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Blog de Islamiates

L’importance de l’hospitalité en Islam

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L’hospitalité est l’un des principes moraux les plus important de la religion musulmane, car il s’agit non seulement d’une des plus grandes qualités du prophète Abraham (PBSL), mais surtout d’une prescription de la plus haute importance du prophète Muhammad (PBSL) :
« Quiconque croit en Dieu et au Jour Dernier, doit bien traiter son hôte »
« Quiconque croit en Dieu et au Jour Dernier doit accorder a son hôte son dû.
Mais quel est son dû, lui demande-t-on ?
Son dû, répondit-il, est son hébergement un jour et une nuit. L'hospitalité est de trois jours, au-delà, c'est une aumône. » (hadiths rapportés par Al Boukhari et Mouslim).

Le prophète de Dieu (PBSL) a donc prescrit à sa communauté de faire preuve d’hospitalité et l’a également guidé en ce sens en lui donnant un certains nombre de conseils à suivre afin de faire preuve d’une attitude irréprochable vis-à-vis de son invité, mais également de son hôte.

Formuler une invitation

Concernant les personnes à inviter sous son toit, il est recommandé de n’y accueillir que des gens pieux, non libertins ou dévergondés, mais sans égard au fait qu’ils soient riches ou pauvres, car comme le rappel le prophète Muhammad (PBSL) : « le pire des aliments est celui d'un festin auquel on y invite les riches et on néglige les pauvres. ».

L’invitation ne doit pas avoir été formulée dans un but ostentatoire ou de parade, mais à l’image d’Abraham, le « père des hôtes » et de Muhammad (PBSE), dans l’intention d’amener la joie dans le cœur des croyants et la satisfaction dans celui de ses frères en religion.

Autre recommandation particulièrement importante, il ne faut jamais inviter une personne tout en sachant pertinemment que cette dernière va refuser notre invitation, parce qu’elle est incapable d’y répondre, et/ou s’il est question d’une personne que l’on n’apprécie peu ou pas du tout.

Répondre à une invitation

Le prophète de Dieu (PBSL) a recommandé aux croyants de toujours répondre aux invitations qui leur sont formulés s’ils ne disposent pas d’une excuse valable, comme craindre pour leur santé ou leur foi en Dieu : « Il faut répondre à l'invitation ! - Si on m'invite à manger une simple patte de mouton, je n'hésiterai pas à accepter. Si on m'offre un jarret de mouton, je l'accepte ! » (hadiths rapportés par Mouslim).

L’acceptation de l’invitation vise avant tout à honorer son frère de sa présence, transformant ainsi cet acte à priori banal en acte agrée et récompensé par Dieu.

Concernant la distance séparant l’invité de son hôte, cette dernière n’a aucune incidence définitive dans l’acceptation ou le refus de l’invitation. De même c’est toujours la première invitation qui doit être acceptée, et la deuxième seulement qui peut essuyer un refus et des excuses.

Si l’invité est en état de jeûne le jour de l’invitation, il doit quand même se rendre chez son hôte, et si ce dernier souhaite à tout prix partager son repas, alors il est recommandé de rompre son jeûne, mais si l’on désire tout de même jeûner ; il est alors conseillé de prier pour son hôte.
Ceci a été conseillé par la bouche même du prophète Muhammad (PBSL) : « Quand l'un de vous est invité, il doit répondre à l'invitation. Si ce jour-là, il jeûne, qu'il prie pour son hôte, s'il ne jeûne pas, qu'il mange. » (Rapporté par Moslim) ou encore : « Comment ! Ton frère fait des dépenses pour toi et tu viens lui dire que tu jeûnes ! »

Comportement à adopter

De la part de l’invité :

La ponctualité est le premier des commandements de l’invité, car il évitera non seulement à l’hôte de s’inquiéter de son absence, mais également de le prendre au dépourvu s’il n’est pas totalement prêt à le recevoir.

L’invité doit également faire preuve d’humilité et de modestie dans son comportement, et ne pas occuper la place d’honneur. Il doit également garder la même place, si l’hôte lui en désigne une en particulier.

Lorsque l’on est invité au domicile de quelqu’un, le séjour ne doit pas excéder trois jours, à moins que l’hôte n’est expressément formulé à son invité de prolonger son séjour. Quand l’invité décide de quitter son hôte, il doit également lui demander la permission.

De la part de l’hôte :

Concernant le maître de maison, ce dernier doit faire veiller particulièrement au bien-être de ses invités : « Quiconque croit en Dieu et au Jour dernier doit bien traiter son hôte. »

A la fin de l’invitation, le maître de maison se doit de raccompagner ses invités jusqu’à l’extérieur de la maison, gage de respect et de piété à leur égard.

En ce qui concerne le gîte, le musulman se doit de débloquer un troisième lit pour son invité.

http://www.islamdefranc

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A propos du célibat des prêtres

1. Le célibat des prêtres date du XII° siècle

Presque tout le monde a entendu cette idée. Le problème, c’est qu’elle est simplement fausse à force de simplisme. Cette question à elle seule mériterait un article.

Dire que le célibat des prêtres remonte au XII° siècle, c’est lui donner comme origine le premier concile oecuménique du Latran, en 1123. Ce concile a en effet déclaré invalide le mariage des clercs. Les ordres majeurs deviennent un empêchement dirimant au mariage, ce qui veut dire que si un sous-diacre, un diacre, un prêtre ou un évêque se marie, son mariage est purement et simplement invalide.

Mais il faut faire attention, on le voit souvent dans l’histoire de l’Église, l’apparition d’une norme, d’une décision conciliaire, ne permet pas forcément de dater le phénomène qu’elle sanctionne. Un concile peut entériner ce qui est déjà vécu depuis des siècles comme il peut promouvoir une chose qui n’entrera dans les faits que bien plus tard. Alors, regardons d’un peu plus près.


Le célibat des prêtres par Museeduluxembourg

D’abord, il y a le célibat du Christ qui est une question centrale, sur laquelle il faudra évidemment revenir. Ensuite parmi les apôtres, saint Pierre au moins a été marié puisqu’il a une belle-mère. Son épouse n’est jamais mentionnée dans les évangiles. Saint Jérôme (347-420) écrit : « Apostoli vel virgines vel post nuptias continentes » : les apôtres étaient soit vierges, soit continents après un mariage (veufs, donc).

Jusqu’au IV° siècle, il n’y a pas de règle générale, mais la pratique du célibat des clercs est souvent louée par les pères de l’Église. Nous avons, en Orient comme en Occident de nombreux témoignage d’estime pour cette pratique.

Au concile de Nicée (325), on n’impose pas la continence aux évêques, aux prêtres et aux diacres mariés avant l’ordination. Mais, « en vertu d’une ancienne tradition de l’Église », on leur interdit de se marier après l’ordination. Cette règle restera absolue et universelle, en Orient comme en Occident.

Autre repère important, le Concile In Trullo (692), convoqué par l’empereur Justinien II, qui ne rassemble que des évêques orientaux. Il fixe la discipline qui reste encore aujourd’hui celle de la plupart des églises orientales, même catholiques : l’évêque est tenu à la continence, les prêtres et les diacres ne peuvent se marier après l’ordination. Ceux qui sont mariés ne doivent pas quitter leur femme. Ils peuvent « user du mariage », sauf lorsqu’ils doivent dire la messe (j’y reviendrai). Tout en recommandant toujours le célibat des prêtres, les papes ont accepté ensuite que les Églises orientales qui revenaient à la communion avec Rome conservent cette discipline.

Revenons un peu en arrière. En Occident, au IV° siècle, le célibat des clercs, encouragé par les papes, se généralise progressivement. Il est ratifié par des conciles locaux : Elvire, vers 300, Rome en 386, etc. Il y a pourtant des résistances et on peut dire que si elle est souvent enfreinte est mal acceptée, la règle est au moins connue de tous au IV° siècle.

On sait que de la fin du IX° au début du XI° siècle la règle du célibat est très mal suivie, le mariage ou le concubinage du clergé semble presque normal. Vient alors, au XI° siècle, la réforme grégorienne. On se souvient de s. Pierre Damien (+1072) et surtout le grand pape Grégoire VII (+1085) qui lutte contre l’inconduite des clercs, la simonie (le commerce de choses saintes), les investitures laïques, etc. La règle du célibat rentre à nouveau dans les moeurs. C’est dans la suite de saint Grégoire que, sous Calixte II, le 1er Concile oecuménique du Latran déclare invalide le mariage des clercs.

La suite a moins de rapport avec notre propos, je cite seulement pour mémoire :

  • La réforme protestante : les réformateurs déclarent nuls les voeux de chasteté et promesses de célibat.
  • Le Concile de Trente (1545-1563) confirme l’invalidité du mariage des clercs sans fonder l’obligation du célibat sur le droit divin. (24° session, 1563)
  • Au XVII° siècle l’organisation des séminaires pour former les prêtres favorise la mise en vigueur de la règle du célibat.
  • Au XVIII°, il y a un grand mouvement anticlérical, de nombreuses attaques contre le célibat. Finalement, en 1791, la Révolution française permet, puis encourage et impose presque, sous la Terreur, le mariage des prêtres.
  • Le Code civil de Napoléon ne prévoit pas l’empêchement au mariage des prêtres, mais il est appliqué de fait jusqu’au 25 février 1878 (arrêt de la Cour de cassation).
  • Au milieu des événements qui secouent en particulier l’Europe, l’Église maintient sa position. Il arrive, rarement et pour des raisons graves, qu’elle dispense de célibat des prêtres, mais jamais des évêques. Les prêtres dispensés doivent renoncer à tout ministère.

Finalement, le Concile Vatican II confirme la règle du célibat des prêtres dans l’Église latine par le décret Presbyterorum ordinis de 1965, au n°16. Il le fait en des termes solennels, qui, à mon sens, tranche la question pour longtemps : 

« C’est donc pour des motifs fondés dans le mystère du Christ et sa mission, que le célibat, d’abord recommandé aux prêtres, a été ensuite imposé par une loi dans l’Église latine à tous ceux qui se présentent aux ordres sacrés. Cette législation, ce saint Concile l’approuve et la confirme à nouveau en ce qui concerne les candidats au presbytérat. »

En 1967, Paul VI publie une encyclique sur le célibat sacerdotal, question disputée à l’époque. En 1971, le synode des évêques se pose la question de déclarer que le Souverain Pontife peut, en cas de nécessité, autoriser l’ordination de viri probati, d’hommes mariés à la vie éprouvée. La proposition qui pouvait paraître séduisante est pourtant rejetée par 107 voix contre 87, j’y reviendrai. Ensuite, les papes successifs ont confirmé leur attachement au célibat des prêtres.

Pour conclure sur cette question, nous voyons qu’il est pour le moins simpliste de dire que le célibat des prêtres date du XII° siècle. S’il ne ressort pas de la loi divine mais de la loi de l’Église, c’est pourtant une tradition qui, dans son principe, remonte aux origines de l’Église. Sa réalisation concrète a été progressive comme pour bien des choses dans l’Église.

*

2. Puisqu’il y a un clergé marié en Orient, il n’y aurait aucun inconvénient à adopter cette discipline en Occident

Qui n’a jamais entendu cet argument ? Là encore, il faut regarder de plus près.

Premier point, il est bien entendu que la discipline des Églises orientales unies à Rome est reconnue comme légitime. Cela fait partie de leur histoire et l’acceptation par Rome de la discipline du Concile in Trullo a facilité leur retour à la communion.

Pour autant, le principe même du célibat est contenu dans la discipline orientale puisqu’il est obligatoire pour les évêques. On peut donc dire qu’il y a une convenance universellement reconnue du célibat des clercs, qui est depuis l’origine connue si ce n’est vécue. On remarquera aussi que l’idéal du célibat sacerdotal semble bien compris en Orient. Il y a, en dehors des moines, des prêtres orientaux célibataires et  quelques Églises orientales ont même adopté la discipline latine au XIX° et XX° siècle.

Sans vouloir faire du conservatisme borné, on est donc en droit de se demander si l’acceptation dans l’Église latine d’un clergé marié ne serait pas plus une régression qu’un progrès.

Quant aux avantages pratiques de la discipline orientale, il faudrait observer un peu sérieusement la situation avant de s’emballer :

  • La crise des vocations existe aussi en Orient.
  • Cela pose la question de la place de l’argent dans la vie de l’Église. Un homme marié est obligé de subvenir aux besoins de sa famille. Le fait que cela coûterait cher ne me dérange pas particulièrement si les fidèles sont prêts à en payer le prix. Rétablissons la dîme et l’intendance suivra… Mais on s’aperçoit quand même que lorsqu’il est question du célibat dans un concile, il est souvent question en même temps de simonie et de prévarications. Cela ne veut pas dire que les époux sont moins honnêtes que les célibataires, simplement que les besoins sont différents, et peut-être les mécanismes d’autojustification plus rapides. Je ne considère pas que cet aspect de la question soit dirimant, mais il faut constater qu’il a eu du poids dans l’histoire.
  • Il faut penser au problème des prêtres veufs. Nous connaissons déjà ce problème à propos des diacres permanents. Ils acceptent au moment de l’ordination l’idée de ne pas se remarier en cas de veuvage. Mais lorsque cela arrive tôt, ils se retrouvent comme piégés dans une situation acceptée peut-être, mais difficile à vivre. Aussi, surtout dans le contexte actuel, se poserait la question des prêtres qui viendraient à divorcer.
  • Enfin, c’est bien sûr la question la plus importante, mais je n’insiste pas car j’y reviendrai dans la seconde partie, la conformité du prêtre au Christ est tout de même moins évidente s’il est marié. L’idéal du prêtre, c’est tout de même de devenir de plus en plus conforme au Christ. Je ne doute pas qu’un prêtre marié puisse être un bon prêtre, mais il n’est pas du tout évident que ce serait un progrès.

*

3. Il serait bon d’ordonner des viri probati (des hommes éprouvés)

Cette question revient pratiquement à la précédente, à peu près tout ce que j’ai écrit sur celle-là vaut pour celle-ci. Elle est une autre manière, peut-être plus séduisante ou moins inquiétante pour certains, de la présenter.

C’est la question que se sont posée les pères du synode de 1971. Elle a apparemment tout pour séduire un évêque. Le principe du célibat n’est apparemment pas mis en question, simplement en cas de besoin, il pourrait disposer d’une sorte de clergé auxiliaire fait de pères de famille stables d’un certain âge. De quoi desservir quelques églises de plus. On voit tout de même que c’est le genre d’exception qui tend à abolir la norme.

Ensuite, tous ceux qui connaissent la vie paroissiale voient bien qui nous pourrions appeler à l’ordination sacerdotale, ceux qui aujourd’hui sont appelés au diaconat permanent. Je fais partie des prêtres qui ne regrettent pas l’institution des diacres permanents. Toutes les questions théologiques ne sont pas été réglées, mais il est évident que là où les appels ont été judicieusement discernés, cela donne de bons fruits. C’est un bien que l’Église redécouvre la grâce du diaconat, le sacrement du Christ serviteur. Je ne crois pas qu’il y ait de la place en même temps pour le diaconat permanent et des viri probati prêtres, il faut savoir ce que l’on veut. Il ne faut pas non plus négliger les difficultés de la coexistence de deux clergés forcément très différents, l’un célibataire, l’autre marié.

Enfin, c’est encore une question sur laquelle je reviendrai dans la deuxième partie, cette idée procède, me semble-t-il, d’une vision très superficielle et purement utilitariste du prêtre. C’est une grande chose, la plus grande chose, que de célébrer la messe. Mais si on demande à des hommes de donner leur vie simplement pour qu’on ait la messe moins loin de chez soi, je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de volontaires, surtout depuis qu’on a inventé la voiture. Si on réduit le prêtre à l’exercice de fonctions, à la commodité qu’il représente, nous aurons, au sens étymologique du terme, des fonctionnaires. Non seulement il y aura peu de candidats, mais aussi nous ne comprendrons pas mieux le don de Dieu qu’est le sacerdoce ministériel.

*

4. Le célibat est une règle subie par les prêtres

Je passerai vite parce que c’est une idée assez absurde, là aussi souvent entendue, mais qui révèle surtout une profonde méconnaissance du sujet.

D’abord, ce n’est pas un droit de l’homme que d’être ordonné prêtre. On peut en avoir le désir, mais personne n’y a droit. L’Église appelle qui elle veut, pourvu qu’il soit volontaire. Elle est donc parfaitement libre de n’appeler que ceux qui ont le charisme du célibat, c’est-à-dire ceux qui ont à la fois les dispositions naturelles et la grâce pour le vivre. Enfin, une ordination qui ne serait pas reçue librement et consciemment, avec tous les engagements qu’elle implique, serait nulle. Il est donc difficile de penser que les prêtres subissent leur célibat. Je connais un certain nombre de prêtres, ils ne donnent généralement pas l’impression de le subir. Ensuite, qu’on puisse fantasmer sur eux, c’est une autre question.

Bien sûr, il y a la complexité de la vie humaine, le jeu de la liberté, de la grâce et du péché. Il peut arriver qu’un homme fragile ne soit pour une raison ou pour une autre plus fidèle à ses engagements, ou qu’il ait l’impression de ne plus pouvoir l’être. C’est alors à l’Église de régler avec justice et bonté une situation particulière.

*

5. Le célibat est la cause majeure de la crise des vocations

C’est la question classique de bons chrétiens qui s’inquiètent sincèrement du manque de prêtres. Je ferai à ce propos deux remarques qui me paraissent suffisantes.

D’abord, dans les pays riches et ceux qui le deviennent, la crise des vocations existe aussi chez les Orientaux et même chez les pasteurs. Bien sûr, la perspective du célibat peut être intimidante pour un jeune homme. Mais la réalité montre que ceux qui sont vraiment appelés reçoivent en même temps les dons nécessaires, ce n’est pas pour eux une chose infranchissable.

Ensuite, la règle du célibat a au moins l’avantage de garantir plus ou moins qu’on n’ordonne que des hommes qui sont au moins disposés à donner vraiment leur vie.

*

6. Le célibat est antinaturel, il ne permet pas une vie humaine équilibrée

La question est peut-être plus complexe ou au moins plus sensible que celles que nous avons vues jusqu’ici.

Le Christ dit lui même (Mt 19, 11 s.) que le célibat en vue du Royaume n’est pas pour tous, et même que tous ne peuvent le comprendre. Nous y reviendrons dans la deuxième partie. C’est donc un charisme, un don de Dieu, qui demande à être discerné. La question du discernement est donc primordiale. Il y aura toujours, le moins possible on l’espère, des erreurs de discernement, des choses qui n’ont pas été vues, et aussi des prêtres infidèles au don et à l’appel qu’ils ont reçu.

Peut-être y a-t-il eu parfois une vision dangereusement abstraite de la personne du prêtre qui n’est pourtant pas une créature intermédiaire entre les hommes et les anges. Il est un homme sexué, de chair et de sang. Il est indispensable que son énergie et son affectivité se déploient dans sa vie spirituelle, dans son ministère et sa vie de prêtre. Sinon, il ne faut pas s’étonner sinon qu’il finisse par se porter mal.

Le prêtre est un pécheur sur le chemin de la sainteté et un homme aussi fragile que tous les autres. Il ne peut pas rester fidèle à sa vocation sans le vouloir, il ne peut pas croire non plus qu’il est tant que cela indemne des travers ou des dangers de son époque.

Pour finir, on peut penser que parfois des personnalités immatures ont été attirées par le célibat et le statut social du prêtre. Mais les études qui ont été faites dans les pays anglo-saxons ne permettent pas de conclure qu’il y a plus de pédophiles parmi les prêtres que dans d’autres populations exposées. Par ailleurs, il ne semble pas qu’il y ait plus de prêtres qui vivent mal leur célibat et leur vocation que d’époux malheureux ou infidèles dans le mariage. En tous les cas, il est certain que ni le célibat ni le mariage ne sont des protections contre la fragilité humaine et le malheur.

*

Voilà donc six idées répétées sans cesse au sujet du célibat des prêtres qui me paraissent fausses. Mais il serait un peu dommage d’en rester à des réfutations. Il s’agit ensuite de comprendre les fondements du célibat sacerdotal. Ce sera, je l’espère, l’occasion de découvrir davantage le don du sacerdoce. Rendez-vous dans quelques jours ici même pour cette deuxième partie.

http://www.la-croix.com/

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L'allaitement maternel: la science confirme le Coran

L'allaitement au sein: quels sont les bénéfices?

Le lait maternel est unique. Sa richesse et sa variété lui permettent de contribuer à l’apprentissage du goût chez le bébé, de s’adapter en permanence à ses besoins nutritionnels et de mieux le protéger contre certaines infections ou maladies (gastro-entérites, otites, allergies...). Ces caractéristiques ne se retrouvent pas dans les laits industriels.

L’allaitement est également bénéfique pour la femme puisqu’il provoque des contractions utérines qui peuvent permettre à l'utérus de reprendre sa place plus rapidement après l’accouchement. Il peut également aider à retrouver la ligne en utilisant les graisses emmagasinées pendant la grossesse. Enfin, d’un point de vue pratique, le lait maternel est toujours prêt et gratuit.

« L’allaitement au sein est une excellente source de nutrition pour les nourrissons et, notamment en l’absence d’eau salubre, il évite aux jeunes enfants de dangereuses maladies hydriques comme la diarrhée », précise Ann Veneman, directrice générale de l’Unicef.

Trois mille cinq cents vies pourraient être sauvées

 L’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de vie protège les nourrissons des maladies infectieuses et respiratoires, et renforce leur système immunitaire », poursuit-elle. Chaque jour, 3.500 vies pourraient être sauvées dans le monde si tous les nourrissons étaient exclusivement nourris par leur mère durant les premiers mois de la vie.

Rappelons que chez les mères séropositives au VIH et chez ces dernières seulement, l’OMS recommande l’allaitement artificiel. A condition que ce dernier soit « acceptable, praticable, économiquement supportable, possible à long terme et sûr…  Des conditions qui, malheureusement, font cruellement défaut dans les pays en voie de développement.

L'allaitement au sein a un effet bénéfique sur l'intelligence

Une vaste étude effectuée sur 14.000 enfants montre un effet bénéfique de l'allaitement au sein sur l'intelligence, ou au moins sur les résultats à des tests de QI.

L'allaitement maternel renforce-t-il l'intelligence de nos enfants ? La question est désormais posée après les résultats récents d'une étude portant au départ sur 17.000 enfants, effectuée au Belarus (ou Biélorussie), dans 31 maternités, entre juin 1996 et décembre 1997. La moitié des mères ont suivi un programme d'encouragement de l'allaitement maternel, dans le cadre d'une vaste campagne de promotion, baptisée Probit (Promotion of Breastfeeding Intervention Trial).

L'autre moitié a bénéficié des services habituels. Cette méthode a son importance : elle consiste à choisir aléatoirement les mères qui allaitent et celles qui ne le font pas, permettant d'éviter les biais dus à des différences trop grandes entre les familles (milieu social ou familial, habitudes culturelles, etc.), qui compliquent souvent ce genre d'études.

Des résultats mesurables à six ans et demi

Près de 14.000 enfants ont pu être suivis jusqu'à l'âge de six ans et demi et ont été soumis à des tests d'intelligence effectués par leurs pédiatres tandis que leurs résultats scolaires étaient évalués par leurs enseignants. Ce long travail a été coordonné par Michael Kramer, spécialiste – et promoteur – de l'allaitement maternel. Ce chercheur canadien est professeur de pédiatrie, d’épidémiologie et de biostatistique à la Faculté de médecine de l’Université McGill (Montréal) et directeur scientifique de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents (IDSEA). Les résultats viennent d'être publiés dans la revue Archives of General Psychiatry (Breastfeeding and Child Cognitive Development, Vol. 65, No. 5, mai 2008).

Parmi les mères qui ont suivi la campagne d'encouragement Probit, 43,3% ont effectivement allaité leur bébé jusqu'à 3 mois (contre 6,4% dans le groupe témoin). Pour les trois tests de QI effectués, les résultats se sont révélés significativement meilleurs pour les enfants exclusivement allaités par leur mère durant leurs trois premiers mois. Les différences observées dans les tests (Wechsler Abbreviated Scales of Intelligence) atteignaient par exemple une moyenne de 7,5 pour la mesure du QI verbal. De même, les résultats scolaires portant sur la lecture et l'écriture étaient eux aussi meilleurs.

« Je voudrais dire aux mamans que si elles peuvent allaiter leur bébé exclusivement au sein pendant trois mois, puis continuer durant un an à moindre fréquence, ce serait une bonne chose » conclut Michael Kramer pour WebMed, un magazine de santé américain sur Internet.

L'allaitement en Islam

Allaiter un nouveau-né est considéré en Islam comme le devoir naturel de la mère, ou dans le cas où elle n'en est pas capable, d'une nourrice. De nombreux experts, en fait, citent cette sourate lorsqu'ils parlent des devoirs de la femme en Islam.

On attend d’une mère en Islam qu’elle apporte à ses enfants à la fois des soins nutritifs et de l’amour. L’allaitement est indubitablement l’une des meilleures façons d’apporter ces soins. Le lait maternel a été spécialement créé par Dieu pour fournir tous les nutriments nécessaires et l’immunité si vitaux pour le développement de l’enfant dans ses toutes premières années, et, en tant que tel, il ne lui existe aucun substitut. Votre zèle pour apporter tous les soins affectifs à votre enfant est louable.

Le Coran dit (2 :233) : « Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même obligation pour l'héritier . Et si, après s'être consultés, tous deux tombent d'accord pour décider le sevrage, nul grief à leur faire. Et si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Et craignez Allah, et sachez qu'Allah observe ce que vous faites. »

Les savants ont déduit un certain nombre de points du verset ci-dessus : la durée complète de l’allaitement est de deux ans – si les parents l’ont ainsi décidé ; cependant, s’ils préfèrent sevrer l’enfant plus tôt, ils peuvent le faire sans que cela n’implique une offense ou un péché du moment qu’une telle décision tient compte à la fois du bien-être de l’enfant et de l’intérêt de ses deux parents.

http://www.futura-sciences.com/fr/question-reponse/t/bebe/d/allaitement-maternel-quels-sont-les-benefices_32/

http://www.islamophile.org/spip/Allaiter-un-enfant-de-plus-de-deux.html

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Le Martyr en Islam


La Vérité sur le Martyr dans l'islam par alert-production

Étymologiquement, le mot chahid provient des lettres radicales sh. h. d. lesquelles signifient la présence, le savoir et l’acte d’informer. Sa forme admet, selon les grammairiens, deux possibilités : d’être le nom actif (fâ’il) ou le nom passif (maf’ùl). Dans le premier cas, Shahid est l’intensif de shahid dont le sens général est d’être témoin. L’individu se veut témoin et agit dans ce sens. Pour le second, sa passivité est rendue positive par la sacralisation formulée dans les textes. La racine sh. h. d. se décline en plusieurs formes, lesquelles soulignent un champ lexical important. Celles-ci désignent des réalités différentes mais s’attachent au sens étymologique.

2 La notion de témoignage « Shahada » exprimée aussi par la racine sémitique sh. h. d. prend en langue arabe un sens capital. L’importance du témoignage en terre d’Islam, constitue la singularité de la religion coranique. Témoigner est un acte de foi, plusieurs fois répété dans le Coran. Dans la mort le doigt levé de la main droite[1] [1] L’importance du côté droit (ou de la main droite) sur...
 symbolise les paroles de la « Shahada ». Ainsi, dans l’Islam, la racine sh. h. d. est dans la profession de foi : shahada, qui est l’acte par lequel le musulman atteste (ashhadu) qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Mohamed est son prophète. Le martyr (chahid) est celui qui est mort d’avoir porté le témoignage. Le terme de martyr en grec comme témoin de Dieu mérite une attention particulière en Islam.

3 Cette définition a provoqué une confusion entre Islam et Chrétienté dans la conception du martyr. Structuré par le paradigme intensif « fa’il », donnée au martyr de la foi, la dénomination chahid (littéralement : « témoin ») ne recouvre pas la conception de celui qui témoigne par le sang dans la théologie chrétienne. Le corps du martyr en Islam passe au second plan dans la mesure où, comme le disent les versets, le martyr ne meurt jamais. « Ne dites pas que ceux qui sont tués dans la voie de Dieu sont morts. Non, ils sont vivants ; mais vous ne le comprenez pas » (Coran II. 149)[2] [2] Toutes les citations coraniques dans ce texte proviennent...
 Plus loin encore, ce verset de la sourate de la Génisse se répète dans la sourate Al-Ahram : « Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le chemin de Dieu sont morts. Ils sont vivants. Ils sont pourvus de biens auprès de leur seigneur. Ils sont heureux de la grâce que Dieu leur a accordée. Ils se réjouissent parce qu’ils savent que ceux qui viendront après eux et qui ne les ont pas encore rejoints n’éprouveront plus aucune crainte et qu’ils ne seront pas affligés ».

4 Cependant, il est certain que le Coran parle de récompense en faveur de ceux qui meurent pour la cause de Dieu (fi sabil Allâh). Le « shah’id » à pour signification dans la vulgate musulmane : celui qui combat au service de Dieu afin que la parole divine soit plus haute, jusqu’à ce qu’il soit tué.

5 Une confusion persiste chez les savants musulmans en ce qui concerne les hadith évoquant en « faveur martyr ». Pour les uns, l’évocation du martyr dépasse les 400 hadith (al-fayrûzabâdî). Pour les autres (al-Hindi), les hadith relatifs au djihad dépassent les 600.

6 Les hadith liés à ce qui provoque le « statut » de martyrs mérite une analyse approfondie surtout sur le plan sémantique. L’exemple du hadith « al-iq » est suffisant pour illustrer l’importance de cette étude.

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7 Selon Ibn Abbas, le prophète a dit : « celui qui tombe amoureux – tout en restant chaste et en se contentant – puis meurt sera considéré martyr »[3] [3] Tarikh Baghdâd, Vol. 5, p. 262. ...
 Ce hadith est écrit par al-Khatîb dans « at-târikh ». Al-Khatîb rapporte que selon Aisha : « Celui qui tombe amoureux tout en restant chaste puis meurt mourra martyr ». Une autre version de ce même hadith est noté par al-Daylamî : « Un amour sans défiance est une expiation des péchés ».

8 Ce hadith est abondamment populaire auprès des savants musulmans. Chacun à sa manière construit une figure du « martyr ». Il est difficile d’analyser les différentes questions liées à des différentes figures du martyr.

Les juristes musulmans et le martyr

9 L’imam al-shafi’î désigne le martyr comme : « celui qui est tué en combattant des mécréants et n’ayant comme motif que celui-là ». Il ajoute que le martyr est celui qui meurt pendant une bataille contre les mécréants. L’expression « pendant la bataille » s’exclut donc celui qui a survécu à cette bataille. Quant à l’expression « contre les mécréants », il exclut celui qui est mort lors d’une bataille opposant des musulmans entre eux, tels que les insurgés.

10 Quant à celui qui est mort en plein champ de bataille en voulant défendre sa vie et ses biens, Abû-Hanifa le considère martyr mais Al-Shafî’î dit ceci : « Bien qu’il puisse être nommé martyr, il ne demeure pas pour autant un martyr auquel il n’est pas fait de toilette ». Les Hanfîtes et al-Shafî’î, sont d’accord sur le fait que celui qui est tué lors d’une bataille l’opposant à des insurgés musulmans est considéré comme martyr, se referant à Ali. Ce dernier n’a pas procédé au lavage de ses compagnons.

11 Les juristes musulmans interprètent la tradition du prophète jusqu’à inventer un classement des martyrs. Ainsi, ils les partagent en deux camps. Les martyrs d’ici-bas et les martyrs de l’au-delà. Mais une question se pose alors : sur quel critère, ces juristes attribuent le statut de martyr ?

12 La tradition musulmane a apporté plusieurs critères dont les principaux sont les suivants :

  • Le martyr sera parmi ceux qui seront portés témoins avec le prophète pour ou contre les communautés précédentes.
  • L’âme du martyr sera aussi présente dans la maison de la paix et auprès de leur seigneur. Quant aux autres âmes, elles ne peuvent être au paradis qu’au jour du jugement dernier.
  • Le martyr est témoin de la vérité devant Dieu jusqu’à qu’il soit tué en l’attestant.
  • Le martyr voit les anges qui l’assistent au moment de sa mort ;
  • Ainsi Dieu et ses anges témoignent le mérite d’être au paradis…

Nous observons que toutes ces raisons apportées par les uns et les autres se résument sur un cas précis : le musulman mort en combattant. Mais, il existe d’autres catégories de martyrs. Pour illustrer ceci, nous citons deux exemples : Selon Hurayra, le prophète a dit : « les martyrs sont au nombre de cinq : l’homme mort suite à une maladie du ventre ; l’homme mort par la peste ; le noyé, le mort sous des décombres et enfin celui qui est mort au service de Dieu »[4] [4] Hadith rapporté par al-Boukhari (vol. 1, p. 167). ...
 13-Néanmoins, les juristes musulmans attribuent un statut particulier aux martyrs tombés aux champs de bataille. Ainsi, une abondante littérature traite des vertus du martyr : le Coran ; la sunnah et les récits historiques en discutent. Les jeunes musulmans font l’éloge. Exemples : Les péchés d’un martyr seront effacés. Les martyrs seront toujours vivants. Le jour de la résurrection, l’âme d’un martyr réintègre son corps.

14 Une majorité de jeunes islamistes voit dans la mort au combat le sommet des aspirations du croyant et la meilleure façon de quitter la vie. On dit souvent que le meilleur martyr est celui qui combat et meurt au premier rang. De ce fait, le martyr devient le moyen le plus efficace pour accéder au rang de modèle, de singularité[5] [5] Depuis le début des années 1990, nous observons la présence...
 Aujourd’hui, on emploie souvent la notion de martyr, kamikaze, bombe humaine, suicide bombers, le volontaire de la mort ou en arabe shahid, (shahida au féminin) ou tout simplement terroriste. L’emploi de ces mots n’est pas neutre et correspond autant à des univers de représentations culturelles et linguistiques qu’à des choix politiques.

15 Cette glorification coranique de l’image du martyr n’est pas l’apanage des combattants islamiques. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le pouvoir l’invoque pour ses victimes dans le but de rappeler sa légitimité historique, fondée sur les martyrs de la guerre de libération. L’État invite à leur respect et à la glorification de leur héroïsme[6] [6] Il est fréquent d’entendre de nombreux dirigeants du...
 Ainsi, on décerne la médaille de martyr de la guerre de libération nationale à la mémoire des shouhada à leurs veuves et fils. C’est le cas des martyrs de la libération nationale en Algérie. Sans l’indépendance, ces shouhada auraient rejoint au mieux, la liste des historiques Imseblen[7] [7] Les imseblen sont des combattants qui, avant la bataille,...
 morts en 1857, 1871 ou lors d’autres guerres intestines, sans compter les morts des deux guerres mondiales dont il n’est pas de bon ton de parler et ceux de toutes les vendettas inter villageoises. Le terme Imseblen, antécédent à celui de chahid, montre que la notion de morts pour la patrie et pour Dieu, préexistait à l’indépendance nationale et explique la spécificité de la sacralité locale par rapport à ce que clame le national. Très peu de villages possèdent réellement des moudjahidin, lors même qu’ils ont connu un nombre conséquent de shouhada. Localement, (surtout au niveau villageois) la notion de chahid, comme celle d’imseblen, n’a comme consécration que la mort. La notion de moudjahid ou d’ancien combattant est une invention relativement récente, un compromis entre une notion religieuse et un concept national. Elle semble même empruntée aux anciens combattants des guerres mondiales européennes. Les termes de chahid et de moudjahid sont d’ailleurs trop scripturaires pour être employés et compris par le groupe social avant l’indépendance. A l’indépendance, l’intervention de l’État algérien à travers ses représentants, ALN (armée) et FLN (parti), marque la fin d’un système local de référence.

16 Le chahid, héros de la lutte pour l’indépendance, est le fondement de l’idéologie nationaliste algérienne, glorifié et instrumentalisé par le gouvernement. L’indépendance a imposé le constat suivant : L’Algérie, grâce à ses shouhada et ses moudjahidin, dans l’ALN et le FLN, a vaincu le colonialisme.

17 La question : sont-ils morts pour la patrie ou pour Dieu ? n’a pas de réponse. Ils sont morts pour Dieu au nom de la patrie et pour la patrie au nom de Dieu.

18 Le martyr tire sa substance de la religion (Islam), mais il est au-delà de la religion. La reprise de cette notion dans le vocabulaire politique et institutionnel de l’Algérie indépendante montre qu’elle n’échappe pas aux mutations que connaît le monde musulman depuis des siècles.

19 Les premières mutations du djihad et du chahid ne datent pas de l’irruption dans l’aire arabo-musulmane de l’État nation. Les premières questions sont internes à l’Islam. Elles datent de la rupture de l’unité islamique et de l’avènement à partir du II siècle/ VIII siècles d’États indépendants. La question est alors posée de la nomination des guerres survenues entre eux. Djihad ou non ? Par ailleurs, l’Islam a servi à légitimer la lutte des nouveaux croyants devenus dominants, le djihad s’accélère pour devenir « plus rapide et plus évident avec les dynasties omeyyade et abbaside »[8] [8] Arkoun Mohammed In : l’Islam : religion et société,...
suite
.

20 Le second type de mutations que connaît le chahid est extérieur à la religion musulmane. Il est lié au rapport colonial. J.- P. Charnay écrit : « après les défaites de la période coloniale, le concept canonique de Djihad fut mis en sommeil en raison du malheur du temps dans la littérature nationaliste »[9] [9] Charnay Jean-Pierre, l’Islam et la guerre. De la guerre...
 La division du monde arabo-musulman en territoires divers et sous divers impérialismes définit le nouveau cadre de la résistance, du combat et n’efface pas les cadres préexistants.

En guise de conclusion

21 Les références coraniques et prophétiques sont nombreuses au sujet du martyr. Toutefois le débat se concentre sur la question de savoir quelle est la noble cause pour laquelle il est digne de se sacrifier ?

22 Il est important de faire la distinction entre l’Islam sunnite et l’Islam chi’îte quant à la place du martyr. Le chi’îsme a établi un corpus théorique mettant en avant le martyr[10] [10] Mohammad Ali Amir-Moezzi et Christian Jambet, Qu’est-ce...
 La tradition chi’îte a toujours cultivé le culte du martyr, en faisant de lui le militant de la justice sociale et politique. En revanche, le sunnisme, tend à faire du martyr un simple degré de singularité parmi d’autres. Certains sunnites comme Abd al-jabbar ira jusqu’à dévaloriser le martyr ; en s’appuyant sur des textes interdisant de souhaiter la mort de soi (ou à des autres) et le suicide[11] [11] Cet interdit du suicide est commun à toutes les religions...

Notes

[ 1] L’importance du côté droit (ou de la main droite) sur le côté gauche (ou de la main gauche) est liée à la symbolique liée à ces deux côtés et à ces deux mains. Le côté droit est considéré comme le côté pur, celui de la bienfaisance et de la grâce surnaturelle, tandis que le côté gauche, est celui des forces maléfiques et de la disgrâce, et est réputé « impur ». Dans la culture islamique, c’est la main droite qu’on pose sur le Coran pour prêter serment. C’est la main droite que l’on serre pour saluer ou qu’on utilise pour manger. La main gauche est celle utilisée pour nettoyer les impuretés. Sur cet aspect voir Atmane Aggoun, Les musulmans face à la mort en France, Éditions Vuibert, 2006, pp. 34-35.Retour

[ 2] Toutes les citations coraniques dans ce texte proviennent de la traduction de Jacques Berque, Le Coran, Essai de traduction, Paris, Albin Michel, 1995.Retour

[ 3] Tarikh Baghdâd, Vol. 5, p. 262.Retour

[ 4] Hadith rapporté par al-Boukhari (vol. 1, p. 167).Retour

[ 5] Depuis le début des années 1990, nous observons la présence de femmes dans des attentats suicides. A cet égard, voir les deux enquêtes sur la participation des femmes dans le cas de la Palestine et de la Tchétchénie. - Victor Barbara, Shahidas, les femmes Kamikazes de Palestine, Paris Flammarion, 2003. - Julia Yusik, Les fiancées d’Allah. Le drame des femmes Kamikazes tchétchènes, Ed de La cité, Paris 2003.Retour

[ 6] Il est fréquent d’entendre de nombreux dirigeants du Maghreb et du monde arabe, désignant l’Algérie comme le pays « du million et demi de martyrs ».Retour

[ 7] Les imseblen sont des combattants qui, avant la bataille, s’engageaient par serment collectif sur le Coran à lutter jusqu’à la mort. Sur cette figure « Imsebel-martyr », voir l’article de N. Robin, Revue Africaine, n° 8, année 1874, OPU Alger, p. 401.Retour

[ 8] Arkoun Mohammed In : l’Islam : religion et société, Paris : CERF, 1982, p. 60.Retour

[ 9] Charnay Jean-Pierre, l’Islam et la guerre. De la guerre juste à la révolution sainte, Paris : Fayard 1986, p. 13.Retour

[ 10] Mohammad Ali Amir-Moezzi et Christian Jambet, Qu’est-ce que le chi’îsme ?, Paris : Fayard, 2004, 387 p.Retour

[ 11] Cet interdit du suicide est commun à toutes les religions monothéistes et considéré comme un des plus grands péchés que puisse commettre un croyant.Retour

Atmane Aggoun « Le Martyr en Islam. Considérations générales », Etudes sur la mort 2/2006 (n° 130), p. 55-60.

 

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Napoléon Bonaparte: un empereur français musulman?!

Un peu d'histoire

Né le 15 août 1769 à Ajaccio (Corse), Louis Napoléon Bonaparte est le 2ème fils de Carlo Maria Buonoparte et de Letizia Ramolino. Son père, avocat au conseil supérieur de Corse, le reconnaît noble en 1771, assesseur de la juridiction royale des provinces et de la ville d'Ajaccio. Il fut aussi élu député de la noblesse de Corse auprès du roi en 1777. Il lutta pour l'indépendance de la Corse. Napoléon fut donc élevé dans le ressentiment vis-à-vis de la France. Le 1er janvier 1778, Napoléon et son frère Joseph entrent au collège d'Autum. Le 15 mai 1779, Napoléon est admis au collège militaire de Brienne. Il le quittera en 1784 pour l'école royale militaire de Paris.
En 1785, alors qu'il n'a que seize ans, il devient lieutenant en second dans l'artillerie et est affecté en garnison à Valence. Mais son père meurt la même année et il est contraint de soutenir les intérêts familiaux et d'entretenir ses frères et sœurs.

La nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges ouvre toutes les portes d'une grande carrière militaire à Napoléon. Pourtant, comme son père, il s'engage dans les luttes politiques de l'île. Néanmoins il est réintégré dans l'armée royale et nommé capitaine tout en s'opposant, comme lieutenant-colonel de la Garde nationale d'Ajaccio, aux " paolistes " qui cherchent à établir l'indépendance de l'île avec l'appui des Anglais. En juin 1793, lors de la déclaration de l'indépendance de la Corse, il se rallie définitivement à la France.

Le 5 octobre 1795, il est chargé par Barras de réprimer l'insurrection royaliste de Paris dirigée contre le Directoire. En récompense, il est nommé général de division et commandant de l'armée de l'Intérieur. Le 11 mars 1796, Napoléon part pour l'armée d'Italie dont il a reçu le commandement le 2 mars 1796 en tant que général en chef de l'armée d'Italie ; et ce jusqu'au 5 décembre 1797, date de son retour à Paris.

Le 19 mai 1798, Napoléon Bonaparte s'embarque cette fois-ci pour l'Égypte. Il y restera jusqu'au 23 août 1799. Cette expédition achèvera de parfaire sa popularité. Les 9 et 10 novembre 1799 (18 et 19 brumaires de l'an VIII), les conjurés désignent un consulat provisoire à la tête duquel ils nomment le général Bonaparte assisté de Ducos et de Sieyès. Le 15 décembre 1799, Napoléon proclame la Constitution autoritaire de l'an VIII, pour ensuite devenir 1er Consul muni d'un pouvoir considérable.

En 1801, Napoléon signe le Concordat avec le pape Pie VII. Il obtient le droit de veto sur les nominations ecclésiastiques. Suite à ce rétablissement de l'Eglise et du culte catholique, Napoléon amnistie les émigrés le 26 avril 1802. Durant quatre ans, le 1er Consul pacifie le pays, réorganise l'administration, les finances, la Justice et l'Eglise, donne donc à la France de grandes institutions : il crée la Banque de France, affirme la liberté d'entreprise, introduit un livret de travail, ainsi que le Code d'honneur et promulgue le Code civil le 21 mars 1804. A l'extérieur du pays, Napoléon part de campagnes en campagnes (Italie, Allemagne, Angleterre, Hollande, Suisse, Autriche,...).

En 1802, assuré de tous les pouvoirs, la Constitution de l'an X le désigne Consul à vie. Jusqu'à son sacre d'Empereur en 1804, Napoléon ne cessera de s'investir dans sa fonction. Il deviendra d'ailleurs le médiateur de la Confédération suisse en 1803. Grâce à son prestige auprès du peuple et à son génie politique, le 18 mai 1804, le sénat vote à l'unanimité l'instauration du gouvernement impérial, proclamant ainsi Napoléon empereur héréditaire des Français. Finalement le 2 décembre 1804, Napoléon, désormais appelé Napoléon Ier, est sacré empereur par le pape Pie VII à Notre-Dame de Paris.

Napoléon Bonaparte était doté d'une intelligence exceptionnelle. Doué en mathématiques, il inventa même un problème qu'il exposa devant l'Institut. Cependant, il n'en dévorait pas moins des traités d'art militaire, lisait les philosophes (comme Montesquieu, Rousseau et Voltaire) et les grands penseurs politiques (dont Mirabeau et Necker).

Napoléon, soldat, lieutenant, capitaine, général, consul puis empereur, ses fonctions se sont sans cesse multipliées. Pourtant, ses qualités d'administrateur surpassaient celle de général.

Napoléon et l'Islam
NAPOLEON BONAPARTE ET L'ISLAM par tarchon54


NAPOLEON BONAPARTE ET L'ISLAM par tarchon54

Il aurait été intéressant de savoir qu'il a pris le temps, plusieurs fois, pendant sa campagne d'Egypte et surtout lors de son séjour final à Ste Hélène, d'écrire et de faire écrire ses vues sur la religion de l'Islam. Je signale que cette persistance de l'Islam chez Napoléon dans ces derniers jours, ruinent totalement l'hypothèse du mensonge politique ou stratégique en Egypte, comme avancée par certains historiens, pour justifier ses vues pro-islamiques. Il faut se rendre à cette évidence.

Mais cela, je ne l'ai jamais appris à l'école, et on ne trouve guère encore trace de ses vues, à prix exorbitants, chez quelques antiquaires spécialisés. J'ai eu cette chance. Je vous les livre, ci-dessous.

L'Empereur Napoléon Bonaparte, ayant une écriture illisible, faisait écrire par ses derniers amis et généraux son "journal intime"... Et dans celui-ci il a enregistré son évaluation du Judaïsme, du Christianisme et de l'Islam.

Il dit en substance :

-Moïse () a reçu de Dieu, un message pour guider les hébreux sur le droit chemin. Mais conséquemment, ces derniers ont gardé pour eux-seuls les merveilleux enseignements de Moïse (). Ils ont détourné ce message pour le confiner à "une race d'élus de Dieu", au lieu d'en faire profiter le monde.

-Puis vint Jésus (), dit-il. Jésus () a souligné une belle vérité sur Dieu. Il a dit que Dieu est Unique et que vous devez l'aimer de tout votre cœur, et aimer votre voisin comme vous même.

Mais, dit Napoléon, après la mort de Jésus (), un groupe de politiciens, de Rome, a vu dans cette religion, une possibilité de contrôler une masse importante de gens. Ils ont donc élevé Jésus () au rang de Dieu, et partie de Dieu Lui-même. Ils ont ensuite donné à Dieu des partenaires. Ils étaient maintenant trois en un.

Napoléon a dit : c'est de l'idolâtrie.

-Puis enfin, l'Empereur Bonaparte a enregistré ceci: à un certain moment de l'histoire, apparut un homme appelé "Mohamed" (Mohammad –Paix et bénédictions sur lui). Et cet homme a dit la même chose que Moïse (), Jésus (), et tous les autres prophètes: il n'y a qu'Un Dieu. C'était le message de l'Islam.

L'Empereur Napoléon Bonaparte a dit: "l'Islam est la vraie religion". Et il a ajouté que plus les gens liront et deviendront intelligent, plus ils se familiariseront avec la logique et le raisonnement. Ils abandonneront les idoles, ou les rituels qui supportent le polythéisme, et ils reconnaîtront qu'il n'y a qu'Un Dieu. Et par conséquent, j'espère que le moment ne tardera pas où l'Islam prédominera le monde, car ..... Il prédominera le monde.

Ainsi a parlé l'Empereur Napoléon Bonaparte.

Dans "Correspondance de Napoléon 1er", tome V, p 518"Correspondance et Mémoire sur l'administration intérieure 1798-1799", la pièce n°4287 du 17 Juillet 1799, Napoléon Bonaparte prononce aussi officiellement sa déclaration de foi à l'Islam. Et la même information figure aussi dans un autre ouvrage (Nakoula): sa profession de foi en arabe (j'ai le photostat), traduite et publiée par M. Desgranges aîné,secrétaire-interprète officiel, et imprimé en 1839 à l'Imprimerie Royale – p 130 et 131.

Dieu possède les secrets de l'âme, dit le Coran. Bonaparte devait être considéré comme musulman, puisqu'il l'a dit et écrit !

 

Réf. succinctes: -Correspondance de Napoléon 1er: tome V, p518

Correspondance de Napoléon1er: pièce N°3148

Journal inédit de Sainte Hélène, de 1815 à 1818 (Gal Baron Gourgaud)

Ce sont là des sources précises, vérifiables, sur l'évaluation de l'Islam par Napoléon Bonaparte, Empereur de France.

Extrait du livre de M. A. Alibhaye : Islam et Christianisme: Logique de rapprochement. Ramadhan 1416(1996) 1er édition.

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