"(L'islam) a substitué l'homme au moine. Il apporte l'espoir à l'esclave, la fraternité à l'humanité, et dévoile la quintessence de la nature humaine ".
Canon Taylor
Conférence au Church Congress de Wolverhampton, le 7 octobre 1887.
Texte cité par Arnold dans "The Preaching of Islam" pages 71,72.
"Une des plus belles aspirations de l'islam est la justice. En lisant le Coran, j'y rencontre une doctrine de vie dynamique, non pas des éthiques mystiques, mais une éthique pratique pour mener à bien une vie quotidienne, adaptable au monde entier".
Sarojini Naidu
Conférences sur "The Ideals of Islam" voir "Speeches and Writings of Sarojini Naidu", Madras, 1918, p. 167.
« Money doesn’t make you happy ».
Ainsi enseignait bien le vieil adage anglais, même si pour certains le bonheur est la bonne fortune dans tous les sens du mot. L’homme cherche à être heureux, mais il se rend compte le plus souvent que ce n’est sûrement pas l’abondance des biens matériels qui doit être liée nécessairement à l’idée du bonheur.
A ce sujet, et d’une manière anecdotique, on rapporte que le calife abbasside al Ma’mûn (813-833) fils de Haroun al-Rachid, avait, quant à lui, une conception du bonheur nullement assujettie à l’argent. En effet, un épisode resté célèbre dans l’histoire, raconte qu’un jour le grand calife demanda à ses commensaux de lui exposer leur définition du bonheur. Les réponses furent celles habituelles des courtisans : pour la plupart un mélange de flatterie, d’hypocrisie, de flagornerie et même de duplicité, s’arrêtant sur les biens de ce monde et les vanités du siècle. Puis, quelques-uns mirent en avant, la recherche, beaucoup plus honorable, de la connaissance et l’acquisition du savoir comme condition du bonheur ; d’autres, jouant sur la corde sensible de la piété proposèrent le recueillement et la méditation dans une attitude spirituelle. Mais, la réponse du riche et puissant al Ma’mûn fut d’énoncer tout simplement que le bonheur absolu est d’avoir une épouse qui vous aime et que vous aimez : « Vous avez de quoi vivre votre journée et vous n’avez pas affaire au calife ! ». La condition première du bonheur se trouvait donc, pour le commandeur des croyants, dans la tendresse des liens conjugaux et dans la modestie d’une vie simple loin du vacarme tumultueux de la grande ville et ses richesses étalées.
Dans la tradition islamique, l’argent n’est pas la condition nécessaire au bonheur. Bien au contraire, c’est plutôt la générosité qui rendra heureux et procurera un sentiment de satisfaction. Il est bien spécifié dans le Coran que la piété va de pair avec le don :
« Craignez Dieu autant que vous pouvez, écoutez, obéissez et faites largesses. Ce sera un bien pour vous. Et, ceux qui se seront préservés de leur propre avarice, voilà qui seront heureux »
Sourate 64, la grande perte, verset 16.
Tout comme dans un contexte de croyance religieuse, la notion du bonheur est relative à la conformité de la guidance divine :
« …Puis, si jamais un guide vous vient de Ma part, quiconque suit Mon guide ne s’égarera point et ne sera pas malheureux. » Sourate 20, ta ha, verset 123.
Pascal dans ses pensées exprime cette même idée du bonheur liée à la foi, en la formulant autrement :
« Tous les hommes recherchent d’être heureux. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Jusqu’à ceux qui vont se pendre. Et cependant depuis un si grand nombre d’années jamais personne, sans la foi, n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement. »
La richesse, est-ce bien vu ?
D’un point de vue purement spirituel, la richesse est beaucoup plus perçue comme une épreuve que comme un bien en soi. Religieusement parlant, la fortune est une sorte de mise à l’examen de l’homme argenté quant à son attachement viscéral aux biens de ce monde. Mais à vrai dire, tant que la richesse n’est pas une fin en soi, elle est neutre. Elle n’a pas à être mal ou bien vue. S’enrichir pour entreprendre et fructifier les investissements en vue de produire et faire profiter tout l’entourage et par delà l’ensemble de la société, devient un acte louable. En revanche amonceler des fortunes sans les recapitaliser ni les réinjecter dans les circuits de production est vraiment détestable. Combien de fois l’homme fortuné a-t-il agi avec arrogance ? Le comportement des riches dans certaines situations fait glisser sur la pente raide de la tyrannie. Dans la tradition islamique, le Coran attire l’attention des croyants sur cette conduite afin de se prémunir de ses méfaits :
« Prenez-garde ! Vraiment l’homme devient rebelle, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même à cause de sa richesse. » Sourate 96, l’adhérence, versets 6 et 7.
C’est pour cela que le troisième pilier de la pratique cultuelle en islam est l’aumône, qualifiée parfois de légale. Curieux adjectif pour un acte charitable qui doit être spontané, laissé à l’élan de générosité des croyants. En principe cet acte ne doit pas être soumis à l’obligation de la loi. Mais il se trouve qu’effectivement, l’aumône est une prescription fondamentale légalisée par de nombreuses injonctions coraniques. Elle relève de la loi de Dieu et est essentiellement orientée vers le divin via le visage de l’homme ici-bas. Elle est nommée tantôt zakat, tantôt sadaqa signifiant à la fois purification et accroissement avec des notions de caution et même d’émanation assainissante dans un cas et signifiant aussi sincérité et véridicité dans l’autre. C’est dire l’importance dans la vie religieuse des croyants, que revêt l’acquittement de l’aumône. Elle est homogène à la foi et va de pair avec la piété.
S’acquitter de l’aumône revient, en vérité, à purifier l’âme de l’animosité infâme et du vice de l’avarice afin de recevoir les bénédictions divines par l’action bienfaitrice du prophète de Dieu.
En réalité, l’aumône renvoie spirituellement parlant à la nudité primordiale de l’homme qui vient nu dans ce monde et repart, également, de ce monde dépouillé de tout. Il a beau courir après les richesses, amasser des biens, thésauriser des fortunes, il ne fera que gérer au mieux ce qui ne lui appartient pas. Il ne jouit que de l’usufruit de ce qui est à Dieu. Autant en donner, alors, une part à ceux qui sont dans le besoin. C’est un droit divin qui leur est accordé. Dans une optique de répartition équitable des richesses, les pauvres recevront ce qui leur est dû de la part de leur Seigneur par l’intermédiaire du croyant qui, riche et aisé, est encore une fois éprouvé par la fortune ! Il doit assumer ses responsabilités dans la Cité et contribuer à alléger la souffrance de ses semblables.
Toutefois, la discrétion est recommandée. Il n’y a pas à obliger ostensiblement le nécessiteux récipiendaire de la zakat ni à en faire état. Un tel comportement est réprouvé. Celui qui donne, aura à le faire avec circonspection.
L’argent peut-il être honnête ?
L’argent doit être honnêtement gagné, comme tout bien, il ne doit pas être mal acquis, sinon, comme le souligne le vieil adage, il ne profitera jamais. Après toutes les considérations spirituelles avancées précédemment, il n’y a tout de même aucune raison de ne pas vouloir gagner de l’argent pour améliorer notablement ses conditions et celles de ses proches. Mais pour être surtout un élément constructif dans le tissu social et économique dans la société, il y a lieu d’investir et de fructifier les capitaux pour l’intérêt de tous. Si l’argent n’a pas d’odeur, comme disait Vespasien, la pauvreté en a une et parfois elle « piquante ». Aussi est-il est légitime de s’en sortir. La dignité de l’être humain chez les personnes pauvres doit être absolument respectée, mais il faut œuvrer pour que l’état de pauvreté cesse et pour qu’il soit mis fin à l’indigence. Hormis les cas extrêmes d’allergie véritable à l’argent dans les comportements ascétiques et de vie acceptée dans le dénuement, la pauvreté ne constitue pas une fin en soi. Lorsque la misère s’abat, il est du devoir du miséreux de l’annihiler. C’est certes par des moyens légaux et licites qu’il faut en finir avec le manque et la gêne. Auquel cas, un travail justement rémunéré, un commerce honnêtement entrepris et une activité sérieusement menée sont autant de biais louables pour gagner sa vie honorablement et sortir donc de la situation de contraintes et de privations accablantes dans laquelle se trouve la personne indigente. Dans cette configuration, il n’y a plus aucun scrupule à recevoir de l’argent dûment et honnêtement gagné. C’est comme s’il y avait toujours quelque chose de louche et de suspect à être riche. Sans vouloir faire absolument l’éloge du faste, il paraît curieux de tenter de justifier un train de vie conséquent. Le malaise devant la richesse mine les relations entre les êtres. Et il n’y a aucune raison de susciter des problèmes avec la richesse en tant que telle, lorsqu’il n’y en a pas et lorsque l’argent est dûment et honnêtement gagné.
Pour revenir à l’aumône, considérée comme un droit divin sur les riches pour les pauvres. Ces derniers la reçoivent et la dépensent comme un bien honnête. D’ailleurs, ce ne sont pas que les pauvres qui reçoivent l’aumône. En effet, les destinataires bénéficiaires de la zakat sont spécifiés dans le Coran. Outre les pauvres et les nécessiteux, d’autres catégories sont mentionnées comme celle des percepteurs qui travaillent à sa collecte.
Ce sont les légistes et les jurisconsultes qui, par la suite, décideront des modalités de son acquittement. En numéraire ou en bien nature. Généralement, le croyant musulman calcule chaque année sa contribution. C’est une somme défalquée sur ce qu’il a pu épargner pendant une révolution d’un an lunaire hégirien. Elle est égale au quart du dixième de l’épargne.
Comment vivre l’amour de Dieu ?
L’amour de Dieu est, pour un croyant, la raison d’être lors de sa grande pâque sur terre. Le sentiment amoureux reflète bien des attitudes dans l’aventure humaine ici-bas. S’il met Dieu au-dessus de toutes ses passions et s’il fait triompher l’amour qu’il porte à Dieu sur toutes les autres inclinations, alors il aime vraiment Dieu. De même, il a vraiment la foi.
Si le commun des mortels n’éprouve amitié ou amour que pour un vulgaire profit mondain, le croyant qui désire obtenir l’agrément de Dieu et la satisfaction divine, a des vues plus élevées, des buts sublimes, loin du bourbier de la terre. Ainsi est le croyant véritable, que Dieu protège jalousement, qu’Il aime et chérit, et à l’appel duquel il accourt.
Il est enseigné dans la tradition prophétique que parmi les personnes que Dieu protégera de Son ombre, le Jour de la Résurrection, quand il n’y aura pas d’autre ombre que la Sienne, « ... Deux êtres qui s’aiment en Dieu, qui se réunissent et se séparent ainsi ».
Il est vrai qu’aimer autrui, par amour de Dieu, n’est pas aisé et n’est pas donné, c’est une affaire subtile, fine, sérieuse, qui implique de lourds devoirs. Aimer son frère en Dieu, c’est d’abord lui donner le pas sur soi-même, le tenir pour plus méritant et s’en faire la rançon. C’est être son conseiller sincère et fidèle, l’avocat et le défenseur de son sang, sa famille, son bien et son honneur. C’est s’inquiéter de son absence, lui rendre visite. Tout cela en vue d’une seule chose : l’agrément de Dieu.
Aimer pour Dieu conduit au parachèvement de la foi.
L’amour que porte le croyant pour ses frères les hommes est pur, désintéressé. Il aime pour eux ce qu’il aime pour lui-même, en leur accordant la priorité. Le Prophète a retourné la fameuse golden rule : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimes qu’on te fasse »
« Nul d’entre vous ne peut prétendre être croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »
Mais cet amour ne doit pas signifier complaisance, complicité dans le mal et l’injustice. La meilleure façon d’aimer quelqu’un en Dieu, c’est d’être pour lui un miroir de l’âme où il puisse constater ses défauts et ses faiblesses. C’est aussi de ne pas le laisser s’égarer dans les vallées tortueuses de la passion aveugle, de lui ordonner le Bien, de lui proscrire le Mal.
Quand le croyant aime son frère en Dieu, il doit l’en informer. Pour que leur amour soit réciproque. Le prophète Muhammad a montré à ses compagnons comment faire pour parvenir à s’aimer en Dieu :
« Par celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Vous n’entrerez au Paradis que lorsque vous serez croyants, et vous ne serez croyants que lorsque vous vous aimerez ! Vous indiquerai-je une chose qui vous permettra de vous aimer les uns les autres si vous la faites ? Commencez par bien vous saluer mutuellement ! »
Pour citer cet article :
Ghaleb Bencheikh. «La richesse, une épreuve pour le croyant». Revue Quart Monde, N°208 - Les religions : leviers ou linceuls pour le combat des pauvres ?Année 2008Revue Quart Monde
document.php?id=2518
Quelques mots à propos de : Ghaleb Bencheikh
Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences et physicien français, il est également de formation philosophique et théologique et anime l'émission Islam dans le cadre des émissions religieuses diffusées sur France 2 le dimanche matin. Il préside la Conférence mondiale des religions pour la paix et appartient au comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix. Bibliographie : Alors, c'est quoi l'islam ? , éd. Presses de la Renaissance, 2001 ; L'islam et le judaïsme en dialogue (avec Salam Shalom et Philippe Haddad et la collaboration de Jean-Philippe Caudron), éd. de l'Atelier, 2002 ; La Laïcité au regard du Coran, éd. Presses de Renaissance, 2005.
LA DOT N'EST PAS UN PRIX QU'ON PAYE EN ÉCHANGE DE LA FEMME:
L'idée reçue concernant la dot et qui est entretenue par beaucoup de gens a pour origine une considération erronée et arriérée pour laquelle la dot est le prix qu'on paye en échange de la femme. Avec cette manière de voir l'homme serait le propriétaire de la femme qu'il a payée à prix d'argent.
A partir d'une telle considération, certaines femmes parlent de leur dot à la manière populaire en disant: "C'est ma dot, le prix de ma personne!". La dot serait, selon cette manière de voir, une sorte de droit d'appropriation. De même, la considération selon laquelle la hausse de la valeur de la dot est une manière d'affirmer la valeur sociale de la femme serait semblable à la hausse de la valeur de la marchandise pour affirmer ainsi sa valeur marchande.
Le Coran parle de la dot en tant que cadeau. Il dit à ce propos:
"Versez à vos femmes leurs dots de mariage en tant que cadeau 'nihla'…."Coran, "an-Nisa"' (les Femmes), IV 4 ;…où la "nihla" est le don, ce que l'on donne en échange de rien. Cela veut dire que la dot est un symbole d'amour et non pas un prix. Pour cette raison, nous remarquons que certains jurisconsultes disent que la formule légale à prononcer pour valider le contrat de mariage peut être l'équivalent arabe de l'expression suivante: "Je te donne une telle en mariage sur la base de la dot de… et non pas contre la dot de…", car la particule arabe équivalente à "contre" signifie l'échange alors que la dot n'a rien à voir avec l'échange. Elle est simplement une condition parmi d'autres dans l'ensemble des conditions du contrat. Pour cette raison, les jurisconsultes sont unanimes sur le fait que si la dot du mariage est invalidée, pour une raison ou une autre, le contrat de mariage reste valide.
On adopte, dans une telle situation, une solution consistant à valider le mariage sur la base de la dot fixée dans un contrat de mariage équivalent. Cela prouve que la question de la dot n'est pas en rapport avec la matière du contrat conjugal, mais l'une des conditions, des attendus et des questions annexées au contrat. Nous pensons que la femme qui se respecte est celle qui ne permet pas à ce qu'on s'attarde à parler au sujet de la valeur et du montant de la dot. La Noble Tradition dit à ce propos: "La femme néfaste c'est celle dont la dot est élevée" …dans la mesure où la dot élevée peut compliquer sa relation avec son mari et menacer la mariage. N'est-ce pas que beaucoup de femmes restent sans mariage par la faute de leurs parents qui, vivant dans une société qui élève la valeur de la dot, exagèrent, de leur côté, le montant de la dot qu'ils exigent, ce qui décourage le candidat au mariage et l'oblige à arrêter sa démarche?
Nous avons lu que chez certains peuples, comme les Hindous, entre autres, dont les coutumes exigent que les parents de la fille versent une dot à l'homme qui se marie avec elle, on cherche à reculer l'âge du mariage de la fille sous la pression du coût élevé d'une telle opération. Pour cette raison, et qu'elle soit versée à l'homme ou à la femme, la dot ne doit être considérée que comme un symbole sans valeur marchande surtout qu'elle ne constitue, contrairement à ce que croient certains, aucun facteur de stabilité ou d'équilibre de la vie conjugale.
Nous pensons, d'autre part, que l'homme qui ne craint pas Dieu et qui ne possède pas un bon caractère moral peut facilement obliger sa femme, ou la pousser à demander le divorce et à abandonner la dot de son propre gré. Il peut le faire en créant les conditions, les circonstances et les atmosphères psychologiques nécessaires pour qu'elle renonce à ses droits. On peut même trouver des pratiquants qui, sans divorcer, ne font envers leurs femmes que le minimum de leurs obligations sur le plan des dépenses ou des échanges de la vie conjugale.
Ce qui sauvegarde la vie conjugale ce sont l'amour, la compassion, la responsabilité mutuelle des deux époux et leurs bons caractères de qualité islamique. La femme doit chercher dans l'homme de sa vie, sa piété, son bon caractère et son respect pour la femme et pour la vie conjugale. S'il est pauvre, elle doit l'aider financièrement et ses parents doivent le traiter comme ils le font avec leur fille ou leurs autres enfants…
Pour toutes ces raisons, nous pensons que les considérations qui lient la valeur de la femme à celle de sa dot et font de celle-ci un élément de pression vis-à-vis de l'homme sont des considérations non islamiques et non humaines…, des considérations qui ne vont pas de pair avec le respect qu'on doit à la femme.
http://francais.bayynat.org.lb/femme_en_Islam/echange_de_la_femme.htm
Peut-être que nous pouvons apercevoir dans certains versets coraniques - explicitement et parfois implicitement - les caractéristiques de la réponse à ces deux questions : [Comment se servir de votre voix ?] et [Comment utiliser les medias ?].
Dans un premier temps, nous citons le verset coranique suivant mentionné dans le cadre des recommandations de Luqman à son fils : « modère ta voix : la voix la plus détestable est la voix de l'âne » [31:19].
Nous remarquons ici, que nous mettons l'accent sur ??le maintien de la voix basse d'une manière qui tient psychologiquement l'homme loin de hausser la voix, dénudant la voix haute de tout aspect de beauté et de rationalité. C'est comme s'il disait : Même si vous élevez votre voix au plus haut niveau, votre hurlement n'atteindra jamais le niveau de braiment de l'âne, et vous allez vous énerver de cette voix, tout comme les autres le feront, car c’est la voix la plus détestable entre toutes les autres voix.
Quelle est votre opinion sur ce niveau et cette comparaison ?
En fait, cette question ne résiste pas à toute discussion ou débat, car aucun homme accepte d’arriver à ce niveau faible ; ainsi, il accordera une attention à soi-même et n'oubliera pas ceci à chaque fois qu'il veut hausser sa voix.
C'est pourquoi ceux qui recourent à crier pour la réussite de leurs discours provocateurs perdent leur équilibre et statut social, lorsque la disposition de la société se développe d'une manière qui ne ferait qu’écouter la voix basse, loin de tout bruit et tapage.
Un autre verset mentionne implicitement le cas [exclusif] dans lequel la voix haute peut être utilisée ainsi que son rôle déterminé en fonction du niveau de voix qu’il faut hausser pour faire entendre les autres.
Quant aux autres cas, l’homme perdrait l'objectif déclaré, et s’il élève la voix, il serait comme s'il déconnait et agissait de façon irrationnelle... Allah dit : « Peu importe que tu parles à voix forte [ou faible] : Lui, certes, connaît parfaitement ce qui est secret et ce qui est le mieux caché » (20: 07).
Ce verset fait remarquer que la personne ne doit pas élever la voix quand elle s’adresse à son Seigneur, car Il connaît ce qui est secret et ce qui est le mieux caché, alors pourquoi avons-nous besoin d'élever la voix ? Dans ce contexte, nous ne pouvons que citer le verset suivant : « Invoque ton Seigneur en toi-même avec humilité et crainte, sans que la voix résonne, le matin et le soir. Ne sois pas au nombre des négligents » (07: 205).
De tous ces versets, nous pouvons en déduire la sagesse derrière les niveaux différents de la voix qu'Allah a créée pour l'homme, de sorte qu'il utiliserait chaque niveau dans sa position appropriée. Par exemple, il est peu probable pour l'homme d'utiliser, à l'intérieur de la maison, le même niveau de voix qu'il utilise dans la ferme pour faire entendre ceux qui sont loin de lui à des centaines de mètres.
Ceci n'est pas limité à la voix humaine, mais plutôt s'étend pour inclure les voix qui sortent des médias, tels que les radios, les téléviseurs, les haut-parleurs, les appareils d'enregistrement et autres, car ces appareils ont eux aussi plusieurs niveaux de sons que l’homme peut employer selon ses besoins.
Peut-être que nous pouvons en déduire le but derrière ces méthodes mentionnées dans le Coran pour empêcher l'homme d'utiliser sa voix haute dans les cas où ceci n'est pas nécessaire, et le but est de l’éduquer sur l'emploi des fonctions de son corps calmement et rationnellement, sans offenser lui-même et les autres.
L’Islam voulait que ce soit une partie des codes de conduites obligatoires que les Musulmans devaient s'y engager lorsqu’ils s’adressaient au Prophète (p.), et peut-être cela pourrait aller jusqu'à inclure les autres dirigeants islamiques sacrés (les Imams), tel que mentionné dans la sourate Al-Hujurât : « O vous qui croyez ! N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui adressez pas la parole à voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos œuvres ne deviennent stériles sans que vous en ayez conscience. Ceux qui baissent la voix en présence de Son Envoyé sont vraiment ceux dont Allah a sondé les cœurs pour en éprouver la crainte révérencielle. Ils obtiendront un pardon et une récompense magnifique. Ceux qui t'interpellent de l'extérieur de tes appartements sont, pour la plupart, des gens qui n'ont pas de tête. S'ils patientaient jusqu'à ce que tu sortes à leur rencontre, ce serait préférable pour eux. Mais Allah est pardonneur, clément » (49:02-05).
On remarque dans un autre verset comment le Coran a appelé l'homme à maintenir un niveau normal de sa voix, même lorsque nous observons les actes d'adoration ; il ne doit pas élever trop la voix ou l'abaisser au niveau qu'il ne serait même pas capable de s’entendre lui-même. Plutôt, il doit garder un niveau modéré qui offre le sens aspiré sans faire de bruits ou causer une agitation, et le verset est : « et il annonce que pour ceux qui ne croient pas à la vie future Nous préparons un châtiment douloureux» (17:110).
Il est à noter que le fait que l'Islam rejette les voix fortes, quand elles ne sont pas nécessaires, ne se limitent pas à une position sans l’autre, car la question a à voir avec la nature de la voix et non le contenu ; par conséquent, il n'y a pas de différence entre le Coran et autres, comme certaines personnes naïves pensent qu'ils ont le droit de hausser le volume du haut-parleur au maximum si ceci concernait la diffusion de la récitation du Coran, d’un sermon et autres, affirmant que la religion impose aux autres de succomber et céder à ceci. En fait, cette conception est erronée, car l'Islam veut que l'homme écoute le Coran, les sermons et autres avec une âme sereine et dévouée, et cela ne peut avoir lieu si la voix était si forte qu'elle provoque des tensions et une anxiété.
Beaucoup d’oulémas ont émis une fatwa selon laquelle il est interdit l'utilisation des haut-parleurs d'une manière fâcheuse, si elle porte atteinte aux gens et même si elle a été utilisée pour diffuser la récitation du Coran.
[Extrait du livre "Les concepts islamiques généraux"]
http://francais.bayynat.org.lb/affaires/affaires_medias.htm
Les causes du châtiment de la tombe
On posa cette question au savant Ibn Al-Qayyim : Quelles sont les causes qui provoquent le châtiment de la tombe ? Il répondit en résumé :
Les personnes châtiées dans la tombe le sont pour leur ignorance au sujet d’Allah, pour leur manquement à Ses recommandations et pour avoir commis des péchés. En effet, Allah ne châtie pas une âme reconnaissante, qui l’aime, obéit à ses ordres, et évite ses interdits. Celui qui met Allah en colère dans cette vie, sans qu’il ne se repente et meure dans cet état, aura un châtiment pendant l’isthme (barzakh l’intervalle entre la mort et le jour de la résurrection) selon le degré de la colère d’Allah. On trouvera parmi ceux-là des personnes ayant peu de péchés, d’autres en ayant beaucoup, d’autres qui les reconnaissent, et d’autres non.
Abû Sa’îd rapporte que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue- nous informa au sujet de personnes châtiées dans leur tombe : on trouve parmi eux ceux dont les ventres sont aussi gigantesques qu’une vaste demeure. Ceux-là ont emprunté le chemin de Pharaon et s’adonnaient à l’intérêt. On trouve aussi parmi eux ceux dont la bouche est ouverte alors qu’on les gave de charbons ardents jusqu’à ce qu’ils sortent de leurs derrières. Ceux-là dépensaient injustement le bien de l’orphelin. On trouve, aussi, parmi eux, des femmes accrochées par leurs seins. Celles-là étaient des fornicatrices. On trouve, aussi parmi eux ceux dont les côtes sont arrachées et qui se nourrissent de leur chair. Ceux-là étaient des médisants. On trouve parmi eux, ceux dont les ongles sont de cuivre avec lesquels ils se griffent le visage. Ceux-là altéraient l’honneur des autres.
Le châtiment de la tombe est dû au péché du cœur, de la vue, de l’ouïe, de la bouche, de la langue, du ventre, du sexe, du toucher, des pieds, et de tout le corps. Sont concernés par ce châtiment le calomniateur, le menteur, le médisant, celui qui pratique le faux témoignage, celui qui accuse injustement les vertueux, celui qui crée le désordre, celui qui appelle à l’innovation, ceux qui construisent les mosquées sur les tombes sur lesquels ils allument des lampes et des bougies, ceux qui fraudent alors que pour eux-mêmes ils prennent la pleine mesure et lorsqu’ils mesurent pour les autres et échangent leurs produits, ils trichent.
Sont concernés aussi les tyrans, les orgueilleux, ceux qui agissent par ostentation, celui qui dit sur Allah et son Prophète ce dont il n’a aucune science, celui qui parle sans réfléchir, celui qui s’adonne à l’intérêt, qui en donne, qui en écrit l’acte, qui y assiste et qui le rend licite, celui qui dispose injustement des biens de l’orphelin, celui qui est vorace de gains illicites comme la corruption entre autres, et celui qui dispose injustement des biens de son frère musulman, ou les biens de celui à qui on a garanti la sécurité, celui qui s’adonne aux boissons alcoolisées, le fornicateur, l’homosexuel, le voleur, le trompeur, le traître, l’imposteur, le perfide, et celui qui triche pour éviter les obligations d’Allah, et pour appliquer ses interdits, celui qui offense les musulmans et qui cherche à connaître leurs affaires personnelles, le dirigeant qui gouverne avec une loi autre que celle d’Allah, celui qui émet des fatwas sans se baser sur la loi d’Allah, celui qui aide à faire le péché et la transgression, celui qui tue l’âme sacrée, celui qui commet un sacrilège ou un polythéisme dans la Mosquée Sacrée, celui qui change le vrai sens et qui nie les noms d’Allah et ses attributs, celui qui préfère son opinion, son goût, et sa politique à la Sounna du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue -, celle qui se lamente sur le mort et ceux qui l’écoutent, ceux qui écoutent et font de la musique qui est interdite par Allah et son Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui), ceux qui se moquent de gens par les gestes et la parole, ceux qui insultent les pieux prédécesseurs, ceux qui consultent les sorciers, les astrologues et les voyants en les interrogeant et en ajoutant foi à leurs paroles, celui que tu as essayé de faire revenir vers Allah en l’effrayant et en lui rappelant son Seigneur, mais sans que cela ne le fasse repentir, ni éloigner de ses péchés, alors que si tu l’effraies en citant une créature comme lui, il prend peur, se repent, et arrête ce qu’il pratiquait.
De même, fera partie des châtiés dans leur tombe, ceux à qui on montre la voie en se basant sur la parole d’Allah et de son Prophète, sans qu’il accepte d’être guidé, et sans même s’en soucier, alors que si on lui rapporte la parole d’une personne dont il pense du bien, mais qui peut avoir raison comme avoir tort, il s’y accroche fermement et ne le contredit pas, celui qui lit le Coran sans que cela procure en lui le moindre effet, mais peut-être s’en sert-il comme gagne-pain. Par contre, lorsqu’il entend la lecture de Satan, et l’appel charmeur et ensorceleur de la fornication, et le soutien de l’hypocrisie, il prend du plaisir intérieurement, et y assiste.
Aussi, celui dont la musique fait vibrer son cœur en souhaitant que le musicien ne se taise jamais, celui qui jure par Allah en mentant, alors que lorsqu’il jure par un saint, ou par la tête de son cheikh, ou son père, ou par la vie de celui qu’il aime et vénère parmi les créatures, il ne mentirait jamais quand bien même on le menacerait ou on le punirait, celui qui se vante de ses péchés notamment en compagnie de ses amis. Ce dernier est un Moujâhir celui qui commet ou divulgue ses péchés publiquement. Celui qui est grossier dans ses paroles, et qui est délaissé par les gens de peur de son mal et de sa grossièreté, celui qui retarde l’accomplissement de la prière jusqu’à la fin de son temps accordé, en la bâclant et en y invoquant que très peu Allah, celui qui ne verse pas la Zakât de son argent pour purifier son âme, celui qui n’accomplit pas le Pèlerinage alors qu’il en est capable, et celui qui n’accomplit pas ses devoirs alors qu’il en a la possibilité, celui qui ne s’abstient pas de transgresser dans son regard, son parler, sa nourriture, et ses allées et venues, celui qui ne se soucie pas de quelle façon il a obtenu son argent, licitement ou illicitement, celui qui ne visite pas sa famille, celui qui ne fait pas miséricorde au pauvre, à la veuve, à l’orphelin, aux animaux. Il repousse l’orphelin, et n’encourage point à nourrir le pauvre, et face aux gens, il est plein d’ostentation ; il refuse d’aider les gens dans le besoin, s’occupe des défauts des autres et délaisse les siens, s’occupe des péchés des autres et délaisse les siens.
Tous ceux-là et leurs semblables sont châtiés dans leur tombe à cause de ces infractions selon le degré de pratique et de l’importance du péché, sauf s’ils se repentent de leurs péchés ou si Allah leur accorde Sa Miséricorde.
Comme la plupart des gens ont un tel comportement, il est logique que la plupart des morts soient châtiés dans leur tombe, et très peu en échappent. Les tombes sont de terre en apparence, mais elles sont en réalité malheur et châtiment. Elles sont de terre, de pierres bâties, et très bien décorées en apparence, alors qu’à l’intérieur elles sont une descente aux enfers, un calvaire, elles bouillent de regret comme pourrait bouillir le contenu d’une marmite.
Par Allah ! La mort exhorte bel et bien les gens en ne leur laissant aucun doute sur sa venue. Elle leur dit : « Ô ceux qui ont peuplé et exploité la vie d’ici-bas, vous avez, certes, construit, peuplé et exploité une demeure qui vous est inévitablement provisoire, et vous avez démoli une demeure vers laquelle vous serez inévitablement transportés. Vous avez peuplé et exploité des demeures dont la stabilité et le confort sont éphémères, et vous avez démoli les seules vraies demeures que vous possédiez (dans l’au-delà). Cette demeure-ci est celle de la concurrence dans les bonnes œuvres, de la mise en pratique d’actes de bien, et de la semence de fruits futurs. Alors que l’autre demeure est celle qui sert de leçon, soit un jardin parmi les innombrables jardins du paradis, soit un abîme parmi les abîmes de l’enfer. »
Comment se préserver du châtiment de la tombe ?
Une solution pour éviter ce qui entraîne le châtiment de la tombe est de méditer un instant pour Allah avant de dormir. Il est bon de faire un examen de conscience sur ce qui a été perdu et acquis durant la journée, pour ensuite renouveler son repentir vers Allah. Celui qui le fait dormira avec ce repentir, en projetant résolument de ne plus refaire ce péché en se réveillant. Il faut faire cela toutes les nuits, car si cette personne meurt cette nuit-là alors elle meurt avec son repentir, et si elle se réveille, elle se réveille en voulant accomplir de bonnes œuvres, heureuse du prolongement de sa vie, en se remettant à Allah, en sachant ce qu’elle a manqué comme bonnes œuvres. Il n’y a pas meilleur que ce sommeil pour le serviteur, notamment s’il s’accompagne du dhikr (rappel d’Allah) et de l’accomplissement des actes conseillés tirés de la Sounna avant de dormir. En effet, Allah facilitera cet acte pour celui à qui Il veut le bien, et il n’y a de pouvoir et de puissance qu’en Allah.
Ce qui est utile de citer à ce sujet, le hadith rapporté par Ibnû hibbâne dans son recueil authentique, d’après Abû Hurayrah, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue - qui dit : « Lorsque la dépouille est introduite dans sa tombe, elle entend le bruit des pas des personnes (venues assister à son enterrement) qui s’éloignent. Si cette personne était croyante la prière sera au niveau de sa tête, le jeûne à sa droite, l’aumône légale à sa gauche, et l’application de bonnes œuvres parmi lesquelles l’aumône, le fait de consolider le lien de parenté, la bonté et la bienfaisance envers les gens à ses pieds. Ensuite, on viendra près de sa tête, et la prière lui dira : « il y a auprès de moi une entrée », puis on viendra à sa droite et le jeûne lui dira : « il y a auprès de moi une entrée », puis on viendra à sa gauche et l’aumône légale lui dira : « il y a auprès de moi une entrée », puis on viendra au niveau de ses pieds et l’aumône, le fait de consolider le lien de parenté, la bonté et la bienfaisance envers les gens lui diront : « il y a auprès de nous une entrée. » On lui dira ensuite : « assieds-toi », c’est alors qu’il s’assit et à cet instant où le soleil lui sera représenté au moment de son coucher, on lui demandera : « vois-tu cet homme qui a été envoyé parmi vous, que dis-tu de lui ? Et que témoignes-tu de lui ? » Il dira : « laissez-moi jusqu’à ce que je prie ? » Ils lui rétorquèrent : « tu pourras le faire ensuite, mais réponds-nous à quoi nous t’avons interrogé : vois-tu cet homme qui a été envoyé parmi vous, que dis-tu de lui ? Et que témoignes-tu de lui ? » Il répondra : « je témoigne que Muhammad est le Messager d’Allah, et qu’il est venu avec la vérité de la part de son Seigneur. » On lui dira alors : « tu as vécu en croyant à cela, tu es mort en cette situation, et tu ressusciteras en cet état, si Allah le veut. » Ensuite, on lui ouvrira une des portes du paradis et on lui dira : « ceci est ta demeure au paradis, et tout ce qu’Allah a préparé pour toi. » Dès lors sa joie et son envie redoubleront. Ensuite, on lui ouvrira une des portes de l’enfer, et on lui dira : « ceci était ta demeure en enfer, et tout ce qu’Allah aurait préparé pour toi si tu lui avais désobéi. » Dès lors sa joie et son envie redoubleront. Ensuite, on élargira sa tombe de soixante-dix coudées, on l’illuminera, et son corps retournera d’où il a commencé (la terre), et son âme sera trempée dans un doux parfum provenant d’un oiseau qui se suspend sur les branches des arbres du paradis. » Enfin le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue - dit : « Ceci fait référence à la parole d’Allah :
« Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà… » (Ibrahîm v.27)
Ô Seigneur ! Fais de nos tombes et de celles de nos frères musulmans, des jardins parmi ceux que l’on trouve au Paradis, et évite-nous toutes les épreuves, apparentes et cachées, Ô Toi le Généreux ! Et que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur Ton serviteur, et Ton Messager Muhammad, sur sa famille, et sur tous ses compagnons.
Extraits du livre « Arrouh »
Traduit par : Abu Hamza Al-Germâny
Revu par : Yaaqub Leenen
Adaptation publiée par le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)
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L’islam à la portée de tous !
SHeikh Ibn BâZ (rahimahullâh) a expliqué qu’en un premier temps, il est obligatoire de savoir que tout croyant et toute croyante se doit de croire véritablement aux informations données par Allâh dans Son livre ou par le biais de Son messager (sallallahu ’alayhi wa salam).Ces choses concernent les affaires de l’au-delà et le règlement des comptes, ainsi que le paradis et l’enfer, la mort, le châtiment et les délices de la tombe, ainsi que toutes les affaires touchant le monde de l’invisible dans le Qor’ân ou l’authentique Sounnah purifiée. Nous devons porter foi à cela, nous y soumettre et y croire sincèrement. Car nous savons que notre Maître est véridique. Ce qu’Il dit et rapporte est vrai comme Il l’a affirmé :
« Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Nous les ferons entrer bientôt aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Promesse d’Allâh en vérité. Et qui est plus véridique qu’Allâh en parole ? »
[1]Et :« Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. »
[2]Nous savons aussi que le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa salam) est le plus véridique des hommes, et qu’il ne parlait pas sous l’impulsion de la passion et ne faisait que rapporter la révélation qu’il recevait. Ce qui a été rapporté de lui dans des traditions authentiques est une chose à laquelle nous devons croire, même si nous n’en comprenons pas véritablement le sens. Notre obligation est de croire à ce qu’il nous rapporte au sujet de l’au-delà : le paradis, l’enfer, les délices réservés aux gens du paradis et le châtiment infligé aux gens de l’enfer. Le châtiment subi dans la tombe, les délices que l’on y reçoit et le retour de l’âme au corps du mort, tout cela est véridique et se confirme dans les textes. L’adorateur [d’Allâh] doit l’accepter et ajouter foi à tout ce qu’il apprend dans le Qor’ân, dans la Sounnah authentique et dans le consensus des savants de l’Islâm. Aussi, par le biais d’Allâh, si le croyant ou la croyante arrive à pénétrer la sagesse ou les secrets dans cela, ceci est un bien pour un bien [encore meilleur], lumière sur lumière, et une connaissance pour une science [encore meilleure]. Qu’il loue Allâh et rende grâce pour ce qu’Allâh lui a accordé en connaissance, en science, et perception qui lui ont permis d’accroître ses connaissances et renforcer sa tranquillité.
Concernant les questions dans la tombe et de l’état du mort à ce moment-là, ces questions sont une vérité. Et l’on restitue au mort son âme. Des informations authentiques rapportées d’après le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) indiquent que le mort mène dans sa tombe une vie différente de celle d’ici-bas. C’est une vie intermédiaire différente de celle que l’on avait déjà menée et pendant laquelle on avait besoin de manger et de boire et autres choses semblables. C’est une vie particulière qui permet de comprendre des questions et d’y répondre.
Deux anges lui diront : « Qui est ton prophète ? Qui est ton Maître ? Quelle est ta religion ? » Le croyant dira : « Mon Maître est Allâh, ma religion l’Islâm et mon prophète Muhammad ». C’est de cette manière que seront questionné le croyant et la croyante et qu’ils répondront. Et puis on dira à l’adorateur [d’Allâh] : « Que sais-tu de cet homme (Muhammad) ? » - Il dira : « Il est le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) ; il nous a apporté la vérité et nous avons cru en lui et l’avons suivi ». On lui dira alors : « Nous savons que tu étais croyant ».Et on lui ouvrira une porte qui débouche sur le paradis et il en recevra le souffle et les bienfaits. Et puis on lui dira : tu resteras là jusqu’à ce qu’Allâh te ressuscite. Mais on lui montrera sa place en enfer et lui dira : voilà la place que tu aurais occupée si tu n’avais pas cru en Allâh. Maintenant Allâh t’en a sauvé et tu es revenu au paradis.
Quant au mécréant, si on l’interroge sur son Maître, sur sa religion et sur son prophète, il dit : « Hâ ! Hâ ! Je ne sais pas. J’ai entendu les gens dire des choses et j’en ai fait de même ». On lui assènera un coup avec une barre de fer et il lancera un cri que tout être entendra à l’exception des djinns et des hommes. Et puis on lui ouvrira une porte qui débouche sur l’enfer et on rendra sa tombe si étroite que ses côtes se croiseront. Sa tombe se transformera en une fosse infernale et on lui ouvrira une porte d’où viendra un vent de l’enfer en guise de châtiment. On lui dira : voici ta place jusqu’à ce qu’Allâh te ressuscite. On lui ouvrira encore une porte qui débouche sur le paradis et lui dira : ceci serait ta place si Allâh t’avait bien guidé ».
Cela permet de savoir que la tombe peut être soit un des jardins, des jardins du paradis, soit un des fossés, des fossés de l’enfer. Le châtiment et le bienfait s’appliquent dans la tombe aussi bien au corps qu’à l’âme. Et il en est de même dans l’au-delà au paradis ou en enfer. Quant à celui qui meurt noyé, brûlé ou dévoré par un fauve, son âme recevra sa part de châtiment ou de bonheurs. Cette part l’atteindra sur terre ou en mer ou dans le ventre des fauves ou dans n’importe quel autre endroit, en fonction de la volonté d’Allâh. Mais la majeure partie du châtiment ou des délices qui touchent l’âme seront subit éternellement, que ce soient les délices, ou que ce soit le châtiment. L’âme du croyant va au paradis. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) a dit : « l’âme du croyant est un oiseau qui perche sur les arbres du paradis et se nourrit de leurs fruits. Et l’âme du mécréant ira en enfer ».
L’obligation qui incombe à tout musulman et à toute musulmane est d’accepter avec soumission les informations données par Allâh - ’Azza Wa Djal - et par Son Messager (sallallahu ’alayhi wa salam). Ils doivent y croire de la manière voulue par Allâh - ’Azza Wa Djal - même si un côté de leur signification n’est pas clair pour l’adorateur [d’Allâh]. Car la sagesse parfaite appartient à Allâh - Subhânahu. [3]
Notes
[1] Coran, 4/122
[2] Coran, 4/78
[3] Madjmu’ Fatâwa du SHeikh Ibn BâZ, 8/338
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1. Par islamiates le 02/07/2024
Salam Les sourates sont données à titre d'exemple. Merci pour votre réactivité