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La question de savoir qui, d'entre le pauvre qui fait preuve de patience ("Al Faqîr ous Sâbir") et la personne fortunée qui est reconnaissante ("Al Ghaniy ouch châkir"), est le plus méritant aux yeux d'Allah a, depuis toujours, alimenté d'interminables discussions entre les savants (et ce, depuis les premières générations de musulmans, les "Aslâf ous Sâlihine", comme le rappelle An Nawawi r.a. dans son commentaire du Sahîh Mouslim- Hadith N°936)... Ibné Hadjar r.a. a évoqué assez longuement cette question dans son "Fath oul Bâriy" (Voir commentaires du Hadith N°71 du Sahîh Boukhâri, ainsi que Volume 11, pages 274 à 277) :
- Certains savants soutiennent que le riche qui est reconnaissant envers Allah, et qui s'acquitte de tous ses devoirs et responsabilités, a plus de mérite. (Selon Ibné Hadjar r.a., cet avis est celui qui a été adopté par beaucoup de savants châféites)
- D'autres savants soutiennent que c'est le pauvre qui fait preuve de "Sabr" (patience), et qui ne manque pas non plus à ses devoirs et responsabilités, qui est plus méritant... (Cet avis est celui qui a, notamment, la préférence de la majorité de ceux qui accordent une attention particulière au "Tazkiyat oun Nafs" / "Tasawwouf" (soufisme), comme le souligne Ibné Daqîq oul Îde r.a. (ses propos sont cités par Ibné Hadjar r.a.))
Chaque groupe de savants avance différents arguments (versets du Qour'aane, Hadiths, Sîrah du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) et des Compagnons (radhia Allâhou anhoum)) pour appuyer leur point de vue. Il existe en effet des références qui vont dans les deux sens:
- D'après certains Hadiths (comme celui que vous avez cité), c'est surtout le mérite du pauvre (qui ne manque pas à ses devoirs, bien entendu) qui est mis en valeur...
- D'autres Hadiths mettent l'emphase sur le mérite de celui qui est riche (là encore, il s'agit de celui qui agit en bien et ne manque pas à ses devoirs). C'est le cas par exemple de cette Tradition authentique rapportée par Abou Houraïra (radhia Allâhou anhou) et qui relate que les pauvres d'entre les Emigrés (Mouhâdjiroûn) allèrent trouver le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) et lui dirent: "Les gens opulents, grâce à leur fortune, accapareront les degrés les plus élevés du Paradis et ses félicités éternelles". - "Comment cela ?", répliqua le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam). - "Ils prient et jeûnent comme nous et, en plus, ils ont l'apanage de faire l'aumône et d'affranchir les esclaves". - "Eh bien !, répondit le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam), ne vous enseignerai-je pas une chose qui, si vous la pratiquez, vous permettra de rejoindre ceux qui semblent avoir pris de l'avance sur vous et de dépasser (en mérite) ceux qui viendront après vous. Personne ne sera alors meilleur que vous, hormis ceux qui feront comme vous". - "Si, Ô Envoyé d'Allah", dirent-ils - "A l'issue de chaque prière, glorifiez Allah ("soubhânallâh"), célébrez Sa grandeur ("allâhou akbar") et faites Sa louange ("al hamdoulillâh") trente-trois fois". (Abou Sâlih r.a., qui rapporte le Hadith de Abou Houraïra (radhia Allâhou anhou) ajoute:) Les Mouhâdjiroûn revinrent auprès du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) (quelques temps plus tard) et dirent: "Nos frères fortunés ont appris ce que nous faisons et ils ont commencé à agir de même". Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) leur répondit: "C'est là la grâce d'Allah, qu'il attribue à qui Il veut." (Boukhâri et Mouslim) - Dans cette Tradition, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) qualifie la richesse de certains Compagnons (radhia Allâhou anhoum) comme étant un "Fadhl", une faveur et une grâce venant d'Allah, qu'Il accorde à qui Il veut. En effet, celui qui a obtenu des richesses de la part d'Allah peut utiliser ses biens pour se rapprocher de Son Créateur, en s'acquittant par exemple de la Zakâh, en faisant des aumônes, en venant en aide aux nécessiteux etc...
C'est justement en raison de ces deux types de références qu'il n'a jamais été possible de trancher définitivement cette question dans un sens ou dans l'autre...
En tous les cas, une chose est sûre: Allah ne lésera personne le Jour Final. L'essentiel, à notre niveau, n'est pas vraiment de savoir qui, d'entre le pauvre qui fait preuve de patience et le riche qui est reconnaissant, est le plus méritant… Ce qui importe réellement, c'est de bien comprendre la nature de notre responsabilité, qui est relativement simple et claire:
- Si Allah nous a donné des biens, faisons preuve de reconnaissance et utilisons ces richesses de la façon qu'il nous a été (re-)commandé de le faire...
- Et si Allah a décidé que nous vivions dans de modestes conditions matérielles, gardons à l'esprit que cela est certainement meilleur pour nous (dans la pratique, la richesse se révèle en effet, très souvent, être une épreuve ("Fitnah") difficile à surmonter, éloignant d'Allah et poussant à l'oubli...), soyons toujours reconnaissant en gardant un œil sur ceux qui ont été encore moins favorisés que nous, faisons preuve de "Sabr" (patience), plaçons en Allah notre confiance et adressons-Lui toutes nos requêtes...
En ce qui concerne la raison pour laquelle les pauvres entreront bien avant les riches au Paradis, Moufti Taqi Ousmâni écrit, dans un de ses ouvrages, que cela s'explique par le fait que les riches seront retenus en arrière par leur Jugement qui sera plus long que celui des pauvres, qui ne possédaient pas autant de biens qu'eux (n'oublions pas que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit en substance dans un Hadith, en commentant le dernier verset de la Sourate At Takâthour, qu'Allah demandera des comptes pour toute chose, même pour le verre d'eau fraîche qui nous aura été donné dans ce monde...).
Enfin, par rapport au second Hadith que vous citez et qui évoque le fait que la majorité des gens au Paradis seront des "Masâkîn", ce qu'il convient de bien cerner, c'est justement le sens de ce terme employé par le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam)... Il est vrai que, généralement, le mot arabe "Masâkîn" (pluriel de "Miskîne") est traduit par "pauvre". Mais, comme le rappelle Moufti Taqui Ousmâni toujours, ce n'est pas le seul sens qu'il possède... "Miskîne" désigne aussi celui qui est humble. Et Moufti Taqui avance qu'il est fort possible que le terme "Miskîne" dans ce Hadith soit pris avec ce deuxième sens également; ce qui fait que ces propos du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) indiquaient alors que la majorité des gens du Paradis seront ceux qui étaient pauvres et humbles dans ce monde, mais également ceux qui, tout en étant riches, n'ont jamais fait preuve d'orgueil: Au contraire, leur richesse ne les a pas empêché de rester humbles et proches des plus démunis (Réf: "Islâhi Khoutoubât" - Volume 2 / Page 210).
http://www.muslimfr.com/modules.php?file=article&name=News&sid=294

Dr. Mohammad 'Amâra
En arabe, le verbe "istakhlafa", qui a donné le nom d'action "istikhlâf", signifie désigner un successeur, un représentant ou un lieutenant.
Dieu -Exalté soit Son nom-, lorsqu'il a décidé de créer Adam, il fit savoir aux Anges qu'il ferait de lui son "khalifa", c-à-d, son "lieutenant" sur la terre, qu'il lui confierait, en guise de "dépôt", la science, la responsabilité et la liberté de choix, afin qu'il puisse remplir sa mission qui consiste à "peupler" la terre et mettre en valeur ses richesses. Le Très-Haut, en s'adressant aux Anges, dit : "Je vais établir un lieutenant sur la terre", ils dirent : "vas-Tu y établir quelqu'un qui fera le mal et qui répandra le sang, tandis que nous célébrons Tes louanges en Te glorifiant et que nous proclamons Ta sainteté ?" (Coran, II, 30).
Cette "lieutenance" reçue de Dieu, témoigne du rang élevé de l'homme, et de sa prééminence dans cet univers où il est appelé à remplir sa mission, conformément aux Hautes Directives divines. Car en le désignant comme Son Lieutenant sur la terre, Dieu a délimité pour l'homme le champ d'action, déterminé les responsabilités et fixés les lignes de conduite à suivre. De la sorte, cet "homme-lieutenant de Dieu" occupe une place médiane : il ne s'élève pas au rang de Celui qui l'a désigné comme Son "lieutenant"; mais il ne s'abaisse pas non plus au niveau des êtres qui n'ont reçu aucune charge de "représentant", de "mandataire" ou de "lieutenant".
C'est donc ce rôle de "lieutenant de Dieu" qui, du point de vue islamique, détermine la place de l'homme dans l'univers; cet homme, qui a reçu la charge de "peupler" la terre et de mettre en valeur ses richesses, est un être tout à fait libre et pleinement responsable -responsabilité et liberté étant un préalable à la réalisation de sa mission? Mais sa liberté est conditionnée par le respect des obligations découlant de son statut de lieutenant de Dieu; autrement dit, il doit se conformer, dans l'exercice de ses fonctions, aux normes et prescriptions édictées par la loi divine.
Cette conception islamique qui fait de l'homme le lieutenant de Dieu dans ce monde, et lui assigne, ce faisant, une place éminente dans l'univers, est diamétralement opposée aux philosophies matérialistes. Celles-ci se sont en effet fourvoyées, en considérant des héros comme des dieux, (déifiant ainsi l'homme) et en humanisant Dieu (qui se serait unifié à l'homme ou incarné en lui). Ainsi, dans l'Antiquité, les Grecs prenaient leurs héros pour des divinités (c'est ce qu'on appelle la déification de l'homme). Plus tard, les Romains, après avoir embrassé le Christianisme, ont substitué à l'unicité absolue de Dieu et à sa transcendance, cette notion païenne de l'homme-dieu, lorsqu'ils ont proclamé l'union intime, en Jésus Christ, de la nature divine avec la nature humaine. Or, la divinisation de l'homme, tout comme son pendant, l'humanisation de Dieu, sont toutes les deux aux antipodes de la conception islamique selon laquelle l'homme est lieutenant de Dieu sur la terre, mais non pas le maître de l'univers !
Cette déviation par rapport au "statut de lieutenant de Dieu" confié à l'homme par l'Islam, fait que les civilisations matérialistes - depuis le paganisme grec de l'Antiquité jusqu'au laïcisme occidental des temps modernes - ont lâché la bride à l'homme dont les actes échappent ainsi à tout contrôle et à toutes les restrictions et normes édictées par la Loi divine. De fait, peut-on imaginer des règles de conduite, des normes et des "garde-fous" à l'action de l'homme en dehors du Pacte de l'"Istikhlâf" (en vertu duquel l'homme est consacré lieutenant de Dieu)?. Voilà pourquoi, dans la conception occidentale, la liberté de l'homme et, partant, la démocratie, font fi des interdits religieux qui délimitent le champ d'action de l'homme.
Prenant le contre-pied des théories matérialistes (qui divinisent l'homme), certaines doctrines religieuses forgées par l'homme (comme le Nirvana) et certaines tendances mystiques et gnostiques ont dénié à l'homme toute liberté et tout pouvoir. Elles ne voient en lui, en effet, qu'un être faible et périssable qui n'a d'autres voies de salut et de délivrance que de s'en remettre à la "fatalité", de se consumer dans l'Absolu ou de s'anéantir dans la "Vérité-dieu". Cette tendance extrémiste qui asservit l'homme, le marginalise et le prive de toute liberté, s'inscrit également en faux contre la vision islamique du "juste milieu". Celle-ci considère l'homme, en fait, comme le lieutenant de Dieu qui a reçu la charge de "peupler" le monde, en mettant à profit les pouvoirs et les marges de liberté qui lui sont concédées dans le cadre de sa mission de "vicaire", de "représentant" ou de "mandataire" (de Dieu). Car, dans l'optique islamique, l'homme n'est pas le maître de l'univers; il n'est pas non plus un être méprisable et insignifiant, anéanti dans une réalité transcendante, dépourvu de liberté de choix et de tout pouvoir.
La conception islamique de l'"homme-lieutenant de Dieu" s'inscrit à mi-chemin entre ces tendances extrémistes : le matérialisme et le gnosticisme. Elle considère en effet l'homme à la fois comme la plus noble des créatures divines et comme un simple "serviteur" et "vicaire" de Dieu - Exalté soit Son nom. Par conséquent, ses pouvoirs et ses libertés sont conditionnées par le respect des obligations liées à son statut de lieutenant de Dieu sur la terre, obligations fixées par la Loi divine.
L'Imam Mohammad 'Abu (1849-1905) résume merveilleusement bien l'idée de la prééminence de l'homme dans l'univers, lorsqu'il dit : "Il est le serviteur de Dieu seul, mais maître de tout ce qui est en dehors de Lui". Voilà bien une définition concise du rôle de l'homme dans le monde.
Le concept islamique de l'"Istikhlâf" (l'homme désigné comme lieutenant de Dieu) implique des restrictions à la liberté de l'homme à disposer des biens et richesses de la terre : celui-ci agit uniquement en tant que "dépositaire" et "intendant" en vertu du pacte de l'"Istikhlâf". Le Maître réel (à Qui appartient la propriété effective des objets et des êtres) de toutes les richesses et de tous les biens, c'est Celui-même qui en est le Créateur et le Dispensateur; c'est Dieu - Exalté soit-il- qui a mis les dons de la nature, ses trésors et ses forces mêmes au service de l'homme qui doit s'en servir - mais non pas les asservir - en vue de remplir sa mission ici-bas, à savoir "peupler" la terre en la rendant plus belle et plus prospère.
L'homme n'a donc qu'un droit de jouissance sur ces biens dont il n'est pas le vrai propriétaire. Ce droit de jouissance a une fonction purement sociale : l'homme est libre de disposer de ses biens, de les mettre en valeur, de les développer et de s'en servir, à condition de respecter les obligations découlant de son statut de "mustakhlaf", c-à-d, "intendant " et "dépositaire" de ces biens, lesquels appartiennent en réalité à Dieu. Mais le fait que l'homme, en vertu du principe de "l'Istikhlâf", n'est que le "dépositaire" des biens et des richesses dont il jouit, ne signifie pas - dans la conception islamique du Juste milieu - qu'il est privé de tout droit de propriété; cela n'implique pas non plus qu'il puisse disposer de ses biens à sa guise et sans réserve aucune. Au contraire, il peut jouir des biens en question uniquement en tant que "khalifat", c-à-d, "intendant" et "dépositaire" dont la liberté de gestion est soumise à la volonté et aux directives du Propriétaire réel, à savoir Dieu.
Le concept de l'"istikhlâf", au sens de "lieutenance" sur les biens de la terre confiée à l'homme, est mis en évidence dans le verset coranique suivant où il est question d'un "droit" à prélever sur les biens des riches au profit des pauvres : "... et sur les biens desquels, il y a un droit bien déterminé pour le mendiant et le déshérité" (LXX, 24-25). Voici un autre verset qui illustre le rôle de l'homme en tant que "lieutenant" ou "préposé" à la gestion des biens à lui confiés : "Croyez en Dieu et en son Prophète et dépensez de ce en quoi il vous a donné la lieutenance. Ceux d'entre vous qui croient et dépensent (pour la cause de Dieu) auront une grande récompense "(LVII, 7).
Autre fait significatif : le terme "mâl"(bien) dans le Coran est utilisé au pluriel dans 47 versets, alors qu'il n'est cité au singulier que dans 7 versets. Cela veut dire que l'homme, préposé à l'"intendance" des biens de la terre (mustakhlaf) ne doit pas user à titre exclusif de ses derniers et s'enrichir au détriment de ses semblables. L'homme, avons-nous déjà dit, n'est pas privé du droit de propriété et de jouissance des biens à lui confiés, à condition de ne pas outre-passer les restrictions imposées par son statut de "mustakhlaf". Dans cette perspective, le bien d'un individu est en même temps le bien de la collectivité; ou, pour reprendre une expression de Mohammad 'Abdu : "le bien de chacun d'entre vous est le bien de votre communauté à tous, en vertu du principe de la solidarité sociale..". Zamakhcharî (1075-1144), dans son "Kachchaf" (commentaire du Coran) commente ainsi le verset précité : "Dépensez de ce en quoi il vous a donné la lieutenance..." : Dieu, par ces versets, veut dire aux hommes ceci : les biens qui sont entre vos mains appartiennent en réalité à Dieu, qui les a crées et constitués. Et Il les a mis à votre disposition pour que vous en jouissiez; Il vous a permis d'en disposer non pas en tant que propriétaire réel, mais en tant que "dépositaire" ou "mandataire" (du maître réel)". Tel est donc le sens de "lieutenance" donnée sur les biens et les richesses. Mais, de ce sens, se sont écartées les philosophies matérialistes et les civilisations qui s'en réclament. Ainsi, ont-elles élevé l'homme au rang du maître de l'univers, et lui ont fait croire qu'il peut jouir et disposer de ses biens comme bon lui semble (en tant qu'individu dans le capitalisme; classe politique - ou son parti - dans le totalitarisme communiste). L'autre extrême consiste dans les déviations gnostiques qui emprisonnent l'homme dans le fatalisme et le poussent à se détacher complètement des biens terrestres. Et, entre ces deux extrêmes, se situe la conception islamique du "juste milieu", telle qu'elle se manifeste dans la doctrine de l'"istikhlâf".
Cette philosophie de "lieutenance" détermine également, en Islam, le rapport entre "religion" et "pouvoir temporel" (l'État). L'homme, en tant que lieutenant de Dieu, voit sa liberté conditionnée par le respect des obligations liées à son statut. De la même façon, l'État et ses institutions, qui sont l'oeuvre de l'homme, sont soumis, dans la conception islamique, aux Commandements divins, à la Charia. Ainsi, le procédé "humain" de la consultation (chourâ) donne naissance à un État régi par la loi divine. Le pouvoir subordonné (à la loi divine) de la nation cohabite ainsi et s'allie avec la Souveraineté divine (source de législation). Dans un tel État, les docteurs de la loi s'attachent à déterminer les cas d'application de la loi divine, et à déduire, par un effort d'interprétation (ijtihâd), les règles légales à partir des sources de la législation. De la sorte, le modèle de l'État islamique se distingue du régime théocratique - où le gouvernement est censé être de droit divin - qui assimile l'État à une "religion pure", en le sacralisant et en le tenant pour immuable (comme une vérité d'essence divine). Le modèle islamique de gouvernement se démarque aussi de l'Etat laïc qui, prenant le contre-pied du modèle théocratique, sépare la religion et le pouvoir temporel et ne reconnaît à la loi divine aucun rôle dans l'organisation des affaires de ce monde.
Ce modèle islamique de gouvernement, fondé sur la doctrine de l'"Istikhlâf", est un régime "califale" (Khilâfat) où l'État est présidé par un "calife" qui n'est pas représentant de Dieu - à l'instar du Pape - mais un chef délégué par la Oumma qui, elle, est représentante de Dieu. C'est celle-ci qui élit le calife, lui prête serment d'allégeance, lui délègue ses pouvoirs, le contrôle et lui demande des comptes. Ainsi, le calife n'a rien d'un chef théocratique que l'on tient pour infaillible parce que il représenterait le Ciel.
Cette doctrine de l'"Istikhlâf", qui sous-tend le califat islamique et le distingue de tous les régimes étatiques connus dans d'autres religions et d'autres civilisations, est illustrée par un hadith, rapporté par Abou Hourayrat selon lequel le Prophète a dit : "Les Enfants d'Israël étaient gouvernées par des Prophètes qui se succèdent les uns aux autres. Mais, à moi, aucun Prophète ne succèdera; il y aura par contre des califes (lieutenants)" (Hadith cité par Al-Boukhâri, Ibn Majah et Al-Imâm Ahmad). C'est donc la conception exprimée dans cette tradition qui inspire le "califat" islamique.
Ignorant la doctrine de l'"istkhlâf", les philosophies matérialistes, parmi lesquelles la civilisation occidentale, ont réduit les sources de la connaissance humaine, et ne reconnaissent comme voies d'accès à celle-ci que la raison et l'expérience étayée par des réalités tangibles. Ce faisant, elles privent l'homme des autres moyens d'acquisition du savoir qui lui permettent d'aller bien au-delà de ses propres facultés sensorielles et du monde sensible en général. C'est que ces civilisations élèvent l'homme au rang du maître de l'univers, au lieu de le considérer comme le lieutenant d'un Dieu Très-Haut et Parfait qui transcende tous les êtres crées par Lui.
La conception islamique des voies de la Connaissance, fondée sur le principe de "l'homme-lieutenant de Dieu"(Istikhlâf), ne sous-estime pas le rôle de la "raison" et des "sens" dans le processus cognitif, tant s'en faut. Mais à ces moyens, elle ajoute, pour les éclairer et les contrôler, la "révélation", telle qu'elle s'incarne dans le "Message coranique", et dans les saintes Traditions du Prophète qui en sont "l'Explicitation". Cette Révélation constitue pour l'homme une orientation (sur la bonne voie) émanant de Celui dont la science embrasse toute chose; elle lui apporte des connaissances relevant du Mystère Insondable (Ghayb) et le dote d'un Canon et de règles de conduites que la raison, à elle seule, ne pourrait concevoir, parce qu'ils relèvent d'un ordre supérieur qui ne tombe pas sous les sens et qui - sans le relais de la Révélation - resterait inaccessible à l'entendement humain. Car, comme toutes les facultés humaines, la raison et les sens ont leurs limites.
La conception cognitive islamique fait également une part importante à la conscience et à l'intuition (wijdân) comme moyens de connaissance et d'orientation (sur le droit chemin). Il s'agit là, en effet, d'une voie qui permet de recueillir, comme une lueur dans le coeur, une connaissance intime que ni la raison ni les sens ne peuvent percevoir; cette connaissance, qui procède d'un ordre spirituel sublime, est le fruit d'une "inspiration" et d'une illumination qui irradie dans le coeur.
Une théorie originale de la connaissance s'est ainsi élaborée, faisant fond sur la doctrine islamique de l'"Istikhlâf" qui assigne à l'homme le rôle de lieutenant de Dieu sur la terre. Investi d'une charge si noble, l'homme voit s'élargir devant lui le champ des connaissances : non seulement celles accessibles aux sens et à la raison, mais également d'autres qu'il peut atteindre grâce aux dons et facultés extraordinaires dont Dieu - son Créateur - l'a dotés, afin qu'il puisse, conformément à la Volonté divine, "peupler" le monde et en mettre en valeur les richesses.
Ainsi, la doctrine de l'"Istikhlâf" (l'homme-lieutenant de Dieu), qui assigne à l'homme une place éminente dans la hiérarchie des êtres, se reflète dans tous les domaines de la vie : le mode de gouvernement, la gestion des biens et richesses, les moyens d'acquisition de la connaissance...
L'homme-lieutenant de Dieu, pour être digne de cette noble charge, doit remplir les obligations découlant de son statut privilégié, autrement dit, se conformer à la loi divine en lui subordonnant son pouvoir de décision et sa liberté d'action; il lui faut donc adopter la philosophie de l'"Istikhlâf" dans les domaines de la vie; car, c'est grâce à cette philosophie que la pensée islamique se distingue de tous les autres systèmes de pensées, et que la civilisation islamique - celle marquée par le sceau de l'Islam - la remporte sur les civilisations matérialistes qui ont dévié de la voie de Dieu, et violé la Nature originellement bonne (Fitrat) de l'homme.

« Ô les croyants! Craignez Allah; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.»
C’est la raison pour laquelle, le système financier islamique a pour axe le fait que l’argent est le moyen par lequel Dieu a fait notre subsistance. Dieu, Exalté soit-Il, dit:« Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. Mais prélevez-en, pour eux(6), nourriture et vêtement; et parlez-leur convenablement. »
Et que cet argent, qui comporte la subsistance de la vie de l’homme, doit être partagé et échangé entre tous les humains:« … afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous... »

سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك
Une civilisation matérielle au détriment de la dimension spirituelle
En Occident, certains sociologues (1) ainsi que d'autres chercheurs ont pris conscience du fait que la civilisation moderne, malgré ses progrès et innovations remarquables, mène l'humanité au bord du précipice. Cela tient au fait qu'elle privilégie le côté matériel au détriment de la dimension spirituelle. Or l'homme ne saurait vivre en conformité avec ses potentialités, ses aptitudes ou encore avec ses dispositions naturelles, que s'il accorde une place de choix au spirituel. En d'autres termes, l'existence de l'homme ici-bas devrait être guidée par les préceptes divins.
Des savants mettent en garde contre la prédominance de la civilisation industrielle revendiquant un plus grand intérêt pour les sciences de l'homme. Selon eux, cette civilisation est vouée à la décadence à moins de retrouver sa dimension spirituelle.
Cependant, les idées avancées par ces savants occidentaux pour remédier à cette situation sont loin d'aboutir aux résultats escomptés, l'Occident ne disposant pas d'un système spirituel à même de libérer l'homme de la civilisation occidentale. En effet les quelques conceptions chrétiennes -somme toute objets d'altérations et de déviations- qui imprègnent encore cette civilisation, ont été relégué au second plan, voire carrément évincés de la vie civile depuis plusieurs siècles. Aussi ont-elle perdu toute leur influence.
Ainsi, le courant matérialiste continuera de prendre de l'ampleur inhibant les élans spirituels de l'homme. Pour échapper à son emprise, l'homme devrait adopter un système de pensée cohérent à même de lui préserver sa dimension humaine et sa dignité lui permettant par là-même de s'acquitter pleinement de sa mission dans la vie. Par ailleurs, de toutes les théories et les doctrines qu'a connues l'humanité à travers son histoire, l'Islam constitue de loin la solution salutaire. De fait, c'est un système de pensée globale qui concilie la foi et l'action, et présente une manière de voir cohérente. Dans cette optique, point de contradiction entre les aspirations de l'âme et les besoins du corps. Ainsi les sciences exactes sont-elles considérées comme moteur de tout développement, pourvu que soit respecté les rapports entre le Créateur et sa créature. L'Islam envisage la science et la civilisation à la lumière de son modèle global qui régit tous les aspects de la vie.
Religion universelle fondée sur la pondération, le juste milieu et le réalisme, et donc valable par delà les frontières spatiales et temporelles, l'Islam, de l'avis de certains chercheurs, servira immanquablement d'alternative à l'avenir. La foi islamique, estiment-ils, constitue pour l'humanité le remède aux maux dont elle souffre aujourd'hui. Toutes les théories matérialistes qui se disputent l'hégémonie du monde sont en effet vouées au déclin, car, toutes sans exception, s'accordent, malgré leur divergence, à voir en l'homme un simple homo œconomicus qui ne se soucie que de satisfaire ses besoins matériels et de jouir des plaisirs de la vie, au gré de ses instincts (1).
Pour étayer leur thèse, ces chercheurs invoquent la conversion de bon nombre d'européens à l'Islam, notamment des penseurs et des philosophes autrefois matérialistes ou athées (2).
l'Islam constitue la ligne de pensée divine idéale pour la société
Si l'Islam constitue la ligne de pensée divine idéale pour la société, si à l'inverse tous les autres systèmes irréligieux se trouvent incapables d'assurer à l'homme la sécurité morale et matérielle, l'on remarque paradoxalement qu'il fait l'objet d'une croisade acharnée, menée par des puissances hostiles à son expansion et à son rayonnement.
Ces puissances n'agissent pas de la sorte par égard à l'avenir de l'homme, mais bien pour sauvegarder leurs propres intérêts, animées qu'elles sont par des sentiments et visions pervertis perpétuant, ce faisant, le vieux conflit engagé contre l'Islam par ses ennemis il y a plus de dix siècles.
l'évangélisation (Tabchir)
Or, elles sont multiples ces puissances qui n'épargnent aucun effort pour empêcher l'Islam de répandre son rayonnement à travers le monde, et ce, pour le plus grand bonheur de l'homme. En outre, les penseurs et les chercheurs sont en quête d'une alternative civilisationnelle à même de protéger l'homme contre les ravages d'un matérialisme extravagant qui prévaut dans les sociétés modernes. Je me contenterai ici de parler d'une seule puissance, qui, vu son caractère extrêmement dangereux, se révèle représentative à cet égard. Il s'agit de l'évangélisation (Tabchir). Etymologiquement on entend par "tabchir" le fait d'annoncer une bonne nouvelle. Il peut toutefois s'agir d'une mauvaise nouvelle, comme dans ce verset : "Annonce ("bachir") aux hypocrites qu'un châtiment douloureux les attend" (IV, 138). Dans son acception courante, le terme "tabchir" désigne le prosélytisme chrétien, et donc l'évangélisation.
En fait, le terme évoque, de nos jours, le zèle déployé par les adversaires de l'Islam dans le but de barrer la route devant sa propagation, et ébranler la foi de ses adeptes, sinon les en détourner.
Par ailleurs, plusieurs ouvrages ont été consacrés à ce sujet, qui dénoncent les complots montés contre l'Islam et ses adeptes, ainsi que les activités intensives menées par les diverses expéditions de missionnaires en Afrique et en Asie aux fins de répandre le christianisme, aussi bien parmi les musulmans que les non-musulmans(...)
Dans son rapport concernant les activités de l'évangélisation dans les pays arabes, une association islamique basée en Grande Bretagne, révèle des faits terrifiant que chaque musulman doit en être conscient pour se faire une idée aussi précise que possible de l'ampleur de cette activité pernicieuse, laquelle cherche en premier chef la destruction de l'Islam et l'asservissement de ses principaux bastions. A cet égard, les faits suivants sont éloquents :
1 - Les missions chrétiennes focalisent leurs efforts sur le centre du monde musulman. Pour atteindre cet objectif, jusque là hors de portée, elles ont choisi une des riches villes du monde arabe pour base de leurs activités (4).
2 - En outre, ces associations opèrent grâce au concours des sociétés étrangères de la région, des domestiques et des cuisiniers travaillant chez des familles musulmanes, ainsi que par l'envoi d'ouvrages de propagande aux centres culturels attachés aux ambassades en place.
3 - La communauté chrétienne dans les États du Golfe compte 60 mille individus, dont 500 seulement jouissent du statut de citoyen. En revanche, les organismes de propagande religieuse sont au nombre de 53 (11 missions anglaises et 42 américaines).
4 - Parmi les principales organisations de propagande figurent :
a - "l'Association de la Mission Ecclésiastique"; elle opère dans le domaine de la santé et de l'éducation. Son budget s'élevait en 1879 à 2 millions de livres sterling.
b - "L'Amicale de Solidarité avec les Musulmans" qui exerce ses activités de manière directe parmi les musulmans. Elle s'occupe de l'organisation de conférences et de la publication d'ouvrages destinés aux musulmans.
c - "L'Association pour la Christianisation du Moyen Orient", elle s'occupe de la publication et la diffusion d'ouvrages en langue arabe parmi les musulmans. Elle vient de publier l'Évangile pour enfants, une version éditée à Chypre, et diffusée dans la région.
d - "L'Église protestante de la Réformation", opère à son tour dans la même région, avec un budget de 4,5 millions de dollars.
e - "Action de mobilisation" qui a pour charge l'organisation de stages de courte durée au profit de missionnaires bénévoles. Parmi ses autres principales tâches, assurer le contact avec deux navires, transportant à bord une immense bibliothèque.
f - "La Mission Évangéliste unifiée", qui est une organisation internationale dont le champ d'activités englobe aussi bien les domaines de l'éducation et de la santé que les médias. Grâce à un budget de 9 millions de dollars, elle exerce ses activités essentiellement dans l'un des hôpitaux sous sa tutelle.
Le rapport dévoile également les méthodes employées par les missionnaires pour atteindre leurs objectifs, prenant les pays du Golfe à titre d'exemple. Parmi ces méthodes :
I - l'assistance médicale, qui constitue une occasion pour entrer en contact avec les patients avec l'intention de les convertir au christianisme.
II - Les contacts personnels sur les lieux du travail par le biais de professionnels de tous bords (médecins, enseignants, architectes, etc). Ceux-ci usent, à l'adresse de leurs auditeurs, d'un discours engageant et persuasif.
III - La production et la diffusion d'oeuvres littéraires destinées à l'évangélisation des musulmans. Les bibliothèques jouent en ce sens un rôle primordial, notamment la bibliothèque du navire "Logos".
IV - La radio de la mission qui constitue un moyen très efficace. Elle émet en langue arabe à destination de la région du Golfe, à partir de l'Espagne, de la France, du Libéria, et des Séchelles (1).
Le rapport constitue, par les données qu'il fournit un nouveau document alarmant, versé au dossier de l'évangélisation, face à laquelle tout musulman doit réagir. Et c'est d'autant plus poignant que les missionnaires prétendent que leur religion appelle à la tolérance et décrie le fanatisme. Or, ils adoptent, à l'égard des autres, une attitude de rejet et de haine. En plus, ils s'emploient avec zèle à ébranler leurs croyances, les plongeant dans une situation intenable de confusion et de désarroi où ils perdront toutes les valeurs à même de leur assurer stabilité, sécurité, progrès et développement.
Occidentaliser l'enseignement
Mais si alarmant soit-il, le rapport a toutefois omis de mentionner une autre arme éminemment redoutable dans ce domaine, à savoir l'éducation. "L'éducation occidentale agit comme une force érusive sur la solidarité entre les musulmans", affirme un missionnaire (2).
Outre les efforts destinés à occidentaliser l'enseignement dans les pays musulmans, on a fondé des écoles et des universités sous couvert de la promotion scientifique et culturelle. Les établissements, en réalité, prolongement de l'influence tentaculaire du courant évangéliste, ne dispensent pas le moindre savoir porteur du développement ou du progrès technologique. Bien au contraire, les étudiants musulmans qui les fréquentent finissent par se défaire de leur propre culture pour embrasser un autre système de valeurs. Dépouillés ainsi de leur identité nationale, ils s'identifient davantage à la culture acquise à l'école ou université de mission qu'à celle à laquelle ils sont censés appartenir.
l'audio-visuel
Si par le passé, et aujourd'hui encore, les divers procédés de propagande missionnaire se bornent à établir le contact direct à l'intérieur ou à l'extérieur du monde islamique le futur proche verra la mise à profit de l'audio-visuel, par les satellites que les pays s'empressent de mettre sur orbite. De ce fait, cette nouvelle tactique constitue une grande menace, car elle envahira les domiciles et s'imposera inévitablement à tous, sans distinction d'âge.
Certains chercheurs ont attiré l'attention sur le danger des programmes émis par ces satellites, soulignant l'extrême préjudice qu'ils peuvent causer à la culture arabe, et la nécessité de faire face à ce défi pendant qu'il est encore temps.
Mohamed DASSUQI*
* Professeur du droit islamique et de ses fondements, à la faculté de la Charia et des études islamiques. Université de Qatar.
(1) cf. : P1 Alexis Carrel : L'homme, cet inconnu, "la civilisation moderne se trouve en mauvaise posture, parce qu'elle ne nous convient pas. Elle a été construite sans connaissance de notre vraie nature". P54 "L'homme devrait être la mesure de tout. En effet, il est un étranger dans le monde qu'il a créé". P60.
(1) Dr. Hassab Meâargi, "Interpolateurs de la parole" dans la revue "Al-Mouslim Al-Mouasir", N°84 p62. Dr. Mahmoud Hamdi Zekzouki, "l'orientalisme et l'arrière-plan intellectuel du conflit civilisationnel" dans "la Oumma", p.24.
(2) cf. "Vision du monde islamique" traduit par Mouhib E. al-Khatib et Elyafi.
(1) cf. journal "Siyassa Kowetia" N°27/05/1983 P6
(2) cf. Ihsane Haqqi, "L'Islam face au défi mondial" P13
(3) cf. Revue "Al Khayria" N°8, novembre 1989 P 61
(4) cf. Pr. Abdel Daoud Chelabi, "Offensive évangéliste", revue "la Oumma" N°9, P 78
(1) cf. Journal "Siyassa Al Khayria", N°27/05/1983
(2) cf. Najib El Kilani, "l'Islam face aux puissances hostiles", Institution mssala, P 21, 2ème édition
(1) cf. Najib El-Kilani, "L'Islam face aux puissances hostiles", pp. 20-21.
(2) Ibidem p. 31.
(3) Ibidem p. 23.
(1) cf. Abi Hilal Al Indunousi, Une nouvelle invasion missionnaire en Indonésie, p. 159, Ed. Lybie.
(1) cf. Farouk Mesahel, "La lutte contre l'évangélisation au sein des étudiants musulmans", in Revue la Umma, N°46.
(1) cf. l'Islam face aux puissances hostiles, P 38.
(2) Ibid, P 33.
(1) cf. Revue "Al Bayane", publiée par le Forum musulman à Londres, N°14, P 74-75.
(2) Ibid, P 76.
(3) Ibid.
(1) cf. Al-Arabi N° 307 P 82.
(2) cf. Al-Arabi Déc. 1982, P 46.
(3) cf. Al-Fikr Al-Arabi (la pensée arabe) N° 32 P 108.
(4) cf. Hakki Ihsane, l'Islam au défi mondial P 5.

Le soleil chauffe la croûte terrestre, qui chauffe la couche d'air de surface.
Cet air se dilate, monte en altitude et crée une baisse de pression au niveau du sol.
A d'autres endroits, l'air refroidi dans les couches supérieures de l'atmosphère se contracte, augmente sa masse volumique et descend, créant une zone de haute pression au niveau du sol.
L'air va naturellement passer de la zone de haute pression à celle de basse pression pour les équilibrer.
Ce déplacement latéral d'air est le vent.
Ce phénomène s'observe bien au bord de la mer, où le vent souffle vers la mer le matin, car elle est un grand réservoir de chaleur et chauffe l'air.
Puis, en soirée, le vent souffle vers la côte, car la terre a suffisemment chauffé au soleil pour réchauffer l'air à son tour.
En général, les colonnes d'air troposphérique tropicale, plus chaudes, s'élèvent sur des hauteurs plus importantes que celles situés aux latitudes polaires. Ainsi, en altitude, au niveau de la tropopause, on trouve des hautes pressions près de l'équateur et des basses pressions dans les zones de subsidence polaires. Au gradient méridien de température correspond donc une force de gradient de pression qui déplace, en altitude, les masses d'air tropicales vers les hautes latitudes.
Puisque l'air est un fluide elle satisfait à l'équation de continuité: si il y a de l'air qui se déplace en altitude, d'autre air est appelée à la remplacer.
Ainsi, l'air relativement chaude tropicale est, au niveau de la mer, remplacée par de l'air en provenance des latitudes plus hautes.
La forte rotation planétaire donne lieu, en effet, à une circulation globale constitué par trois cellules, Hadley, Ferrel et Polaire. Elle explique aussi les composantes zonales (i.e., Est-Ouest) des vents (vents d'Ouest et Alizés).
Le Coran dit : « Nous envoyons les vents qui fécondent (les nuages) et Nous faisons descendre du ciel, l'eau avec laquelle Nous vous abreuvons... » (Coran 15.22).
La pollinisation par le vent ou anémophilie joue effectivement un grand rôle dans la nature. Elle constitue une autre forme de pollinisation qui est assurée par les insectes, et qui est connue sous le nom d'entomophilie. En dépit de leur importance, ni l'une ni l'autre des deux formes de fécondation ne semblent correspondre à l'optique de cette citation coranique. Pas plus la version d'Edouard Montet qui estime dans ses notes que « les vents fécondent la terre à travers les nuages de pluie qu'ils transportent et qui arrosent le sol ». Ces points de vue sont d'ailleurs contradictoires entre eux. Pour les uns, le vent féconde les plantes, pour les autres, il féconde la terre, à travers les nuages. Alors qu’en réalité, dans la citation coranique, il féconde les nuages, qui à leur tour vont fertiliser le sol.
Brièvement, le processus se décline ainsi : l'ascendance des masses d'air saturées d'humidité a pour but d'amener la condensation de la vapeur d'eau et la formation de nuages porteurs de pluie. Pour être efficace, la condensation de la vapeur d'eau nécessite la présence de noyaux de condensation, constitués de cendres de combustion, de particules de sel arrachées à la mer, de résidus provenant des éruptions volcaniques et encore d'organismes d'origine végétale tels que pollen, spores, etc. Lorsque les conditions voulues sont réunies, la vapeur se condensera autour de ces noyaux en donnant de minuscules gouttelettes. A leur tour, et sous l'influence de différents facteurs, dont les turbulences provoquées par le vent, les gouttelettes vont fusionner entre elles (il faut environ 100 000 à 1 000 000 de gouttelettes pour former une seule goutte d’eau) et donner naissance à de véritables gouttes d’eau. Leur poids sera alors assez lourd pour vaincre la force des courants ascendants et la pluie arrive jusqu'au sol.
http://knowingallah.com/V2/Document.aspx?lang=fr&id=3796

1. Par islamiates le 02/07/2024
Salam Les sourates sont données à titre d'exemple. Merci pour votre réactivité