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Articles de islamiates

L'apostasie(Ar-riddah) entre Loi et la religion

 

Ar-riddah signifie littéralement le retour en arrière. Elle a la même signification que al-irtidâd, sauf qu’elle concerne en général la dénégation de Dieu.

Dans le cas présent, elle signifie le détournement délibéré, sans contrainte aucune, du Musulman, mature et conscient, de l’Islam vers la dénégation. Cette définition est aussi bien valable pour l’homme que pour la femme.

En corollaire de cette définition, on peut indiquer que le détournement du malade mental et de l’enfant n’est pas considéré comme une apostasie, car ils ne sont pas responsables de leurs actes. Le Prophète — paix et bénédiction sur lui — dit : « Trois catégories de personnes ne sont pas responsables de leurs actes : le dormeur jusqu’à ce qu’il se réveille, l’enfant jusqu’à ce qu’il atteigne la puberté et le malade mental jusqu’à ce qu’il reprenne conscience. » [1]

Par ailleurs, un Musulman qui renie l’Islam sous la contrainte n’est pas un apostat, tant que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi. Ainsi, `Ammâr Ibn Yâsir fut contraint malgré lui de renier l’Islam. Dieu révéla alors à son sujet : « Quiconque a renié Dieu après avoir cru... — sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi — mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à l’infidélité, ceux-là ont sur eux une colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible. » [2] Ibn `Abbâs dit au sujet de `Ammâr : « Les idolâtres l’enlevèrent, avec son père, sa mère Sumayyah, Suhayb, Bilâl et Khabbâb puis les torturèrent. Sumayyah fut attachée entre deux chameaux. On lui amena une lance et on lui dit : « Tu t’es convertie à l’Islam pour les hommes. » Elle fut alors tuée ainsi que son époux. Ce sont les deux premiers martyrs de l’Islam. Quant à `Ammâr, il prononça malgré lui ce qu’ils voulurent entendre. Il se plaignit alors auprès du Prophète — paix et bénédiction sur lui — qui lui demanda : « Comment sens-tu ton cœur ? » `Ammâr répondit : « Plein de la sérénité de la foi. » Le Messager lui dit : « S’ils reviennent vers toi, reviens-y [3]. » »

A partir de quand le Musulman devient-il un apostat ?

Le Musulman n’est considéré comme étant sorti de l’Islam et n’est accusé d’apostasie que si son cœur s’ouvre à la dénégation, y devient confiant et y entre effectivement. Dieu dit en effet : « mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à l’infidélité » [1]. Le Messager — paix et bénédiction sur lui — dit : « Les actions sont jugées d’après les intentions, et il en sera tenu compte à chaque homme dans la mesure de son intention. » Ainsi, étant donné que ce qui est dans le cœur est un Inconnu (ghayb) que Seul Dieu connaît, il est nécessaire, avant de lancer une accusation d’apostasie, que ce qui prouve explicitement et de manière indubitable la dénégation d’un individu émane directement de celui-ci. On a rapporté d’après l’Imâm Mâlik l’avis suivant : « Quiconque émane de sa part ce qui implique la dénégation sous quatre-vingt-dix-neuf formes, et que la foi n’est impliquée que par une forme, sera considéré comme ayant la foi. »

Parmi les éléments susceptibles de prouver la dénégation :

  1. Renier de la religion ce qui en est nécessairement connu [4] : par exemple renier l’Unité de Dieu, renier le fait qu’Il soit le Créateur de cet univers, renier l’existence des Anges, renier à Muhammad — paix et bénédiction sur lui — le statut de Prophète et au Coran celui de révélation divine, renier la Résurrection et la Rétribution, renier le caractère obligatoire de la prière, de l’aumône légale (zakâh), du jeûne ou du pèlerinage.

  2. Considérer comme licite un interdit au sujet duquel les Musulmans sont consensuellement d’accord sur sa prohibition : par exemple, considérer comme licite la consommation d’alcool ou de porc, considérer comme licite l’usure, considérer comme licite le meurtre ou le vol.

  3. Interdire ce que les Musulmans sont consensuellement d’accord pour considérer comme licite : par exemple interdire les bonnes nourritures.

  4. Insulter ou railler le Prophète ainsi que tout autre prophète envoyé par Dieu.

  5. Insulter la religion, diffamer le Coran et la Sunnah, ne pas se référer à ces derniers dans le domaine politique et leur préférer des lois purement humaines.

  6. Jeter le recueil coranique (mushaf) ou les livres de hadiths dans les ordures, par mépris et par dédain de ce qu’ils contiennent.

  7. Faire fi d’un des noms de Dieu, d’un de Ses Commandements, d’un de Ses interdits ou d’une de Ses promesses.

Tout cela ne s’applique pas aux Musulmans récemment convertis qui ne connaissent pas encore les directives de l’Islam ni les limites qu’ils doivent observer. Si l’un d’eux nie par ignorance un élément de la religion, il n’est pas considéré comme un apostat. Par ailleurs, il existe des questions faisant le consensus des Musulmans mais que seuls quelques-uns connaissent. Celui qui nie une telle question n’est pas considéré comme un apostat : il est excusé à cause de son ignorance de ladite question qui n’est pas toujours portée à la connaissance du grand nombre. Parmi les exemples de ce type de questions, on peut citer l’interdiction pour l’homme d’épouser la tante paternelle ou maternelle de son épouse, le fait que le coupable d’homicide volontaire soit privé d’héritage, le fait que la grand-mère reçoive le sixième de l’héritage, etc.

N’entrent pas non plus en ligne de compte les doutes qui peuvent travailler l’âme. En effet, Dieu ne fait pas cas de ces doutes. Muslim a ainsi rapporté d’après Abû Hurayrah que le Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui — dit : « Dieu — Exalté soit-Il — a pardonné à ma Communauté les pensées qui travaillent son âme, tant qu’elle ne les concrétise pas ou qu’elle n’en parle pas. » Muslim a également rapporté que Abû Hurayrah dit : « Un groupe de Compagnons du Prophète — paix et bénédiction sur lui — vinrent le voir et lui dirent : « Nous avons dans nos fors intérieurs des pensées que nous trouvons sacrilège de prononcer. » Le Prophète demanda : « Et vous l’avez trouvé [ce doute qui entretient l’âme] ? » « Oui », répondirent-ils. « C’est cela la vraie foi », conclut le Prophète. » Muslim a également rapporté sur l’autorité de Abû Hurayrah que : « Le Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui — dit : « Les gens peuvent se demander : « Est-ce Dieu qui est à l’origine de la Création ? Dans ce cas, qui a créé Dieu ? » Quiconque est travaillé par ce genre de pensées doit dire : « Je crois en Dieu. » » »

Le jugement de l'apostasie

 les différentes écoles sunnites, et par la suite les juristes contemporains, ont eu de multiple positions et opinions diverses en ce qui concerne les détails de la question de l’apostasie. Cependant, sur la sanction originale, on note un consensus : tous les juristes s’accordent sur la peine de mort. D’ailleurs, si on cherche le sujet de l’apostasie dans les références de la jurisprudence musulmane, on remarque que tous les juristes l’incluent dans les kitab hudûd [Chapitre des peines légales]. Les malikites, les hanbalites et les chaféites considèrent l’apostasie comme jinâyâ [crime d’homicide ou blessures corporelles]. Les hanafites eux, la classent dans le chapitre du jihâd [guerre], avec la rébellion.

On comprend donc par ce classement que l’apostasie est considérée comme un délit ou une infraction chez tous les juristes. Ainsi, tout musulman adulte quittant volontairement et publiquement sa religion est jugé apostat. Ce jugement conduit à une sentence et à une condamnation, selon les différentes écoles juridiques. La sentence est définie par la peine de mort pour l’apostat. Les juristes, que ce soient les juristes classiques ou les juristes contemporains, ont construit leurs jugements concernant la question de l’apostat sur les mêmes textes. Nous allons rapidement les passer en revue.

Regardons tout d’abord les textes coraniques :
- « Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. » Coran (2, 217).
- « Ô les croyants ! Si vous obéissez à ceux qui ne croient pas, ils vous feront retourner en arrière. Et vous redeviendrez perdants. » Coran (3, 149).
- « Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion… Dieu fera alors venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime. » Coran (5, 54).
- « Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que le droit chemin leur a été clairement exposé, le Diable les a séduits et trompés. » Coran (47, 25).

On trouve, également, d’autres versets n’ayant pas employé le verbe « apostasier » mais qui en contiennent le sens, comme par exemple :

- « Quiconque a renié Dieu après avoir cru (…) - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible. » (16,106)
- « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnera la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnera force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changera leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers. » (24,55).

Enfin, dans la sourate 9 verset 74, on lit :
- « Ils ont professé l’incrédulité. Puis ils ont juré par Dieu, qu’ils n’avaient pas prononcé de telles paroles. Ils furent incrédules après avoir été soumis. Ils aspiraient à ce qu’ils n’ont pas obtenu et ils n’ont trouvé à la place que la faveur que Dieu et son Prophète ont bien voulu leur accorder. S’ils se repentaient, ce serait meilleur pour eux ; mais s’ils se détournent, Dieu les châtiera d’un châtiment douloureux en ce monde et dans l’autre, et ils ne trouveront, sur la terre, ni ami ni défenseur ».

Dans ce verset nous trouvons le mot châtiment contre l’apostat mais sans que la nature du châtiment soit précisée. En revanche, dans les autres versets où le sujet de l’apostat est abordé, le châtiment contre l’apostat y est prévu dans la vie au-delà sauf dans les hadiths du Prophète.

Les hadiths constituent, en effet, notre seconde source qui est aussi celle du droit musulman : si les hadiths sont plus explicites, ils ne sont pas aussi précis que nous pourrions le supposer. C’est pour cette raison que le texte suivant a donné diverses interprétations : « Celui qui change de religion, tuez-le. Il n’est permis d’attenter à la vie du musulman que dans les trois cas suivants : la mécréance après la foi, l’adultère après le mariage et l’homicide sans motif ». On lit ici, bien clairement, que la sanction de l’apostat est la mort : « tuez-le ». Mais le texte, qui a servi de base pour le jugement de la condamnation, n’explique pas si la sanction est identique pour l’homme comme pour la femme et si elle ne concerne que celui qui renie sa foi, qu’il soit de confession musulmane ou d’autres religions monothéistes. Ce texte ne précise pas non plus si la sanction englobe celui qui est né musulman ou seulement la personne qui a embrassé la foi musulmane par choix.

Toutes les réponses à ces questions ne se trouvent pas dans ces hadiths. Par conséquent, on relève des débats multiples et divers entre les juristes musulmans. Ce hadith est notamment montré du doigt tardivement par quelques penseurs musulmans, comme Djamel el-Banna par exemple, qui soulèvent le problème de son degré d’authenticité. Il semble ici que le problème du jugement de l’apostat est qu’il est basé sur un hadith ahad [47] alors que, dans le système juridique musulman, les sanctions pénales (hudud [48]) ne sont pas justifiables par les hadiths n’ayant pas bénéficié d’une large transmission (hadîth âhâd) [49].

Ces contradictions textuelles que nous venons de mettre en lumière montrent bien l’ambiguïté de leur utilisation comme références à des jugements rendus contre l’apostat.

En conclusion, rappelons que l’islam dans sa dimension littéraire, artistique, linguistique, son système de pensée et la mentalité des sociétés musulmanes est imprégné par la pensée juridique. Or, la problématique exposée ici n’est qu’un exemple de questionnement qui se pose à l’heure actuelle dans bien d’autres domaines de la société musulmane : on peut citer les recherches récentes concernant la relecture du Coran, par exemple, qui consiste à analyser la rhétorique du texte sacré.

 Dans le monde musulman, il apparaît donc nécessaire à un certain nombre juristes, tels que M. Mokhtari par exemple, de repenser le système juridique musulman de façon à ce que les vides autant que les incohérences juridiques puissent être aplanis. Toutefois, les recherches dans ce domaine précis restent timides.


Notes

[1] Hadith rapporté par Ahmad et autres compilateurs de traditions ; le hadith est considéré comme fiable par At-Tirmidhî ; Al-Hâkim le considère comme authentique car répondant aux critères d’authenticité établis par Al-Bukhârî et Muslim.

[2] Sourate 16 intitulée les Abeilles, An-Nahl, verset 106.

[3] Le Prophète dit ici à `Ammâr que si les idolâtres remettent encore une fois la main sur toi et veulent que tu renies l’Islam, renie-le, sachant que ta foi est profondément ancrée dans ton cœur.

[4] Cette notion est explicitée dans l’article suivant : "Renier de la religion ce qui en est nécessairement connu".

http://www.islamophile.org/spip/Qu-est-ce-que-l-apostasie.html

http://www.gric.asso.fr/gric-de-paris/articles-18/article/la-conversion-ou-l-apostasie-entre

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Les sept qui se retrouveront sous l’ombre d’Allah

Le Prophète a dit : « Il y a sept catégories de personnes qu’Allah accueillera sous Son ombre au jour où il n’y aura aucune ombre sauf la Sienne : un dirigeant juste; un jeune qui a grandi dans l’adoration d’Allah, le Puissant et Majestueux; un homme dont le cœur est attaché aux mosquées; deux personnes qui s’aiment pour Allah, qui se rencontrent pour cette raison et se quittent sur le même sentiment; un homme qu’une femme de grande beauté et de statut social important appelle à elle et qui refuse en disant : « Je crains Allah »; une personne qui donne en charité si discrètement que sa main gauche ignore ce qu’a donné sa main droite; et une personne qui, dans la solitude, pense à Allah et se met à pleurer doucement. » (Rapporté par Abou Hourayrah et recueilli dans Sahih al-Boukhari et dans Sahih Mouslim)

Dans ce magnifique hadith, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) parle d’actes d’adoration qui, bien qu’ils soient modestes, méritent une récompense énorme : se retrouver à l’ombre d’Allah au Jour où il n’y aura aucune ombre sauf la Sienne. Cela peut paraître comme une mince récompense à première vue, mais considérez un instant le hadith suivant : « Au jour de la Résurrection, le soleil se rapprochera tellement des gens qu’il ne sera plus qu’à une distance d’un mille. Les gens seront submergés dans leur propre sueur selon les actions qu’ils auront accomplies de leur vivant; certains jusqu’aux chevilles, certains jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’à la taille et d’autres encore en auront jusqu’au menton. » (Et en disant cela, le Prophète fit un geste de la main devant sa bouche.) (Rapporté par al Miqdaad ibn Aswad et recueilli dans Sahih Mouslim)

On comprend donc qu’en ce Jour, rien ne sera plus souhaitable que de se retrouver sous l’ombre d’Allah, à l’abri du soleil.

Étudions maintenant les vertus et traits caractéristiques des personnes faisant partie de ces sept catégories qui se mériteront une telle récompense au jour du Rassemblement.

1. « Un dirigeant juste… »

Le concept de justice, en islam, est très important; les musulmans, ceux qui dirigent comme ceux qui sont dirigés, doivent appliquer la justice en toutes circonstances, sans exception. La justice signifie de reconnaître et donner à chacun les droits qui lui reviennent, qu’il soit musulman ou non, qu’il soit un parent ou un étranger, un ami ou un ennemi. Allah dit, dans le Coran :

« Et ne laissez point votre haine pour un peuple vous inciter à être injustes. Soyez justes; cela est plus proche de la piété. » (Coran, 5:8)

Malheureusement, même si nous le reconnaissons en théorie, nous l’oublions rapidement dans la réalité. Souvent, lorsque nous parlons de nos amis ou de nos parents, nous les louons exagérément, mais lorsque nous parlons de ceux avec qui nous ne nous entendons pas, nous ne trouvons rien de bon à dire à leur sujet et nous nous concentrons sur leurs défauts. Cela est bien loin de la justice qu’Allah aime et qu’Il rétribue, tel que mentionné dans le hadith suivant : « Ceux qui auront appliqué la justice seront sur des trônes de lumière près de la main droite d’Allah – et les mains d’Allah sont toutes deux des mains droites – ceux qui étaient justes dans leurs sentences, envers leurs familles et envers tous ceux sur qui ils avaient autorité. »

Lorsque le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) affecta Abdoullah ibn Mas’oud aux terrains de Médine situés entre les habitations et les palmeraies des Ansar, Banou abd ibn Zouhrah dit : « Éloigne de nous le fils de Oumm Abd (Ibn Mas’oud) ». Le Prophète répondit : « Pourquoi Allah m’a-t-Il donc envoyé? Allah ne bénit pas un peuple qui ne donne pas ses droits à un homme faible. » (Sharh as-Sounnah, sounan at-Tirmidhi)

Le concept de justice est encore plus important pour le dirigeant puisqu’il est responsable de son peuple et qu’il est le principal acteur de la justice dans son pays. Pour cette raison, le dirigeant qui sait se montrer juste fera partie des sept catégories de personnes qui auront l’honneur d’être abritées à l’ombre d’Allah.

2. « Un jeune qui a grandi dans l’adoration d’Allah… »

Le savant musulman Ayoub as-Sakhtinyaani (mort en 131 de l’hégire) a dit : « Le fait qu’Allah le guide vers un savant versé dans la sounnah fait partie de la réussite d’un jeune. » (Rapporté dans Sharh Usoolis-Sunnah of al-Laalikaa’ee (no.30)

Qu’un jeune vive dans l’adoration d’Allah et fréquente des gens vertueux est une grande bénédiction d’Allah, car c’est dans sa jeunesse qu’une personne est la plus vulnérable aux tentations et la plus susceptible de s’égarer du droit chemin. Cela est évident lorsque l’on regarde la société qui nous entoure et que l’on constate que la plupart des activités comme la musique, les jeux, les boîtes de nuit, la mode, etc, s’adressent d’abord et avant tout aux jeunes. « On n’a qu’une seule jeunesse », entend-on souvent répéter, et c’est pourquoi tant de jeunes musulmans, de nos jours, s’imaginent qu’ils commenceront à prier, qu’ils feront le Hajj, qu’ils s’habilleront de façon modeste, etc, lorsqu’ils seront plus vieux, comme si Allah leur avait garanti qu’ils allaient vivre vieux! Comme nous serions avisés de tenir compte du conseil du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lorsqu’il a dit : « Profitez de cinq choses avant cinq autres : de votre jeunesse avant votre vieillesse, de votre santé avant que ne vienne la maladie, de vos richesses avant que ne vienne la pauvreté, de votre temps libre avant que vous ne soyez trop occupés, et de votre vie avant votre mort. » (Rapporté par Ibn Abbas et recueilli dans al-Hakim et autres)

3. « Un homme dont le cœur est attaché aux mosquées… »

La sounnah encourage fortement les hommes à prier à la mosquée, car une énorme récompense y est rattachée. Non seulement cela donne-t-il aux gens qui s’y rendent la possibilité d’être abrités à l’ombre d’Allah au jour du Jugement, mais un hadith rapporte « que chaque pas qu’il fait en direction de la mosquée l’élève d’un rang et lui efface un péché. Puis, lorsqu’il prie, les anges ne cessent de prier pour lui tant et aussi longtemps qu’il ne quitte pas sa place. Les anges disent : « Ô Allah, envoie-lui Tes bénédictions; ô Allah, soit miséricordieux envers lui… » (Rapporté par Abou Hourayrah et recueilli par al-Boukhari)

Il faut souligner, ici, que tous les hadiths encourageant les hommes à fréquenter assidûment les mosquées ne doivent pas nous faire croire que l’islam est une religion confinée aux mosquées, comme plusieurs l’imaginent. Néanmoins, la mosquée doit demeurer au cœur de la communauté musulmane et le rôle joué par les responsables de la mosquée est essentiel, car ce sont eux qui doivent faire de ce lieu un refuge accueillant pour les musulmans plutôt qu’un lieu de luttes de pouvoir et de débats politiques comme c’est trop souvent le cas de nos jours. Et nous cherchons refuge auprès d’Allah contre cela!

4. « Deux personnes qui s’aiment pour Allah, qui se rencontrent pour cette raison et se quittent sur le même sentiment… »

S’aimer mutuellement pour Allah est une des meilleures choses qui mènent au succès dans l’au-delà et qui nous font goûter à la douceur de la foi en ce monde. S’aimer mutuellement pour Allah signifie que le musulman aime une autre personne seulement et uniquement parce que cette dernière suit la bonne voie et la bonne religion. L’apparence de la personne, les vêtements qu’elle porte, sa fortune ou sa pauvreté, ses origines et la couleur de sa peau importent peu; peut-être même que vous détestez plusieurs choses chez cette personne, mais vous l’aimez tout de même pour sa foi et parce qu’elle suit la religion de vérité, et c’est justement cela, aimer pour Allah.

« Allah, le Puissant et Majestueux, dit : « Ceux qui s’aiment pour Ma gloire seront illuminés et seront enviés des prophètes et martyres. » (at-Tirmidhi et Ahmad)

Subhanallah! Imaginez être envié par les messagers élus d’Allah et par ceux qui sont morts dans Sa voie! Telle est la récompense de ceux qui s’aiment pour Allah.

5. « Un homme qu’une femme de grande beauté et de statut social important appelle à elle et qui refuse en disant : « Je crains Allah » … »

Ce monde est plein de tentations qui peuvent nous mener au feu de l’Enfer et parmi elles, l’attirance pour les femmes. Combien d’hommes ont mené leur âme à la destruction pour une femme? C’est la raison pour laquelle le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a mis en garde les hommes de sa oummah lorsqu’il a dit : « Le monde est beau et vert et Allah va vous établir comme successeurs sur cette terre afin de voir comment vous allez vous y comporter. Alors évitez la séduction des femmes; en vérité, la première épreuve des enfants d’Israël avait trait aux femmes. » (Sahih Mouslim)

La seule chose qui puisse vraiment nous protéger contre le fait de succomber à cette tentation (et à toutes les autres tentations de ce monde) est la crainte d’Allah. C’est d’ailleurs écrit clairement dans le Coran :

« Quant à celui qui aura craint de comparaître devant son Seigneur et qui aura préservé son âme de ses (mauvaises) passions, il aura le Jardin pour refuge. » (Coran 79:40-1)

6. « Une personne qui donne en charité si discrètement que sa main gauche ignore ce qu’a donné sa main droite… »

C’est là la description d’une personne qui fait tout son possible pour se protéger du riyaa (ostentation). Ar-riyaa signifie d’accomplir des actions dans l’intention d’être glorifié et reconnu par les gens. Ce péché détruit tout ce qu’une personne aurait pu retirer de ses bonnes actions en plus de lui mériter un châtiment que seul Allah connaît. L’ostentation est dangereuse parce qu’il est dans la nature de l’homme d’aimer recevoir des éloges. Il faut donc faire très attention à ce que son intention soit pure dès le départ et qu’elle ne se transforme pas au moment d’accomplir l’action. De nos jours, dans certaines mosquées, on voit parfois des tableaux où sont inscrits les noms de ceux qui ont fait des dons. Pourtant, Allah nous met en garde :

« Ô vous qui croyez! Ne rendez pas vaines vos aumônes en les faisant suivre d’un rappel ou d’un tort, comme celui qui ne dépense ses biens que pour être vu des autres et qui ne croit point en Dieu et au Jour dernier. » (Coran 2:264

Qu’Allah nous préserve de cela.

7. « … Une personne qui, dans la solitude, pense à Allah et se met à pleurer doucement. »

Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et pleureriez beaucoup. » (Rapporté par Abou Hourayrah et Anas et recueilli dans Sahih al-Boukhari)

Il ne faut pas croire que pleurer soit un acte efféminé. Le Prophète, qui était le meilleur homme de la création, pleurait, tout comme ses compagnons. Les larmes sont l’expression sincère de la crainte, du respect profond et de l’amour que l’on ressent envers Allah. Mais à quelle fréquence nous arrive-t-il de penser à Allah, dans la solitude, et d’en être émus aux larmes? À quel point rions-nous et à quel point nos larmes sont-elles rares? Le Prophète a dit : « Rien n’est plus cher à Allah que deux gouttes et deux traces : une larme versée par crainte de Lui et une goutte de sang versée pour Sa cause. Et une cicatrice récoltée dans la lutte pour Sa cause, de même qu’une trace laissée par l’accomplissement d’un des devoirs qu’Il nous a rendus obligatoires. » (at-Tirmidhi et al-Mishkaat)

Alhamdulillah, le hadith d’introduction nous indique clairement quels moyens sont à notre disposition pour obtenir la satisfaction d’Allah. Alors chers frères et chères sœurs en islam, déployez tous les efforts possibles pour faire partie d’au moins l’une de ces catégories, car heureux seront ceux qui profiteront de l’ombre d’Allah au Jour où il n’y aura aucune autre ombre que la Sienne.

http://www.whymuhammad.com/fr/contents.aspx?aid=4836

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Omar Ibn Al-Khattab:le calife juste

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Le séparateur entre le bien et le mal, la justice et l'injustice.
Entre l'équité et l'iniquité, la légalité et l'illégalité, l'honneur et le déshonneur,
La vertu et le vice, l'honnêteté et la malhonnêteté, entre la dignité et l'indignité

Selon Abou Houreira qu'Allah l'agrée, le Messager d'Allah - Que la Paix et la Bénédiction soient sur lui - a dit :

« Parmi ceux qui vous ont précédés des fils d'Israël, il y eut des hommes qui n'étaient pas des prophètes, mais auxquels Allah a adressé la parole. S'il devait y en avoir dans ma communauté, ce serait Omar ! »

[ Rapporté par Al-Boukhari ]

Sa généalogie

Il est Omar Ibn Al-Khattab Ibn Noufail Ibn Abd Al-Ouzza Ibn iyah Ibn Abd-Allah Ibn Qourt Ibn Rizah Ibn Adi Ibn Kaâb Ibn Louâay- Ibn Ghaâlib Al-Qoreïchi Al-'Adwi.

L'imam An-Nawawi - qu'Allah ait son âme - a rapporté qu'il était né l'an 570-577 après Jésus Christ.
Omar - qu'Allah soit satisfait de lui - a dit pour sa part qu'il était né 4 ans après la grande guerre des mécréants. Donc on peut fixer l'année de sa naissance aux alentours de 581 après Jésus Christ que le salut soit sur lui.

Son père, Al-Khattab, était l'un des chefs les plus redoutés et les plus respectés, bien qu'il ne soit pas un riche notable.

Le prénom de sa mère était Hintima bent Hachim ben Al Moughira des Banou Makhzoum.
Il faisait partie des familles les plus illustres du clan des Banou 'Adi, qui avaient les charges d'arbitrage, de médiation et d'ambassade et cela au cours de la période préislamique.

Sa vie

Etant jeune, Omar faisait paître leur bétail et celui de ses tantes paternelles. Devenu grand, il s'occupa du commerce, déplacements fréquents au Cham (qui englobait la Jordanie, la Palestine, la Syrie et le Liban).

Il n'était pas riche, par contre sa sévère personnalité inspirait crainte et respect. Il fut un grand sportif réputé pour sa souplesse, cavalier émérite. Il participa à de nombreux tournois de lutte dans la foire d'Okaz. Il faisait partie de l'élite de Qoreich, sachant lire et écrire il était ambidextre, ayant une voix résonnante et puissante; Il était très sage et d'une lucidité surprenante.

Omar fut surnommé Abou Hafç "le père du lionceau", donc le lion, Omar a rapporté que c'était le Prophète lui-même, qu'il lui avait donné ce surnom. En effet, l'Envoyé d'Allah l'interpella un jour : «Tu veux tuer l'oncle de ton Prophète (Abou Lahab l'ennemi de l'Islam) ?» Omar lui répondit : " En effet, Ô Messager d'Allah !"
Alors le Prophète lui dit : «Non ! Je ne veux pas que l'on dise que Mohammed tue ses parents !»
C'est à cette occasion que le Messager d'Allah le surnomma "Abou Hafç." Le père du lionceau.

Grâce à son savoir, son intelligence, sa clairvoyance et son ouverture d'esprit, il créa une extraordinaire structure administrative qui marqua la genèse de la civilisation musulmane.

Sa physionomie

Son fils, Abd Allah raconte que son père était grand et fort, avec une peau claire, son visage d'un teint rosé.
Selon Oubayd ben 'Oumir, Omar fut d'une taille supérieure, d'une imposante carrure, chauve. Sa peau était blanche, il portait une moustache dégarnie de couleur rousse.

Anas ibn Malek rapporte que Omar se teignait les cheveux avec soit du henné, soit avec du katam (plante en provenance du Yémen, qui, mélangée à l'eau donne une couleur acajou foncée.)

On rapporte également, qu'il semblait sur un cheval, tant il dépassait les autres par sa taille.
Abou Malek ajoute : "il marchait d'un pas pesant."

La justice de Omar

Anas Ibn Malek rapporta que le Prophète d'Allah a dit:

« De toute ma communauté, c'est Omar qui est le plus ferme pour ce qui est de respecter les ordres d'Allah .» [ Rapporté par -Ibn Sa'd ]

Aîcha la mère des Croyants - qu'Allah soit satisfait d'elle - a raconté que l'Envoyé a dit:

«Par celui qui détient l'âme de Mohammed entre Ses Mains, je vois les diables, qu'ils soient de l'espèce des génies ou de l'espèce humaine, prendre la fuite devant Omar. » [ Rapporté par Termidhi.]

Aba Darr Al-Ghifari dit avoir entendu le Messager d'Allah dire :

« Allah a fait en sorte que la vérité coule facilement sur la langue de Omar. » [ Rapporté par Ibn Madja et Al-Hakim ]

Oubay ben Ka'b a rapporté que le Prophète a dit :

«Le premier homme qu'Allah saluera (le Jour du Jugement Dernier), sera Omar; et il sera le premier à qui Allah tendra la main pour le faire entrer au Paradis.» [ Rapporté par Ibn Madja ]

Selon Oqba ben 'Adr, d'Abou Saïd Al-Khoudri - qu'Allah les agrée - l'Envoyé d'Allah a dit :

«S'il y aurait un prophète après moi, ce sera Omar ben Al-Khattab.» [ Rapporté par Tirmidhi, Al-Hakim et Tabarani ]

Selon Qoudama ben Madoun , le Prophète d'Allah montrant Omar ben Al-Khattab du doigt, dit :

«Celui-ci est la clef de voûte qui vous sauvegardera de la discorde (fitna). Tant qu'il sera vivant parmi vous, il sera comme une porte bien fermée devant toute division !» [ Rapporté par Al-Bazar ]

D'après Al-Fadl ben Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père), l'Apôtre d'Allah a dit :

«Omar ben Al-Khattab est avec moi là où j'aime être, et moi je serais avec lui là où il aimerait être. La Vérité, après moi, sera avec Omar ben Al-Khattab, où qu'il soit !» [ Rapporté par Al-Boukhari.]

Omar ben Al-Khattab et le Coran.

Après qu'Abou Bakr eut été convaincu du bien-fondé de la suggestion de Omar ben Al-Khattab de recueillir le Coran, après la mort de 70 Compagnons faisant partie de ceux qui mémorisaient le Coran en entier, au cours de la bataille d'Al-Yamama, menée contre l'imposteur Mousaylama. Il demanda à Zayd ben Thabit le secrétaire du Prophète de s'en charger. Le travail de Zayd consista à rassembler les Sourates et les versets coraniques qui étaient déjà enregistrés du temps du Prophète d'Allah mais écrits d'une façon éparse, sur des parchemins, des omoplates de chameaux, etc., et en faire un recueil complet, dans lequel les Sourates seraient réunies dans leur totalité.

Après la mort d'Abou Bakr son successeur Omar ben Al-Khattab ordonna que l'on regroupe l'ensemble du texte en un et unique volume, afin qu'il soit conservé. Ce Saint manuscrit fut conservée par Hafça bent Omar et mère des Croyants (qu'Allah les agrée).

Omar et le savoir

Houdaïfa a dit: "On aurait dit que la science de tous les hommes était dans la tête de Omar !"

Omar ben Al-Khattab illustrait le Hadih du Prophète dans lequel il a dit: «Qu'Allah bénisse celui qui a connu son époque, mais dont la conduite est restée comme il nous !'avait enseignée (c'est-à-dire : la Rectitude).»

Omar était un homme cultivé. Il savait lire et écrire aimait la poésie et apprenait des poèmes. De même, il connaissait les proverbes et les paroles de sagesse. Un jour, il recommanda à son fils Abd Er-Rahmane : "Mon fils, cherche à connaître tes origines, cela facilitera la reconstitution des liens de ta parenté. Apprends la meilleure poésie, tu amélioreras ton comportement et tes manières."

Omar recommanda de codifier les règles de grammaire. Il ajouta : "La grammaire est la base de la langue."
C'est pourquoi, Omar a dit : "La plus mauvaise des écritures est celle qui est difficile à lire et la meilleure écriture est la lisible. La mauvaise manière de lire, est celle de celui qui lit très vite ! "

Abd-Allah ben Mes'oud a dit: "Omar était le plus savant d'entre nous concernant le Coran. C'est lui qui fut le plus doué pour la compréhension de l'Islam. En cas de divergence sur la façon de lire un verset, on demandait de le lire de la manière dont le lit Omar."

Omar se distinguait entre tous les Compagnons du Prophète. Il éprouvait une passion pour toutes les sciences utiles. Il exigeait des gouverneurs d'avoir une connaissance parfaite de la géographie, surtout des régions qu'ils allaient gouvernaient. Lui-même, il s'y intéressait beaucoup, s'informant sur les us et coutumes des peuples, ainsi, il recommandait aux Musulmans d'apprendre les sciences de leur époque et d'en tirer profit pour leur bien-être. Il a dit entre autres : "Apprenez l'astronomie et la science des étoiles qui vous guideront en mer et sur terre; et, en ce domaine, limitez-vous à cela."

Omar ben Al-Khattab et le califat

"Ô Croyants ! Vous m'avez désigné, et si je ne prétendrais pas être le meilleur parmi vous et le plus qualifié à votre service, ainsi que tout ce qui touche à vos affaires, je n'aurais jamais consenti à prendre la charge. Car il me suffit à endurer le joug d'attendre le Jour du Jugement Dernier ! Comment puis-je vous garantir vos droits ? Comment dois-je les gérer au mieux et les mettre à exécution convenablement ? Quelle politique devrai-je choisir pour vous gouverner ?"

Omar se trouvait dans un état tel, qu'il ne pouvait plus se fier ni à sa force de caractère, ni à sa dextérité. A moins qu'Allah qu'Il soit exalté - ne lui vienne en aide, et ne lui porte assistance !

Omar ne faisait rien sans la consultation (choura) ligne de conduite pour la gestion de l'Etat. Il disait :

"L'avis d'une personne est comme un fil ténu. Deux avis comme deux fil tressés. Si les points de vue sont nombreux, cela donne une résistante corde." Il ajouta : "Une quelconque affaire traitée sans consultation (choura) ne ramène rien de bon."

Il ne décidait rien sans la consultation (choura). Il revenait sur sa décision, lorsque la consultation lui prouvait son erreur. Il fut entouré par les plus éminents Compagnons du Messager d'Allah (qu'Allah les agrée). Ceux dont la compétence et la notoriété scientifique étaient reconnues. Les membres de ce conseil furent : Al-Abas (l'oncle du Prophète), son fils Abd-Allah qui ne le quittait jamais même dans ses déplacements, 'Othman ben 'Affan, Abd Ar-Rahman ben 'Awf Ali ben Abi Talib et d'autres encore.

Omar et l'armée musulmane

Omar était le grand stratège de l'armée musulmane organisant les programmes logistiques de l'armée. Il installa pour cela des casernements dans différentes villes avec vivres et chevaux. Il établit à Koufa une caserne pour la logistique avec, en réserve, quatre mille cinq cents à cinq mille chevaux, sous la responsabilité de Salman ben Rabi'a Al-Bahili.

Il réorganisa l'armée, en la dotant d'un service administratif. Il fixa la solde et pris en charge les familles des combattants pendant leur absences. Il s'intéressa le plus, du moral des combattants, et de leur piété.

Omar ben Al-Khattab fut le premier à organiser l'armée musulmane pour la reconstituer en une armée régulière. Il établit le service des soldats qui tenait les registres des noms des militaires, de leur grade, et de leur affectation. Il planifia la hiérarchie militaire et les différents pouvoirs :

Al-khalifa commandait à ses soldats,Caïd avait les hommes sous ses ordres,Emir Al-kourdouç à la tête de 1 000 hommes,Emir Al-djaïch : le plus haut gradé était à la tête de 10 000 hommes ou plus. Il veillait lui-même à l'entraînement de la cavalerie à l'extérieur de Médine.

Omar mit sur pied le Conseil de guerre et fixa également la discipline militaire.

Il envoya à ses généraux cette "Note de service" :

"Vous ne devez en aucun cas maltraiter les guerriers musulmans car vous risquez d'engendrer par votre conduite le désordre et le découragement. Ne les privez pas de leur droit, car vous les rendrez ingrats. Ne les faites pas camper dans des lieux malsains et marécageux, c'est une négligence qui les perdra physiquement ! " Omar ben Al-Khattab était très strict et très sévère concernant la conduite des Musulmans vis-à-vis des habitants des différentes villes et régions conquises par les Musulmans. Il avait rédigé l'ordre suivant aux diverses troupes musulmanes :

"Si vous descendez dans un lieu et que vous fâites un geste ou que vous énoncez ne serait-ce qu'un mot que le non-Arabe comprend comme étant une promesse de votre part au sujet de quelque chose, vous êtes dans l'obligation de vous en acquitter même si vous objecterez votre ignorance des us et coutumes ou de la langue locale, cela ne vous dispensera pas de cette imputabilité."

Omar et les recommandations

Lorsque Omar désigna Sa'd à la tête de l'expédition contre les Perses (Al-Qadissya) il lui dit: "O Sa d ben Wouhayb ! Ecarte la prétention et l'orgueil de ton coeur, on dit que tu es de la famille des oncles maternels du Messager d'Allah ! En vérité, Allah n'efface pas le mal par le mal. Il efface le mal par le bien ! Allah n'a de lien de parenté avec personne, à l'exception du lien de l'adoration du serviteur vis-à-vis de son Créateur. Pour Allah, les riches et les pauvres, sont égaux. Il est leur Seigneur, et ils sont Ses serviteurs. S'ils se distinguent, c'est par leur abstinence, et ils ne peuvent atteindre ce qui est auprès d'Allah que par leur soumission totale. Alors rappelle-toi bien comment était le Messager d'Allah, depuis le commencement de sa mission jusqu'à ce qu'il rejoigne son Seigneur, et maintiens-toi fermement à lui. Voilà à quoi je t'incite ! Si tu l'omet et t'en écarte, ton action sera illusoire, et tu seras parmi les perdants !"

Omar et les provinces musulmanes

La superficie de l'Etat islamique s'agrandit grâce aux victoires musulmanes par les prises de l'Iraq, du Cham : (Jordanie, Palestine, Syrie, et le Liban) et de l'Egypte, pour des mobiles de planification, et de défense des intérêts des Musulmans le calife Omar ben Al-Khattab découpa les terres conquises en provinces, à la tête de chacune d'elle, il désigna un gouverneur (wali). Une grande partie des gouverneurs furent des Compagnons du Messager Al-Moughira ben Chou'ba, Abou 'Oubayd ben Al-Djarrah, selman Al-Farissi et Abou Moussa Al-Achâari.

La tâche des gouverneurs était de diriger les Offices, de prendre soin à l'application de la Loi d'Allah (cha'ria). De veiller sur intégrité territoriale et de combattre les ennemis de l'Etat musulman. De faire régner l'ordre et la sécurité entre les citoyens avec la coopération d'un juge (cadi) et du directeur du cadastre. Le gouverneur était seul responsable des affaires financières de la province, dont il était garant devant le Calife.

Omar et la Justice

Omar mit un service de surveillance des gouverneurs, concerné autant par leur méthode d'administrer que par les richesses qu'ils se procuraient. II nomma comme vérificateur (wakil) Mohammed ben Maslama. Un homme intègre dont la mission était de rendre compte au Calife de la véracité des plaintes que la population (musulmane où non) déposait contre son gouverneur.

L'exemple de la plainte déposée par un Copte d'Egypte contre le gouverneur 'Amr ben Al-'Aç et son fils. Ce fut lors d'une course de chevaux que le fils de 'Amr ben Al-'Aç perdit contre un Copte. Il flagella ce dernier et l'emprisonna, en justifiant cette iniquité par son rang, c'est-à-dire "fils de deux nobles." Le Copte réussit à s'échapper de sa geôle, se rendit à Médine où il présenta son cas à Omar qui rappela de toute urgence 'Amr ben Al-'Aç et son fils. S'étant attesté de l'exactitude des faits, il donna l'ordre au Copte de se faire justice lui-même en infligeant au "fils des deux nobles" le même châtiment que celui qu'il endura, puis il lui redonna le fouet pour qu'il fasse de même avec le père, ce que le Copte refusa, considérant qu'il avait obtenu satisfaction. C'est à cette occasion que Omar ben Al-Khattab énonça la mémorable allocution :

"Depuis quand vous attribuez-vous le droit de réduire en esclavage des hommes, alors que leur mère les a engendré libres ? "

Il libéra tous les esclaves, et décréta l'abolition de toute forme d'esclavage en Arabie. Il se réunit annuellement avec ses gouverneurs, durant la période du grand Pèlerinage, pour d'une part, un compte rendu par les gouverneurs et d'autre part trancher les litiges, si litige, il y avait. Le rigorisme de Omar en matière de justice était connu de tous.

On rapporta ceci : Le fils de Omar qui était en Egypte, commit un adultère. Le gouverneur 'Amr ben Al-'Aç n'a pas osé rapporté le fait au Calife, ce fut quelqu'un d'autre qui avisa Omar . Le Calife écrivit au gouverneur pour avoir le coeur net, 'Amr confirma le délit. Il convoqua et le gouverneur et son fils à Médine, où il flagella son fils en public conformément à la Loi d'Allah, jusqu'à ce que mort s'en suive. Son fils mourut au quatre-vingtième coup de lanière.

C'est Omar qui sépara le pouvoir exécutif du pouvoir judiciaire. La fonction du juge (cadi) fut totalement indépendante, libre de toute contrainte et d'éventuelles influences des gouverneurs.

Le Messager d'Allah a dit : «Sur trois juges (cadi) deux iront en Enfer et un au Paradis.»

Selon Chi'bi, Omar se mit d'accord avec le propriétaire d'un cheval qu'il voulait acheter. Il l'utilisa sans en avoir acquitter le prix, pour le transport de matériaux. Entre temps le dit cheval, lors de ce transport se blessa le pied. Son propriétaire demanda réparation à Omar. Le Calife demanda à son adversaire de choisir un homme pour trancher ce litige. Le belligérant choisit Chouraih Al-Iraqi . Les deux parties lui posèrent le cas.

Chouraih dit à Omar : "Vous avez pris le cheval en bonne santé, vous devez le rendre en cet même état à son propriétaire." L'exactitude du verdict rendu par Chouraih plut à Omar il le désigna au poste de juge (cadi) à Koufa.

Pour la surveillance des poids et mesures ainsi que la qualité des marchandises, Omar désigna une femme du nom de Ash-Shifa', afin d'inspecter, contrôler et supprimer les éventuelles exagérations publiques dans les marchés de Médine.

Il a été rapporté qu'un jour César dépêcha un agent vers Omar Ibn Al-Khattab pour s'enquérir de sa condition et de sa politique. Une fois à Médine, il demanda aux Musulmans : "Où puis je touver votre roi ?" On lui répondit : "Nous n'avons pas de roi, mais un Emir ! Il est quelque part, hors de la ville".

Il partit à sa recherche. Il le trouva couché à même le sable, et pour oreiller son bâton. L'apercevant dans cette posture, il fut impressionné et dit : "Cet homme, redouté de tous les rois par peur, mène une vie pareille ! C'est sûrement sa justice qui lui concède de jouir d'un sommeil aussi calme. Alors que notre roi, qui est inique, est toujours sur ses gardes."

Tabari rapporta que Omar ben Al-Khattab a dit :

"Si un pâtre, au bord du Tigre ou de l'Euphrate, (deux fleuves d'Irak, à plus de trois mille kilomètres de Médine) égarait un mouton, j'aurais la crainte qu'Allah ne m'en demande des comptes, pour ne pas veiller sur son bien."

On rapporte, un jour Bilal vint voir Omar Aslim son serviteur, l'informa qu'il dormait. Bilal en profita pour demander comment se conduisait Omar avec les siens et son entourage. Aslim lui répondit : "C'est le meilleur des hommes, mais quand il se met en colère, cela fait peur !"

Bilal lui dit : "Si chaque fois qu'il se mette en colère, tu lui lis le Coran, il s'apaisera et sa fureur disparaîtra." Parlant de la justice, Omar dit : "Cette responsabilité nécessite quelqu'un qui se comporte avec une sévérité sans coercition, et une bienveillance sans complaisance."

Ainsi fut Omar le calife juste. Al-Farouq : le séparateur entre le bien et le mal, la justice et l'injustice. entre l'équité et l'iniquité, la légalité et l'illégalité, l'honneur et le déshonneur, la vertu et le vice, l'honnêteté et la malhonnêteté et enfin entre la dignité et l'indignité.

Qu'Allah le Tout-Puissant l'enveloppe dans Sa miséricorde.

http://www.sajidine.com/vies/savants-pieux/Jurisconsultes/Omar-ibn-Khattab.htm

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Le baptême musulman

Premièrement, implorer Allah de vous donner à travers ce nouveau-né la baraka et de le mettre parmi les bons, les pieux, et qu’il pèse lourd dans la balance de vos biens. Il est rapporté du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) qu’il a dit :

« Quand un fils d’Adam meurt, toutes ses œuvres cessent sauf trois : une aumône courante, un savoir utile ou un enfant qui prie pour lui. » (Rapporté par Muslim, 1631)

Deuxièmement, il n’y a pas d’actes bien fondés qu’on doit respecter pour accueillir le nouveau-né avant un ou deux jours, plus ou moins, sauf de formuler une prière pour la paix, le bonheur et la droiture de l’enfant.

Allah a mentionné dans le Coran les bonnes prières de la femme d’Al Imran lorsqu’elle a dit :

« (Rappelle- toi) quand la femme de `Imrân dit : "Seigneur, je T' ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte- le donc, de moi. C' est Toi certes L' Audient et L' Omniscient. Puis, lorsqu' elle en eut accouché, elle dit : "Seigneur, voilà que j' ai accouché d' une fille" ; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché ! Le garçon n' est pas comme la fille. "Je l' ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni"... » (Coran,3 :36 )

Ce qui suit indique ce que vous devez faire à l’arrivée du nouveau-né et les jours qui suivent sa naissance  :

a) Il est souhaitable de prier pour l’enfant et de lui mettre des dattes à la bouche.

Selon Abou Moussa : « J’ai eu un enfant, et je l’ai amené au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) qui lui a donné le nom d’Ibrahima, lui a mis des dattes et a prié pour lui et me l’a redonné. » (Rapporté par Al-Boukhâri, 5150 et Muslim, 2145)

Le terme ‘tahnikh’ signifie : mettre quelque chose délicieuse, datte ou miel, dans la bouche de l’enfant, le premier jour de sa naissance.

b) Il est permis de donner un nom à l’enfant au premier ou au septième jour de sa naissance. On a rapporté d’après Anas ibn Malik que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« J’ai eu un enfant et je lui ai donné le nom de mon père. » (Rapporté par Muslim,3126)

Aïcha a dit : « Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a baptisé Hassan et al Housseynou au septième jour (de leur naissance) et il leur a donné un nom. » (Rapporté par Ibn Hibbane (12/127), Al-Hakim, (4/266) et authentifié par Ibn Hadjar dans (Fateh al-Bârri 589/9)

c) Le baptême

1- Selon Souleymane ibn Amir (P.A.a) le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« L’enfant a droit au baptême ; faites couler du sang et enlevez-lui les impuretés. » (Rapporté par At-Tarmidhi, 1515), An-Nissaï, 4214, Abou Dawoud, 2839, Ibn Mâdja, 3164, et authentifié par Cheikh al-Albâni (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dans Irwa, 4/396)

2-Selon Sumrata Ibn Dioundoub (P.A.a) : le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit que :

« Tout enfant est un gage avant son baptême, on immole pour lui au septième jour, on lui donne un nom et lui rase la tête. » (Rapporté par At-Tarmidhi,1522, An-Nissaï, 4220, Abu Dawoud, 2838 et authentifié par cheikh al-Albâni (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dans Irwa, 4/385)

3- Les ulémas ont mentionné parmi les pratiques recommandées par la Sunna dans le cadre du baptême du nouveau-né, la prononciation de l’appel à la prière à son oreille droite pour que le nom de l’unicité d’Allah soit le premier qu’il entende dans ce bas monde. Cela a un effet immense. Quant à la prononciation de l’annonce du début de la prière sur son oreille gauche, cela n’est pas confirmé. (Voir As Silsilatou Ad-dayifa, 1/491)

4- Il faut raser les cheveux de sa tête et enduire la tête du parfum ‘’Safaran’’ car il y a dans cela beaucoup d’intérêts. Ensuite, on donne en aumône le poids en or ou en argent de ses cheveux. Il n’est pas exigé de peser les cheveux. Quand cela est difficile, on se contente seulement de sortir une pièce de monnaie de même valeur que le poids estimé en or ou en argent de ses cheveux. On donne en aumône cette valeur pour le bien de l’enfant.

L'OFFRANDE

La viande est consommée pour une part lors du repas de fête, conservée par la famille pour une autre part et le reste est donné en offrande aux nécessiteux. Un autre rituel est couramment associé à la naissance d'un enfant. Il s'agit là aussi d'une offrande dont le poids doit être égal en or ou en argent à celui des cheveux de l'enfant.

Le nouveau né est ainsi rasé pour que les cheveux soient pesés. Pendant les cérémonies du baptême musulman, l'enfant reçoit son prénom que le père choisi parmi ceux de la famille du prophète Mahomet. Ce prénom doit être agréable pour l'enfant et non offensant ou handicapant pour son avenir.

Imam Ibn al-Qayyim (P.A.a) a dit, en résumé, ce qui suit :

Les avantages du baptême :

- Il constitue une offrande faite au bénéfice du nouveau-né dès les premières heures de sa venue au monde.

- Le nouveau-né se libère du gage de sorte à pouvoir l’intercéder en faveur de ses deux parents.

- C’est une rançon par laquelle on sauve l’enfant, comme Allah a sauvé Ismaïl par le bélier. (Tuhfat al-Mawdoud, p. 69)

- Peut-être peut-on citer parmi les avantages du baptême le rassemblement des proches et des amis dans la cérémonie.

d) La circoncision

minaret

Contrairement à la croyance populaire, la circoncision n'est pas une obligation pour le musulman, du moins, elle ne figure pas clairement dans le Coran. Cette pratique est une tradition pré-islamique.

Malgré cela, il n'empêche que la sunna (tradition) encourage très vivement la circoncision. Pour les musulmans, le rituel de la circoncision symbolise à la fois la descendance d'Abraham et l'entrée du circoncis dans la oumma (communauté des croyants). Plusieurs Adhits et notamment celui d'Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit : « Il y a cinq choses conformes aux exigences de la fitra (la nature primordiale) : la circoncision, le fait de se raser le pubis, de se couper les ongles, de s'épiler les aisselles et de se tailler la moustache ».

Dans les faits, quasiment tous les musulmans font circoncire leur nouveau né mâle. La circoncision qui consiste en l'ablation du prépuce, cette peau qui recouvre le gland, est pratiquée sur le jeune garçon en général peu après la naissance et normalement avant la puberté (souvent avant cinq ans). L'opération est pratiquée à la maison et est accompagnée de grandes réjouissances. La circoncision ne se fait donc pas obligatoirement au 7e jour de la naissance.

Abû Hurayra (qu'Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Prophète (psl) a dit :

"La fitra (la nature primordiale) comporte cinq éléments : la circoncision, le fait de se raser le pubis, de se couper les ongles, de s'épiler les aisselles et de se tailler la moustache ". (Rapporté par Al Boukhâri, 5550 et Muslim, 257)

 

 

Les données proviennent du site Islam Q&A

Le printemps arabe est un sinistre avertissement pour l’Occident

 

Abid Mustafa, traduit de l'anglais

Pendant que le monde débat sur les divers mérites des révoltes arabes - est-ce que les révolutions engendreront un paysage politique alternatif ou non - très peu a été dit sur la façon de voir les choses par les Arabes. Oui, le peuple arabe a appris à devenir intrépide face aux régimes despotiques, mais ceci s’agit plus d’une description de leurs états psychologiques que de leurs façons de voir les choses. Le processus de penser des Arabes a subi une transformation énorme et il est rapidement en train d’atteindre un niveau de maturité intellectuel qui très probablement produira un effet crescendo.

Considérons l’euphorie provoquée par le bannissement de Ben Ali en Tunisie ou l’incarcération de Hosni Moubarak en Egypte. Au début, les Arabes ont en déduit que cela se s’accompagnerait par un changement permanent, un changement qui marquerait la différence avec les systèmes autocratiques actuels et leurs lois draconiennes.



A la place, et en l’espace de quelques mois, les Egyptiens ont compris que le régime avait non seulement survécu, mais avait reçu un nouveau souffle à travers un putsch miliatire. Le traité de paix avec l’état juif, méprisé par la majorité des Egyptiens, était resté intact. Les militaires, jadis les piliers de cette révolution, sont passés subitement de héros à traîtres. La torture, l’emprisonnement sans être jugé, les enlèvements par les forces de sécurité, les exécutions extrajudiciaires et les conflits sectaires, tous répandus sous Moubarak, sont retournés hanter les Egyptiens avec une nouvelle vigueur. Les protégés occidentaux préparés lors de leurs exils et présentés comme des alternatives viables au statu quo furent aussitôt répudiés par les masses. Ceux qui étaient étiquetés 'Islamistes', jadis désirés par les croyants, sont maintenant ridiculisés pour paraître plus laïques que les laïques! L’enthousiasme du public pour les réformes constitutionnelles et l’élection présidentielle s’est estompé.

L’expérience tunisienne est également très similaire. En regardant plus loin, la même chose peut être dit au sujet du Maroc, de l’Algérie, de la Libye, de la Jordanie, de la Syrie et de certains pays du Golfe. Le scénario avant et après la révolte est resté le même pour les Arabes. Pour eux, le monde arabe est gouverné par des élites pro-occidentales qui sont plus intéressées par la préservation des intérêts coloniaux occidentaux que par la libération des masses arabes de la tyrannie.

Néanmoins, il semble maintenant que toute tentative occidentale à orchestrer un changement politique dans les pays arabes est instantanément rejetée et renvoyée. L’esprit arabe dormant est finalement éveillé et il est en train de produire des résultats qui sont diamétralement opposés à la longévité et à la suprématie occidentale au Moyen-Orient.

On peut soutenir qu’au cours des quatre-vingt-dix dernières années, l’ampleur et la profondeur des problèmes touchant les Arabes se sont accrues. La destruction du Califat en 1924, l’occupation occidentale des terres Islamiques, la création de l’état juif en 1948, les deux guerres du Golfe, la guerre contre le terrorisme et la réoccupation des terres arabes ont toutes laissés des traces indélébiles sur le psyche arabe. Ces sentiments profonds d’humiliation, d’indignité et de violation des valeurs Islamiques ont poussés les Arabes à réfléchir profondément sur leurs situation. Mais l’Occident, à travers les exilés arabes et ses autres représentants dans le monde arabe, a nourri les masses d’un régime de pensées occidentales corrompues afin de troubler les gens et les empécher d’arriver au correct jugement au sujet des évènements qui les marquaient. Par conséquence, le processus de penser ou cycle de réflexion - c’est à dire d’abord ressentir les problèmes, ce qui demande pouvoir établir un lien et contempler, puis ensuite émettre un jugement - était soit brisé ou soit faussé en faveur d’interprétations occidentales. Pour la majorité des Arabes, ceci avait résulté en une paralysie intellectuelle et une stagnation des sociétés arabes. Coupés de leurs sentiments naturels, les Arabes étaient incapables de produire des solutions domestiques aux problèmes qu’ils rencontraient et ils étaient forcés d’importer les solutions et idées occidentales. Ainsi le processus de penser était temporairement interrompu. Ce qui exacerba la situation était l’adoption de solutions occidentales. Ces solutions résoudaient rarement les problèmes, mais en fait les exacerbaient et parfois, même, les prolongeaient car ces solutions étaient souvent ‘copiées et collées’ sans aucune compréhension réelle de leurs origines et de leurs motivations. Ceci eut pour effet de rendre les Arabes, impuissants, plus dépendants de l’Occident pour leurs problèmes toujours croissant .

De cette manière, l’Occident a été capable de maintenir son emprise intellectuelle sur les Arabes, ainsi que le monde musulman entier, pendant de très nombreuses années. Seule une minorité de musulmans fut parvenu à ponctuer la domination intellectuelle occidentale et à exposer la fausseté de son idéologie. En revanche, la majorité demeura dans une stagnation et s’enfonça dans le gouffre de l’obscurité et du désespoir.

Aujourd’hui, ceci ne semble plus être le cas. Le processus de penser des Arabes n’est plus fragmenté et déconnecté de son environnement. Au contraire, il est vif, en phase avec son environnement et prend réconfort dans son riche héritage islamique. Le temps pris pour véritablement comprendre les évènements est visiblement plus court et la plupart du temps les jugements trouve leurs racines dans la pensée Islamique. La pensée et vision occidentale sont habituellement écartées. A leurs place il y a une nouvelle constellation de concepts et valeurs Islamiques. Les concepts de Khilafah (Califat), Jihad, politique Islamique, Oumma, unité, Shariah et du Khalifah(le Calif, c’est à dire le dirigerant politique unique pour le monde musulman) sont tellement prévalents aujourd’hui qu’il est fréquent de les voir apparaître dans le lexique occidental pour interpréter les évènements dans le monde musulman.

 http://albadil.edaama.org/index.php?option=com_content&view=article&id=241:la-nouvelle-vision-des-arabes-est-un-sinistre-avertissement-pour-loccident&catid=43:analyses&Itemid=58

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