I- Les droits des voisins
L’Islam a recommandé de bien traiter le voisin, en donnant à ce mot ce sens le plus large, car Allah I dit : ( Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers vos parents, les proches, les orphelins, les pauvres, le voisin proche, le voisin éloigné, le compagnon, le voyageur dans le besoin, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant. )[1]
Il a interdit de porter préjudice au voisin, que ce soit par la parole ou par l’acte. Abû Houreira t rapporte qu’il fut dit au Prophète r : « Unetelle jeûne le jour et passe la nuit en prière, mais cause du tort à ses voisins par sa langue. » Le Prophète r dit alors : « Il n’y a rien de bon en elle, elle sera en Enfer » Et on lui dit aussi : « Une telle accomplit ses prières obligatoires, jeûne le mois de Ramadan, donne en aumône du fromage frais et ne porte préjudice à personne par sa langue. » « Elle ira au Paradis », dit le Prophète r.[2]
L’Islam a attribué au voisin une place de choix et un droit immense, comme le dit le Prophète r dans ce hadith : « [L'Ange] Gabriel ne cessait de me recommander d’avoir des égards pour le voisin si bien que je crus qu’il allait lui donner le droit à l’héritage »[3].
Il considère que faire du tort au voisin est incompatible avec la foi, car le Prophète r dit : « Par Allah, il ne croit pas ! Par Allah, il ne croit pas ! Par Allah, il ne croit pas ! » « - Et qui donc, Ô Messager d’Allah, lui demanda-t-on, ne croit pas ? » Il répondit : « Celui dont le voisin n’est pas à l’abri de la méchanceté et des maux »[4].
Le Messager d’Allah expliqua les droits du voisin à celui qui lui demanda « Quels sont les droits de mon voisin sur moi ? » : « Rends-lui visite quand il est malade, quand il meurt, suis son cortège funèbre, s’il te demande un prêt, accorde-le-lui, s’il n’a pas d’habit, habille-le. Félicite-le s’il lui arrive un bien, console-le s’il est victime d’un malheur, n’élève pas ton édifice de manière à l’empêcher de respirer l’air frais, ne l’indispose pas avec l’odeur appétissante de ta cuisson, à moins de lui en offrir une partie. »[5]
On doit supporter ses torts et être indulgent à son égard. Un homme dit à Ibn Abbas t : « J’ai un voisin qui me porte préjudice, m’insulte et me rend la vie difficile. » Il lui dit : « Va, s’il désobéit à Allah en te portant préjudice, toi, obéis à Allah en lui faisant du bien. »[6]
Le voisin jouit de ces droits même quand il n’est pas musulman. Nous en avons pour preuve l’exemple d’Abdullah ibn Amr t : On égorgea une brebis chez lui. Quand il revint, il dit : « Avez-vous offert une part à notre voisin juif ? En effet, j’ai entendu le Messager d’Allah r dire : « [L’Ange] Gabriel ne cessait de me recommander d’avoir des égards pour le voisin à tel point que je crus qu’il allait lui donner le droit à l’héritage » [7]
II- Les droits des compagnons
L’Islam a vivement recommandé de s’occuper des compagnons et a prescrit la bienveillance à leur égard, car le Prophète r dit : « Le meilleur des compagnons auprès d’Allah est le meilleur envers son compagnon, et le meilleur des voisins auprès d’Allah est le meilleur envers son voisin. »[8]
III- Les droits des hôtes
Dans l’Islam, l’hôte a le droit d’être honoré, car le Prophète r dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier soit bienfaisant envers son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier traite son hôte avec égards et lui donne sa récompense. Et qu’elle est sa récompense, ô Envoyé d’Allah ? lui demanda-t-on. – C’est, répondit-il, un jour et une nuit et la durée de l’hospitalité est de trois jours. Tout ce qui est accordé au-delà est considéré comme une aumône. Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier ne dise que du bien ou qu’il se taise. »[9]
Dans l’Islam, honorer l’hôte fait partie des meilleures œuvres, car le Prophète r dit : « Il n’y a pas un homme meilleur que celui qui, montant sur son cheval, combat dans le sentier d’Allah et se met à l’abri des méfaits des hommes, ou que celui qui vit dans le désert avec ses moutons a des égards pour son hôte et lui donne son dû. »[10]
Il a aussi instauré une étiquette à observer avec l’hôte, notamment l’accueillir chaleureusement à son arrivée et prendre congé de lui convenablement. Le Messager d’Allah r dit : « Raccompagner son hôte jusqu’à la porte de la maison, fait partie de la Sunna. »[11]
L’invité doit aussi tenir compte de la situation de son hôte en évitant de lui imposer ce qu’il ne peut pas supporter, car le Prophète r dit : « Il n’est pas permis au musulman de séjourner chez son frère au point de le faire pécher –Ô Messager d’Allah, comment le faire pécher, dirent-ils ? – En séjournant chez lui alors qu’il n’a rien pour lui accorder l’hospitalité, répondit-il. »[12]
Relu et adapté pour islamhouse par :
Gilles KERVENN
Publié par le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)
www.islamhouse.com
[1] Sourate 4, verset 36.
[2] Al-Mustadrak (4/184), hadith n°7305.
[3] Al-Bukhârî (5/2239), hadith n°5668.
[4] Al-Bukhârî (5/2240), hadith n°5670.
[5] Al-Mu‘jamu-l-kabîr (19/419), hadith n°1014.
[6] 'Ihyâ'u ‘ulûmi-d-dîn (2/212).
[7] Voir la note 3 précédente.
[8] Ibn Khuzaïma (4/140), hadith n°2539.
[9] Al-Bukhârî (5/2240), hadith n°5673.
[10] Al-Mustadrak (2/76), hadith n°2378.
[11] Ibn Mâjah (2/1114), hadith n°3358.
[12] Muslim (3/1353), hadith n°48.
« Money doesn’t make you happy ».
Ainsi enseignait bien le vieil adage anglais, même si pour certains le bonheur est la bonne fortune dans tous les sens du mot. L’homme cherche à être heureux, mais il se rend compte le plus souvent que ce n’est sûrement pas l’abondance des biens matériels qui doit être liée nécessairement à l’idée du bonheur.
A ce sujet, et d’une manière anecdotique, on rapporte que le calife abbasside al Ma’mûn (813-833) fils de Haroun al-Rachid, avait, quant à lui, une conception du bonheur nullement assujettie à l’argent. En effet, un épisode resté célèbre dans l’histoire, raconte qu’un jour le grand calife demanda à ses commensaux de lui exposer leur définition du bonheur. Les réponses furent celles habituelles des courtisans : pour la plupart un mélange de flatterie, d’hypocrisie, de flagornerie et même de duplicité, s’arrêtant sur les biens de ce monde et les vanités du siècle. Puis, quelques-uns mirent en avant, la recherche, beaucoup plus honorable, de la connaissance et l’acquisition du savoir comme condition du bonheur ; d’autres, jouant sur la corde sensible de la piété proposèrent le recueillement et la méditation dans une attitude spirituelle. Mais, la réponse du riche et puissant al Ma’mûn fut d’énoncer tout simplement que le bonheur absolu est d’avoir une épouse qui vous aime et que vous aimez : « Vous avez de quoi vivre votre journée et vous n’avez pas affaire au calife ! ». La condition première du bonheur se trouvait donc, pour le commandeur des croyants, dans la tendresse des liens conjugaux et dans la modestie d’une vie simple loin du vacarme tumultueux de la grande ville et ses richesses étalées.
Dans la tradition islamique, l’argent n’est pas la condition nécessaire au bonheur. Bien au contraire, c’est plutôt la générosité qui rendra heureux et procurera un sentiment de satisfaction. Il est bien spécifié dans le Coran que la piété va de pair avec le don :
« Craignez Dieu autant que vous pouvez, écoutez, obéissez et faites largesses. Ce sera un bien pour vous. Et, ceux qui se seront préservés de leur propre avarice, voilà qui seront heureux »
Sourate 64, la grande perte, verset 16.
Tout comme dans un contexte de croyance religieuse, la notion du bonheur est relative à la conformité de la guidance divine :
« …Puis, si jamais un guide vous vient de Ma part, quiconque suit Mon guide ne s’égarera point et ne sera pas malheureux. » Sourate 20, ta ha, verset 123.
Pascal dans ses pensées exprime cette même idée du bonheur liée à la foi, en la formulant autrement :
« Tous les hommes recherchent d’être heureux. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Jusqu’à ceux qui vont se pendre. Et cependant depuis un si grand nombre d’années jamais personne, sans la foi, n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement. »
La richesse, est-ce bien vu ?
D’un point de vue purement spirituel, la richesse est beaucoup plus perçue comme une épreuve que comme un bien en soi. Religieusement parlant, la fortune est une sorte de mise à l’examen de l’homme argenté quant à son attachement viscéral aux biens de ce monde. Mais à vrai dire, tant que la richesse n’est pas une fin en soi, elle est neutre. Elle n’a pas à être mal ou bien vue. S’enrichir pour entreprendre et fructifier les investissements en vue de produire et faire profiter tout l’entourage et par delà l’ensemble de la société, devient un acte louable. En revanche amonceler des fortunes sans les recapitaliser ni les réinjecter dans les circuits de production est vraiment détestable. Combien de fois l’homme fortuné a-t-il agi avec arrogance ? Le comportement des riches dans certaines situations fait glisser sur la pente raide de la tyrannie. Dans la tradition islamique, le Coran attire l’attention des croyants sur cette conduite afin de se prémunir de ses méfaits :
« Prenez-garde ! Vraiment l’homme devient rebelle, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même à cause de sa richesse. » Sourate 96, l’adhérence, versets 6 et 7.
C’est pour cela que le troisième pilier de la pratique cultuelle en islam est l’aumône, qualifiée parfois de légale. Curieux adjectif pour un acte charitable qui doit être spontané, laissé à l’élan de générosité des croyants. En principe cet acte ne doit pas être soumis à l’obligation de la loi. Mais il se trouve qu’effectivement, l’aumône est une prescription fondamentale légalisée par de nombreuses injonctions coraniques. Elle relève de la loi de Dieu et est essentiellement orientée vers le divin via le visage de l’homme ici-bas. Elle est nommée tantôt zakat, tantôt sadaqa signifiant à la fois purification et accroissement avec des notions de caution et même d’émanation assainissante dans un cas et signifiant aussi sincérité et véridicité dans l’autre. C’est dire l’importance dans la vie religieuse des croyants, que revêt l’acquittement de l’aumône. Elle est homogène à la foi et va de pair avec la piété.
S’acquitter de l’aumône revient, en vérité, à purifier l’âme de l’animosité infâme et du vice de l’avarice afin de recevoir les bénédictions divines par l’action bienfaitrice du prophète de Dieu.
En réalité, l’aumône renvoie spirituellement parlant à la nudité primordiale de l’homme qui vient nu dans ce monde et repart, également, de ce monde dépouillé de tout. Il a beau courir après les richesses, amasser des biens, thésauriser des fortunes, il ne fera que gérer au mieux ce qui ne lui appartient pas. Il ne jouit que de l’usufruit de ce qui est à Dieu. Autant en donner, alors, une part à ceux qui sont dans le besoin. C’est un droit divin qui leur est accordé. Dans une optique de répartition équitable des richesses, les pauvres recevront ce qui leur est dû de la part de leur Seigneur par l’intermédiaire du croyant qui, riche et aisé, est encore une fois éprouvé par la fortune ! Il doit assumer ses responsabilités dans la Cité et contribuer à alléger la souffrance de ses semblables.
Toutefois, la discrétion est recommandée. Il n’y a pas à obliger ostensiblement le nécessiteux récipiendaire de la zakat ni à en faire état. Un tel comportement est réprouvé. Celui qui donne, aura à le faire avec circonspection.
L’argent peut-il être honnête ?
L’argent doit être honnêtement gagné, comme tout bien, il ne doit pas être mal acquis, sinon, comme le souligne le vieil adage, il ne profitera jamais. Après toutes les considérations spirituelles avancées précédemment, il n’y a tout de même aucune raison de ne pas vouloir gagner de l’argent pour améliorer notablement ses conditions et celles de ses proches. Mais pour être surtout un élément constructif dans le tissu social et économique dans la société, il y a lieu d’investir et de fructifier les capitaux pour l’intérêt de tous. Si l’argent n’a pas d’odeur, comme disait Vespasien, la pauvreté en a une et parfois elle « piquante ». Aussi est-il est légitime de s’en sortir. La dignité de l’être humain chez les personnes pauvres doit être absolument respectée, mais il faut œuvrer pour que l’état de pauvreté cesse et pour qu’il soit mis fin à l’indigence. Hormis les cas extrêmes d’allergie véritable à l’argent dans les comportements ascétiques et de vie acceptée dans le dénuement, la pauvreté ne constitue pas une fin en soi. Lorsque la misère s’abat, il est du devoir du miséreux de l’annihiler. C’est certes par des moyens légaux et licites qu’il faut en finir avec le manque et la gêne. Auquel cas, un travail justement rémunéré, un commerce honnêtement entrepris et une activité sérieusement menée sont autant de biais louables pour gagner sa vie honorablement et sortir donc de la situation de contraintes et de privations accablantes dans laquelle se trouve la personne indigente. Dans cette configuration, il n’y a plus aucun scrupule à recevoir de l’argent dûment et honnêtement gagné. C’est comme s’il y avait toujours quelque chose de louche et de suspect à être riche. Sans vouloir faire absolument l’éloge du faste, il paraît curieux de tenter de justifier un train de vie conséquent. Le malaise devant la richesse mine les relations entre les êtres. Et il n’y a aucune raison de susciter des problèmes avec la richesse en tant que telle, lorsqu’il n’y en a pas et lorsque l’argent est dûment et honnêtement gagné.
Pour revenir à l’aumône, considérée comme un droit divin sur les riches pour les pauvres. Ces derniers la reçoivent et la dépensent comme un bien honnête. D’ailleurs, ce ne sont pas que les pauvres qui reçoivent l’aumône. En effet, les destinataires bénéficiaires de la zakat sont spécifiés dans le Coran. Outre les pauvres et les nécessiteux, d’autres catégories sont mentionnées comme celle des percepteurs qui travaillent à sa collecte.
Ce sont les légistes et les jurisconsultes qui, par la suite, décideront des modalités de son acquittement. En numéraire ou en bien nature. Généralement, le croyant musulman calcule chaque année sa contribution. C’est une somme défalquée sur ce qu’il a pu épargner pendant une révolution d’un an lunaire hégirien. Elle est égale au quart du dixième de l’épargne.
Comment vivre l’amour de Dieu ?
L’amour de Dieu est, pour un croyant, la raison d’être lors de sa grande pâque sur terre. Le sentiment amoureux reflète bien des attitudes dans l’aventure humaine ici-bas. S’il met Dieu au-dessus de toutes ses passions et s’il fait triompher l’amour qu’il porte à Dieu sur toutes les autres inclinations, alors il aime vraiment Dieu. De même, il a vraiment la foi.
Si le commun des mortels n’éprouve amitié ou amour que pour un vulgaire profit mondain, le croyant qui désire obtenir l’agrément de Dieu et la satisfaction divine, a des vues plus élevées, des buts sublimes, loin du bourbier de la terre. Ainsi est le croyant véritable, que Dieu protège jalousement, qu’Il aime et chérit, et à l’appel duquel il accourt.
Il est enseigné dans la tradition prophétique que parmi les personnes que Dieu protégera de Son ombre, le Jour de la Résurrection, quand il n’y aura pas d’autre ombre que la Sienne, « ... Deux êtres qui s’aiment en Dieu, qui se réunissent et se séparent ainsi ».
Il est vrai qu’aimer autrui, par amour de Dieu, n’est pas aisé et n’est pas donné, c’est une affaire subtile, fine, sérieuse, qui implique de lourds devoirs. Aimer son frère en Dieu, c’est d’abord lui donner le pas sur soi-même, le tenir pour plus méritant et s’en faire la rançon. C’est être son conseiller sincère et fidèle, l’avocat et le défenseur de son sang, sa famille, son bien et son honneur. C’est s’inquiéter de son absence, lui rendre visite. Tout cela en vue d’une seule chose : l’agrément de Dieu.
Aimer pour Dieu conduit au parachèvement de la foi.
L’amour que porte le croyant pour ses frères les hommes est pur, désintéressé. Il aime pour eux ce qu’il aime pour lui-même, en leur accordant la priorité. Le Prophète a retourné la fameuse golden rule : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimes qu’on te fasse »
« Nul d’entre vous ne peut prétendre être croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »
Mais cet amour ne doit pas signifier complaisance, complicité dans le mal et l’injustice. La meilleure façon d’aimer quelqu’un en Dieu, c’est d’être pour lui un miroir de l’âme où il puisse constater ses défauts et ses faiblesses. C’est aussi de ne pas le laisser s’égarer dans les vallées tortueuses de la passion aveugle, de lui ordonner le Bien, de lui proscrire le Mal.
Quand le croyant aime son frère en Dieu, il doit l’en informer. Pour que leur amour soit réciproque. Le prophète Muhammad a montré à ses compagnons comment faire pour parvenir à s’aimer en Dieu :
« Par celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Vous n’entrerez au Paradis que lorsque vous serez croyants, et vous ne serez croyants que lorsque vous vous aimerez ! Vous indiquerai-je une chose qui vous permettra de vous aimer les uns les autres si vous la faites ? Commencez par bien vous saluer mutuellement ! »
Pour citer cet article :
Ghaleb Bencheikh. «La richesse, une épreuve pour le croyant». Revue Quart Monde, N°208 - Les religions : leviers ou linceuls pour le combat des pauvres ?Année 2008Revue Quart Monde
document.php?id=2518
Quelques mots à propos de : Ghaleb Bencheikh
Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences et physicien français, il est également de formation philosophique et théologique et anime l'émission Islam dans le cadre des émissions religieuses diffusées sur France 2 le dimanche matin. Il préside la Conférence mondiale des religions pour la paix et appartient au comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix. Bibliographie : Alors, c'est quoi l'islam ? , éd. Presses de la Renaissance, 2001 ; L'islam et le judaïsme en dialogue (avec Salam Shalom et Philippe Haddad et la collaboration de Jean-Philippe Caudron), éd. de l'Atelier, 2002 ; La Laïcité au regard du Coran, éd. Presses de Renaissance, 2005.
LA DOT N'EST PAS UN PRIX QU'ON PAYE EN ÉCHANGE DE LA FEMME:
L'idée reçue concernant la dot et qui est entretenue par beaucoup de gens a pour origine une considération erronée et arriérée pour laquelle la dot est le prix qu'on paye en échange de la femme. Avec cette manière de voir l'homme serait le propriétaire de la femme qu'il a payée à prix d'argent.
A partir d'une telle considération, certaines femmes parlent de leur dot à la manière populaire en disant: "C'est ma dot, le prix de ma personne!". La dot serait, selon cette manière de voir, une sorte de droit d'appropriation. De même, la considération selon laquelle la hausse de la valeur de la dot est une manière d'affirmer la valeur sociale de la femme serait semblable à la hausse de la valeur de la marchandise pour affirmer ainsi sa valeur marchande.
Le Coran parle de la dot en tant que cadeau. Il dit à ce propos:
"Versez à vos femmes leurs dots de mariage en tant que cadeau 'nihla'…."Coran, "an-Nisa"' (les Femmes), IV 4 ;…où la "nihla" est le don, ce que l'on donne en échange de rien. Cela veut dire que la dot est un symbole d'amour et non pas un prix. Pour cette raison, nous remarquons que certains jurisconsultes disent que la formule légale à prononcer pour valider le contrat de mariage peut être l'équivalent arabe de l'expression suivante: "Je te donne une telle en mariage sur la base de la dot de… et non pas contre la dot de…", car la particule arabe équivalente à "contre" signifie l'échange alors que la dot n'a rien à voir avec l'échange. Elle est simplement une condition parmi d'autres dans l'ensemble des conditions du contrat. Pour cette raison, les jurisconsultes sont unanimes sur le fait que si la dot du mariage est invalidée, pour une raison ou une autre, le contrat de mariage reste valide.
On adopte, dans une telle situation, une solution consistant à valider le mariage sur la base de la dot fixée dans un contrat de mariage équivalent. Cela prouve que la question de la dot n'est pas en rapport avec la matière du contrat conjugal, mais l'une des conditions, des attendus et des questions annexées au contrat. Nous pensons que la femme qui se respecte est celle qui ne permet pas à ce qu'on s'attarde à parler au sujet de la valeur et du montant de la dot. La Noble Tradition dit à ce propos: "La femme néfaste c'est celle dont la dot est élevée" …dans la mesure où la dot élevée peut compliquer sa relation avec son mari et menacer la mariage. N'est-ce pas que beaucoup de femmes restent sans mariage par la faute de leurs parents qui, vivant dans une société qui élève la valeur de la dot, exagèrent, de leur côté, le montant de la dot qu'ils exigent, ce qui décourage le candidat au mariage et l'oblige à arrêter sa démarche?
Nous avons lu que chez certains peuples, comme les Hindous, entre autres, dont les coutumes exigent que les parents de la fille versent une dot à l'homme qui se marie avec elle, on cherche à reculer l'âge du mariage de la fille sous la pression du coût élevé d'une telle opération. Pour cette raison, et qu'elle soit versée à l'homme ou à la femme, la dot ne doit être considérée que comme un symbole sans valeur marchande surtout qu'elle ne constitue, contrairement à ce que croient certains, aucun facteur de stabilité ou d'équilibre de la vie conjugale.
Nous pensons, d'autre part, que l'homme qui ne craint pas Dieu et qui ne possède pas un bon caractère moral peut facilement obliger sa femme, ou la pousser à demander le divorce et à abandonner la dot de son propre gré. Il peut le faire en créant les conditions, les circonstances et les atmosphères psychologiques nécessaires pour qu'elle renonce à ses droits. On peut même trouver des pratiquants qui, sans divorcer, ne font envers leurs femmes que le minimum de leurs obligations sur le plan des dépenses ou des échanges de la vie conjugale.
Ce qui sauvegarde la vie conjugale ce sont l'amour, la compassion, la responsabilité mutuelle des deux époux et leurs bons caractères de qualité islamique. La femme doit chercher dans l'homme de sa vie, sa piété, son bon caractère et son respect pour la femme et pour la vie conjugale. S'il est pauvre, elle doit l'aider financièrement et ses parents doivent le traiter comme ils le font avec leur fille ou leurs autres enfants…
Pour toutes ces raisons, nous pensons que les considérations qui lient la valeur de la femme à celle de sa dot et font de celle-ci un élément de pression vis-à-vis de l'homme sont des considérations non islamiques et non humaines…, des considérations qui ne vont pas de pair avec le respect qu'on doit à la femme.
http://francais.bayynat.org.lb/femme_en_Islam/echange_de_la_femme.htm
Voici des neurones bien réconfortants. Ils aiment être caressés, et nous offrent cette sensation à la fois douce et sensuelle. Identifiés par des neurobiologistes de l’Institut technologique de Pasadena en Californie, ils étendent leurs terminaisons nerveuses juste sous la peau. Ils ne sont sensibles qu'aux caresses, et acheminent cette sensation jusqu'au cerveau.
Comment les a-t-on découverts ? En caressant des souris de laboratoire, au moyen de petits pinceaux qu’on promène sur leurs pattes. En injectant un produit fluorescent qui brille quand les neurones s’activent, les chercheurs ont pu ainsi observer sous la peau, au microscope, les neurones qui s’activaient. Ils ont constaté que les neurones des caresses constituent une sous-population bien précise de certains neurones appellées fibres de type C, qui interviennent dans le toucher : certaines réagissent plus aux pincements, d’autres aux tapotements, d’autres aux caresses. Celles qui réagissent aux caresses ont une caractéristique : elles contiennent une molécule nommée récepteur couplé aux protéines G, qui régule l'activité interne des neurones et qui a valu en 2012 le prix Nobel à leur découvreur. Cette caractérisation à l'échelon moléculaire a permis aux neurobiologistes d’activer les neurones des caresses avec un composé chimique.
Laissons chacun en imaginer les effets. Les souris recevant une injection de cet élixir de caresse retournaient systématiquement dans le compartiment de la cage où on le leur avait injecté. Elles en voulaient encore. On imagine que ces animaux, dont les neurones des caresses étaient stimulés par une molécule artificielle, devaient ressentir comme l’impression d’être caressés de l’intérieur, en permanence. Les biologistes vont bien évidemment rechercher l’équivalent de ces fibres chez l’homme, mais il ne faudrait pas que de telles recherches remplacent un jour les vraies caresses par ce que Baudelaire appelait les paradis artificiels.
http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/actualite-les-neurones-des-caresses-31040.php
Peut-être que nous pouvons apercevoir dans certains versets coraniques - explicitement et parfois implicitement - les caractéristiques de la réponse à ces deux questions : [Comment se servir de votre voix ?] et [Comment utiliser les medias ?].
Dans un premier temps, nous citons le verset coranique suivant mentionné dans le cadre des recommandations de Luqman à son fils : « modère ta voix : la voix la plus détestable est la voix de l'âne » [31:19].
Nous remarquons ici, que nous mettons l'accent sur ??le maintien de la voix basse d'une manière qui tient psychologiquement l'homme loin de hausser la voix, dénudant la voix haute de tout aspect de beauté et de rationalité. C'est comme s'il disait : Même si vous élevez votre voix au plus haut niveau, votre hurlement n'atteindra jamais le niveau de braiment de l'âne, et vous allez vous énerver de cette voix, tout comme les autres le feront, car c’est la voix la plus détestable entre toutes les autres voix.
Quelle est votre opinion sur ce niveau et cette comparaison ?
En fait, cette question ne résiste pas à toute discussion ou débat, car aucun homme accepte d’arriver à ce niveau faible ; ainsi, il accordera une attention à soi-même et n'oubliera pas ceci à chaque fois qu'il veut hausser sa voix.
C'est pourquoi ceux qui recourent à crier pour la réussite de leurs discours provocateurs perdent leur équilibre et statut social, lorsque la disposition de la société se développe d'une manière qui ne ferait qu’écouter la voix basse, loin de tout bruit et tapage.
Un autre verset mentionne implicitement le cas [exclusif] dans lequel la voix haute peut être utilisée ainsi que son rôle déterminé en fonction du niveau de voix qu’il faut hausser pour faire entendre les autres.
Quant aux autres cas, l’homme perdrait l'objectif déclaré, et s’il élève la voix, il serait comme s'il déconnait et agissait de façon irrationnelle... Allah dit : « Peu importe que tu parles à voix forte [ou faible] : Lui, certes, connaît parfaitement ce qui est secret et ce qui est le mieux caché » (20: 07).
Ce verset fait remarquer que la personne ne doit pas élever la voix quand elle s’adresse à son Seigneur, car Il connaît ce qui est secret et ce qui est le mieux caché, alors pourquoi avons-nous besoin d'élever la voix ? Dans ce contexte, nous ne pouvons que citer le verset suivant : « Invoque ton Seigneur en toi-même avec humilité et crainte, sans que la voix résonne, le matin et le soir. Ne sois pas au nombre des négligents » (07: 205).
De tous ces versets, nous pouvons en déduire la sagesse derrière les niveaux différents de la voix qu'Allah a créée pour l'homme, de sorte qu'il utiliserait chaque niveau dans sa position appropriée. Par exemple, il est peu probable pour l'homme d'utiliser, à l'intérieur de la maison, le même niveau de voix qu'il utilise dans la ferme pour faire entendre ceux qui sont loin de lui à des centaines de mètres.
Ceci n'est pas limité à la voix humaine, mais plutôt s'étend pour inclure les voix qui sortent des médias, tels que les radios, les téléviseurs, les haut-parleurs, les appareils d'enregistrement et autres, car ces appareils ont eux aussi plusieurs niveaux de sons que l’homme peut employer selon ses besoins.
Peut-être que nous pouvons en déduire le but derrière ces méthodes mentionnées dans le Coran pour empêcher l'homme d'utiliser sa voix haute dans les cas où ceci n'est pas nécessaire, et le but est de l’éduquer sur l'emploi des fonctions de son corps calmement et rationnellement, sans offenser lui-même et les autres.
L’Islam voulait que ce soit une partie des codes de conduites obligatoires que les Musulmans devaient s'y engager lorsqu’ils s’adressaient au Prophète (p.), et peut-être cela pourrait aller jusqu'à inclure les autres dirigeants islamiques sacrés (les Imams), tel que mentionné dans la sourate Al-Hujurât : « O vous qui croyez ! N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui adressez pas la parole à voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos œuvres ne deviennent stériles sans que vous en ayez conscience. Ceux qui baissent la voix en présence de Son Envoyé sont vraiment ceux dont Allah a sondé les cœurs pour en éprouver la crainte révérencielle. Ils obtiendront un pardon et une récompense magnifique. Ceux qui t'interpellent de l'extérieur de tes appartements sont, pour la plupart, des gens qui n'ont pas de tête. S'ils patientaient jusqu'à ce que tu sortes à leur rencontre, ce serait préférable pour eux. Mais Allah est pardonneur, clément » (49:02-05).
On remarque dans un autre verset comment le Coran a appelé l'homme à maintenir un niveau normal de sa voix, même lorsque nous observons les actes d'adoration ; il ne doit pas élever trop la voix ou l'abaisser au niveau qu'il ne serait même pas capable de s’entendre lui-même. Plutôt, il doit garder un niveau modéré qui offre le sens aspiré sans faire de bruits ou causer une agitation, et le verset est : « et il annonce que pour ceux qui ne croient pas à la vie future Nous préparons un châtiment douloureux» (17:110).
Il est à noter que le fait que l'Islam rejette les voix fortes, quand elles ne sont pas nécessaires, ne se limitent pas à une position sans l’autre, car la question a à voir avec la nature de la voix et non le contenu ; par conséquent, il n'y a pas de différence entre le Coran et autres, comme certaines personnes naïves pensent qu'ils ont le droit de hausser le volume du haut-parleur au maximum si ceci concernait la diffusion de la récitation du Coran, d’un sermon et autres, affirmant que la religion impose aux autres de succomber et céder à ceci. En fait, cette conception est erronée, car l'Islam veut que l'homme écoute le Coran, les sermons et autres avec une âme sereine et dévouée, et cela ne peut avoir lieu si la voix était si forte qu'elle provoque des tensions et une anxiété.
Beaucoup d’oulémas ont émis une fatwa selon laquelle il est interdit l'utilisation des haut-parleurs d'une manière fâcheuse, si elle porte atteinte aux gens et même si elle a été utilisée pour diffuser la récitation du Coran.
[Extrait du livre "Les concepts islamiques généraux"]
http://francais.bayynat.org.lb/affaires/affaires_medias.htm
1. Par islamiates le 02/07/2024
Salam Les sourates sont données à titre d'exemple. Merci pour votre réactivité