de la fin du septième siècle au onzième siècle de l'ère chrétienne, ce qui démontre de l'influence économique des musulmans à cette époque(7).

La prospérité économique du monde islamique avait atteint son apogée, le mouvement commercial international conduit par les musulmans générant des fortunes que nul commerçant ou Etat ne pouvait imaginer. Au dixième siècle, par exemple, les historiens ont enregistré des chiffres astronomiques qui traduisent la richesse et le progrès atteints par les pays tant de l'Est que de l'Ouest du califat. Les revenus du commerce dans les villes d'Alep, de Damas et de Jérusalem étaient estimés, en 908 après J.-C. à environ 2 millions de dinars en or, recettes qui n'étaient pas influencées par le phénomène de l'inflation caractéristique de l'époque moderne. Il convient de ne pas perdre de vue, non plus, le pouvoir d'achat mondial de la monnaie de cette époque. Plus on s'éloignait vers l'Ouest, plus le pouvoir d'achat croissait jusqu'à atteindre des niveaux qui dépassent l'imagination. L'explorateur ibn Hawqal (976 après J.-C.) affirme que le califat omeyyade de Cordoue a pu, sous le règne d'Abdel Rahman III, réaliser un revenu équivalent à 20 millions de dinars en or dans le commerce de l'or d'Afrique de l'Ouest que les caravanes amenaient à Sijilmassa et à Marrakech entre 912 et 951 de l'ère chrétienne(8).

Pour Byzance, les relations économiques avec les Arabes revêtaient une importance capitale qui ne se limitait pas uniquement à l'aspect commercial. L'empire byzantin s'évertuait à consolider sa position internationale tant vis-à-vis des Arabes que de l'Europe. En effet, le commerce de l'Orient islamique vers l'Europe passait dans sa grande majorité, avant les Croisades, par Byzance, et cette position d'intermédiaire entre l'Orient et l'Occident lui rapportait d'énormes revenus. Mais les Croisés finirent par établir des relations directes entre l'Europe et l'Orient de sorte que la prospérité économique de Byzance commença à s'effriter, cédant peu à peu la maîtrise de l'économie aux villes italiennes, notamment à Venise et à Gênes(9).

Les pays en partage :

Les guerres avec les Croisées ont imposé un nouveau type de relations entre le monde islamique et l'Occident. L'invasion des Croisées de la Grande Syrie a engendré de nombreux problèmes politiques et économiques sur les régions contestées et les zones frontalières. Il était donc nécessaire de mettre en place un nouveau système à même de résoudre ces conflits, système qui a reçu le nom de "pays en partage". En réalité, ce système représente, avec ses ingrédients et spécificités, un antécédent au système que certains pays ont adopté à l'époque contemporaine pour résoudre des problèmes suscités par les zones frontalières faisant l'objet de litiges(10). Avec le temps, la situation de ces pays a évolué pour devenir sous administration islamo-franque mixte régie par deux suppléants, l'un représentant le sultan des musulmans, l'autre représentant le gouverneur ou prince franc qui a approuvé le traité portant sur ce système. Le texte du traité stipulait qu'aucun des deux suppléants ne pouvait prendre une quelconque décision sans l'accord de l'autre(11).

Les textes des traités relatifs aux pays en partage comportaient également des clauses relatives à la sécurité des représentants des deux parties ainsi que la coordination de leurs actions respectives. D'autres clauses ont été introduites également prévoyant la solution des problèmes susceptibles d'éclater dans les relations quotidiennes entre les musulmans et les Francs dans les pays en partage ainsi que dans les autres pays pouvant être couverts ultérieurement par le traité. Ces clauses comportaient un principe capital, à savoir, l'application de la Charia islamique sur les musulmans et la loi franche sur les Francs(12).

S'agissant des droits, impôts et taxes, tous types confondus, ceux-ci étaient équitablement partagés entre le sultan et le responsable franc des pays en partage. Ces droits se sont étendus pour comprendre les volets des ressources et des secteurs économiques de l'époque, notamment les terres agricoles, les vergers, les pêcheries, les mines de sel et marais salants, les récoltes estivales et hivernales, les moulins, et les ressources animales dont les bêtes de somme, les bovins et les ovins. Ces droits comprenaient également les taxes versés par les voyageurs et les marchandises traversant le pays et ses ports(13).

Il convient de rappeler que les commerçants musulmans, tout autant que les commerçants chrétiens d'Orient ont joué un rôle capital majeur dans le transport des marchandises entre le Levant et l'Occident. Les sources contemporaines soulignent l'importance des relations entre ces commerçants et les commerçants francs, où peu d'intérêt était accordé aux facteurs religieux. A cet égard, le voyageur andalous Ibn Jubair affirme : «Les divergences entre les musulmans de Damas et d'Acre et les commerçants chrétiens ne constituaient pas un obstacle à leurs rapports mutuels». Et d'ajouter : «Il n'y a rien de plus paradoxal dans ce monde que de voir les caravanes des musulmans passaient dans les pays francs avant de revenir dans les pays musulmans chargés de leurs butins»(14). Les bonnes relations existant entre les commerçants musulmans et chrétiens dans les pays soumis aux Francs sont également démontrées dans les ouvrages d'ibn al-Athir, de Burchard et de Ludolf, qui citent que bon nombre de villes, telles Acre, Beyrouth et autres villes, regorgeaient de commerçants musulmans(15).

A cela s'ajoute le fait que certaines villes sous domination franche étaient, à l'époque, célèbres pour certains produits spécifiques dont les musulmans ne pouvaient se passer. Des sources rappellent, à cet égard, que la ville de Tibériade était depuis toujours, et pendant toute la durée des guerres des croisades, connue pour sa fabrication des nattes de paille, très demandées par les musulmans, tant au Machriq qu'au Maghrib, en particulier les nattes pour la prière et dont le prix unitaire pouvait atteindre par moment jusqu'à cinq dinars en or(16).

Les nobles parmi les Francs recouraient incessamment aux artisans des régions de la Grande Syrie sous domination musulmane pour la fabrication des bijoux dont ils avaient besoin. Sans compter les nombreux objets nécessaires aux églises, tels les vases, argenterie et cristallerie, ornés d'or et d'argent, ou incrustés de pierres précieuses et d'ivoire et qui donnaient aux églises, en réalité, tout leur éclat(17). Plus encore, ils aspiraient tous à décorer leurs maisons et palais de semblables objets. Ils utilisaient, en outre, pour l'éclairage de leurs maisons et palais, les bougies dont certaines villes islamiques, telle Damas, s'étaient rendues célèbres dans leur fabrication. L'explorateur andalou ibn Jubair affirme que le voyage de retour des vaisseaux italiens transportant les voyageurs venus au Levant visiter la Terre Sainte, était financé par les différentes marchandises produites par les pays du Levant(18).

Les Mamelouks et les républiques italiennes :

Le XIII° siècle s'est achevé avec la disparition de principautés créées par les Croisées en Palestine, mais les conséquences de ces événements capitaux ne furent ressenties en Occident qu'au XIV° siècle. Ces conséquences se sont traduites à Rome par les tentatives papales visant à interdire le commerce avec le sultanat des Mamelouks, menaçant d'excommunication tous les commerçants francs qui enfreindraient cet ordre. Le Pape s'efforça d'appliquer cette politique par la force des armes, envoyant des vaisseaux armés pour s'opposer aux navires des commerçants francs qui contrevenaient aux ordres et décisions de l'Eglise. L'Eglise catholique pensait que, stratégiquement, l'interdiction pour les francs de commercer avec le sultanat des Mamelouks conduirait inéluctablement à une pénurie des matières premières indispensables à l'enrichissement et la puissance des Mamelouks, de sorte qu'une fois le sultanat affaibli, il serait facile de le détruire. Il serait dès lors possible pour l'Occident de reprendre sans coup férir Jérusalem, d'autant que le transit des marchandises entre l'Occident et le Levant constituait au Moyen âge la principale source de revenu pour le sultanat Mamelouk, grâce aux droits de douane qu'il prélevait sur les marchandises ainsi qu'aux recettes qu'il générait au titre du courtage commercial.

Position des villes italiennes vis-à-vis de l'ordre pontifical :

La décision du pape était cependant incompatible avec les intérêts des républiques et villes italiennes à vocation maritime. Aussi optèrent-elles pour la poursuite des relations avec l'Orient par toutes les voies possibles, l'appât du gain étant plus fort que la crainte religieuse. Elles profitaient, d'autre part, des efforts déployés par les autorités mamelouks pour faire échouer ce blocus économique, qui réservaient un chaleureux accueil aux commerçants francs et, en particulier, aux commerçants de Venise, de Gênes et de Florence. Ces villes et républiques ont, en effet, conclu des traités avec les Mamelouks qui leur accordaient de nombreux privilèges commerciaux, tout en poursuivant les initiatives auprès du pape pour une reprise des relations commerciales avec l'Egypte, de peur que les villes italiennes ne finissent par s'effondrer. Le pape Clément VI finit par céder, autorisant Venise d'envoyer leurs vaisseaux en Alexandrie et autres ports du sultanat, sous réserve qu'ils ne transportent que les marchandises autorisées (non militaires). Cette autorisation n'aurait pu être obtenue n'était-ce les fortes sommes que Venise avait versées à l'entourage du pape(19).

La chute de Constantinople et ses répercussions :

La prospérité commerciale du sultanat des Mamelouks est redevable à la vitalité des voies maritimes et terrestres qui reliaient l'Est à l'Ouest, en particulier pendant la seconde moitié du XV° siècle. Les Mamelouks servaient en Egypte et à la Grande Syrie de courtiers pour les principales marchandises de l'Orient, notamment les épices, les esclaves, les pierres précieuses, les produits pharmaceutiques, les encens chinois, les bois, etc. L'on peut même dire que la richesse du sultanat, sa puissance et son hégémonie étaient étroitement liées au commerce avec l'Orient.

L'origine des relations commerciales avec les Mamelouks remonte loin dans le temps. L'évolution de la situation politique dans la Méditerranée orientale a de nouveau relancé la voie maritime de la Mer Rouge, qui devint ainsi une voie commerciale principale entre l'Inde et l'Europe méridionale. Il ne fait aucun doute, d'autre part, que la détérioration de la situation sécuritaire en Perse était la cause majeure de cette mutation, bien qu'elle n'en fût pas la seule. En 1434, les Génois avaient en effet occupé Famagouste, contraignant les Vénitiens à abandonner Chypre. En 1375, les Mamelouks avaient envahi le royaume d'Arménie mettant fin au commerce prospère de Lajazzo. Tamerlan avait, pour sa part, détruit à la fin de la dernière décennie du XIV° siècle Astrakhan et les régions prospères situées sur la principale voie commerciale terrestre reliant l'Asie centrale à la Mer Noire(20). A cela s'ajoute l'expansion de l'empire ottoman en Mer Egée et dans les Balkans, et la fermeture de la Mer Noire. Tous ces facteurs réunis ont conduit les Vénitiens, les Génois et les autres Etats commerciaux du Sud européens à intensifier leurs activités commerciales avec le sultanat des Mamelouks. Avec la chute de Constantinople en 1453, le commerce avec l'Egypte et de la Grande Syrie devenait la principale artère du commerce avec l'Orient, d'autant que seuls les commerçants italiens pouvaient, en cette époque, obtenir les épices et autres produits orientaux(21).

C'est ainsi qu'Alexandrie et Beyrouth devenaient d'importants comptoirs commerciaux, poussant les Vénitiens et autres pays européens à conclure des accords avec le sultan et obtenir de multiples privilèges commerciaux favorables à Venise. Dès 1453, le nombre de vaisseaux sillonnant la Méditerranée orientale se multiplia, la République de Venise disposant de trois voies maritimes avec l'Orient, auxquelles était venue s'ajouter, en 1461, une quatrième voie reliant Tunis à Alexandrie, appelée Di Trafego. Quant aux commerçants de Gênes, de Florence, de Naples et d'Ancône, ils ont reçu d'autres privilèges, dirigeant leurs navires et marchandises vers les ports d'Alexandrie, de Beyrouth et autres ports du sultanat des Mamelouks à des fins commerciales(22).

Les échanges commerciaux entre Mamelouks et villes italiennes ont permis à la monnaie italienne de jouer un important rôle sur les marchés mamelouks. Tout traité ou accord d'échange entre les villes italiennes et les autorités mameloukes était basé sur les monnaies italiennes en or, reconnues par les autorités mameloukes comme monnaies internationales, notamment le ducat de Venise(23). Ceci prouve, s'il en est besoin, la supériorité économique des villes italiennes. Les estimations générales indiquent que les investissements des villes italiennes dans le sultanat des Mamelouks se chiffraient, à la fin du XV° siècle, à plus de 800.000 ducats en or, ce qui démontre de la puissance économique de ces villes(24). Mais la découverte du Cap de Bonne Espérance sonna le glas de l'Etat des Mamelouks et de la prospérité économique du monde islamique, en ce sens qu'il constituait une menace à la principale source de revenu de l'Etat Mamelouk, l'une des principales causes de sa chute directe dans les mains des Ottomans. Cette découverte était également le prélude à l'hégémonie occidentale sur le commerce international.

Vasco de Gama a réussi, le 20 mai 1498, là où plusieurs de ses prédécesseurs ont échoué, à savoir découvrir la route de l'Inde et atteindre Calcutta par la voie maritime, et ce, à bord de trois navires portugais. Ce n'est que plus tard cependant que l'impact de cette découverte se fit ressentir, c'est-à-dire après que les Portugais aient réussi à dominer les côtes de l'Océan Indien et faire de cet océan leur territoire réservé. Ils ont ainsi pris le contrôle du commerce de l'Inde tout en faisant mainmise sur la voie commerciale reliant l'Orient à l'Occident(25). De nombreux conflits ont éclaté entre les Mamelouks et les Portugais pendant le règne de Qânsûh al-Ghûrî (906-922H / 1501-1516) pour rompre le blocus imposé à la région et qui les menaçait d'asphyxie.

Le gouverneur de Gujerat, en Inde, Mahmoud Khan Ier (1458-1511) fit appel à al-Ghûrî réclamant une aide urgente contre les injustices et exactions portugaises dans la région. Le sultan mamelouk envoya sa flotte, qui fut vaincue dans la bataille navale de Diu en 1509, sur les côtes indiennes. Il s'agit de la célèbre bataille où le vice-roi des Indes portugaises d'Almeida a détruit la flotte mamelouke après lui avoir infligé de graves pertes. Les Portugais tentèrent de s'attaquer par la suite aux côtes arabes de la Mer Rouge et du Golfe, mais les Ottomans finirent par juguler leur influence et activités dans la région(26).

L'effondrement de l'autorité des Mamelouks sur la voie mondiale du commerce a laissé un impact négatif sur la situation intérieure de l'Egypte. La propagation des injustices et des maladies qui s'en est suivie a facilité la déconfiture de l'Etat devant les Ottomans en 1516-1517. L'on peut dire qu'avec la conquête ottomane de l'Egypte, les relations économiques entre l'Orient et l'Occident entrèrent dans une nouvelle ère. Le monde islamique n'a pas capitulé face à la domination occidentale de l'économie mondiale, mais opposa une vive résistance, aidé en cela par la présence de l'Etat ottoman qui a réussi à unifier ce monde et en faire un immense marché pour les échanges commerciaux. Le Maroc a lutté contre l'hégémonie militaire de l'Occident, attaquant les côtes européennes tant et si durement que certains pays européens se retrouvèrent contraints de conclure des traités d'amitié et de commerce avec le Maroc, dont le Danemark (1757) et la Suède (1763)(27). Le thaler autrichien reflète probablement le mieux la nature des relations économiques existant à cette époque entre le monde islamique et l'Occident.

Le thaler autrichien :

De nombreuses monnaies européennes étaient en circulation dans le monde islamique dans les différentes époques de son éclipse, qui se sont étalées dès le dixième siècle de l'hégire (XVI° siècle), atteignant leur apogée aux treizième et quatorzième siècles de l'hégire (XIX° et XX° siècles). Parmi ces monnaies, connues en arabe du nom de Riyal, qui dérive de l'espagnol Real, signifiant royal. L'on dénombre un grand nombre de monnaies, notamment françaises, espagnoles et hollandaises(28).

Le thaler autrichien passe pour être l'une des monnaies les plus en vue. Les mines d'argent d'Europe centrale avaient, en effet, connu une activité fébrile au cours du XV° siècle, après la découverte de nouvelles méthodes de fusion des métaux permettant de séparer plus facilement l'argent du cuivre(29). L'Empire Romain(30), établi sur les terres germaniques et autrichiennes, a su tirer profit de cette découverte en frappant de monnaies lourdes en argent. Ces monnaies se répandirent dans les pays ottomans, jusqu'en Asie centrale, remplaçant progressivement les piastres hollandais (l'arslani). On appelait la monnaie autrichienne le Riyal ou Kara Kurush, signifiant les piastres noirs, qui est en contraste avec le rouge (kazal), c'est-à-dire qu'elle est en argent de bonne qualité, contrairement aux monnaies en argent mélangé avec du cuivre en fortes proportions, que les Turcs surnommaient le Kazal, signifiant rouge(31).

Cette monnaie en argent, apparue à la fin du Moyen âge, compte parmi les premières monnaies européennes datées. La plus grande pièce était frappée au Tyrol, en Autriche actuellement, avant d'être fabriquée dans différentes régions d'Allemagne et de Bohême (Tchécoslovaquie avant sa séparation aujourd'hui en deux Etats). Deux comtes de Bohême (Joachim et Thaler) ont frappé leur monnaie de l'argent extrait des mines, donnant leur nom à cette monnaie avant que ce nom ne soit abrégé par la suite en Thaler, mot qui désignait désormais bon nombre de monnaies en argent. L'on considère également que le thaler serait le grand-père du dollar que l'on connaît aujourd'hui(32).

En dehors de la Bohême, le Thaler était connu en Allemagne sous le nom de Rixdale, ou Reichsthaler, ou encore le Riyal contractuel, qui est à la base des transactions commerciales. Il était frappé dans différents pays qui l'utilisaient comme moyen d'échange commercial entre nations. Ceci s'applique en particulier au Rixdale autrichien qui a exercé une profonde influence sur de nombreuses monnaies dont l'effigie variait en fonction des régions où il était frappé. Celui qui était le plus en vogue dans les marchés du Levant était frappé à l'effigie de Marie-Thérèse, impératrice d'Autriche, morte en 1780, cette date étant inscrite à côté de la valeur nominative du Riyal.

Le Thaler en Egypte :

Le Thaler impérial est apparu en Egypte bien plus tard qu'en Turquie. Il en est fait mention dans les fichiers de Sadate, en 1043 de l'hégire, où il est signalé comme la piastre d'Abu Taqa. Dans les registres officiels, il n'est cité qu'au mois de ramadan 1114 de l'hégire lorsque l'appel fût lancé pour la cotation de la valeur du riyal Abu Taqa(33). Cette appellation, Abu Taqa, vient de l'image figurant sur l'une des faces du Thaler, représentant des armes que suspend un aigle coupé en quatre, ce dessin ressemblant quelque peu aux fenêtres à grilles métalliques, courantes à cette époque en Egypte. D'où provient cette appellation arabe l'apparentant à la fenêtre (signification arabe d'Abu Taqa), dont découle justement le terme Bitâqa (signifiant ticket)(34). Ce n'est qu'à partir de 1165H (1751) que le Thaler commença à circuler dans les marchés de change d'Egypte, détrônant la piastre espagnole en raison des caractéristiques de son alliage, de la perfection de sa circonférence et la résistance de son pourtour à la corrosion(35). L'opération de change favorisait le Thaler bien que la valeur intrinsèque de la piastre espagnole fut légèrement supérieure à celle du Thaler, le calibre de la piastre espagnole étant plus élevée. En résumé, cette différence était due à la nature des relations commerciales et au fait que le Thaler était plus lourd que la piastre et plus parfait(36).

Le café et le Thaler :

Le Thaler domina les relations commerciales en Egypte dès le milieu du XVIII° siècle et jusqu'à l'amorce de la campagne napoléonienne venue du Yémen. Entre-temps, le Thaler était devenu la monnaie de prédilection tant en Mer Rouge que dans l'Océan Indien, en raison surtout de sa relation avec le commerce du café. Au début du XVIII° siècle, il était en circulation au port de Moka, au Yémen, son utilisation devenant courante dès 1760 (1174 de l'hégire). Nipper, lors de sa visite au Yémen, a constaté que les monnaies allemandes étaient très courantes, passant même jusqu'en Inde afin de financer le commerce du café et des épices. En effet, d'énormes quantités de Thaler partaient des différents ports européens vers l'Alexandrie, notamment de Marseille, de Livourne et de Venise, atteignant en 1787 environ 480 mille pièces(37).

Avant la campagne française en Egypte (1798), le Thaler impérial (ou Abu Taqa), était devenue une monnaie financière courante servant à calculer les taxes sur les terres agricoles. Cette situation singulière reflète, en vérité, l'importance que le Thaler avait acquise, puisqu'il était devenu alors le principal mode de paiement en Egypte. Le consul français en Egypte souligne, dans un rapport qu'il adressa à son pays en 1760, que les Egyptiens, voire même les agriculteurs qui avaient naguère refusé le Thaler, le préféraient désormais aux monnaies en or. Le Thaler impérial ne jouissait cependant d'aucune appellation en Egypte, contrairement à Abu Taqa, aucun document ou source historique ne le désignant du Kirsh (Kurush au pluriel), nom adopté en Turquie, et ce, du fait que les monnaies en argent étaient connues à l'époque de la Renaissance en Autriche du nom de Groschen. Il n'était pas non plus désigné en Egypte du nom de Riyal (Abu Shusha) qu'on lui donnait dans les autres marchés d'Orient.

Il existe dans le Musée d'Art islamique au Caire plusieurs modèles du Thaler autrichien. Ils portent tous sur une face l'effigie de Marie-Thérèse et, en dépit des différences dans la conception générale, ils comportent tous le même dessin d'aigle déployant ses ailes avec, au milieu du corps, le dessin d'un bouclier muni de grilles qui lui font ressembler aux fenêtres, dessin qui lui a fait valoir son surnom d'Abu Taqa. Les pièces les plus anciennes conservées au musée remontent à 1757(38). Le Thaler autrichien s'est distingué par l'uniformité de son poids, qui varie entre 27,67 et 27,92 grammes, et son diamètre de 40 mm.

Le Thaler devint une monnaie courante dans bon nombre de pays à travers le monde, allant de la côte Nord-ouest de l'Afrique au Nigeria, de Madagascar à Oman, et jusqu'à la côte turque de la Mer Noire, tous des pays musulmans. L'importance du Riyal et de sa circulation trouvent leur affirmation dans la décision de frapper ces pièces et d'en faire une monnaie royale en Grande Bretagne entre 1945 et 1958.

Le gouvernement autrichien s'est vu contraint, en 1935, sous les pressions exercées par Hitler et Mussolini, de remettre les équipements de fabrication du riyal autrichien au gouvernement italien qui en avait besoin pour financer la guerre de Mussolini contre l'Ethiopie. L'Italie monopolise depuis cette époque la production de ce riyal. Les Britanniques, cependant, ont continué de frapper ce Riyal dans la fabrique royale de la monnaie, et ce, en raison des intérêts commerciaux qu'ils possédaient dans les pays qui leurs étaient soumis de par le monde.

Au cours de la Seconde guerre mondiale, et à la demande du gouvernement britannique, les équipements de frappe de la monnaie ont été transférés à Bombay, en Inde, afin de faire face aux dépenses de transport. La valeur de l'argent, entre-temps, ne cessait de croître. A titre d'exemple, la valeur du Riyal autrichien à Oman est passée, entre 1971 et 1974, d'un demi-riyal omanais à 1,4 riyal. Il serait intéressant de noter que ce même riyal rentre dans la fabrication des chainettes servant à accrocher les amulettes ou talismans que portent les jeunes filles et qu'on appelle al-Madhoud(39). Il convient de noter que le riyal est resté en circulation à Oman jusqu'à une date récente.

 


(*) Membre du Conseil supérieur égyptien de l'Archéologie, membre de l'Association des archéologues arabes, membre de l'Association égyptienne des études historiques et directeur de la Direction de l'information de la Bibliothèque d'Alexandrie.

(1) Voir plus loin : chapitre sur les "pays en partage".

(2) Fathi Othman, Les frontières islamiques byzantines, Livre III sur les Relations civilisationnelles, éd. Al-Kitab al-Arabi lil Tibaâ wal Nashr, le Caire, p.234.

(3) Archibald Louis, Les forces maritimes et commerciales, traduit par Ahmad Issa, pp. 65, 71 et 103.

(4) Fathi Othman, op. cit. p. 238.

(5) Raafat al-Nabrawi, Histoire de la première monnaie arabe en Islam, pp. 60-61.

(6) Wissam Faraj, L'Etat et le Commerce à l'époque byzantine moyenne, 11, Bulletins annuels de la Faculté des Lettres, Université de Koweït, n° 9, 53ème thèse, 1987-1988.

(7) Aziz Sourial Atiya, Les relations entre l'Orient et l'Occident, traduit par Philippe Seif, rév. Ahmad Fati, Maison de la Culture, 1972, p. 157.

(8) Ibid. p. 156.

(9) Vasiliev, Byzance et l'Islam, traduit par Hussein Muenes et Abdel Hamid Zayed, chapitre sur Byzantium, joint au livre sur l'Empire Byzantin, pp. 271-282 ; Fathi Othman, op. cit. p. 254.

(10) Ali Ghamrawi, Nouvelles lumières sur les relations économiques entre les musulmans et les Francs dans la Grande Syrie à l'époque des Croisades, Revue al-Dâra, premier numéro, 18ème année, 1412H, Riyadh. p. 171.

(11) Baybars Alduwadar, Zubdat al-Fikrah fi Tarikh al-Hijra, authentifié par Zubaida Mohamed Atta, Riyadh, 1394H, pp. 192-195 ; Al-Qalqashandi, Subh al-Aasha fi Sina'at al-Inshâa, Vol. 14, p. 46.

(12) Ali Ghamrawi, op. cit. p. 174.

(13) Al-Qalqashandi, op. cit., Vol. 14, pp. 37-38 ; Baybars Alduwadar, op. cit., p. 194.

(14) Ibn Jubair, Le voyage, Dar Sader, Beyrouth, 1964, pp. 235-245.

(15) Ibn al-Athir, Al-Kamel fil Tarikh, Vol. 8, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1978, p. 399 ; Burchard of Mount Sion, A Description of the Holy Land, in P.P. T.S. Vol. XII, Londres, 1896. p.163 ; Ludolf Van Suchem, A Description of the Holy Land, in P.P. T.S. Vol. XII, Londres, 1896. p.55 ; Ali Ghamrawi, op. cit., p. 185.

(16) Naser Khosrô, Safar Nameh, p. 53.

(17) Ibid., p. 189.

(18) Ibn Jubair, Le voyage, p. 287.

(19) Samir Ali al-Khadim, L'Orient islamique et l'Occident chrétien, Dar al-Rihani éditeur, Beyrouth, 1989, p. 12.

(20) Ibid., p. 329.

(21) Ibid., p. 329.

(22) Ibid., p. 196 ; Raafat Nabrawi, Les ducats en or de Venise, revue al-Dara, 4ème numéro, 17ème année, Ramadan 1412H, Riyadh, pp. 91 et 122.

(23) Samir Ali al-Khadim, op. cit. p. 415.

(24) Naïm Zaki, op. cit, p. 449 ; Ahmad Fouad Mutawalli, Les marines ottomane et portugaise au dixième siècle de l'hégire, revue de la Faculté des sciences sociales, Université islamique de l'imam Mohamed ibn Saoud, n° 4, 1400H/1980, Riyadh, pp. 379-380.

(25) Ahmad Fouad Mutawalli, op. cit., pp. 384-385.

(26) Ahmad ibn al-Mahdi ibn al-Ghazal, Natijat al-Ijtihad fil Al-Muhadanat wa Al-Jihad, authentifié par Ismaël el-Arabi, Diwan al-Matbuat al-Jami'iya, Alger, 1982, pp. 7-8 ; Ahmad al-Sâwi, Les monnaies en circulation en Egypte ottomane, thèse de doctorat, Faculté d'Archéologie de l'Université du Caire, 1991, p. 189.

(27) Abdel Rahman Fahmi, Les monnaies en circulation à l'époque de Jabarti, Etudes et communications de l'ouvrage sur le colloque de Jabarti, Association égyptienne d'études historiques, le Caire, p. 578.

(28) Gibb Har et Harold Bowen, La société islamique et l'Occident, Vol. 2, p. 105.

(29) R. Dotey, Money of the world. p. 138.

(30) Le Saint Empire Romain a joué un rôle déterminant dans l'histoire de l'Europe médiévale. Bien que la date de son émergence soit contestée, on lui impute en général l'année 806 comme date de naissance, lorsque le pape Leo III couronna Charlemagne Empereur des Romains à la Basilique Saint-Pierre à Rome. D'autres estiment que sa naissance remonte à 996 lorsque le pape Jean VII couronna Otton Ier Empereur de l'Etat romain. L'histoire de l'empire s'est distinguée, dès 1273 et jusqu'à Charles V (1519-1556) par la domination des Habsbourg et leur expansion des frontières de l'empire en Autriche et les territoires environnants. L'empire comprenait la plupart de l'Europe occidentale. Il devint par la suite l'Empire germanique qui englobait l'Allemagne, l'Autriche, la Bohême et les basses terres d'Autriche et la partie septentrionale de l'Est italien. L'Empire dura jusqu'en 1806.

(31) Ruth Holley, Les industries de l'argent à Oman, série Notre Patrimoine, ministère du patrimoine national et de la culture, Muscat, Vol. 2, 1982, p. 26.

(32) Ahmad al-Sâwi, op. cit. p. 191.

(33) Ibid., p. 192.

(34) Ibid., p. 192. ; voir également Wasf Misr, traduit par Zuheir al-Shayeb, Bibliothèque d'al-Khaneji, le Caire, Vol. 6, p. 73.

(35) Ibid., p. 196.

(36) Ibid., p. 196.

(37) Marseille, au Sud de la France, était l'un des principaux ports d'où partait la voie commerciale de Gênes vers l'Orient. Livourne, quant à elle, est un port italien à l'Ouest du pays, à 12 miles de Pise. Au XVI° siècle, le duc Ferdinand décida d'en faire un port principal, de sorte qu'en 1590 il devint l'un des ports du commerce avec l'Orient. Au XVII° siècle, son commerce couvrait le bassin méditerranéen ainsi que les ports de la Mer du Nord et de la Baltique.

(38) Ruth Holley, op. cit., pp. 26 et 28.

(39) Ruth Holley, op. cit., p. 28.

http://www.isesco.org.ma/francais/publications/Islamtoday/27/p7.php

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