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Articles de islamiates

La Cosmologie islamique peut-elle être moderne ?

 

Karim Meziane

Les sciences de l’Univers, particulièrement la cosmologie, ont connu des développements considérables durant le siècle dernier. Les travaux théoriques essentiels ainsi que les observations importantes (tant en quantité qu’en qualité) qui ont été rapportés tout au long de ces décennies ont conduit à des théories scientifiques de plus en plus sophistiquées (la relativité, le ’’big bang’’, l’inflation, le temps imaginaire, etc.). De plus, les théories cosmologiques ont toujours provoqué de grands débats philosophiques où les références à la religion étaient souvent incontournables. Par exemple, la question de savoir si la théorie du ’’big bang’’ corrobore ou non le théisme fut longuement débattue par un certain nombre d’astrophysiciens, alors qu’elle a paradoxalement peu suscité (à notre connaissance) l’intérêt des philosophes en général. Dans le même temps, le grand public, de toutes confessions religieuses ou traditions culturelles, fut saisi par ces questions d’ordre métaphysique, surtout lorsqu’elles surgissaient de développements scientifiques.

Parallèlement, la seconde moitié du XXème siècle a vu une résurgence d’un attachement général envers les religions (dans un sens plus spirituel et rituel que philosophique), particulièrement dans le monde islamique. Dans cette culture, où le Livre (Le Coran) est une référence ’’uber alles’’, les développements scientifiques ont vite été comparés aux textes sacrés, si bien qu’une ’’cosmologie’’ scientifico-religieuse plutôt amateuriste a commencé à se dessiner et à s’implanter dans le paysage culturel.

Ce n’est pas ce genre de ’’cosmologie’’ que nous voulons principalement présenter et discuter ici, bien que nous lui réservions une brève discussion plus loin. Car en fait, à l’instar d’autres traditions religieuses, la culture de l’Islam véhicule de véritables cosmologies autrement plus complexes. Il n’en demeure pas moins que lorsque les sciences et la philosophie florissaient en terre d’Islam (entre les Xème et XVème siècles), des thèmes fondamentaux, portant sur les cieux et la création, furent considérés avec beaucoup de sérieux et d’attention.

A cela nous devons ajouter la somme importante de références faites par le Coran aux phénomènes célestes et à la question de la création de l’univers. De ce point de vue, le Livre est assez remarquable car, comme nous le discuterons ci-dessous, il contient des centaines de citations explicites portant sur les cieux et le monde en général, et même plusieurs dizaines portant sur la création et le développement du monde et de la terre. Cet aspect est fondamental pour comprendre la culture et la science en tradition islamique, et porte une forte empreinte dans l’élaboration des doctrines cosmologiques par les musulmans.

Il est commun de croire que la tradition scientifique musulmane ne se situe que dans la pure tradition hellénique. Dans cette optique la cosmologie musulmane ne serait qu’une reformulation de la cosmologie grecque, enveloppée dans un ’’world-view’’ islamique. Cependant, la question/débat cosmologique en Islam se situe plus dans le mode de pensée médiéval que l’ancien ou le moderne, si bien que sa motivation principale a toujours été la quête d’une certaine unification du ’’cosmos’’, c-à-d du physique avec le métaphysique, par une certaine symbiose entre le texte religieux et la pensée rationnelle (grecque).

Mais à l’aube du troisième millénaire, peut-on encore discuter de sujets, comme la cosmologie, qui relèvent presque à l’évidence entièrement de la science, dans une perspective religieuse et présenter une ’’cosmologie islamique’’ ? Peut-il y avoir une ’’cosmologie islamique’’, une ’’cosmologie juive’’, une ’’cosmologie hindoue’’ ? La science moderne n’a-t-elle pas ferme la porte à de tels mélanges ?

Tout en étant d’un esprit ouvert, nous tenterons d’être aussi méthodiques et objectifs que nous le dicte notre formation scientifique. D’abord, la présentation résumée que nous ferons de la ’’cosmologie islamique’’ classique, c- à -d médiévale, servira à enrichir la connaissance occidentale de la riche tradition philosophique de l’Islam, dont certains sujets sont souvent méconnus. Ce survol historique servira aussi à montrer, dans la seconde partie de notre article, qu’il est possible d’adopter des points de vue très divers et non-orthodoxes, aujourd’hui, lorsqu’il s’agit de discuter de questions islamiques ayant un rapport avec la science ou la philosophie ; les penseurs de la tradition classique ont pu le faire il y a mille ans.

Enfin, la discussion de ce que beaucoup appèlent ’’cosmologie islamique’’ aujourd’hui (avec des définitions parfois très différentes les unes des autres) s’impose par la crise identitaire que vit le monde oriental aujourd’hui et qui le force à essayer de formuler sa propre culture et même sa propre science. C’est pour cela que nous avons estimé utile, voire nécessaire, à des scientifiques issus de la culture islamique mais aussi imbus de science moderne, d’examiner ces ’’cosmologies islamiques’’ et voir s’il est possible d’en formuler une doctrine moderne...

Il y a, cependant, une autre raison tout aussi, sinon plus importante que ce que nous avons énoncé plus haut. A nos yeux, il est important de se pencher sérieusement sur l’incapacité intrinsèque de la science moderne à attribuer un sens à ses découvertes. Peut-on vraiment discuter de la “singularité du big bang” (une phrase technique visant à remplacer le terme “création” qui est chargé de sens religieux) sans explorer ses implications philosophiques ? Peut-on discourir sur la nature des lois physiques de l’univers sans en explorer la relation avec l’existence de la vie, de l’intelligence, et de l’humanité ? Peut-on discuter de l’existence d’univers sans relation causale avec le nôtre et ignorer le sens d’une telle existence ? Il est clair qu’il y a des questions que la science admet ne pas être en position de formuler une quelconque réponse mais qui paradoxalement constituent le sommet de l’intérêt et de la soif de savoir chez l’homme.

Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de revisiter les doctrines cosmologiques de la tradition islamique, parmi lesquelles certaines ne peuvent pas être acceptées rationnellement aujourd’hui, mais qui peuvent développer pour nous et en nous certains principes sous-jacents qui pourraient former la base d’une théorie néo-islamique de l’homme et de l’univers. Nous avons donc proposé des éléments, voire des bribes, d’une cosmologie potentiellement capable d’harmoniser les découvertes scientifiques avec les principes religieux. Ce ne sont là que quelques pas préliminaires qui doivent nécessairement être suivis par des traitements plus détaillés et approfondis et des analyses critiques, mais nous espérons que nos propositions puissent servir de point de départ a des débats et des développements fructueux.

Cosmologie dans le Coran

Dans la pensée traditionnelle de l’Islam, le Coran contient les ’’principes premiers de la science’’. Dans cette tradition, la science a objet de comprendre et décrire le monde dans sa globalité, y compris ses aspects métaphysiques, et non pas seulement les phénomènes temporels, qui eux relèvent de l’expérimentation et de la pratique rationnelle.

Un lecteur non averti du Coran sera frappé par le nombre de références explicites relatives à la Nature et aux phénomènes liés à l’Univers physique. Il y a trois fois plus (750 versets) de citations coraniques relatives à l’observation et la méditation de la création dans tous ses aspects (le mot ciel/cieux est cité près de 300 fois !), qu’aux injonctions à caractère moral ou rituel. Le Livre insiste sur l’argumentation par la nature pour convaincre (les autres et soi-même) de l’Omnipotence de Dieu et de son Omniscience, son existence étant considérée en Islam comme évidente et naturelle (innée). La façon dont l’Univers fut créé constitue l’argumentation coranique de base pour démontrer que Dieu est la cause première de la création. Il est toutefois important de noter que le mot Univers/Cosmos ("kawn" en arabe) n’existe pas dans le Coran. C’est plutôt le mot "khalq", qui signifie création, qui est utilisé. On relèvera que le mot "kawn" dérive de "kun" qui signifie littéralement "être" ou plus exactement "sois". La Création (donc l’Univers) vient à l’existence après l’ordre divin "Kun" (Soit) ! Le mot "kawn" (univers) devient donc synonyme d’Existence ou d’Etre, une identification fondamentale dans la doctrine d’Ibn-Arabi examinée ci-dessous. Enfin, il faut dire que le Coran soutient l’idée que l’existence de l’Univers est subordonnée à celle de l’Homme, une idée remise à jour par le "Principe Anthropique" et longuement discutée dans les milieux scientifiques durant les dernières décennies. Cette notion anthropocentriste, qui découle d’une interprétation littérale du Coran, rejoint celle contenue dans la Bible.

Le Coran insiste de manière pertinente sur la contemplation et la réflexion autour des phénomènes cosmiques à toutes les échelles. Pour illustrer ce point, nous avons sélectionné deux passages particulièrement intéressants :

« Certes dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau qu’Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne. [1]

« En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs cotés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : Notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Feu. » [2]

Si le Livre encourage l’Homme à acquérir la connaissance par l’observation et la réflexion, il souligne toutefois que : 1) toute connaissance provient de Dieu, et de Dieu seulement ; 2) la raison n’est pas l’unique moyen pour l’acquisition de la connaissance et de la vérité ; et 3) la dimension spirituelle de l’homme est intimement liée à l’intellect. En d’autres termes, le cosmos est une source d’épanouissement, aussi bien pour la raison que pour l’âme.

Il est vrai que dans une perspective philosophique moderne, ce dernier point peut paraître contraire à "la logique". Il est évident qu’un message religieux comme le Coran, qui peut à la limite contenir des vérités d’ordre cosmique, ne doit pas se lire comme un ouvrage qui suit "la logique", au sens le plus rationaliste du terme. Il n’est donc pas étonnant que les informations relatives à l’Univers dans le Coran s’y trouvent de manière diffuse et éparse. Toutefois, s’il ne contient pas de chapitre "Genèse", le Coran rapporte la création de l’Univers en "six jours" ainsi que le fait que Dieu ait créé "sept cieux". Il serait évidemment très naïf d’avancer une interprétation littérale des versets évoquant la création et la structure des cieux. Car d’autres passages indiquent aussi que la durée d’un seul jour dans "auprès de Dieu" équivaut à 1000, voire 50 000 années terrestres. Il est aussi indiqué que les élus au Paradis y resteront pendant une durée équivalente à "la durée des Cieux et la Terre". Y a-t-il là allusion (puisque les élus aux Paradis y demeureront éternellement) que l’Univers est éternel ou du moins que son âge est très élevé (par rapport à l’échelle humaine) ?

Enfin, un dernier exemple qui illustre la difficulté d’interpréter les versets coraniques liés aux questions cosmiques concerne la précédence de la création des Cieux et de la Terre. Cette question fut largement débattue par les exégètes musulmans, dès lors que le Coran présenta des versets apparemment contradictoires à ce sujet :

« C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre, puis Il a orienté Sa volonté vers le ciel et en fit sept cieux. Et il est Omniscient. » [3]

« Etes-vous plus durs à créer ? Ou le ciel, qu’Il a pourtant construit ? Il a élevé bien haut sa voûte, puis l’a parfaitement ordonné ; Il a assombri sa nuit et fait luire son jour. Et quant à la terre, après cela, Il l’a étendue. » [4]

Ces difficultés d’interprétation nous mènent simplement à conclure qu’une cosmologie coranique est très difficile à établir.

Sur la question du futur de l’univers, le Coran, à l’instar d’autres messages religieux, présente une eschatologie de l’Homme. Qu’en sera-t-il de l’Univers lorsque l’Homme disparaîtra de sur Terre pour être jugé de ses actions (Jour du Jugement) ? En fait, la fin de l’espèce humaine coïnciderait avec une sorte de cataclysme à l’échelle terrestre, bien que d’autres versets font allusion à un cataclysme à l’échelle cosmique. Dans le premier cas, une espèce de séisme global détruirait l’espèce humaine sur Terre ; dans le second, on assisterait à divers phénomènes astronomiques : éclipse luni-solaire, cieux "pliés" et changés de "couleur", etc... Il serait encore naïf de voir à partir de ces versets un scénario clair du destin de la Terre et de l’Univers. Il reste à souligner, toutefois, l’aspect anthropique de la fin (comme de la création) de l’Univers selon le Coran.

Les Doctrines Islamiques Classiques

Seyyed Hussain [5], un penseur iranien soufi qui enseigne la pensée islamique à l’université de George Washington (Etats-Unis), écrit à propos des doctrines cosmologiques en Islam : « Le but des anciennes doctrines cosmologiques n’était pas d’expliquer les phénomènes naturels ; ces doctrines constituaient plutôt des sciences dont l’objet central était de montrer l’Unité de tout ce qui existe. […] Cette unité est particulièrement importante en Islam où la notion de l’Unicité (du Divin) dépasse toutes les autres notions et constitue le principe de base de la civilisation musulmane à tous les niveaux de son expression ». [6]

En Islam, toute connaissance cosmologique doit en principe montrer le lien entre le Cosmos et Dieu, qui en est l’origine ontologique. A partir des "signes" (ayats, en arabe) présents dans la nature, l’homme a un aperçu sur Dieu Lui-même. Pour cela le Coran, de manière répétitive, incite à l’usage de la raison dans le but de déchiffrer Son message à travers la nature.

Les sciences cosmologiques formulées par les musulmans doivent donc s’intégrer dans cette perspective islamique. Cependant, comme dans toute tradition humaine où l’esprit joue un rôle principal dans l’élaboration des différentes conceptions et doctrines culturelles, sont apparues dans la tradition philosophique islamique de nombreuses écoles et tendances qui ont proposé des cosmologies assez diverses et originales. Ce spectre de modèles et de tendances est ainsi résumé par Nasr : « Dans les écrits des Ikhwan (al-Safa), nous trouvons une riche collection de symboles néo-pythagoréens et herméticistes, ce qui constitua un réservoir important où puisèrent les Ismaïliens pendant les siècles suivants. Avec Al-Biruni, nous rencontrons un des plus éminents mathématiciens et astronomes musulmans et un des savants et historiens les plus indépendants à avoir entrepris une véritable recherche du savoir [aussi bien parmi les peuples anciens (indiens et grecs) que dans la nature]. Avec Avicenne, nous découvrons le plus péripatéticien des philosophes de l’Islam, dont la vision du cosmos, reprise plus tard par les Ishraqis (Illuminationistes), présente des éléments de ressemblance avec les conceptions soufies de la nature et du rôle de la cosmologie dans le voyage du gnostique vers l’Illumination ». [7]

Il ne nous est pas possible, dans cette partie de notre article, qui vise seulement à montrer la richesse et diversité des doctrines cosmologiques de l’Islam classique (dans son sens historique), de faire une présentation détaillée et exhaustive ; pour cela, S. H. Nasr a du faire une thèse de doctorat ! Nous nous contenterons de quelques brèves sections résumant les principales écoles cosmologiques dans la tradition islamique, à savoir : le courant philosophique helléniste (représenté par Al-Kindi, Al-Farabi et Averroès), la doctrine de l’émanation (mise en avant par Ikhwan al-Safa et Avicenne), et la conception soufie de l’unité de l’existence (élaborée principalement par Ibn-Arabi). Nous tenons à signaler que ce présent exposé n’inclut pas les conceptions cosmologiques basées sur la doctrine de l’Illumination (Ishraq), cette doctrine hautement élaborée et très répandue dans le monde chiite.

La Philosophie Islamique (Helléniste)

Dans leurs opinions cosmologiques, les philosophes de l’Islam médiéval ont largement effectué des emprunts à la philosophie grecque en général et, à un degré moindre, à la philosophie indienne. On retrouve donc chez les philosophes de l’Islam des éléments importants tirés des conceptions d’Aristote, de Platon et de Pythagore sur les "cieux".

Al-Kindi est le seul parmi les philosophes classiques de l’Islam à adhérer à la doctrine de la création ex-nihilo. Son argument est simple : ceci est consistant avec les versets du Coran et possible grâce à l’Omnipotence de Dieu, qui est certainement capable de créer l’Univers à partir de rien.

Al-Farabi, lui, reste fidèle à Aristote. Il rejette donc l’idée que Dieu ait décidé "de manière soudaine" de créer le monde. [8]

Averroès, probablement le plus grand philosophe de l’Islam et fervent défenseur d’Aristote, adhère à l’hypothèse d’un Univers éternel en évolution constante. Cependant, seul le créateur est l’Etre Eternel. Il procède à des changements dans la création par l’intermédiaire des intellects, des anges et des esprits (ames). Le philosophe andalou soutient la doctrine aristotélicienne de la "finalité des causes" qui stipule que tout évènement véhicule en lui-même un but prédéterminé qu’il atteindra. En d’autres terme, l’Univers d’Averroès est en évolution verticale dirigée vers le haut (évolution vers la complexité). Pour Averroès, la forme et le corps (le contenant et le contenu) sont éternels et ne peuvent être dissociés. L’univers doit donc être statique (globalement) mais en évolution. Enfin, il est intéressant de noter qu’Averroès, en accord avec sa conception téléologique du monde, rejette l’hypothèse anthropiste de la création, [9] s’opposant ainsi aux points de vue des théologiens.

La Doctrine de l’Emanation

Les Ikhwan as-Safa, une confrérie ésotérique intellectuellement très active à Basra (Irak) au courant du Xème siècle, adhéraient aux doctrines platoniciennes de l’émanation plutôt qu’ à la création ex-nihilo apparemment véhiculée par le Coran. A partir de considérations d’ordre métaphysique, ils attribuent leur vision du cosmos à l’origine divine de celui-ci. Les Ikhwan préconisent une conception organique du cosmos, dont l’existence entière constitue un seul Etre. Le cosmos a en outre une structure basée sur une numérologie de 9 : le nombre 1 symbolise l’Existence ou l’Etre, le 2 est apparenté à la « dualité » de l’esprit (inné ou acquis), et ainsi de suite jusqu’au 9 qui représente les corps terrestres (de nature minérale, végétale, animale). Chaque niveau cosmique contient un nombre d’éléments égal à la place qu’il occupe. En parallèle, ils soutiennent que la création a d’abord commencé par celle de l’‘‘Intellect Premier’’, de part sa nature parfaite et simple, car l’Essence Divine doit rester voilée au monde créé. Puis vint la création de l’Esprit Universel qui est l’agent producteur des créatures. Puis vient en dernier la création de la matière.

Avicenne, un penseur raffiné par son esprit encyclopédique, fut probablement parmi les philosophes celui qui a le plus cherché l’harmonisation avec les concepts religieux de l’Islam. L’univers d’Avicenne est structuré en 9 sphères, au lieu de 8 selon Aristote, la sphère supplémentaire, purement vide, séparant le Divin de l’espace physique créé. Les sphères sont contrôlées par des êtres métaphysiques (les anges, par exemple) agissant sous le commandement de l’Intellect Premier. Le processus de création chez Avicenne résulterait d’un acte de révélation et de conscience intime de la part du Divin. [10]

Il ne faut pas voir dans les références ou l’emprunt à la cosmologie grecque une quelconque incohérence avec la conception religieuse de l’Islam. Les philosophes musulmans ont été libres dans leur utilisation de la raison, mais l’intégration d’éléments d’origine religieuse dans les cosmologies qu’ils ont élaboré est très évidente. Le meilleur exemple en est d’ailleurs donné par Biruni, le meilleur représentant de la méthode scientifique en terre d’Islam. Considérant l’observation de la Nature comme un devoir religieux, Biruni entreprit l’étude de la nature en musulman dévoué, pour lequel la nature de toute connaissance doit en fin de compte toujours être référée au Créateur. "La connaissance réelle d’un sujet est de le connaître tel qu’il est dans l’Esprit Divin" [11]. En accord avec les versets coraniques, il soutient la doctrine de la création ex-nihilo ; il affirme toutefois que la "date" de la création est impossible à connaître, pour la simple raison que le Créateur n’en a pas soufflé mot dans son Livre. En fin observateur, il conclut aussi que les lois de la Nature doivent être immuables.

L’Univers de Biruni est structuré en sphères concentriques autour de la Terre, contenant les 4 éléments d’Aristote et les planètes au-dessus. Il est enfin intéressant de noter que Biruni n’a exclu le système héliocentrique de l’Univers au détriment du géocentrisme qu’après avoir calculé la vitesse qu’aurait la Terre si elle orbitait le Soleil. La valeur numérique qu’il déduit lui fait conclure que dans ce cas-là, le mouvement de la Terre aurait été perceptible aux humains.

L’Univers Géocentrique

La conception de l’univers physique pour les astronomes de l’Islam durant la période d’essor de la science arabo-islamique (IX-XIV siècles) était principalement basée sur le modèle géométrique de Ptolémée établi durant le second siècle de l’ère chrétienne. En accord avec les conceptions aristotéliciennes, l’univers consistait en un ensemble de sphères physiques et concentriques dont la Terre est le centre. Chaque planète est associée à une sphère physique supposée être en mouvement.

 

A partir du XIème siècle, le modèle de Ptolémée, où la Terre n’était pas tout à fait au centre, fut sérieusement mis en doute par un nombre d’astronomes et philosophes du monde musulman, à l’instar du physicien fatimide Hassan Ibn-Haytham et du philosophe andalou Ibn-Rushd, et cela pour plusieurs raisons importantes. Un argument philosophique trouvait "inconfortable" la position excentrée de la Terre, comme le préconisait Ptolémée, et qui conduisait à des mouvements planétaires non uniformes. Ibn-Rushd lui-même rejeta sans ambiguïté aucune le modèle de Ptolémée. Une autre raison était d’ordre physique : il devenait très difficile de concilier l’agencement et le mouvement des sphères physique avec l’idée de l’épicycle [12]. Cela n’a pas empêché, toutefois, le premier directeur de l’observatoire de Maragha, Nasir al-Din al Tusi (1201-1274) de soutenir que chaque sphère planétaire est en fait une coquille creuse ("hollow sphere") avec une épaisseur de la taille de l’épicycle. Sans nécessairement être en contact, les coquilles sphériques s’emboîtent les unes des unes. L’autre raison, qui n’était pas triviale, portait sur l’accroissement continu d’observations qui ne trouvaient pas d’explications dans le modèle de Ptolémée. Cela a conduit par exemple, l’astronome de Damas Ibn-Shattir (1350 AD), formé à Maragha même, de revenir au modèle géocentrique où la Terre reprenait sa place au centre. Il est évident qu’Ibn al-Shatir était conscient que tout modèle physique de l’univers devait être en accord avec les observations tout en essayant de répondre aux préoccupations philosophiques [13].

 

On voit donc ici, contrairement aux théologiens et aux philosophes, une démarche purement scientifique, mais qui se soucie des répercussions philosophiques. Les préoccupations philosophiques des astronomes, tel Ibn-Shatir, démontre une certaine attitude vis à vis des modèles physiques qui doivent correspondre à une sorte de "réalité" et non pas uniquement à expliquer les observations. Il faut relever ici le degré de maturité présent dans l’élaboration de toute cosmologie islamique classique ou moderne.

L’Unité de l’Existence

Avec Ibn-Arabi, né à Murcie (Andalousie) en 1165, nous découvrons une cosmologie des plus originales dans la philosophie universelle. L’éminent soufi se situe aux antipodes de la pensée péripatéticienne d’Averroès. Pour comprendre l’origine de la doctrine d’Ibn-Arabi, il n’est pas inutile d’évoquer brièvement le principe de base de cette épistémologie "akbarienne". Sans sous-estimer l’apport de la raison, Ibn-Arabi considère que la connaissance acquise à partir de l’expérience spirituelle est le plus haut niveau d’apprentissage. La connaissance objective, déduite exclusivement du raisonnement, peut constituer en fait "un voile" (un mot qui véhicule une riche symbolique dans le soufisme) qui empêche de voir la vraie nature des choses. Pour Ibn-Arabi, le point de départ de toute connaissance est la connaissance de soi. Une connaissance qui ignore le soi est incapable d’appréhender le (vrai) réel.

Le principe central de la doctrine d’Ibn-Arabi, qui est loin de faire l’unanimité parmi les musulmans, est que l’Existence est Une et Elle s’identifie au Réel (Essence). Les entités "créées" n’existent pas par elles-mêmes, elles acquièrent une existence par le biais de leur relation à l’Etre. Qu’une entité "existe" dans le Cosmos ou non ne fait aucune différence dans "l’esprit" de Dieu. En d’autres termes, les entités ne sont que des images (comme par exemple une image réfléchie par un miroir) qui n’ont pas d’existence réelle.

Tous les éléments de l’Univers reflètent donc l’Existence. L’Univers est alors conçu comme une Théophanie dans laquelle Dieu se "voit" Lui-même dans Sa création. Si l’Existence est complètement hermétique à l’entendement humain, il n’en est pas moins des Attributs divins (Omniscience, Omnipotence, Miséricorde, etc.). Les Attributs divins, ou tout simplement Noms Divins (la tradition musulmane soutient que Dieu a 99 Noms ou Attributs), définissent la manière dans laquelle Dieu se révèle à Lui-même. En d’autres termes, les propriétés observées dans les entités créées dans l’Univers ne reflètent que la nature de ces Attributs. Comme remarquablement décrit par W. Chittick : « Le cosmos représente une manifestation des Noms Divins en modes différentiels (tafssil) : chacun des Noms présente ses propriétés et marques propres par Lui-même ou en combinaison avec d’autres Noms. Ainsi, le cosmos dans sa totalité spatiale et temporelle, constitue un panorama infiniment vaste de possibilités existentielles » [14]. Il s’ensuit que pour Ibn-Arabi, la connaissance du cosmos dans sa totalité e st impossible du fait des possibilités infinies qu’il contient. La Connaissance du Réel (La "Vraie" Science) revient à comprendre alors le mode dans lequel Dieu se révèle à Lui-même. Toutefois, le Cosmos et ses propriétés observées fournissent la connaissance des Noms et non de son Essence, hermétique elle à jamais.

Ainsi, si la question de la création ex-nihilo et la question dudébut de l’Univers dansle sens conventionnel du terme ne se posent pas dans la doctrine d’Ibn-Arabi, cela n’implique pas que l’Univers est forcement éternel. Lorsqu’une entité est "désirée" par Dieu, Il lui donne existence. Si cette entité est rendue manifeste, elle se déploie dans l’univers physique (ou à la limite métaphysique) et peu ainsi en principe être connue par l’homme. Toutefois, le mode dans lequel une entité devient manifeste reste à jamais inconnu, car cela nécessite la connaissance objective de l’Existence, ce qui est au-delà de l’entendement humain.

L’autre aspect fondamental dans la doctrine d’Ibn-Arabi est la notion de création continue pour contraster avec le processus de génération et de corruption dans l’univers. Pour le Soufi, Dieu se révèle à Lui-même continuellement. Toutefois, à chaque "instant" son Image doit être différente de celle qui la précède car Dieu ne se manifeste jamais de manière identique. Ainsi, lorsqu’une entité existe, elle ne fait plus l’objet du "Désir" Divin, elle est donc aussitôt annihilée. Dans le même temps, Dieu porte alors son "Désir" sur une autre entité qui fait alors son apparition dans l’existence. Le cosmos est alors une perpétuelle fluctuation de formes dans lequel le reflet de l’Existence change ‘instantanément’ [15] Cette notion de création-annihilation instantanée est, dans cette doctrine, cohérente avec le fait que le cosmos n’a pas d’Existence propre.

Cosmologie(s) Islamique(s) Contemporaine(s)

Nous venons de voir que les doctrines cosmologiques classiques de l’Islam couvrent un spectre très large. Si on exclut la doctrine soufie qui émerge, selon ses adeptes, exclusivement de la révélation islamique, les travaux des penseurs de l’Islam se situent en grande partie dans la tradition hellénique. Pour les philosophes, le principal souci était d’intégrer la connaissance objective d’alors dans la tradition islamique.

L’autre aspect important, particulièrement de nos jours, est le débat sur la nécessité ou non d’une référence à Dieu dans les théories cosmologiques. Quoi qu’on puisse dire sur son caractère temporel, notre connaissance sur l’univers physique mérite le respect. Une tentative d’harmoniser la théologie religieuse avec notre compréhension de l’univers n’est pas simple, mais toutefois légitime. Parce que notre connaissance actuelle porte essentiellement sur l’univers physique, son intégration dans les doctrines cosmologiques traditionnelles de "totalité" est une entreprise incertaine, voire périlleuse.

Procédons méthodiquement. D’abord l’explication des processus de la nature par l’intermédiaire des lois physiques peut-elle exclure Dieu comme créateur et cause première de l’univers ? Cette question a été posée de façon pertinente par des hommes de sciences de grande notoriété. Un exemple particulièrement illustratif est l’hypothèse selon laquelle l’univers aurait pris naissance à partir d’une fluctuation du vide quantique, comme il est décrit par Hartle-Hawking dans leur papier [16] de 1983, désormais célèbre. Cette hypothèse est particulièrement attirante pour les athéistes, puisqu’elle constitue selon eux une preuve d’une origine "naturelle", au moins possible, de la création. Hawking ne dit-il pas lui-même en faisant référence à cette hypothèse : "What place then for a Creator ? [17]. Les théistes, cependant, voient encore dans le modèle de Hartle-Hawking un autre type d’évidence de la création ex-nihilo de l’univers.

L’ordre et l’harmonie sont perçus par le musulman plutôt comme un argument pour le théisme. Les lois de la nature sont considérées, par beaucoup de musulmans contemporains, incluant intellectuels et théologiens, comme des "moyens" de Dieu pour la réalisation de Ses fins. Toutefois, la théologie asharite, probablement l’une des plus répandues dans le monde musulman, rejette l’existence des « lois de la Nature » et considère chaque évènement produit dans la Nature comme l’expression de la Volonté Divine. Il reste à noter l’exception d’Ibn-Arabi, qui rejette toute idée d’intermédiaire entre Dieu et sa création, puisque selon lui l’univers n’est qu’une image ou projection des Noms. Pour le soufi andalou, comme nous l’avons vu, ce n’est pas en termes de « lois » qu’il faut appréhender le Cosmos mais en termes d’Attributs divins immuables.

Cette discussion philosophique/religieuse des développements cosmologiques modernes nous conduit à rechercher des ’’cosmologies islamiques modernes’’. Nous voudrions citer quelques cas actuels, certains plus respectables que d’autres.

I’jaz Ilmiy (Miracle Scientifique du Coran)

Cette ’’école’’ populiste est apparue au début du XXème siècle et a surgi en force durant le demi-siècle dernier ; elle a acquis de très nombreux adeptes dans le monde musulman où la production et consommation de livres faisant des liens et parallèles directes et explicites entre les découvertes scientifiques contemporaines (dans beaucoup de domaines) et les versets coraniques sont très fortes, alors que la lecture et l’édition (sérieuses) ont chuté de manière vertigineuse...

 

Les maîtres à penser de cette école, parmi lesquels nous citerons Bashir Turki (physicien, professeur d’université tunisien), Abdelmajid al-Zandani (homme de religion et politique yémeni, ayant reçu une formation en pharmacie) et Abdulrahman Khudr (professeur, scientifique et écrivain saoudien), soutiennent que le Coran – et même, dans un développement récent encore plus alarmant –, la tradition orale du Prophète Mohamed, contiennent des descriptions extraordinairement précises et correctes de phénomènes naturels et cosmiques, descriptions qui précédent dans leur formulation les découvertes par la science de quatorze siècles.

 

Par manque d’espace, nous ne donnerons qu’un seul exemple de ce genre de littérature. Dans son livre intitulé ’’L’homme dans l’Univers, dans le Coran, et dans la Science’’, publié (en langue arabe) en 1983, Abdulrahman Khudr écrit : « Le début a en effet été comme l’a décrit le Coran. Il y a eu des grains de poussière interstellaires [et l’auteur de rajouter l’expression ’’originelle’’ en langue anglaise : ‘interstellar dust grain’]... Le rassemblement de ces particules n’a été - apparemment - que pour ’’séparer’’ les éléments chimiques dans la matière de l’univers... Et c’est ainsi que les scientifiques ont découvert que les atomes de ce gaz/’fumée’ [le Coran décrit les cieux ’’anciens’’ comme ’fumée’], dont le Coran nous avait informés depuis environ 1400 ans, est la seule méthode de formation des plus grands objets solides dans l’univers, y compris les étoiles. Gloire donc à Dieu, le plus véridiques des informants... »

 

Khudr conclut alors : « Je suis convaincu que le Coran n’a laissé aucun phénomène cosmique ou naturel auquel il n’a pas fait référence. » Mohamed Talbi, dans sa partie de l’ouvrage « Réflexions sur le Coran » nous rappèle [18] qu’une telle affirmation, portée comme ci à l’extrême jusqu’au ridicule, remonte au grand Al-Ghazali (1058-1111) lui-même ; en effet celui-ci écrivait : « N’est-il donc pas parvenu à tes oreilles que le Coran est l’Océan sans limite d’où se ramifient toutes les sciences des hommes du début jusqu’à la fin des temps ? [19] ». Al-Gazali avait, il est vrai, précisé plus tard que le Coran contenait ces sciences « de manière globale ». Un autre grand exégète, Al-Suyuti (1445-1505) avait été encore plus catégorique : « Et moi je dis : Le Livre de Dieu Tout Puissant contient toute chose. Quant aux sciences, pas un seul de leurs chapitres, pas un seul de leurs problèmes fondamentaux, dont on ne trouve dans le Coran quelque chose qui y renvoie. On y trouve les merveilles de la création, les trésors des Cieux et de la Terre, ce qui est dans les lointains horizons, tout comme ce qui est enfoui dans le sous-sol. [20] »

C’est ce genre de traité, qui ne mérite pas de discussion de notre part, que nous trouvons très souvent dans la littérature de cette école pseudo-scientifique. Il suffit de noter d’ailleurs que de grands philosophes et savants de l’Islam, de Mohamed Arkoun à Mahmoud Shaltut, qui fut en son temps recteur d’Al-Azhar (la plus célèbre université de théologie du monde musulman) l’ont rejetée purement et simplement ; Shaltut écrivit en effet : « Cette façon de considérer le Coran est sans aucun doute erronée. Elle est erronée car Dieu n’a pas révèle le Coran pour en faire un livre où il expose aux hommes les théories scientifique s, les arcanes des techniques, et les diverses branches du savoir. Elle est sans aucun doute erronée car elle pousse ses partisans et ses amoureux à solliciter à l’excès le texte coranique au point de desservir l’i`jaz et de choquer le bon sens. Elle est aussi erronée car elle expose le Coran à graviter dans l’orbite des sciences en tout temps et en tout lieu. Or en matière de science, il n’y a ni constance, ni permanence, ni opinion définitive. Il arrive que ce qui est aujourd’hui certitude, soit rangé demain parmi les légendes. » [21] Par contre, nous aimerions attirer l’attention des lecteurs, musulmans ou non, sur ce qui nous paraît une remarque fort intéressante de la part de Maurice Bucaille [22] à propos de la description de la création et du cosmos dans le Coran : le fait qu’aucune des superstitions ou des « enseignements » bibliques qui prévalaient au temps de Mohamed ne se trouvent dans le Coran. C’est peut-être la, tout simplement, l’I`jaz (miracle scientifique) du Coran, s’il y en a un !

Points de Vue Contemporains

Plus sérieusement, il convient de citer Bruno Guiderdoni, un cosmologiste de l’Institut d’Astrophysique de Paris, qui adhère à la doctrine soufie. Conformément à Ibn-Arabi, il soutient que « La Révélation de Dieu à Lui-même est sans fin. [...] L’apparition des "propriétés émergentes" à tous les niveaux de complexité, et particulièrement celle de la vie et de l’intelligence, n’est qu’un aspect de la Révélation continue de Dieu à Lui-même » [23]. Il écrit aussi : « Nous devons prendre conscience que l’Homme est appelé à un savoir bien au-delà de la connaissance rationnelle… » [24]

L’un de nous (NG) soutient un autre point de vue basé sur une vision rationnelle sans toutefois être matérialiste : Dieu par ses Attributs a créé l’univers de façon "élégante" ! L’absence d’une marque d’intervention (ou empreinte) "directe" sur la création est conforme à l’omnipotence créatrice de Dieu. Il ne Lui est plus alors nécessaire d’intervenir dans l’univers. Ceci nécessite, toutefois, un principe élégant (qui pourrait même être formulé mathématiquement) qui serait à l’origine et à la base de tout ce qui existe. La grandeur de la création résiderait alors dans sa simplicité et sa perfection absolues. Dieu est l’Abstraction Parfaite de toute réalité tout en étant le Principe Fondamental à partir duquel tout a été créé.

Ce point de vue se verrait fortifié par un aspect important de la tradition musulmane qui est malheureusement méconnu ou du moins souvent ignoré : le Coran distingue de manière remarquable et sans aucune ambiguïté l’univers physique (’aalam al-shahadah) de l’Univers "caché" (’aalam al-ghaib) ou métaphysique. Ce dernier comprend toutes les questions liées à Dieu, aux anges, au Paradis, etc. Il ne peut être discuté que dans le cadre exclusif de la religion et de la foi, contrairement au monde physique dont l’intelligibilité est du ressort de la raison et qui relève donc de la science. Il faut toutefois souligner que cette conception n’était pas intégrée dans le mode de pensée islamique "classique" (médiéval). Ce point de vue, cette distinction, est devenu(e) plus claire depuis l’avènement de la méthode scientifique rationnelle.

La Cosmologie de Nasr

En discutant les conceptions contemporaines des cosmologies islamiques, il est difficile d’ignorer les développements apportés par Nasr sur ces questions. Le but ici n’est pas de décrire ces cosmologies, dont certaines furent brièvement évoquées plus haut (Ikhwan as-Safa, Ibn Sina), mais d’indiquer les arguments utilisés par Nasr pour légitimer les cosmologies traditionnelles. En effet, Nasr souligne la différence fondamentale entre les sens donnés à la « cosmologie » dans les contextes traditionnels vis à vis du contexte de la science moderne . La cosmologie dans le contexte islamique selon Nasr « traite de la réalité cosmique dans sa totalité, y compris l’intelligible et l’angélique, ainsi que les principes métaphysiques ayant un rapport avec le domaine cosmique. » [25]

Dans son « Knowledge and the Sacred » [26], considéré comme son oeuvre majeure, l’éminent soufi fait un dur procès à l’empirisme et au réductionnisme, sur lesquels s’appuie bien sur toute la méthodologie scientifique moderne, et renoue avec les conceptions traditionnelles de la religion.

La religion, selon Nasr, véhicule une source de connaissance fondamentale sur le cosmos. Cette connaissance, ou scientia sacra, appréhende la réalité des entités physiques selon leur nature objective et non à la lumière des théories scientifiques, nécessairement biaisées, aussi performantes qu’elles soient. Dans ces doctrines, le monde physique ne constitue pas l’ultime réalité, mais occupe un certain niveau dans un cosmos doté d’une structure hiérarchique. Chaque niveau hiérarchique réfléchit d’une certaine manière le Principe Métaphysique Suprême, ce qui explique, selon Nasr, l’ordre et l’harmonie dans le cosmos. Si chaque domaine de la réalité (ou niveau hiérarchique) est analysé dans son propre niveau, il n’empêche que les faits (ou évènements) s’y produisant sont liés au cosmos tout entier. Ainsi, l’appréhension de la réalité ou de l’unité de tout l’univers devient non seulement une possibilité mais un objectif de l’intellect humain.

Nasr soutient que sa conception théiste est non seulement une revitalisation de la cosmologie islamique, mais aussi une tentative de retour à une cosmologie unifiante. Cependant, malgré un regain perceptible du soufisme dans le monde, une telle cosmologie traditionnelle est largement en déclin, d’abord pour cause de son manque de pragmatisme, mais aussi et surtout du fait que l’ensemble des musulmans instruits, y compris bien sur les scientifiques et les intellectuels, considèrent la méthodologie des sciences modernes comme consistante avec l’enseignement coranique.

Cosmologie Théiste ?

La majorité des scientifiques, et même du public général (de par le monde), croit fermement que seule la science détient les clés et les réponses aux questions relatives à l’univers, à la vie, et à presque tout ce qui nous concerne. Mais en 1997, un sondage a montré que 40 % des scientifiques américains croient en Dieu, 45% n’y croient pas, et 15% sont des agnostiques. [27] Cette proportion de croyants semble être demeurée constante au long du XXème siècle, du moins depuis que de tels sondages ont été entrepris, en 1916. [28] Du fait, de nombreux scientifiques insistent ouvertement aujourd’hui que la ligne scientifique "dure" soit adoucie pour incorporer d’autres approches, même non formelles, y compris la religion, la métaphysique et la philosophie, ce qui pourrait enrichir la conception humaine et la compréhension de certains sujets.

Le problème de la nécessité d’attribuer un sens aux phénomènes physiques qui nous entourent – et au monde univers plus généralement – demeure à nos yeux une question essentielle qui nécessite un remède que nous devons rechercher avec la plus grande ouverture d’esprit. Nasr exprime cette idée de manière éloquente : « Alors que de plus en plus de philosophes et théologiens ainsi que certains physiciens en Occident sont à la recherche d’une cosmologie plus intégrante et remettent en question la validité de la bifurcation cartésienne qui dépouille les objets de toutes leurs qualités, une cosmologie globaliste qui ferait justice à la réalité totale du cosmos avec ses différents niveaux d’existence, ainsi qu’une science qui viserait à comprendre l’essence des choses aussi bien que leurs structures mathématiques... » [29]

Cependant, le problème, tel qu’il nous semble, est de trouver une méthode d’enrichissement de la science par ces "approches globalistes", un enrichissement qui ne compromettrait pas l’objectivité de la science, qui est son atout majeur. Dieu et la religion peuvent-ils être introduits dans le domaine de la cosmologie sans détruire l’édifice construit par la science ? Et si un "arrangement" ne peut être trouvé entre les scientifiques intransigeants sur leurs principes (souvent athéistes) et les religieux soucieux de rendre à leur Créateur une place adéquate dans leur perception du Cosmos, pouvons nous proposer un principe de compréhension mutuelle où les deux approches se comprennent et se respectent dans un désaccord poli ?

D’abord il nous faut souligner que ce genre de questions a toujours été plus facile à poser dans les cultures orientales, et nous comprenons donc que le lecteur occidental puisse être surpris par ce type de proposition. Toutefois, même les plus intransigeants des scientifiques et cosmologistes occidentaux n’auront que très peu d’objection à une proposition qui identifierait Dieu à un "ultime principe meta-cosmologique" duquel l’univers aurait découlé. Poussant la réflexion – ou le compromis – un peu plus loin, nous dirons qu’il serait assez facile à tous d’accepter le principe selon lequel l’univers a été créé d’une manière fort élégante. Cette élégance pourrait être considérée, ou vue par le camp religieux, comme une méthode de création subtile par laquelle Dieu n’aurait pas laissé de trace de son intervention. Ne serait-ce pas la l’acte le plus ingénieux que l’on puisse concevoir, ou bien serait-ce le point de vue le plus apologiste que l’on puisse avancer ? Toujours est-il qu’il devient plus facile d’établir un terrain d’entente entre les cosmologies scientifiques dures et les cosmologies à caractère religieux, même si la religion ici acquiert un aspect beaucoup plus philosophique et métaphysique que rituel.

Cette dernière remarque s’adresse au camp religieux traditionnel, y compris et même particulièrement celui de la tradition musulmane contemporaine, où les points de vue philosophiques inhabituels qui n’adhèrent pas de manièr e littérale aux écrits et croyances sacrés sont souven rejetés. Une des idées et conclusions majeures de notre article est qu’une "cosmologie islamique", surtout moderne, ne doit surtout pas se limiter à une exégèse pseudo-scientifique des textes sacrés, mais plutôt faire une grande place à la créativité de l’esprit et à la largesse de la culture islamique qui a su il y a mille ans et devrait encore être en mesure de s’ouvrir aux découvertes scientifiques et aux contributions culturelles de toute l’humanité, dans un espace d’épanouissement ouvert tel que l’Islam – comme nous le percevons – peut être.

Une "cosmologie islamique moderne" compatible avec la science nous parait donc possible, à condition qu’elle soit ouverte, riche et créative.

 

 

[1] “Le Saint Coran, et la traduction en langue francaise du sens de ses versets », publié par le Ministère des Affaires Islamiques des Waqfs, de la Prédication et de l’Orientation religieuse d’Arabie Saoudite, 1994, 2:164.

 

[2] Coran (ref. précédente), 3:190-191.

 

[3] Coran (ref. précédente), 2:29.

 

[4] Coran (ref. précédente), 79:27-39.

 

[5] Nasr Nasr est l’auteur de plus de 50 ouvrages et près de 500 articles sur la pensée et la culture islamique, particulièrement le soufisme ; nous citerons seulement deux titres qui concernent notre sujet : “An Introduction to Islamic Cosmological Doctrines” (son premier ouvrage séminal) et, parmi ses rares ouvrages traduits en francais, “Science et Savoir en Islam”.

 

[6] S. H. Nasr, “An Introduction to Islamic Cosmological Doctrines”, SUNY Press, 1993 (revised edition), p. 4.

 

[7] Idem, p. 21.

 

[8] Karen Armstrong, “A History of God”, Ballantine Books (New York), 1993, p.174-175.

 

[9] Barrow and Tipler, “The Anthropic Cosmological Principle”, Oxford University Press, 1986, p. 46-47.

 

[10] Nasr : “Cosmological Doctrines”, p. 202-214.

 

[11] Idem, p. 277.

 

[12] Nasir al-Din al Tusi’s ; Memoir on Astronomy ; F.J Ragep ; Springer Verlag, New York ; 1993.

 

[13] George Saliba ; A history of Arabic Astronomy ; New York University Press ; New York & London ; 1994.

 

[14] William C. Chittick, Man the Macrocosm ; Fourth Annual Symposium of Muhyiddin Ibn al-Arabi Society ; Jesus College, Oxford, 1987.

 

[15] William C. Chittick, The Self-Disclosure of God, Principles of Ibn al-Arabi Cosmology, SUNY Press, 1998.

 

[16] J. B. Hartle & S. W. Hawking, “Wave function of the Universe”, Physical Review D 28, pp. 2960–2975, 1983.

 

[17] Stephen Hawking, A Brief History of Time, Bantam Books, 1988"

 

[18] Mohamed Talbi et Maurice Bucaille, Réflexions sur le Coran, Seghers, 1989, p. 56.

 

[19] Al-Ghazali, Jawahir al-Qur’an, Dar al-Afaq al-Jadida, Beyrouth, 5e ed., 1981, p. 8 (cité et traduit par Talbi).

 

[20] Al-Suyuti, Al-Itqan, ed. Al-Matba`a al-Hijaziyya al-Misriyya, Le Caire, 1949, p. 129 (cité et traduit par Talbi).

 

[21] Mahmoud Shaltut, Tafsir (commentaire du Coran), Dar al-Shuruq, Le Caire, 1979 (cité et traduit par Talbi).

 

[22] Maurice Bucaille, célèbre surtout pour son ouvrage “La Bible, le Coran et la Science” qui a eu une vingtaine d’éditions francaises depuis sa première publication en 1976 chez Seghers, fait cette remarque dans sa partie de son ouvrage commun avec Mohamed Talbi (p.202).

 

[23] Bruno Guiderdoni, “Modern Cosmology in the Islamic Worldview”, présenté au colloque “Science and the Spiritual Quest”, 1998, disponible sur la page web : http://www.geocities.com/siriusalgeria/cosmology.htm.

 

[24] Bruno Guiderdoni, "The Exploration of the Cosmos : an endless Quest ?", présenté au colloque "God, Life and Cosmos : Theistic Perspectives" 2000 disponible sur la page web : http://www.kalam.org/papers/bruno.htm

 

[25] Seyyed H. Nasr, “Islamic Cosmology – Some of its tenets and implications, yesterday and today” ; J. Islamic Sci. ; vol. 14 ; no. 1-2 ; 99-114 ; 1998.

 

[26] Seyyed H. Nasr, “Knowledge and the Sacred” ; SUNY Press ; Albany ; 1989.

 

[27] Jane Lampman, The Christian Science Monitor, 9 Juillet 1998.

 

[28] Gordy Sacks, "Faith in the Universe", California Wild, Eté 1998 ; disponible sur la page web http://www.calacademy.org/calwild/sum98/skywatch.htm

 

[29] Seyyed H. Nasr, “Islamic Cosmology – Some of its tenets and implications, yesterday and today” ; J. Islamic Sci. ; vol. 14 ; no. 1-2 ; 99-114 ; 1998.

 

 

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Le sort des enfants des croyants et ceux des associateurs qui sont décédés en bas âge ?


Le sort des enfants des croyants est le Paradis, parce qu’ils suivent leurs parents. Allah ta’ala à dit : {Ceux qui auront cru et que leurs descendants auront suivis dans la foi, Nous ferons que leurs descendants les rejoignent. Et Nous ne diminuerons en rien le mérite de leurs œuvres, chacun étant tenu responsable de ce qu'il aura acquis. } [Sourate At-Thur : 21]

Par contre, le sort des enfants des non-croyants, c'est-à-dire de l’enfant qui est issu de parents non musulmans, la parole la plus juste à ce sujet est que Seul Allah sait leur jugement par rapport à ce que leurs parents ont pu faire d’eux [des enfants] dans cette vie d’ici bas.

Pour ce qui est de leur jugement dans l’au-delà, Allah ta’ala sait parfaitement ce qu’ils accomplissaient [ce qu’ils méritent] comme l’a dit le prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) et Seul Allah sait [vraiment] leur sort.

Voilà ce que l’on peut dire sur ce point, car en vérité ce sujet ne nous concerne pas vraiment, mais ce qui nous [est demandé de savoir] c’est leur jugement dans cette vie ici bas – je veux dire par leurs jugements ici bas par rapport aux enfants des associateurs – [car] leurs jugements ici bas est qu’ils font parti des associateurs, [donc] ils ne doivent pas être lavé [le bain rituel] ni être enveloppé d’un linceul, ni prier [la prière sur le mort] sur eux et on ne doit pas les enterrer dans les cimetières des musulmans. Et Allah sait mieux.

Source : www.al-islam.com
Fatawa de Sheikh Muhammad Salih Al 'Outhaymine (Qu'Allah lui fasse miséricorde)
Traduction rapprochée : par AbuKhadidja Al Djazairy

http://www.alghourabaa.com

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Comment se comporter avec les parents non musulmans


islam respect tes parents & soi patient avec eux par turkishdu69140

C'est un point qui relève de la plus haute importance et cela se traduit par le fait qu’Allah – Louange à Lui, Le Très Haut, a étroitement associé Son droit à celui des parents, à plusieurs endroits dans le Saint Coran, comme dans Sa parole – Exalté Soit-Il – dit : « Et ton Seigneur a décrété : « N'adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère... » [S17. V23] ; Et Sa parole – Louange à Lui : « Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère... » [S04. V36] ; Et Sa parole – Exalté Soit-Il : « Dis: «Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos père et mère…» [S06. V151] ; Et Sa parole – Le Très Haut : « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents…» [S31. V14]

Aussi, Tout cela montre de façon évidente l'importance énorme accordée au droit des parents et l’obligation de faire preuve de bonté à leur égard et d’observer un bon comportement envers eux et veiller avec la plus grande attention à ne pas leur désobéir ou leur causé du tord.

Et bien que le discours autour de la bonté envers les pères et mères représente de grandes et vastes lignes ; toutefois, sur la demande de nos frères émérites, le discours sera restreint qu’à la partie qui concerne : « Le bon comportement de l’homme vis-à-vis de ses parents s’ils sont sur autre que l’Islam et dans l’associationnisme (qui vouent un culte à autre qu'Allah – Louange à Lui, Le Très Haut) » ou alors : « quelle devrait-être la relation du nouveau en Islam avec ses parents qui sont non-musulmans ? ».

Il ne fait aucun doute que celui qui est nouveau en Islam, se trouve dans le besoin le plus pressant à ce qu’on lui montre les préceptes de la religion et qu’on l’oriente dans ce domaine afin qu’il soit, dans sa relation avec ses parents, parfaitement informé du droit chemin d’Allah – Exalté Soit-Il ; pour qu’il n’agisse pas d’une manière qui lui semblerait être une chose faisant partie de la religion d’Allah – Louange à Lui, Le Très Haut – alors qu’il est dans l’erreur. Il causera du tord à lui-même et il aura mal agit dans sa relation avec ses parents

Allah – Louange à Lui, Le Très Haut – dans le Saint Coran, a montré la relation que doit avoir l’enfant musulman avec ses parents non-musulmans et ceci dans la sourate "L’araignée", Allah – Louange à Lui, Le Très Haut – dit : « Et Nous avons enjoint à l'homme de bien traiter ses père et mère, et «si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir, alors ne leur obéis pas». Vers Moi est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez. | Et quant à ceux qui croient et font de bonnes œuvres, Nous les ferons certainement entrer parmi les gens de bien. » [S29. V08/09]

Ces versets ont été révélés sous forme de recommandation à l’homme vis-à-vis de ses parents : « Et Nous avons enjoint à l'homme de bien traiter ses père et mère… » ; Et Sa parole : « bien traiter », englobe tous les sens de la bonté par la parole et par l’acte ; c'est-à-dire que la personne fait preuve de bonté à l’égard de ses parents avec de bonnes paroles et elle tient de bons propos et le discours qui convient à leur position et qui s’accorde à leur personne. Et il convient aussi d’agir avec eux en leur rendant service et en les assistant et en veillant à satisfaire les besoins des parents (etc.). Ceci est une recommandation d'ordre général parmi d’autres concernant la bonté et un moyens parmi d'autres pour faire le bien .

Il (Allah) dit : « et «si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir…». », c'est-à-dire que si les parents sont dans l’associationnisme et la mécréance en Allah et qu’ils forcent leur enfant à commettre le Shirk (l’idolâtrie) ou à renier Allah ; et la signification du segment : « si ceux-ci te forcent », c'est-à-dire qu’ils font tout leur possible et ils reviennent souvent à la charge et réitèrent sans cesse leur demande envers leur enfant pour qu’il retourne vers l’idolâtrie et le Kufr (renier Allah – Louange à Lui, Le Très Haut) ;

Il dit : « et " si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir…" ». Quant à Sa parole – Gloire à Lui, Le Très Haut : « ce dont tu n'as aucun savoir…», ceci est la définition qu’il convient de donner au Shirk (l’idolâtrie), car nul ne détient la science qui permet d’affirmer le bien-fondé du Shirk (l’idolâtrie). Le Shirk (l’idolâtrie) est non-valable et il n’y a aucune science valide qui permettrait d’affirmer le bien-fondé du Shirk (l’idolâtrie) ; et ceci vient souligner le fait que les polythéistes et les gens qui ont des croyances fondées sur des actes de Shirk (l’idolâtrie), des actes qui relèvent de la mécréance, [ces gens-là] ne disposent d’aucune preuve évidente ni d’aucune science valide pouvant démontrer le bien-fondé de ce sur quoi ils sont, absolument aucune !

Le Shirk (l’idolâtrie), nul ne détient la science pouvant démontrer son bien-fondé car tout n'est que fausseté et tout n'est qu'égarement et tout n'est que corruption ; et l’exemple de ceci se trouve dans la parole d’Allah - Louange à Lui, Le Très Haut : « Et quiconque invoque avec Allah une autre divinité, sans avoir la preuve évidente [de son existence]...» [S23. V117] », ceci est donc la définition qu’il convient de donner au Shirk (l’idolâtrie), qu’on ne peut dissocier (l’un de l’autre) et qu’il convient de lui donner.

Il (Allah) dit : « Et «si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir, alors ne leur obéis pas»... » [S29. V08], c'est-à-dire : (ne leur obéis pas) à tout ce à quoi ils t’invitent à commettre comme idolâtrie et ce qui te pousse à renier Allah – Louange à Lui, Le Très Haut.

Le segment : « alors ne leur obéis pas », c'est-à-dire : ne réponds pas [aux attentes] de tes parents alors que ces derniers t’invitent à Lui (Allah) attribuer un quelconque associé – Louange à Lui, Le Très Haut. Il (Allah) a dit (ne leur obéis pas) et Il (Allah) n’a pas dit (montre-toi ingrat envers-eux)…et Il (Allah) n’a pas dit (montre-toi ingrat envers-eux) ; c'est-à-dire qu’il est demandé à l’enfant de faire preuve de bonté envers ses parents et d’observer un bon comportement dans ses relations avec ses parents, cependant, il n’a pas à leur obéir quant ils l’invitent à commettre l’idolâtrie et à renier Allah – Louange à Lui, Le Très Haut. En cela, il n'a pas à leur obéir, tandis que s’ils lui demandent un service ou une quelconque aide ou des choses semblables à cela, il se doit alors de leur obéir en cela et ceci est également montré de façon claire dans les autres versets, dans la "sourate Luqman", ainsi Allah – Gloire à Lui, Le Très Haut, dit : « Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable…» [S31. V15]. Il (Allah) a donc ordonné que l’on se comporte de façon convenable avec les parents dans ce bas monde, c'est-à-dire : par respect pour leur bonté et leur obligeance antérieur et pour cette compassion qui provenait de la mère et pour les dépenses supportées par le père ; il ne doit pas oublier cela, au contraire il doit veiller à se comporter de façon convenable avec eux mais il ne doit pas leur obéir, de façon absolue, lorsqu’ils l’invitent à associer à Allah un quelconque associé.

Et la fin du verset se termine par Sa parole : « …Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez.» [S31. V15], il y a dans cela (ce verset) une dissuasion à faire le mal et une menace. Une dissuasion certes, pour celui qui fait preuve de bonté à l’égard de ses parents parce qu’il espère par cela qu’Allah – Louange à Lui, Le Très Haut, va le récompenser d’une immense récompense. Et il y a également une menace pour les deux parents polythéistes s’ils persistent dans leur polythéisme, sachant ce qui est réservé comme punition au polythéiste, le jour où il rencontrera Allah – Louange à Lui, Le Très Haut.

Ensuite, celui qui patiente sur le Tawhid et la Foi, et qui ne se laisse pas influencer par ce à quoi ses parents l’invitent lorsqu’ils l’invitent à associer à Allah un quelconque associé, et qu’il se comporte de façon convenable avec eux dans ce bas monde, il connaîtra [certainement] un dénouement fort louable et la fin heureuse le jour de la résurrection ; c’est la raison pour laquelle Allah a dit dans le verset qui vient à la suite : « Et quant à ceux qui croient et font de bonnes œuvres, Nous les ferons certainement entrer parmi les gens de bien.» [S29. V09]. Ainsi, il y a dans cela (ce verset) une recommandation pour celui qui est ainsi, qui patiente sur la Foi et la religion et qui ne se laisse aucunement influencer par ce à quoi ses parents l’invitent à commettre comme idolâtrie et ce qui le pousserait à renier Allah – Louange à Lui, Le Très Haut.

Aussi, l’enfant qui est dans cette situation, se doit de faire tout son possible pour exhorter son parent à aller vers cette religion et il se doit de faire tous les efforts possibles en cela, par la douceur et la bonté et par l’invocation continue et par la demande à Allah – Louange à Lui, Le Très Haut - avec insistance afin qu’Il guide ses parents ; il passe la nuit en prière selon ce qu’Allah aura permis et il invoque pour ses parents, pendant sa prosternation lorsqu’il accomplit les prières prescrites et celles qui sont surérogatoires ; il invoque afin qu’Il (Allah) guide ses parents . De ce fait, il rassemble pour ses parents, l’invocation et l’exhortation ; l’invocation : « c'est-à-dire invoquer Allah », et l’exhortation : « appeler ses parents à l’Islam avec douceur et la bonne parole », comme a fait Abu Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) avec sa mère et l’histoire se trouve dans l’authentique de Mouslim et c’est une histoire d’une grande noblesse : Il (qu’Allah soit satisfait de lui) raconte en disant : « Je n’ai pas cessé d’appeler ma mère à l’Islam alors qu’elle était polythéiste. Aujourd’hui, je l’ai une fois de plus invitée à l’Islam mais elle a tenu des propos au sujet du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) que je déteste.

Je me suis alors rendu chez le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), les yeux pleins de larmes. Je lui dis : « Ô Messager d’Allah ! Je n’ai de cesse d’appeler ma mère à l’Islam mais elle me repousse toujours. Aujourd’hui, je l’ai une fois de plus invitée à l’Islam mais elle a tenu des propos à ton sujet que je déteste. Invoque Allah afin que la mère d’Abu Hurayra soit guidée (à l’Islam).

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit alors : « Ô Allah ! Guide la mère d’Abu Hurayra.» ; Je ressortis porté par un grand élan d’espoir après cette invocation du Prophète d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Arrivé devant la porte, je la trouve fermée ; aussitôt après j’entendis ma mère me dire (sur le pas de la porte) : « Reste où tu es, ô Abu Hurayra ! », j’entendis ensuite le bruit de l’eau qui coulait. Il (Abu Hurayra) dit : « elle fit ses grandes ablutions (bain rituel) et enfila son vêtement puis elle s’empressa (d’aller vers la porte) tout en voulant mettre son Khimar (son grand voile) ; elle ouvrit la porte et dit : « Ô Abu Hurayra ! J’atteste que nul n'est en droit d'être adoré si ce n'est Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son messager [ACH-HADOU AN LA ILAHA ILA ALLAH OUA ANNA MUHAMMAD ‘ABDOUHOU WA RASSOULOUH] ».

Il (Abu Hurayra) dit : « je ressortis pour aller voir le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), pleurant de joie. Il (Abu Hurayra) dit : « Je lui dis : " Ô Messager d’Allah ! Réjouis-toi, Allah vient de répondre à ton invocation et Il a guidé la mère d’Abu Hurayra (à l’Islam). Il loua son Seigneur et prononça diverses évocations et ajouta d’autres paroles de bien.

Il (Abu Hurayra) dit : « Je lui demandai ensuite :" Ô Messager d’Allah ! Invoque Allah afin qu’Il nous fasse aimer de ses serviteurs croyants moi et ma mère et qu’Il nous permette de les aimer ". Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit alors : « Ô Allah ! Fait aimer ton petit serviteur que voici - c’est-à-dire Abû Hurayra - et sa mère par tes serviteurs croyants et permet leur à tous deux de les aimer à leur tour ». Depuis, il n’y a pas un seul croyant (sur terre) qui entend parler de moi ou qui me voit, sans qu’il ne m’aime... »

Ainsi, cette sublime histoire doit être une méthodologie à suivre pour le musulman qui est éprouvé par des parents qui sont polythéistes ou lorsque l’un deux est polythéiste, afin qu’il emprunte ce chemin qu’a suivi Abu Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) avec ses parents : invocation et insistance auprès d’Allah – Louange à Lui, Le Très Haut – afin qu’Il les guide ; Et également une exhortation (appel à l’islam) accompagnée de bonté et de douceur et la bonne parole.

Ensuite, le fait d’entretenir de bonnes relations avec les parents et d’observer un bon comportement avec eux et faire preuve de gentillesse dans cette relation et de demeurer bien avec eux tout en faisant preuve de bienveillance et de bonté à leur égard, autant que possible, tout ceci fait partie des causes qui conduisent les parents à entrer dans l’Islam. Et certes, certains jeunes se trompent, dés lors qu’il se converti, il s’éloigne de ses parents ou il se détourne de ses parents ou il ne rend pas visite à ses parents ou alors il ne fait pas preuve de bienveillance envers eux. Il ne fait aucun doute que cela est une erreur, au contraire, il doit se comporter de façon convenable et il doit s’efforcer de se comporter avec égards envers ses parents et ne pas leur obéir dans ce à quoi ils l’invitent lorsqu’il s’agit de mécréance et d’associer à Allah – Louange à Lui, Le Très Haut, un quelconque associé. Et les deux choses ne sont pas contradictoires, il n’y a rien de contradictoire dans le fait qu’il soit bienfaisant à l’égard de ses parents et qu’en même temps, il n’obéisse pas à leurs attentes dés lors que ces derniers l’invitent à associer à Allah – Louange à Lui, Le Très Haut, un quelconque associé.

Et j’invite tout musulman, qui est éprouvé par des parents qui sont polythéistes ou lorsque l’un deux l’est, de lire le verset qui se trouve dans la "sourate Luqman" et également celui qui est dans la "sourate L’araignée", et qu’il consulte également les paroles des gens de science dans les livres d’exégèse (Tafsir) qui expliquent le sens des deux versets et ce qu’elles comportent comme indications en matière de bon comportement, de gentillesse et d’amabilité à avoir envers les parents tout en évitant ce à quoi ils l’invitent à commettre comme idolâtrie et ce qui le pousserait à renier Allah – Louange à Lui, Le Très Haut.

Source : www.al-badr.net

Sheikh Abdrazzaq Ibn Abdelmohsin Al-‘Abbad Al-Badr (hafidhahou Allah).

Traduction adaptée & rapprochée : AbuKhadidja Al Djazairy

http://www.alghourabaa.com

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Les mystères du cerveau

Pesant chez l’homme en moyenne 1 450 grammes et contenant quelques 100 milliards de neurones et 1000 milliards de cellules gliales, le cerveau est le siège de la pensée consciente, de la mémoire et de la personnalité.

Qu’il s’agisse de lever le petit doigt ou de résoudre une équation, notre cerveau est aux commandes.
Malgré notre avancée technologique, nous savons encore bien peu de chose sur le cerveau humain et les maladies qui s’y rattachent.

  L’exploration du cerveau humain

C’est le chirurgien Paul Broca qui, en 1861, a été le premier à faire une relation entre une zone du cerveau et une faculté mentale.
La dissection du cerveau de l’un de ses patients, surnommé Tan-Tan, confirma sa théorie. Broca a laissé son nom à une aire du cerveau que depuis on associe au langage.

M. Leborgne, dit Tan-Tan, n'est pas un idiot. Il comprend très bien ce qu'on lui dit, joue aux échecs et a un comportement normal. Mais, les deux seules syllabes qu'il est capable de prononcer sont: tan tan.

A sa mort, Paul Broca pratique l'autopsie et remarque sur l'encéphale de Tan-Tan une lésion nette de l'hémisphère gauche, au bas de la troisième circonvolution. Tan-Tan ne pouvait pas parler car son cortex était touché à cet endroit précis. La conclusion qui s'imposa à Broca était que cette partie du cerveau contrôlait la parole.

Paul Broca

Suivant ce procédé, les chercheurs se sont penchés sur les cerveaux accidentés pour découvrir à quelle partie de notre anatomie cérébrale est associée telle ou telle fonction.

 Structure du cerveau en détail

Le cerveau comprend deux hémisphères réunis par le cerveau moyen, ou diencéphale, et par le corps calleux. Il se situe au-dessus du tronc cérébral et du cervelet.

Cet ensemble occupe la boîte crânienne. Chaque hémisphère est subdivisé par des scissures formant les lobes (frontal en avant, occipital en arrière, pariétal et temporal latéralement), et les lobes sont creusés par des sillons formant des plis, ou circonvolutions.

Le cerveau est en outre creusé de cavités, ou ventricules, remplies de liquide cérébrospinal nourricier et protecteur. Il existe un ventricule dit latéral par hémisphère, et un 3e ventricule correspondant au diencéphale.

Le cerveau est entouré par les méninges.

Coupe du cerveau

Le cerveau est constitué, comme le reste du système nerveux central, de substance grise (corps des neurones et des synapses) et de substance blanche (fibres myélinisées).

Dans les hémisphères, la substance grise se répartit en une couche superficielle épaisse, le cortex, et en noyaux profonds, les noyaux gris centraux (pallidum, putamen et noyau caudé).

Le diencéphale est composé essentiellement de deux gros noyaux gris symétriques, les thalamus. Ceux-ci surmontent l'hypothalamus, structure qui comprend de petits noyaux et se prolonge par deux glandes, l'hypophyse en bas, l'épiphyse en arrière.

Les neurones du cortex cérébral comprennent des cellules rondes, ou grains, destinées à la réception des stimulations périphériques (sensations tactiles, ondes visuelles ou sonores) ; des cellules triangulaires, ou pyramides, à vocation motrice ; des cellules fusiformes qui relient, par le corps calleux, deux points symétriques des hémisphères cérébraux.

 L’homme au cerveau coupé

L’un des cobaye les plus célèbres est Kevin, un épileptique à qui, dans les années 1860, des médecins sectionnèrent le corps calleux : une bande de tissus nerveux qui relie les deux hémisphères du cerveau.

Non seulement le malade n’a pas guéri mais de nouveaux troubles sont apparus. Kevin ne pouvait plus sourire sur commande que si l’on s’adressait à son oreille droite.
L’oreille gauche était incapable de comprendre le message.

Le neurologue Guillaume Duchenne inventa l'électrophysiologie, procédé de mesure de l'activité nerveuse et musculaire, qu'il pratique ici sur Kévin

Par ailleurs, le malheureux ne reconnaissait plus les visages familiers qui se présentaient sur la partie droite de son champ de vision.

Cette tentative peut sembler monstrueuse mais elle est surtout née de l’ignorance. Quoi qu’il en soit, l’expérience a permis aux scientifiques de mieux comprendre la façon dont nos deux hémisphères se répartissent les tâches.

 Fonctionnement du cerveau

Chaque hémisphère contrôle la moitié du corps qui se trouve du côté opposé. Autrement dit, quand on remue l’orteil droit, c’est l’hémisphère gauche qui en donne l’ordre.

Chaque hémisphère semble spécialisé dans l’accomplissement de fonctions très précises.

On attribue l’analyse des formes dans l’espace, la reconnaissance des visages, la mémoire des sons et la compréhension de la musique à l’hémisphère droit.

Celui de gauche régit les sourires, la maîtrise du calcul et la résolution logique des problèmes. Il contrôle aussi la capacité d’articuler, de décoder les sons en paroles, et de comprendre ce que l’on dit et ce que l’on entend.

Le cerveau de Tan-Tan retrouvé en 1960 dans les caves de l'ancienne faculté de médecine

Mais, les deux hémisphères travaillent en parfaite synchronisation pour diriger le moindre de nos comportements.
Le secret de cette harmonie : le corps calleux. C’est ce faisceau de fibres nerveuses qui assure la connexion.
Si Kévin ne reconnaissait pas les amis placés à sa droite, c’est que son hémisphère gauche, recevant cette information visuelle, ne pouvait la décrypter car il était privé de communication avec l’hémisphère droit, chargé lui, de l’identification des visages.

 Le cerveau en action

Les avancées technologiques nous ont offert de nouvelles possibilités d’explorer le cerveau. Le cerveau est exploré, comme le reste de l'encéphale, par l'imagerie radiologique, le scanner et surtout par l'imagerie par résonance magnétique (I.R.M.).
Ces méthodes très performantes ont supplanté l'électroencéphalographie (enregistrement de l'activité électrique de l'encéphale), technique plus ancienne.

On a déjà localisé plus de 20 aires visuelles. Chaque zone analyse séparément la forme, les dimensions ou la couleur de l’objet pour reconstruire un tout cohérent.

Pour peu que l’un de ces éléments de décodage ne fonctionne pas, notre perception du monde est bouleversée.
C’est par exemple le cas des gens qui parlent et écrivent mais sont incapables de lire, qui reconnaissent les objets mais en ignorent la fonction.

Aucun cerveau n’est tout à fait semblable à un autre. Donc, chaque cerveau est unique.

Lors de certains exercices portant sur la compréhension des mots, les femmes mettent leurs deux hémisphères au travail, alors que les hommes ne font appel qu’au gauche.

 Le cerveau d’un gaucher

Le cerveau d’un gaucher fonctionne différemment de celui d’un droitier. L’emploi d’une main plutôt qu’une autre est lié au processus du langage. C’est l’hémisphère gauche qui domine la lecture, l’écriture et les fonctions associées à la parole.
Or, pour 40% des gauchers, c’est l’hémisphère droit.

Le planum temporale, une petite zone liée au langage dans les deux hémisphères, est plus développé du côté gauche chez 90% des droitiers.
Chez 70% des gauchers, il est également volumineux des deux côtés.

Par ailleurs, chez certains gauchers, le corps calleux paraît plus épais. Ce pont de communication plus étoffé leur permet peut-être d’échanger plus facilement et plus rapidement les informations d’un hémisphère à l’autre.

Est-ce un hasard si beaucoup d’architectes, de champions d’escrime et de tennis sont gauchers ?

http://www.dinosoria.com/cerveau.htm

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Relation du prophète avec les athées et les païens

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Allah dit dans le Coran:
« Ô, les gens! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle et vous avons désignés en nations et tribus, pour que vous vous entre connaissiez. Oui, le plus noble des vôtres, auprès de Dieu, c'est le plus pieux des vôtres... » Sourate 49 (Al-hujurât), verset:13.

L'échange avec ses convenances est essentiel entre les êtres humains.
Il permet de lever les incompréhensions et les idées reçues et nous amène à mieux nous connaître pour s'apprécier et s'aider mutuellement. La réussite de la mission de l'être humain sur cette terre est liée inéluctablement à ce bon échange et à ce respect mutuel.

Dieu dit dans le Coran : « Appelle au chemin de ton Seigneur avec la sagesse et la bonne exhortation, puis discute avec eux sur un ton modéré » 
(Les Abeilles, V. 125) 

Et il dit : « Ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus douce » Sourate 29, verset 46. 

En plus des versets que l’on a exposés et qui incitent les musulmans à un dialogue de respect et de bonté envers les êtres, nous citerons des exemples historiques du comportement du Prophète avec les athées et les païens.

a- Le pacte de Hudaybiyya[1]

Au début d'avril 628, Mohammed avisa ses adeptes d'avoir à se préparer pour accomplir le pèlerinage à La Mecque. 1.500 personnes marchèrent donc en direction de la ville. Les Mecquois bloquèrent le défilé qui mène à leur ville. Les musulmans campèrent donc à quelques lieues de là, à Hudaybiyya. Un pacte fut signé, appelé le pacte de Hudaybiyya. Par celui, Mohammed s'engage à retourner à Médine sans accomplir le pèlerinage. En revanche les Mecquois s'engagent à ne plus prendre les armes contre les musulmans et de les autoriser à accomplir l'année suivante le pèlerinage mineur. La guerre devait cesser pendant dix ans. Durant cette période, les Quraychites qui iraient chez Mohammed sans la permission de leur tuteur légal seraient extradés vers La Mecque, mais les musulmans qui rejoindraient La Mecque ne le seraient pas. Cela était une négociation où le prophète était très doux et avait favorisé comme c’est de coutume la paix même dans les situations où il avait le dessus.[2]

Il a tenu tous ses engagements ainsi que les compagnons avec lui:
L'attitude du Prophète Muhammad en ce qui concerne le respect du pacte qu'il avait signé avec les polythéistes de la Mecque Makkah) Hudeïbiyya, en l'an 6 de l'Hégire était exemplaire et révélait le respect strict de tous les engagements à l’égard de cette catégorie de gens... Ainsi, il avait accepté de restituer aux qurayshites mecquois le Compagnon Abou Djandal qui était venu chercher refuge auprès de lui contre les persécutions dont il était victime à Makkah, et ce, justement, parce que le traité qui venait d'être signé stipulait que le Prophète Mouhammad ne pouvait donner asile à n'importe quel musulman qui s'enfuyait de Makkah pour le rejoindre...

La règle général, même en cas de guerre, est celle pratiquée par le prophète et ses compagnons : le Prophète a spécifié que les femmes et les enfants ne devaient pas être tués, car n'étant pas des combattants[3] ; il a dit de même :
« Dis à Khâlid qu'il ne tue aucune femme ni aucun employé »[4]
Quant aux individus dont la cité faisait partie de l'espace livré par la bataille, ils étaient laissés sur place avec leurs propriétés foncières et devenaient des personnes protégées ("dhimmis"), comme l'a fait Omar ibn Al-Khattâb à propos de l'espace de l'Irak, qu'avait ouvert la bataille de Qâdissiyya.
« Et s'ils inclinent vers la paix, incline toi aussi vers elle, et remets-toi à Dieu… »[5]
« … jusqu'à ce que la guerre dépose ses fardeaux »[6]

b- La délégation de Thaqîf [7]

Ibn Ishaq a rapporté que le Prophète (psl) revint de Tabouk au mois de Ramadan et qu'au cours du même mois, il reçut la délégation de Thaqif.
Les Thaqifites envoyèrent une délégation à la tête de laquelle se trouvait Kinana Ben Abd Yalil.
Le Prophète (psl) installa la délégation dans la mosquée où il leur fit dresser des tentes d'où ils pouvaient entendre la récitation des versets coraniques et observer les Musulmans en prière. Ils séjournèrent assez longtemps à la Mecque. Tous les jours, ils rencontraient le Prophète (psl) qui ne manquait jamais de les appeler à se convertir, le Messager d'Allah (psl) leur parlait tous les soirs jusqu'à ne plus pouvoir se tenir sur ses jambes.
Moussa Ben Oqba a écrit dans son ouvrage que "Othman Ben Ali Al As, le plus jeune membre de la délégation, gardait les montures des Thaqifites lorsque ces derniers étaient avec le Prophète (psl). A leur retour, Othman allait le trouver à son tour pour s'informer de l'Islam et se faire lire des versets du Coran jusqu'à ce qu'il fut instruit dans la religion. S'il trouvait le Messager (psl) endormi, il se rendait chez Abou Bakr (raa). Il n'en disait rien à ses compagnons, forçant ainsi l'admiration du Prophète (psl).
L'Islam finit par s'introduire au coeur des Thaqifites. Toutefois, Kinana déclara au Prophète (paix et salut sur lui) :
« Nous autres, nous sommes loin de chez nous, l'adultère nous est indispensable ! »
« Il vous est pourtant interdit, lui répliqua le Prophète (psl), Dieu dit :"Evitez la fornication, c'est une abomination ! Quel détestable chemin ! » [8]
Les Thaqifites lui dirent :
« L'usure est à la base de notre fortune ! »
Le Prophète répliqua :
« Contentez vous de votre capital ! » ; Dieu dit "Ô vous qui croyez, craignez Dieu ! Renoncez si vous êtes Croyants, à ce qui vous reste des profits de l'usure » [9]
« Le vin, lui dirent-ils est le produit essentiel de notre terre. Il nous est indispensable ! »
« Pourtant, Dieu vous en interdit la consommation » et il leur récita le verset interdisant la consommation de vin.
D'après Ibn Ishaq, ils lui demandèrent aussi de les dispenser de la prière, mais il leur répondit qu'il n'existait point de religion sans prière. Après avoir accepté tous ces préceptes, ils demandèrent une dernière faveur au Messager d'Allah (psl) à savoir de garder encore leur idole "Al Lat" durant trois ans. Le Messager (psl) refusa de leur accorder ce souhait. Alors ils lui demandèrent la permission de la garder pendant deux ans, puis un an, puis un mois, mais il demeura inflexible.
Ibn Ishaq précise par là qu'ils voulaient éviter la révolte de leurs femmes, de leurs enfants et des esprits bornés craignant que leur idole ne fût détruite avant que leur tribu ne se fût volontairement convertie.
Ils dirent au Prophète :
« Détruis-la toi même, nous ne pouvons pas nous en charger ! »
Le Messager d'Allah (psl) leur répondit :
« Je vous enverrai des hommes qui s'en chargeront. »
Les Musulmans désignés par le Messager d'Allah (psl) détruisirent l'idole. Ibn Sa'd rapporte d'après Al Moughira (raa) que les Thaqifites se convertirent tous et qu'il était difficile de trouver parmi les Arabes des Musulmans aussi fidèles à leur foi, à Dieu et à Son Livre.

Ibn Ishaq raconte :"Après la prise de la Mecque, l'expédition de Tabouk, la conversion de l'allégeance de Thaqif, les délégations se succédèrent chez le Prophète (psl). Les Arabes avaient attendu que le sort des Quraychites fût décidé avant de prendre leur parti, les Quraychites étant les maîtres du temple et de l'enceinte sacrée, les descendants directs d'Ismail (as) et les chefs des Arabes.
Quelques points importants à relever :

· Ibn Ishaq raconte aussi les détails de l’expulsion du Messager et de Zeyd Ben Haritha. Considérons les souffrances que les Thaqifites firent subir au Prophète (psl) et sa déception après avoir traversé pieds nus monts et vallées en espérant être écouté ou du moins bien reçu. Le désir de vengeance est tout naturel après une pareille déception. Mais le Prophète (psl) ne désirait point se venger, il assiégea Taif durant des jours puis donna l'ordre aux Musulmans de lever le siège. On le pria d'appeler la malédiction de Dieu sur Thaqif, mais il refusa et déclara, levant les bras au ciel :"Ô mon Dieu, fais que les Thaqifites se convertissent" et il pria aussi en faveur de leurs descendants.

· L'Islam se résume à cet esprit qui ignore la rancune et la mauvaise intention.

· On peut accueillir un polythéiste dans une mosquée. Le Prophète (psl) accueillit la délégation thaqifite dans sa mosquée pour l'initier à l'Islam. Si l'accueil des Polythéistes est autorisé, celui des Juifs et des Chrétiens l'est aussi. Le Prophète (psl) reçut la délégation chrétienne de Najran quand elle se rendit chez pour être initiée à la Vérité et à l'Islam.

·Les délégations doivent être traitées de même que les personnes cherchant asile chez les Musulmans, le bon accueil que le Prophète (psl) réserva aux Thaqifites en est la meilleure preuve. Dieu nous ordonne de bien recevoir et de protéger celui qui jouit d'une garantie de sécurité :
« Et si un polythéiste cherche protection auprès de toi, protège le jusqu'à ce qu'il entende la parole de Dieu, fais le parvenir ensuite en lieu sûr pour lui car les Polythéistes sont en vérité des gens qui ne savent pas. »[10]

·Les délégations représentaient deux catégories de personnes : Les Polythéistes d'une part et les Gens du Livre d'autre part. La plupart des polythéistes se convertirent et leurs délégations revinrent de chez les Musulmans pour répandre la foi en l'Islam et en l'Unicité de Dieu. Quant aux Gens du Livre, la plupart d'entre eux gardèrent leurs croyances juives ou chrétiennes. Nous en avons l'exemple dans la délégation chrétienne de Najran qui était composé de 60 personnes. Ils passèrent des jours à discuter avec le Messager d'Allah (psl) du Prophète Issa (as) (Jésus) et de l'unicité de Dieu. La délégation chrétienne s'attacha alors à convaincre le Messager d'Allah (psl) de la dispenser de se convertir. Le Prophète (psl) imposa aux Chrétiens de Najran un tribut qu'il définit sur papier, l'accord stipulait que leurs lieux de prières ne seraient plus détruits et qu'ils ne seraient pas contraints de changer de religion à moins qu'ils ne commettent une transgression ou ne se rendent coupables de perfidie, de trahison ou d'usure.

c- La mère d’Asma

La mère de Asma, la fille de Aboubakr, est venue à Médine rendre visite à sa fille et lui apporter des cadeaux. Asma n’a pas voulu l’introduire chez elle ni accepter ses cadeaux car sa mère était encore païenne. C’est alors que ce verset fut révélé au prophète :
« Dieu ne vous empêche pas, à l’égard de ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures, de faire part de bonté et de justice à leur égard(prendre soin d’eux et bien se comporter avec eux) … » [11]
Asma accepta alors de la recevoir et pris soin d’elle….
Le verset montre bien que le dialogue passe au-delà de la tolérance qui est un terme étranger à l’Islam : car tolérer c’est accepter à contre cœur ; il prône plutôt le respect et la bonté : qui sont les moteurs de l’entre connaissance :
« Ô hommes, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez »[12]
Le respect de la vie et l’amour sont deux valeurs universelles qui se répètent dans plusieurs versets. En effet, l’être humain selon le saint coran est le souffle de Dieu : « Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son esprit »[13]. L’homme doit être ainsi l'objet de tout respect et bon comportement sans distinction de race ou de religion.

[1] Nûr Al yaqîn fî sîrati sayyidi almursalîn du Sheikh Muhammad Al khadrî, Ed. Dar al-jîl Beyrût et Dar ammâr Oman, 1995 p. 223-227

[2] Fajr al-islâm, Ahmad Amîn, pp. 86-87

[3] Rapporté par Al-Bukhârî, n° 2851, Muslim, n° 1744

[4] Rapporté Abû Dâoûd, n° 2669. Bidâyat ul-mujtahid, tome 1 pp. 713-716, Al-'Alâqât ad-duwaliyya fil-islâm, Az-Zuhaylî, pp. 66-67

[5] Coran 8/61

[6] Coran 47/4

[7] Voir Nûr Al yaqîn fî sîrati sayyidi almursalîn du Sheikh Muhammad Al khadrî, Ed. Dar al-jîl Beyrût et Dar ammâr, Oman, 1995, p. 298-299

[8] Sourate 17, verset 32

[9] Sourate 2, verset 278

[10] Sourate IX, verset 6

[11] Coran, 60, verset 8

[12] Coran, 49, verset 13

[13] Coran, 32, verset 9

http://www.doctrine-malikite.fr/Dialogue-interreligieux_a65.html

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