"(L'islam) a substitué l'homme au moine. Il apporte l'espoir à l'esclave, la fraternité à l'humanité, et dévoile la quintessence de la nature humaine ".
Canon Taylor
Conférence au Church Congress de Wolverhampton, le 7 octobre 1887.
Texte cité par Arnold dans "The Preaching of Islam" pages 71,72.
"Une des plus belles aspirations de l'islam est la justice. En lisant le Coran, j'y rencontre une doctrine de vie dynamique, non pas des éthiques mystiques, mais une éthique pratique pour mener à bien une vie quotidienne, adaptable au monde entier".
Sarojini Naidu
Conférences sur "The Ideals of Islam" voir "Speeches and Writings of Sarojini Naidu", Madras, 1918, p. 167.
Pour pouvoir cerner les caractéristiques relatives au foetus et son statut dans le droit musulman, on pourrait commencer par exposer le cas de la femme non musulmane décédée et enceinte d’un musulman. En ce qui concerne son lieu d’enterrement, il n’existe pas de consensus entre les juristes musulmans. Les « Hanbalites » considèrent que l’enterrement d’une telle femme ne peut se faire dans un cimetière musulman, mais dans un cimetière particulier et distinct. En effet, non musulmane, elle ne peut être enterrée parmi les musulmans. De même que les gens non musulmans n’autorisent pas son enterrement dans leur cimetière considérant que son foetus n’est pas des leurs.Un autre point de vue relatif à cette question est attribué au deuxième calife : Omar Ibn al khattab. Il voit que l’enterrement de la non musulmane est possible dans les cimetières réservés aux musulmans étant donné que le foetus est de souche musulmane. D’autres juristes considèrent que le foetus ne peut être enterré dans le cimetière réservé aux musulmans si le développement de ce dernier n’a pas atteint les quatre mois de sa gestation. Avant ce terme l’enfant à naître est considéré comme non musulman n’ayant pas encore reçu le souffle de la vie et n’ayant pas encore bénéficié de statut propre. Il peut alors être enterrée avec sa mère dans un cimetière de non musulmans.
Il ressort de ce premier exemple que les trois interprétations, malgré leur différence, sont d’accord pour considérer que le problème de l’enfant à naître est une question juridique à étudier minutieusement afin de préciser le statut du foetus et ses droits. On peut dire que le foetus est considéré musulman comme son père à partir du moment où le souffle de la vie lui est insufflé, c’est à dire à partir du quatrième mois de sa gestation.
Partant de cette première observation, nous affirmons que la jurisprudence musulmane, malgré les différentes doctrines, a dû tenir compte d’un certain nombre de versets coraniques concernants l’embryogénie et qui sont une source de réflexion :
« Lis au nom de ton Maître, celui qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot adhésif. » (Coran XCVI-1)
« Que l’homme considère ce dont il est créé ! Il est formé d’un liquide jaillissant, tirant sa source des reins et des iliaques. Certes Dieu aura tout pouvoir de le ressusciter. » (Coran LXXXVI - 5.8.)
Tenant compte de l’intérêt suscité dans le discours coranique pour les différentes étapes dans le développement du foetus, les jurisconsultes ont été conduits à se pencher sur ce sujet pour aboutir à une vision adéquate et compréhensible.
2 D’autres aspects relatifs au foetus ont fait l’objet de recherches juridiques et peuvent nous éclairer quant aux principes adoptés par les jurisconsultes. Prenons l’exemple de l’héritage et du testament. Les juristes confèrent un droit au foetus et considèrent que tant qu’il est en vie après la mort de son testateur il doit faire partie des héritiers et que sa part lui sera conservée. Il arrive même parfois que la quote- part de l’enfant à naître englobe tout l’héritage. C’est le cas où le testateur n’a que des parents éloignés( tante maternelle, oncle maternel). Dans cette situation peu importe que l’enfant à naître soit de sexe masculin ou féminin, ses demi-frères et soeurs de par sa mère n’hériteront pas. Il en va de même pour le testament qui donne un droit plus large au foetus que sa part d’héritage. Le testament, en droit musulman, ne prend pas en considération la différence de religion, il donne à l’enfant à naître plus de possibilités par rapport à son droit à l’héritage.
Nous pouvons remarquer dans ce cas précis que le foetus n’aurait pu obtenir ses droits relatifs à l’héritage, au testament et aux biens de main-morte que parce qu’il a acquis ce que les jurisprudences appellent ‘‘ la capacité légale ’’. Cette aptitude est liée à l’existence du souffle vital dans le corps de l’enfant à naître sans prendre en considération ni son intelligence ni sa possibilité de distinction. D’ailleurs sans ce souffle vital, le foetus ne sera pas en mesure d’endosser ces responsabilités et ne pourra acquérir ses droits. Ce souffle vital fait que le foetus passe d’une vie biologique à une vie humaine ce qui lui permet le passage à ce que l’on pourrait appeler la personnalité juridique.
Certains jurisconsultes considèrent que cette capacité légale demeure incomplète tant que le foetus est encore dans le ventre de sa mère. Elle ne sera prise en considération qu’après sa naissance pour se poursuivre jusqu’à sa mort. Mais on ne peut pas dire que le fait que cette aptitude soit incomplète, touche aux droits du foetus. Elle est plutôt considérée comme une aptitude virtuelle puisque la vie de l’enfant à naître ou sa mort restent aléatoires.
Nous devons souligner que cette capacité vaut pour tous les foetus , la religion et l’âge n’interviennent aucunement. Ce qui importe c’est que le foetus devienne un être humain achevé dés que le souffle de la vie lui est insufflé.
Pour renforcer cette thèse, les juristes se référent au verset coranique qui stipule qu’entre Dieu et l’Homme a toujours existé une éternelle alliance :
« Il fut un jour où Dieu tira des reins des fils d’Adam l’ensemble de leurs descendants et leur demanda, requérant leur témoignage formel : Ne suis-je pas votre Seigneur ? Les êtres répondirent : Nous en témoignons. » (Coran VII- 172.)
Certains juristes et exégètes ont interprété littéralement ce verset en utilisant le mot « âme » lorsqu’il s’agissait de l’être humain. Cette interprétation permet de dire que l’alliance éternelle fut endossée par toutes les âmes avant l’existence de l’homme sur terre. De toute façon qu’il s’agisse d’une aptitude se basant sur le principe de la conviction qui se rattache à l’existence de l’être humain ou à une supposition théologique inventée par les juristes, il est indéniable que le droit musulman n’a pu ignorer l’idée fondamentale du discours coranique concernant le ‘‘ pacte éternel ’’. De là on a pu percevoir la notion de responsabilité qui découle de la vie humaine.
3 Le troisième cas qu’on peut évoquer est relatif à la punition de la femme enceinte ayant commis un vol ou un adultère et donc passible de châtiments corporels. Une convergence existe entre les différentes écoles juridiques concernant le renvoi de l’application du châtiment jusqu’à ce qu’elle mette au monde son enfant. Assurer la protection de l’enfant à naître doit devancer tout autre souci de punition car le foetus reste un être respectable qu’il soit le fruit d’un adultère ou d’un acte légal. Toutefois les jurisconsultes malékites considèrent que dans certains cas, si le châtiment ne peut causer un préjudice certain au foetus, on doit passer à l’exécution immédiate du châtiment.
Il existe aussi des divergences entre les jurisconsultes concernant le châtiment. Certains voient qu’il faudrait mettre en prison la femme adultère jusqu’à ce qu’elle enfante et d’appliquer par la suite la sentence. D’autres estiment que l’application immédiate de la sentence ne pourrait se faire que dans certains cas uniquement. Mais, de façon générale, un consensus entre les différents jurisconsultes est trouvé pour ce qui concerne la remise de l’application de la sentence concernant la femme enceinte et cela afin d’éviter au foetus des complications. Certains sont même d’accord sur la possibilité de laisser la mère en vie afin d’allaiter son enfant et ceci dans le cas où il serait difficile de lui trouver une nourrice.
On trouve dans la théorie des jurisconsultes Hanafites un point de vue convergeant entre les différentes écoles qui toutes accordent au foetus une place prépondérante :
‘‘Pour celle qui a commis l’adultère, l’application du châtiment corporel sera différée jusqu’à ce qu’elle enfante afin d’éviter à l’enfant, un être respectable, la mort. La punition corporelle sera épargnée à la mère jusqu’à ce qu’elle termine ses couches.’’
Des Hadiths attribués au prophète Mohammad ont pu guider certains juristes dans cette perspective. Dans un Hadith on présente le cas d’une femme qui avoue au prophète son acte d’adultère et qu’elle serait enceinte. Le prophète ordonne que cette dernière puisse demeurer en liberté jusqu’à ce qu’elle enfante et qu’elle soit épargnée du châtiment immédiat disant à ceux qui l’exigeaient : ‘‘ Si vous avez le droit de la punir à cause de son acte, vous n’avez aucun droit sur le foetus qu’elle porte.’’ Autrement dit si le droit atteint la femme adultère, il ne peut, pour autant, incriminer le foetus qui n’est en aucune manière complice dans cet adultère commis par sa mère.
Ce principe de la responsabilité individuelle apparaît clairement dans le discours coranique à la lumière de l’usage fait du verbe ‘‘donner’’. Il met en exergue la nature de la relation liant les parents à l’enfant à naître dont la naissance leur incombe. Cette approche apparaît en termes clairs dans le discours coraniques par 25 versets :
« Béni soit Ton nom, Seigneur, Toi qui m’as donné Ismaël et Isaac. » (Coran XIX- 39.)
« Dieu est le souverain Maître des cieux et de la terre. IL a créé tout à Sa guise. IL accorde à qui IL veut des filles ; IL donne à qui IL veut des enfants mâles. A d’autres IL donne des enfants des deux sexes, garçons et filles. Et IL fait stérile qui IL veut. » (Coran XLII-50)
Ces exemples coraniques convergent vers une conception évidente qui confirme que l’enfant est un don de Dieu et non un droit des parents. Et si la procréation dans le texte coranique est un désir humain et légitime, ceci ne suppose en aucun cas que l’enfant devienne un droit acquis du père ni même de la mère. Il est plutôt un don de Dieu offert aux parents de la même manière que les autres dans tel l’ouïe et la vue. La notion de don implique la responsabilité qui doit être partagée entre les parents et la société sous forme de remerciements à Dieu pour ce bien qui leur a été offert. Des remerciements qui doivent être concrétisés dans un système pédagogique et juridique incitant à responsabiliser chaque personne au sein de sa communauté.
4 En mettant l’accent sur les spécificités relatives au foetus, on a pu surtout constater que l’acquisition de la spécificité musulmane va de pair avec la filiation paternelle. A cela les juristes ont rajouté l’aspect humain de chaque foetus et les obligations qui en découlent.
Afin de concrétiser cet aspect, le droit musulman expose avec beaucoup de détails la question de l’agression contre le foetus en distinguant deux types d’agressions :
a- Agression contre la mère entraînant la mort du foetus : Sur ce cas précis les juristes ne sont pas arrivés à un consensus. La majorité prétend que la mort du foetus suite à l’agression contre sa mère n’entraînerait pas nécessairement l’application de la loi du talion envers l’agresseur. Cependant une sanction moins sévère est exigée. L’agresseur doit être puni pour le tort qu’il a causé envers Dieu et envers la société. Pour la première faute il doit faire pénitence qui se concrétise par la libération d’un esclave. Pour le second délit il y a pénalité qu’on peut appeler « prix du sang » et dont la valeur représente le prix de cinquante chameaux.
Ce choix a été désapprouvé par les malékites et les littéralistes qui ont maintenu le châtiment corporel contre l’agresseur. Toutefois on pose pour le maintien de ce châtiment deux conditions : (1) L’âge du foetus doit dépasser les quatre mois. (2) Sa famille doit réclamer expressément le châtiment corporel.
Compte tenu de ces aspects, les juristes rajoutent que si l’agresseur ait un lien parental avec l’enfant à naître, dont la disparition lui permet d’acquérir des droits d’héritage, son agression doit être sanctionné par sa privation de ses mêmes droits.
b- L’avortement : Si le but principal de l’agression est de se débarrasser de l’enfant à naître, les juristes musulmans sont unanimes et condamnent cet acte en le considérant comme péché grave. Ceci au cas où le foetus aurait reçu le souffle de la vie. Si par contre l’âge du foetus est en dessous de quatre mois certains juristes condamnent tout de même l’avortement et principalement certains Malékites. Alors que les Hanafites, eux, le tolèrent avant l’âge de quatre mois et sans l’accord préalable du père. Chaque école juridique, suivant ses principes de base, a arrêté le mode de châtiment qui lui a paru le plus convenable envers celui ou celle des parents qui approuve l’avortement. On peut distinguer deux formes de sanctions : L’un est représenté par « le prix du sang », déjà mentionné, tout en tenant compte du sexe du foetus. L’autre intéresse le droit de Dieu et consiste à ce que le coupable doit racheter ses péchés.
Il faut souligner que la question de l’avortement a fait l’objet d’un vaste et douloureux débat. Ceci est dû en partie à la pratique très ancienne et d’ailleurs autorisé par le prophète Mohammad, à savoir la pratique du coït interrompu. Certains juristes considèrent le fait d’empêcher les spermatozoïdes d’arriver au fond du vagin au moment des relations sexuelles comme une forme d’avortement. Ils l’interdisent donc en considérant qu’elle sape les fondements de la famille et détruit l’un des objectifs du mariage.
5 Nous avons souligné auparavant qu’il existe dans les textes coraniques des indices précis concernant le foetus : sa conception, les étapes embryogéniques et ceci dans un contexte de preuve de l’existence d’un dieu unique. Cependant dans d’autres textes coraniques, on trouve une corrélation entre ces indices et les conditions sociales et les responsabilités qui en découlent. On peut citer deux exemples liés à notre thème et à l’engagement sociétal que nous voulons souligner :
« Nous avons expressément recommandé à l’homme ses père et mère : Sa mère s’était doublement exténuée, le portant puis le mettant au monde, son sevrage n’ayant lieu qu’au bout de deux ans. Sois reconnaissant, lui fut il prescrit aussi bien vers Moi qu’envers tes père et mère ! C’est vers Moi que vous serez ramenés. » (Coran XXXI- 14)
« Nous recommandames à l’homme d’être bon envers ses père et mère. Sa mère le porte dans la douleur et l’enfante dans la douleur. Gestation et allaitement se poursuivent pour elle trente mois durant, jusqu’à son sevrage. parvenu à la pleine maturité, à l’âge de quarante ans, il priera : Seigneur, inspire-moi d’être reconnaissant des bienfaits dont tu m’as comblé ainsi que mes parents. »(Coran XCVI -15.)
Il ressort de ces textes qu’il existe dans les principes coraniques un lien entre le « naturel » ( la grossesse) et le culturo-religieux ( l’obéissance aux parents). C’est grâce à ce lien que se fonde les relations sociales et les obligations civiques et existentielles. Les jurisconsultes ont réglementé selon les textes coraniques, les droits du foetus en fixant par la même avec cette réglementation la toile de fond qui prévalait à travers les coutumes, les us et des institutions dans la péninsule arabique avant l’apparition de l’islam ou dans les régions conquises par les musulmans.
Cette instauration, à partir de là, prit une forme de fixisme qui va frapper le droit musulman en matière sociale. On continuait à considérer des types de rapports( entre les parents et leurs enfants, entre les garçons et les filles …) comme faisant partie de la religion alors qu’elles ne sont qu’une partie de la toile de fond socio-culturelle de l’époque ante-islamique. En fait ce système de pensée juridique constituait un puissant frein à toute évolution ou dépassement dans la vie sociale, économique et politique. Et tandis que les problèmes sociaux et économiques allaient en se multipliant la pensée juridique statique n’arrivait point à découvrir des solutions adéquates en dehors du code tracé par les premières générations.
Ainsi, depuis que le droit de l’enfant à naître a été institué ( notamment en matière de filiation, d’héritage, de droit à ‘‘ la nationalité’’, de droit de main morte) l’esprit du suivisme va l’emporter dans les institutions qui encadrent l’enfant, créent sa pédagogie et modèlent sa pensée et ses rapports. Il devient tout ‘‘naturel’’, donc religieux et juridique, que l’enfant suive sans changement les systèmes établis à partir d’un héritage culturel dans le domaine juridique concernant le social et l’éducationnel. C’est le triomphe des droits et des privilèges de la communauté et ceux qui la dirigent au détriment du droit de la personne. Les juristes n’ont pas pu dépasser ce blocage culturel et sociétal. Les penseurs qui voulaient un nouvel équilibre pour libérer la personne et développer la société avaient, quant à eux, une marge d’action très limitée.
http://www.gric.asso.fr/publications-personnelles-des/articles/article/le-foetus-dans-le-discours
Les amitiés particulières ont un grand effet dans les choix de l'âme et de l'esprit. Elles participent grandement à ce qui touche le groupe entier comme progrès ou retard, angoisse ou apaisement.
Aussi, l'Islam s'intéresse beaucoup à ces rapports avec des personnes qui te marquent et que tu marques, et qui entrent intimement dans ta vie pour un long moment. Si ces rapports débutent et progressent avec noblesse et sincérité, ils sont agréés et bénis par Dieu . S'ils sont vils et bas, ils sont renvoyés aux visages de ceux qui les entretiennent:
{ Ce Jour-là, les amis intimes deviendront ennemis les uns des autres, à l'exception de ceux qui craignent Dieu. Ô Mes serviteurs! N'ayez pas peur, ce Jour-là ! Ne vous affligez pas ! }
[ Sourate 43 : versets 67/68 ].
Comme tu le sais l'Islam est une religion de rassemblement, de concorde et de familiarité. La tendance qui pousse à faire la connaissance de gens et à se mêler à eux est inscrite authentiquement dans ses enseignements.
Car il n'est pas fondé sur l'éloignement vis-à-vis des autres et il n'invite pas ses adeptes à s'isoler totalement et à fuir les obligations de la vie.
Il n'a pas non plus stipulé que la mission du musulman sur la terre consiste à se retirer dans un monastère où à se consacrer à l'adoration dans un ermitage. Non, absolument pas. Car Dieu n'a pas réservé les hauts degrés à ces faibles enfermés sur eux-mêmes.
En effet, l'Envoyé de Dieu a dit:"Le croyant qui fréquente les gens et supporte leur gène est meilleur que le croyant qui ne se mêle pas aux gens et ne supporte pas leur gêne" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Pourquoi les rassemblements sont-ils prescrits ? A qui la prière en commun du vendredi s'impose-t-elle ? Qui assure les obligations du jihâd et se désigne pour cette tâche dans les moments critiques ? Tout cela implique une Communauté où les liens particuliers et généraux sont renforcés au maximum.
Voilà pourquoi Ibn' Abbâs a répondu à l'interrogation répétée au sujet d'un homme qui jeûnait le jour et priait la nuit, mais qui n'assistait ni à la prière en commun du vendredi ni à d'autres rassemblements en disant ceci:
"Dites-lui qu'il fait partie des habitants de l'Enfer" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Ceci parce que l'Islam prend un grand soin à ce que ses grands rites soient un lieu de rencontre des musulmans pour qu'ils s'aident mutuellement à les accomplir et puisent, de la pureté de leur atmosphère, les sentiments d'une affection sans tache et d'une sincérité profonde. D'ailleurs, plus le rassemblement auquel le musulman participe avec ses frères est grand, plus les bénédictions divines sont nombreuses en sa faveur.
Il est dit dans le hadîth :"La prière du fidèle en commun avec un autre fidèle est plus profitable que sa prière en solitaire. Et sa prière en commun avec deux fidèles est plus profitable que sa prière en commun avec un seul fidèle. Ainsi, plus ils sont nombreux, plus cela est agréable à Dieu " [ Rapporté par Ahmad ].
Dans une autre version: "La prière en commun de deux hommes dont l'un officie comme imam pour l'autre est plus profitable (pour eux) auprès de Dieu que les prières solitaires de quatre hommes. La prière en commun de quatre hommes est plus profitable (pour eux) auprès de Dieu que les prières solitaires de huit hommes. La prière en commun de huit hommes dont l'un d'eux officie comme imam pour les autres est plus profitable (pour eux) que les prières solitaires de cent hommes" [ Rapporté par At-Tabarânî ].
Ces modèles de conduite exemplaire expriment le désir que l'Islam a de multiplier le nombre des musulmans dans leurs rassemblements et de les voir rassemblés en des groupes compacts plutôt qu'en individus isolés.
Toutefois, la question de l'isolement et de la fréquentation et tout ce qui s'y rapporte comme créations de liens et formations d'amitiés est soumise à de multiples règles.
En effet, tout isolement par rapport à la umma (communauté) fait perdre l'occasion d'accomplir le jihâd consistant à recommander le bien et à interdire le mal, ou affaiblit la défense de l'Islam devant ses adversaires. En ce sens un tel isolement est un crime inacceptable de la part de celui qui le pratique. Les gens ont, du reste, des natures différentes: il y a celui qui se hâte vers les grands rassemblements, entre rapidement en contact avec les uns et les autres, se familiarise avec les nouveaux visages et engage la conversation avec ceux qui lui sont proches et lointains; mais il y a aussi celui qui, lorsque tu le pousses dans les grandes réunions, place un siège autour de lui-même d'où il guette les gens avec vigilance et où il s'enferme dès qu'un homme fait un pas vers lui.
L'Islam a guidé ces deux natures vers leur voie droite. A la première on dira: "Fréquente les hommes en préservant ta Foi". Et à la deuxième on dira: "Le croyant est réservé, tendre, familier et sociable".
L' Islam a toutefois imposé d'éviter les discordes. En effet, lorsque le pays est assailli par les troubles, que ses habitants se mettent à se battre entre eux pour les choses de ce bas monde et que les liens de la vertu sont rompus, le boycott de la corruption devient une forme de protestation, à condition que cela intervienne dans les limites des degrés de changement prescrites par Dieu pour lutter contre le mal par la main, puis par la parole, puis par le coeur. C'est-à-dire l'abstention de lutter contre la corruption est inacceptable de celui qui a les moyens de la changer par la parole ou par la force.
Le boycott est, du reste, une arme utilisée avec bon sens à notre époque. Les nations faibles l'ont utilisé avec succès contre leur ennemi impitoyable, mais, par rapport aux autres armes de lutte, le boycott s'apparente à l'isolement par rapport aux autres moyens de réformisme. C'est-à-dire qu'elle est le refuge pour les faibles lorsqu'ils ne trouvent pas d'autres moyens pour fuir avec leur Foi.
En revanche, si les moyens existent pour éteindre l'incendie des discordes, l'isolement devient comme nous l'avons indiqué un crime flagrant.
A la lumière de ces indications tu comprendras le sens de la Parole de l'Envoyé de Dieu lorsqu'on l'a interrogé:"Quel est le meilleur des hommes, ô Envoyé de Dieu ? Il a répondu: Un croyant qui combat dans le chemin de Dieu avec son âme et ses biens. On lui a dit: Et puis ? Il a dit: Un homme retiré dans une vallée pour adorer son Seigneur" [ Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim ].
Cela dit, l'isolement et la fréquentation des gens ne sont pas deux qualités permanentes chez l'homme. Aussi, le musulman est tenu de partager son temps entre la retraite utile et la bonne fréquentation pour sortir dans les deux cas avec ce qui améliore toute son affaire.
C'est sur cette base que nous devons choisir les amis, rechercher les amitiés ou les éviter. Mais la première condition pour une bonne compagnie c'est d'être désintéressée, d'être vouée à Dieu et d'être fructifiée et renforcée dans le chemin de la Foi et de l'excellence. Voilà le sens de l'amour pour Dieu.
Une fois son coeur raffermi par la certitude et embelli par la splendeur de la Foi au point de goûter sa douceur, l'homme verra tous les vivants avec le regard de sa Foi : s'il aime, c'est par principe non par désir de concupiscence, et s'il déteste, c'est par principe non par privation.
Evidemment les troupeaux peuvent se rassembler autour d'une source d'eau douce ou amère, et les gens peuvent se retrouver autour des attraits d'une vie passagère ou permanente, mais ce genre de retrouvailles et ces formes d'affection ne sont pas comparables aux liens d'amour, de pureté, d'entraide et d'abnégation qui naissent entre les hommes aux idéaux élevés. Voilà pourquoi l'Islam honore les sentiments purs de l'amitié et invite les croyants à les vouer à Dieu , à les entretenir pour Sa Face. Il réserve, d'ailleurs à ces sentiments, une récompense élevée qui correspond à leur nature sublime.
L'Envoyé de Dieu a dit : "Dieu a dit: « Ceux qui s'aiment pour Ma Majesté seront à l'ombre de Mon Trône le jour où il n'y aura d'autre ombre que la Mienne » [ Rapporté par Ahmad ].
De même Omar Ibn al-Khattâb rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit:
"II y a parmi les serviteurs de Dieu des hommes qui ne sont ni des prophètes, ni des témoins-martyrs. Pourtant, au Jour de la Résurrection, les prophètes et les témoins-martyrs désireront leur position auprès de Dieu. On lui a dit : Ô Envoyé de Dieu ! Indique-nous qui ils sont ! Il a dit: Ce sont des gens qui se sont aimés par l'Esprit de Dieu sans qu'il y ait des liens de filiation entre eux ou des biens qu'ils pouvaient échanger. Par Dieu ! Leurs visages sont illuminés par la lumière et ils sont dans la lumière. Ils n'ont pas peur quand les hommes sont terrifiés et ne sont pas tristes quand les hommes sont affligés". Puis il a récité ce verset: { Non, vraiment, les amis de Dieu n'éprouveront plus aucune crainte, ils ne seront pas affligés } [ Sourate 10 : verset 62 ] [ Rapporté par Abû Dâwud ].
L' amour en Dieu n'est pas à la portée de tous car tout le monde ne répond pas à l'invitation avec toute la sincérité requise. C'est dire que l'homme doit d'abord connaître parfaitement son Seigneur, puis chérir cette connaissance jusqu'à ce qu'elle chasse en lui toute autre considération et qu'elle atteigne le degré de l'amour de Dieu pour lui-même et de la préférence d'agir pour Lui. Ce n'est qu'à ces conditions que l'individu aime véridiquement pour Dieu et déteste véridiquement pour Dieu.
Quant à aimer un grand de ce monde par admiration pour son génie ou un autre pour la douceur de son comportement, cela est une autre forme d'amitié qui ne nous concerne pas ici.
L'Envoyé de Dieu a dit:
"Celui qui possède l'une des trois qualités suivantes retrouve la douceur de la Foi et son goût : L'amour de Dieu et de Son Prophète lui est plus cher que toute autre chose; il aime pour Dieu et déteste pour Dieu; il préfère qu'on allume un brasier et qu'on le jette dedans plutôt que d'associer une quelconque chose à Dieu" [ Rapporté par Muslim ].
Comme l'amour pour Dieu est l'ultime station dans l'échelle d'ascension de la Foi et comme son fruit n'apparaît que chez ceux qui sont nourris par la flamme de la sincérité, l'effusion de cet amour devient le signe d'une perfection et d'une pureté qui mérite la plus grande des récompenses.
L'Envoyé de Dieu a dit:
"Chaque fois que deux hommes s'aiment pour Dieu, celui qui est le plus agréable à Dieu est celui qui aime le plus son compagnon" [ Rapporté par At-Tabarânî ].
Ainsi, ces deux frères qui s'aiment sont sous la protection de Dieu et sous Son égide. On rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit:
"Allah a dit : "Mon amour s'impose pour ceux qui s'aiment en Moi. Mon amour s'impose pour ceux qui se rendent visite pour Moi. Mon amour s'impose pour ceux qui s'entraident pour Moi. Mon amour s'impose pour ceux qui deviennent amis par amour pour Moi" [ Rapporté par Ahmad et At-Tabarânî ].
Comme l'influence de l'ami sur son ami est profonde, l'individu est tenu de bien choisir ses frères et d'éprouver leurs fonds pour se rassurer sur leur réalité.
L'Envoyé de Dieu a dit: " L'individu partage la Foi de son ami. Aussi chacun de vous se doit de réfléchir en choisissant ses amis" [ Rapporté par Abû Dâwud ].
S'ils sont des hommes qui l'aident à accomplir le devoir et à préserver les droits et qui le retiennent de toucher au mal, de commettre ce qui est illicite, ce sont des compagnons dans le bien. Il doit s'attacher à eux et prendre soin de leur affection. Sans quoi il doit prendre garde à être trompé par les voies de déperdition qu'ils enjolivent pour lui ou à se laisser aller avec eux aux plaisirs et à la débauche. Le grand ami est celui qui conduit son compagnon vers la réussite dans ce bas monde et le succès dans la Vie future. Quant à l'ami idiot et aliéné, c'est un malheur pour son compagnon. En effet, bien des novices ont été rongés de regrets à cause de cette mauvaise compagnie parce qu'elle les a mis au bord d'un gouffre qui les a entraînés dans la Géhenne.
Allah a dit:
{ Le Jour où l'injuste se mordra les mains en disant: Malheur à moi ! Si seulement j'avais suivi le chemin avec le Prophète ! Malheur à moi ! Si seulement je n'avais pas pris un tel comme ami ! Il m'a égaré loin du Rappel, alors que celui-ci m'était déjà parvenu. Le Démon est traître envers les hommes } [ Sourate 25 : versets 27/29 ].
La nature de l'homme triche souvent avec elle-même. Bien souvent l'homme est prompt à suivre la direction désirée par son compagnon. La contagion a aussi sa loi qui se répand en morale comme elle se répand dans les corps. Il arrive même que l'esprit qui règne dans une réunion ait pour origine une forte personnalité qui répand autour d'elle un débordement de bien qui jaillit de son fond intérieur.
Mais on a constaté que la contagion des méfaits se propage plus rapidement et atteint plus gravement que la contagion des bienfaits. Ainsi, la contagion de fumer des cigarettes se transmet souvent du fumeur à celui qui en était protégé. L'inverse arrive par contre rarement.
Par considération pour ces effets et par sauvegarde des bons caractères et des bonnes habitudes, l'Envoyé de Dieu ordonne de choisir les compagnons dans les réunions:
"Le bon voisin dans une réunion s'apparente au vendeur du musc, si tu n'en touches pas, au moins tu en reçois l'odeur. Le mauvais voisin dans une réunion s'apparente au souffleur, si tu n'es pas couvert par sa noirceur, au moins tu reçois sa fumée" [ Rapporté par Abû Dâwud ].
S'il en est ainsi pour le voisin d'une réunion que tu rencontres occasionnellement pour quelques instants de la journée, qu'en serait-il pour toi avec l'ami de toujours qui te fréquente dans les moments agréables et dans les heures critiques ?
C'est dire que l'amitié des hommes intelligents et pieux peut conduire aux sommets. Quant à l'amitié des imbéciles et des sots, elle pousse rapidement vers les abîmes.
Allah a dit:
{ Les injustes sont amis les uns des autres; Dieu est le Maître de ceux qui le craignent, Ceci est, pour les hommes, un appel à la clairvoyance, une Direction et une Miséricorde en faveur d'un peuple qui croit fermement }
[ Sourate 45 : versets 19/20 ].
L' amitié doit s'appuyer sur la force des certitudes et de la sublimité des actes. Les meilleurs, dont l'individu peut garder la compagnie et sauvegarder l' affection dans ce monde et dans la Vie future, sont ceux désignés dans la Tradition par ces termes:
"Celui qui traite les hommes sans injustice, échange des paroles avec eux sans leur mentir et leur fait des promesses qu'il tient, cet homme fait partie des hommes qui ont atteint la plénitude de la grandeur d'âme, dont l'équité est manifeste et dont la compagnie s'impose". Une fois née, cette amitié pour Dieu entre deux hommes ne perdure que dans l'obéissance au Seigneur et ne se renforce que si les deux amis s'éloignent de l'hypocrisie et de la corruption. Car, si la désobéissance trouve son chemin vers l'un d'eux ou vers les deux, les coeurs changeront et l'amour en sera affecté. Il est dit dans le hadîth :
"Par Celui qui a mon âme entre Ses Mains ! Chaque fois que deux êtres éprouvent de l'affection et de l'amitié ils ne seront séparés que par un péché commis par l'un d'eux" [ Rapporté par Ahmad ].
C'est pourquoi les Compagnons de l'Envoyé de Dieu se servaient de la recommandation mutuelle de s'attacher à la vérité et de s'entraider dans le bien comme une protection pour préserver l'affection entre eux et comme un moyen qui les rapproche du pardon de Dieu et Son agrément. Abû Qalaba rapporte ceci:
"Deux hommes s'étant rencontrés au marché l'un d'eux dit à l'autre: allons nous consacrer à la demande du pardon divin pendant que les gens sont distraits ! C'est ce qu'ils firent. Puis l'un d'eux mourut. Son compagnon le vit en songe, et le mort lui dit: Sais-tu que Dieu nous a pardonné le jour où nous nous sommes rencontrés au marché.
De même Anas Ibn Mâlik rapporte ceci:
" Abdallâh Ibn Rawâha avait pour habitude, lorsqu'il rencontrait l'un des Compagnons de l'Envoyé de Dieu de lui dire: Allons nous consacrer un moment à l'invocation de Dieu. Un jour, il dit cela à un homme mais ce dernier se mit en colère. Ibn Rawâha alla trouver le Prophète et lui dit: Ô Envoyé de Dieu ! Comment trouves-tu Ibn Rawâha qui incite à consacrer un moment à la foi à laquelle tu appelles ? Le Prophète lui dit: Que Dieu accorde la miséricorde à Ibn Rawâha. Il aime les séances des fidèles qui font la fierté des anges" [ Rapporté par Ahmad et At-Tabarânî ].
Il convient, pour les amis, de bien se connaître pour que leur amitié soit fondée sur l'évidence et de manifester l'un pour l'autre les sentiments de respect et d'affection qu'ils ressentent l'un envers l'autre.
L'Envoyé de Dieu a dit:
"Lorsque l'un de vous aime son frère qu'il le lui dise" [ Rapporté par Ahmad ].
De même Anas rapporte ceci :"Pendant qu'un homme se trouvait auprès du Prophète un autre homme passa près d'eux. Le premier homme dit alors : Ô Envoyé de Dieu ! J'aime cet homme.
Le Prophète lui dit: Le lui as-tu dit ? Il dit : Non. L'envoyé de Dieu lui dit: Dis-le lui.
L'homme alla le rattraper et lui dit: Je t'aime pour Dieu. L'autre répondit: Puisses-tu être aimé par Celui pour lequel tu m'as aimé !" [ Rapporté par Abû Dâwud ].
L'Envoyé de Dieu a dit également:
"Lorsqu'un homme fraternise avec un autre qu'il lui demande son nom, le nom de son père et d'où il vient, car cela renforce l'affection" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Nul doute, l'affinité des tempéraments et de la pensée intervient grandement dans la conclusion des amitiés et le renforcement des liens. Le Proverbe ne dit-il pas :
"Bien des frères pour toi ne sont pas de ceux que ta mère a mis au monde". En effet, il arrive que l'individu, dans la cohue de la vie, rencontre celui avec lequel il sent une attirance et la possibilité de s'entendre avec lui rapidement, comme s'ils se connaissaient depuis des années.
Ceci est attesté par le hadîth suivant:
" Les esprits (des hommes) sont une armée de soldats mobilisés: ceux qui se reconnaissent s'entendent et ceux qui se méconnaissent s'évitent" [ Rapporté par Al-Bukhârî ].
Mais, ce sentiment d'amitié doit être gouverné par le pouvoir du Dogme et de ses exigences. C'est un pouvoir que le croyant puise à travers les exigences de son coeur, ce qui le pousse à aimer pour Allah des gens qu'il n'a jamais vus à cause de la distance ou de l'éloignement dans le temps et l'espace, et à détester des gens auxquels il ne s'est mêlé en aucune occasion, pour la seule raison qu'il affectionne les bons et abhorre les mauvais. Voilà comment ces saines exigences du coeur rehaussent l'individu par rapport à sa position initiale.
Abû Dhar rapporte ceci:
"J'ai dit: Ô Envoyé de Dieu ! L'homme aime d'autres mais n'arrive pas à oeuvrer comme eux. Il m'a dit: ô Abû Dhar ! Tu es avec celui que tu as aimé" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Parmi les bonnes règles instituées par l'Islam en matière d'amitié, il y a les visites échangées entre amis. Elles doivent être désintéressées et vouées exclusivement à Dieu. Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit: "Un homme ayant voulu visiter son frère dans un autre village, Dieu a préposé un ange qui s'est mis sur sa route. A l'arrivée de cet homme au point où l'ange l'attendait celui-ci lui dit: Où vas-tu ? L'homme dit: Je vais voir un de mes frères dans ce village. L'ange lui dit: y a-t-il un bienfait de ta part que tu entretiens en sa faveur ? L'homme dit: Non. Tout ce qu'il y a c'est que je l'ai aimé pour Dieu - qu'Il soit exalté. L'ange lui dit : Je suis envoyé à toi par Dieu pour t'annoncer que Dieu t'aime comme tu as aimé cet homme pour Lui" [ Rapporté par Al-Bukhârî ].
Les pas de cet homme valent cher. Ils s'apparentent aux pas des combattants dans le chemin de Dieu qui rapportent une immense rétribution.
L'Envoyé de Dieu a dit: "Celui qui rend visite à un malade ou à un de ses frères en Dieu, un crieur l'appelle du ciel et lui dit : Réjouis-toi et que tes pas soit bénis, tu as pris ta place au Paradis" [ Rapporté par Abû Dâwud ].
Il a dit également : "Chaque fois qu'un serviteur visite son frère pour Dieu, un crieur du ciel l'appelle: Réjouis-toi, que le Paradis soit agréable pour toi ! Et Dieu dit dans le Royaume de son Trône: Mon serviteur a effectué une visite pour Moi. Je me dois de le recevoir en hôte. Et Dieu n'acceptera comme rétribution pour lui que le Paradis" [ Rapporté par Muslim ].
Le musulman, même s'il aime le bien pour tout le monde, est plus attaché au bien en faveur de ses amis. Il se réjouit davantage lorsque ses amis sont comblés. Aussi, il convient de faire preuve de générosité envers ses amis quand il le peut:
{ N'oubliez pas d'user de générosité les uns envers les autres. Dieu voit parfaitement ce que vous faites }
[ Sourate 2 : verset 237 ].
L'Envoyé de Dieu aimait, du reste, l'échange de cadeaux entre amis. Il a dit à ce sujet:
"Echangez les cadeaux, car ils éliminent les irritations de la poitrine" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
De même, Aïcha disait: " L'Envoyé de Dieu acceptait les cadeaux et récompensait ceux qui les faisaient" [ Rapporté par Al-Bazzâr ].
Cette grande politesse devient toutefois mauvaise lorsqu' elle succombe au maniérisme. Car l'Islam se fonde sur la lutte contre les simulations et les afféteries et répand la simplicité. Aussi, il se décharge de toute attitude qui renferme de la gêne et de l'adulation. En effet, l'Islam ne vise qu'à entourer l'amitié des marques de prévenance pour embellir sa forme, une fois assuré du fond sain de cette amitié pour en faire un moyen susceptible de rendre la vie aisée et d'atténuer ses souffrances : "Les meilleurs amis auprès de Dieu sont ceux qui sont les meilleurs pour leurs amis. Les meilleurs voisins auprès de Dieu sont ceux qui sont les meilleurs pour leurs voisins" [ Rapporté par Al-Hâkim ].
L'Islam a autorisé l'individu à consommer les mets de son ami comme si c'était un repas pris chez ses parents ou chez ses proches :
{ Il n'y a pas de faute à reprocher à l'aveugle, pas de faute à reprocher au boiteux, pas de faute à reprocher au malade et à vous-mêmes : lorsque vous mangez dans vos maisons, ou dans les maisons de vos pères, ou dans les maisons de vos mères, ou dans les maisons de vos frères, ou dans les maisons de vos soeurs, ou dans les maisons de vos oncles paternels, ou dans les maisons de vos tantes paternelles, ou dans les maisons de vos oncles maternels, ou dans les maisons de vos tantes maternelles, ou dans celles dont vous possédez les clés ou chez votre ami }
[ Sourate 24 : verset 61 ].
Assurément, car le contrat de l'amitié possède une grande valeur et a un effet immense. C'est même parfois la source de secours dans les terribles crises. On l'invoque même dans l'ultime crise face au châtiment de la Géhenne.
Allah décrit l’état des polythéistes au moment où ils s'exposent au châtiment: { Par Dieu ! Nous étions dans un égarement manifeste quand nous vous considérions comme les égaux du Seigneur des mondes. Seuls des criminels nous ont égarés. Il n'y a pas pour nous d'intercesseurs; nous n'avons aucun ami intime } [ Sourate 26 : versets 97/101 ].
En raison des exigences de cette amitié, l'Envoyé de Dieu a dit:
"Ne cherche que la compagnie du croyant et que l'homme pieux soit ton commensal.
http://www.sajidine.com/rappels/ethique/choix_amis.htm
Le faux témoignage : «faux» signifie ici : mensonger. Le faux témoignage compte parmi les plus grands des grands péchés, comme lorsque quelqu’un témoigne auprès du juge que Untel a volé alors que c’est un mensonge.
Allah a dit :
Coran 22.30 : [Evitez les propos mensongers !]
Coran 17.36 : [N'affirme rien dont tu ne sois sûr !]
Coran 50.18 : [Il ne prononce aucune parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l'enregistrer.]
Coran 25.72 : [Ceux qui ne portent pas de faux temoignages...]
Coran 89.14 : [Ton Seigneur est aux aguets.]
Selon Abou Bakra , le Prophète a dit : « Voulez-vous connaître les pires des péchés capitaux ? » - « Oui, répondirent-ils. » - « C'est, reprit le Prophète, l'associationnisme et la rupture des liens de parenté. » Le Prophète était alors appuyé sur le bras ; il se redressa brusquement et dit : « Et le faux témoignage ! » Il le répéta tant que nous dîmes : « Si seulement il n'en avait rien dit ! » [Bukhari et Muslim]
Le Prophète sallallahou ^alayhi wa sallam a dit :
عَدَلَتْ شَهَادَةُ الزُّورِ الإِشْرَاكَ بِاللهِ
(^adalat chahadatou z-zouri l-‘ishraka bi l-Lah) [rapporté par Al-Bayhaqiyy]
qui signifie que le faux témoignage est comparable au fait d’adorer autre que Allah, c’est-à-dire qu’il lui ressemble du point de vue de la gravité du péché qui en résulte. Cependant, cela ne signifie pas que celui qui le commet sort de l’Islam, mais cela signifie qu’il a commis un très grand péché.
le faux témoignage est interdit en Islam, de même sa dissimulation en cas de besoin n'est pas permis. Il appuie son opinion sur le passage suivant du Qour'aane:
"Et ne cachez pas le témoignage : quiconque le cache a, certes, un cœur pécheur." (Sourate 2 / Verset 283)
Par ailleurs, Aboû Moûssa (radhia Allâhou anhou) rapporte les propos suivants du Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam):
"Celui qui dissimule un témoignage alors qu'on l'invite à l'exprimer est comparable à celui qui donne un faux témoignage." (Djam'oul Fawâïd)
"Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites."
(Sourate 4 / Verset 135)
Le faux témoignage [2/2] par Bobby-Gold
Au cas où une personne est convoquée pour témoigner dans une affaire où s’il s’agit du droit d’un autre, et que s’il témoigne, le droit sera rendu à qui de droit, et s’il s’abstient, le droit en question sera perdu, alors, dans ce cas, il lui est obligatoire de témoigner et de patienter ; et si sa présence nécessite des frais, c’est donc à celui en faveur de qui il témoigne d’assumer ces frais.
Il est interdit de cacher un témoignage parce qu’Allah le Très-Haut dit :
« Et que les témoins ne refusent pas (de témoigner) quand ils sont appelés »[1],
c’est-à-dire qu’ils ne s’abstiennent pas de témoigner ou d’en assurer la responsabilité. S’il y a des biens personnels à protéger, alors, cacher le témoignage est interdit. Allah le Très-Haut dit :
« Et ne cachez pas le témoignage ; quiconque le cache, a certes un cœur pécheur. »[2]
c’est-à-dire qu’il s’est chargé de péchés, il mérite une poursuite.
http://islammedia.free.fr/Pages/ryadh_salihin/263.htm
Pourquoi est-ce si difficile d’arrêter de fumer, d’arrêter de manger des cacahouètes devant la télé ou de diminuer ses apéros de moitié ?
En fin de compte, il y a une raison biologique à cela.
Un plaisir, si petit soit-il, enclenche la dopamine dans le cerveau ce qui nous donne du plaisir. Cela conditionne le cerveau à en vouloir encore plus. Et à chaque fois, la connexion se renforce. Spécialement si on est en contact avec des images raccordant plaisir, style de vie ou autre à cette chose : que ce soit une glace, du chocolat, de l’alcool ou une cigarette.
En plus, il y a une partie du cerveau riche en dopamine, le striatum, qui mémorise les rituels et les routines et qui déclenche une bonne dose de dopamine lorsque vous suivez ce rituel.
Regarder une émission télévisée spécifique en mangeant un gâteau à la crème et en buvant un café par exemple.
Acheter et manger une Barbe à Papa ou des gaufres lorsqu’on est à la fête foraine.
Allumer une cigarette en buvant un café… Les exemples de rituels ne manquent pas.
Toutes ces actions, et bien d’autres, déclenchent la dopamine, qui est donc perçue comme une récompense par votre cerveau.
La prière est une habitude
Le musulman sincère accomplit parfaitement et dévotement toutes les actions obligatoires constituant les piliers de l'Islam. Il doit accomplir ces actions sans trouver des excuses à ne pas les exécuter. Alors, il accomplit la prière rituelle, accomplit chacune des 5 prières dans son temps, car la prière est le pilier de la foi. (Quiconque accomplit la prière garde la foi et quiconque néglige la prière détruit la foi)'.La prière est la meilleure des oeuvres, comme l'indique le hadith rapporté par Abdullah Ibn Massou'd et dans lequel il dit :
«J'ai demandé à l'Envoyé d'Allah: Quelle est la meilleure oeuvre ? " Il me répondit : "Faire la prière à son heure fixe". - ensuite ? Repris-je. "Etre bon envers tes père et mère, dit-il. Ensuite, répliquai-je. Le combat dans la voie d'Allah rétorqua-t-il». [Rapporté par Al-Bukhari et Muslim].
L'importance de la prière vient du fait qu'elle est le lien entre le serviteur et son Seigneur. C'est pendant la prière que le musulman oublie tout ce qui relève de la vie quotidienne pour s'adonner complètement à son Seigneur demandant Son secours, sa direction, sa persévérance pour continuer dans la droiture. Pas d'étonnement, donc, que la prière est considérée comme la meilleure des oeuvres, parce qu'elle constitue la source dont le croyant pourrait remplir son coeur d'adoration, c'est la source aussi dont l'eau pure pourrait le purifier de ses péchés. Abù Hurayrah a dit :
«J'ai entendu le Messager d'Allahdire : que pensez-vous s'il y avait une rivière coulant devant la porte de chacun de vous et dont il se baignait 5 fois par jour, y aurait-il une trace de saleté sur lui ? Les gens répondirent : il n'y aurait pas de trace de saleté sur lui. Il dit "Cela ressemble aux 5 prières quotidiennes par lesquelles Allah efface le péché». [Rapporté par Al-Bukhari et Muslim].
Jabir dit :
« Les 5 prières quotidiennes sont comparables à un courant d'eau passant auprès de la demeure de chacun de vous et où il s'y lave 5 fois par jour». [Rapporté par Muslim]
En effet, la prière est un plaisir auquel il faut habituer notre cerveau.
La bonne habitude de la prière ! Sans doute que Dieu dans sa bonté aurait permis les choses autrement ; mais justement le Seigneur connaît bien nos habitudes de piété ; il sait comment nous fonctionnons sur ce plan. Il n’ignore pas à quelle heure vous allez prier aujourd’hui.
Quand vous avez ce genre de bonnes habitudes il se passe toujours quelque chose de bon dans votre existence à un moment ou à un autre ; pour ne pas dire que ce qui est arrivé cet après-midi-là n’était rien d’autre que les conséquences bénies de cette bonne habitude de la prière !
Car la prière est la source et la forme la plus intime de notre vie spirituelle. La vie de prière, sa densité, sa profondeur, son rythme, mesurent notre santé spirituelle et nous révèlent à nous-mêmes. C’est au niveau d’un esprit recueilli et silencieux que se place la vraie prière et que l’être est mystérieusement visité.
N-oubliez pas la récompense
Acheter et manger une Barbe à Papa ou des gaufres lorsqu’on est à la fête foraine.
Allumer une cigarette en buvant un café… Les exemples de rituels ne manquent pas.
Toutes ces actions, et bien d’autres, déclenchent la dopamine, qui est donc perçue comme une récompense par votre cerveau.
Alors que faire pour programmer votre cerveau à faire la prière contre cela ?
Première chose et chose très importante : récompensez-vous.
Prenez de nouvelles habitudes et habituez votre cerveau à ces habitudes qui vous donneront cette récompense :
-faire vos ablutions automatiquent après les repas. Il est méritoire de renouveler fréquemment ses ablutions.
A l'occasion, il est recommandé de formuler l'intention de s'acquitter d'une prière obligatoire au moment du renouvellement.
Si cette précaution est prise, l'ablution pourra servir à une prière obligatoire et à toute autre pratique traditionnelle (Sunnah)
-Rester toujours propre en veillant à ses ablutions. Par exemple, prendre l'Habitude de faire ses besoins naturels avant et surtout ne jamais sortir sans avoir fait ses ablutions de cette manière, faire sa prière devient plus facile.
- S'il n'y a pas d'eau ou si l'eau est nuisible à votre santé, vous pouvez avoir recours au Tayammum (ablutions sèches). Tous les actes d’adoration sont valables après le Tayammum : il remplace les ablutions humides si on ne peut pas les faire: même si on était en état d’impureté majeure.
-Après la prière, le croyant glorifie Allah trente-trois fois
en disant:
"Gloire à Allah"
Prononciation : "SoubhaanAllah"
et trente-trois fois:
"Louanges à Allah"
Prononciation : "Alhamdoulillah"
et enfin trente-trois fois:
"Allah est (le) Plus Grand ",
Prononciation : "Allahou akbar"
et il complète par l'invocation suivante (ce qui fait au total cent invocations) :
"Il n'y a pas d'autre divinité sauf Allah, Unique sans aucun associé; à Lui la royauté; à Lui les louanges; Il est le Plus Puissant sur toutes choses".
Prononciation : "La ilaha ilAllah wahdahou la chariikalah, lahou-l-moulk wa lahou-l-hamd wa houwa 'ala kouli shai'in qadiir."
Ensuite, on récite le verset du Trône (sourate 2, verset 255), la sourate "la Pureté", la sourate "l'Aube Naissante" et la sourate "les Hommes" (ce sont les 3 dernières sourates du Saint Coran) - après chacune des cinq prières obligatoires; et il est souhaitable de répéter ces trois sourates du Saint Coran trois fois après les deux prières: du Fajr (l'Aube) et du Maghrib (crépuscule), et ce, conformément aux Hadiths qui nous sont parvenus du Prophète Mohammad (sur lui la bénédiction et la paix).
De même, après ces deux prières de Fajr et du Maghrib (l'Aube et le Crépuscule) il est aussi souhaitable, à la suite des invocations mentionnées ci-dessus, de réciter dix fois ce qui suit:
''Il n'y a pas d'autre divinité à part Allah, l'Unique, sans aucun associé, à Lui la royauté et à Lui les louanges; Il donne la vie, comme Il donne la mort; et Il est le Plus Puissant sur toutes choses".
- LES DOUZES RAK'ATES SUREROGATOIRES
Il est de même souhaitable, pour chaque musulman et musulmane, de pratiquer assidûment la prière de douze rak'ates surérogatoires quotidiennes; elles sont réparties comme suit:
- Quatre rak'ates avant la prière du midi (Dhohr) et deux après;
- Deux rak'ates après la prière du crépuscule (Maghrib, après le coucher du soleil);
- Deux rak'ates après la prière de la nuit (Icha);
- Et deux rak'ates avant la prière de l'Aube (Sobh, que l'on appelle souvent Fajr), rak'ates que l'on nomme "Sounnat al-fajr".
Car il est reconnu que le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix) les pratiquaient assidûment, et elles sont appelées les surérogatoires régulières.
Et il a été aussi confirmé dans le recueil «Sahih Moslem» rapporté par Oum Habiba (puisse Allah en être satisfait) - une des épouses du Prophète (sur lui la bénédiction et la paix) - qu'il aurait dit:
"Quiconque pratique régulièrement douze rak'ates (de prière surérogatoire) durant sa journée et sa nuit, volontairement, Allah lui bâtira une maison au Paradis". - (comme récompense)
Lorsqu'il a raconté ce Hadith, l'Imam AL TIRMIDHI lui a donné la signification que nous venons de mentionner.
Tandis que durant les voyages, le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix) délaissait les prières surérogatoires du Dhohr (midi), du Maghrib (crépuscule) et de la Icha (nuit), mais tenait à pratiquer celle du Sobh (aube) ainsi que la rak'at unique (Witr) de fin de prière quotidienne qui avait lieu après la Icha (la nuit).
Sources:
http://malka.fr/149/votre-cerveau-combat-vos-bonnes-rsolutions/
http://www.sajidine.com/
Il y a ici deux dimensions qui sont distinctes :
– la première est que Dieu élise, choisisse une chose (ikhtiyâr / istifâ') ;
– la seconde est que Dieu accorde une bénédiction à une chose (mubâraka).
Quant au "fait que Dieu accorde une faveur à une chose" ("tafdhîl"), et qui est aussi mentionné dans les textes, cela peut désigner la première ou la seconde de ces deux dimensions : en effet, "le tafdhîl d'une chose par Dieu" est :
– soit la même chose que "le choix de cette chose par Dieu" (ikhtiyâr) ;
– soit la bénédiction que Dieu a accordée à cette chose (mubâraka).
-
Dieu dit qu'Il a choisi / élu certaines choses, et notamment certaines personnes précises ou certains groupes précis :
Deux termes peuvent être distingués dans le Coran qui signifient "choix" et "élection" :
– le terme "ikhtiyâr" ;
– et le terme "iSTifâ".
Le premier terme a la même racine que le nom "khayr", qui signifie "le bien", mais aussi : "meilleur".
Quant au second terme, il a la même racine que "safwat ush-shay'", qui veut dire : "le meilleur de quelque chose".
- Dieu dit : "Et Dieu crée ce qu'Il veut et choisit (yakhtâr) [ce qu'Il veut]. Le choix (al-khiyara) ne revient pas à eux" (Coran 28/67).
- Dieu dit aussi : "Dieu choisit (yaSTafî) des messagers parmi les anges, de même que parmi les hommes" (Coran 22/75).
- Dieu dit de Abraham, Isaac et Jacob : "Et auprès de Nous ils font partie des élus (al-muSTafayna), meilleurs (al-akhyâr)" (Coran 38/47). Dieu relate avoir dit au prophète Moïse (sur lui soit la paix) : "Et Je t'ai choisi (ikhtartu-ka). Ecoute attentivement ce qui est révélé" (Coran 20/13). "O Moïse, Je t'ai choisi (iSTafaytu-ka) par rapport aux hommes par [= pour] Mon Message et Ma Parole. Prends donc ce que Je t'ai donné et sois parmi les reconnaissants" (Coran 7/144).
- Dieu dit : "Ces messagers, Nous avons donné plus de faveurs (encore) (fadhdhalnâ) à certains par rapport à d'autres : il en est parmi eux à qui Dieu a parlé [directement] ; et Il a élevé certains en degrés ; et Nous avons donné à Jésus fils de Marie les (signes) évidents et l'avons aidé par l'Esprit de Sainteté [= l'ange Gabriel]" (Coran 2/253). "Et Nous avons donné plus de faveurs (encore) (fadhdhalnâ) à certains prophètes par rapport à d'autres. Et Nous avons donné à David les Psaumes" (Coran 17/55).
- Dieu dit : "Vraiment Dieu a choisi (iSTafâ) Adam, Noé, la famille de Abraham et la famille de Amram par rapport au monde entier" (Coran 3/33).
En effet c'est Adam qui a été choisi et non pas Iblîs, pour être lieutenant de Dieu sur Terre (lire notre article).
C'est Noé qui a été choisi pour être le premier Messager de Dieu sur Terre (lire notre article sur le sujet).
C'est la famille de Abraham – qui lui-même descend de Noé – qui a été choisie pour être Porte-Parole de Dieu parmi les peuples de la terre : la descendance de Abraham par Jacob-Israël fils de Isaac (son second fils), puis sa descendance par Ismaël (son premier fils) (cliquez ici et ici pour lire deux articles sur le sujet).
Quant à la famille de Amram – le père de Marie mère de Jésus –, bien qu'elle soit déjà incluse dans la famille de Abraham, elle est mentionnée de façon renouvelée ici (dhikr ul-khâss ba'd al-âmm) : cette famille de Amram a été choisie afin que ce soit parmi elle que le vraie Messie soit suscité (exactement comme la famille de Kinâna a été choisie pour que ce soit parmi elle que le Dernier prophète soit suscité, nous le verrons plus bas). Dieu relate également par ailleurs : "Et lorsque les anges dirent : "O Marie, Dieu t'a choisie (iSTafâ-ki) et t'a purifiée ; (Il) t'a choisie (iSTafâ-ki) par rapport aux femmes du monde entier" (Coran 3/42). Ce message que ces anges (il se peut qu'il s'agisse de l'ange Gabriel seulement, désigné ici par le pluriel "les anges") sont venus délivrer à Marie évoque le Choix de Marie pour être la mère du Messie. Il se peut aussi que ce message ait constitué la bonne nouvelle, délivrée à Marie, qu'elle était la meilleure femme parmi tous les enfants d'Israël de son époque et également parmi tous les humains de son époque ; ou la meilleure femme parmi tous les enfants d'Israël de tous les temps ; ou même la meilleure femme parmi tous les humains de tous les temps (ce sont là différents avis existant chez des ulémas sur le sujet : Fat'h ul-bârî 6/574 ; il est d'ailleurs possible que Marie ait été prophétesse, nabiyya, mais sans avoir eu de mission, ba'tha, auprès des humains : lire notre article sur le sujet).
- Dieu dit : "Nous sauvâmes les fils d'Israël du châtiment avilissant, de Pharaon – qui était hautain, parmi les outranciers. Et Nous les choisîmes (laqad ikhtarnâ-hum), en connaissance de cause, par rapport aux (autres peuples de) l'humanité (de l'époque)" (44/30-32) (lire notre article sur le sujet).
- Dieu dit, parlant de Muhammad (sur lui soit la paix) : "Il est Celui qui a envoyé chez les ummiyyûn un messager issu d'eux-mêmes, qui leur récite Ses signes, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse – alors qu'auparavant ils étaient dans un égarement évident. Et d'autres parmi eux, qui ne les ont pas encore rejoints. Et Il est le Puissant, le Sage. Cela est la faveur (fadhl) de Dieu, Il la donne à qui Il veut. Et Dieu est Celui qui (donne) la grande faveur" (62/2-4). Et Il dit, s'adressant à la Umma de Muhammad : "Vous êtes la meilleure (khayr) communauté qu'on ait fait surgir pour le hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable et vous croyez en Dieu" (3/110).
- Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a dit : "Dieu a choisi (iSTafâ), parmi les descendants de Ismaël : Kinâna [= Kinâna et sa descendance]. Et Il a choisi, parmi (toute la descendance de) Kinâna : Quraysh [= Fihr ibn Mâlik et sa descendance]. Et Il a choisi, parmi (toute la descendance de) Quraysh : les fils de Hâshim [= la descendance de Hâshim]. Et Il m'a choisi parmi les fils de Hâshim [= toute la descendance de Hâshim]" (Muslim 2276 ; quant à la phrase supplémentaire qui figure au début de ce hadîth tel que rapporté par at-Tirmidhî 3609, elle est shâddh d'après al-Albânî : cf. Silsilat ul-ahâdîth is-sahîha, tome 1 pp. 610-612, p. 933). (cliquez ici, ici et ici pour lire des articles sur le sujet).
-
Quand Dieu choisit / élit une personne, est-ce forcément une personne déjà dotée de qualités particulières ?
Il est des personnes dans l'humanité, ou des groupes de personnes dans l'humanité, que Dieu a bénies : "Nous (les) bénîmes lui* et Isaac" (Coran 37/113) (* il s'agit d'Ismaël.) De même, le prophète Muhammad (sur lui et sur tous les prophètes soit la paix) est un être béni de baraka dîniyya et de baraka dunyawiyya (ses Compagnons profitaient également de la bénédiction dunyawî de sa personne : lire notre article sur le sujet).
Ces personnages sont-ils bénis parce qu'ils ont été nommés prophètes ? ou bien ont-ils été nommés prophètes parce qu'ils étaient déjà bénis ?
Les deux aspects sont vrais :
– Dieu les a bénis parce qu'Il les a nommés prophètes (car tous les prophètes sont bénis) ; c'est là l'aspect A (et il semble s'agir en l'occurrence d'un bur'hân limmî (yustadallu bi thubût il-mu'atthir 'alâ thubût il-athar) : yustadallu bi kawnihî nabiyyan 'alâ kawnihî mubârakan ; fa inna-n-nubuwwata hiya-s-sababu fî kawnihî mubârakan) ;
– Dieu les a nommés prophètes parce qu'Il les avait déjà bénis : c'est là l'aspect B (et il semble s'agir d'un bur'hân innî (yustadallu bi thubût il-athar 'alâ thubût il-mu'atthir)). Avant même de leur faire savoir et de faire savoir aux hommes qu'ils sont Ses prophètes, Il leur avait accordé une bénédiction particulière, avec une personnalité hors du commun, des qualités extraordinaires (honnêteté, droiture, véracité, courage, intelligence), un charisme exceptionnel, une éloquence formidable, etc. (avec des faveurs accordées à certains prophètes plus encore qu'à d'autres, comme Il l'a dit dans deux des versets plus haut cités). Cependant, il faut ici ajouter que si Dieu les avait déjà bénis, c'est parce qu'avant cela Il avait déjà prédestiné qu'ils seraient prophètes. C'est donc la fonction de prophète qui entraîne le caractère béni de l'homme (soit l'aspect A), et non l'inverse (l'aspect B est vrai, mais ce n'est pas le caractère béni qui entraîne la nomination au titre de prophète : c'est bien pourquoi il ne s'agit que d'un bur'hân innî).
C'est l'aspect B des choses que Dieu a mis en relief quand il a relaté ainsi ce que certains idolâtres disaient : "Et lorsque leur vient un signe, ils disent : "Nous ne croirons jamais, à moins de recevoir chose semblable à ce que les messagers de Dieu reçoivent !", avant d'y répondre ainsi : "Dieu sait mieux où placer Son Message !" (Coran 6/124). Cette dernière phrase montre que ce n'est pas n'importe quel être humain porteur de n'importe quels qualificatifs que Dieu nomme prophète : Dieu ne nomme prophète qu'un être humain qui possède des qualités exceptionnelles (même si c'est Lui-même qui a conféré à cet humain ces qualités exceptionnelles, et ce justement parce qu'Il voulait le nommer prophète).
Ibn ul-Qayyim écrit : "Les êtres des (choses) que (Dieu) a choisies (ikhtâra) et élues (iSTafâ) – objets, lieux, personnes et autres choses – comportent des qualités que les autres n'ont pas. C'est à cause de ces (qualités) que Dieu a élu ces (choses). Et c'est Lui – Pureté à Lui – qui les a favorisées (fadhdhala-hâ) en leur conférant ces qualités [à cause desquelles, ensuite, Il les a élues]. (...) Ceci est donc Son action de créer (khalq). Et cela est Son choix (ikhtiyâr)" (Zâd ul-ma'âd 1/53).
Ibn 'Abd is-Salâm écrit quant à lui : "Les éléments (jawhar) et les corps (jism) sont tous égaux par rapport à leur être (dhât). La valeur particulière que certains (éléments et corps) ont en comparaison d'autres ne provient que de leurs qualités (sifa) et accidents ('ardh), et de leur relation aux qualités qui sont nobles et aux actions qui sont précieuses." Exposant ensuite 2 grandes catégories de favorisation, la première concernant les choses inertes et la seconde les choses animées, et énumérant 9 sous-catégories de faveurs concernant les choses animées, Ibn 'Abd is-Salâm écrit : "Voilà des vertus dont certaines sont supérieures à d'autres. Celui qui possède le meilleur de ces vertus, celui-là est le meilleur de la création. Et il n'y a pas de doute que connaître Dieu et connaître Ses Attributs, (et bénéficier) du plaisir de Sa Satisfaction et de regarder Sa Face, cela est meilleur que toute autre chose. Le meilleur des anges est celui qui possède le meilleur de ces qualités. Et le meilleur des humains est celui qui possède le meilleur de ces qualités" (Qawâ'ïd ul-ahkâm fî islâh il-anâm, 2/375-376). Il écrit encore : "Il en est de même de toutes les qualités nobles : (Dieu) le Pourvoyeur – Pureté à Lui et Elevé – ne les a pas placées dans qui Il a voulu parmi Ses serviteurs à cause de quelque chose [présent en eux] qui aurait requis et demandé cela. C'est au contraire la [pure] faveur (fahdl) de Dieu, Il la donne à qui Il veut" (1/70).
Chez Ibn ul-Qayyim aussi, bien sûr, c'est finalement la Volonté (mashî'a) de Dieu qui est déterminante : "Ceci est la faveur (fadhl) de Dieu, Il l'accorde à qui Il veut" (Coran 62/4) ; "Et Dieu crée ce qu'Il veut et choisit (yakhtâr) [ce qu'Il veut]. Le choix (al-khiyara) ne revient pas à eux" (Coran 28/67). Cependant, chez Ibn ul-Qayyim, cette décision de Dieu de choisir une chose précise, cela implique qu'en amont Il crée des qualités particulières en cette chose ; qu'Il la bénit.
En d'autres termes, d'après Ibn ul-Qayyim, lorsque Dieu informe les hommes qu'Il a choisi (ikhbâr un-nâss bi-l-ikhtiyâr) telle et telle choses (cela peut-être un être humain, un lieu ou un moment), cela implique :
– primo que Dieu avait – depuis avant – prédestiné (taqdîr) que ces choses seraient choisies : ce choix relève purement de "la faveur (fadhl) de Dieu, qui l'accorde à qui Il veut" ;
– secundo que – suite à cette prédestination, décidée par pure favorisation – Dieu a créé (khalq) en ces choses des qualités particulières (Il les a donc bénies, mubâraka), afin qu'elles soient à la hauteur du Choix qui a été prédestiné à leur sujet ;
– tertio que c'est ensuite seulement que Dieu informe les hommes qu'Il a choisi (ikhbâr un-nâss bi-l-ikhtiyâr) ces choses.
Le premier point est évident : tout Choix de la part de Dieu est bien l'expression de la pure faveur de Dieu : Il accorde Sa faveur à qui Il veut, et Il choisit donc qui Il veut.
Mais c'est le second point que Ibn ul-Qayyim a mis en exergue : ce second point est en fait le corollaire (lâzim) du premier : Dieu choisit qui Il veut, mais quand Il a décidé de choisir quelqu'un, Il crée au préalable des qualités particulières dans cette personne.
Ibn 'Abd is-Salâm a raison quand il dit : "Il en est de même de toutes les qualités nobles : (Dieu) le Pourvoyeur – Pureté à Lui et Elevé – ne les a pas placées dans qui Il a voulu parmi Ses serviteurs à cause de quelque chose [présent en eux] qui aurait requis et demandé cela. C'est au contraire la [pure] faveur (fahdl) de Dieu, Il la donne à qui Il veut" (1/70). Le fait qu'une personne ait acquis telle et telle qualités nobles, cela n'entraîne pas que Dieu élise cette personne.
Cependant, c'est l'inverse qui est vérifié et que Ibn ul-Qayyim a mis en exergue : le fait que Dieu avait prédestiné qu'Il élirait tel serviteur, c'est cela qui a entraîné qu'Il a créé en ce serviteur telle et telle qualités nobles.
En d'autres termes :
– toute personne étant bénie par Dieu (au moment présent) n'est pas forcément élue par Dieu (au même moment) ;
– par contre, toute personne réellement élue par Dieu (au moment présent) est forcément également bénie par Dieu (au même moment) (cependant, il se peut qu'à un même moment dans le temps, une personne non-élue par Dieu dispose d'une part de bénédiction dunyawî plus importante qu'une personne élue par Dieu).
C'est à propos d'une réalité différente de ce qui nous intéresse ici mais néanmoins voisine que des ulémas disent ainsi : "Al-'ibratu bi-l-maqbûliyya, wa layssa bi-l-qâbiliyya".
Ceci signifie que posséder de grandes capacités est utile dans la mesure où la personne qui les possède les utilise dans ce que Dieu aime, Lui étant reconnaissante pour ce qu'Il lui a donné, ces capacités étant ainsi employées de façon à ce que cette personne soit agréée par Dieu. C'est là l'idéal.
Cependant, ce qui compte le plus, c'est d'être agréé par Dieu, et pas de posséder de grandes capacités. Dès lors, entre deux autres personnes encore, dont l'une possède de grandes capacités mais n'a pas fait preuve d'humilité et de reconnaissance à Dieu et a donc fait avec ce que Dieu lui a donnée de capacités ce qui ne la rend pas agréée par Dieu, et l'autre est moins douée mais a fait ce qui l'a rendue agréée par Dieu, c'est la dernière qui a plus de valeur auprès de Dieu.
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
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1. Par islamiates le 02/07/2024
Salam Les sourates sont données à titre d'exemple. Merci pour votre réactivité